Rapport de la commission Duclert sur l’extermination des Tutsis en 1994

Malgré la responsabilité de la France la commission considère qu’il n’y a aucune complicité des autorités françaises. La complicité avec les génocidaires est pourtant pointée dans cet article paru dans liberation.fr

Génocide au Rwanda: la France responsable mais pas complice

Publié sur liberation.fr le 26 mars 2021 par Maria Malagardis

Le rapport de la commission Duclert sur l’extermination des Tutsis en 1994 a été remis à Emmanuel Macron vendredi. Les historiens pointent le rôle accablant de Paris et de responsables politiques, dont François Mitterrand.

«Que ça vous plaise ou non, ce qui s’est passé au Rwanda fait partie de l’histoire de France», souligne l’un des personnages de Murambi, le livre des ossements, le roman que l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop a consacré au génocide, en 1994, des Tutsis du Rwanda. De fait, c’est bien une «histoire rwandaise de la France» qu’évoque le rapport de la commission Duclert, utilisant d’ailleurs cette expression dans ses conclusions.

Constituée d’une quinzaine d’historiens et présidée par Vincent Duclert, un spécialiste de l’affaire Dreyfus, elle a remis vendredi son rapport au président Macron. Depuis deux ans cette équipe avait été chargée d’éplucher les archives françaises sur le Rwanda, même les plus confidentielles, gardées depuis plus d’un quart de siècle au sein de différentes administrations. Un tel accès illimité était d’emblée inédit et répondait aux incessantes demandes, depuis plusieurs années, de tous ceux qui en France souhaitaient mieux connaître, ou comprendre, une page sombre de l’histoire commune des deux pays : cette période, entre 1990 et 1994, où Paris sera le principal allié d’un régime dont les dérives vont conduire à l’avant-dernier génocide du XXe siècle (avant celui de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine).

Moins de frilosité

Certes, nombreux sont ceux qui auraient préféré un accès ouvert à tous des archives qui concernent un sujet aussi important impliquant notre pays dans une «solution finale africaine». Le choix de désigner plutôt une commission a pu paraître biaisé, mais il faut reconnaître à Emmanuel Macron d’avoir eu moins de frilosité que ses prédécesseurs qui ont tous refusé d’ouvrir cette boîte de Pandore. Et malgré les soupçons initiaux, la commission Duclert a su établir un constat qui aura valeur historique, désignant sans détour «les responsabilités, lourdes et accablantes» de la politique française menée au Rwanda.

La France s’est «longuement investie aux côtés d’un régime qui encourageait les massacres racistes», constate le rapport qui reprend l’enchaînement chronologique qui mène de l’intervention militaire en faveur d’un régime menacé par l’irruption d’une rébellion tutsie en 1990, jusqu’à la fin 1994. Il couvre ainsi dans la foulée la période du génocide – avec l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994- et de l’intervention, en juin, de l’opération Turquoise, si souvent soupçonnée d’avoir été déclenchée quand les massacres s’achèvent, pour venir en aide à l’armée génocidaire alors en déroute.

La commission relève une «impression d’enfermement des autorités françaises dans des logiques avec lesquelles, la rupture s’avère difficile même pendant la crise génocidaire». Et dénonce l’obsession des décideurs de l’époque, pour lesquels, même pendant le génocide, la seule vraie menace est représentée par cette rébellion tutsie du Front Patriotique Rwandais (FPR), associée à l’influence anglo-saxonne, puisque ce mouvement composé d’enfants d’exilés tutsis a été créé dans l’Ouganda anglophone.

Responsabilité personnelle de Mitterrand

Alors que le FPR est le seul à se battre contre les forces génocidaires, cette perception ne change pas. Et confirme une «lecture ethniste» de la situation au Rwanda, déniant tout rôle politique légitime à une minorité: les Tutsis ou le FPR. Mais de cette façon, Paris épousait de facto la thèse des extrémistes hutus qui vont commettre le génocide au nom du «peuple majoritaire».

Au fond, c’est une idéologie empreinte de relents colonialistes et racistes qui a conduit la France à se fourvoyer au Rwanda. On le savait déjà. Beaucoup de livres et d’études ont été publiées à ce sujet. Mais le fait qu’une commission française l’admette marque un changement. De même en dénonçant la «désinformation» qui a visé le FPR, le 6 avril 1994, au moment où l’avion du président Habyarimana est abattu, donnant ainsi le signal du génocide orchestré par les faucons de son camp, le rapport Duclert tranche avec un storytelling qui s’est longtemps imposé en France tendant à rendre le mouvement rebelle responsable de cet attentat.

Bien plus, non seulement le rapport pointe la faiblesse de l’équilibre des pouvoirs en France, qui a permis à un petit groupe au sommet du pouvoir de jouer les apprentis sorciers au Rwanda, mais il souligne également la responsabilité personnelle du président François Mitterrand, et «son alignement sur le pouvoir rwandais». D’autres responsables de l’époque sont également désignés, comme Christian Quesnot, le chef d’état-major particulier de Mitterrand, connu pour ses virulentes positions anti-FPR, et qui au lendemain de l’attentat «ne dit pas un mot sur les assassinats ciblés des opposants hutus et les massacres systématiques des Tutsis» préfigurant le début du génocide.

Regard un peu naïf

Vendredi, à l’Elysée on ne manquait pas de souligner combien le travail de la commission Duclert marque une étape historique, alors que jamais «on n’a été aussi loin dans la qualification du rôle de la France». Le diable se niche dans les détails et il faudra du temps avant de digérer les 1 200 pages du rapport pour en mesurer l’impact réel. Mais d’ores et déjà, quelques lacunes se dessinent. En affirmant que la France avait mené «une politique pour le moins passive en avril et en mai 1994», pendant le génocide, tout en reconnaissant qu’elle avait mis du temps à se dissocier du gouvernement extrémiste créé après la mort de Habyarimana dans les locaux de l’ambassade de France, la commission fait l’impasse sur des archives qu’on connaît déjà.

Celles-ci évoquent notamment la visite de hauts gradés rwandais, notamment en mai, reçus à Paris et auxquels on aurait promis soutien militaire et financier, tout en discutant tranquillement de la meilleure façon de retourner l’opinion internationale. De la même façon, la commission n’a visiblement rien trouvé de très accablant contre l’Opération Turquoise, mentionnant comme une évidence «les consignes très strictes de neutralité vis-à-vis des belligérants». Sauf qu’il ne s’agit pas d’une guerre civile mais d’un génocide.

Les historiens portent également un regard un peu naïf sur le sommet de la Baule au cours duquel, en 1990, François Mitterrand avait soudain lié aide financière et démocratisation. Le fait qu’aucun d’entre eux ne soit africaniste explique peut-être cette acceptation de l’histoire officielle, alors même que les grands principes de la Baule n’ont jamais empêché l’Elysée de continuer à soutenir nombre de régimes autoritaires sur le continent.

Enfin, tout en reconnaissant de graves responsabilités dans la gestion de la crise rwandaise, la commission écarte le soupçon de complicité, affirmant n’avoir rien trouvé dans les archives qui indiquerait une compromission directe dans le génocide. Mais accueillir à Paris des génocidaires et leur prodiguer des conseils ne suggère-t-il pas une forme de «complicité» ? Et l’ancien gendarme de l’Elysée Paul Barril a bien signé des contrats d’armements et de soutiens militaires avec les forces génocidaires. Il est d’ailleurs visé par une plainte pour complicité de génocide depuis 2013. «Les archives françaises ne suffisent pas à elles seules à rendre compte de façon exhaustive de l’histoire du rôle et de l’engagement de la France au Rwanda», reconnaît le rapport de la commission, qui suggère également avoir été empêchée d’accéder à certains fonds d’archives et n’hésite pas à dénoncer «un certain état d’esprit régnant au plus haut sommet de l’Etat» qui a pu «gêner» certaines recherches.

Les banques françaises, premières financeuses européennes des énergies fossiles en 2020

3800 milliards de dollars : c’est le montant accordé depuis 2016 par les plus grandes banques du monde aux entreprises liées au pétrole, au gaz et au charbon. 295 milliards de dollars de la part des banques françaises, à commencer par BNP Paribas, qui n’ont fait qu’augmenter leurs financements, particulièrement en 2020 (France Inter)

Publié sur lemonde.fr du 24 mars 2021

Entre 2016 et 2020, les financements des entreprises actives dans le pétrole et le gaz apportés par BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis et Crédit mutuel ont augmenté de 19 % par an en moyenne, dénoncent six ONG dans un rapport.

Les banques nous entraînent-elles vers le « chaos climatique » ? La charge peut paraître violente, mais elle n’est pas totalement infondée. Selon le rapport « Banking on climate chaos », publié, mercredi 24 mars, par six ONG internationales, les soixante plus grandes banques du monde ont accordé 3 800 milliards de dollars (3 213 milliards d’euros) aux entreprises actives dans les énergies fossiles depuis l’accord de Paris sur le climat – le traité international scellé en 2015 après la COP21 pour limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, et si possible de 1,5 °C.

Parmi elles, les cinq principales banques françaises ont financé ce secteur à hauteur de 295 milliards de dollars. Avec des montants en hausse en 2020, elles sont devenues les plus grands financeurs européens de pétrole, gaz et charbon l’an passé.

A l’échelle mondiale, les banques américaines JPMorgan Chase, Citi, Wells Fargo et Bank of America restent les plus grands financeurs des 2 300 entreprises actives dans les énergies fossiles entre 2016 et 2020. Mais la France est remontée dans le classement, alors que les financements de ses principaux établissements – BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis et Crédit mutuel – ont presque doublé sur la période : ils sont passés de 45 milliards de dollars en 2016 à 86 milliards de dollars en 2020, soit une hausse de 19 % par an en moyenne, selon le rapport, qui agrège les prêts et les émissions d’actions et d’obligations des banques.

Surtout, les banques françaises – à l’exception de Crédit mutuel – ont accru leur soutien de 36 % en 2020, à rebours de la tendance internationale, à la baisse (− 9 %) du fait de la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Avec 41 milliards de dollars de financements aux énergies fossiles en 2020, BNP Paribas est la banque qui a le plus augmenté ses soutiens l’an dernier au niveau international. De sorte qu’elle s’est classée, en 2020, comme le plus grand financeur européen – dépassant la britannique Barclays – et quatrième mondial de l’industrie des énergies fossiles.

« Pas juste un accident de parcours »

« Alors que les banques françaises ont signé des tribunes et appels pour une relance verte, dans le même temps, elles faisaient des chèques de plusieurs milliards de dollars, sans conditions, aux entreprises qui portent une large responsabilité dans la catastrophe écologique », dénonce Lucie Pinson, la directrice exécutive de Reclaim Finance, ONG spécialisée dans la finance et le climat qui a participé à la rédaction du rapport.

Birmanie : Total doit cesser de financer la junte

Fin mars les massacres de la junte portent les victimes à plus de 400 dont beaucoup d’enfants. Total doit cesser de financer la junte criminelle. La Chine et la Russie empêchent toujours le Conseil de sécurité de l’ONU de condamner la junte criminelle.

Communiqué inter-associatif du 21 mars 2021 dont La Ligue des Droits de l’Homme est signataire

Publié sur info-birmanie.org

CP – Paris, le 19 mars 2021 – Depuis le coup d’État en Birmanie du 1er février, Total est redevenu l’un des plus importants contributeurs financiers de la junte militaire, qui a repris les pleins pouvoirs par la force et réprime le mouvement de protestation de la population dans le sang. Plus de 200 morts, des centaines de blessés et plus de 2 000 personnes interpellées. Meurtres, torture, persécutions, exécutions extra-judiciaires, arrestations arbitraires… : le Rapporteur spécial de l’Onu sur la Birmanie évoque de probables crimes contre l’Humanité [1].   

Aujourd’hui, nous – Attac France, Greenpeace France, Les Amis de la Terre France, la Ligue des droits de l’Homme, Info Birmanie, Notre Affaire à Tous, Sherpa et 350.org – exhortons Total à suspendre tout paiement à la junte en plaçant les millions d’euros en jeu sur un compte bloqué[2].

Selon Justice for Myanmar, Total a notamment versé plus de 229 millions de dollars à l’Etat birman en 2019 en taxes et en parts du gouvernement dans la production de gaz[3]. Le Monde rapporte qu’en août 2020, sa filiale Moattama Gas Transportation Co, enregistrée aux Bermudes, a reçu le « prix du plus gros contribuable » dans la catégorie « entreprises étrangères » pour l’année fiscale 2018-2019[4]. Cet argent transite principalement par l’entreprise publique Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE), dont les liens avec les milieux d’affaires militaires sont pointés du doigt par la société civile[5]. Mise en cause pour son opacité[6], cette entreprise représente la source de revenus la plus importante de l’Etat birman et se trouve désormais placée sous le contrôle direct de la junte. Le Rapporteur spécial de l’Onu sur la Birmanie demande d’ailleurs que des sanctions internationales soient prises à l’encontre de la MOGE[7].

Pendant que la junte tue, Total “évalue la situation”, se dit “préoccupée”[8], mais maintient le statu quo. Pourtant, d’autres entreprises ont réagi à la situation sur place :  l’entreprise singapourienne Puma Energy a suspendu ses activités et l’australienne Woodside annonce qu’elle va démobiliser ses opérations offshore.

Interpellée par des citoyens birmans, Total met en avant la fourniture d’électricité qu’elle apporte à une partie de la population, des arguments repris par l’Ambassade de France[9]. Mais la multinationale n’apporte pas de réponse face à l’enjeu central des paiements versés à la junte, et s’en remet aux sanctions décidées par les Etats[10]. Cette posture revient à alimenter un régime militaire brutal et illégitime.

