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8èmes RENCONTRES – DECOLONISER NOS IMAGINAIRES – LDH-66 – 30 septembre / 1er octobre 2022

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Non à l’agression de l’Ukraine par Poutine ! Cessez-le-feu ! Retrait des troupes russes de l’Ukraine ! Solidarité avec la résistance du peuple ukrainien ! UKRAINE avril 2022 : plus de 5 millions de réfugiés, 12,7 millions de personnes déplacées au total – RUSSIE : 190 oligarques possèdent 30% des richesses

Mort de Masha Amini en Iran : « Les femmes sont au-devant de la scène contestataire »

Une révolte populaire des femmes en Iran contre la tyrannie des Mollahs, malgré la terrible répression, se développe dans le pays. La LDH est solidaire des femmes en Iran pour la défense de leurs droits humains, les libertés et la démocratie.

Publié sur Franceinfo  le 20/09/2022

Mort de Masha Amini en Iran : « Les femmes sont au-devant de la scène contestataire », estime une sociologue spécialiste du paysL

La sociologue rappelle qu’une « répression féroce » continue dans le pays après la mort d’une jeune femme détenue par la police des mœurs.

« Ce régime est de plus en plus contesté. Aujourd’hui, les femmes sont au-devant de la scène contestataires », estime mardi 20 septembre sur franceinfo Azadeh Kian, sociologue spécialiste de l’Iran après de nouvelles manifestations un peu partout en Iran dimanche et lundi pour protester contre la mort d’une jeune femme détenue par la police des mœurs, le 13 septembre dernier, et morte trois jours plus tard à l’hôpital après être tombée dans le coma. Ces autorités sont chargées, entre autres, de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique d’Iran pour les femmes. 

>> Iran : vent de colère après la mort de Mahsa Amini, symbole de l’oppression du régime

La directrice du département de sciences sociales et du Centre d’enseignement, de documentation et de recherche pour les études féministes (CEDREF) à l’Université de Paris parle d’une « talibanisation » du pouvoir iranien et explique que la « répression féroce continue », que les policiers « ont carte blanche pour frapper les femmes, les arrêter, les malmener ».

franceinfo : La mort de Masha Amini a-t-elle provoqué une onde de choc en Iran ?

Azadeh Kian : Effectivement, et cela dans un contexte de tension énorme entre la société et le régime. Des tensions d’ordre économique d’abord car il ne faut pas oublier que 50% de la population iranienne vit sous le seuil de pauvreté. Des tensions politiques également, puisque le champ politique est de plus en plus verrouillé par la « talibanisation » du pouvoir iranien, qui impose ses préceptes à la société. Enfin, au niveau culturel aussi, ce régime est de plus en plus contesté.

Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que les femmes sont au-devant de la scène contestataire. Le Code pénal islamique considère les femmes comme des citoyennes de seconde zone dont la vie n’a pas la même valeur que celle des hommes. C’est dans ce contexte général que l’assassinat de Masha Amini par la police des mœurs intervient.

Elle a été assassinée, selon vous ?

Elle a été assassinée selon moi, mais aussi selon les médecins de l’hôpital Kasra de Téhéran où elle a été hospitalisée en urgence. Ils ont constaté qu’elle avait subi plus de 11 coups sur la tête. Donc, cette femme a été assassinée par la police des mœurs. D’autres femmes sont assassinées, du fait aussi de la violence étatique et de ces lois. C’est un ensemble qui a fait que les femmes maintenant sont dans la rue un peu partout dans le pays, et en particulier dans des villes avec d’importantes minorités kurdes, puisque Masha était Kurde.

Que risquent ces femmes qui manifestent et qui se filment, publient des vidéos ?

Par le passé, on l’a vu, elles ont été reconnues par les agents de renseignement et arrêtées à leur tour, frappées et emprisonnées. J’espère que cela ne sera pas le cas de ces femmes qui manifestent puisque cette fois, leur nombre est vraiment important.

« On a vu déjà qu’en marge des manifestations, plusieurs d’entre elles ont déjà été arrêtées, dont une photographe, une metteuse en scène. Donc, la répression féroce continue.« 

Azadeh Kian, sociologue spécialiste de l’Iran  à franceinfo

Il ne faut pas oublier que le régime sait que la majorité écrasante de la population ne tolère plus ce régime.

Pensez-vous que ces manifestations ont des chances de se poursuivre ?

Malheureusement, il n’y aucune organisation. Les gens sont dans la rue de façon spontanée, sporadique. On a déjà vu cela précédemment, au moins depuis janvier 2018. Il n’y a pas d’organisation, il n’y a pas de partis politiques, il n’y a pas de syndicat autonome. Le champ politique est verrouillé, ce qui fait que les gens ne se joignent pas.

Il y a aujourd’hui des manifestants dans plusieurs villes du pays, au sein des universités par exemple, notamment à Téhéran, mais effectivement, ils sont facilement réprimés par les forces de coercition qui ont reçu encore une fois l’ordre de tirer sur les manifestants et de les réduire au silence à tout prix. Ils n’hésitent pas à tuer et d’ailleurs, l’ensemble de la classe politique iranienne a condamné les manifestants en disant qu’ils sont là, en réalité, pour mettre le pays à feu et à sang. Or, ces manifestations étaient et sont pacifiques. En tout cas, ces tensions sont de plus en plus grandes dans un contexte de mécontentement généralisé.

Suède : La droite en quête d’un gouvernement avec l’appui de l’extrême droite

Un scénario se dessine proche de celui qui se déroule en Italie… Sans oublier ce qui se passe en Grande Bretagne avec l’arrivée de Liz Truss, une thatchérienne de choc, au poste de 1er ministre prête à s’attaquer aux syndicat anglais. L’extrême droite accède au pouvoir dans un nombre grandissant d’états en Europe…(Pologne, Hongrie, Roumanie, Grande Bretagne, …)

Le scrutin a été marqué par la nouvelle percée du parti anti-immigration des Démocrates de Suède.

20 Minutes avec AFP   Publié le 15/09/22

Droite et extrême droite se frottent les mains au lendemain de leur victoire inédite aux élections législatives en Suède. Le chef de file des conservateurs suédois entame pour de bon ce jeudi la tâche délicate de former un gouvernement avec l’appui de l’extrême droite. Le scrutin a été marqué par la nouvelle percée du parti anti-immigration des Démocrates de Suède (SD) dirigés par Jimmie Åkesson, devenu deuxième parti du pays nordique et première formation du bloc de droite avec 20,5 % des suffrages.

Défaite au terme d’élections ultra-serrées et malgré un bon score de son parti social-démocrate, la Première ministre de centre gauche Magdalena Andersson a remis jeudi matin sa démission au président de la Chambre, après avoir reconnu sa défaite mercredi soir. Le poste de Premier ministre revient traditionnellement en Suède au principal parti de la majorité, mais seul le chef du parti conservateur des Modérés, Ulf Kristersson, est en position d’avoir le soutien de tous les partis du nouveau bloc de droite et d’extrême droite.

« Nous allons remettre de l’ordre en Suède »

A 58 ans, ce tenant du rapprochement inédit de la droite avec les SD, doit se voir confier officiellement la semaine prochaine la tâche de trouver une majorité par le président de la Chambre. « Je commence maintenant le travail pour former un nouveau gouvernement efficace », avait annoncé dès mercredi soir le dirigeant en réaction à ce succès inédit, qui évince du pouvoir la gauche aux commandes depuis huit ans.

« Maintenant nous allons remettre de l’ordre en Suède ! », a-t-il promis, au terme d’une campagne dominée par les prix de l’énergie et les meurtriers règlements de comptes entre gangs qui noircissent sans interruption l’actualité suédoise. Le défi d’Ulf Kristersson consiste à trouver un accord réunissant quatre partis allant du centre droit à la droite nationaliste, où des lignes divergentes existent sur de nombreux dossiers.

Des semaines de négociations

Les SD affichent leur ambition d’entrer au gouvernement, mais les trois autres partis de droite traditionnelle (Modérés, Chrétiens-démocrates, Libéraux) y sont opposés, tout particulièrement le parti Libéral. Les négociations pour le retour de la droite au pouvoir après huit ans de gauche devraient durer plusieurs jours voire semaines, selon les analystes.

Le scénario le plus probable est que les Modérés et les chrétiens-démocrates, voire les Libéraux, forment un gouvernement, et que SD se contente de faire partie directement ou indirectement de la majorité au Parlement. En échange de quoi ? Avec une voix sur cinq, la formation peut faire valoir ses muscles pour peser dans la balance

Une majorité fragile

« Le processus prendra le temps qu’il faudra », a dit Jimmie Åkesson mercredi dans une déclaration sur Facebook, promettant d’être une « force constructive et d’initiative ». Mais la majorité reste fragile, d’autant que des députés libéraux pourraient être tentés de se rapprocher de la gauche en cas d’influence trop forte des SD.

Avec 176 sièges, dont 73 pour les Démocrates de Suède, le bloc de droite formé de quatre partis devance de très peu celui de gauche (173 sièges). La Première ministre Magdalena Andersson, qui va rester cheffe du parti sociale-démocrate, a réaffirmé jeudi en présentant sa démission que sa porte était ouverte à une collaboration avec la droite si la formation d’une majorité avec SD échouait.

Un groupe néonazi

Héritier d’un groupe néonazi à sa création en 1988, le parti d’extrême droite s’est peu à peu banalisé dans le paysage politique suédois, entrant au parlement en 2010 avec 5,7 %, puis grimpant à chaque élection, sur fond de forte immigration et de problèmes de gangs criminels en Suède. Mais il reste un repoussoir pour de nombreux Suédois.

« L’alternance, ça me va. Je suis juste inquiète que les partis de droite soient plus ouverts à collaborer avec SD, et comment cela va peser sur la politique menée », explique Ninnie Tägtström, une étudiante à Stockholm. Pour Axel Lundström, un psychologue de la capitale, « il y a beaucoup de grandes questions dans notre société qui n’ont pas été prises en compte correctement et je pense que beaucoup de gens attendaient un changement ».

Montée des partis nationalistes en Europe

« Même si ce changement implique une bascule vers la droite et l’extrême droite des Démocrates de Suède ». Les élections de dimanche étaient si serrées qu’il a fallu attendre le comptage d’environ 200.000 voix manquantes mercredi.

L’arrivée de l’extrême droite dans une majorité en Suède est le dernier chapitre de la montée des partis nationalistes dans de nombreux pays européens. Une coalition de droite et d’extrême droite est également grande favorite des élections italiennes du 25 septembre.

Les dépenses militaires mondiales dépassent s 2000 milliards de dollars pour la première fois

Intéressant document du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) sur la montée vertigineuses des dépenses d’armement dans le monde. Ce document récent (25 avril 2022) décrit les différents budgets militaires en hausse considérable des principaux états : Etats Unis, Russie, Chine, Japon, Australie, Allemagne, Iran, Inde, Nigéria,… Sur fond de guerre en Ukraine nous assistons à un réarmement planétaire avec recherche de nouvelles armes de destructions massives comme les missiles hypersoniques, alors qu’il faudrait investir prioritairement pour faire face au changement climatique et décarboner la planète (nouvelles énergies alternatives, nouveaux modes de consommation, de production et d’échanges,…). Il est urgent de lancer une vaste campagne internationale pour la Paix et le désarmement général seul avenir durable pour l’Humanité.

A la suite de la guerre en Ukraine le gouvernement allemand a décidé un fonds spécial de 100 milliards d’Euros pour moderniser son armée. De 2001 à 2021 l’Allemagne aura dépensé 902 milliards pour la défense. La France veut consacrer près de 300 milliards d’Euros pour sa défense en 7 ans. En Italie le ministère de la Défense devrait dès cette année bénéficier de 10 milliards d’euros supplémentaires. Le gouvernement japonais a dévoilé récemment un budget annuel record équivalent à 830 milliards d’euros pour l’exercice 2022/23, qui inclut une enveloppe d’un montant encore jamais atteint pour la défense du pays, dans un contexte géopolitique tendu.

Marche citoyenne pour la protection des terres et du vivant – Non au pont de trop! Samedi 24 septembre 10h à Céret

A l’appel du Collectif Bien vivre en Vallespir dont la LDH 66 est membre.

Ci-dessous article publié sur l’Indépendant le 23/08/2022

Projet de 4e pont à Céret : « On nous demande de partir de chez nous avant fin août »

Selon l’association Bien vivre en Vallespir, opposée au projet de « quatrième pont » sur le Tech à l’est de Céret, trois propriétaires de terrains et d’habitations situés sur le secteur concerné auraient récemment reçu des lettres leur demandant d’avoir quitté les lieux le 29 août. 

Résoudre les problèmes de ralentissements constatés aux heures de pointe à l’entrée de Céret, côté pont du Diable. Tel est l’objectif du projet de « nouvelle desserte du Vallespir », qui prévoit une liaison de 2,6 km entre la RD115 (route de Céret à Saint-Jean-Pla-de-Corts) et la RD 618 (route de Céret à Maureillas). Avec, entre autres, un pont de 350 mètres de long et de 25 mètres de haut pour enjamber le Tech.

Petit hic : si certains propriétaires de terrains situés sur le secteur ciblé par le projet ont accepté de vendre, d’autres refusent de partir. C’est notamment le cas de Marie-Rose Durand. Celle-ci affirme avoir reçu un courrier du Département, maître d’ouvrage du projet, lui demandant d’avoir quitté les lieux le 29 août. En contrepartie, une indemnité lui serait versée. Mais pour l’heure, elle n’a visiblement pas l’intention d’obtempérer. « On est là depuis 1995. On vit à Montauban, mais on passe tous les étés ici, explique-t-elle. On a 5000 mètres carrés de verger et de potager. On fait pousser des légumes, des cerises, des pêches, des abricots… Je ne partirai pas.« 

Un délai très court

La locataire d’un mas situé sur l’autre rive du Tech assure également avoir reçu une lettre similaire fin juillet : « Le délai est très court… Mais ce qui me choque le plus, ce n’est pas qu’on nous prenne nos logements, mais qu’on détruise tout ça… » 

Selon l’association Bien vivre en Vallespir, qui s’oppose au projet de nouvelle desserte, trois propriétaires seraient actuellement « menacés d’expropriation » « Nous sommes toujours en attente d’un jugement sur le fond, rappelle Hervé Bazia, l’un des porte-parole de l’association, qui a notamment attaqué la déclaration d’utilité publique du projet. L’audience devrait se dérouler en septembre ou en octobre. On exproprie sans attendre la décision de justice. » 

Hervé Bazia est d’autant plus indigné qu’à ses yeux, la nouvelle liaison pourrait créer plus de problèmes qu’elle n’en résoudra : « Elle engendrera une augmentation de la circulation à cause du phénomène du trafic induit (trafic susceptible d’être généré par la mise en place d’une nouvelle voirie, NDLR). Elle renverra les véhicules sur une route trop étroite et elle provoquera des nuisances pour les habitants du sud de Céret. Le projet est par ailleurs destructeur d’excellentes terres agricoles. Il traverse une zone Natura 2000 et deux zones naturelles d’intérêt écologique (Znieff) abritant de nombreuses espèces protégées. »

Quels seront les impacts du projet ?

L’association met également en avant un avis de l’autorité environnementale (MRAE) daté de juin 2022, qui estime que la dernière étude sur les impacts présumés de la nouvelle liaison nécessite « des compléments pour parfaire sa complétude et sa qualité, en particulier sur la présentation du projet, les conditions de circulation, la consommation d’espaces, ou encore le paysage. »

« On retrouve dans cet avis toutes les questions qu’on se pose depuis le début », analyse Jérôme Pous, un autre membre de Bien vivre en Vallespir. 

De son côté, le Conseil départemental rappelle avoir organisé en janvier dernier une consultation des habitants du Vallespir, lors de laquelle 56 % des votants s’étaient prononcés en faveur du projet. Interrogée sur l’éventuel engagement de procédures d’expropriation, l’institution n’a pas souhaité s’exprimer.

LA PRÉSIDENTE DE LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME DE NANCY INTERROGÉE PAR LA POLICE : « LA LOI N’INTERDIT PAS LA SOLIDARITÉ »

Décidément ce gouvernement ne supporte pas que l’on soutienne les étrangers. C’est pourquoi on assiste à plusieurs tentatives d’intimidation des associations d’aide aux migrants, dont la LDH. Nous apportons notre entière solidarité avec Catherine Tosser-Roussey, présidente de la LDH de Nancy et nous continuerons de lutter contre cette politique de chasse aux migrants qui fait le jeu de l’extrême-droite.

La présidente de la LDH, Catherine Tosser-Roussey, et son avocate, Me Rodrigues, à leur sortie de l’audition programmée par la police de l’air et des frontières.  Photo ER /C.G.

Publié sur l’Est Républicain lundi 5 septembre 2022


La présidente de la Ligue des droits de l’Homme de Nancy, a été entendue, ce lundi, dans les locaux de la police de l’air et des frontières à Villers. Soupçonnée dans une affaire de faux documents administratifs utilisés par un jeune Guinéen, la militante associative a fait une déclaration puis a gardé le silence.

Catherine Tosser-Roussey a choisi de faire dans le symbolique. Il y a d’abord le tee-shirt que la présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Nancy a soigneusement choisi. Il est d’un rouge pétant et proclame « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre ».

Il y a ensuite le rassemblement organisé pour la soutenir, ce lundi matin, rue Paul-Muller à Villers-lès-Nancy, devant les locaux de la police de l’air et des frontières (PAF). Ils sont une cinquantaine de militants à être venu. Des membres de la LDH mais aussi d’autres associations ou syndicats engagés dans la lutte pour la défense des droits des migrants.

« Une bénévole prénommée Catherine »

Tous sont là pour protester contre la convocation de la présidente Tosser-Roussey par les fonctionnaires de la PAF qui veulent l’entendre dans une affaire de documents administratifs soi-disant bidons utilisés par jeune Guinéen.

Ce dernier aurait utilisé un faux acte de naissance et un faux jugement de son pays d’origine pour essayer d’obtenir un titre de séjour auprès de la préfecture de Meurthe-et-Moselle.

« Le mis en cause a déclaré avoir obtenu ces documents d’une personne bénévole prénommée « Catherine », œuvrant au sein d’une association, explique le procureur de la République de Nancy, François Pérain, qui précise que ses services ne savaient pas qu’il s’agissait de la présidente de la LDH. Il a précisé que les échanges préalables à la remise s’étaient déroulés par téléphone et qu’il n’avait rencontré cette personne qu’une seule fois. La PAF a identifié le numéro de téléphone communiqué par le ressortissant guinéen, celui-ci est attribué effectivement à une personne prénommée Catherine. »

De témoin à suspecte

Cette dernière a remis les documents controversés au jeune guinéen, le 21 janvier 2021, dans le cadre d’une des missions de son association qui est « d’aider les migrants à obtenir des papiers prouvant leur identité ». La responsable associative ignorait si ces documents étaient vrais ou faux : « Mon rôle n’est pas d’en vérifier l’authenticité mais juste de les transmettre à l’intéressé. »

Elle devait être initialement entendue comme témoin. Mais la PAF a changé son fusil d’épaule et l’a finalement convoquée comme suspect des délits d’« aide au séjour irrégulier » et « obtention et détention de faux documents ». Cela a provoqué un mouvement de colère de le part des associations d’aide aux migrants qui ont vu là « une manœuvre d’intimidation ».

« Je suis fier de faire ce que je fais et aucun des actes que j’ai accomplis n’est répréhensible »

Catherine Tosser-Roussey

« Les contraintes du code de procédure pénale nous interdisent de faire entendre cette personne comme un simple témoin dépourvu de tout droit. En effet, une mise en cause doit pouvoir exercer plusieurs droits, dont celui d’être assistée d’un avocat. L’interroger comme témoin serait donc irrégulier et son interrogatoire aurait vocation à être annulé », justifie le procureur Pérain.

Et la présidente de la LDH a été effectivement assistée de son avocate, Me Sonia Rodrigues, durant son audition de lundi. Une audition qui a tourné court. La responsable s’est en effet limitée à lire une déclaration rappelant le rôle de son association en matière d’aide aux migrants.

« Je suis fier de faire ce que je fais et aucun des actes que j’ai accomplis n’est répréhensible car la loi n’interdit pas la solidarité », a-t-elle conclu, avant de faire valoir son droit au silence. Elle est ressortie un petit quart d’heure après être entrée dans les locaux de la PAF. Sous les applaudissements de son comité de soutien.

La solidarité se développe avec la LDH de Nancy

Ci-dessous le communiqué de soutien du SAF de Nancy (Syndicat des Avocats de France) à la Présidente de la LDH de Nancy.

La LDH 66 (Pyrénées orientales) apporte son soutien à la présidente de la section de Nancy, Catherine Tosser-Roussey.

Immigration : isoler le ministre de l’Intérieur

Tribune collective publiée sur le club Médiapart publiée le 24 août 2022

Alors que Gérald Darmanin a annoncé sur RTL la présentation  d’une loi pour lever « les réserves » législatives empêchant l’expulsion du territoire d’étrangers délinquants, une centaine d’intellectuel·les et de militant·es appellent à une « campagne de mobilisation nationale ».  Ils et elles veulent vaincre la « politique de calculs rances et de cruautés démultipliées en lui opposant une logique de droits humains et démocratiques égalitaires ».

Gérald Darmanin a annoncé sur RTL la présentation, « à la rentrée de septembre », d’une loi pour lever « les réserves » législatives empêchant l’expulsion du territoire d’étrangers délinquants. Il a dit « assumer une forme de double peine » pour les étrangers délinquants qui, en conséquence, une fois leur condamnation effectuée seront expulsés, déclenchant les critiques à gauche ainsi que d’associations antiracistes, et l’ironie du RN qui estime qu’il « n’a pas les moyens » de l’appliquer.

Leur compétition est lancée. Ne pas la briser donnerait une victoire aux racistes et aux néo-fascistes.

Préposé aux violences d’État et aux rapprochements avec l’extrême-droite, le ministre de l’Intérieur – qui est aussi celui des Outremers (voilà revenu l’ordre colonial ?) – fait du zèle. 

Il l’a bien précisé : il souhaite retirer de cette loi la disposition selon laquelle un étranger arrivé en France avant l’âge de 13 ans n’est pas expulsable. Il a expliqué, pour sembler raisonnable, que cela ne s’appliquerait qu’en cas de « crimes et de délits graves ». Et, au nom du gouvernement, Olivier Véran soutient que cela sera discuté à l’Assemblée nationale car, selon lui, c’est ce qui a été entendu lors des campagnes électorales.

Dans la même veine, nous voyons émerger un projet de loi anti-immigration et une campagne anti-migrant·es. Menace également de restrictions sur le droit d’asile ; le gouvernement envisageant de supprimer la CNDA (Commission nationale du droit d’asile) au prétexte de « préciser » ce droit.

Le patron des sénateurs LR – Bruno Retailleau – s’est réjoui mercredi 27 juillet : dans la semaine du 10 octobre, un projet de loi sur l’immigration sera examiné en première lecture au Sénat. « Je l’avais demandé à la première ministre », s’est-il félicité. Tout cela s’accompagne d’une poussée de déclarations et d’actes islamophobes et xénophobes.

On sait bien qu’il s’agit de faire diversion par rapport aux revendications de justice sociale, de droit à la santé et à l’éducation, mais, en même temps, de souder de bonnes relations avec l’extrême droite.

Pas de temps à perdre. Il existe des signes de mobilisation. Il faut lancer une campagne nationale de rentrée : « Non aux racistes, non aux discriminations ». Nous savons que, quels que soient les matraquages médiatiques, ce refus existe, plus fort que jamais, dans l’opinion, et en particulier dans les jeunes générations ouvertes sur le monde et sur les autres cultures.

Nous pouvons, à partir du réseau du mouvement social, avec toutes les organisations possibles, dont celles des quartiers populaires, les premières concernées (Pas sans nous, FUIQP, On s’en mêle, etc.), rassembler celles et ceux qui étaient fédéré·es dans la marche des solidarités en 2020 et 2021 ; comme pour les mobilisations pour la régularisation des sans papiers, pour le droit au logement, pour la fermeture des CRA, pour les mineur·es non accompagné·es en danger dans la rue, etc.

Ces organisations ont fédéré plusieurs dizaines de collectifs locaux ou départementaux. Elles sont soutenues par des associations nationales (LDH, CIMADE, EGM, Syndicat des avocats de France ; Syndicat de la magistrature, etc.).

La politique autoritaire de Darmanin et de Macron ou l’affirmation des principes relatifs aux droits de l’Homme ? Voilà un axe clair et net pour une campagne qui peut réunir sur un programme alternatif et inclusif. Nous devons faire échouer cette politique de calculs rances et de cruautés démultipliées en lui opposant une logique de droits humains et démocratiques égalitaires. Il s’agit de délégitimer les pseudo-alternatives des diverses droites majoritaires électoralement. Cela impose d’œuvrer à une nouvelle architecture de droits, à l’échelle mondiale, notamment continentale.

Faire échec à Gérald Darmanin encouragera toutes celles et tous ceux qui se demandent comment transformer le rapport des forces politiques.

Puisque, suite au « grand débat », un pseudo « débat citoyen » est programmé avant le vote de la loi, nous serons là pour rejeter, ensemble, cette politique par la convergence des débats portés par les campagnes en cours pour la défense des libertés et des droits.