Pourtant, des Birmans ont manifesté à Kanbauk le 12 février 2021 pour demander à Total et aux autres compagnies gazières de ne pas financer la junte[11]. Des employés de Total en Birmanie ont également rejoint le mouvement de désobéissance civile[12]. Et MATA (Myanmar Alliance for Transparency and Accountability), qui regroupe 445 organisations de la société civile birmane, appelle les compagnies pétrolières et gazières à cesser immédiatement tout paiement à la junte, seule mesure à même de garantir le respect des Principes directeurs de l’Onu sur les entreprises et les droits humains, ainsi que de la loi française sur le devoir de vigilance de mars 2017. Nous rappelons d’ailleurs que le plan de vigilance de Total est largement insuffisant, tant dans son contenu que sa mise en oeuvre, et que l’entreprise fait l’objet de deux actions en justice en France sur le fondement de cette loi[13].

Le message de la société civile birmane est clair : “Si vous continuez le “business as usual”, nous vous tiendrons pour responsables de la violence infligée par la junte au peuple birman.” A son tour, le Ministre de la planification, des finances et de l’industrie nommé par le CRPH (Committee Representing Pyidaungsu Hluttaw) – le parlement en résistance – demande à Total de ne plus collaborer avec le régime de la junte[14].

Le gouvernement français doit quant à lui agir pour que des sanctions soient adoptées contre les dirigeants de la junte et contre les entreprises, notamment la MOGE, dont les revenus financent la répression. Ne pas agir en ce sens revient à renforcer la junte dans sa volonté de se maintenir au pouvoir par la force des armes et au prix d’une répression sanglante.

Signataires :

Attac France

Greenpeace France

Les Amis de la Terre France

Ligue des droits de l’Homme

350.org

Notre Affaire à Tous

Info Birmanie

Sherpa

Contacts Presse :

Sophie Brondel, Info Birmanie – sophie@info-birmanie.org 07 62 80 61 33

Laura Bourgeois, Sherpa – laura.bourgeois@asso-sherpa.org 06 78 00 07 17

SAMEDI 27 MARS : MANIFESTONS POUR LE DROIT AU LOGEMENT POUR TOUTES ET TOUS !

 A l’appel du collectif BOUGETOIT 66

Samedi 27 mars 2021 à 14h

Rassemblement place de la Victoire (au pied du Castillet) à Perpignan

Dans 21 pays d’Europe, journée d’action pour le droit au logement, l’arrêt des expulsions et contre le logement cher !

  • Un logement abordable, stable, décent, durable et écologique pour tou.te.s, sans discriminations !
  • Arrêt des expulsions, des coupures d’énergie, des remises à la rue et trêve hivernale pour tou.te.s !
  • Arrêt de la répression contre les sans-abris, les personnes vivant dans des habitats alternatifs, les occupant.e.s sans titre, les plus précaires, avec ou sans papiers, les exilé-es et dans les quartiers populaires !
  • Application réelle de la loi de réquisition, du Droit Au Logement Opposable, du droit à un hébergement décent jusqu’au relogement et de toutes les lois votées pour nous protéger !
  • Baisse des loyers tout de suite, taxation des plus-values de la spéculation, limitation des plates-formes Airbnb & Co, sanctions contre les bailleurs fraudeurs !
  • Réalisation annuelle de 200 000 HLM, de logements étudiants, 30% de HLM dans chaque commune en zone tendue, augmentation des aides à la pierre, arrêt des ventes et des démolitions de HLM !
  • Revalorisation et retrait de la réforme des APL (RLS, contemporanéité, gels…) Amsterdam, Athènes, Bruxelles, Belgrade, Barcelone…En Europe les habitants se mobilisent !

contact : bougetoit66@gmail.com

Le 18 mars 1871 : La Naissance de la Commune de Paris. Un Récit

Publié sur paris-luttes.info le 19 mars 2021

Nous sommes en 1871. La révolution vient d’établir un gouvernement démocratique en France, suite à la défaite de l’empereur Napoléon III dans la guerre l’opposant à la Prusse (devenue depuis le 18 janvier de cette même année l’Empire allemand). Mais la nouvelle République ne satisfait personne. Le gouvernement provisoire est composé de politiciens ayant servi sous l’Empereur; ces derniers n’ont rien fait pour satisfaire les demandes de changement social formulées par les révolutionnaires, et ils n’en ont pas l’intention. Les réactionnaires de droite conspirent pour rétablir l’Empereur ou, à défaut, un autre monarque. Seule Paris la rebelle se tient entre la France et la contre-révolution.

Les partisans de l’ordre ont du pain sur la planche. Tout d’abord, ils doivent convaincre le peuple français d’accepter les termes impopulaires de la capitulation dictés par l’Allemagne. Pour imposer l’armistice à ses citoyens, la nouvelle République bannit les clubs radicaux et suspend la publication des journaux, menaçant la ville de Paris par le biais des deux armées nationales réunies. Ce n’est qu’à ce moment là, après que des mandats d’arrêt ont été émis contre les insurgés qui ont renversé l’Empereur, que des élections ont lieu.

Avec les radicaux en prison ou se terrant, les conservateurs gagnent les élections. Le principal vainqueur est le banquier Adolphe Thiers, le vieil ennemi juré de Proudhon, qui a trahit la révolution de 1848 — sans lui, l’empereur n’aurait peut être pas été capable de prendre le pouvoir en premier lieu. Porté au pouvoir par un électorat issu des campagnes provinciales, la première mesure de Thiers est de négocier la paix avec l’Allemagne pour un coût de cinq milliards de francs.

Pour Thiers, cela ne représente qu’un faible tribut à payer pour prendre les rênes de l’État — surtout lorsque ce sont les français·e·s qui paieront, et non lui personnellement. Et si iels refusent? Il préférerait encore se battre contre la France plutôt que contre l’Allemagne.

L’une des conditions de la reddition de Thiers est que les troupes allemandes se sont vues accorder une marche victorieuse dans la capitale. Après avoir été affamé·e·s durant des mois de siège, c’est bien la dernière chose que veulent les Parisien·ne·s. Des rumeurs courent selon lesquelles les Allemands viennent pour piller la ville. Les Comités de Vigilance qui ont vu le jour après la révolution continuent à se réunir, et ce malgré l’interdiction.

Dans la nuit du 26 février, des dizaines de milliers de membres rebelles de la Garde Nationale se rassemblent en centre ville sur les Champs-Élysées au mépris des ordres du gouvernement. À leurs côtés, se trouvent des révolutionnaires ne laissant paraître aucune émotion sur leurs visages tel·le·s que Louise Michel, une institutrice de quarante ans du faubourg de Montmartre. Ensemble, iels ouvrent les portes de la prison dans laquelle sont enfermé·e·s les dernier·ère·s prisonnier·ère·s politiques en date et les libèrent. Puis, iels attendent dans l’obscurité d’une nuit glaciale l’arrivée des Allemands, se préparant à mourir pour Paris.

Lire la suite du texte sur CrimethInc.

Le mouvement pour « rouvrir la culture » s’étend avec de nombreux théâtres occupés en France

La LDH soutien le mouvement « Rouvrir la culture ». A Perpignan le Théatre de l’Archipel invite le public a demandé sa réouverture le samedi 20 mars 2021. Les intermittents ont décidé d’une occupation itinérante, cette semaine, dans plusieurs lieux culturels de la ville. S’il est à craindre que la décision des autorités de confinement de certains départements dont ceux de la région parisienne n’étouffe en partie ce mouvement, celui-ci continue cependant et vendredi 26 mars une journée d’action nationale est prévue.

L’occupation du Théâtre de l’Odéon à Paris, depuis le jeudi 4 mars, a déclenché un mouvement qui s’est étendu sur l’ensemble de la métropole et également en Outre-Mer. Plus de 30 théâtres en France sont occupés par des techniciens, des artistes et des étudiants en école d’art dramatique.

Publié sur https franceinter.fr le 16 mars 2021

L’occupation du Théâtre de l’Odéon à Paris, depuis le jeudi 4 mars, a déclenché un mouvement qui s’est étendu sur l’ensemble de la métropole et également en Outre-Mer. Plus de 30 théâtres en France sont occupés par des techniciens, des artistes et des étudiants en école d’art dramatique.

Le mouvement initié à l’Odéon fait tache d’huile, en tous type de lieux et déjà dans plus de 30 théâtres, avec des mots d’ordre convergents. Les « occupants » demandent la réouverture des lieux de culture dans le respect des consignes sanitaires et la prolongation de l’année blanche pour les intermittents.

Le mouvement de l’Odéon est parti de la manifestation du 4 mars organisée par la CGT Spectacle. L’essentiel des occupants sont des militants syndicaux, des artistes, des techniciens. Puis les étudiants en Écoles d’art dramatiques se sont joints au mouvement à La Colline à Paris et à Strasbourg au TNS.

Ce week-end, il s’est étendu à tout le territoire en métropole et également à Saint-Denis de la Réunion, et à tous types de salles. Des centres dramatiques nationaux à Lille, Montluçon, Rouen, Limoges ; des scènes nationales à Brest, Châteauroux, Périgueux ; des salles de musiques actuelles comme La Tannerie à Bourg en Bresse ou La Paloma à Nîmes ; des théâtres indépendants comme le Théâtre du Chevalet à Noyon ou le Chêne Noir à Avignon… Et parfois avec des méthodes plus innovantes, comme à Perpignan où les intermittents ont décidé d’une occupation itinérante, cette semaine, dans plusieurs lieux culturels de la ville.

Dans tous ces lieux, ils bénéficient du soutien des directions, qui ont prévu une grande journée d’action le 26 mars, baptisée l’Assemblée Générale des Théâtres. Et ce week-end, les spectateurs seront invités à se rassembler devant le théâtre de leur ville pour soutenir le mouvement. 

Durée de vie des centrales nucléaires en France: prolongation de leur vie de 40 à 50 ans!

L’Agence de Sécurité Nucléaire décide de prolonger la vie des centrales de 900 mw (avec 4 réacteurs). Au prix de la sécurité des citoyens, dont c’est pourtant la vocation, l’ASN montre ouvertement son allégeance envers EDF et le gouvernement. La LDH soutient la lutte des associations anti-nucléaires et de riverains des centrales face aux risques considérables que cette prolongation de vieilles centrales fait courir à la population.

Prolongation du fonctionnement des réacteurs de 900 MW au-delà de 40 ans : l’ASN revoit ses exigences à la baisse pour satisfaire celles d’EDF et du gouvernement

Communiqué de Sortir du nucléaire du 25 février 2021

Le 25 février 2021, l’Autorité de sûreté nucléaire a publié sa décision sur les conditions de la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 MW au-delà de 40 ans. Sans surprise, celle-ci entérine un recul de la sûreté et ouvre la porte à toutes les dérives de fait accompli d’EDF.

Un nombre croissant de réacteurs du parc nucléaire français se rapproche ou a déjà dépassé les 40 ans de fonctionnement, échéance critique à partir de laquelle les risques de rupture de la cuve s’accroissent dangereusement. Une prolongation du fonctionnement des réacteurs au-delà de cette échéance augmenterait dangereusement les risques pour les populations. Rappelons qu’ EDF – dans une situation financière difficile – ne parvient déjà pas à assurer une maintenance correcte de ses installations, comme en témoigne la découverte régulière d’incidents de « non-tenue au séisme » [1].

Or depuis 2016, EDF considère comme acquis que les réacteurs du parc nucléaire français fonctionneront jusqu’à 50 ans, voire même jusqu’à 60 ans. Le gouvernement a entériné ce souhait dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, qui prévoit que quasiment tous les réacteurs – y compris ceux destinés à être arrêtés d’ici à 2035 – iraient jusqu’aux 50 ans de fonctionnement. Plutôt que de se montrer intransigeante sur la sûreté, l’ASN a pris acte de cette décision, adoptée sans aucune consultation des populations. Pire : dans sa décision, elle a revu ses exigences à la baisse pour s’adapter aux difficultés industrielles que pourrait rencontrer EDF.

Ainsi, entre le projet de décision mis en consultation et la décision publiée ce jour, l’ASN a repoussé de plusieurs années la date butoir pour la réalisation de certaines prescriptions. Par exemple, la mise en oeuvre de dispositions jugées nécessaires pour la sécurité des piscines d’entreposage du combustible a été repoussée de 5 ans [2]. L’ASN justifie les délais par la prise en compte de « la capacité du tissu industriel à les réaliser avec le niveau de qualité attendu, ainsi que de la nécessaire formation associée des opérateurs ». Mais si EDF n’est actuellement pas en capacité de réaliser ces travaux correctement, qui dit qu’elle le sera plus tard, au vu de sa situation financière très dégradée ?

La lettre adressée par l’ASN à EDF est également éloquente. Alors qu’il était initialement question d’appliquer aux centrales nucléaires de plus de 40 ans les mêmes exigences qu’à la dernière génération de réacteurs, il n’est plus question que de les « rapprocher » de ce niveau de sûreté. L’ASN parle de « réduire le risque d’accident avec fusion du coeur » et d’en « limiter les conséquences », actant qu’une telle éventualité est possible.

Surtout, l’ASN entérine pour de bon le fait que les travaux requis pour le passage de cette échéance seraient réalisés en deux phases. La deuxième, qui comprend un certain nombre de mesures post-Fukushima, pourra être réalisée jusqu’à 5 ans après la visite décennale elle-même (voire 6 pour certains réacteurs) ! Sachant que les réacteurs abordent leur 4ème visite décennale à 42 ans en moyenne, ils verraient donc la fin des travaux à près de 47 ans de fonctionnement…

Avec un processus autorisant des travaux aussi tardifs, tout laisse à croire que certains pourraient ne jamais être réalisés. Le retard déjà pris dans la réalisation des mesures post-Fukushima l’illustre bien [3] . EDF engagerait-elle des transformations longues et coûteuses pour des réacteurs promis à la fermeture quelques années après ? Entre difficultés industrielles, volonté de réduire les coûts et pratique du fait accompli, ne risque-t-elle pas plutôt d’effectuer des travaux au rabais, voire de les repousser pour finalement demander à en être dispensée, comme elle l’a déjà fait par le passé [4] ? Ou encore, si ces travaux sont effectivement réalisés, ne risque-t-elle pas de tirer prétexte de leur amortissement pour imposer la prolongation de réacteurs à bout de souffle ?

Il est inacceptable que l’ASN s’ajuste ainsi aux conditions d’EDF et permette une prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs assortie d’une dégradation de la sûreté. Son devoir est normalement de protéger les populations, pas de ménager l’industrie nucléaire.

Nous appelons chacune et chacun à s’opposer à la poursuite du fonctionnement de ces vieux réacteurs, qui génèrerait par ailleurs la production de déchets ingérables supplémentaires. Pour préserver les générations futures, l’urgence doit être de changer de système énergétique de façon pérenne, pas de gaspiller des dizaines de milliards d’euros dans le rafistolage illusoire de vieux réacteurs pour tenter de les faire tenir une ou deux décennies de plus.


Notes

[1Voir un aperçu ici

[2] Par exemple, pour la centrale de Chinon, la date butoir pour ces travaux a été repoussée de 2024-2031 à 2029-2036.

[3] Voir la note de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire sur l’état d’avancement des normes post-Fukushima, qui confirme que leur mise en application sur l’ensemble du parc ne sera pas effective avant 2034 !

[4] En 2012, l’ASN avait imposé à EDF la mise en place de diesels d’ultime secours sur tout le parc. EDF a finalement obtenu que Fessenheim en soit dispensée, alors même que ce dispositif reste nécessaire plusieurs années après sa fermeture. Nous avions déposé plainte à ce sujet.

Aliot et la guerre d’Algérie : non au négationnisme

Communiqué unitaire

Aliot président le conseil municipal de Perpignan

Le Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, qui se mobilise depuis des années contre l’entreprise négationniste portée par les différentes municipalités de Perpignan, condamne fermement l’initiative scandaleuse du nouveau maire à l’occasion du 19 mars. Ne pas reconnaître que le 19 mars est le symbole de la fin de la boucherie que fut la Guerre d’Algérie nous paraît particulièrement indigne et une insulte à la mémoire de toutes les victimes : Algériens, soldats français, Harkis, Pieds-Noirs dont l’extrême droite tente de manipuler la blessure de l’exil. Comme l’exprime à juste titre l’éditorial de L’Indépendant, « exposer les crimes d’un seul camp est une autre façon d’entretenir la haine et de prospérer sur les blessures mal refermées  » (11 mars 2021).

Louis Aliot en rajoute par rapport à ses prédécesseurs. Sa mise en scène pour ce 19 mars n’a rien d’étonnant car sa famille politique n’a jamais accepté la victoire du peuple algérien pour son indépendance. Mettre aujourd’hui en exergue les « exactions » du FLN est une façon sinistre de nier les 130 ans de colonisation, de massacres, de tortures, de déplacements de population subis par les Algériens. C’est faire oublier les deux tentatives de coup d’État en 1958 et 1961 contre la République menées par des généraux factieux proches des amis politiques du RN. C’est cacher la responsabilité des ultras de l’OAS dans les dizaines d’assassinats de civils algériens et français, des appelés, des gendarmes, des policiers et de toutes celles et tous ceux qui s’opposaient à leur folie meurtrière.

Notre collectif qui se bat pour la vérité et la fraternité avec le peuple algérien exige de reconnaître officiellement la responsabilité des tortionnaires de l’armée française dans la disparition de milliers de nationalistes algériens et leurs soutiens français. Plus que jamais nous continuerons notre combat ici contre tous les symboles érigés par tous les nostalgiques de l’Algérie française en exigeant le retrait de la stèle à la mémoire des assassins de l’OAS, dans le cimetière municipal de Perpignan, et en réitérant notre opposition à la construction avec des fonds public du Centre de documentation des Français d’Algérie et du « Mur des disparus », à la gloire de la colonisation.

Association des Pieds-Noirs progressistes (ANPPA), AFPS, ASTI, CNT, ERC, Femmes solidaires, Génération.s, LDH, LFI, MRAP, Mouvement de la paix, NPA, PCF, PG, Solidaires

8 mars 2021: des centaines de manifestant.e.s dans la rue à Perpignan pour les droits des femmes

Publié dans l’Indépendant le 8 mars 2021

Manifestation combative et dynamique avec chorales

Le maire RN de Perpignan a décidé d’ouvrir un lieu de mémoire et de recueillement aux victimes « oubliées » de la guerre d’Algérie. S’opposant aux commémorations du 19 mars et ravivant la guerre des mémoires, Louis Aliot veut y voir un « geste de justice et de réparation ».

La confrontation était attendue sur un territoire marqué sociologiquement et politiquement par la guerre d’Algérie. Le maire RN de Perpignan Louis Aliot ouvrira à partir du 19 mars un lieu de « mémoire et de recueillement aux victimes oubliées de la guerre d’Algérie » à la salle des Libertés.

Le lieu ne sera accessible que sur réservation et dans le strict respect des règles sanitaires. Le site accueillera ainsi « une quarantaine de photos et de documents témoignant des tortures et massacres généralisés dont furent victimes environ 100 000 harkis et entre 3 000 et 5 000 pieds-noirs de la part du FLN » détaille Louis Aliot ce mercredi 10 mars.

Certaines des images exposées risquant de heurter la sensibilité des plus jeunes, ce lieu de recueillement sera interdit aux mineurs de moins de 16 ans. Hostile au fait que l’on commémore la fin de la guerre le 19 mars, Louis Aliot a dans le même temps interpellé l’historien Benjamin Stora, auteur d’un rapport à la demande du président Emmanuel Macron « sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie » par courrier.

Il critique, reprenant un argumentaire ancien porté par une partie de la droite, de l’extrême droite et des nostalgiques de l’Algérie française, « les omissions » et « dissimulations » dans les travaux entrepris par l’historien depuis plusieurs décennies. Dans ce document remis le 20 janvier au président de la République, Benjamin Stora dit vouloir dépasser une vision de l’histoire « bloc à bloc » en proposant un « état des lieux des divergences les plus criantes dans les mémoires fractionnées des deux côtés de la Méditerranée ».

Julien Marion

SÉNÉGAL. LA VAGUE D’ARRESTATIONS ARBITRAIRES D’OPPOSANTS ET D’ACTIVISTES PORTE GRAVEMENT ATTEINTE AUX DROITS HUMAINS

Communiqué d’Amnesty International Publié le 05.03.2021

  • Ousmane Sonko arbitrairement détenu
  • Cinq morts lors de manifestations
  • Des individus identifiés aux côtés de la police agressent des manifestants
  • Deux chaînes de télévision suspendues pour 72 heures, une radio privée et le siège du quotidien national attaqués


Les autorités sénégalaises doivent immédiatement cesser les arrestations arbitraires d’opposants et d’activistes, respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression, et faire la lumière sur la présence d’hommes armés de gourdins aux côtés des forces de sécurité, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

L’opposant Ousmane Sonko a été arrêté le 3 mars à Dakar la capitale et inculpé pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée alors qu’il se rendait au tribunal pour répondre à une convocation d’un juge d’instruction dans le cadre d’une plainte sur une affaire pénale distincte. Suite à son arrestation, des heurts entre les soutiens de l’opposant et les forces de sécurité ont été notés dans plusieurs villes du pays, occasionnant de nouvelles arrestations et des scènes de pillages, et la mort d’un manifestant.

« Ousmane Sonko se dirigeait vers le tribunal à la suite d’une convocation de l’autorité judiciaire, lorsqu’il a été arbitrairement arrêté dû à la présence sur son itinéraire de manifestants et sympathisants. Les charges de trouble à l’ordre public et de manifestation non autorisée qui pèsent sur lui doivent être abandonnées et, tant que ce sont les seules charges justifiant sa détention, il doit être immédiatement libéré, ainsi que les trois individus qui ont été arrêtés en même temps que lui, » a déclaré Samira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Arrêté alors qu’il se trouvait dans son véhicule

Le convoi d’Ousmane Sonko a été arrêté par les gendarmes à l’ouest de la capitale sur ordre du préfet de Dakar. Après plusieurs minutes pendant lesquelles les gendarmes ont par moment tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les soutiens de l’opposant, Ousmane Sonko a été arrêté et inculpé alors qu’il se trouvait dans son véhicule. 

Trois de ses gardes du corps ont également été arrêtés avec lui. Durant l’arrêt du convoi et en prélude à l’arrestation, les gendarmes ont fait un usage excessif de la force contre l’un des gardes du corps, lui administrant des coups et posant une grenade lacrymogène dans sa veste.

Durant cet incident, le préfet de Dakar a demandé aux forces de sécurité de « charger » (tirer des grenades lacrymogènes) les manifestants y compris les journalistes présents sur les lieux. Un caméraman d’une chaîne de télévision régionale a reçu une grenade occasionnant une blessure au tibia.

Après leur arrestation, des heurts entre forces de sécurité et manifestants ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Dakar et d’autres villes du pays. Des manifestants ont pillé des commerces, jeté des pierres sur les forces de l’ordre et brûlé des pneus.

Hommes en tenue civile armés de gourdins

Des hommes en tenue civile, armés de gourdins et à bord de véhicules pick-up ont également été aperçus aux côtés des forces de sécurité dans plusieurs lieux à Dakar. Ces hommes ont pourchassé des manifestants, et frappé ceux qu’ils arrêtaient, devant les forces de sécurité, dans nombre de ces cas. Dans une intervention à la radio, le ministre de l’Intérieur n’a pas nié la présence de ces hommes en tenue civile mais suggéré que les forces de l’ordre ont pu ne pas être en uniformes.

Amnesty international rappelle que les Lignes directrices de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) stipulent que les agents déployés dans le cadre des manifestations doivent porter des marques d’identification individuelle visibles en opération. D’autre part, si ces personnes étaient des agents des force de l’ordre, elles ont également fait preuve d’un usage excessif de la force contre les manifestants, en violation du droit international.

Usage d’arme léthale au sud du pays

Le 4 mars, des manifestations ont également eu lieu à Bignona, une ville du sud, lors desquelles les forces de sécurité et de défense ont tiré à balles réelles sur les manifestants. Cheikh Coly, l’un des manifestants a été atteint par balles avant de succomber à ses blessures à l’hôpital de Bignona. Son père a déclaré à Amnesty International que le corps de son fils était toujours à l’hôpital et qu’une autopsie devait être menée. Cette mort a également été confirmée par le préfet de Bignona dans une interview à la radio où il a également indiqué qu’une enquête allait être ouverte par la gendarmerie. 

« Nous appelons les autorités à mener une enquête crédible et indépendante sur les circonstances de la mort de Cheikh Coly et à ce que les responsables soient poursuivis selon les normes de procès équitables. Conformément au droit international, les forces de l’ordre ne doivent utiliser la force léthale que dans des circonstances exceptionnelles, en cas de risque imminent de blessure grave ou de mort, et non pour le maintien de l’ordre, » a déclaré Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International au Sénégal.

Atteintes à la liberté des médias

Amnesty International s’inquiète des menaces relevées depuis le 3 mars qui pèsent sur la liberté des médias, et de la suspension des signaux de certaines chaines. Hier soir, des individus ont attaqué l’immeuble abritant les locaux de la radio privée RFM et du quotidien d’information ‘’L’Observateur’’ du Groupe Futurs Médias (GFM). De nombreux dégâts matériels ont été notés à la devanture et sur les murs de l’immeuble. Les locaux du quotidien national ‘’Le Soleil’ auraient également été attaqués.

Les signaux des télévisions WALF TV et SEN TV ont par ailleurs été coupés hier pour 72 heures par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) qui avait mis en garde dans un communiqué ces deux chaines locales et une autre, la 2STV, en déclarant la veille, avoir constaté dans leur retransmission, des « appels répétés au soulèvement populaire en diffusant des images d’insurrection en boucle », les appelant à « cesser cette couverture irresponsable ».

Tout en dénonçant l’attaque de l’immeuble de GFM et du « Le Soleil », Amnesty International demande aux autorités de lever la suspension des signaux télévisuels et respecter la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, en particulier la liberté des médias, afin qu’ils puissent faire leur travail de manière indépendante.

Arrestations arbitraires et entraves à la liberté de réunion pacifique

Les évènements des deux derniers jours ont eu lieu dans un contexte tendu au Sénégal avec de nombreuses arrestations, durant les semaines précédentes.  Amnesty International considère par ailleurs comme arbitraire, la détention de 17 militantes du parti “Pastef-Les patriotes” qui avaient été interpellées le vendredi 26 février devant le domicile d’Ousmane Sonko à qui elles rendaient visite, après la levée de son immunité parlementaire. Empêchées d’accéder au domicile, elles ont été arrêtées pour troubles à l’ordre public et détenues pendant sept jours sans être présentées devant un juge, avant d’être libérées durant la soirée du 3 mars.