Signataires :

Faycal ben ABDALLAH, Fédération des tunisiens des deux rives (FTCR) ;
Gilbert ACHKAR, sociologue (Londres) ;
Étienne ADAM, syndicaliste, militant associatif, Ensemble (Caen) ;
Bernard ALLAIN, militant du Comité Continuons Ensemble ! (Marseille) ;
Sébastien ALLARY, militant Génération.s et militant associatif (Montpellier); 
Nils ANDERSSON, ancien éditeur, spécialiste de géopolitique (Paris) ;
Janie ARNEGUY, Ensemble ! Ex conseillère municipale (Gard) ;
Nadia AZOUG,Vice-présidente 93 – Enfance, prévention, parentalité – en charge des Mineurs Non accompagnés ;
Bernard BASSEMON, Attac (Vaucluse) ;
Stefan BEKIER, interprète de conférence, Ensemble ! (Val d’Oise) ;
Farid BENNAÏ, syndicaliste, militant du FUIQP ;
Marie Françoise BESOMBES,  RESF, retraitée CGT, Alternatives et Autogestion / PEPS   (81); 
Dominique BLANCHARD, alter-mondialiste et militant de la solidarité avec les migrants, Ensemble ! (Paris-13) ;
Philippe BLANCHET, sociolinguiste (Rennes) ;
Nadège BOIRASMÉ, conseillère municipale déléguée « intégration et citoyenneté des étrangers », (Nantes) ;
Bernadette BOUCHARD, militante retraitée, Ensemble ! (Alpes maritimes) ;
Martine BOUDET, didacticienne, ATTAC (Toulouse) ;
Sarah BOURSIER, militante féministe, anti-raciste, commission Immigration EELV, soutien aux associations d’aide aux migrants, (Bayonne 64) ;
Jean-Claude BRANCHEREAU, GDS, militant syndicaliste ;
Jean-Paul BRUCKERT, Ensemble ! (25), Retraité ;
Jean BRUNACCI, secrétaire régional de l’Union syndicale Solidaires des pays de la Loire ;
Claude CALAME, anthropologue EHESS, ATTAC, LDH, Ensemble ! ;
Anne CAUWEL, militante internationaliste, féministe, enseignante retraitée (Nice) ;
Anne CHARMASSONCREUS, militante de la solidarité avec les migrantEs ;
Mouhieddine CHERBIB, défenseur des droits humains ; Florence CIARAVOLA, militante féministe, syndicaliste, membre d’Ensemble! (06) ;
Collette CORFMAT, retraitée, (Paris-13) ;
Pierre COURS SALIES, sociologue, Ensemble ! ;
Armand CREUS, membre d’Ensemble ! (Lyon) et militant en soutien aux migrants ;
Alexis CUKIER philosophe ;
Anne DAUPHINE, citoyenne (Strasbourg) ;
Christiane DEDRYVER, Retraitée, Ensemble ! (Noisy le Grand) ;
Christian DELARUE, antiraciste (MRAP), syndicaliste (CGT), altermondialiste (ATTAC), (Rennes) ;
André DELCROIX Attac Métropole lilloise ; 
Bruno DELLA SUDDA, militant altermondialiste et autogestionnaire, membre d’Ensemble! (06) ;
Christian DELORD, Continuons Ensemble (Gard) ;
Daniel DESME, enseignant sociologie retraité, Ensemble ! ;
Tosse EKUE, animateur culturel (Toulouse) ;
Didier EPSZTAJN, animateur du blog « entre les lignes entre les mots » ;
Patrick FARBIAZ, PEPS pour une écologie populaire et sociale ;
Jean FAUCHE Alternatives et Autogestion / PEPS, RESF, CGT retraité.e.s (81) ;
Jean-Luc FAUGUET sociologue, Ensemble ! (Marseille) ; 
Jean-Michel FAURE professeur émérite (université de Nantes) ;
Georges FEDERMAN, psychiatre, Fondation Copernic (Strasbourg) ;
Yann FIEVET, socio-économiste (Dieulefit, Drôme) ;
Chafik FILALI, militant antiraciste (Vaulx en Velin) ;
Gérard FILOCHE, porte-parole de GDS ;
Jacques FONTAINE, géographe, Ensemble ! (01) ;
Jean-Marie FOUQUER, membre d’Ensemble ! (76) ;
Sophie GOURMELON adhérente EELV (92) ; 
Bénédicte GOUSSAULT ;
Marie-Claude HERBOUX, militante féministe ;
Alain JOB, militant soutien aux exilés dans l’Yonne, membre d’Ensemble ! ;
Houssein IBRAHIM HOUMED, membre du CA Copernic ;
Leïla KENNOUDA, membre du Conseil National du mouvement politique Génération.s, membre du pôle écologiste et membre du parlement NUPES, Syndicaliste CGT et VISA, Militante LDH ;
Nicole KLEMENTIK, professeur d’anglais en retraite, militante antiraciste (Béziers) ;
Pablo KRASNOPOLSKY, militant d’Ensemble! (94), militant syndicaliste et antiraciste ;
Thierry LABICA, snesup-fsu ;
Annie LAHMER, Conseillère régionale EELV d’Île-de-France (Val-de-Marne) ;
Jean‑Yves LALANNE, GDS, maire de Billères (64) ;
Michèle LECLERCOLIVE, universitaire, présidente des associations CORENS (Hauts-de-France) et CIBELE (Île-de-France) ; 
Olivier LE COUR‑GRANDMAISON, géopoliticien spécialiste du colonialisme ;
Gilles LEMEE, Ensemble ! (69) ;
Jean-Paul LEROUX, Ensemble ! (05) ;
Serge LE QUEAU, représentant de Solidaires au CESE ;
Jacqueline MADRENNES, Ensemble ! (Isère), Élue Grenoble Alpes Métropole ;
Christian MAHIEUX, syndicaliste, cheminot ;
Pascal MAILLARD, universitaire, responsable syndical SNESUP-FSU (Strasbourg) ;
Catherine MAITRE, militante soutien migrants (Auxerre) ;
Jean MALIFAUD, Fondation Copernic, militant SNESUP-FSU ;
Micheyle MARLIER, militante féministe et antiraciste, formatrice arts plastiques et conteuse (Saône et Loire) ;
Jean-Pierre MARTIN, psychiatre (75) ;
Denis MARX, Ensemble! (Lyon) ;
Margot MARX, collectif soutien migrants Croix Rousse (Lyon) ;
Michel MAS, syndicaliste, pacifiste et militant associatif (Aude) ;
Gustave MASSIAH, économiste altermondialiste ;
Ibrahim MBAMOKO, président de l’association Carré Géo & Environnement France ;
Denise MILBERGUE , syndicaliste, (Lyon) ;
André PACCO, militant soutien migrants (Auxerre) ;
Laurent PERIN, conseiller départemental du Nord, Génération-s ;
Marie-Odile PERRET, syndicaliste à la CGT et Gilet jaune (94, Maisons Alfort) ;
Évelyne PERRIN, présidente Stop précarité ;
Roland PFEFFERKORN, sociologue (Strasbourg) ;
François PRENEAU, Ensemble ! (44), syndicaliste retraité ; 
Jean PUYADE, professeur retraité (Paris), Collectif pour la libération des prisonniers politiques catalans et des réseaux européen et français de solidarité avec l’Ukraine ; 
Jacqueline SAINTIPOLY, retraitée, membre d’Ensemble ;
Catherine SAMARY, économiste, altermondialiste (Attac France) ;
Mariana SANCHEZ, membre d’Ensemble ! (92), du Collectif pour la libération des prisonniers catalans et des réseaux européen et français de solidarité avec l’Ukraine ;
Serge SENINSKY, retraité, commission Migrations d’Attac France (Paris) ;
Cécile SILHOUETTE, institutrice retraitée (Paris-11) ;
Docteur Nicole SMOLSKI, militante soutien migrantEs, (Lyon) ;
Fabien TARRIT, universitaire, collectif Sövkipeu (Reims) ; 
Gerard TAUTIL, auteur et militant occitaniste (Var);
Eric THOUZEAU, syndicaliste, militant GDS ;
Jean-Michel TOULOUSE, ancien directeur d’hôpital (Paris) ;
Patrick VASSALLO, militant Ensemble! (Montpellier) ;
Christiane VOLLAIRE, philosophe, revue Chimères (Paris) ;
Louis WEBER, éditeur ;
Pierre ZARKA,  Ensemble, Cerises la coopérative, ACU ;
Nicole ZIANI, militante associative (Gard).Recommandé (74)Partager sur Facebook

contact pour les signatures :
boudetm31@gmail.com
cspierre93@gmail.com

Féminicides : 122 victimes en 2021, l’Occitanie en triste tête

Article publié sur l’Indépendant le 29 août 2022. Le tableau ci-dessous est édifiant. Hausse des féminicides de 20% en un an ! L’Occitanie est en tête et dans la région ce sont les Pyrénées orientales qui tiennent le triste palmarès. La lutte contre les violences faites aux femmes continue plus que jamais. La LDH en est partie prenante.

Grèves et thatchérisme de retour en Grande-Bretagne

Depuis plusieurs mois se développe en Grande Bretagne un vaste mouvement social touchant tous les secteurs pour défendre les salaires contre une hausse vertigineuse du coût de la vie. En face un gouvernement aux accents thatchériens menace les grévistes. Pendant ce temps la City augmente les salaires des patrons des cent plus gosses entreprisses de près de 40%! C’est le retour du néolibéralisme brutal, destructeur des services publics et des droits des salariés. La LDH 66 affirme sa solidarité avec les mouvements sociaux en France comme ailleurs en défense de leurs droits, les droits sociaux faisant partie intégrante des droits humains.

Publié sur radiofrance.fr/franceinter le 23 août 2022

Jamais depuis plus de 30 ans la Grande-Bretagne n’avait connu de tels mouvements sociaux. Dans le même temps, la campagne conservatrice semble rejouer les années Tchatcher.

Les grèves se multiplient en Grande-Bretagne…

C’est du jamais vu depuis 30, voire 40 ans pour certains secteurs comme le train ou le métro. Londres était paralysée le week-end dernier et devrait encore l’être jeudi et samedi. Les postiers sont aussi partants pour un large mouvement social. Et c’est loin d’être fini !

Si British Airways a conclu un accord salarial de dernière minute qui permet d’éviter le pire à l’heure où les Britanniques reviennent de vacances, ce n’est pas le cas des enseignants et des personnels de santé, qui menacent eux-aussi d’arrêter le travail massivement.

D’abord, permettez-moi un rien de shadenfreude : j’ai tellement lu de commentaires ironiques de la presse britannique sur la moindre grève en France, qu’un mouvement social massif dans le cœur battant du thatcherisme est une sorte de plaisir coupable.

Margaret Tchatcher a quitté le pouvoir il y a plus de 30 ans !!!

En est-on bien certain ? Parce que la campagne qui vise à départager les deux leaders conservateurs Liz Truss et Rishi Sunak s’achève dans quelques jours et, de l’aveu même des commentateurs, s’est faite sur des thèmes et des solutions typiquement thatchériens.

Elle verra probablement dans moins de deux semaines maintenant, le 5 septembre, l’élection de l’actuelle ministre des Affaires étrangères, Liz Truss, entrer à Downing Street. Or Liz Truss se présente elle-même comme une réincarnation de Maggie.

On lui doit des déclarations particulièrement dures contre les ouvriers britanniques qui, selon elles, ne « travailleraient pas assez ». On lui doit aussi une volonté dogmatique d’aller au clash avec l’Union européenne sur le Brexit et l’Irlande du Nord.

On lui doit même des propositions plus vengeresses les unes que les autres contre les mouvements de grève et les syndicats, promettant de durcir encore les conditions d’exercice de ce qui reste dans le monde un droit social fondamental.

Les conservateurs seraient en partie responsables de ces grèves ?

Disons que les conservateurs n’ont pas donné d’eux-mêmes une image de bienveillance vis-à-vis d’un corps social brutalisé par une inflation stratosphérique qui devrait, selon la banque Citigroup, atteindre 18% d’ici la fin de l’année.

Prenez Boris Johnson, par exemple. Le Premier ministre sortant n’a rien de trouvé de mieux – alors que les mouvements de grève s’accumulent – de partir en vacances à grand frais et en famille en Grèce, laissant l’administration gérer les affaires courantes.

Dans le même temps, les Britanniques apprenaient que leur facture énergétique annuelle pourrait grimper de 80% pour atteindre 4 200 €, voire 6 300 € dans la seconde moitié de l’année prochaine. Les 500 € d’aide gouvernementales semblent dérisoires.

Par ailleurs, la City n’a pas trouvé mieux dans ce contexte que d’augmenter les salaires des patrons ! Les 100 plus grosses entreprises britanniques ont augmenté la rémunération de leurs PDG de… 39%, soit un salaire ce 4 millions d’euros annuels, en moyenne.

La Grande-Bretagne n’est pas seule à subir cette inflation en Europe

Certes, mais elle est seule à subir deux chocs économiques simultané : l’inflation qui est bien sûr mondiale et qui est due à la hausse des coûts de l’énergie, mais aussi au Brexit qui crée partout en Grande-Bretagne des difficultés à l’exportation et à l’importation.

Un Brexit que Liz Truss promet de gérer à la hussarde, faisant de la Grande-Bretagne une sorte de nation-pirate du commerce mondial. Mais on sera loin des Caraïbes et c’est le pire des scénarios pour « little England », les Britanniques d’en-bas dirait-on en France.

Face aux attaques en cours de l’extrême droite le Planning familial continue d’agir et appelle à le soutenir

La LDH apporte son soutien au Planning familial, engagé depuis toujours pour la défense des droits sexuels et reproductifs de toutes et tous, face aux attaques dont il fait l’objet. Elle rappelle son rôle essentiel pour l’accueil inconditionnel des personnes, quelle que soit leur identité de genre. (lire le communiqué)

  • 19.08.2022 – Communiqué de presse – Le Planning Familial

Oui, notre accueil est inconditionnel. Oui, les personnes trans ont leur place dans notre mouvement.

Le Planning familial, organisation féministe et d’éducation populaire, ses militant·es et ses responsables font depuis le 18 août 2022 l’objet d’une attaque extrêmement violente sur Twitter et sur d’autres réseaux sociaux, de la part de personnalités d’extrême-droite et de leurs sympathisant·es. Ces attaques prennent prétexte d’une affiche présentant une personne trans pour appeler à notre désubventionnement, pour questionner notre légitimité en tant qu’association de défense des droits des femmes et de lutte pour le droit à l’avortement.

Association agissant depuis plus de 65 ans, le Planning familial pratique un accueil inconditionnel des personnes, quelle que soit leur identité de genre. Parmi les plus de 300.000 personnes que nous rencontrons tous les ans lors de nos accueils, de nos animations et de nos actions, des personnes trans nous demandent conseil pour la contraception, l’avortement, le suivi médical de leur transition. Il nous appartient de les accueillir. Il nous appartient de faire en sorte qu’elles se sentent les bienvenues. Nous, féministes, n’accepterons pas de voir le Planning familial faire l’objet d’une campagne de dénigrement sur le dos des minorités de genre. Oui, notre accueil est inconditionnel. Oui, les personnes trans ont leur place dans notre mouvement. Rien ne peut justifier la violence des propos tenus depuis plusieurs jours à l’encontre de notre organisation et des personnes concernées.

Rien sauf la haine. Et cette haine, nous la combattrons sans faillir. Nous consultons nos conseils juridiques pour poursuivre ces instigateurs de haine, qui sont parfois des élu·es de la République. Les droits sexuels et reproductifs sont un tout : au Planning nous ne les hiérarchisons pas, nous nous battons tout autant pour l’avortement que pour la santé sexuelle des personnes trans ou encore pour l’accès des jeunes à l’éducation à la sexualité. Seule cette cohérence est efficace contre les antichoix. Nous appelons l’ensemble des organisations féministes, organisations politiques, syndicats, associations progressistes, allié·es à affirmer publiquement leur soutien au Planning familial, à ses militant·es, à ses valeurs, à ses combats, à ses actions quotidiennes auprès des publics.

Cela fait 15 ans que le blocus d’Israël détruit le système de santé de Gaza

Une situation d’injustice criminelle dont la responsabilité incombe entièrement aux autorités de l’état d’Israël et son gouvernement avec un blocus depuis 15 ans qui conduit à une forte mortalité infantile et un état sanitaire catastrophique et explique une espérance de vie parmi les plus basses du Moyen-Orient (elle est inférieure de presque dix ans à celle des Israéliens). La LDH 66 est totalement solidaire de la population de Gaza. Elle par ailleurs en train de constituer une exposition publique réactualisée sur la nakba (la grande catastrophe) du peuple palestinien.

Par Yara M. Asi, le 19 août 2022

Les attaques récentes contre Gaza, qui ont tué 49 personnes, ont exacerbé la crise sanitaire déjà existante dans la Bande. Yara M. Asi explique de quelle façon le blocus d’Israël, qui a affaibli le système de soins, tue des Palestiniens depuis plus de 15 ans.

Dans la Bande de Gaza, un cessez-le-feu précaire se met de nouveau en place. Les familles des morts suite aux récentes attaques israéliennes contre la Bande, au nombre de 49 au moins (dont 17 enfants), essaient maintenant de se représenter comment vivre sans eux. Les professionnels de santé de Gaza, auxiliaires paramédicaux, médecins, personnel infirmier, s’efforcent de trouver un peu de temps pour se reposer, tout en dispensant des soins qui peuvent sauver la vie des blessés alors que le matériel et le personnel manquent. Quant aux jeunes de Gaza, ils arpentent les rues avec des balais et des sacs poubelles, ramassant les gravats et les vestiges des destructions.

Encore une série de bombardements qui s’ajoutent à tous ceux des quinze dernières années, même si cette offensive a duré moins longtemps que celle de mai 2021, qui a tué 261 Palestiniens. Comme d’habitude, ces images spectaculaires de violence et de dévastation ont figuré dans les actualités mondiales – ce sont les rares occasions où les souffrances des Palestiniens font l’objet d’un débat public.

Le sujet est difficile à éviter, quand les médias sociaux diffusent largement des photos et des vidéos d’enfants morts et de familles désespérées. Le grand public mondial est sensible aux images de morts subites et violentes. Mais les gens de Gaza, y compris les enfants, meurent de façon plus lente, plus insidieuse, depuis des décennies, et surtout depuis l’instauration du blocus il y a plus de 15 ans.

Le 2 août, quelques jours avant le premier bombardement, Gaza traversait déjà une situation terrible qui n’a pas suscité beaucoup d’attention dans le monde, à l’exception de quelques communiqués de presse publiés par des organisations de défense des droits humains.

Israël, qui contrôle presque toute la circulation à l’entrée et à la sortie de la Bande de Gaza, avait fermé tous les points de passage avec Gaza, y compris Erez, lieu de sortie pour les patients ayant besoin de soins médicaux urgents et d’autres personnes nécessitant des services humanitaires, et Kerem Shalom, par lequel transitent les produits dont Gaza a besoin, notamment le combustible nécessaire au fonctionnement de la seule centrale électrique de Gaza. Dans ces conditions, les habitants avaient au plus 4 heures de courant régulier par jour.

Ce n’est que l’exemple le plus récent du châtiment collectif infligé aux habitants de Gaza, qui débouche sur des conséquences déplorables en termes de santé physique et mentale sans rapport avec les bombardements occasionnels subis par ces habitants. En raison du stress et des traumatismes constants, de l’insécurité élevée en ce qui concerne la nourriture et l’eau, et des conséquences durables de la violence des bombes et snipers israéliens, notamment des milliers d’amputations, la situation sanitaire à Gaza est mauvaise à tout point de vue, même en comparaison avec celle des Palestiniens de Cisjordanie occupée.

Le contrôle israélien de tous les biens entrant dans Gaza, en particulier les marchandises relevant des restrictions relatives aux « biens à double usage », a rendu le système de santé totalement incapable de répondre à ces défis. En raison des restrictions relatives au béton et aux canalisations, certaines installations sanitaires bombardées ne seront pas reconstruites. Les pénuries de matériel élémentaire comme les poches à perfusion et la gaze sont fréquentes.

Comme les traitements de pointe pour des maladies chroniques comme le cancer n’existent pas du tout dans le territoire, il faut un permis accordé par Israël pour quitter Gaza et recevoir les soins nécessaires en Israël ou à Jérusalem-Est—et ce permis est souvent refusé de façon arbitraire, ou retardé jusqu’au moment où les patients manquent des rendez-vous difficiles à obtenir. Un médecin n’est pas certain d’avoir du courant électrique pour la durée de son tour de garde.

Le résultat de ces politiques n’a donc rien d’étonnant. L’espérance de vie compte parmi les plus basses du Moyen-Orient (elle est inférieure de presque dix ans à celle des Israéliens), la mortalité infantile et maternelle est élevée, et la malnutrition est fréquente, avec un taux élevé de retards de croissance et de carences en fer chez les enfants.

Le recours à la vaccination contre la Covid-19  s’est déclenché très lentement, en grande partie parce qu’Israël, non content d’ignorer ses propres obligations de puissance occupante, bloquait de surcroît les efforts palestiniens et extérieurs pour mener ce combat. En date du 2 février 2022, 30% seulement des habitants de Gaza étaient complètement vaccinés.

De la part des groupes de défense des droits humains et de certaines personnalités politiques progressistes, il y a eu des condamnations fermes de nombreuses déclarations gouvernementales en lien avec les bombardements récents, qui répètent, dans leur quasi-totalité, des formules recyclées sur le droit d’Israël à se défendre. Et pourtant, il existe d’innombrables preuves montrant qu’aucune norme n’autorise à considérer ces décennies de châtiment collectif des Palestiniens comme une réponse légitime d’Israël en termes de sécurité. Rares ont été ceux à mentionner les Palestiniens tués au nom de cette prétendue autodéfense, et notamment les nombreux enfants. Il est vrai que ces  déclarations partiales, historiquement fausses et excluant toute critique méritent d’être dénoncées.

Mais que dire des jours, des semaines, des mois qui s’écoulent entre les bombardements, pendant lesquels les gens de Gaza, dont plus de la moitié sont des enfants, continuent à vivre dans un territoire dont la clôture est effective, tandis que leurs souffrances sont largement oubliées par le reste du monde ou, pire encore, justifiées ? Les condamnations doivent continuer jusqu’à ce que ce blocus injuste et illégal soit levé.

Aucun pays ne peut se définir comme un défenseur des droits humains tout en continuant à ignorer et à rendre possible ce qui est infligé à cette population civile, tout particulièrement après des mois de platitudes sur l’immoralité et l’illégalité des attaques des Russes contre l’Ukraine et de leurs tentatives d’entraver l’approvisionnement alimentaire. Il ne devrait plus être acceptable que l’on fasse référence au Hamas ou à d’autres groupes armés palestiniens pour répondre aux questions sur le bombardement de familles dans leurs propres maisons. Et cette réponse n’est pas plus acceptable pour justifier que l’on empêche des patients atteints d’un cancer de recevoir leur traitement, des enfants de bénéficier d’une alimentation correcte, et des médecins de disposer du matériel nécessaire pour sauver la vie de leurs patients.

Yara M. Asi, PhD, est Professeure assistante de gestion et d’informatique sanitaires globales à  University of Central Florida, chercheure invité à FXB Center for Health and Human Rights à Harvard University, et US Fulbright Scholar en Cisjordanie.

Source : Al araby

Traduction SM pour l’Agence média Palestine

Les saisonniers qui font les vendanges ne trouvent pas d’hébergement entre Banyuls-sur-Mer et Collioure

Publié sur france3-regions et sur L‘Indépendant

La LDH 66 est solidaire des vendangeurs saisonniers étrangers exploités et sans abri. Pour la LDH les droits sociaux font partie intégrantes des droits humains. C’est pourquoi nous soutenons le syndicat CGT 66 dans la défense des saisonniers. Les employeurs, les municipalités et les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités.

Des dizaines de vendangeurs étrangers, embauchés dans les vignes de Banyuls-sur-Mer, se trouvent sans logement ni emplacement de camping. Ils réclament un hébergement digne. Employeurs, municipalité et pouvoirs publics se renvoient la balle.

La précocité des vendanges 2022 aggrave une situation déjà tendue en temps normal. Car les campings et les hébergements touristiques sont pris d’assaut, mi-août, sur cette partie du littoral des Pyrénées-Orientales, juste à la frontière espagnole. Et les quelques places restantes ne sont pas abordables pour le budget d’un saisonnier.

Alors, les vendangeurs qui viennent travailler en Roussillon sont souvent, au mieux mal logés au pire, ils se retrouvent à faire du camping sauvage, sans aucune commodités. Quelques fois même, en lisière des vignes où ils récoltent le raisin.

« On dort où l’on peut, même dans les voitures »

Sous un soleil de plomb, en sueur, les vendangeurs quittent les vignes après leur journée de travail, de 6h00 à 14h00, du fait de la canicule.

« Après huit heures de travail, je n’ai envie que d’une chose : prendre une douche et un peu d’ombre », confie José Rueda, un Barcelonais de 32 ans.
Depuis sept ans, comme des centaines de jeunes étrangers, il vient faire les vendanges pendant trois à quatre semaines dans les vignes du cru Banyuls-Collioure.

« On ne nous laisse plus entrer au camping municipal, car ils veulent un autre type de clients, peste-t-il. On campe là où on peut, on dort dans les voitures. On se débrouille comme on peut. Et la semaine prochaine, ça va être pire: une centaine de vendangeurs arrivent ».

Des vendanges de plus en plus précoces

« Cette année, on a été surpris par la précocité, c’est du jamais vu. On a commencé à vendanger le 8 août, au moment où il y a le plus de tourisme, on avait commencé le 20 en 2021 », témoigne Thierry Parcé, propriétaire du domaine Rectorie, dont les vignes surplombent la Méditerranée, sur les communes de Banyuls et Port-Vendres.

Les vignes de la Côte Vermeille étant en pente, les vendanges se font à la main dans ce vignoble. A la machine, c’est impossible.

« Les municipalités doivent faire un effort pour nous aider à trouver des solutions d’accueil décentes », estime Thierry Parcé.

Karine Tartas, responsable CGT de l’union départementale des Pyrénées-Orientales, demande que la mairie mette à disposition un terrain municipal avec eau et électricité, soulignant que les employeurs sont prêts à financer la location de sanitaires mobiles.

« Il faut un minimum de dignité », ajoute Luana Graziano, une Sicilienne de 23 ans qui fait sa troisième saison de vendanges.

A Banyuls-sur-Mer, le camping a accueilli plusieurs années les saisonniers, avec une participation financière des employeurs.
« Les loger au camping? Il est plein », plaide le maire Michel Solé, de toute façon réticent, en raison « des nuisances, des dégradations » lors du dernier séjour des vendangeurs.
« Il faudrait que les employeurs prennent leurs responsabilités », souligne l’élu, qui se dit « prêt à aider ».