L’activiste Guy Marius Sagna, un militant et membre fondateur du Mouvement ‘Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine’ (FRAPP- France Dégage) arrêté le 20 février, est accusé d’ « association de malfaiteurs », « organisation d’un mouvement insurrectionnel » et de « menaces de troubles à l’ordre public ».

Placé en détention le 2 mars, Guy Marius Sagna est depuis ce jour en grève de la faim pour protester contre ses mauvaises conditions de détention à la prison du Cap Manuel. Selon son avocat, Guy Marius Sagna a été placé en isolement dans une cellule sans lumière après avoir rédigé une lettre à l’autorité pénitentiaire dénonçant les mauvaises conditions de détention des prisonniers.

« Les charges contre Guy Marius Sagna sont infondées et il doit être libéré immédiatement et sans conditions. En outre, les autorités sénégalaises doivent garantir des conditions de détention conformes aux normes internationales et aux recommandations du Comité contre la torture dans ce contexte de COVID-19. Tous les détenus doivent notamment avoir accès à leurs familles, leurs avocats et des soins médicaux adéquats, » a déclaré Seydi Gassama.

Ce vendredi 5 mars, une coalition de la société civile et de partis de l’opposition a prévu de manifester à Dakar et dans plusieurs villes du pays.

« Nous demandons aux autorités sénégalaises de respecter la liberté de réunion pacifique dans tout le pays. Les forces de sécurité doivent faciliter l’exercice de cette liberté et non l’entraver, » a conclu Samira Daoud.

Complément d’information

Ousmane Sonko est député et président du parti d’opposition « Pastef-Les Patriotes ». Il a été accusé de viol et de menaces de mort par une femme qui a déposé une plainte contre lui le 3 février dernier. Son immunité parlementaire a été levée par l’Assemblée nationale le 26 février et une convocation lui a été servie pour répondre à un juge le 3 mars.

Plusieurs militants et sympathisants de son parti ont été arrêtés depuis le 8 février. Une manifestation de coalitions de la société civile et de partis politiques est prévue à Dakar ce 5 mars 2021 pour protester contre l’atteinte aux droits et libertés publiques.

MOBILISATION GÉNÉRALE DU 13 AU 20 MARS POUR NOS LIBERTÉS !

Communiqué de la coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale
Vers une grande semaine d’actions contre la loi Sécurité globale et pour la restauration de nos libertés

Après que la proposition de loi « Sécurité globale » a été adoptée le 24 novembre dernier par l’Assemblée nationale, le texte est arrivé en commission de lois au Sénat ce mercredi 3 mars 2021. 256 amendements ont été déposés par la chambre haute.

Les débats en séance plénière se tiendront les 16, 17 et 18 mars. La Coordination nationale #StoploiSécuritéglobale appelle à se mobiliser partout en France dès le 13 mars pour mettre en échec ce texte et la logique liberticide qui l’accompagne.

Face à la colère citoyenne qui s’exprime depuis le 8 novembre à travers des centaines de manifestations partout en France, le gouvernement a tenté de trouver des échappatoires au sujet de l’article 24, et les rapporteurs de la proposition de loi au Sénat ont indiqué qu’ils réécriraient totalement cet article.

Cependant, le sénateur Loïc Hervé (UDI Haute-Savoie), corapporteur, s’est publiquement inquiété ce mardi 2 mars des dispositions de l’article 21 qui permet aux autorités de rendre public l’enregistrement des caméras-piétons : “La police va devenir une agence de presse.”

Malgré la pression de la rue et les alertes de la Défenseure des droits, de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), de cinq rapporteurs spéciaux des Nations Unies ou encore de la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, l’Assemblée nationale a voté la proposition de loi « Sécurité globale ». Usant de démagogie, la majorité présidentielle fait glisser la France vers une société de la surveillance généralisée en toute connaissance de cause.

Les sénateurs, quel que soit leur bord politique, ont une responsabilité déterminante : montrer qu’au-delà des calculs politiciens et de la surenchère sécuritaire permanente qui a présidé à l’élaboration de ce texte, ils restent attachés aux libertés publiques inscrites dans la Constitution et aux droits humains internationalement reconnus.

Face à cette menace, la Coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale appelle les défenseurs des libertés publiques à se mobiliser avec force contre ces textes liberticides, qui s’empilent dans le calendrier parlementaire. Elle invite la population à se rassembler :

• du samedi 13 mars au vendredi 19 mars, partout où cela sera possible en régions ;
• mardi 16 mars, jour de l’arrivée de la proposition de loi « Sécurité globale » en séance, devant le Sénat à Paris et devant les préfectures et sous-préfectures en régions (détails à venir)
• samedi 20 mars, lors des marches des collectifs de familles et victimes de violences policières, notamment celle qui se déroulera à Paris de la place Edmond-Rostand vers Bastille.

La proposition de loi « Sécurité Globale », représente une atteinte gravissime à l’Etat de droit et aux libertés fondamentales. Son article 24 cherche à dissuader tout citoyen de filmer l’action de la police, ce qui entraverait la liberté d’informer et d’être informé et invisibiliserait davantage les violences policières.

L’ensemble de la loi élargit de manière indiscriminée les pouvoirs de surveillance de la police, en généralisant l’usage des drones et de caméras-piétons, dispositifs pouvant être reliés à des logiciels de reconnaissance faciale qui annihilent toute notion de vie privée dans l’espace public. Ce texte, avec le projet de loi « Confortant les principes de la République », les décrets élargissant le fichage politique ou les récentes attaques contre les libertés académiques, est le symbole d’une évolution d’un Etat de droit vers un Etat de police, dans lequel le citoyen est considéré comme une menace.

Enfin, le Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO) du 16 septembre, dont la coordination demande sa suppression, assimile les journalistes à des manifestants.

La France glisse doucement mais sûrement vers un état illibéral, autoritaire et policier, alors que le monde entier est confronté à une pandémie. Nos libertés, si chèrement acquises, fondent comment neige au soleil depuis de nombreux mois. La société civile toute entière doit prendre conscience que le jour d’après que nous espérions plus solidaire se transforme finalement en cauchemar d’après.

Créée le 8 novembre 2020, la Coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale est déterminée à s’opposer à tous ces textes liberticides sur lesquels les parlementaires légifèrent en service commandé par le gouvernement pour restreindre nos libertés.

La coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale fédère des syndicats, sociétés, collectifs, associations de journalistes, de réalisateurs/trices et photographes, confédérations syndicales, associations, organisations de défense de droits humains, comités de victimes de violences policières, de collectifs de quartiers populaires, d’exilé·es et de Gilets jaunes.

Paris, le 4 mars 2021

la Coordination nationale comprend 47 organisations dont la LDH

8 mars à 18 h à Perpignan Rassemblement place de la Résistance à l’appel du Collectif Droits des femmes

Communiqué du Collectif Droits des femmes

Vive la journée internationale de la lutte des femmes !

À l’appel du COLLECTIF DROITS DES FEMMES 66 Lundi 8 mars – 18H Place de la Résistance (en face du Médiator) PERPIGNAN

(Des attestations officielles vous seront distribuées afin de justifier votre retour après le couvre-feu)

Contre tous ceux qui veulent nous faire taire, aujourd’hui la parole des femmes se libère !

Nous n’acceptons plus le silence lorsque nos sœurs sont assassinées, nous n’acceptons plus le silence sur les maltraitances, les viols et les violences au sein de la famille, dans la rue, au travail, dont les femmes sont victimes !

Nous n’acceptons plus d’être invisibilisées, pour des salaires de misère alors qu’une grande partie du bienêtre social repose sur nos épaules.
Nous n’acceptons plus en silence l’épuisement des journées de travail doublées par les tâches domestiques gratuites que nous impose cette société capitaliste et patriarcale !

Nous n’acceptons pas plus que d’autres décident à notre place de ce que nous voulons faire de notre corps !

Comme le montre encore cette récente décision ignominieuse des sénateurs de refuser l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules !
Le Sénat nous envoie ainsi un message clair : nous n’avons pas notre mot à dire, car c’est l’État qui contrôle et régule la reproduction. En tant que femmes, nous sommes dépossédées de la maîtrise de notre propre fertilité. Au-delà de l’égalité entre toutes dans la loi, c’est la capacité pour chacune de garder le contrôle sur son propre corps dont il s’agit, tout comme pour l’IVG !

Partout dans le monde, les femmes luttent pour leurs droits mais sont aussi à l’avant-garde de tous les combats pour l’émancipation de toutes et tous, contre le sexisme, le racisme, contre toutes les discriminations et pour une société plus juste.

Le 8 mars est un symbole mais les luttes doivent continuer inlassablement, car tout ce que nous obtiendrons, nous l’arracherons par notre détermination !
Manifestons comme des milliers de femmes dans le monde pour crier haut et fort :
Notre corps nous appartient !

CDDF66 : APEX, ASTI , LGBT+66, LDH, Planning Familial, Femmes Solidaires, Idem Genre, MRAP 66, EELV, MJF, NPA, PCF, CNT, FSU66, Solidaires, SUD, CGT, ATTAC

Birmanie : malgré la répression de la junte militaire la désobéissance civile continue

Plus de 50 morts depuis le début du coup d’état, des centaines de personnes emprisonnées, des journalistes inculpés. L’ONU paraît impuissante face à la répression tandis que la Russie et la Chine se refusant à condamner la junte paralysent le Conseil de sécurité. Et malgré tout cela la désobéissance civile continue.

La Birmanie a vécu sa journée de répression la plus meurtrière depuis le coup d’État

Publié sur france24.com le 3 mars 2021

Une trentaine de manifestants prodémocratie ont été tués et plusieurs blessés, mercredi, par les forces de sécurité birmanes, qui continuent à tirer à balles réelles, alors que la communauté internationale reste dans l’incapacité d’interrompre la spirale de violence meurtrière provoquée par le coup d’État militaire.

Au moins 38 manifestants prodémocratie ont été tués, mercredi 3 mars, par les forces de sécurité qui poursuivent leur répression meurtrière contre les opposants au coup d’État en Birmanie, selon l’émissaire de l’ONU pour ce pays, la Suissesse Christine Schraner Burgener. « Nous avons maintenant plus de 50 morts depuis le début du coup d’État, et de multiples blessés », a-t-elle ajouté, qualifiant la journée de mercredi de journée « la plus sanglante » depuis le 1er février. 

Selon la Monywa Gazette, en fin de matinée, au moins cinq personnes – quatre hommes et une femme – ont été abattues lors d’un rassemblement contre le coup d’État dans la ville de Monywa (centre).

À 130 kilomètres de là, à Mandalay, deux protestataires sont décédés après avoir été touchés par des tirs à la tête et à la poitrine, d’après un médecin s’exprimant sous couvert de l’anonymat par peur des représailles.

Dans l’ancienne capitale Rangoun, trois personnes ont été tuées par la police, selon des témoins cités par Reuters.

Gaz lacrymogènes, munitions en caoutchouc et balles réelles

Deux personnes ont été tuées dans la ville minière de Hpakant (nord), selon un habitant cité par Reuters. À Myingyan (centre), un homme de 20 ans a été tué et 17 personnes blessées, d’après des secouristes.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient le jeune manifestant couvert de sang transporté loin des barricades par ses amis. Sur d’autres, on entendait une série de détonations, tandis que des contestataires scandaient : « Notre révolte doit réussir. »

« Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes, des munitions en caoutchouc et des balles réelles », selon un secouriste.

Coupures d’Internet, renforcement de l’arsenal répressif, vagues d’interpellations, recours à la force létale : la junte n’a cessé d’intensifier sa répression depuis le coup d’État qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, le 1er février.

La journée de dimanche avait déjà été particulièrement meurtrière, avec au moins 18 morts dans les rangs des manifestants, d’après les Nations unies.

Malgré cela, des protestataires continuent à descendre dans les rues pour demander le départ des généraux putschistes et la libération des centaines de détenus emprisonnés ces dernières semaines.

Près de la pagode Sule, dans le centre de Rangoun, la capitale économique, un sit-in a été organisé, les manifestants déposant à terre les couvercles de poubelles qui leur servent de boucliers de fortune.

« Ne faites rien contre la police et l’armée. S’ils viennent nous chasser violemment, continuez à manifester pacifiquement », a crié un jeune homme dans un mégaphone.

« Nous restons unis », ont répondu en retour les contestataires.

Six journalistes inculpés

La répression se poursuit aussi sur le terrain judiciaire.

L’ex-président de la République, Win Myint, déjà inculpé pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, est désormais accusé d’avoir enfreint la Constitution, a indiqué à l’AFP l’avocat Khin Maung Zaw. Aung San Suu Kyi, toujours détenue au secret, est elle visée par quatre chefs dont « incitation aux troubles publics ».

Six journalistes birmans, dont Thein Zaw, un photographe de l’agence américaine Associated Press (AP), ont été inculpés. Ils sont poursuivis pour avoir « causé la peur dans la population, répandu de fausses informations (…) ou incité des employés du gouvernement à la désobéissance », d’après leur avocate.

D’après un texte récemment amendé par la junte pour tenter de mettre un terme à la campagne de désobéissance civile lancée dans les heures qui ont suivi le coup d’État, ils encourent jusqu’à trois ans de détention.

Les six hommes sont détenus dans la tristement célèbre prison d’Insein de Rangoun, où de nombreux prisonniers politiques ont effectué de lourdes peines sous les dictatures précédentes.

« Les journalistes indépendants doivent être autorisés à rapporter les informations librement et en toute sécurité sans crainte de représailles », a réagi Ian Philips, vice-président des informations internationales chez AP, demandant la libération immédiate de Thein Zaw.

Imbroglio à l’ONU

L’armée fait toujours la sourde oreille aux condamnations internationales.