Gérald Darmanin, avez-vous déjà rencontré ces « étrangers délinquants » que vous souhaitez expulser ? Moi oui

Le ministre de l’intérieur de Darmanin a préparé un projet de loi qui va faciliter l’expulsion des « étrangers délinquants », une des terminologies favorite de l’extrême-droite dans sa campagne pour expulser les jeunes mineurs étrangers. Une fois de plus Darmanin légitime les thèmes de campagne de l’extrême-droite et contribue ainsi à la renforcer avec l’aval du président Macron. Une réaction unitaire de toutes les associations de défense des migrants s’avère nécessaire et urgente. La LDH y est prête.

Publié sur Rue89Strasbourg le 30/07/2022

Présidente de la section strasbourgeoise de la Ligue des droits de l’Homme et bénévole de l’association d’aide aux réfugiés et migrants La Cimade, Ingrid Boury a découvert avec stupeur le projet de loi qui vise à faciliter l’expulsion des « étranger délinquants ». Elle a écrit cette lettre ouverte destinée à son auteur, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin rencontre souvent des policiers. Mais a-t-il rencontré ces « étrangers délinquants » qu’il veut expulser ? (Photo Jacques Paquier)

Monsieur Darmanin,  

En me réveillant ce matin, j’ai découvert votre projet de loi « Étrangers délinquants ». Il a suscité en moi des sentiments de colère et d’incompréhension. Pourquoi ? Hier, j’ai passé mon après-midi à la maison d’arrêt de Strasbourg pour une permanence juridique en droit des étrangers. Je vous écris aujourd’hui du fait de mon expérience de bénévole au sein de La Cimade depuis plus de cinq ans. Par ce biais, j’ai rencontré des centaines d’ « étrangers délinquants » comme vous les qualifiez. Mais est-ce que vous vous les avez simplement rencontrés avant d’avoir l’idée de votre future loi ?

Avez-vous rencontré Monsieur Y ? Moi oui.

M. Y est arrivé à l’âge de 13 ans en France, seul, du Sahara occidental. Il n’a jamais été déclaré à la naissance. Il a été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et a fait un apprentissage dans un restaurant strasbourgeois réputé.

« Vous dites que la France est généreuse »

Mais sans papier d’identité, impossible de le régulariser. M. Y s’est retrouvé majeur, sans emploi, à vivre dans la rue. M. Y est un « ni ni » comme vous dites, « ni expulsable ni régularisable ». Il est dans un « cercle vicieux », comme il l’a compris lui-même. La préfecture envisage, encore une fois, de lui notifier une obligation de quitter le territoire français. M. Y aimerait bien avoir un papier d’identité pour faire des demandes de régularisation. Il aimerait pouvoir travailler avec sa formation, pour laquelle l’État français a investi. Il aimerait pouvoir s’occuper de son enfant français alors qu’il n’a pas eu de parents.  

Vous dites que la France est généreuse. Vous trouvez cela généreux de former un jeune mineur puis de le laisser à la rue à sa majorité ? Vous trouvez cela généreux de le mettre dans une situation où il risque de devenir un « étranger délinquant » alors qu’il pourrait simplement travailler ?  

Je vous invite à faire des recherches sur l’homosexualité en Biélorussie

Avez-vous vu les cicatrices de Monsieur U ? Moi oui.

M. U est biélorusse. Il a fait partie d’associations qui luttent contre le pouvoir en place. Il a été frappé par la police biélorusse. Il a des cicatrices sur le corps, les avez-vous vues ? Moi oui.

Il a été en prison en Biélorussie. Il a des séquelles qui nécessitent des soins réguliers. M. U est rejeté par sa famille car il est  homosexuel. Je vous invite à faire des recherches sur l’homosexualité en Biélorussie. 

Vous dites que la France est généreuse. Vous trouvez cela généreux de vouloir expulser une personne dans un pays où il  trouvera des conditions de prison inhumaines pour des crimes qu’il aurait commis pour défendre la démocratie et  les droits de l’Homme ?  

S’ils retournent au Sénégal, leur fille risque l’excision

Avez-vous rencontré Monsieur N ? Moi oui.

M. N est sénégalais, il est arrivé en France avec sa femme et sa fille. Leur fils est né ici. M. et Mme N se sont mariés au Maroc, après avoir fui le Sénégal. Ils n’avaient pas le droit de se marier dans leur pays car ils viennent de deux ethnies différentes. Ils sont menacés par leurs propres familles et sont ici car ils parlent français et voulaient vivre leur amour librement.

S’ils retournent au Sénégal, leur fille risque de subir l’excision. M. N travaille « au noir » et sous-loue un logement pour sa famille.  

Vous trouvez cela généreux de séparer une famille ?

Vous dites que la France est généreuse. Vous trouvez cela généreux de séparer une famille et de risquer l’excision de leur petite fille ? Vous trouvez cela généreux de ne pas régulariser une famille qui travaille et vit sans aucune aide de l’État ?  

Avez-vous vu une personne de 20 ans être expulsée dans un pays qui lui était inconnu alors qu’elle était arrivée en France à l’âge de sept ans et que son père s’engageait à s’occuper d’elle ? Avez-vous vu des personnes en prison car elles s’étaient rebellées contre les forces de l’ordre pour ne pas monter dans un avion tellement elles avaient peur de retourner dans leur pays d’origine ? Avez-vous vu une mère, désemparée, face à son obligation de quitter le territoire alors que sa fille est en France ?

Moi oui.

Avez-vous quitté votre maison pour fuir la guerre ? 

Êtes-vous partis de l’Iran, en traversant la Turquie, la Grèce, l’Italie pour arriver en France deux ans plus tard, en manquant de mourir chaque jour dans la rue ou en passant les frontières ? Avez-vous quitté votre maison et laissé votre vie derrière vous pour fuir des guerres ? 

Moi non. Vous non plus. Eux si. Ils ne le font pas par plaisir.  

Il serait difficile d’être exhaustive. Ce ne sont que des exemples qui représentent des milliers de situations.

Je vous souhaite de ne jamais être un « ni ni »

Je suis sortie de la maison d’arrêt de Strasbourg hier, outrée par la violence psychologique que cela engendre quand une personne sort de prison et qu’en 24 heures elle se retrouve au Kosovo. Je me suis réveillée ce matin encore plus outrée par votre projet de loi alors que je pensais à ce que j’allais faire pour aider M. Y.  

Il y a quelques semaines, nous avons perdu M. S. Ce fut un choc, à Strasbourg. M. S a été retrouvé mort, victime de ce système, après des années et des années dans le cercle vicieux de la rue et de la prison, malgré toutes les personnes et associations qui se sont démenées pour l’aider. Le système avait fait de lui un « ni ni ». Je vous souhaite de ne jamais être un « ni ni ».  

Je ne parlerai des violations des droits de l’Homme

Je suis juriste, vous aussi, mais je ne ferai pas de droit ici. Je ne parlerai pas des violations des droits de l’Homme, de la convention européenne, des traités internationaux, que provoque cette future loi. Je ne parlerai pas de toutes les entraves juridiques que nous rencontrons déjà et de tous les moyens abusifs que vous employez, de tout ce qui pourrait être mis en place pour améliorer plutôt la réinsertion, du système carcéral qui va mal…

Je vous parlerai seulement d’humains. Et je vous demanderai seulement d’arrêter de parler d’eux avec des statistiques dans les médias, et d’arrêter de chercher les responsables là où ils ne sont pas.  

Je vous invite à venir rencontrer les « étrangers délinquants » pour connaître les parcours de ces personnes avant de juger de leur sort.

Je vous prie d’agréer, Monsieur Darmanin, mes sincères salutations.

Ingrid Boury

Présidente de la section strasbourgeoise de la Ligue des droits de l’Homme et bénévole de l’association d’aide aux réfugiés et migrants La Cimade

Un nouveau dérapage de Viktor Orban indigne le comité d’Auschwitz

Ce n’est plus un dérapage, c’est le discours officiel d’un premier ministre d’un état membre de l’Union Européenne qui affiche ouvertement son racisme digne des années 30 en Allemagne sous le nazisme. Il serait urgent que tous les états et toutes les associations démocratiques condamnent ces propos abjectes pour isoler Orban. L’Union Européenne devrait évidemment faire de même. Orban contrôle l’ensemble de la télévision publique ainsi que les médias privés rachetés par les oligarques proches du pouvoir (80 % du paysage médiatique d’après wikipédia).

Publié sur france24 le 27 juillet 2023 avec AFP

Le comité international d’Auschwitz s’est dit, mardi, « horrifié » après des propos du Premier ministre hongrois contre « les races mixtes ». Le même jour, Zsuzsa Hegedus, une sociologue conseillant Viktor Orban depuis près de vingt ans, a remis sa démission en dénonçant « un pur texte nazi digne de Goebbels ».

Un discours qui ne passe pas. Le comité international d’Auschwitz a manifesté son indignation, mardi 26 juillet, suite aux propos tenus par Viktor Orban, lors d’un déplacement en Transylvanie roumaine. L’intervention du Premier ministre, « un pur texte nazi », a également poussé une conseillère du gouvernement, à remettre sa démission.

En Transylvanie roumaine, où réside une importante communauté hongroise, Viktor Orban, connu pour sa politique anti-migrants, a réaffirmé avec virulence son rejet d’une société « multi-ethnique ». « Nous ne voulons pas être une race mixte », qui se mélangerait avec « des non-Européens », a-t-il dit.

Les pays « où des peuples européens et extra-européens cohabitent ne sont plus des nations. Ces pays ne sont rien d’autre que des conglomérats de peuples », a encore lancé le Premier ministre de 59 ans, qui avait tenu des propos similaires dans le passé mais sans utiliser le terme de « race », selon des experts.

Il a aussi fait apparemment allusion aux chambres à gaz en fustigeant le plan de Bruxelles de diminuer de 15 % la demande européenne de gaz. « Je ne vois pas comment ils peuvent y contraindre les États membres, quoiqu’il existe un savoir-faire allemand dans ce domaine, comme le passé l’a montré », a-t-il ironisé.

Le comité international d’Auschwitz s’est dit, mardi, « horrifié » après ces propos contre « les races mixtes », appelant l’Union européenne à « prendre ses distances avec de tels relents racistes ». Le discours du dirigeant nationaliste, « stupide et dangereux », rappelle aux survivants de l’Holocauste « les périodes sombres de leur propre exclusion et persécution », a réagi Christoph Heubner, vice-président de l’organisation, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Il a appelé le chancelier autrichien Karl Nehammer, qui accueille, jeudi, Viktor Orban en visite officielle à Vienne, à se démarquer au nom de l’UE. Il faut « faire comprendre au monde qu’un Monsieur Orban n’a pas d’avenir en Europe », dont il « nie sciemment les valeurs ».

« Position honteuse », idées « inacceptables »

Fait rare sous l’ère Orban, Zsuzsa Hegedus, une sociologue conseillant de longue date le Premier ministre hongrois, a aussi remis, mardi, sa démission. Dans une lettre diffusée par le média hongrois hvg.hu, celle qui revendique « une amitié de près de 20 ans » avec Viktor Orban, a dénoncé « une position honteuse » et « un pur texte nazi digne de (Joseph) Goebbels » – référence à l’ancien chef de la propagande de l’Allemagne nazie.

Disant « regretter une déclaration disgracieuse », Zsuzsa Hegedus a pointé du doigt un discours du Premier ministre hongrois « qui va à l’encontre de toutes (s)es valeurs fondamentales ». Et de poursuivre à l’attention de Viktor Orban : « Je ne sais pas comment vous n’avez pas réalisé que vous avez transformé votre (discours) anti-migrant et anti-européen en un pur texte nazi digne de Goebbels (…). Je ne peux pas, en raison de la gravité des faits, même après notre amitié de près de 20 ans, passer outre cette fois-ci. »

En réponse, Viktor Orban a mis en avant « la politique de tolérance zéro de son gouvernement quand il s’agit d’antisémitisme et de racisme », selon un courrier rendu public. « Tu ne peux pas sérieusement m’accuser de racisme après 20 ans de collaboration », s’est-il défendu. 

La communauté juive hongroise s’était également insurgée en début de semaine. « De nombreuses espèces différentes peuplent notre planète. Sur deux pattes, travaillant, parlant et pensant parfois, une seule espèce vit pourtant sur cette terre : l’Homo Sapiens Sapiens. Cette race est une et indivisible », a écrit sur Facebook le grand rabbin, Robert Frölich.

Dans la classe politique, le ministre roumain des Affaires étrangères, Bogdan Aurescu, a jugé « inacceptables » de telles « idées ».

Quant à la Commission européenne, elle a dit « ne jamais commenter les propos tenus par des responsables politiques européens ». « Ce qui est clair, c’est que l’UE a un certain nombre de valeurs qui sont inscrites dans les traités et elle met en œuvre des politiques qui sont en relation avec ces valeurs et ces articles du traité », s’est contenté de réagir le porte-parole Eric Mamer, interrogé lors du point presse habituel.

Avec AFP

EXPULSION VIOLENTE ET SCANDALEUSE DIMANCHE 3 JUILLET D’UN JEUNE GUINÉEN PRÉSENT EN FRANCE DEPUIS 5 ANS

Par cet acte scandaleux, la politique du gouvernement Macron fait ouvertement le jeu de l’extrême-droite. Nous devons nombreux nous en indigner et organiser la solidarité avec les jeunes mineurs migrant.e.s. apprentis en France.

Communiqué commun de RESF, LDH et Patron.ne.s Solidaires

Maurice, jeune guinéen de 20 ans, en France depuis 5 ans, emprisonné depuis deux mois au centre de rétention administrative de Vincennes, a été expulsé le 3 juillet. Amené à Roissy, Il y a été frappé, ligoté, porté comme un paquet dans l’avion en direction de Conakry. Il s’est  débattu, a crié, des passagers s’en sont indignés et ont refusé de voyager dans de telles conditions. Départ de l’avion retardé. Les policiers interviennent, menacent d’interpeler les passagers protestataires. Ils finissent par obtenir un calme relatif en prétendant que Maurice est un terroriste. 17h05 l’avion décolle avec presque deux heures de retard.

Maurice est arrivé en France à l’âge de 15 ans. D’abord pris en charge comme mineur à Epinal, sa minorité a ensuite été contestée… comme c’est le cas pour des centaines de mineurs étrangers dans de nombreux départements, dont la politique d’accueil se fonde sur la suspicion systématique de la minorité rejetant à la rue des enfants, des enfants dont ils font des SDF.

Maurice ne s’est pas laissé abattre. Aidé par des associations, parfois hébergé par des habitants, il est devenu apprenti en restauration : cours au CFA de Laon et travail en alternance dans les restaurants de son patron. Très content de son travail, ce patron voulait l’embaucher en CDI.

Maurice est dans un de ces restaurants à Amiens en juillet 2021 au moment où le préfet de l’Aisne décide de lui délivrer une obligation de quitter le territoire en réponse à sa demande de régularisation. Maurice n’a pas reçu le courrier et il laisse passer le délai du recours. Placé en mai dernier en rétention au CRA de Vincennes suite à un contrôle d’identité, Maurice est expulsé au bout de deux mois de rétention.  

Cette expulsion et les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée sont proprement scandaleuses. Elle n’est pas la seule et ne sera la dernière. Ce gouvernement affiche son intention d’accroître les expulsions et n’aura aucun mal pour trouver à sa droite extrême de quoi faire voter des lois encore plus dures. Il doit entendre aussi qu’une large part de la société s’en indigne et saura exprimer refus et solidarité.

Maurice doit revenir, ses amis, ses proches, son patron aussi, l’attendent.

Paris, le 6 juillet 2022

RESF – Ligue des Droits de l’Homme – Patron.ne.s Solidaires

(Antennes 56,49,44)

Contact Presse : Marie-Pierre BARRIERE 06 79 50 29 87

Perpignan : plus d’un millier de personnes pour la première Marche des fiertés

Cette marche organisée par LGBT+66 était soutenue par le collectif Droits des femmes66 dont la LDH66 est membre.

Publié sur lindépendant le 2 juillet 2022

Première marche des fiertés à Perpignan

Un peu plus d’un millier de personnes a participé à la première Gay Pride à Perpignan ce samedi 2 juillet 2022. Un succès pour les organisateurs et les participants LGBT+ qui ne veulent plus « être invisibles » dans les rues.

De la fierté, des paillettes et beaucoup de bonne humeur. Plus de 1 000 personnes ont défilé en musique de la place de la Catalogne à celle de la République, ce samedi 2 juillet, dans le centre-ville de Perpignan. Une première historique qui s’est déroulée sans accroc et sous le regard bienveillant des passants

« On est là pour faire la fête, dire qu’on existe. On est de plus en visible mais pas encore assez. Il y a encore des endroits où ça pose problème d’être lesbienne. Peu importe qui on est, il faut que tout le monde se respecte« , insiste Florianne, 37 ans, parée dans son drapeau arc-en-ciel. 

Dans ce cortège haut en couleur, Fabien est quant à lui venu en famille. « J’ai déjà vécu des Pride à Paris ou ailleurs et c’est une bonne nouvelle que des villes comme Perpignan s’affirment avec une communauté LGBT qui existe. Dans un département fortement connoté Rassemblement national, ça montre que toutes les sensibilités ont le droit de cité malgré des votes qui peuvent laisser penser à une rétractation de la pensée« , estime ce père de famille hétéro accompagné de sa fille pas encore majeure et pour qui « ça devrait être normal de vivre notre amour comme on veut. »

Même si ça ne me concerne pas individuellement, je trouve ça sympa d’être ici pour encourager le mouvement« , affirme Miquel, 17 ans. Une jeune génération plus ouverte ? Son ami Alexandre tempère. « Il y a encore beaucoup de réticences même si c’est sans doute mieux qu’avant. Il y a toujours des gens pour contester ou trouver qu’être homo ou trans ce n’est pas normal. »

« Perpignan est à l’image de la diversité de la vie« 

Une jeunesse d’ailleurs fortement représentée parmi les participants. « C’est aussi le fruit d’un travail fait par toutes les associations dans les lycées et les permanences pour défendre les droits et en conquérir de nouveaux… Perpignan est à l’image de la diversité de la vie et je suis très fière de cette mobilisation, ça nous change de cette ville parfois vitrifiée« , souligne pour sa part l’ancienne candidate à la mairie, Agnès Langevine.

« Ça fait plaisir de voir ça à Perpignan, c’est super. Même si des personnes continuent d’être choquées, il faut continuer à le faire. C’est à force de s’habituer qu’on arrivera à avancer. Ça montre aussi qu’il y a une vraie communauté gay-friendly à Perpignan avec un grand nombre d’établissements comparé à sa population« , fait savoir Enzo, responsable du bar le Backstage où s’annonçait la poursuite des festivités avant un after programmé à la nouvelle discothèque La Bouche.

« Qui a dit qu’à Perpignan on n’était pas capable de se mobiliser et de réussir une pride« , a enfin interrogé devant la foule l’équipe d’organisation qui espère d’ores et déjà attirer le double de participants l’année prochaine.

Aurélien Marchand

Glorification de la colonisation de l’Algérie et révisionnisme historique : le scandale continue… à Perpignan !

Publié le 27 juin 2022 par Olivier Le Cour Grandmaison sur son blog

Louis Aliot, dirigeant bien connu du Rassemblement national et maire de Perpignan, a décidé de soutenir politiquement et financièrement, à hauteur de 100 000 euros, la 43ème réunion hexagonale du Cercle algérianiste [1], et d’accueillir ses membres et les participants au Palais des congrès de cette ville, du 24 au 26 juin 2022. Il se confirme que la loi scélérate du 23 février 2005, jamais abrogée faut-il le rappeler, qui établit une interprétation officielle et apologétique de la colonisation française en Algérie et dans le reste de l’empire, n’était pas l’épilogue d’une entreprise de réhabilitation de ce passé mais le prologue bien plutôt. Le discours du candidat Nicolas Sarkozy affirmant, à la veille des élections présidentielles de 2007, que le « rêve de la colonisation » n’était pas un « rêve de conquête » mais « un rêve de civilisation », celui de François Fillon quelques années plus tard et, plus généralement, les positions de la direction des Républicains en témoignent. Fustigeant une prétendue « repentance » et vantant les aspects supposément « positifs » de la colonisation de l’Algérie, les responsabilités de ces derniers sont majeures, établies et accablantes [2]. De même celles de certains intellectuels, chroniqueurs et bateleurs médiatiques qui, au nom de la lutte contre « la pensée unique » hier, contre le « décolonialisme » aujourd’hui, redécouvrent les « beautés » de la colonisation aux couleurs de la France.

N’oublions pas l’un des pionniers de cette réhabilitation, A. Finkielkraut, qui déclarait doctement que l’entreprise coloniale « avait aussi pour but d’éduquer » et « d’apporter la civilisation aux sauvages. » (Haaretz, 18 novembre 2005). Indigne philosophe et vrai idéologue qui, sur ce sujet entre autres, débite des opinions rebattues en les prenant pour de fortes pensées. A l’instar des personnalités politiques précitées, il ressasse les trivialités mensongères de Malet et Isaac, ces historiens officiels qui, de l’entre-deux-guerres au début des années soixante, n’ont cessé de contribuer à l’élaboration et à la diffusion de la mythologie impériale-républicaine ; celle-là même qui, depuis plus d’une décennie, est désormais reprise par les différentes forces que l’on sait à des fins partisanes et électoralistes. En ces matières, les uns et les autres ne sont que les piteux ventriloques de discours élaborés par les élites politiques – mention spéciale à Jules Ferry, cet ardent promoteur de l’empire et du racisme élitaire de saison – et académiques de la Troisième République pour légitimer « la course à l’Afrique » et les guerres de conquête menées en Cochinchine et à Madagascar.

Sur ces sujets en particulier, il y a longtemps que le prétendu « front républicain » a disparu au profit de convergences et de compromissions toujours plus graves et toujours plus assumées avec l’extrême-droite, les partisans de l’Algérie française et les soutiens des généraux putschistes. Dans ce contexte, auquel s’ajoute la spectaculaire progression politique du Rassemblement national, sinistrement confirmée par les résultats des élections présidentielles et législatives qui viennent d’avoir lieu, la tenue du Congrès du Cercle algérianiste dans la ville de Perpignan ne saurait surprendre. Le soutien apporté par le maire à cette initiative est parfaitement conforme aux orientations défendues depuis toujours par le Front national et le Rassemblement qui lui a succédé. Apologie de la colonisation, révisionnisme historique, mensonges par omission, minorisation et dénégation des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les armées françaises entre 1830 et le 19 mars 1962, tels sont quelques-uns des piliers idéologiques de cette extrême-droite qui demeure fidèle à ses traditions.

Il faut y ajouter la glorification des généraux qui, pour défendre l’Algérie française, ont pris les armes contre la République, le 21 avril 1961. En élevant « au rang de citoyens d’honneur de la ville des représentants des familles d’Hélie Denoix de Saint-Marc, des généraux Edmond Jouhaux et André Zeller… [3] », Louis Aliot persévère dans cette voie, ce qui jette une lumière pour le moins singulière sur la conversion des dirigeants du RN aux « valeurs républicaines ». Commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes, Denoix de Saint-Marc a joué un rôle de premier plan lors de la tentative de coup d’Etat à Alger, ce qui lui a valu d’être condamné à dix ans de réclusion criminelle par le Haut tribunal militaire. Ayant réussi à s’échapper, Jouhaud a poursuivi son combat au sein de l’organisation terroriste, OAS, laquelle est responsable de l’assassinat de 2 360 personnes, auxquelles s’ajoutent 5 419 blessés, majoritairement algériens [4]. Arrêté le 24 mars 1962, Jouhaud est condamné à mort puis gracié par le général de Gaulle, et sa peine commuée en détention à perpétuité. Zeller, qui a rejoint le « quarteron de généraux » putschistes, écope lui de quinze ans d’emprisonnement. Signalons enfin que le programme officiel des journées perpignanaises du Cercle algérianiste prévoit que l’ancien membre d’un commando de l’OAS à Oran, Gérard Rosenzweig, impliqué dans plusieurs attentats, remette le « Prix universitaire algérianiste » en tant que président du jury. Tels sont quelques-uns des multiples honneurs qui seront rendus à des hommes, anciens criminels lourdement condamnés par la justice, décédés ou vivants, dont le point commun est d’avoir défendu l’Algérie française, par tous les moyens, y compris les pires.

Un scandale, assurément. Nonobstant l’initiative locale et courageuse du « Collectif 66 pour une histoire franco-algérienne non falsifiée », ce scandale ne semble pas, à l’heure où ces lignes sont écrites, susciter l’indignation et la mobilisation nationales que l’on serait en droit d’attendre des gauches partisanes, syndicales et associatives pour s’opposer à cette nouvelle offensive de l’extrême-droite. Non seulement, cette dernière ne désarme pas mais, plus grave encore, elle se sent pousser des ailes en raison de la conjoncture politique que l’on sait. Une telle situation devrait obliger celles et ceux qui ne se résignent pas à cette progression, jusqu’à présent irrésistible, et à ses conséquences depuis longtemps désastreuses sur tous les plans. Eu égard à l’importance politique et stratégique que le RN accorde à ce 43ème Congrès du Cercle algérianiste, une riposte d’ampleur s’impose. Organisons-là lors des prochaines commémorations des massacres du 17 octobre 1961 en en faisant une initiative unitaire, anticoloniale et antiraciste, pour la vérité historique, la justice et la reconnaissance des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité commis par la France en Algérie et dans les autres territoires de l’empire.

Olivier Le Cour Grandmaison

[1] Créé le 1er novembre 1973 pour réhabiliter les combats des partisans de l’Algérie française et la colonisation de ce territoire, ce Cercle, qui se présente comme une « association culturelle des Français d’Afrique du Nord », n’a cessé de rendre hommage aux anciens terroristes de l’OAS et aux généraux putschistes, entre autres.
[2] Avec la finesse qui le caractérise, L. Wauquiez livre aux Français ébahis cette analyse dont la profondeur et la rigueur laissent pantois : « Ajoutez (…) une repentance systématique et vous comprendrez pourquoi des jeunes issus de [ l’] école en viennent à prendre les armes contre leur propre pays. » Le Figaro, 14 février 2016. 
[3] Cf., le programme : 43ÈME CONGRES NATIONAL DU CERCLE …
[4] Y. Benot, « La décolonisation de l’Afrique française (1943-1962) », in Le Livre noir du colonialisme, XVIe-XXIe siècle. De l’extermination à la repentance, sous la dir. de L Ferro, Paris, R. Laffont, 2003, pp. 517-556.

Propos sur l’Algérie française : la Nupes s’indigne, le RN au secours de José Gonzalez

Publié sur Ouest-France le 29 juin 2022

Les propos du doyen de l’Assemblée nationale, le RN José Gonzalez, ce mardi 28 juin, lors de l’ouverture de la XVIe législature ont choqué une partie des députés, notamment dans les rangs de la Nupes. Du côté du RN, ce discours a, au contraire, été salué et les élus d’extrême droite tentent d’éteindre la polémique.

Mardi 28 juin, le député des Bouches-du-Rhône du Rassemblement national José Gonzalez a ouvert la première séance de la nouvelle Assemblée nationale en tant que doyen. Né en Algérie avant l’indépendance, il est revenu sur son histoire personnelle : « J’ai laissé là-bas une partie de ma France et beaucoup d’amis. Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie », a-t-il déclaré, avant de s’interrompre, ému.

Une pause suivie d’applaudissements qui ont crispé une partie des députés, essentiellement dans les rangs de la Nupes. Après la séance, José Gonzalez a été interrogé sur son opinion concernant la guerre d’Algérie. « Franchement, je ne suis pas là pour juger si l’OAS a commis des crimes, je ne sais même pas ce qu’était l’OAS ou presque pas », a-t-il assuré.

Suivez ici notre direct du mercredi 29 juin consacré à la nouvelle législature et à l’actualité politique

Il a ensuite poursuivi ses propos devant des journalistes : « Si je vous emmène avec moi en Algérie, […] dans le Djebel, vous verrez beaucoup beaucoup beaucoup d’Algériens qui n’ont jamais connu la France, et qui nous disent : « Monsieur, quand est-ce que vous revenez. » » De quoi susciter de nombreuses réactions


Mardi 28 juin, le député des Bouches-du-Rhône du Rassemblement national José Gonzalez a ouvert la première séance de la nouvelle Assemblée nationale en tant que doyen. Né en Algérie avant l’indépendance, il est revenu sur son histoire personnelle : « J’ai laissé là-bas une partie de ma France et beaucoup d’amis. Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie », a-t-il déclaré, avant de s’interrompre, ému.

Une pause suivie d’applaudissements qui ont crispé une partie des députés, essentiellement dans les rangs de la Nupes. Après la séance, José Gonzalez a été interrogé sur son opinion concernant la guerre d’Algérie. « Franchement, je ne suis pas là pour juger si l’OAS a commis des crimes, je ne sais même pas ce qu’était l’OAS ou presque pas », a-t-il assuré.

Suivez ici notre direct du mercredi 29 juin consacré à la nouvelle législature et à l’actualité politique

Il a ensuite poursuivi ses propos devant des journalistes : « Si je vous emmène avec moi en Algérie, […] dans le Djebel, vous verrez beaucoup beaucoup beaucoup d’Algériens qui n’ont jamais connu la France, et qui nous disent : « Monsieur, quand est-ce que vous revenez. » » De quoi susciter de nombreuses réactions.

« Un effondrement du front républicain »

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a notamment déclaré au micro de BFMTV : « C’est curieux que quelqu’un soit venu plaider sa nostalgie pour l’Algérie française et qu’il y a une partie qui l’a applaudi », y voyant un signe supplémentaire de « l’effondrement du front républicain ».

Un constat partagé par Sandrine Rousseau, élue de la Nupes, s’est fendu d’un tweet où elle estime que « la dédiabolisation vole en éclats dès la première séance ». Pour elle, les discours nostalgiques de la colonisation n’ont pas leur place à l’Assemblée nationale.

À gauche, plusieurs députés sont tombés des nues devant les applaudissements d’une partie des députés. Comme Sandra Regol, élue dans le Bas-Rhin, qui se dit « abasourdie » par les applaudissements et qui parle de « déchéance ».

« Un discours émouvant » selon le RN

Du côté du RN, les élus ont tenté d’éteindre la polémique. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a envoyé sur les réseaux sociaux un message de félicitations à José Gonzalez : « Discours émouvant et rassembleur, élégance de tenue et d’âme de la part de José Gonzalez, député RN et doyen de l’Assemblée. Il nous a tous rendus fiers. »

Quant au député RN du Nord, Sébastien Chenu, il a estimé qu’il n’y avait dans les propos de José Gonzalez aucune volonté de polémique : « C’est un homme de sa génération, qui est meurtri, qui est blessé par ce qu’il s’est passé là-bas ».

Pour Louis Alliot, maire RN de Perpignan, il s’agissait uniquement d’une opinion personnelle de la part du député. « Le discours de monsieur Gonzalez faisait référence à sa vie en Algérie, qui était sa terre natale, et où il a enterré ses grands-parents », a-t-il assuré.

Interrogée ce mercredi 29 juin sur Franceinfo, Marine Le Pen, présidente des députés RN à l’Assemblée nationale, a estimé que José Gonzalez n’avait pas commis de dérapage : « Il a fait un discours très digne, très républicain. Il a tenu sa position de doyen avec beaucoup de dignité. La gauche dit tout et n’importe quoi. »

PERPIGNAN : El fraternal Centre del Món, si si

Article publié sur le Travailleur Catalan par Yvon Huet

Magnifique moment de fraternité humaine face à l’entreprise de haine orchestrée par la mairie RN de Perpignan, en ce 26 juin 2022 ! C’est ce qu’on peut retenir de cette très chaude après-midi où le Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée a fait salle pleine au centre culturel catalan de la ville, affirmant un courage politique à toute épreuve, sous la présidence de Josie Boucher, présidente de l’Asti (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés).

Jacques Pradel, président de l’Association des pieds noirs progressistes, notamment (ANPNP) a exprimé la douleur de tous ces citoyens d’Algérie qui ont dû quitter ce pays qu’ils considéraient comme le leur dans le cadre d’une culture multiple. Elle a été balayée par cette sale guerre imposée par les règles d’un colonialisme qui a fait perdurer les humiliations et attisé les haines. Remy Serre, fondateur de l’Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre, (4ACG) a apporté le témoignage de nombre de ceux qu’on a forcé, de 1954 à 1962, à être le bras armé de la France coloniale, dans tout ce qu’il a eu de cruel est d’injuste. Ce qu’on a appelé pudiquement « les événements », ce fut une guerre sans merci qui provoqua des dizaines de milliers de victimes française et des centaines de milliers de victimes algériennes, civiles et militaires. Il a exprimé sa volonté de continuer jusqu’au bout à donner aux jeunes générations le témoignage de la vérité dans toute ses caractéristiques avec un but essentiel, favoriser la réconciliation et l’amitié entre les peuples algériens et français.

Eric Sivin, qui n’a pas fait la guerre d’Algérie, a accepté de prendre la suite de l’association des appelés (4ACG) afin d’empêcher l’oubli sur un sujet qui, en fait, concerne des dizaines de millions de Français qui sont, à un degré ou à un autre, enfants de ces générations qui ont vécu la guerre d’Algérie. La tâche est difficile mais passionnante. Elle s’inscrit dans le droit fil d’une lutte sans merci contre les idées de haine et d’exclusion qui ont envahi la majorité des comportements, particulièrement à l’extrême droite et à droite, mais bien pas seulement.

L’histoire ne doit pas être une légende

Dans le droit fil de cette constatation, Gilles Manceron, historien, membre de la LDH, a précisé les conditions historiques de cette guerre avec une finesse remarquable sur tous les sujets qui fâchent, notamment l’attitude soit guerrière, soit ambigüe soit très maladroite des directions de la gauche de l’époque, qui a contribué à désarçonner les capacités de résistance et d’alternative à une situation qui aboutira au drame du rapatriement d’un côté et à la persistance de l’esprit de revanche coloniale de l’autre dans l’opinion publique. Un large et passionnant débat a suivi avec la salle, chacun apportant soit son témoignage soit son analyse avec un esprit de respect et d’écoute remarquable.

Qu’on se le dise, le centre du monde n’était pas dans l’étalage du révisionnisme historique, de la justification des crimes de l’OAS et de l’excitation des haines voulus par le maire de Perpignan. Il était là, fier et déterminé, dans cette salle de résistance qui en a appelé à renouveler à souhait ce genre d’initiative en l’élargissant à toutes celles et ceux qui ont intérêt à faire tomber les frontières de la haine entre les êtres humains.

ETATS-UNIS ET DROIT À L’AVORTEMENT : UN RECUL DE 50 ANS ! – Communiqué de la LDH

Communiqué de la LDH – le 27 juin 2022

Ce vendredi 24 juin, la Cour suprême des Etats-Unis a annoncé la révocation de l’arrêt Roe vs Wade qui, depuis 1973, garantissait le droit à l’avortement dans le pays. Désormais, même si l’avortement ne devient pas formellement illégal, chaque Etat pourra décider de sa législation en la matière. Sur cinquante Etats, vingt-six à vingt-huit pourraient interdire l’avortement. A peine une heure après la décision de la Cour suprême, l’Etat du Missouri a d’ailleurs annoncé qu’il interdirait l’IVG. Et six autres ont, depuis, annoncé vouloir faire de même.

Cette décision est scandaleuse à plus d’un titre : d’une part, l’égalité des droits entre toutes les femmes des Etats-Unis n’est plus garantie et, d’autre part, des droits durement conquis par les luttes des femmes sont balayés d’un revers.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’alarme du recul des droits des femmes aux Etats-Unis et du signal envoyé ainsi au monde entier. Les premières victimes de cette décision seront bien-sûr toutes les femmes, mais surtout les plus pauvres d’entre elles. Ce seront aussi toutes celles qui, dans le monde entier, y compris en Europe, se battent encore pour conquérir ces droits (sachant qu’une vingtaine de pays l’interdisent totalement, comme Andorre, tandis que de nombreux autres pays en restreignent drastiquement l’accès).

Rappelons que le droit fondamental des femmes à disposer de leurs corps et de leurs droits reproductifs doit être reconnu comme un droit universel, quelles que soient les convictions ou idéologies de chacun.

Ne pas protéger le droit à l’avortement, c’est enfin mettre en danger de mort les femmes qui choisissent, pour des raisons qui leur sont propres, d’interrompre une grossesse. A travers le monde, plus de vingt-cinq millions d’IVG dangereuses sont encore pratiquées chaque année : c’est la troisième cause de mortalité féminine dans le monde.

La LDH exprime tout son soutien à toutes les femmes des USA et à toutes les femmes qui, dans le monde, sont privées de leurs droits fondamentaux, y compris celui de la protection de leur vie et de leur santé.

La LDH sera de leurs combats et appelle aux mobilisations du 2 juillet qui auront lieu partout en Europe.

Paris, le 27 juin 2022

Glorification de la colonisation de l’Algérie et révisionnisme historique : le scandale continue… à Perpignan !

Par Olivier Le Cour Grandmaison

universitaire, historien du colonialisme et militant anti-raciste

Publié sur son blog le 23 juin 2022

Louis Aliot, dirigeant bien connu du Rassemblement national et maire de Perpignan, a décidé de soutenir politiquement et financièrement la 43ème réunion hexagonale du Cercle algérianiste qui se tiendra au Palais des congrès de cette ville, du 24 au 26 juin 2022. Au menu : apologie de la colonisation, révisionnisme historique et glorification des généraux qui, pour défendre l’Algérie française, ont pris les armes contre la République, le 21 avril 1961.

Louis Aliot, dirigeant bien connu du Rassemblement national et maire de Perpignan, a décidé de soutenir politiquement et financièrement, à hauteur de 100 000 euros, la 43ème réunion hexagonale du Cercle algérianiste [1], et d’accueillir ses membres et les participants au Palais des congrès de cette ville, du 24 au 26 juin 2022. Il se confirme que la loi scélérate du 23 février 2005, jamais abrogée faut-il le rappeler, qui établit une interprétation officielle et apologétique de la colonisation française en Algérie et dans le reste de l’empire, n’était pas l’épilogue d’une entreprise de réhabilitation de ce passé mais le prologue bien plutôt. Le discours du candidat Nicolas Sarkozy affirmant, à la veille des élections présidentielles de 2007, que le « rêve de la colonisation » n’était pas un « rêve de conquête » mais « un rêve de civilisation », celui de François Fillon quelques années plus tard et, plus généralement, les positions de la direction des Républicains en témoignent. Fustigeant une prétendue « repentance » et vantant les aspects supposément « positifs » de la colonisation de l’Algérie, les responsabilités de ces derniers sont majeures, établies et accablantes [2]. De même celles de certains intellectuels, chroniqueurs et bateleurs médiatiques qui, au nom de la lutte contre « la pensée unique » hier, contre le « décolonialisme » aujourd’hui, redécouvrent les « beautés » de la colonisation aux couleurs de la France.

N’oublions pas l’un des pionniers de cette réhabilitation, A. Finkielkraut, qui déclarait doctement que l’entreprise coloniale « avait aussi pour but d’éduquer » et « d’apporter la civilisation aux sauvages. » (Haaretz, 18 novembre 2005). Indigne philosophe et vrai idéologue qui, sur ce sujet entre autres, débite des opinions rebattues en les prenant pour de fortes pensées. A l’instar des personnalités politiques précitées, il ressasse les trivialités mensongères de Malet et Isaac, ces historiens officiels qui, de l’entre-deux-guerres au début des années soixante, n’ont cessé de contribuer à l’élaboration et à la diffusion de la mythologie impériale-républicaine ; celle-là même qui, depuis plus d’une décennie, est désormais reprise par les différentes forces que l’on sait à des fins partisanes et électoralistes. En ces matières, les uns et les autres ne sont que les piteux ventriloques de discours élaborés par les élites politiques – mention spéciale à Jules Ferry, cet ardent promoteur de l’empire et du racisme élitaire de saison – et académiques de la Troisième République pour légitimer « la course à l’Afrique » et les guerres de conquête menées en Cochinchine et à Madagascar.

Sur ces sujets en particulier, il y a longtemps que le prétendu « front républicain » a disparu au profit de convergences et de compromissions toujours plus graves et toujours plus assumées avec l’extrême-droite, les partisans de l’Algérie française et les soutiens des généraux putschistes. Dans ce contexte, auquel s’ajoute la spectaculaire progression politique du Rassemblement national, sinistrement confirmée par les résultats des élections présidentielles et législatives qui viennent d’avoir lieu, la tenue du Congrès du Cercle algérianiste dans la ville de Perpignan ne saurait surprendre. Le soutien apporté par le maire à cette initiative est parfaitement conforme aux orientations défendues depuis toujours par le Front national et le Rassemblement qui lui a succédé. Apologie de la colonisation, révisionnisme historique, mensonges par omission, minorisation et dénégation des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les armées françaises entre 1830 et le 19 mars 1962, tels sont quelques-uns des piliers idéologiques de cette extrême-droite qui demeure fidèle à ses traditions.

Il faut y ajouter la glorification des généraux qui, pour défendre l’Algérie française, ont pris les armes contre la République, le 21 avril 1961. En élevant « au rang de citoyens d’honneur de la ville des représentants des familles d’Hélie Denoix de Saint-Marc, des généraux Edmond Jouhaux et André Zeller… [3] », Louis Aliot persévère dans cette voie, ce qui jette une lumière pour le moins singulière sur la conversion des dirigeants du RN aux « valeurs républicaines ». Commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes, Denoix de Saint-Marc a joué un rôle de premier plan lors de la tentative de coup d’Etat à Alger, ce qui lui a valu d’être condamné à dix ans de réclusion criminelle par le Haut tribunal militaire. Ayant réussi à s’échapper, Jouhaud a poursuivi son combat au sein de l’organisation terroriste, OAS, laquelle est responsable de l’assassinat de 2360 personnes, auxquelles s’ajoutent 5419 blessés, majoritairement algériens [4]. Arrêté le 24 mars 1962, Jouhaud est condamné à mort puis gracié par le général de Gaulle, et sa peine commuée en détention à perpétuité. Zeller, qui a rejoint le « quarteron de généraux » putschistes, écope lui de quinze ans d’emprisonnement. Signalons enfin que le programme officiel des journées perpignanaises du Cercle algérianiste prévoit que l’ancien membre d’un commando de l’OAS à Oran, Gérard Rosenzweig, impliqué dans plusieurs attentats, remette le « Prix universitaire algérianiste » en tant que président du jury. Tels sont quelques-uns des multiples honneurs qui seront rendus à des hommes, anciens criminels lourdement condamnés par la justice, décédés ou vivants, dont le point commun est d’avoir défendu l’Algérie française, par tous les moyens, y compris les pires.

Un scandale, assurément. Nonobstant l’initiative locale et courageuse du « Collectif 66 pour une histoire franco-algérienne non falsifiée », ce scandale ne semble pas, à l’heure où ces lignes sont écrites, susciter l’indignation et la mobilisation nationales que l’on serait en droit d’attendre des gauches partisanes, syndicales et associatives pour s’opposer à cette nouvelle offensive de l’extrême-droite. Non seulement, cette dernière ne désarme pas mais, plus grave encore, elle se sent pousser des ailes en raison de la conjoncture politique que l’on sait. Une telle situation devrait obliger celles et ceux qui ne se résignent pas à cette progression, jusqu’à présent irrésistible, et à ses conséquences depuis longtemps désastreuses sur tous les plans. Eu égard à l’importance politique et stratégique que le RN accorde à ce 43ème Congrès du Cercle algérianiste, une riposte d’ampleur s’impose. Organisons-là lors des prochaines commémorations des massacres du 17 octobre 1961 en en faisant une initiative unitaire, anticoloniale et antiraciste, pour la vérité historique, la justice et la reconnaissance des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité commis par la France en Algérie et dans les autres territoires de l’empire.

Le Cour Grandmaison, universitaire. Derniers ouvrages parus : « Ennemis mortels ». Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale, La Découverte, 2019 et avec O. Slaouti (dirs), Racismes de France, La Découverte, 2020.

[1]. Créé le 1er novembre 1973 pour réhabiliter les combats des partisans de l’Algérie française et la colonisation de ce territoire, ce Cercle, qui se présente comme une « association culturelle des Français d’Afrique du Nord », n’a cessé de rendre hommage aux anciens terroristes de l’OAS et aux généraux putschistes, entre autres.

[2] Avec la finesse qui le caractérise, L. Wauquiez livre aux Français ébahis cette analyse dont la profondeur et la rigueur laissent pantois : « Ajoutez (…) une repentance systématique et vous comprendrez pourquoi des jeunes issus de [ l’] école en viennent à prendre les armes contre leur propre pays. » Le Figaro, 14 février 2016. 

[3]. Cf., le programme : 43ÈME CONGRES NATIONAL DU CERCLE …

[4]. Y. Benot, « La décolonisation de l’Afrique française (1943-1962) », in Le Livre noir du colonialisme, XVIe-XXIsiècle. De l’extermination à la repentance, sous la dir. de L Ferro, Paris, R. Laffont, 2003, pp. 517-556.Recommandé (74)Partager sur Facebook

Israël-Palestine : les conclusions d’un rapport des Nations unies sur les causes du conflit « pointent dans leur immense majorité vers Israël »

Publié le 7 juin 2022 sur lemonde.fr avec AFP

Le document a été rédigé par une commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce rapport « est partial et biaisé, disqualifié par sa haine pour l’Etat d’Israël », a réagi le ministère des affaires étrangères israélien.

L’occupation de territoires palestiniens par Israël et la discrimination envers la population palestinienne sont « les causes principales » des tensions récurrentes et de l’instabilité, estime une commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) dans un rapport publié mardi 7 juin.

« Les conclusions et recommandations liées aux causes profondes [de ce conflit] pointent dans leur immense majorité vers Israël, ce que nous analysons comme un indicateur de la nature asymétrique du conflit et la réalité d’un Etat qui en occupe un autre », écrit la présidente de cette commission, la Sud-Africaine et ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme, Navanethem Pillay.

Israël, qui a refusé de coopérer avec la commission, a estimé, de son côté, « que le rapport est partial et biaisé, disqualifié par sa haine pour l’Etat d’Israël et reposant sur une longue série de rapports partiaux et biaisés », selon un communiqué du ministère des affaires étrangères.

Israël dénonce « des organisations terroristes létales »

« Mettre fin à l’occupation de territoires par Israël, en pleine conformité avec les résolutions du Conseil de sécurité, reste crucial pour mettre fin au cycle persistant de violences », peut-on lire dans ce premier rapport rédigé par cette commission.

Ce qui est devenu une situation d’occupation perpétuelle a été cité par des parties prenantes palestiniennes comme israéliennes comme l’une des racines des tensions récurrentes, de l’instabilité et du prolongement d’un conflit aussi bien dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est, qu’en Israël.

Le rapport précise que le document de 18 pages a été soumis avant publication aux autorités palestiniennes comme israéliennes. La commission internationale a été mandatée l’année dernière par le Conseil des droits de l’homme pour enquêter sur les violations présumées des droits humains commises dans les territoires palestiniens et en Israël, depuis le 13 avril 2021.

L’Etat hébreu, qui accuse Mme Pillay d’être « une militante anti-Israël », estime encore que l’enquête « a ignoré les véritables raisons qui ont amené Israël à défendre ses citoyens contre des organisations terroristes létales qui commettent un double crime de guerre : tirer sur des civils israéliens à partir de zones civiles dans Gaza ».

Recommandations « largement ignorées »

La commission a été mise en place à la suite de la « guerre de 11 jours » que se sont livrés Israël et le Hamas en mai 2021, durant laquelle 260 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes sur Gaza, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait treize morts, dont un soldat, d’après la police et l’armée.

Pour l’heure, la commission a passé en revue les nombreuses recommandations et résolutions déjà existantes, mais elle a souligné qu’elle devrait mener sa propre enquête. Toutefois, Mme Pillay estime que ces recommandations passées « ont été largement ignorées, y compris les appels à ce qu’Israël rende des comptes pour les violations du droit humanitaire et des droits de l’homme, tout comme les tirs de roquettes à l’aveugle contre Israël par des groupes armés palestiniens ».

« C’est ce manque de mise en œuvre doublé d’un sens d’impunité ainsi que les preuves très claires qu’Israël n’a aucune intention de mettre fin à l’occupation et la discrimination permanente contre les Palestiniens qui sont au cœur de ces violations répétées aussi bien dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, qu’en Israël », accuse la présidente. Pour dénoncer la publication du rapport, une vingtaine d’étudiants et de réservistes de l’armée israélienne ont manifesté mardi devant le siège des Nations Unies à Genève.

Le Monde avec AFP

« La disparition de Dom Phillips et Bruno Pereira marque un basculement dans la guerre contre l’Amazonie »

Publié sur Basta! le 16 juin 2022

Le journaliste Dom Phillips et le chercheur Bruno Pereira ont disparu depuis une semaine en Amazonie, probablement assassinés. Pour l’écrivaine Eliane Brum, « ils sont les toutes dernières victimes de la guerre menée par Bolsonaro contre la forêt. »

Tôt, le lundi matin du 6 juin, j’ai été surprise par un message sur WhatsApp. On me demandait si Tom Phillips, le correspondant du Guardian au Brésil, était porté disparu dans la vallée de Javari, l’une des régions les plus dangereuses de l’Amazonie. Mon mari, Jonathan Watts, qui est rédacteur en chef de la rubrique environnement du journal britannique, vit en Amazonie avec moi. Tom, qui était chez lui à Rio de Janeiro, a rapidement répondu au téléphone. Si ce n’était pas Tom, qui avait alors disparu ? Nous avons immédiatement pensé à Dom Phillips.

La différence d’une lettre à peine dans les noms de deux journalistes qui écrivent pour The Guardian au Brésil prête souvent à confusion. Dom est un gars adorable, excellent journaliste, reporter expérimenté et responsable. Nous savions que Dom travaillait à la rédaction d’un livre sur la forêt. J’ai donc demandé à un dirigeant autochtone de la vallée de Javari de m’envoyer une photo de la personne disparue, afin que nous puissions en être sûrs. Avec l’image s’ouvrant à l’écran du téléphone, la certitude nous tordit l’estomac. C’était bien Dom. Notre Dom bien-aimé, avec le visage ensoleillé de celui qui n’a rien à cacher au monde, vêtu du vert de la forêt qui l’entourait.

La douleur est alors devenue plus poignante. Il fallait dire à sa femme, notre amie Alessandra, et à sa famille en Angleterre que Dom avait disparu depuis 24 heures. Il était également nécessaire d’informer le Guardian, le journal avec lequel Dom collabore le plus fréquemment. La personne qui voyageait avec Dom, Bruno Pereira, était l’un des leaders indigènes les plus importants de sa génération, démis de son poste à la FUNAI (Fondation nationale de l’indien) en 2019, par l’ancien ministre de la Justice Sergio Moro, pour avoir commandité une opération de répression des exploitations minières illégales. Bruno avait dû demander congé pour continuer à protéger les autochtones : sous le gouvernement de Bolsonaro, la FUNAI est devenue un organisme hostile aux autochtones.

Nous devions agir très rapidement, car nous savions que le gouvernement Bolsonaro ne ferait rien sans forte pression. Notre crainte allait bientôt s’avérer légitime : le retard délibéré du gouvernement dans la mobilisation des ressources humaines et matérielles pour retrouver les disparus est devenu une évidence dès le premier jour. « L’ordre » de déclencher les « missions humanitaires de recherche et de sauvetage » a mis longtemps à arriver. En tant que journalistes qui couvrons et vivons en Amazonie, nous savons que dans la forêt, le temps est un élément crucial. Chaque seconde compte.