La « France appelle à mettre immédiatement un terme à la répression en Birmanie, à libérer les personnes détenues et à respecter le choix démocratique du peuple birman » dans les urnes, a affirmé mercredi le président français Emmanuel Macron dans un tweet. « Nous sommes à vos côtés », a-t-il écrit.

Même l’ambassadeur birman aux Nations unies, Kyaw Moe Tun, a rompu de manière spectaculaire avec les généraux putschistes la semaine dernière en appelant à « mettre fin au coup d’État ».

Depuis, la junte lui a désigné un remplaçant aux Nations unies, tandis que Kyaw Moe Tun assure toujours représenter le pays, un imbroglio juridique qui devra être tranché par l’ONU.

Les entretiens vont se poursuivre à l’international. Le Royaume-Uni a demandé une nouvelle réunion du Conseil de sécurité vendredi. Début février, ses 15 membres avaient publié une déclaration commune qui exprimait leur préoccupation sans toutefois condamner le coup d’État, Pékin et Moscou, alliés traditionnels de l’armée birmane, s’opposant à une telle formulation.

Les derniers soulèvements populaires de 1988 et de 2007 ont été réprimés dans le sang par les militaires.

L’armée, qui conteste le résultat des élections de novembre remportées massivement par le parti d’Aung San Suu Kyi, a promis la tenue d’un nouveau scrutin. Sollicitée, elle n’a pas répondu aux multiples requêtes de l’AFP pour commenter ces évènements.

Avec AFP et Reuters

A Istanbul les étudiants défient Erdogan

Depuis janvier les étudiants de la célèbre université du Bosphore à Istanbul refusent la nomination par Erdogan d’un recteur membre de son parti. Jusqu’à aujourd’hui le recteurs étaient élus. Cette contestation soutenue de plus en plus par la population est une épine insupportable au pouvoir de l’autocrate Erdogan qui n’a d’autre réponse que de taxer le mouvement étudiant de « terroriste ». Nous soutenons le mouvement de la jeunesse turque pour les droits et libertés démocratiques et contre la répression.

La jeunesse turque fait trembler Erdogan

Publié dans TDG La Tribune de Genève le 17 février 2021

En imposant un recteur dans une prestigieuse université d’Istanbul, le président turc ravive la colère d’une large partie de la population contre son autoritarisme, au-delà du camp laïc.

Le campus de l’université Bogazici d’Istanbul, l’une des meilleurs de Turquie, a des allures de camp retranché depuis plusieurs semaines. Barricades érigées le long des rues attenantes, policiers en patrouille à la sortie du métro, canons à eau et bus d’unités antiémeutes sont massés dans le quartier. La nomination d’un nouveau recteur par le président Erdogan devait faire rentrer dans le rang cette forteresse libérale qui échappait encore à son contrôle. Elle a au contraire déclenché un mouvement universitaire d’une ampleur inédite.

«Nous savions que notre combat serait long, mais nous n’imaginions pas qu’il prendrait ces proportions», s’étonne encore Mehmet Altundag, étudiant en science politique et sociologie. L’université a pour tradition d’élire son recteur parmi son corps professoral. Une coutume violemment remise en cause par la nomination le 1er janvier de Melih Bulu, un homme d’affaires ayant pour seule référence une loyauté sans faille au Parti présidentiel de la Justice et Développement (AKP).

La mobilisation universitaire a pris des proportions nationales début février après la répression violente de plusieurs manifestations. Par ailleurs, l’exposition par des étudiants d’une œuvre représentant la Kaaba, le saint des saints de l’islam, orné d’un drapeau LGBT a déclenché la fureur du pouvoir. Le président Erdogan s’est enflammé, qualifiant les manifestants de «terroristes» et «vandales». «Ce pays ne sera pas un pays où les terroristes gagnent, nous ne l’accepterons jamais… La Turquie ne revivra pas les événements de Taksim Gezi», allusion au mouvement qui a fait vaciller son pouvoir en 2013. S’en est suivi un déferlement de propos homophobes et outranciers de plusieurs caciques du pouvoir.

Depuis, le mouvement sert de réceptacle aux colères et frustrations de larges pans de la population. «Nous recevons beaucoup de messages de soutien», explique Mehmet Altundag. D’après une enquête de l’institut MetroPoll publiée début février, 73% des personnes interrogées considèrent que les recteurs devraient être élus. «Le pouvoir nous traite de terroristes parce qu’il n’a rien à opposer à nos demandes: démocratie et méritocratie», explique l’étudiant.

«On peut déjà parler d’un succès du mouvement. Le problème n’est plus le problème des étudiants de Bogazici mais celui du gouvernement», analyse ainsi Rusen Cakir, journaliste du média Medyascope. «Le gouvernement aura utilisé tous les instruments à sa disposition: les journaux, la police, la justice, les accusations de terrorisme et finalement ça n’a pas réussi à atteindre les étudiants de Bogazici», ajoute-t-il.

Contesté par les jeunes religieux

Si la «bataille de Bogazici» suscite autant de passion, c’est que cette université est un concentré de symboles. Pour le régime qui tente vaille que vaille d’imposer au pays sa révolution conservatrice, cette institution incarne l’élite laïque qui a longtemps discriminé les islamistes. Les étudiants, eux, balaient les accusations d’élitisme et soulignent la diversité de leurs origines. «Je suis le premier de ma famille à faire des études», insiste Mehmet Altundag.

Fait déconcertant pour les autorités, adeptes de la polarisation à outrance, des étudiants musulmans font partie du mouvement. Ils ont exprimé leur désapprobation vis-à-vis de la peinture de la Kaaba mais ils demandent toujours la démission de Melih Bulu.

Ce mouvement témoigne ainsi de l’émergence de la génération dite Z comme objet politique en Turquie. Les étudiants de Bogazici n’ont jamais connu qu’Erdogan comme dirigeant. Celui-ci a d’ailleurs admis que son parti avait du mal à s’adresser aux jeunes, frappés de plein fouet par la crise économique mais également moins arc-boutés que leurs aînés sur le clivage religieux versus laïcards. «Nous sommes dépités par l’état de notre pays. Nous ne nous y sentons plus acceptés. C’est une accumulation de désillusions», explique Mehmet Altinda, qui se désole que les autorités ne répondent aux demandes de sa génération que par «la polarisation et les politiques identitaires.»

Algérie : des milliers de manifestations pour l’anniversaire du Hirak

Publié sur ouest-france.fr le 16/02/2021

Les manifestants demandent des changements politiques comme la fin du contrôle de la politique du pays par l’armée. | EPA/MAXPPP


Plusieurs milliers de personnes défilaient mardi 16 février 2021 dans l’est de l’Algérie à Kherrata, le berceau du mouvement antirégime Hirak, malgré l’interdiction de manifester, pour marquer le deuxième anniversaire du soulèvement populaire qui a chassé du pouvoir le président Abdelaziz Bouteflika, a constaté l’AFP.

C’est à Kherrata, à 300 km à l’est d’Alger, qu’une mobilisation spontanée avait réuni le 16 février 2019 des milliers d’Algériens opposés au cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, rendu impotent par un AVC.

Le drapeau algérien est souvent brandi par les manifestants | AFP

Un mouvement pour plus de libertés

Une semaine plus tard, le 22 février, la contestation avait gagné Alger, puis le reste du pays, donnant naissance à un mouvement (Hirak) populaire inédit, réclamant « le démantèlement du système » en place depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Les manifestants demandent des changements politiques comme la fin du contrôle de la politique du pays par l’armée. | EPA/MAXPPP

Les manifestants brandissent drapeaux algériens et amazighs (berbères), en scandant des slogans du Hirak : « Pour l’indépendance de l’Algérie »« (le président) Tebboune est arrivé par la fraude, placé par les militaires » ou encore « Les généraux à la poubelle ».

Dans la continuité des marches du Hirak, suspendues depuis près d’un an en raison de la crise sanitaire, ils réclament « un État civil »« la liberté de la justice »« la liberté d’expression et de presse » et la libération des détenus d’opinion, d’après les banderoles affichées dans la ville.

De nombreuses figures du Hirak emprisonnées

Quelque 70 personnes sont actuellement en prison en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien.

Des figures de l’opposition ont pris part au défilé. Parmi elles : Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS) et ancien détenu, Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et Zoubida Assoul, avocate et présidente de l’Union pour le changement pour le progrès (UCP).

Dès lundi soir, des hirakistes avaient convergé de plusieurs wilayas (préfectures) d’Algérie pour prendre part à ce rassemblement.

« Un État civil, pas militaire », peut-on lire sur cette banderole avec les drapeaux algérien et kabyle. | AFP

Le Covid-19 a mis le mouvement Hirak à l’arrêt

Les manifestations politiques restent interdites en Algérie en raison de la pandémie de Covid-19. Peu de protestataires portaient de masques sanitaires mardi.

Les marches du Hirak sont à l’arrêt depuis mars 2020 mais à l’approche de l’anniversaire du soulèvement, les mobilisations se sont multipliées, notamment en Kabylie (nord-est).

Une marche organisée pour « le départ du système (au pouvoir), pour la libération des détenus et contre la répression des libertés » a regroupé lundi plusieurs centaines de personnes à Béjaïa, grande ville de Kabylie, d’après la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH).

Le même jour, la justice algérienne a encore condamné plusieurs militants du Hirak à des peines de prison ferme.

HK à Perpignan et Prades en soutien au spectacle vivant vendredi 19 février

Publié sur le site de la CGT-66

Pour la liberté de chanter et danser, déambulations revendicatives et musicales à Perpignan et Prades vendredi 19 février et à Céret le 20 février


Kaddour Hadadi (HK et les Saltimbanks) est bien connu des milieux militants puisqu’il est l’auteur de la chanson « on lâche rien ! » souvent reprise depuis quelques années dans les manifestations défendant nos droits sociaux.
En tournée dans toute la France, pour réchauffer les cœurs en cette période de sinistrose, HK a généreusement accepté de se déplacer ce vendredi 19 février dans les Pyrénées-Orientales pour porter ce message « nous sommes tout-tes essentiel-les » !

L’UD CGT66 et Alternatiba66 organisateurs des 3 manifestations festives déclarées en préfecture, soutiennent les intermittents du spectacle mis en grande précarité et ne pouvant plus travailler. Le spectacle vivant se paupérise, se meurt, des petites structures s’écroulent, des milliers d’artistes perdent leurs droits.

HK sera accompagné de musiciens du cru, d’intermittents du 66, vendredi 19 février à Perpignan à partir de 11h30 face au médiator avec une déambulation musicale vers le théâtre de l’Archipel et la passerelle puis à Prades à 15h Place de l’Église.
Ces initiatives sont également soutenues par les Mouvement des intermittents 66. Soyons nombreux sur ces initiatives !

Dans le monde d’après, nous sommes tou·tes essentiel·les. Nous soutenons le spectacle vivant, et tous les intermittent·tes du 66.En tant que militant·es écologistes et syndicalistes , nous défendons la « nature « le vivant alors restons vivant·es.Continuons à chanter, à danser encore comme le dit si bien notre fidèle ami HK.
On lâche rien et prenons soin de nous .Rendons visite à nos lieux de culture et rendons les vivants.Venez nous rejoindre , vivons cet instant, soyons vivant·es comme le dit HK « sans arme , sans haine et sans violence « !Ces initiatives sont également soutenues par les Mouvement des intermittents 66Les règles sanitaires en vigueur seront bien sûr respectées (distanciation physique, lavage régulier des mains, port du masque) et rappelées par les organisateurs.

DERNIER RAPPORT DE METEO-FRANCE SUR LE CLIMAT : Canicules annuelles, sécheresses, hausses de 4 à 5° d’ici 2100,…

Le dernier rapport annuel de Météo-France confirme les projections du GIEC. Trois scénarios prévus pour la France dont le troisième reste catastrophique avec des hausses moyennes de température de 4° à 5° si nous n’agissons pas maintenant. Il est donc urgent d’agir et de se mobiliser tous ensemble pour imposer des objectifs à la hauteur des enjeux, pour la justice sociale et climatique.

Météo-France éclaire le climat en France jusqu’en 2100

Publié sur meteofrance.com publié le 1/02/2021

Météo-France a produit de nouvelles projections climatiques de référence en France. Ce nouveau jeu de projections à l’échelle des régions métropolitaines est disponible sur le site DRIAS. Il permet à nos sociétés de mieux anticiper et de s’adapter.

Découvrir ici le portail Drias (Météo-France, IPSL et Cerfacs) pour accéder aux données et produits de référence sur les évolutions futures du climat en France. 

Télécharger notre brochure sur le sujet.

Le climat a déjà changé

En France, la hausse des températures a atteint 1,7 °C depuis 1900 et s’est accélérée ces dernières décennies. Les conséquences sur notre territoire s’accentueront inévitablement d’ici 2050.
Si nous ne renforçons pas assez nos actions de lutte contre le changement climatique, le réchauffement pourrait être encore plus fort en seconde moitié de siècle.

+ 3,9 °C en 2100 si nous n’agissons pas maintenant

La température moyenne en France est en forte hausse jusqu’en fin de siècle. Le réchauffement atteindrait 3,9 °C par rapport au climat actuel si nous n’agissons pas maintenant (scenario RCP 8,5). 
En limitant dès maintenant nos émissions (scenario RCP 4,5), il est possible de limiter cette hausse de la température à 2,2 °C en France. 

Avec près de 4 °C de plus en 2100, les conséquences en France seraient importantes : en 2100, la France subirait des canicules  quasi permanentes en été, des sécheresses beaucoup plus longues, la moyenne montagne ne verrait presque plus de neige et les gelées disparaîtraient pratiquement de la plupart des régions. 