Ce lundi 13 juin, je me suis réveillée d’une mauvaise nuit en apprenant que les corps avaient été retrouvés attachés à un arbre. Depuis la découverte du sac à dos, des vêtements, des bottes, restes matériels d’une vie, de gestes interrompus et de désirs, un froid s’est installé en moi, de l’intérieur vers l’extérieur, et j’ai passé la nuit à frissonner. Pour ce froid, il n’y a pas de couverture. Pour ce froid, il n’y aura jamais de couverture. Un peu plus tard, la nouvelle a été démentie. Les objets leur appartenaient, mais il n’y aurait toujours pas de corps. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous ne savons toujours pas si les corps ont été retrouvés ou non. C’est une obscénité de plus de la situation actuelle du Brésil.

Depuis la semaine dernière, ma plus grande crainte était que les corps ne soient pas retrouvés car je partage la douleur déchirante des membres des familles de disparus politiques de la dictature militaro-entrepreneuriale que Jair Bolsonaro vante tant. Ne pas avoir de corps à pleurer, c’est la torture qui ne s’arrête jamais, c’est le deuil qui ne peut se faire et qui ne sera donc jamais surmonté. Pourtant, j’ai découvert ce lundi matin, qu’il y avait quelque chose en moi qui attendait un miracle parce que j’ai craqué. Il m’a fallu quelques heures pour rassembler ma colère et me remettre sur pied pour écrire ce texte. Et puis, j’ai craqué à nouveau devant l’horreur de ne pas savoir ce qui est vrai ou pas.

Bolsonaro en guerre contre l’Amazonie

Dom et Bruno sont probablement morts. Ils sont les toutes dernières victimes de la guerre menée par Bolsonaro contre la forêt, ses peuples et tous ceux qui luttent pour défendre l’Amazonie.

C’est ça le problème.

La disparition de Dom et Bruno n’est que la dernière violence en date dans une Amazonie piégée dans ce pays appelé Brésil, dirigé par un partisan de la dictature, des exécutions et de la torture appelé Jair Bolsonaro. Nous sommes en guerre. Et affirmer cela n’est pas de la rhétorique.

C’est désespérant de continuer à crier que nous sommes en guerre et de ne pas être compris. Parce que comprendre, ce n’est pas être d’accord, retweeter ou liker ; c’est quelque chose de plus difficile : c’est agir comme des gens qui vivent une guerre. Si, au Brésil et dans le monde, les gens ne comprennent pas cela, les vies de ceux qui se trouvent sur le sol de la forêt, avec leurs corps en première ligne, auront encore moins de valeur qu’aujourd’hui. Et lorsque les leaders des peuples de la forêt, les environnementalistes, les défenseurs et les journalistes en première ligne seront morts, la forêt le sera aussi. Sans la forêt, l’avenir sera hostile pour les enfants déjà nés. Enfants, neveux, petits-enfants, frères et sœurs de ceux qui lisent ce texte. Vos proches. Vous.

Il est indéniable que l’émoi national et international suscité par cette disparition est plus important du fait que Dom Phillips est blanc et citoyen britannique. C’est un fait facilement vérifiable si on le compare aux meurtres qui ont ouvert la saison des exécutions cette année en Amazonie, à São Félix do Xingu, la municipalité qui possède le plus grand troupeau de bétail du Brésil. Protecteurs anonymes de la forêt, sans amis influents, José Gomes, Zé do Lago, sa femme, Márcia Nunes Lisboa, et leur fille de 17 ans, Joane Nunes Lisboa, ont été peu pleurés et le crime reste impuni à ce jour. De même, en 2019, Maxciel Pereira dos Santos, collaborateur de la FUNAI depuis plus de dix ans, a été exécuté de deux balles dans la nuque sans que le monde ne bouge. Comme la plupart des crimes contre les personnes invisibilisées, le sien reste également impuni.

Ce que je veux dire, c’est que cet immense mouvement, si fort et si puissant, qui a été lancé pour Dom et Bruno, et dont j’ai fait partie dès la première minute, doit maintenant être animé par tout le monde.

Tous. Toutes. Tou.tes.

Ou nous succomberons. Ceux qui se trouvent sur le sol de la forêt, dans le sang. Ceux qui vivent dans les grandes villes du Brésil et du monde, impactées par le climat, dont la pandémie de covid-19 n’a été qu’un des premiers moments de la catastrophe.

…/… (la suite sur le site Basta!)

Une histoire franco-algérienne falsifiée : l’instrumentalisation FN/RN de la nostalgérie par Aliot

Communiqué de presse Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée

L’instrumentalisation RN de la nostalgérie : les faits

Le Cercle algérianiste des Pyrénées-Orientales, association nostalgérique financée à hauteur de 100 000 euros par la mairie RN de Perpignan en sus des 10 000 euros de frais de fonctionnement au titre de l’exercice 2022
(subventions votées à l’unanimité lors du conseil municipal du 24/03/2022) organise son congrès national du 24 au 26 juin prochains à Perpignan en cette occasion déclarée « capitale des Français d’Algérie », elle qui
n’était déjà plus « la Catalane ».

Ce congrès, présenté comme un « temps d’hommage et de transmission », investit complétement la ville avec 19 expositions dans cinq lieux différents, un « village des retrouvailles », une procession assortie d’effigies religieuses en centre-ville et une « prière pour les Nôtres », l’élévation au rang de citoyens d’honneur de la ville de représentants de familles de puschistes (putsch des généraux, 21 avril 1961) condamnés par la justice
française (Hélie Denoix de Saint Marc, Edmond Jouhaud, André Zeller…), l’inauguration d’un square au nom de Mourad Kaouha (1919-1989), un proche de Jean-Marie Le Pen, membre du bureau politique du Front
national et secrétaire départemental du FN pour les Pyrénées-Orientales, pour ne citer que quelques points du programme.

Le tout avec le soutien et la participation active de Louis Aliot, et en l’absence de consultation de ses administrés.

L’objectif de Louis Aliot
Sur un terrain déjà fertilisé par ses prédécesseurs UMP/LR à la mairie de Perpignan (stèle OAS en 2003, Mur des disparus en 2007, Centre de documentation des Français d’Algérie en 2012), Louis Aliot a organisé en
2021 et 2022 des contre-commémorations du 19 mars destinées à « rétablir la vérité » sur la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), et consacrées exclusivement aux victimes du FLN.

A ce jour, l’entreprise de réhabilitation du passé colonial s’amplifie, prend en otage l’ensemble de la ville et de sa population, et vise à en détourner l’identité en y inscrivant une lecture de l’histoire au service de l’idéologie
FN/RN dont l’Algérie française fut la matrice idéologique.
Louis Aliot valorise ainsi les fondamentaux du FN/RN tout en travaillant à consolider son ancrage territorial.

Nous, Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée*, dénonçons cette véritable insulte au peuple algérien et à son combat victorieux pour son indépendance contre le colonialisme français. Nous dénonçons la vision biaisée de l’histoire portée par les algérianistes et instrumentalisée par le maire RN de Perpignan.

Nous dénonçons l’emprise exercée sur Perpignan, ville sacrifiée à la gloire de la colonisation et des criminels de l’OAS, sacrifiée socialement (en effet, quand 100 000 euros sont octroyés à une association qui ne participe en rien à la vie culturelle ou économique locale, des immeubles s’effondrent dans le quartier Saint-Jacques), sacrifiée culturellement (quand la disqualification de la recherche historique est discours officiel).

Non, Perpignan est une ville multiculturelle, elle ne doit pas être la capitale des français d’Algérie, mais celle de l’amitié entre toutes les communautés qui la composent et entre tous les peuples !

*Premiers signataires : L’Alternative ! Endavant, ANPNPA (Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis), AFPS, ASTI, Association Coup de soleil, CGT, FSU, LDH, Mouvement de la PAIX, MRAP, Génération.s, NPA, Solidaires …

Centrale nucléaire du Tricastin : la justice enquête sur des soupçons de dissimulation d’incidents

Publié sur radiofrance.fr avec AFP le jeudi 9 juin 2022

Après la plainte déposée en octobre par un ancien cadre de la centrale drômoise, une information judiciaire a été ouverte pour « non-déclaration d’incident ou d’accident », « mise en danger d’autrui » et « faux et usage de faux ». Elle porte sur une douzaine d’infractions potentielles.

Des incidents survenus à la centrale nucléaire entre 2017 et 2021 de Tricastin ont-ils été étouffés ? Une juge d’instruction va se pencher sur la question. Le parquet de Marseille a confirmé ce jeudi l’ouverture d’une information judiciaire contre X pour « obstacle au contrôle des enquêteurs« , « non-déclaration d’incident ou d’accident », « mise en danger d’autrui » , « faux et usage de faux », après la plainte déposée en octobre 2021 contre EDF par un cadre de la centrale.

Une douzaine d’infraction potentielles

Cette information judiciaire porte au total sur une douzaine d’infractions potentielles au Code pénal et au Code de l’environnement, dont le « déversement dans l’eau par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence d’une substance entraînant des effets nuisibles », et des faits de « harcèlement moral ».

« Cette décision, qui intervient à l’initiative du procureur de la République, traduit l’extrême gravité des faits dénoncés par notre client qui avait alerté en vain son employeur et averti le ministère de l’Écologie« , selon les avocats du cadre d’EDF, Vincent Brengarth et William Bourdon. Leur client, Hugo (prénom d’emprunt), a déposé une plainte simple en octobre 2021 contre EDF et sa hiérarchie, les accusant de l’avoir placardisé pour avoir dénoncé une « politique de dissimulation » d’incidents de sûreté ces dernières années. Il demande depuis le statut de lanceur d’alerte.

Des anomalies non déclarées à l’Autorité de sûreté nucléaire ?

Entré à EDF en 2004, Hugo est devenu chef de service à Tricastin en septembre 2016. D’après l’ingénieur, diverses anomalies, comme une surpuissance du réacteur n°1 en juin 2017, ou encore une inondation interne le 29 août 2018 sur la tranche n°3, n’auraient pas été déclarées à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ou l’auraient été de façon à « minimiser les événements ».

Cette information judiciaire « ouvre la voie à une reconnaissance par la justice des faits dénoncés et ayant valu à notre client, lanceur d’alerte, de traverser un véritable calvaire depuis plusieurs années », ont ajouté Mes Brengarth et Bourdon. « Ce qu’il dénonce, c’est une culture du secret qui s’épaissit à mesure que les incidents se multiplient » ajoute William Bourdon, interviewé sur franceinfo. « Et en plus, on l’engueule, on l’insulte, on lui demande de se taire. C’est ça qui est absolument insupportable. »

En février 2021, l’ASN a ouvert la voie à la poursuite de l’exploitation des plus vieux réacteurs, dont ceux de Tricastin, au-delà de quarante ans, enjoignant à EDF de réaliser des travaux pour améliorer leur sûreté.

Rassemblement des opposants à la mémoire de la stèle de l’OAS au cimetière de Perpignan nord

Comme chaque année le Collectif pour une histoire franco algérienne non falsifiée, dont la LDH 66 est membre, s’est mobilisé pour protester contre la stèle de la honte au milieu du cimetière public de PERPIGNAN à la mémoire des assassins de l’ OAS – et à laquelle se rendent chaque année à la même date les nostalgiques de l’Algérie Française et du bon temps des colonies. Le maire d’extrême-droite Aliot qui soutient les nostalgiques de « l’Algérie française » vient d’accorder une subvention de 100 000 euros au « Cercle algérianiste » qui organise un congrès à Perpignan du 24 au 26 juin 2022. Une exposition aura lieu dans toute la ville aux couleurs de l’Algérie française!  C’est une véritable provocation du FN/RN, 60 ans après,  vis à vis de la communauté algérienne, des appelé morts en Algérie et de toutes les victimes de cette sale guerre.

Publié sur lindépendant.fr le 7/6/2022

Craignant des débordements, ce mardi 7 juin 2022, la Préfecture avait pourtant pris un arrêté interdisant tout rassemblement à cet endroit. Cela n’a pas empêché les nostalgiques de l’Algérie française et leurs opposants de faire entendre leurs voix.

En dépit de l’arrêté préfectoral interdisant les rassemblements dans et aux abords du cimetière du Vernet à Perpignan, ce mardi 7 juin, partisans et opposants de l’Algérie française se sont affrontés au jeu du chat et de la souris pour défendre leur vision de l’Histoire, malgré la présence des forces de l’ordre.

À l’intérieur du cimetière, une poignée de personnes ont répondu à l’appel de l’Adimad-Mraf pour déposer une gerbe au pied d’une stèle controversée marquant la date anniversaire de l’exécution de deux membres de l’OAS, condamnés à mort par la justice française pour l’assassinat d’un fonctionnaire. 

« Ces militaires qui ont déserté l’armée ont été fusillés car ils se sont engagés pour l’Algérie française« , s’est exprimé Jean-Pierre Prevoteaux, balayant l’idée de crime de guerre commis par le mouvement paramilitaire. « On a fait que défendre un patrimoine français et ce que nos pères avaient créé en Algérie. Si c’est un crime, alors nous sommes des criminels« , ont poursuivi ces militants dans un discours par ailleurs teinté de remarques racistes ou homophobes.

Les opposants à l’hommage

À l’inverse, une vingtaine d’opposants à ce rassemblement a fini par surgir d’une pinède située en face du cimetière et déployer des banderoles pour manifester leur hostilité à une initiative qu’ils considèrent être « une apologie de crime de guerre ».

« Ces personnes honorées ont fait les pires des choses et ont été condamnées et exécutées par la justice française. Elles ont attenté à la République en tirant sur le général De Gaulle, assassiné des innocents », dénonce Jacky Malléa, membre fondateur de l‘Association nationale des Pieds noirs progressistes. Cette dernière milite ardemment pour que cette stèle érigée en 2003 dans le cimetière perpignanais soit déplacée dans un lieu privé et remplacée par un monument rendant hommage à tous les disparus de la Guerre d’Algérie.

Une polémique qui suscite chaque année des tensions alors que les portes du cimetière demeuraient jusqu’à l’année dernière le plus souvent fermées pour éviter tout débordement à l’intérieur. « Du temps de Pujol le cimetière était systématiquement fermé le matin. Depuis l’élection de Monsieur Aliot, le cimetière est ouvert« , avance à son tour un membre du Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, réunissant plusieurs organisations de gauche et d’extrême gauche.

Une association qui avait organisé, le 19 mars dernier, une commémoration pour saluer l’anniversaire officiel marquant la fin de la guerre d’Algérie. Pendant ce temps, le drapeau tricolore était en berne sur le fronton de la mairie de Perpignan.

Aurélien Marchand

Violences au Stade de France : Adrien Quatennens dénonce « la responsabilité du duo Didier Lallement et Gérald Darmanin »

Publié sur publicsenat.fr le 31 mai 2022 par Romain David

Réagissant aux échauffourées qui ont perturbé la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, dimanche soir, Adrien Quatennens a pointé du doigt « la doctrine du maintien de l’ordre » mise en place par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Le député LFI, invité de notre matinale, cible également « de graves carences » du côté des services de renseignement.

Le Sénat pourrait ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les violences qui ont émaillé la finale Liverpool-Real Madrid de la Ligue des Champions, dimanche soir au Stade de France. D’ici là, la nouvelle ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, seront déjà auditionnés mercredi à 17 heures par la commission des lois et la commission de la culture de la Haute assemblée. Devant les sénateurs, le locataire de la place Beauvau devrait continuer de dérouler la ligne de défense qu’il a esquissée dimanche soir et qu’il a reprise lors d’un point presse lundi : « Une fraude massive, industrielle et organisée de faux billets » du côté des supporters britanniques, ce qui a conduit à des bousculades et de nombreuses tentatives d’invasion. Une explication qui est loin de convaincre. « Je pointe la responsabilité du duo Didier Lallement [le préfet de police de Paris, ndlr] et Gérald Darmanin, dont on voit depuis des années maintenant qu’ils sont incapables de gérer en région parisienne de grands évènements », a dénoncé mardi le député LFI Adrien Quatennens.

« C’est toujours le chaos avec eux, il y a une responsabilité politique. Nous disons depuis longtemps que Monsieur Lallement n’est plus à la hauteur. C‘est bien la chaîne de commandement, la doctrine d’utilisation des forces de l’ordre qui est en cause », estime ce proche de Jean-Luc Mélenchon, qui était invité mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « Pour ce qui est de Monsieur Darmanin, il y a une élection bientôt, peut-être que les électeurs pourraient s’en occuper », ajoute-t-il, en référence à la candidature du ministre de l’Intérieur aux législatives, dans la 10e circonscription du Nord.

« On n’emploie pas ce genre de méthode »

« Il y a un objectif précis qui est donné à la police : garantir la tranquillité, faire en sorte que les grands évènements se tiennent dans la sûreté », poursuit Adrien Quatennens. « Du point de vue de la doctrine employée pour le maintien de l’ordre, nous avons un grave problème. Il y a des endroits, y compris face aux manifestations et aux risques de débordements, où l’on n’emploie pas ce genre de méthode, et on arrive à contenir les évènements par l’emploi d’une autre doctrine », martèle notre invité, alors que les images des forces de l’ordre usant de gaz lacrymogène contre la foule ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias.

« Dans une manifestation revendicative, la police n’a pas à se vivre et à agir comme adversaire de la manifestation, elle a à garantir que la manifestation puisse se tenir. Et s’il y a des éléments qui viennent perturber, comme on l’a vu à l’occasion de certains 1er-Mai, c’est à la police de ne pas faire de confusion, et de garantir que ceux qui viennent pour manifester puissent manifester », développe encore Adrien Quatennens. « Par ailleurs, il y a un problème avec nos services de renseignements. Il leur faut beaucoup plus de moyens humains. Quand vous voyez la quantité annoncée de faux billets qui auraient été vendus, pourquoi cela n’a-t-il pas été anticipé ? Il y a de graves carences aussi de ce côté-là. »

À deux ans des JO de Paris, « nous sommes la risée du monde »

La finale de l’édition 2021-2022 de la Ligue des champions devait initialement se dérouler à Saint-Pétersbourg, en Russie. Mais l’invasion de l’Ukraine a poussé l’UEFA à choisir une autre ville. Paris a eu moins de trois mois pour préparer cet événement. Néanmoins, alors que la France doit prochainement accueillir deux manifestations sportives d’envergure, la Coupe du monde de Rugby en 2023 et les Jeux olympiques en 2024, le fiasco de dimanche soir interroge sur notre degré de préparation. « Nous n’étions pas prêts à accueillir cette finale. Il ne fallait pas se porter candidat. Cela a un retentissement bien au-delà de nos frontières. Nous sommes la risée du monde », s’agace Adrien Quatennens. « Quand vous voyez la presse étrangère parler de ‘stade de farce’… La France est humiliée dans cette affaire », pointe-t-il. « Dans quelque temps, nous allons avoir la Coupe du monde de Rugby et les JO, très franchement, il y a de quoi s’inquiéter. »

« LE COLLECTIF POUR UNE HISTOIRE FRANCO ALGÉRIENNE NON FALSIFIÉE » LANCE UN APPEL À SE MOBILISER CE MARDI 7 JUIN À 10H DEVANT LE CIMETIÈRE NORD DE PERPIGNAN

Comme chaque année notre collectif se mobilise pour protester contre la stèle de la honte au milieu du cimetière public PERPIGNAN à la mémoire des assassins de l’ OAS – et à laquelle se rendent chaque année à la même date les nostalgiques de l’Algérie Française et du bon temps des colonies .

Mais cette année revêt une importance particulière , car c’est une date anniversaire de la fin de cette sale guerre coloniale que l’impérialisme français menait contre le peuple algérien. Après 130 ans de colonisation et son cortège de massacres, de déplacement de population, d’expropriation des terres et de torture, le peuple algérien accédait enfin à son indépendance après 7 ans de guerre d’une brutalité extrême qui a fait des milliers de victimes en Algérie mais aussi en France : 500 000 morts, dont 400 000 musulmans, 4 000 pieds-noirs, 30 000 soldats français, entre 15 000 et 30 000 harkis.

Il nous semble d’autant plus important de dénoncer fermement par notre présence que soit autorisé dans un lieu public cette entreprise de falsification de l’histoire et que soit honorés au vu et au su de tout le monde des terroristes de l’OAS, qui ont eux mêmes condamnés à mort par la justice française !

Nous sommes dans une ville ou un maire RN n’a de cesse que d’attiser les haines entre toutes les victimes de cette guerre et qui a généreusement donné 100 000 Euros au Cercle algérianiste pour qu’il continue a distiller ses mensonges sur l’œuvre civilisatrice de la France en Algérie, en cette année anniversaire. Le devoir de mémoire n’appartient pas seulement au passé, il est un outil pour un autre avenir.

LE COLLECTIF POUR UNE HISTOIRE FRANCO ALGÉRIENNE NON FALSIFIÉE dont la LDH66 est membre

EN APPUYANT SUR UN BOUTON : crise sanitaire et contrôle social…

Nous reprenons l’article publié sur le site de nos ami.e.s et camarades de la LDH de la section de Nice.

Lors de l’émission « C Politique » diffusée sur la 5 samedi 7 mai, il a été diffusé un reportage sur la gestion de la pandémie par la Chine avec les méthodes techno-policières que l’on connait. Ci dessous, un extrait de 7 minutes :(cliquez sur le triangle en bas à gauche)

Dans ce bref extrait, on voit les policiers chinois utiliser toute une gamme d’objets technologiques et de procédures qui existent aussi en France, même s’ils ne sont pas généralisés, systématisés et poussés à leur paroxysme comme en Chine : vidéosurveillance généralisée, reconnaissance faciale, géolocalisation, Pass, drones pour surveiller et  invectiver la population ; nous n’avons pas encore ces effrayants cloportes-robots développés sur le modèle de ceux de Boston Dynamics et munis de hauts parleurs.

Pas de ça chez nous ?

La première réaction est de penser que tout cela ne peut se produire en France, parce que nous sommes une démocratie, même autoritaire et avec de très forts penchants policiers, même très friande d’états d’urgence prolongés et « régimes transitoires ». Mis à part quelques représentants du tout sécuritaire tels qu’Estrosi et autres Rebsamen, on imagine volontiers la réponse de la majorité des élus : pas de ça chez nous !

Le « Crisis data hub »

 Toutefois, on ne peut s’empêcher de penser à quelques-unes des propositions contenues dans le rapport produit en juin 2021 par nos braves et paisibles sénateurs de la « Délégation sénatoriale à la prospective »  [   ICI   ] dont nous avons extrait quelques propositions :

« Quarantaine obligatoire pour les seules personnes positives, strictement contrôlée grâce à des outils numériques (géolocalisation en temps réel avec alerte des autorités » « Dans les cas les plus extrêmes […] toute violation de quarantaine pourrait conduire à une information en temps réel des forces de l’ordre, à une désactivation du titre de transport, ou encore à une amende prélevée automatiquement sur son compte bancaire »

Mais la proposition phare est celle de la création d’un « Crisis data hub » plateforme de collecte, de concentration de données personnelles (comme par exemple les données médicales) croisées avec celles produites par des tiers (opérateurs télécoms (géolocalisation), entreprises dites « technologiques » , transports, banques, etc. Le tout à mettre en œuvre uniquement en « cas de crise sanitaire ou autre ».

En appuyant sur le bouton

Les sénateurs se placent dans l’hypothèse d’une « situation de crise sanitaire ou autre » pour s’autoriser à « croiser, entre autres, des données médicales avec des données de géolocalisation » ; c’est exactement ce que fait actuellement le gouvernement chinois.

Le très vague et inquiétant « ou autre » devrait alerter tous les défenseurs et défenseuses de l’Etat de droit ; c’est la porte ouverte à tous les abus et à toutes les tyrannies. Que se passera-t-il si un jour est déclenchée dans notre pays une grève générale illimitée et qu’elle dure plusieurs semaines ? Qui est en mesure de garantir que ce dispositif ne sera pas détourné pour surveiller ou entraver les mouvements des syndicalistes, des journalistes ou de simples militants ?

L’expérience montre que lorsqu’un dispositif techno est disponible, son utilisation finit toujours par être dévoyée et utilisée à d’autres fins que celles prévues à l’origine, dans un premier temps illégalement, puis ensuite avalisé par la loi, Cf par exemple : la reconnaissance faciale sur les fichiers du TAJ, les valises IMSI Catcher, l’utilisation policière des drones.  

Les sénateurs  font preuve d’une certaine candeur s’ils pensent qu’ils vont pouvoir venir à bout d’une pandémie « ou autre » « en appuyant sur le bouton » ;  leurs propositions sont très inquiétantes, car « en appuyant sur un bouton » il serait alors possible de porter un coup fatal à l’Etat de droit.  

Blocage Total : le mouvement climat empêche la tenue de l’AG de Total et exige sa sortie des énergies fossiles

Publié sur amisdelaterre.org le 25 mai 2022

25 mai 2022, Paris – Depuis 8h ce matin, 250 militant·es du mouvement climat sont mobilisé·es pour bloquer l’Assemblée Générale de TotalEnergies à Paris, avec leurs corps et leur détermination

Ils réclament des engagements concrets et immédiats de Patrick Pouyanné sur le retrait de TotalEnergies de Russie et la fin de tout nouveau projet d’énergies fossiles, tels qu’EACOP en Ouganda et Mozambique LNG. Ils dénoncent le danger que représente la stratégie de TotalEnergies pour le climat, la paix et les droits humains, ainsi que le soutien que lui apportent pourtant Emmanuel Macron et son gouvernement.

Alors que l’ancien monde devait se réunir, ils et elles sont venu·es en nombre afin de rappeler l’urgence de sortir des énergies fossiles qui détruisent le climat, attisent les conflits et financent en ce moment même la guerre de Vladimir Poutine. Sous l’impulsion d’Action Non-Violente COP21, Alternatiba Paris, les Amis de la Terre France, et Greenpeace France ; et avec le soutien d’autres organisations du mouvement climat1, les militantes et militants ont bloqué la salle Pleyel où devait se tenir l’Assemblée générale annuelle des actionnaires de TotalEnergies. Banderoles, rubalise, pancartes ont été déployées, avec les messages suivants : « Pas de retrait, pas d’AG » et « Total danger climatique ». Des activistes français et internationaux sont également sur place pour témoigner du danger que représente TotalEnergies à travers le monde.