Toutes les régions seront concernées par ce réchauffement. Certaines régions sont plus particulièrement exposées. La chaleur sera plus forte dans la moitié sud-est du pays, de l’ordre de 1 °C supplémentaire. Et c’est même en montagne, dans les Alpes et les Pyrénées, que le réchauffement fera le plus sentir ses effets. 
L’arc méditerranéen, les vallées du Rhône et de la Garonne vivront des étés absolument torrides puisque les vagues de chaleur pourront s’étaler sur des périodes supérieures à un ou deux mois continus en été. 

Comment parvient-on à ces résultats ?

Ce nouveau jeu de projections DRIAS-2020 a été constitué avec une approche scientifique originale au meilleur niveau de l’état de l’art dans le domaine. Il a été élaboré et mis à disposition par Météo-France avec l’appui du Cerfacs et de l’IPSL, et avec le soutien financier du ministère de la Transition écologique. 

Les modifications de la composition chimique de l’atmosphère, et plus précisément la concentration des gaz à effet de serre (GES), induite par les activités humaines, sont la principale cause des changements climatiques observés et à venir. L’évolution de ces émissions anthropiques dépend d’un ensemble de facteurs tels que la croissance démographique, le développement socio-économique, les évolutions technologiques, les comportements individuels et les choix politiques futurs pris en compte à travers les scénarios d’émissions RCP – Representative Concentration Pathways.
Pour simuler le climat de demain, nos scientifiques reproduisent, grâce à des outils de modélisation parmi les plus performants au monde, le fonctionnement du système climatique et ses réponses à ces différents scénarios, reflets des évolutions possibles de nos sociétés.
 

Des projections régionalisées

La résolution des modèles climatiques globaux, de l’ordre de 150 à 200 km est pertinente à l’échelle planétaire, mais insuffisante pour représenter finement les phénomènes météorologiques d’intérêt pour les acteurs socio-économiques. Les climatologues produisent donc des simulations complémentaires s’appuyant sur des modèles de climat de plus fine échelle (modèles climatiques régionaux). Ces simulations sont ensuite corrigées à partir des observations de référence sur le climat de la France.

30 simulations, trois scénarios climatiques

C’est selon cette démarche que le nouveau jeu DRIAS a été constitué à partir de l’ensemble de simulations globales utilisé pour le 5e rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat). Il se compose de 30 simulations couvrant les trois scénarios climatiques RCP2.6, RCP4.5, et RCP8.5, sélectionnées pour représenter les différentes évolutions climatiques sur la France. DRIAS propose un jeu étendu de variables et d’indicateurs climatiques et offre aux utilisateurs la possibilité de considérer différents modèles climatiques selon sa stratégie d’adaptation ou de s’appuyer sur des valeurs moyennes de l’ensemble des modèles.

Les scénarios d’émission RCP
Dans le cadre du cinquième rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), trois scénarios d’émissions de gaz à effet de serre représentatifs ont été sélectionnés à partir de leurs impacts potentiels sur le climat. Ces scénarios RCP (Representative Concentration Pathways) se répartissent entre deux scénarios extrêmes (les RCP2.6 et RCP8.5) et un scénario intermédiaire (RCP4.5).
Le RCP2.6 décrit un monde très sobre en émissions de gaz à effet de serre, dans lequel le réchauffement global reste inférieur à 2 °C par rapport aux températures préindustrielles (objectif des Accords de Paris). Le RCP8.5 décrit quant à lui un futur sans régulation des émissions, menant à environ 5 °C de réchauffement global d’ici la fin du siècle. Le scénario RCP4.5 décrit une voie intermédiaire, dans laquelle les émissions continuent de croître pendant quelques décennies, se stabilisent puis décroissent avant la fin du XXIe  siècle. Ces scénarios d’émission sont utilisés en entrées de modèles climatiques globaux dont l’objectif est de simuler l’évolution du climat à l’échelle mondiale.

Rassemblement au col de Banyuls pour dénoncer la fermeture de la frontière et défendre les migrants

Les initiateurs de ce rassemblement de soutien aux migrants est une réponse à la provocation raciste du 20 janvier à la frontière espagnole de Génération identitaire, groupe néo-nazi soutenu par le Rassemblement National et aussi aux mesures de fermeture de la frontière du gouvernement qui stigmatise les migrants en faisant l’amalgame avec le terrorisme.

Publié sur francebleu.fr le 7/02/2021 – Voir la vidéo sur le site de francebleu

80 personnes étaient rassemblées ce dimanche midi au col de Banyuls (Pyrénées-Orientales) pour dénoncer la fermeture de la route frontière avec l’Espagne et la stigmatisation des migrants par le gouvernement. Une initiative notamment de la chorale antifasciste et féministe de Perpignan.

La décision du préfet de fermer plusieurs routes-frontières avec l’Espagne le mois dernier continue de faire des vagues dans les Pyrénées-Orientales. Ce dimanche matin, 80 personnes se sont rassemblées au col de Banyuls (Pyrénées-Orientales) pour protester contre la mise en place de blocs de béton au milieu de cette petite route qui en temps normal permet de relier la ville de Banyuls-sur-Mer au village catalan d’Espolla.

Le rassemblement, organisé notamment par la chorale antifasciste et féministe de Perpignan, visait à dénoncer la fermeture physique de la frontière mais aussi la stigmatisation des migrants. En effet, la fermeture de plusieurs routes secondaires vers l’Espagne a été décidée dans le cadre du renforcement de la lutte anti-terroriste annoncé par Emmanuel Macron lors de son déplacement au Perthus fin 2020. Il s’agit notamment de mieux surveiller les passages de migrants clandestins à la frontière, susceptibles d’être liés à des activités terroristes. 

Rassemblement en chanson

Les manifestants présents au col de Banyuls ont franchi les blocs de béton à pied, avant d’entonner des chants antifascistes. « Nous voulons dénoncer« , explique Elise, membre de la chorale antifasciste et féministe de Perpignan, « un gros amalgame qui est fait entre les exilés qui traversent les frontières pour se réfugier dans des pays plus accueillants et le terrorisme« .

Béziers – chroniques de juillet d’une ville tenue par l’extrême droite

Communiqué de VISA-34 du 30 juillet 2020

Robert Ménard, le nouveau président de l’Agglo Béziers-Méditerranée, vient d’annoncer le lancement d’une mutuelle municipale à l’échelle des 17 communes « La mutuelle communale ». Pour l’instant 8 communes plus celle de Béziers sur les 17 ont adhéré à ce dispositif. Voici le communiqué de VISA 34 à ce propos.

Comment l’extrême droite avance masquée…

L’histoire de « la mutuelle communale » commence à Béziers, le 19 septembre 2014, le jour où Robert Ménard inaugure les locaux de Mon Béziers, ma santé, une mutuelle sociale réservée aux Biterrois, qui propose soi-disant des contrats avantageux. Mais le maire comme aujourd’hui, n’a pas trop communiqué sur la société qui pilote ce projet : Traditia.

En fait, cette entreprise spécialisée dans le courtage en assurances compte parmi ses principaux actionnaires, depuis le mois d’août 2014, un certain Robert Ottaviani. Ce dernier n’est pas un inconnu dans la faschosphère. C’est un ancien cadre du FN mais aussi un ancien chanteur de rock d’un groupe skinhead Ultime Assaut qui vantait les faits d’armes de la Légion des Volontaires Français, qui, durant la Seconde Guerre mondiale, se sont engagés sous l’uniforme allemand au sein de la division SS Charlemagne.

Mais pour Robert Ménard « Ce qui compte, ce ne sont pas les liens, c’est que l’on est la première ville à mettre en place ici une Mutuelle pour les plus pauvres. » En réalité, Robert Ménard a sollicité un ami personnel, Philippe le Gouz de Saint-Seine, connu pour être un proche de la droite nationale catholique et directeur d’une société commerciale Traditia (domiciliée à Bordeaux) et d’une filiale Traditia Medica et c’est cette dernière qui a créé cette mutuelle. Robert Ottaviani, lui est « seulement » actionnaire minoritaire de Traditia, mais également gérant de deux autres branches de la société : Traditia Immobilier et Traditia Entreprises et Professionnels.

En 2016, le journal Le monde publiait un article sur les mutuelles communales, et on apprenait encore que Robert Ottaviani était aussi un intime de Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, et de son épouse, Marie-Caroline Le Pen et que Philippe le Gouz de Saint-Seine est le gendre de l’actuel conseiller politique de Marine Le Pen pour le logement, Jean-Marc de LacosteLareymondie.

On apprenait également que c’est Christophe Pacotte, ancien dirigeant du Bloc identitaire, et premier chef de cabinet de Ménard qui a permis à Traditia de s’installer à Béziers. Et pour finir le journaliste confirmait aussi que depuis les élections municipales de 2014, ces mutuelles communales, se sont développées à une vitesse impressionnante dans les municipalités FN. Et on les retrouve au Luc-en-Provence, à Fréjus, au Pontet, à Camaret-sur-Aigues, ou encore à Hénin-Beaumont.

Aujourd’hui, Robert Ottaviani est directeur général associé de Traditia. Une belle promotion ! Mais l’aspect opaque de cette société se poursuit encore aujourd’hui car le nom de la mutuelle présentée par le maire de Béziers au Conseil de l’agglo, s’appelle « La mutuelle communale ». En fait, il s’agit bel et bien d’une branche du groupe Traditia car ils ont la même adresse et un des deux responsables, Raphaël Huré, est lui même le dirigeant du pole santé et associatif de… Traditia… Au final, il serait intéressant de savoir si les maires des 8 autres villes de l’agglomération, qui ont signé la mise en place de ce dispositif, pour une mutuelle communale privée « très particulière » et très « traditionaliste » sont au courant de l’origine de cette mutuelle.

Visa 34

Retour sur les diverses agressions de l’extrême-droite le dimanche 17 mai à Montpellier

mardi 26/05/2020 – 17:20

1 – Communiqué du local associatif Le Barricade

Alors que la manifestation des Gilets Jaunes du samedi 16 mai a été durement réprimée par les forces de l’ordre, les militants d’extrême droite de La Ligue du Midi, de l’Action française et de la Ligue des Volontaires ont complété le travail de la police.

Acte 1 : Une douzaine de fascistes croisent un journaliste indépendant montpelliérain près de la gare. A douze contre un, ils déclenchent une bagarre avant de prendre la fuite.
Acte 2 : Les même fascistes se rendent ensuite au local associatif le Barricade, lieu au service des luttes sociales où se tiennent divers ateliers gratuits et ouverts. Ils brisent la vitrine avant de repartir en direction du centre ville.
Acte 3 : Les mêmes individus se rendent à la manifestation des groupes d’extrême droite « interdite » par le préfet. La manifestation se tient pourtant sous le regard bienveillant des forces de l’ordre. Un traitement très différent de la violence déployée la veille contre les Gilets Jaunes.
Acte 4 : Des manifestants d’extrême droite menacent une journaliste de l’AFP et lui volent son téléphone. Les fascistes prouvent encore une fois leur rôle d’auxiliaires de police au service de la classe dominante.

Enhardis, les fascistes multiplient leurs minables agressions sur Montpellier, en se pensant hors de toute atteinte. Ils se trompent. Les initiatives de solidarité, les manifestations et les lieux de résistance se multiplient. Les violences de la police et de l’extrême droite ne parviendront pas à stopper les luttes sociales.

2 – Lettre au préfet de la Ligue des droits de l’Homme de Montpellier

3- Article publié sur France bleu Hérault

Manifestations à Montpellier : la police plus souple avec la Ligue du Midi qu’avec les gilets jaunes ?

GLOBAL NUTRITION REPORT SUR LE COVID-19 : SELON LES PRÉVISIONS LE NOMBRE DE PERSONNES SOUFFRANT DE LA FAIM VA DOUBLER CETTE ANNÉE

Les droits à l’alimentation et à la santé pour tou.te.s devraient être une obligation prioritaire pour tous les états et les institutions internationales. C’est pourquoi la communauté internationale et ses états devraient renforcer les systèmes sanitaires et de santé publique et transformer les systèmes alimentaires industriels injustes au profit de l’agroécologie…

Communiqués de presse du 12 mai 2020, par actioncontrelafaim.org

Le COVID-19 doit provoquer une action mondiale accrue pour mettre fin à la sous-nutrition, selon les prévisions le nombre de personnes souffrant de la faim va doubler cette année.

SELON LE RAPPORT MONDIAL SUR LA NUTRITION 2020 (GNR) LA LUTTE CONTRE LA MALNUTRITION SOUS TOUTES SES FORMES PROGRESSE TROP LENTEMENT ET DE MANIÈRE INÉGALE À TRAVERS LE MONDE.

Ce rapport tire la sonnette d’alarme alors que le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde va doubler. Action contre la Faim met en garde contre le fait que COVID-19 ne doit pas détourner l’attention du traitement et de la prévention de la malnutrition, si l’on veut éviter qu’un plus grand nombre de personnes ne meure des conséquences de la faim que du COVID-19 lui-même. Plus que jamais, dans ce contexte de pandémie, la communauté internationale doit renforcer les systèmes de santé et promouvoir des systèmes alimentaires plus équitables au cœur de la réponse face au virus.

Mais aujourd’hui, le GNR révèle qu’aucun pays n’est en voie d’atteindre les objectifs de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) concernant la réduction de toutes les formes de malnutrition. Pire encore, le GNR avertit que les progrès en matière de malnutrition sont profondément inégaux et lents – en 2018, seul un enfant de moins de cinq ans sur trois souffrant de malnutrition aiguë sévère a reçu un traitement.