POUR LE RETRAIT TOTAL DE RUSSIE

L’addiction de TotalEnergies au pétrole et au gaz n’a aucune limite, y compris dans des zones de conflits. Seule major européenne encore présente en Russie malgré la guerre de V. Poutine, elle s’est contentée de quelques déclarations pour faire diversion2. Et pour cause : les intérêts de TotalEnergies en Russie sont massifs, notamment dans le secteur gazier. La multinationale y détient 40 % de ses réserves mondiales3 et mise sur de méga-projets d’extraction et d’exportation de gaz en Arctique russe comme Arctic LNG2.

Elle poursuit : « Nous le répétons à Patrick Pouyanné, mais aussi à Emmanuel Macron qui a le pouvoir de prendre cette décision : si elle ne veut pas contribuer à la politique dévastatrice du Kremlin, Total n’a d’autre choix que de mettre un terme au plus vite à ses intérêts dans le secteur pétro-gazier russe. »

POUR LA FIN DES PROJETS PÉTROLIERS ET GAZIERS

Les scientifiques du GIEC et les experts de l’Agence Internationale de l’Energie sont très clairs : pour répondre à l’urgence climatique, il faut cesser dès maintenant le développement de tout nouveau projet pétrolier et gazier4 et laisser une grande partie des réserves actuelles d’énergies fossiles dans le sol5. Aux antipodes de ces recommandations, relayées par des millions de citoyens à travers le monde, TotalEnergies est l’une des entreprises les plus agressives au monde dans l’expansion des pétrole et gaz : les énergies fossiles représentent aujourd’hui 91 % de sa production et encore 73 % de ses investissements6 ; et la major est impliquée dans plus de 20 bombes carbone7, des nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles particulièrement émetteurs de gaz à effet de serre.

La multinationale française est ainsi la première à développer sa production de pétrole et gaz en Europe et la septième au niveau mondial8, mais assure dans son « plan climat » qu’elle atteindra la neutralité carbone à l’horizon 2050. TotalEnergies prend le soin de ne jamais détailler ou chiffrer sa trajectoire, et se contente de retarder la transition.

Elle poursuit : « Le groupe français pousse le cynisme jusqu’à brandir d’une main un « plan climat » insignifiant, tout en multipliant de l’autre les projets monumentaux de pétrole et gaz9. Mais le mouvement climat est plus que jamais déterminé à faire obstacle à Total et à ses bombes climatiques. »

POUR LA FIN DU SOUTIEN DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS AUX BOMBES CLIMATIQUES DE TOTAL

Partout dans le monde, TotalEnergies développe des méga-projets qui n’ont plus lieu d’être. C’est le cas en Ouganda, où TotalEnergies développe à marche forcée l’un des pires projets au monde : EACOP, le plus grand oléoduc de pétrole brut chauffé au monde, qui traversera l’Ouganda et la Tanzanie. Cette bombe climatique est un danger direct et irréversible pour la biodiversité locale et les ressources en eau10. Elle est également dramatique pour les droits humains : 100 000 personnes sont déjà privées totalement ou partiellement de leurs terres, unique moyen de subsistance, et des millions seront impactées si le projet voit le jour. Ce schéma, on le retrouve aussi au Mozambique où TotalEnergies, avec le soutien de l’Etat français11, profite des ressources du pays en développant un méga-projet gazier dans une zone de conflit. Ces projets alimentent la militarisation de la région et les conflits entre groupes armés, au détriment des populations locales12.

En Ouganda comme au Mozambique, ces bombes climatiques qui ne devraient jamais voir le jour reçoivent le soutien diplomatique du gouvernement français.

Fusillade dans une école au Texas : le combat pour mieux contrôler les armes à feu aux Etats-Unis est « perdu d’avance », prévient un spécialiste

Publié sur franceinfo le 25 mai 2022 Propos recueillis par – Louis Boy

Après le drame qui a coûté la vie à 19 enfants mardi, le président américain Joe Biden a promis d’agir et d' »affronter le lobby des armes ». Pourtant, les analystes ne s’attendent pas à un consensus politique.

Dix-neuf enfants de 7 à 10 ans et deux adultes sont morts dans leur école d’Uvalde au Texas (Etats-Unis), abattus par un tireur de 18 ans, mardi 24 mai, dix jours après une tuerie raciste dans un supermarché de l’Etat de New York. Ce nouveau drame remet en lumière la question douloureuse de l’attachement mortifère d’une partie des Etats-Unis et de certains représentants politiques aux armes à feu. 

« Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ? » a lancé le soir même de la tuerie le président américain Joe Biden, qui a émis le vœu de « transformer la douleur en action ». Mais le président américain n’a mis aucune réforme concrète sur la table. Et les républicains n’ont montré aucun signe d’une ouverture à la moindre restriction.

Pour comprendre les blocages de la société américaine et la probabilité de les surmonter, franceinfo a interrogé Lauric Henneton, spécialiste de la société américaine et maître de conférences en civilisation américaine à l’Université Versailles-Saint-Quentin.

Franceinfo :  Après cette tuerie au bilan particulièrement lourd, Joe Biden a promis d’agir et de se confronter au lobby des armes. Quelles pourraient être les mesures mises sur la table ?

Lauric Henneton : Ce sont un peu toujours les mêmes, qui se résument en deux grands points. Premièrement, le fait de réduire l’accès aux armes automatiques. Le droit de porter des armes est protégé par la Constitution, mais il y a une différence entre un petit calibre et un gros fusil automatique. Et deuxièmement, le fait d’instaurer davantage de background checks [les vérifications sur le profil et les antécédents de l’acheteur d’une arme]. Ceux-ci ne sont pas non plus la panacée. Dans le cas du Texas, le tireur venait d’avoir 18 ans, et il n’a a priori aucun antécédent, ni judiciaire ni psychiatrique, qui aurait pu l’empêcher de se procurer une arme. Il y aura toujours des trous dans la raquette. En revanche, une interdiction des fusils d’assaut aurait pu le priver de ceux qu’il a utilisés, qui font autrement plus de dégâts qu’une arme de poing.

Joe Biden a-t-il vraiment la volonté et le pouvoir d’instaurer ces mesures ?

Joe Biden fait partie des politiques qui étaient aux premières loges en 2012 lors de la tuerie de Sandy Hook [26 personnes avaient été tuées dans une école primaire, dont 20 enfants]. Il était vice-président et il a essayé, à l’époque, de faire adopter des lois pour une réglementation plus ambitieuse du port d’armes. Ça n’a pas marché. On peut imaginer que, pour lui, une frustration s’est accumulée sur ce sujet, et que son émotion est réelle. Mais c’est perdu d’avance.

On sait que la Chambre des représentants pourra voter un certain nombre de dispositions. Mais au Sénat, non seulement les républicains ne les voteront pas, mais également certains démocrates. Quand vous êtes l’élu démocrate d’un Etat qui vote majoritairement pour Donald Trump, vos électeurs sont favorables au port d’armes.

Le problème est que les démocrates n’ont pas véritablement de majorité [ils disposent de 50 sièges, comme les républicains, mais en cas d’égalité lors d’un vote, c’est la vice-présidente Kamala Harris qui tranche].

« Sur des sujets aussi clivants que le port d’armes, il faut une majorité de 60 sièges qui permette de passer outre le filibuster, une technique de blocage qui permet aux républicains de faire obstruction au vote des lois. »

Lauric Henneton, spécialiste de la société américaine à franceinfo

Pourquoi les républicains s’opposent-ils à la restriction du port d’armes, et que proposent-ils pour mettre fin aux tueries de masse ?

Il y a aux Etats-Unis une telle polarisation sur les sujets culturels – les armes sont considérées comme en faisant partie, au même titre que l’avortement par exemple –que les républicains sont terrorisés à l’idée qu’on puisse leur retirer leurs armes. Ils sont obsédés par l’intervention de l’Etat dans leur vie. Le fondement historique du deuxième amendement de la Constitution américaine, qui garantit le droit de porter une arme, est de pouvoir être armé contre le risque de tyrannie de l’Etat central. C’est pour cela que, quand les démocrates sont élus, les ventes d’armes explosent. Et le nombre de tueries également, car il est scientifiquement prouvé que le ratio de morts par arme à feu est proportionnel au nombre d’armes en circulation, qu’ils s’agisse des tueries, des homicides ou des suicides.

Les républicains partent du principe que la nature est ainsi faite qu’il y aura toujours un « méchant avec une arme » et ils sont obsédés par l’idée qu’il faut s’y opposer avec un « gentil avec une arme ». Leurs propositions d’avoir des forces de sécurité plus visibles autour des établissements scolaires ou d’armer les enseignants sont vues comme un moyen d’avoir davantage de ces « gentils », dans une sorte de culte de l’héroïsme et de l’autodéfense. C’est une question philosophique, mais aussi pratique dans certaines zones peu denses où la police met un certain temps à intervenir, et dont les habitants réclament des armes pour se défendre eux-mêmes si besoin.

Des sondages montrent pourtant que les électeurs, même républicains, sont favorables au renforcement de certaines mesures, comme l’élargissement des « background checks », approuvé par 70% des républicains contre 90% des démocrates, selon un sondage du Pew Research Center (en anglais) en 2021. Pourquoi les politiques ne les suivent-ils pas ?

Longtemps, la National Rifle Association (NRA), le lobby des entreprises de l’armement, a financé généreusement les candidatures, se posant comme une sorte d’intermédiaire entre l’électeur et le candidat. Elle a cependant beaucoup perdu de sa superbe et de sa puissance financière, au point de tenter de se déclarer en faillite. Des fabricants célèbres comme Remington ont déposé le bilan. Cela a semblé affaiblir le lobby et l’écosystème pro-armes à feu.

Mais malgré cela, on ne remarque pas vraiment d’infléchissement dans les discours politiques. Il faut dire que la répétition des élections très rapprochées fait qu’il n’y a jamais le temps pour que ces idées s’installent. 

« On est toujours dans une logique de crise, attisée d’un côté par des démocrates qui hystérisent le débat avec des restrictions drastiques parfois irréalistes et, de l’autre côté, des républicains qui agitent cette menace pour mobiliser les électeurs. »

Lauric Henneton, spécialiste de la société américaine à franceinfo

Cette fois, ce sont 21 personnes, dont 19 enfants, qui ont été tuées. L’émotion provoquée par cette tuerie sera particulièrement forte. Peut-elle être un moment de basculement ?

On a envie de le croire. Mais la tuerie de l’école Sandy Hook, en 2012, a montré que, passé l’émotion des premiers jours, les choses reprennent leur cours. Pour moi, cela suggère que celle d’Uvalde n’aura pas d’impact non plus. Ce qui peut jouer, c’est l’accumulation des tueries, le fait qu’elles soient de plus en plus nombreuses, et que la NRA ne soit plus à même de financer des campagnes électorales. Les semaines à venir vont nous donner une indication sur la possibilité qu’un changement advienne.

En Birmanie, les Rohingyas victimes d’un génocide, estiment les États-Unis

Publié sur le site information.tv5monde.com le 21/03/2022

21 MAR 2022 Mise à jour 21.03.2022 à 17:21 par Matthieu Vendrely AFP

L’armée birmane a-t-elle commis un génocide de la minorité Rohingya ? Oui, estiment les États-Unis. L’annonce de cette reconnaissance a été faite le 21 mars par le chef de la diplomatie américaine, lors d’une visite au musée de l’Holocauste à Washington.

En décembre 2021, en visite en Malaisie, Anthony Blinken l’affirme : les Etats-Unis cherchent « très activement » à savoir si le traitement de la communauté rohingya pourrait « constituer un génocide« .

Cinq mois plus tard, Washington semble avoir obtenu les réponses à ses interrogations. La reconnaissance du génocide des Rohingyas a été officialisée à l’occasion d’une exposition qui leur est consacrée au Musée de l’Holocauste, à Washington.

Des centaines de milliers de Rohingyas -musulmans- ont fui la Birmanie – majoritairement bouddhiste- après une répression militaire en 2017. Un rapport publié par le département d’État en 2018, cité par CNN, décrivait la violence contre les Rohingyas dans l’État Rakhine, dans l’Ouest de la Birmanie, comme « extrême, à grande échelle, généralisée et apparemment destinée à la fois à terroriser la population et à chasser les résidents rohingyas« . 

Aujourd’hui, environ 850.000 Rohingyas se trouvent dans des camps au Bangladesh voisin de la Birmanie et 600.000 autres membres de la communauté sont demeurés dans l’Etat Rakhine en Birmanie. 

Ces dernières semaines, des centaines de Rohingyas ont également accosté en Indonésie.

La situation ne s’est pas améliorée au cours des derniers mois. Le 15 mars dernier, un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme portant sur la période ayant suivi le putsch du 1er février 2021 a accusé l’armée birmane de possibles crimes contre l’humanité et crimes de guerre depuis le coup d’Etat et appelé la communauté internationale à prendre immédiatement des mesures. Le rapport de l’ONU fait état de 1600 tués et plus de 12000 arrestations. 14 millions de Rohingyas auraient aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire d’urgence, mais l’acheminement de cette assistance reste largement bloquée par l’armée, selon les Nations unies.

Quelles conséquences ?

Le chef de la diplomatie américaine n’a pas accompagné cette reconnaissance de nouvelles sanctions contre la Birmanie.

Les États-Unis ont déjà imposé une série de sanctions aux dirigeants birmans et, à l’instar d’autres pays occidentaux, restreignent depuis longtemps leurs exportations d’armes pour les militaires birmans, lesquels ont été accusés avant même le coup d’Etat militaire du 1er février 2021 de crimes contre l’humanité pour leurs exactions envers les Rohingyas.

Le sort de la minorité rohingya ne fait plus la une des journaux ces derniers mois. Elle préoccupe néanmoins. Le dossier est notamment entre les mains de la Cour internationale de justice (CIJ, basée à La Haye, aux Pays-Bas) à l’initiative de la Gambie qui a porté plainte contre la Birmanie dès 2019.

Sur la Birmanie lire les articles suivants:

Darmanin, le Vatican et la laïcité

Tweet de Gérard Darmanin

14 mai 2022

« Ce dimanche, j’ai l’honneur de conduire, à la demande du Président de la République, la délégation française au Vatican pour la cérémonie de canonisation de trois de nos compatriotes dont Charles de Foucauld. »
Gérald DARMANIN@GDarmanin

PETRILLI Jean@JeanPETRILLI, 15 mai

En réponse à @GDarmanin

« Nouvelle violation de la laïcité sous le prétexte fallacieux que le Vatican est un état ( créé sous Mussolini) ! C’est une cérémonie qui ne regarde que les catholiques et en rien le citoyen et la République française.« 

@MalikOuadi, 14 mai

En réponse à @GDarmanin

On dissout des associations musulmanes puis on va en cérémonie de canonisation au Vatican. Laïcité à géométrie variable.

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Effectivement Gérarld Darmanin en tant que ministre de la République française ne fait pas honneur à la loi du 9 décembre 1905, fondatrice de notre République laïque, qui assure la liberté de conscience et sépare les églises et l’état.

La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : « La République assure la liberté de conscience ». Elle a pour corollaire la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions.

Elle pose en second lieu le principe de la séparation des Églises et de l’État : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Il est mis fin au Concordat instauré en 1802 qui régissait les relations entre l’État et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique, réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte. L’État payait les ministres du culte et participait à leur désignation ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes n’étaient pas reconnus.

L’État se veut désormais neutre. Il n’y a plus de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de manière égale.

Les débuts de Gérarld Darmanin à l’UMP

En 2005, il succède à Gérard Vanneste comme délégué de l’UMP dans la dixième circonscription du Nord. Selon la journaliste du Canard enchaîné Anne-Sophie Mercier, Darmanin adopte une position catholique traditionaliste à « tendance intégriste » et une position homophobe. Par l’entremise de Guy de Chergé, il collabore en 2008 au mensuel Politique magazine, organe de presse de l’Action française royaliste, inspiré de Charles Maurras et lié au mouvement Restauration nationale.

A la veille de la présidentielle : 15 mois de violences de l’extrême droite (carte interactive)

Publié sur le site rapportdeforce.fr le 7 avril 2022

Alors que l’élection présidentielle de 2022 a plus que jamais permis la banalisation des idées d’extrême droite, nous publions un nouveau recensement des violences commises par ses militants. Intimidations, agressions, préparations d’attentats et même meurtre, nous avons étudié 138 événements violents commis depuis janvier 2021.

  1 – Des violences en augmentation

  2 – Quels modes d’action ?

  3 – Lyon : laboratoire des violences de l’extrême droite

  4 – Méthodologie

 4 – Méthodologie

Voir la carte en plein écran

Les Etats-Unis sur le point de démanteler le droit à l’avortement

Publié sur liberation.fr le 3 mai 2022 par Julien Gester, correspondant à New York

La Cour suprême devrait revenir sur un demi-siècle de jurisprudence en faveur du droit à l’IVG lors de son jugement attendu en juin, selon les révélations de «Politico» qui s’appuient sur un document de travail des juges conservateurs, majoritaires au sein de l’institution depuis le mandat de Donald Trump.

Ce n’est pas tout à fait une surprise, et pourtant, il s’agit bien d’un scoop doublé d’un séisme d’une magnitude inouïe, historique : le média américain Politicoa révélé lundi soir un document attestant que la Cour suprême des Etats-Unis serait sur le point de renverser le fameux arrêt Roe v. Wade, garant depuis 1973 du droit à l’avortement, au nom du droit à la vie privée. Cette décision était redoutée depuis que la plus haute juridiction du pays avait entendu et questionné début décembre les différents arguments dans le litige visant une loi destinée à restreindre l’accès à l’IVG dans l’Etat du Mississippi. Mais le jugement final n’est pas attendu avant juin. Dans un communiqué mardi, le juge en chef de la Cour, John Roberts, a confirmé l’authenticité du document, bien que non finalisé, et annoncé l’ouverture d’une enquête.

La publication intégrale par Politico d’une version de travail de l’argumentaire de la Cour relève en effet d’une fuite sans précédent dans l’histoire de ce cénacle de neuf magistrats nommés à vie dont les décisions, patiemment mûries en vase clos, ont valeur de clé de voûte du droit américain. Le caractère inédit de cette indiscrétion ne sera évidemment pas sans dommages pour l’institution, mais ce n’est rien si l’on considère quelles conséquences dévastatrices imprimera aux droits des femmes la décision de la majorité des juges, si celle-ci devait se confirmer – et l’on voit hélas mal comment il pourrait en être autrement. Invité lundi soir par CNN à réagir sur ce bond en arrière d’un demi-siècle, l’ancien stratège de Barack Obama, David Axelrod, statuait, médusé : «Nous n’avons rien connu de tel de notre vivant.»

«Une erreur flagrante»

Nul après l’audience de décembre n’osait encore espérer que la jurisprudence Roe v. Wade, bête noire de la droite ultraconservatrice depuis des décennies, puisse encore être confortée. Surtout au regard de la composition d’une cour à nette majorité conservatrice (six contre trois), et largement repeuplée par Donald Trump lors de son mandat, avec trois nouveaux juges nommés par lui, dont le casting découlait de l’une ses promesses de campagne les plus radicales : donner à la droite religieuse et aux militants de la cause dite «pro-vie» des représentants au sein de la plus haute juridiction du pays. Et ainsi l’œuvre ravageuse de Trump, même une fois celui-ci déchu de la Maison blanche, persiste plus que jamais à présider aux droits fondamentaux de l’Amérique entière.

Du côté du camp «pro-choix», les moins pessimistes accrochaient encore leur espoir à la possibilité d’un verdict moins sévère, qui fragiliserait la jurisprudence sans pour autant l’annihiler. Le document de 98 pages mis au jour par Politico balaie cette hypothèse déjà sombre. Sous la plume du juge Samuel Alito (nommé par George W. Bush), l’ébauche de texte présente Roe v. Wade comme une «erreur flagrante dès le départ», qui doit en conséquence être annulé (tout comme sa ramification Planned Parenthood v. Casey, qui l’avait confirmé en 1992) : «Le raisonnement était exceptionnellement faible, et la décision a eu des conséquences désastreuses. Loin d’apporter un apaisement national sur la question de l’avortement, Roe puis Casey ont enflammé le débat et approfondi la division.»

Manifestement appuyé par quatre autres de ses pairs – Clarence Thomas, et l’ensemble de la promotion Trump : Amy Coney BarrettBrett Kavanaugh et Neil Gorsuch –, cet «Avis de la cour» daté de février entend donc restituer aux Etats l’initiative de légiférer sur ce sujet, au motif «qu’un droit à l’avortement n’est pas profondément enraciné dans l’histoire et les traditions de la Nation». «La Constitution n’interdit pas aux citoyens de chaque Etat de réglementer ou d’interdire l’avortement», conclut le projet. «Roe et Casey se sont arrogé cette autorité. Nous annulons maintenant ces décisions […]. Il est temps de tenir compte de la Constitution et de renvoyer la question de l’avortement aux représentants élus du peuple.»

Interdiction pure et simple

Or, la plupart des Etats sous pavillon républicain n’avaient attendu ni l’avis final ni cet invraisemblable court-circuit du protocole institutionnel pour s’attaquer férocement à la question. Depuis des mois, et jusqu’à ces derniers jours, 26 d’entre eux avaient mis sur rails des textes de loi prêts à l’emploi dans l’éventualité attendue où Roe v. Wade ne passerait pas l’été. Outre le Mississippi, la Floride, l’Arkansas ou l’Oklahoma guettent ainsi le top de la Cour pour enclencher des mesures allant de la contraction du délai légal à l’interdiction pure et simple (dans au moins treize Etats), en passant par toutes sortes de contraintes destinées à entraver le fonctionnement des cliniques – comme au Kentucky, qui désormais exige notamment un service funéraire pour chaque fœtus, et où il n’est depuis plusieurs semaines, de fait, plus possible de recevoir un avortement.

Le Texas avait déjà bénéficié en décembre d’un refus de la Cour de suspendre un texte très controversé porté par son gouverneur Greg Abbott. Celui-ci restreint le droit à l’IVG aux six premières semaines de grossesse (soit quand la plupart des femmes ne sont souvent pas encore conscientes d’être enceintes), sans exception pour les victimes de viol ou d’inceste. Mais il appelle aussi chaque citoyen à dénoncer, pour le traduire en justice, quiconque aiderait une femme à transgresser cette loi, en lui prodiguant un avortement, ou encore en la conduisant dans un Etat plus hospitalier. Une trouvaille juridique qui a depuis inspiré plusieurs autres législatures à majorité conservatrice.

Selon Alexis McGill Johnson, présidente du Planning familial : «Ce que nous avons découvert [lundi soir] n’est pas seulement un brouillon mais la feuille de route de comment ils vont faire tomber Roe. Et nous avons déjà constaté les dégâts au cours de ces neuf derniers mois au Texas, ces patientes voyageant sur des milliers de kilomètres pour avoir accès à une prise en charge basique pour un avortement. Ce qui se passe en ce moment à la Cour est invraisemblable. Nous avons eu ce droit pendant quarante-neuf ans. Pendant quarante-neuf ans, nous nous sommes battues pour nous assurer que nous soyons en mesure d’être celles qui prennent ces décisions, et non des législateurs au bout de la rue, ou quelqu’un qui, honnêtement, ne sait même pas comment fonctionnent nos corps. Aujourd’hui, ils sont déterminés à nous arracher ce droit.»

«Une des décisions les plus graves de l’histoire moderne»

La direction prise dans ce qui était désigné comme «le dossier de la décennie pour la Cour suprême» ouvre par ailleurs la voie à d’autres reculs de droits fondamentaux édifiés, depuis Roe v. Wade, sur une lecture analogue du 14e amendement de la Constitution, tels que l’accès à la contraception ou le mariage des couples de même sexe. Et tandis que plusieurs Etats démocrates avaient également anticipé cette issue, tel le Connecticut sanctuarisant il y a deux jours l’accès à l’IVG dans son droit, y compris pour les résidentes d’autres Etats, le Washington Post révélait lundi, quelques heures seulement avant le scoop de Politico, qu’activistes et élus réactionnaires envisageaient comme une «nouvelle frontière», plus ambitieuse,l’hypothèse d’une loi fédérale modelée sur les principes du texte texan qui viendrait s’appliquer à l’ensemble du pays.

Cette contre-révolution, à la constitutionnalité d’autant plus discutable dès lors que la jurisprudence Roe serait anéantie, ne pourrait voir le jour qu’avec l’appui d’une très large majorité républicaine au Sénat (a minima 60 votes pour) et d’une présidence suffisamment bienveillante pour y apposer son sceau. Selon le Post, Marjorie Dannenfelser, à la tête de l’un des lobbys les plus en vue du mouvement, s’est déjà entretenue à ce propos avec dix candidats républicains potentiels à la Maison Blanche, dont Donald Trump, pour convenir d’une stratégie à l’échelle nationale. La plupart d’entre eux l’auraient assuré de leur désir de placer cette ambition au cœur de leur campagne.

Joe Biden a réagi mardi matin dans un communiqué ferme mais empreint de quelques précautions, alors que le document révélé par Politico n’avait pas encore été authentifié par la CourIl a d’abord rappelé la position défendue depuis des mois par la Maison Blanche : «Roe est basé sur “une longue série de précédents reconnaissant le concept de liberté personnelle du 14e amendement… contre l’interférence du gouvernement dans des décisions intensément personnelles”. Je crois que le droit d’une femme de choisir est fondamental, que Roe est la loi du pays depuis presque cinquante ans, et que l’équité de base et la stabilité de notre droit exigent qu’il ne soit pas renversé.»

Il a assuré aussi que son administration était au travail depuis le vote de la loi texane sur «une réponse aux attaques continues contre l’avortement et les droits reproductifs». «Nous serons prêts lorsqu’une décision sera rendue», a-t-il promis, bien que la marge de manœuvre de l’exécutif semble quasi inexistante, a fortiori en l’absence de majorité démocrate nette au Sénat. Enfin, le Président a évoqué les prochaines batailles, électorales celles-ci : «Si la Cour annule l’arrêt Roe, il incombera aux élus de notre pays, à tous les niveaux de gouvernement, de protéger le droit des femmes à choisir. Et il reviendra aux électeurs d’élire des représentants pro-choix en novembre prochain. Au niveau fédéral, nous aurons besoin d’un plus grand nombre de sénateurs pro-choix et d’une majorité pro-choix à la Chambre pour adopter une législation qui codifie Roe, que je m’efforcerai de faire adopter et inscrire dans la loi.»

Dès lundi soir, les chefs de file des majorités démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants, Chuck Schumer et Nancy Pelosi, versaient leur indignation dans un communiqué commun : «Si ces informations sont exactes, la Cour suprême est sur le point d’infliger la plus importante limitation de droits de ces cinquante dernières années – non seulement aux femmes mais à tous les Américains. Le vote des juges nommés par les républicains en faveur de l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade s’apparenterait à une abomination, l’une des décisions les plus graves et les plus préjudiciables de l’histoire moderne. Plusieurs de ces juges conservateurs, qui ne sont en aucun cas comptables devant le peuple américain, ont menti au Sénat des Etats-Unis, déchiré la Constitution et sali les précédents et la réputation de la Cour suprême – tout cela aux dépens de dizaines de millions de femmes qui pourraient bientôt être privées de leur autonomie corporelle et des droits constitutionnels sur lesquels elles comptent depuis un demi-siècle.»

Explications

Impuissant face à l’autorité d’une Cour suprême dont la dominante réactionnaire n’est pas près de s’éroder, le parti démocrate entend à l’évidence faire de ce recul sans précédent un étendard et la pierre de touche des prochaines campagnes, notamment pour les élections de mi-mandat, en novembre, où tout indiquait jusqu’ici que le camp du président Biden était promis à une débâcle sans nom. Mis en difficulté par les critiques de l’opposition républicaine sur les questions économiques ou d’immigration, les progressistes ne devraient avoir aucun mal à surfer sur la fureur de centaines de millions d’Américaines et d’Américains, qui se traduira sans doute en mobilisation jusqu’à l’officialisation de la décision, en juin, d’une Cour plus insularisée que jamais : interrogés par CNN en janvier, 69% des sondés se disaient favorables au maintien d’un droit fondamental à l’IVG.

Appels à manifestations de policiers du 2 mai : l’État de droit encore pris pour cible

 Communiqué du Syndicat de la Magistrature

Police administrative, législation anti-terroriste et d’exception  

2 mai 2022

Fidèle à sa doctrine selon laquelle « le problème de la police, c’est la justice », ainsi que l’avait déclaré son secrétaire général l’année dernière au cours d’une manifestation de policiers, le syndicat Alliance police, rejoint par l’UNSA Police et Synergie Officiers, appelle de nouveau à manifester contre une décision de justice qu’il qualifie d’inadmissible, estimant que le policier qui a mortellement tiré sur deux personnes est « victime du système judiciaire qui continue à rester l’ombre de lui-même ».

La critique, même acerbe, du système judiciaire n’est pas en soi un problème. Mais force est de constater que cette réaction des syndicats de police devient quasi- systématique à chaque décision de justice perçue – même à tort – comme défavorable aux policiers, et sous-tend une vision de l’action de la police incompatible avec l’État de droit et la confiance que les citoyens doivent avoir dans leurs forces de l’ordre.

Ainsi, alors qu’aucun jugement n’a encore été rendu et que seule une mise en examen a été prononcée dans le cadre d’une procédure d’instruction, des syndicats de policiers trouvent scandaleux – au point d’appeler à descendre dans la rue – qu’une enquête soit menée sur les circonstances dans lesquelles un jeune gardien de la paix, seul porteur d’une arme létale dans un équipage de trois policiers, s’est retrouvé à faire feu à de nombreuses reprises sur un véhicule contrôlé par ses collègues, causant la mort de deux personnes et en blessant une troisième.

Un rappel de quelques fondamentaux s’impose : une décision de mise en examen n’est pas une condamnation ; la personne mise en examen n’est jamais présumée coupable mais toujours présumée innocente ; ce statut lui ouvre des droits nécessaires à sa défense dans le cadre d’une instruction qui est la meilleure garantie d’investigations menées en toute indépendance sur le déroulement de faits qui ont entraîné la mort de deux personnes à l’issue d’une opération de police. Ces investigations permettront de réunir des preuves sur ce qu’il s’est passé et de retenir, le cas échéant, l’état de légitime défense si les critères légaux sont remplis.

Qu’induit la « présomption de légitime défense » revendiquée par certains syndicats de police ? Dans quel régime politique des policiers peuvent-ils blesser ou tuer et jouir d’une présomption qui les dispense de s’en expliquer ? Et qui aurait envie de vivre sous un tel régime d’impunité d’une police armée ?

Les citoyens ne doivent pas avoir peur de leur police. C’est au prix d’une soumission au droit de l’usage de la force, d’une nécessité et d’une proportionnalité qui doivent pouvoir être vérifiées, que les forces de l’ordre sont perçues comme des agents de la paix publique et s’assurent de la confiance des citoyens. Dans un État de droit, l’usage de la force se fait sous le contrôle du juge. Comment ce principe cardinal, garant de notre sûreté à tous, est-il devenu si insupportable à des syndicats de policiers ?

Essayer de dresser les policiers contre les juges est en tout cas un jeu dangereux pour l’État de droit, tant il conduit, en définitive, à attiser la défiance de toute une population contre sa police et sa justice.

Communiqué de presse du 2 mai 2022

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2 MAI 2022 – TRIBUNE DE MALIK SALEMKOUR “UNE FRANCE À RESSOUDER” PUBLIÉE SUR MEDIAPART

02.05.2022

Tribune de Malik Salemkour, président de la LDH

LIRE LA TRIBUNE SUR MEDIAPART

Les résultats de l’élection présidentielle de 2022 laissent un goût amer de lourdes insatisfactions et inquiétudes sur l’état de notre société, de notre démocratie et de nos institutions. Des leçons sont à tirer de l’issue d’une confuse campagne tronquée et d’un scrutin final marqué par des votes de rejet.

Une extrême droite dangereusement banalisée

Pour la troisième fois sur les cinq élections présidentielles tenues depuis 2002, l’extrême droite a été placée au second tour. Certes Marine Le Pen n’a pas été élue. Mais, avec 13,3 millions de voix soit 2,6 millions de plus qu’en 2017, et 41,5 % des suffrages exprimés contre 33,9 % cinq ans auparavant, ces scores inédits en forte hausse sont une nouvelle alerte démocratique très sérieuse. L’évènement d’une extrême droite aux portes du pouvoir en France, qui inquiète tous les commentateurs internationaux, n’a pas suscité de réactions unitaires massives dans les rues malgré des tentatives, ni de mobilisation claire dans les urnes. Cette situation apparaît banale, voire normale, même pour une part de ses naturels opposants. Elle prospère sur l’image adoucie faussement sociale de la candidate d’extrême droite jouant à contre-pied de la liberté, de l’égalité, de l’autoritarisme, dans une posture d’illusionniste et en maquillage d’un projet fasciste et xénophobe radicalement contraire aux valeurs de notre République. Depuis des années, ses idées se diffusent et s’imposent dans le débat public, sans être contrecarrées. Au contraire, ses boucs émissaires et thèmes de prédilection sont légitimés par des forces politiques à la remorque et par le vote démagogique de multiples lois opportunistes. Des électrices et des électeurs n’hésitent plus à utiliser ces bulletins sulfureux porteurs de risques qu’ils minimisent ou mettent sciemment de côté pour exprimer leurs colères, leur sentiment d’injustice et d’abandon social ou territorial, comme leur impatience à voir traiter leurs conditions de vie difficiles. Le vote de rejet d’Emmanuel Macron par un électorat des campagnes, de l’outre-mer, d’ouvriers et employés, de personnes précaires ou démunies signe la sanction d’un dirigeant jugé méprisant et de politiques ultralibérales ne répondant toujours pas à leurs préoccupations.

Une abstention expressive

L’abstention de 12,8 millions de personnes au premier tour (26,3 %) témoignait moins d’un désintérêt de la chose publique, qui au contraire reste fort, que d’une défiance sur l’offre politique proposée, tant à droite du fait d’une ligne politique hésitante, qu’à gauche dans une désunion préjudiciable. Le scrutin arrivait à l’issue d’une campagne tronquée par la crise sanitaire et d’un Président sortant dans l’esquive, se déclarant tardivement, bloquant tout débat sur son projet, puis placé en chef de guerre par l’invasion en Ukraine. Ce refus de vote s’est accru au deuxième tour (13,6 millions soit 28 %,) à un niveau jamais vu à ce type d’élection depuis 1969, où la gauche avait aussi été écartée. Cette abstention, avec de surcroît 3 millions de bulletins blancs ou nuls, exprime le rejet des deux candidatures finales, renvoyées dos-à-dos et considérées comme de même nature, confirmant la banalisation préoccupante de l’extrême droite.

Un Président réélu aux lourdes responsabilités

Emmanuel Macron est réélu sans gloire à 58,5 % des suffrages exprimés, en forte baisse par rapport à 2017 (66,1 %), à nouveau sans adhésion majoritaire à son projet, avec près de la moitié des suffrages obtenus motivés par un rejet républicain de l’extrême droite. Sa responsabilité est lourde dans ces résultats, en échec flagrant de sa promesse de l’époque de la faire reculer et de gouverner autrement, à l’écoute et dans le respect des Françaises et des Français. Hélas, les alertes et attentes sociales ou environnementales sont restées sans réponses structurelles à la mesure des enjeux, ouvrant de nombreux conflits sociaux sévèrement réprimés face à des réformes injustes imposées ou des services publics exsangues. L’absence de suites au « grand débat national » organisé après la crise des « gilets jaunes » ou la dénaturation du travail de qualité de la Convention citoyenne pour le climat ont discrédité la parole présidentielle et, avec elle, celle de l’Etat. Il se doit aussi de corriger rapidement les séquelles d’un premier quinquennat marqué par la violence et l’autoritarisme avec une succession de lois liberticides, d’états d’urgence sécuritaire puis sanitaire qui ont profondément déstabilisé l’Etat de droit, affaibli la place du Parlement, des élus locaux, de la justice et des contre-pouvoirs, du dialogue social et civil, qui auront tous été régulièrement méprisés.

Face aux divisions, une démocratie à refonder

L’exercice du pouvoir ne peut se poursuivre sans risque, dans le présidentialisme exacerbé vécu jusqu’ici. Au-delà de la pratique, un débat est à ouvrir pour réviser nos institutions dans le sens d’une revalorisation de la délibération publique, d’une plus grande participation citoyenne et du rapprochement des instances de décision au plus près des sujets à traiter. Au terme de cette élection, la France est divisée et déboussolée mais son appel à l’idéal républicain est entier. A la veille de législatives incertaines qui devront aboutir à une majorité parlementaire pour gouverner et répondre à ce large désarroi populaire, le combat contre les idées d’extrême droite, particulièrement du Rassemblement national et du parti Reconquête ! d’Eric Zemmour, est à reprendre de manière fédératrice face aux dangers fondamentaux qu’ils portent en dévoilant leur visage de haine et leur programme asocial et d’inégalités. Ce chantier auquel la LDH participera activement est à mener sur le terrain du débat politique, des faits et rappels historiques, de l’éducation populaire, en redonnant leur sens aux valeurs de la République qu’ils détournent comme devant la justice pour faire condamner chaque propos ou acte illégal, incitant à la haine, au racisme, à la discrimination ou à la violence. C’est une condition nécessaire mais insuffisante si ne sont pas mis en débat en même temps les enjeux sociaux et environnementaux pour construire des réponses durables aux préoccupations quotidiennes de toutes et tous, avec la réaffirmation de la force de l’égalité des droits et des libertés individuelles et collectives. Elles aideront à guider les choix à faire pour les prochaines législatives de juin prochain. Dans tous les cas, le dialogue social avec les syndicats devra retrouver sa vigueur pour des négociations sérieuses qui tiennent compte des revendications du monde du travail. Le dialogue civil avec les associations sera à revaloriser à tous les niveaux, en écoute de leurs propositions déjà prêtes issues de leur expertise et expérience au service de l’intérêt général. Après le coup de semonce de la présidentielle, les responsables politiques doivent changer et porter une démocratie refondée qui s’appuie sur toutes ses citoyennes et citoyens, à réunir dans la construction d’un avenir apaisé de justice et d’égalité.

Malik Salemkour, président de la LDH

Irresponsabilité pénale : le flou d’un décret d’application du ministère de la justice alarme les psychiatres

Paris, le 29 avril 2022
COMMUNIQUE DE PRESSE COMMUN

Nous découvrons avec stupeur et consternation le décret N°2022-657 d’application de la loi publiée fin janvier, réformant le régime de l’irresponsabilité pénale en cas de consommation de produits
psychoactifs. Dans son préambule ce décret introduit une petite phrase lourde de conséquences, précisant que l’article 706-120 du CPP s’applique « lorsque le trouble mental ne résulte pas d’une intoxication volontaire de la personne constitutive de ces nouvelles infractions, mais qu’il résulte, par
exemple, de l’arrêt par celle-ci d’un traitement médical ». Contrairement au projet initial, il a été rajouté une deuxième circonstance pouvant conduire à la responsabilité du patient à savoir l’arrêt de son traitement médical.

Nous déplorons qu’un décret si lourd de conséquence pour les patients n’ait pas été concerté en amont avec les professionnels, les usagers et leurs familles. L’introduction dans ce décret d’application de la notion d’arrêt du traitement médical qui n’existe pas dans le Code de Procédure Pénale représente une régression et n’est pas admissible d’autant que le Conseil d’Etat dans son avis sur la loi rendu en juillet 2021 spécifiait sur cette question : « l’arrêt du traitement psychoactif ne pourra pas davantage être incriminé ».

Pourtant l’exécutif a choisi de pénaliser l’arrêt du traitement et établit de fait un lien de causalité entre cet arrêt et le passage à l’acte. Ce point constitue d’une part un raisonnement simplificateur concernant la dynamique d’un passage à l’acte et d’autre part ne tient pas compte du fait que les patients n’ont pas toujours conscience de leurs troubles ce qui est une caractéristique de certaines maladies mentales. L’arrêt du traitement n’intervient pas alors suite à l’exercice de la libre volonté d
patient. Garder cette disposition revient à accepter de punir les patients parce qu’ils sont malades.

Cet ajout constitue par ailleurs une atteinte grave aux droits du patient. Tout patient a le droit de choisir de suivre ou non un traitement médicamenteux. De nouveau les personnes souffrant de troubles
psychiques sont stigmatisées et n’ont plus cette liberté élémentaire. Cela créée une contrainte démesurée pour les patients souffrant de troubles psychiques à moins que la prochaine étape soit de pénaliser l’arrêt par exemple des traitements anti diabétiques ou anti-épileptiques …

Nous dénonçons avec la plus grande force cette dérive inquiétante contraire aux droits et libertés et qui stigmatise une fois de plus les personnes vivant avec des troubles psychiques.

Laurent BEAUMONT
Président de l’Association Nationale des Responsables Qualité en PSYchiatrie (ANRQPSY)

Marie BUR, Marc FEDELE, Pascale GIRAVALLI
Co-Présidents de l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP)

Jean-François CIBIEN
Président d’Action Praticiens Hôpital (APH)
Marie-José CORTES

Présidente du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)
Sabine DEBULY

Présidente du Conseil National pour la Qualité des Soins en Psychiatrie (CNPP)

Claude FINKELSTEIN
Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’usagers en Psychiatrie (FNAPSY)

Claude GERNEZ
Président de la Fédération Française de la Psychiatrie (Fédépsychiatrie)

Delphine GLACHANT
Présidente de l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)

Thierry GODEAU
Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement de Centres Hospitaliers

Béatrice GUINAUDEAU
Présidente de l’Association Française des Psychiatres d’Exercice Privé – Syndicat National des Psychiatres Privés (AFPEP – SNPP)

Ilia HUMBERT
Présidente de l’Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie (AFFEP)

Christophe LIBERT
Président de l’Association des Psychiatres de secteur Infanto-juvénile (API)

Emmanuel LOEB
Président de Jeunes Médecins

Pascal MARIOTTI
Président de l’Association des Etablissements du service public de Santé Mentale (AdESM)

Gladys MONDIERE
Présidente de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie (FFPP)

Nidal NABHAN ABOU et Mathieu LACAMBRE
Co-Présidents de la section psychiatrie légale de l’Association Française de Psychiatrie Biologique et Neuropsychopharmacologie (AFPBN)

Annick PERRIN-NIQUET
Présidente du Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des Pratiques en Psychiatrie (CEFI-Psy)

Marie-Noëlle PETIT
Présidente de l’Association Nationale des Psychiatres Présidents et Vice-Présidents de Commissions Médicales d’Etablissements des Centres Hospitaliers (ANPCME)

Carole POUPON
Présidente de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux (CPH)

Marie-Jeanne RICHARD
Présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (UNAFAM)

Christophe SCHMITT
Président de la Conférence nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement de Centres Hospitaliers Spécialisés

Déborah SEBBANE
Présidente de l’Association des Jeunes Psychiatres et des Jeunes Addictologues (AJPJA)

Norbert SKURNIK
Président de l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)

Olivier TELLIER
Président de l’Association française des Unités pour Malades Difficiles (UMD)

Michel TRIANTAFYLLOU
Président du Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)

Pierre VIDAILHET
Président du Collège National des Universitaires de Psychiatrie (CNUP

Appel unitaire : « Non » à l’extrême droite, pour la justice et l’égalité !

L’extrême droite est à nouveau présente au second tour de l’élection présidentielle, forte d’un niveau de voix jamais atteint. Nous refusons de la voir accéder au pouvoir.  

Les causes en sont diverses et anciennes, elles ont été analysées et sont connues. Les responsabilités sont à chercher du côté des politiques ultralibérales menées depuis des années qui ont exacerbé les injustices et les inégalités sociales, enfoncé des territoires et des populations dans la précarité et le désarroi. Nos organisations les ont combattues, comme elles ont dénoncé les attaques portées contre les libertés. Elles les dénonceront encore demain, sans désemparer face à l’adversité.

L’urgence, aujourd’hui, c’est d’affirmer collectivement la force des idées et des valeurs qui nous rassemblent. Elles sont constitutives de la démocratie et totalement incompatibles avec la haine, la xénophobie, la démagogie nationaliste et la mise en opposition de tous contre tous que portent les mouvements d’extrême droite.

En rejetant Marine Le Pen, il s’agit d’empêcher l’avènement d’un projet de société destructeur de l’État de droit, de la république démocratique sociale et solidaire que nous défendons chaque jour. Il s’agit de dénoncer son programme trompeur qui frapperait durement les plus faibles, les plus démunis, les femmes, les personnes LGBTI ou étrangères.

Ensemble, nous voulons réaffirmer que la devise « Liberté, Egalite, Fraternité » doit, plus que jamais, rester à l’ordre du jour, pour toutes et tous, sans exclusive ni distinction. Dans la diversité de nos approches et formes d’actions, nous voulons construire un destin commun de justice sociale et environnementale autour de l’égalité des droits, par le débat démocratique, un dialogue social et civil renforcé, un État de droit qui garantisse pleinement nos libertés, une République laïque et solidaire, protectrice de l’arbitraire, riche de services publics confortés, reconnus, bénéficiant des moyens de leur pleine efficacité.

Cette ambition commune serait gravement mise en cause avec l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite.

C’est pourquoi, ensemble, nous invitons chacune et chacun à participer à de larges rassemblements populaires dans toutes les communes de France et à Parisle samedi 16 avril 2022 autour d’un même appel :« contre l’extrême droite et ses idées, pas de Marine Le Pen à l’Elysée ». 

  • Ligue des droits de l’Homme (LDH),
  • ActionAid France,
  • Amis de la Terre France,
  • APF France handicap,
  • Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort),
  • Association des familles des prisonniers et disparus Sahraouis (AFAPREDESA),
  • Association des femmes de l’Europe méridionale (Afem),
  • Association de promotion des cultures et du voyage,
  • Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF),
  • Attac France,
  • Campagne antiracisme et solidarité,
  • Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Ceméa),
  • Centre de recherche et d’information et de développement (Crid)
  • La Cimade,
  • Coalition libertés associatives,
  • Collectif Chabatz d’entrar de la Haute-Vienne,
  • Collectif Front populaire écologique,
  • Collectif Ganges solidarités (CGS),
  • Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme (CIVCR),
  • Collectif national pour les droits des femmes (CNDF),
  • Collectif les Outils du soin,
  • Collectif pour l’avenir des foyers (Copaf),
  • Collectif Unis pour le climat,
  • Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep),
  • Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT),
  • Confédération générale du travail (CGT),
  • Confédération paysanne,
  • Droit au logement (Dal),
  • Education World 86,
  • Fasti,
  • Fédération des associations générales étudiantes (Fage),
  • Fédération Citoyens & Justice,
  • Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE),
  • Fédération internationale pour les droits humains (FIDH),
  • Fédération nationale des Francas,
  • Fédération des mutuelles de France,
  • Fédération syndicale unitaire (FSU),
  • Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR),
  • France Amérique Latine (Fal),
  • Front social (FS),
  • Fédération syndicale étudiante (FSE),
  • Greenpeace France,
  • Groupe accueil et solidarité (Gas),
  • HES LGBTI+,
  • Inter-LGBT,
  • Jeunesse au plein air (JPA),
  • Ligue de l’enseignement,
  • Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie (LFID),
  • Marche Mondiale des Femmes France,
  • Marche des solidarités,
  • Mémorial 98,
  • Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (Mrap),
  • Mouvement national lycéen (MNL),
  • Mouvement de la Paix,
  • Observatoire national de l’extrême-droite,
  • Oxfam France,
  • Osez le féminisme,
  • Planning familiale,
  • Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes (RAAR),
  • Réseau Euromed France (Ref),
  • Réseau féministe « Ruptures »,
  • Solidarité Laïque,
  • SOS Racisme,
  • Syndicat des avocats de France (Saf),
  • Syndicat de la magistrature (SM),
  • Tous Migrants, Union fédérale d’intervention des structures culturelles (Ufisc),
  • Union juive française pour la paix (UJFP),
  • Union nationale des étudiants de France (Unef),
  • Union syndicale Solidaires,
  • Uniopss,
  • Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa),
  • 350.org

Au Mali comme en Ukraine, les responsables de crimes de guerre doivent être jugés

Le recours à la justice pour lutter contre l’impunité, d’effet limité dans l’immédiat, est un levier et un instrument indispensable pour peser sur les responsables des atrocités commises. La LDH y apportera sa contribution en liaison avec la FIDH, très engagée dans le combat pour une justice internationale effective, notamment par le recours au mécanisme de la compétence universelle qui permet de poursuivre ces criminels hors de leur pays.  D’ores et déjà, il y a lieu de documenter les violations commises et de rassembler un maximum de preuves pour pouvoir ensuite diligenter les enquêtes et procédures de poursuite des responsables qui devront être engagées. Rappelons que si ni la Russie ni l’Ukraine n’ont adhéré au statut de la Cour pénale internationale (CPI), l’Ukraine a accepté en 2014 de se soumettre à la compétence de cette juridiction pour les crimes de guerre ou contre l’humanité perpétrés en Ukraine. 

LDH

Editorial du Monde publié le 5 avril 2022

L’armée malienne et des miliciens russes sont accusés d’avoir tués des centaines d’habitants de Moura, fin mars. Comme en Ukraine, des forces aux ordres de Vladimir Poutine sont impliquées. La Cour pénale internationale se doit d’enquêter et de traduire en justice les dirigeants incriminés.

Editorial du « Monde ». Certaines concomitances renforcent le caractère tragique de l’actualité. Au moment même où, dimanche 3 avril, à Boutcha, en Ukraine, étaient découverts des centaines de cadavres de civils après le départ de l’armée russe, un autre massacre était révélé : celui dont ont été victimes, entre le 27 et le 31 mars, des centaines d’habitants de Moura, un village situé au centre du Mali. Dans cette zone contrôlée par des djihadistes affiliés à Al-Qaida, les forces armées maliennes et des paramilitaires blancs identifiés comme appartenant au groupe russe Wagner ont, lors d’une opération antiterroriste, tué des centaines d’habitants.

Des soldats maliens et des miliciens russes ont rassemblé des hommes et procédé à des exécutions sommaires. Des fosses communes auraient été creusées par les villageois eux-mêmes. Ce scénario de l’horreur, recoupé par plusieurs sources, s’est soldé par la mort de « 203 combattants », selon le communiqué triomphant de l’armée malienne, qui se félicite d’avoir « procédé aux nettoyages systématiques de toute la zone ». Un bilan que l’ONG Human Rights Watch porte à « environ 300 hommes civils, dont certains soupçonnés d’être des combattants islamistes ».

La résonance entre le massacre de Boutcha et celui de Moura ne se limite pas à leur simultanéité et à une logique comparable, qui évoque clairement des crimes de guerre. Elle tient à l’implication, dans les deux cas, de forces aux ordres de Vladimir Poutine, puisque sont avérés les liens de la milice Wagner avec le président russe. Seule différence notable : alors que les événements d’Ukraine sont amplement médiatisés, images et témoignages de journalistes à l’appui, ceux du Mali se sont déroulés sans aucun témoin extérieur. La présence du millier de mercenaires russes continue même d’être niée par les militaires putschistes au pouvoir à Bamako.