Les systèmes de santé déjà fragiles sont surchargés à cause du COVID-19 et risquent d’interrompre les services essentiels de nutrition. C’est déjà une réalité dans les pays où Action contre la Faim intervient, comme au Myanmar et en Inde.

Afin de réagir efficacement et de prévenir de nouvelles crises, la communauté internationale doit renforcer et protéger les services de santé et de nutrition existants et supprimer les obstacles financiers à leur accès. Les familles ne doivent pas être obligées de se sur-endetter pour avoir accès au traitement, car leurs moyens de subsistance sont déjà affectés par COVID-19. Il est urgent de redoubler d’efforts pour parvenir à la couverture maladie universelle (CSU). La nutrition doit être un élément central pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre. Les agents de santé communautaires ont un rôle crucial à jouer à cet égard et toute formation ou soutien doivent les inclure en tant que membres clés du personnel de santé.

Le GNR a raison de se concentrer sur les limites des systèmes alimentaires qui ne permettent pas aux pays d’assurer la continuité d’une alimentation accessible, sûre, abordable, nutritive et saine. Action contre la Faim exhorte la communauté internationale à utiliser la crise de COVID-19 comme une opportunité de transformer les systèmes alimentaires industriels et injustes et de placer l’agroécologie au cœur de ce changement. Une alimentation variée et riche en nutriments doit être accessible à tous, afin d’accroître la résilience au climat et de limiter les dommages causés à la biodiversité. Nous ne devons pas attendre plus longtemps pour nous attaquer aux inégalités en matière de santé et d’alimentation, qui sont principalement le résultat de décisions politiques.

Le financement d’urgence pour lutter contre le COVID-19 ne doit pas se faire au détriment du financement de la nutrition, d’autant plus que les engagements actuels en matière de dépenses de nutrition prennent fin en 2020 – de nouveaux engagements financiers et politiques des donateurs sont nécessaires. De même, les progrès réalisés pour inclure les dépenses en matière de nutrition dans les budgets nationaux ne doivent pas être perdus.

La tenue du Sommet Nutrition 4 Growth prévue au mois de décembre à Tokyo, devra être un moment fort de mobilisation internationale autour de la lutte contre la faim – des millions de vie en dépendent.


*265 millions de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire grave en 2020, contre 135 millions en 2019
https://www.wfp.org/news/covid-19-will-double-number-people-facing-food-crises-unless-swift-action-taken

PROROGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE : DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉPOSENT UNE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE POUR ALERTER LES NEUF SAGES

Communiqué commun

L’Association pour la défense des libertés constitutionnelles (Adelico – qui rassemble des juristes éminent-e-s), la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature ont adressé dimanche 10 mai au Conseil constitutionnel une contribution extérieure. Pour la loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, approuvée samedi soir par le Sénat et l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel a fait l’objet de deux saisines, d’une part par le Président de la République lui-même, et d’autres part, par 63 député-e-s membres des groupes La France insoumise, socialiste, Gauche démocratique et Libertés et territoires.

Dans cette « PORTE ÉTROITE » (expression consacrée pour désigner ce type de contribution), les organisations relèvent toute une série de dispositions de la loi votée samedi 9 mai, qu’elles considèrent contraires à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision dans la journée de lundi 11 mai.

Ce travail collectif a été mené dans des délais records, grâce à une collaboration entre les membres de l’Adelico et plusieurs membres du RÉSEAU DE VEILLE SUR L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE (LDHSAFSM, avocats, universitaires).

Paris, le 11 mai 2020

TÉLÉCHARGER CETTE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE AU FORMAT PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre – Communiqué du Syndicat de la Médecine Générale

Pour le communiqué au format PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre

En préparation du post-confinement, l’Assurance maladie demande aux médecins généralistes de collecter des données personnelles sur leurs patient·e·s atteint·e·s du coronavirus, mais également sur leurs proches et les personnes avec lesquelles ils et elles sont en contact1. Contrairement à ce qui est avancé, ce n’est pas de la santé publique et si les médecins suivent, ils.elles trahiront leur éthique professionnelle.

Les médecins devront transmettre ces données (coordonnées complètes, résultats des tests) sur des plateformes numériques dénommées « contact Covid ». Le projet de « loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire » qui doit être adopté cette semaine2 prévoit que ces données pourront « être partagées, le cas échéant sans le consentement des personnes intéressées ». 

Les contours juridiques restent flous, un décret et des ordonnances sont annoncés dans le projet de loi. Les premiers éléments connus dessinent un système portant atteinte aux libertés et au secret médical. Et les questions restent nombreuses et inquiétantes :

– Qui aura accès à ces informations très sensibles ? La Caisse nationale d’Assurance maladie mentionne des plateformes départementales formées de personnels médicaux et administratifs des Caisses primaires d’Assurance maladie pouvant être appuyées par des « structures extérieures volontaires ».

– Quelle utilisation sera faite de ces informations ? Le but est d’identifier toutes les personnes potentiellement en contact d’une personne malade et de les confiner chez elles, donc de les priver de liberté. Le gouvernement semble toutefois, vu le tollé suscité, avoir renoncé à faire appliquer cet isolement par la contrainte.

– Comment seront conservées ces données sensibles ? Le projet prévoit une conservation des données a priori de un an, ce qui est déjà extrêmement long pour une maladie évoluant sur quelques semaines. De plus, ces données pourraient venir alimenter le Health Data Hub dont la mise en œuvre pose des problèmes de sécurisation des données3.

Nulle part, il n’est fait mention de la question du secret médical qui est donc allègrement bafoué. 

Comment considérer qu’une politique de santé publique puisse être efficace sans respecter l’éthique ? Sans le secret médical et la confiance qui en découle entre la personne soignée et le/la soignant·e ? Comment imaginer que les personnes concernées feront confiance aux professionnel·le·s de santé si elles savent que les informations qu’elles donnent seront divulguées, sans savoir à qui ?

Mépriser et infantiliser, contraindre et sanctionner n’améliorent par les conditions sanitaires. Au contraire, l’efficacité de la réduction des risques a été prouvée grâce à des pratiques d’information, de dépistage, de mise à disposition de matériel et d’autonomisation des personnes (cf. par exemple l’histoire des luttes contre le VIH ou le VHC).

Soigner n’est pas ficher, soigner n’est pas contraindre ! « contact Covid » serait un précédent très dangereux de contrôle sanitaire des populations exercé par l’intermédiaire des soignant·e·s. Les médecins ne sont pas des enquêteur·trice·s, des contrôleur·euse·s. 

L’éthique des soignant·e·s n’est pas à vendre ! Pourtant l’Assurance maladie promet, pour s’assurer de la participation des médecins, une rémunération supplémentaire en échange de ces données : majoration de 30 € de la (télé)consultation auxquels s’ajouteront 2 €, voire 4 € pour tout cas contact supplémentaire renseigné ! 

Nous, Syndicat de la médecine générale, appelons, les professionnel·le·s mais aussi les patient·e·s, et tous les citoyen·ne·s, 

– à refuser cette pratique de fichage indigne qui porte atteinte à l’éthique professionnelle et qui, en dégradant la confiance qui existe entre les soigné·e·s et les soignant·e·s, risque d’aggraver la situation sanitaire au lieu de l’améliorer.

– à promouvoir, dans le cadre de cette épidémie de Covid, une véritable politique de santé publique respectueuse de l’éthique professionnelle et s’appuyant sur la capacité des citoyen·ne·s à prendre en charge leur santé. Cela signifie la mise en place d’actions de prévention efficaces car adaptées aux territoires et fondées sur la coopération entre toutes les personnes et structures concernées, mais aussi et surtout sur les compétences et les savoirs des usager·ère·s, des professionnel·le·s et des nombreuses structures associatives et/ou militantes de terrain.

Contacts : 

Mathilde Boursier : 06.74.21.60.57

Camille Gendry : 06.76.71.39.08

Catherine Schmitt : 06.03.56.32.24

1. https://stats.info.ameli.fr/m//MDEwMDk1OTU2MzMyOTswMVAxMjY1NzM5NzU1O3N0ZXBoYW5lLmFuZHJpZXVAaWNsb3VkLmNvbTswOzIwMjAtMDQtMzBUMTc6NTI6MjQrMDI6MDA_a63HLvTUB9HPjL52nMmBTIHr98

2. https://fr.scribd.com/document/459488341/Projet-de-loi-prorogeant-l-etat-d-urgence-sanitaire-et-completant-ses-dispositions#from_embed

3. https://www.april.org/tribune-pour-des-donnees-de-sante-au-service-des-patients

Syndicat de la Médecine Général

52 rue Gallieni, 92240 Malakoff

Tél/Fax: 01 46 57 85 85

syndmedgen@free.fr – www.smg-pratiques.info

Le coronavirus menace de « génocide » les Indiens d’Amazonie : un appel urgent adressé aux autorités du Brésil

Publié sur France-Inter  (Cliquer sur le lien pour écouter l’émission))

Un appel aux autorités brésiliennes demande la protection des populations indigènes d’Amazonie contre le coronavirus, « menace extrême pour leur survie ». Leur sécurité s’est affaiblie avec la pandémie.

Le covid-19 peut-il provoquer un génocide ? Cette question grave est posée dans un appel de personnalités internationales concernant le risque que fait courir la pandémie pour une des populations les plus fragiles au monde : les derniers Indiens d’Amazonie, au Brésil.

C’est la crainte exprimée dans un appel publié hier dans la presse mondiale, et adressé aux autorités brésiliennes. Il leur demande d’agir « de toute urgence » pour protéger les indiens d’Amazonie de l’arrivée du virus, qualifié de « menace extrême pour leur survie ».

C’est le photographe franco-brésilien Sebastiao Salgado qui est à l’initiative de cet appel avec son épouse Lélia, lui qui a abondamment documenté, depuis des années, la destruction de la forêt amazonienne, habitat naturel de quelque 300.000 personnes, issues de plus de 200 peuples indigènes du Brésil.

On pense immédiatement -et l’appel de Salgado y fait explicitement référence- à ce qui s’est passé il y a cinq siècles, lorsque les colonisateurs européens sont arrivés sur le continent américain, emmenant avec eux des maladies contre lesquelles les populations indigènes n’avaient aucune immunité. Au nord et au sud de l’Amérique, elles ont été décimées par la variole, la grippe, ou encore le typhus.

Au Mexique, au XVI° siècle, la variole fut un facteur-clé dans la chute de la ville de Tenochtitlàn, la capitale des Aztèques, assiégée par les colons espagnols conduits par Hermàn Cortès. Près de la moitié de la population fut décimée par l’épidémie, et les conquistadors firent le reste.

La pandémie est bien présente au Brésil où elle a déjà fait plus de six mille morts. La position du Président Jaïr Bolsonaro fait polémique car il est dans le déni, et s’oppose à l’action des gouverneurs qui ont décrété le confinement dans les principales régions.

Le cas de l’Amazonie est particulier. Ces territoires sont en principe réservés par la loi aux peuples indigènes. Mais ils sont aussi l’enjeu, depuis des années, de la poussée incessante des lobbies économiques, orpailleurs, exploitants forestiers, ou éleveurs de bétail. Selon l’appel lancé hier, les activités illicites de ces groupes se sont accélérées ces dernières semaines parce que les autorités chargées de protéger ces territoires ont été immobilisées par la pandémie.

Résultat, selon Salgado, privée de bouclier protecteur contre le virus, la population indienne fait désormais face à un vrai risque de « génocide causé par la contamination apportée par des intrus sur leur sol ».

L’an dernier, le monde entier s’était ému des incendies géants qui s’étaient déclarés en Amazonie. Le président Bolsonaro s’était offusqué de ce qu’il qualifiait d’ingérence. Depuis, il n’a eu de cesse de défaire l’arsenal législatif qui protège l’Amazonie et ses habitants indigènes.

Cette menace sur ces populations en danger concerne, comme l’an dernier, le monde entier ; car, comme le soulignent les signataires de l’appel, « leur disparition serait une tragédie colossale pour le Brésil, et une immense perte pour l’humanité ».

Publié sur Le Journal du Dimanche  (Cliquer sur le lien pour lire l’article en entier)

L’appel urgent pour sauver les peuples indigènes du Brésil

Le photographe Sebastião Salgado et une cinquantaine de signataires dont Paul McCartney, Madonna, Naomi Campbell ou encore Meryl Streep demandent dans cette tribune que le président brésilien Jair Bolsonaro prenne des mesures pour venir en aide aux peuples indigènes face à la menace du Covid-19.

UN PROCUREUR RIDICULE MAIS DANGEREUX

Le 27.04.2020

Communiqué LDH

Le procureur de la République de Toulouse a demandé aux services de police d’intervenir au domicile de personnes ayant affiché à leurs balcons des banderoles portant l’inscription « Macronavirus, à quand la fin ? ».

Des policiers se sont donc rendus aux domiciles de ces dangereux délinquants et ont procédé à au moins une garde à vue sur le fondement juridique d’un « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ».

Outre le ridicule qui atteint le procureur et dont il ne semble pas avoir conscience, c’est sa volonté délibérée de s’en prendre à la liberté d’expression, même utilisée en termes ironiques, qui inquiète.

Chargé, aux termes de son statut, de faire respecter la liberté de tous, le procureur de la République de Toulouse use d’une incrimination pénale détournée de ses fins dans le but d’intimider et de faire taire des opposants politiques.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) attend avec impatience de savoir quelle sera la réaction du Conseil supérieur de la magistrature face à un tel zèle, mais aussi face à l’absence de suites connues données aux nombreuses plaintes déposées contre les violences commises par les forces de l’ordre au cours des manifestations de ces derniers mois.

En laissant le procureur de la République agir de manière aussi partisane, c’est l’institution judiciaire elle-même qui perd sa crédibilité.

Paris, le 27 avril 2020

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ EN FORMAT PDF

Bas les masques! Un appel de soignant·e·s pour construire un mouvement populaire

Pour information un appel de soignant.e.s

Publié sur Mediapart

  • 30 AVR. 2020

«Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un grand mouvement populaire», exhorte un large collectif de soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers, invitant tous les «premier·e·s de corvée» à les rejoindre. Elles et ils appellent à faire de «chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste». 

Nous sommes des soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers. Bouleversé·e·s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnelle·s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentielles », aux « premier·e·s de corvée », qui sont exposé·e·s pour faire tourner la machine.

Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en oeuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.

Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur.
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnelle·s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs·euses « essentiel·le·s », aux « premier·e·s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps). Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

Signataires :

L’appel est encore ouvert à signature :

> Pour les individus, signez l’appel ici.

> Pour les collectifs/organisations, signez l’appel ici.

Toulouse : une jeune femme placée en garde à vue pour une banderole sur sa maison (france3-regions)

Publié sur france3-regions

Par Laurence BoffetPublié le 24/04/2020


A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures pour avoir mis une banderole « Macronavirus, à quand la fin ? » sur sa maison. Associations, Ligue des droits de l’homme, partis poilitiques ou syndicats dénoncent ce vendredi une « police politique »

est une manifestation silencieuse qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde. A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat. On lui reproche d’avoir placé sur sa maison une banderole où était écrit « Macronavirus, à quand la fin ? »

Une banderole pour interroger les passants

Avec ses six colocataires, Raphaëlle (prénom d’emprunt) voulait « dénoncer et questionner la population sur la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19« . Alors, il y a environ un mois, ils ont affiché une banderole sur le mur extérieur de leur maison, dans le quartier de la Roseraie à Toulouse. « Macronavirus, à quand la fin ? » interroge le drap tendu.
Quelques jours plus tard, une commerçante installée en face de chez eux leur signale avoir été interrogée par la police à leur sujet. Sont-ils des squatteurs ? Des « gilets jaunes » ? A partir de là, ils notent le passage régulier de voitures de police devant chez eux.

Jusqu’au 21 avril 2020, où une patrouille de 5 policiers se présente à leur domicile. « Ils nous ont fait signe de sortir de chez nous et nous ont indiqué que notre banderole constituait une infraction » témoigne Raphaëlle. « Ils nous ont dit que c’était un message offensant envers le chef de l’Etat et nous ont demandé de retirer la banderole, ce qu’on a fait. » Ensuite, poursuit-elle, « les policiers ont exigé que l’un d’entre nous au moins donne son identité, ils ont dit qu’il n’y aurait pas de suite, que c’était simplement la procédure après une intervention policière. J’ai donné la mienne et ils sont repartis. »

Une convocation au commissariat central

Pour revenir le lendemain, avec une capitaine de police. « Là, on a refusé de sortir, alors les policiers sont rentrés dans notre jardin » explique Raphaëlle. La jeune femme se voit alors remettre une convocation pour audition l’après-midi même, au commissariat central. Elle parvient à décaler le rendez-vous au lendemain matin et contacte une avocate.

Lorsqu’elle se présente au commissariat à 11h00, le 23 avril 2020, la jeune femme apprend qu’elle est en garde à vue. « La capitaine m’a directement notifié que j’étais placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat et on m’a immédiatement placée dans une cellule. » Elle y restera 2 heures, avant de voir son avocate et d’être interrogée. « J’ai vraiment été interpellée par les conditions d’hygiène, en pleine crise sanitaire » dit-elle ce vendredi. « Les distances ne sont pas respectées, il n’y a pas de gants, pas de masques, pas de savon, pas de gel hydroalcoolique, une couverture pas nettoyée sur le matelas… »

Raphaëlle est interrogée sur l’affichage, ses opinions politiques, l’identité de ses colocataires. Et on lui signifie qu’eux aussi vont être convoqués. Elle est finalement relâchée. Sa garde à vue aura duré 4 heures. Et aura fait d’elle une citoyenne en colère.

Je suis scandalisée et écoeurée. Je voudrais juste pouvoir exercer mon droit à la liberté d’expression, surtout quand on n’a pas le droit de manifester à cause du confinement. Je suis en colère contre le système.

Une procédure disproportionnée

Pour l’avocate de la jeune femme, Claire Dujardin, « cette garde à vue est totalement disproportionnée. Elle a donné spontanément son identité, s’est présentée spontanément au commisssariat, elle aurait très bien pu être entendue en audition libre. Là, on l’a placée sous la contrainte et elle est restée 4 heures. »

C’est un abus de procédure. On détourne la procédure pour faire du renseignement ». Claire Dujardin

Une action policière disproportionnée et un délit qui n’est pas caractérisé pour l’avocate. « Ce n’est pas un outrage. C’est une banderole à caractère politique sur la façade d’une maison. Ce n’est que de la liberté d’expression, d’autant que la banderole reprend un terme publié en Une de Charlie Hebdo en janvier 2020. L’outrage ce n’est pas ça. On exprime seulement une opinion politique« . Et l’avocate de rappeler qu’en France, il n’existe plus de délit d’offense au chef de l’Etat. Il a en effet été abrogé après plusieurs condamnations de la France, notamment celle de la Cour européenne des droits de l’Homme dans l’affaire de l’affichette « Casse toi pov’con » brandie à l’intention de Nicolas Sarkozy lors d’une visite à Laval en 2008.

Emoi unanime

Ce vendredi, de nombreuses voix s’élèvent à Toulouse pour dénoncer « ces méthodes d’intimidation« . Dans un communiqué commun, la CGT 31, la FSU 31, Solidaires 31, l’Union des Etudiants Toulousains, le CNT 31, Act Up Sud Ouest, ATTAC, Copernic 31, la Ligue de droits de l’homme, le Parti de Gauche 31, Ensemble 31, GDS 31, le NPA 31, LO 31, La France Insoumise 31, le PCF 31et EELV Toulouse dénoncent d’une seule voix « un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature« .

Ils rappellent que le 29 janvier dernier, Charlie hebdo avait fait sa Une avec une caricature d’Emmanuel Macron ayant pour légende « Macronavirus ». Et s’interrogent : « Nous sommes dans cette affaire confrontés à un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature. Et pour faire respecter cela, serions-nous face à la mise en place d’une police politique qui viendra jusque dans nos logements pour nous faire retirer nos panneaux des balcons ? »

Les signataires soulignent que « depuis le début du confinement des milliers de personnes accrochent banderoles et pancartes à leurs fenêtres pour dire ce qu’elles pensent de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. C’est l’un des rares moyens que nous avons pour exprimer nos revendications, le droit de manifestation ayant été suspendu dans le cadre du confinement. »

Nous, organisations progressistes et démocratiques toulousaines, appelons à ce que ces pratiques répressives cessent immédiatement et soient condamnées par le gouvernement ou ses représentants. Le dossier doit être refermé sans aucune poursuite.

Une enquête en cours

Joint par France 3 Occitanie, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, confirme qu’une enquête a été ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et confiée à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). « Les investigations vont se poursuivre » avec des auditions et des éléments de police technique indique-t-il, tout en précisant qu’il n’y a « pas de poursuites engagées contre quiconque à ce stade, puisque l’enquête est en cours« .
De son côté, Raphaëlle s’interroge sur tous les moyens mis en oeuvre dans cette affaire. « Mobiliser autant de personnes, plusieurs équipages de police, la capitaine qui se déplace en personne, pour une simple banderole sur une maison, ça paraît fou ! » dit-elle. « J‘aurais pensé qu’on avait plus besoin des policiers ailleurs, surtout en cette période de confinement. »
On peut s’étonner en effet, de ce « déploiement » de forces pour une simple banderole. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui réclame régulièrement des moyens policiers supplémentaires pour la ville rose appréciera sans doute…

Le virus, la peur et l’étranger – Communiqué de la LDH-66

Avec la peur liée à l’épidémie revient partout dans le monde, avec force, cette barbarie, le besoin d’un bouc émissaire. Dans nos provinces, c’est le parisien qui est mis à cette place. A Perpignan, c’est le gitan, ce concitoyen présent depuis le XVe siècle, épinglé comme étranger de l’intérieur, qui remplit ce rôle de repoussoir ultime. Pourtant les gitans de Perpignan, malgré les rudes périodes de xénophobie, sont aussi les représentants de la culture catalane, avec une identité propre qu’il serait bon de reconnaître, comme reconnaître que le virus ne choisit pas ses cibles et va là où bon lui semble, allant de préférence dans des quartiers vétustes, là où la promiscuité règne, tels le quartier saint Jacques et certains immeubles du Vernet.

La Ligue des Droits de l’Homme s’élève et proteste vigoureusement contre cette recherche d’un bouc émissaire, celui-ci portant toujours la figure de l’étranger. Elle refuse cette xénophobie ambiante qui ne peut être l’émanation de l’hospitalité catalane. Elle refuse toute forme de discrimination, que nous soyons pauvre, vieux, obèse, femme, étranger, la Ligue des Droits de l’Homme sera toujours présente pour défendre la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, ceci constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Section des Pyrénées Orientales

ldh66@laposte.net

      

Samedi 7 mars : à 16h place de la République à Perpignan – Manifestation pur les Droits des Femmes – Concert au Casal à 18h30

À l’occasion de la journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits, le CDF66 organise une série d’animations tout au long de la journée du samedi 7 mars dont voici le programme:
–> À11h, Agora féministe, Place de la République de Perpignan sur le thème “Les femmes et la chose publique”. Débat sur la politique et les problématiques de la ville… d’un point de vue féministe! Les quatre femmes têtes de liste sont invitées, ainsi que des spécialistes sur 4 thèmes: femme et lesbienne, double discrimination; santé; précarité féminine; femme SDF en danger permanent, la place des femmes dans le mouvement des gilets jaunes, urbanisme féministe. Emmenez votre chaise !
–> À 14h: Rifle féministe au Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombreux lots féministes à gagner!!

–> À 16h: Toutes et tous à la Manifestation, place de la République !! Flash mob avec les Femmes en lutte 66

–> À 18h30: Concert au Casal avec les Tata, duo électro-chanson!
https://www.facebook.com/tataduoelectrochanson/

Amb motiu del Dia Internacional dels drets de les Dones, el CDF66 organitza una sèrie d’activitats el dissabte 7 de Març. Veieu aquí el programa:

– A les 11h, Àgora feminista, Plaça de la República de Perpinyà, sota el títol « Les dones i els afers públics ». Debat sobre política i les problemàtiques de la ciutat sota una mirada feminista! Les quatre dones cap de llista estan invitades, així com especialistes en quatre temes: dona lesbiana, doble discriminació; salut; precarietat femenina; dones sense sostre en perill permanet; urbanisme feminista. Emporteu-vos una cadira!!

–> A les 14h: Rifla feminista al Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombrosos lots feministes a guanyar!

–> A les 16h: Anem totes a la Manifestació, Plaça República de Perpinyà!! Flashmob amb Femmes en lutte 66

–> A les 18h30: Apero-concert al Casal amb el grup Les Tata, duo electro-cançó! TaTa – Duo électro-chanson

Organisé par : Collectif Droits des Femmes-66 – c’est un Collectif féministe d’associations : (APEX/ASTI/ATTAC/Femmes Solidaires/LDH/MRAP/MFPF/LGBT/Idemgenre/Jove Moviment feminista), partis (EELV/NPA/PCF/PG) et syndicats (FSU/Solidaires/CFDT/CGT/CNT)

L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »…

Voici un nouvel appel de scientifiques qui dénoncent l’inaction des gouvernements et appellent à la désobéissance civique face à l’urgence climatique. La LDH ne peut que soutenir cet appel. Tous ceux qui nient la réalité du changement climatique et qui mènent une contre-offensive à l’heure actuelle ne devraient pas être dénommés des « climato-sceptiques » mais plutôt des climato-négationnistes. Car les données scientifiques ne sont pas contestables comme le génocide nazi des juifs dans les années 40 du siècle dernier.

Publié sur francetvinfo.fr

Dans une tribune, mille scientifiques appellent à la désobéissance civile face à l’urgence climatique

Dans « Le Monde« , les scientifiques, issus de diverses disciplines, dénoncent l’inaction des gouvernements.

Ils sont océanographes, biologistes, climatologues, sociologues, astrophysiciens, agronomes, économistes, psychologues… Jeudi 20 février, mille scientifiques issues de diverses disciplines ont signé une tribune, publiée dans Le Monde, pour dénoncer « l’inertie » des gouvernements face à l’urgence climatique.

« Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée », écrivent-ils, pointant que « les catastrophes [environnementales] se déroulent sous nos yeux. » Une situation alarmante, d’autant plus que « l’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5 °C est désormais hors d’atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. »

Une croissance « en contradiction » avec la lutte contre le changement climatique

« Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse », poursuivent les signataires. Ces objectifs de croissance sont, estiment-ils, en « contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. » Et de dénoncer, « l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. »

Ainsi, les signataires appellent « à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes », citant les Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rebellion ou encore Youth for Climate. Et d’inviter « tous les citoyens (…) à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui », de façon à dégager « des marges de manœuvre (…) pour faire sauter les verrous et développer des alternatives. »

Interpellant les dirigeants politiques, la tribune exhorte « l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre. »

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