Logique de « nettoyage »

Tout se passe comme si le départ programmé des troupes françaises de l’opération « Barkhane » précipitait la fuite en avant autoritaire des militaires maliens et leur collaboration avec le régime russe. Le Mali, où des médias sont bâillonnés et les voix discordantes menacées, est en proie à un inquiétant déchaînement de violence. Recrudescence de la violence djihadiste d’un côté, massacres de civils perpétrés par l’armée malienne épaulée par Wagner de l’autre, avec un niveau de brutalité jamais atteint.

L’arrivée des mercenaires russes, connus pour leurs exactions en Libye et en Centrafrique, accélère une dérive marquée par une logique de « nettoyage ». Particulièrement alarmant apparaît le déferlement de ferveur patriotique que la junte malienne parvient à susciter à chaque « succès éclatant » des forces armées, dans un pays secoué depuis plus d’une décennie par le djihadisme et menacé d’éclatement.

En Afrique comme en Ukraine, les responsables de crimes de guerre doivent être jugés. La justice internationale doit être dotée de tous les moyens pour enquêter sur les massacres qui, en suscitant haine et désir de vengeance, ne font qu’alimenter une spirale de violence destructrice. Les exemples de l’ancien président du Liberia Charles Taylor, condamné à cinquante ans de prison en 2012 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ou celui de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, mort en 2006 en prison, montrent que des dirigeants impliqués dans de telles atteintes à la vie humaine peuvent être dûment traduits en justice.

Le Monde

Après le nouveau rapport du GIEC, amplifions nos mobilisations pour la justice climatique

Publié lundi 4 avril 2022 sur le site d’Attac

Si les papiers précédents du GIEC avaient traité de l’aggravation des dérèglements climatiques, le dernier volet du sixième rapport publié aujourd’hui, axé sur les stratégies d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, confirme l’accumulation du retard pris par les États pour éviter une catastrophe climatique et humaine. Les projections d’émissions pour 2030 sont supérieures aux engagements des États, engagements qui sont par ailleurs insuffisants pour limiter le réchauffement au-dessous de 1,5°C à la fin du siècle. Résultat, on se dirige tout droit vers une augmentation située entre 3,3 et 5,4°C.

Le premier constat du GIEC est celui d’une poursuite de la hausse des émissions. Même si le rythme de celle-ci s’est ralenti entre 2010 et 2018 par rapport à la décennie précédente, les émissions globales ont augmenté de 11 % par rapport à 2010, et leur volume n’a jamais été aussi important. Si le CO2 reste le principal vecteur du changement climatique, les émissions de gaz fluorés ont bien augmenté (430 % entre 1980 et 2018) et jouent désormais un rôle majeur dans les dérèglements climatiques. L’augmentation des gaz à effets de serre est notamment due à la croissance de certaines productions et consommations ayant un fort degré d’émissions : +28,5 % pour l’aviation,+ 17 % pour l’achat de SUV, +12 % pour la consommation de viande… entre 2010 et 2020.

Le GIEC insiste également sur le fait que les investissements sont à un cinquième de ce qu’il faudrait pour éviter une augmentation de la température globale de 1,5°C ou 2°C à la fin du siècle. Il demande donc aux gouvernements d’accélérer la mise en place de politiques publiques, législatives, d’augmenter fortement les investissements et de réguler les lois du marché, en vue d’atteindre un pic d’émissions de CO2 avant 2025 et d’envisager une décroissance globale des émissions après cette date. Dans le cas contraire, le coût global, économique et humain, sera plus élevé, et les investissements nécessaires devront être d’autant plus importants.

Le GIEC met aussi en cause la pensée économique néolibérale, constatant que les investissements du secteur privé sont très loin des besoins identifiés pour arriver aux objectifs climatiques. C’est la première fois que le groupement de chercheurs plaident pour une rupture avec la logique de croissance inhérente au capitalisme et fait écho à ses scénarios et hypothèses qui n’oublient pas les exigences d’égalité sociale dans les politiques à mettre en œuvre. En effet, il dénonce les inégalités qui s’accroissent dans la responsabilité de la situation présente, pointant le fait qu’à l’échelle mondiale, les 10 % les plus riches sont à l’origine de 36 à 45 % des émissions, quand 10 % des plus pauvres sont responsables de 3 à 5 %.

On peut donc y lire une revendication de justice climatique, dont les stratégies doivent passer par une redistribution des richesses et une juste répartition des efforts de réduction des émissions, afin de permettre aux populations les plus impactées, et non responsables des dérèglements climatiques, de pouvoir s’adapter et faire face aux changements à venir. En particulier, la question des financements, que ce soit à l’échelle internationale pour soutenir les pays du Sud global, ou en France pour financer les mesures nécessaires à une bifurcation juste, nécessitent une réforme fiscale qui fasse la chasse à l’évasion fiscale et s’en prenne aux profits des grandes entreprises.

Enfin, les auteurs du rapport du GIEC précisent que c’est bien d’un changement structurel, profond, des modes de financements et d’institutions dont nous avons besoin, et que les appels aux modifications des comportements individuels sont largement insuffisants.

Tout en étant appuyé sur de solides travaux scientifiques, ce nouveau rapport du GIEC est, de fait, un acte d’accusation contre l’inaction climatique, dont le quinquennat d’Emmanuel Macron qui s’achève constitue une lamentable démonstration. Alors que la campagne pour l’élection présidentielle a très peu évoqué les dérèglements climatiques, c’est bien un choix crucial auquel nous faisons face : continuer comme avant en attendant les catastrophes à venir, ou changer le système pour ne pas changer le climat. Dès maintenant, amplifions les mobilisations pour la justice climatique !

 SAMEDI 9 AVRIL : À 14H, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PERPIGNAN – MARCHE POUR LE FUTUR – ORGANISÉE PAR  ALTERNATIBA66, CITOYENS POUR LE CLIMAT ET EXTINCTION REBELLION SOUTENUS PAR DE NOMBREUX MOUVEMENTS DU TERRITOIRE TELS LA CGT, LE SYNDICAT SOLIDAIRES 66, La LDH 66 OU YOUTH FOR CLIMATE

Non à la guerre ! Solidarité avec le peuple ukrainien ! Communiqué des 19 organisations des Pyrénées orientales

Cette conviction anime les 19 organisations des Pyrénées Orientales qui ont manifesté plusieurs fois, dès fin février, devant la Préfecture, pour dire « Stop à l’agression de Poutine contre l’Ukraine », « Stop à l’escalade de la guerre » et affirmé: 

– Cessez-le-feu immédiat ! Solidarité avec le peuple ukrainien et sa résistance ! Solidarité avec celles et ceux qui en Russie s’opposent courageusement à la guerre! Solution politique négociée ! Accueil digne de tous les réfugié.e.s ! 

Aujourd’hui, l’urgence est de venir en aide à la population Ukrainienne victime de la guerre. Nos organisations ont décidé de lancer un appel à la solidarité financière et au don de médicaments, matériel paramédical et d’hygiène. Au niveau national, un convoi syndical à destination de l’Ukraine est également organisé. 

Liens des associations partenaires pour vos dons dans notre département : 

https://www.secourspopulaire.fr/

Alliance Occitanie Ukraine – Accueil | Facebook 

Les organisations départementales : 

CGT, FSU, Solidaires, CNT, FI, NPA, PCF, POI, ANACR, AFPS, ARAC, Cimade, Coup de soleil, Ffreee, LDH, La libre pensée, Mouvement de la Paix, MRAP, RESF 

La LDH en campagne

Le dernier quinquennat a exacerbé certains travers de notre système, porté des atteintes graves à nos libertés fondamentales tandis que dans le même temps, des pans entiers de la population, notamment les plus jeunes, ont été fragilisés.

Si, pendant la pandémie, les politiques publiques ont permis de soutenir les secteurs les plus en difficulté, les personnels sanitaires et les premiers de « corvée » se sont retrouvés en première ligne, sans pour autant en recueillir une vraie reconnaissance.

Un tel contexte confirme que les campagnes électorales nationales sont un moment opportun pour interroger l’état de notre société et de notre République, pour débattre de l’avenir.

Un système institutionnel de moins en moins démocratique

Durant ce quinquennat, la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul s’est accélérée. La pandémie a été prétexte à un renforcement de fonctionnements autoritaires et infantilisants pour l’ensemble de la population.

Avec de nouvelles instances, comme le « Conseil de défense » aux délibérations secrètes, les institutions démocratiques ont été contournées et le Parlement a été totalement marginalisé dans son rôle de législateur.

Quant aux contre-pouvoirs, éléments décisifs contre l’autoritarisme et le pouvoir personnel, ils ont vu leurs avis balayés d’un revers de main. Aujourd’hui, nos institutions sont plus que jamais déstabilisées et il est temps de redonner souffle au fonctionnement démocratique du pays.

Un Etat de droit mis à mal par des états d’exception

L’état d’urgence sanitaire a été indéfiniment prolongé, après un état d’urgence sécuritaire lui-même plusieurs fois reconduit. Les dispositions d’exception sont de fait et de droit devenues la norme. Le gouvernement et les préfets ont tout pouvoir, dénaturant toujours un peu plus l’Etat de droit.

En matière de libertés, ce quinquennat a été marqué par une répression catastrophique du mouvement des « gilets jaunes ».

La loi relative à la sécurité globale a permis une extension des compétences de la Police nationale aux polices municipales, ouvert la voie à une surveillance généralisée de l’espace public, limité la diffusion d’images captées lors des manifestations, portant ainsi atteinte à la liberté de la presse.

Des comportements policiers très éloignés des principes républicains continuent d’être tolérés, voire soutenus au plus haut niveau de la hiérarchie.

Une société rongée par les inégalités

Au cours de ce quinquennat, les inégalités se sont encore creusées, la précarité s’est aggravée et la paupérisation s’est accrue.

Toujours plus nombreux sont ceux et celles qui survivent grâce aux associations caritatives, qui dorment dehors ou n’ont pas de logement décent. Au moment où la cherté de la vie quotidienne explose, les retraites, les minima sociaux et le smic sont à peine revalorisés. Une nouvelle réforme de l’assurance chômage se met en place avec l’objectif de diminuer les droits de plus d’un million de demandeurs d’emploi, les renvoyant au désespoir, à l’angoisse et à la colère.

Dans le même temps, les discours de haine, de racisme et d’exclusion se banalisent et les actes racistes et antisémites se font plus violents ; les discriminations perdurent, l’accueil des exilés dépend non plus du droit mais d’une vision politique différente selon le pays d’où l’on vient. Autant d’éléments qui témoignent de la diffusion des idéologies d’extrême droite.

Les campagnes présidentielles et législatives : des temps de débat collectif pour construire notre société de demain

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) appelle les citoyennes et les citoyens, toutes les forces vives de notre pays à se saisir du temps de la campagne électorale pour dire leur mot, contribuer à élaborer des réponses aux questions qui nous sont collectivement posées. Elle les appelle à inventer, ensemble, les bases d’un changement favorable à la justice sociale, facteur d’espoir et de confiance dans le présent comme dans l’avenir. Il s’agit bien d’une étape dont l’enjeu est la construction, ensemble, d’une société solidaire, égale et fraternelle, assurant à toutes et à tous l’ensemble des droits qui sont au cœur de l’idéal républicain.

Malik Salemkour, président de la LDH

Succès de nos rencontres publiques de la LDH pour combattre les idées d’extrême-droite le samedi 26 mars à Béziers

Plus de 100 personnes au rencontres le samedi 26 mars dans la salle de la Colonie espagnole à Béziers., suivies d’un repas et d’une animation festive par le groupe local de musiciens militants la Tible.

Avec Dominique Noguères membre du comité central de la LDH
Avec Christian Payard et Daniel Kupferstein

La LDH mobilise pour contrer les idées d’extrême droite le samedi 26 mars à la colonie espagnole à Béziers

Le comité régionale du Languedoc-Roussillon de la LDH organise une rencontre publique pour contrer les idées d’extrême-droite le samedi 26 mars de 15h à 22h à la Colonie espagnole de Béziers (article publié dans le Midi Libre)

Six associations anti-homophobie attaquent Zemmour pour contestation de crime contre l’humanité

La LDH a également porté plainte contre les propos de Zemmour:

Publié  23/03/2022 par l’AFP

Nouvelle plainte contre Eric Zemmour: six associations anti-homophobie ont annoncé à l’AFP avoir déposé plainte mercredi à Paris contre le candidat d’extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour pour « contestation de crime contre l’humanité », l’accusant d’avoir nié la déportation d’homosexuels pendant la Seconde guerre mondiale.

Les associations Inter-LGBT, Stop Homophobie, SOS Homophobie, Mousse, Adheos et Quazar visent par cette plainte simple une phrase précise du polémiste-candidat dans son livre paru en septembre, « La France n’a pas dit son dernier mot » (Ed. Rubempré): « La déportation en France d’homosexuels en raison de leur +orientation sexuelle+, comme on dit aujourd’hui, est une +légende+« . 

Dans ce passage du livre, Eric Zemmour fait à ce moment-là état d’un désaccord avec l’ex-patron de l’UMP (ancêtre de LR), Jean-François Copé, qui avait exclu le parlementaire Christian Vanneste du parti « en raison de la polémique qu’il avait provoquée en affirmant que la déportation des homosexuels depuis la France était une +légende+« . Eric Zemmour ajoute : Christian Vanneste « a raison« . 

« Ce ne sont pas les propos d’Eric Zemmour mais ceux de Monsieur Vanneste qui sont cités dans le livre, confirmés par (Serge) Klarsfeld« , le président de l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, a affirmé l’entourage d’Eric Zemmour. 

« On s’étonne quand même d’une plainte qui sort à 19 jours de l’élection au sujet d’un livre qui date du mois de septembre, et que toute la presse a scruté sans relever ce passage !« , a ajouté l’équipe du candidat à la présidentielle. « Il s’agit d’associations +pro-LGBT+ (et non +anti homophobie+) qui instrumentalisent la justice pour attaquer Éric Zemmour, peut-être car il est le seul à vouloir lutter contre leur propagande dans nos écoles« , selon elle. 

« Je n’ai pas connaissance de la plainte, je réagirai quand j’en connaîtrai le contenu« , a répondu à l’AFP Me Olivier Pardo, avocat d’Eric Zemmour. 

Lorsque la polémique avait éclaté en 2012, le président de l’association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, Serge Klarsfeld, avait déclaré qu’à sa connaissance, il n’y avait pas eu « d’homosexuel déporté de France« . 

« Parmi les déportés, il y avait des homosexuels mais ils ont été déportés comme Juifs, résistants ou droits communs« , avait ajouté M. Klarsfeld. 

Dans leur plainte, dont l’AFP a eu connaissance, les associations représentées par Me Etienne Deshoulières affirment au contraire que « la déportation des homosexuels lors de la Seconde Guerre mondiale est une réalité historique établie« , qui a été reconnue à plusieurs reprises par des dirigeants français, tels que l’ex-chef de l’État Jacques Chirac en 2005 ou l’ex-Premier ministre Lionel Jospin en 2001. 

En se basant sur des travaux historiques, elles affirment qu' »en France, au moins 500 hommes accusés d’homosexualité ont été arrêtés. Parmi eux, au moins 200 furent déportés pendant l’occupation allemande« . 

D’autres ouvrages plus récents, fondés notamment sur les archives françaises, parmi lesquels « Les homosexuel.le.s en France, du bûcher au camp de la mort » (Ed. Tiresias-Michel Reynaud), écrit par l’historien Arnaud Boulligny, appuient leur plainte.  

Les associations accusent M. Zemmour d’avoir « falsifié l’histoire pour justifier ses positions homophobes« , et soulignent que « c’est la première fois que des poursuites sont engagées contre les propos niant la réalité de la déportation des homosexuels pendant la Seconde guerre mondiale« . 

Eric Zemmour a déjà été jugé, et relaxé en première instance, pour « contestation de crime contre l’humanité« : il soutient que le maréchal Pétain avait « sauvé » des Juifs français. 

Le procès en appel s’est tenu en janvier et la décision sera rendue après la présidentielle des 10 et 24 avril prochain. 

L’OBSERVATOIRE DE LA LIBERTÉ DE CRÉATION S’OPPOSE AU BOYCOTT DES ARTISTES RUSSES

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création dont la LDH est membre

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création

L’Observatoire de la liberté de création, qui réunit une quinzaine d’organisations luttant ensemble contre la censure des œuvres, affirme son plein et entier soutien aux artistes ukrainiens et prépare une initiative en ce sens.

Nous sommes informés de demandes de limogeage d’artistes russes des institutions auxquels ils collaborent et de demandes de boycott des œuvres des artistes russes dans les concerts, festivals, théâtres, etc., certaines organisations membres de l’Observatoire étant sollicitées en ce sens.

Nous tenons à rappeler fermement les principes qui nous unissent : la liberté de création et la liberté de diffusion des œuvres. Personne ne saurait en être privé en raison de sa nationalité. Ce serait confondre des hommes et des femmes et le gouvernement de leur pays. Et ce serait méconnaître les risques que prennent bon nombre d’artistes russes, actuellement, pour affirmer leur refus de la guerre, ou leur refus du régime qui les contraint, parfois jusqu’à l’enfermement carcéral. Démissionner d’une institution en Russie, comme l’ont fait de nombreux responsables culturels, est un droit et un risque.

Evincer des artistes russes de nos institutions culturelles, boycotter leurs œuvres, au seul motif qu’ils sont russes, est une discrimination inacceptable.

_

The Observatory for creative freedom, which draws together some fifteen organizations to fight against the censorship of artistic works, states its full support for Ukrainian artists and is preparing an initiative to this end.

We are aware of requests to remove Russian artists from the institutions in which they collaborate and of requests to boycott the participation of Russian artists in concerts, festivals, theatres, etc. Certain Observatory member organizations have been contacted in this respect.

We wish to restate firmly the principles that unite us: the freedom to create and diffuse artistic works. No one should be deprived of this freedom solely because of his or her nationality. This would mean a lack of distinction between the individual members and the government of their country. And it would mean a lack of recognition of the risks currently taken by a large number of Russian artists when they state their rejection of the war or their rejection of the regime that constrains them, even to the point of jailing them. Resigning from an institution in Russia, as many cultural actors have done, is a right and a risk.

To oust Russian artists from our cultural institutions and to boycott their work, simply because they are Russian, is unacceptable discrimination.

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Liste des membres de l’Observatoire de la liberté de création :
Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (Acid) ; Association des cinéastes documentaristes (Addoc) ; Section française de l’Association internationale des critiques d’art (Aica France) ; Fédération des lieux de musiques actuelles (Fedelima) ; Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC-CGT) ; Fédération nationale des arts de la rue ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Ligue de l’enseignement ; Les Forces musicales ; Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ; Syndicat français des artistes interprètes (SFA-CGT) ; Syndicat national des artistes plasticiens (Snap-CGT) ; Syndicat national des scènes publiques (SNSP) ; Société des réalisateurs de films (SRF) ; Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

Paris, le 8 mars 2022.

Poutine face au défi du contrôle de l’opinion russe dans la guerre

Publié sur franceinter.fr le 7 mars 2022

La LDH qui participe aux collectifs unitaires contre la guerre en Ukraine , soutien la lutte du peuple ukrainien face à la guerre de Poutine comme elle soutient les opposants russes qui osent braver la répression comme ci-dessous à Moscou.

4000 manifestants anti-guerre ont été arrêtés dimanche en Russie ; Poutine doit maîtriser le « narratif » de cette guerre s’il veut éviter les contestations à mesure que son coût réel se fera sentir, en vies humaines et sous l’effet des sanctions.

Manifestants russes à Moscou contre le guerre en Ukraine le 24 février 2022 – AFP

Il faut saluer le courage des quelques milliers de manifestants qui ont bravé hier les déploiements policiers et une répression certaine, pour défiler à Moscou et Saint Petersbourg, jusqu’à Novosibirsk en Sibérie. Ils exprimaient leur opposition à ce qu’on n’a plus le droit de qualifier de « guerre » en Russie, seulement d’« opération militaire spéciale ». Plus de 4.000 d’entre eux ont été interpelés, s’ajoutant à plus de 10.000 depuis le début de l’invasion.

Ces manifestants ne sont évidemment pas assez nombreux pour stopper l’aventure dans laquelle Vladimir Poutine a embarqué la Russie, au nom d’une vision héritée du XX° siècle, au risque de sacrifier l’avenir du pays au XXI° siècle.

Mais ces manifestants montrent au moins que derrière une façade maintenue intacte par un autoritarisme de plus en plus pesant, les craquements existent. 

La question se pose dès lors de savoir si Poutine parviendra à étouffer ces velléités d’opposition à son aventurisme militaire, et à se prémunir d’une résistance interne si le coût humain, économique et politique de cette guerre devient trop élevé ; ce à quoi s’emploient Ukrainiens et Occidentaux, car c’est l’un des clés de l’évolution de ce conflit.

Cela fait des années que Poutine restreint progressivement l’espace vital de la société civile, de l’information indépendante, et de l’opposition politique. Des ONG comme Mémorial, consacrée à la mémoire des crimes du stalinisme, ont été fermées ; les médias indépendants muselés, comme la radio Echo de Moscou qui a préféré cesser d’émettre il y a huit jours ; et l’opposition est à l’image d’Alexei Navalny, qui croupit dans un camp pénitentiaire.

Mais l’enjeu de cette guerre va au-delà de cette opposition constituée. Il porte sur le contrôle du « narratif » de cette guerre, sur le nombre de morts, sur l’impact des sanctions. Qui contrôle le récit peut espérer contrôler les émotions et les opinions !

La population russe n’est soumise aujourd’hui qu’à un seul discours, sur la « dénazification » de l’Ukraine, sur la menace de l’Otan, sur l’ « illégitimité » des autorités de Kiev. Seule une minorité a aujourd’hui les moyens de le contester.

Le « modèle chinois » montre qu’il est possible de verrouiller l’information. Mais ça deviendra plus compliqué lorsque le véritable bilan des morts de cette guerre commencera à arriver dans les familles. Les Comités de mères qui avaient joué un grand rôle dans les guerres d’Afghanistan et de Tchétchénie, se réveillent déjà.

Et il y va y avoir l’impact des sanctions économiques dont la Banque mondiale prédisait hier qu’elles feraient reculer le Produit intérieur brut russe de 15% cette année, c’est historique. Poutine parviendra-t-il à diriger la colère des Russes contre l’Occident, ou devra-t-il assumer une part du blâme pour cette guerre inutile qui ruine la Russie ?

Une partie de la guerre d’Ukraine se joue en Russie même, car si le rapport de force militaire est en faveur de l’armée russe, il en irait autrement si la population n’adhérait pas au récit de Poutine. Même en dictature, il est difficile d’entraîner éternellement un pays entier dans une telle aventure contre son gré.

Perpignan : Le Collectif des Droits des Femmes 66 rassemble près de 250 manifestantes, et quelques messieurs

Une manifestation organisée par le Collectif Droits des Femmes 66 dont la LDH 66 est membre.

Publié sur lindependant.fr le 8 mars 2022

Après un bref rassemblement vocal, place de la Résistance, où de nombreuses pancartes féministes ont fleuri et quelques prises de parole se sont fait entendre, le cortège a pris vent debout les grands boulevards avant de revenir par le quai de la Préfecture et de se disperser dans le calme.

  • Près de 250 manifestantes ont répondu ce mardi soir à l'appel à la mobilisation du Collectif des Droits des Femmes 66.Près de 250 manifestantes ont répondu ce mardi soir à l’appel à la mobilisation du Collectif des Droits des Femmes 66. Independant – PAUL MANGIN
  • Près de 250 manifestantes ont répondu ce mardi soir à l'appel à la mobilisation du Collectif des Droits des Femmes 66.Independant – PAUL MANGIN
  • Près de 250 manifestantes ont répondu ce mardi soir à l'appel à la mobilisation du Collectif des Droits des Femmes 66. Independant – PAUL MANGIN
  • Près de 250 manifestantes ont répondu ce mardi soir à l'appel à la mobilisation du Collectif des Droits des Femmes 66. Independant – PAUL MANGIN

Après un bref rassemblement vocal, place de la Résistance, où de nombreuses pancartes féministes ont fleuri et quelques prises de parole se sont fait entendre, le cortège a pris vent debout les grands boulevards avant de revenir par le quai de la Préfecture et de se disperser dans le calme.

Tandis qu’Hermeline Malherbe, la présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, se faufilait en manteau rouge le plus discrètement possible parmi les quelque 250 manifestants(e)s rassemblé(e)s place de la Résistance, la sono diffusait des chansons à l’air entraînant, dont l’incontournable La Grenade de Clara Luciani et d’autres moins connues. La sororité fièrement portée en bandoulière, arborant des pancartes où s’affichaient des citations de personnalités de premier rang du féminisme telles que Simone Veil, Gloria Steinem, Benoîte Groult ou encore Françoise Giroud, les femmes et hommes présents en ce mardi soir ne revendiquaient finalement qu’une chose : l’égalité des droits, quel que soit le genre auquel on appartient.

Puis Karine, Katia et d’autres figures de proue du Collectif des Droits des Femmes 66 prirent à tour de rôle la parole pour appuyer là où ça fait toujours le plus mal : les violences sexuelles et autres violences faites aux femmes, évoquant au passage le procès d’assises qui se tenait actuellement à Perpignan sur le 72e féminicide perpétré en 2019   – « cette année-là, 151 femmes sont mortes sous les coups de leur mari ou de leur compagnon » – rappelait sobrement Katia. Saluant par ailleurs « le courage et la dignité des Ukrainiennes », les discours ont ensuite un peu dérivé vers l’incontournable campagne électorale et la « représentativité toujours infime » des femmes. Puis un cortège s’est formé, à la fois revendicatif, joyeux, calme et sans débordements.

V. Pons

UN TOIT, C’EST UN DROIT POUR TOUS

Des demandeurs de logement social, célibataires ou familles monoparentales attendant une réponse pendant des années,
Des SDF ne sachant où s’abriter la nuit,
Des familles de sans-papiers et leurs enfants jetées brutalement hors des structures d’hébergement sans aucune solution alternative,
Les chibanis, vieux travailleurs maghrébins, ne trouvant à louer que des taudis à des prix scandaleux,
Des femmes et des enfants victimes de violences obligés de rester avec leur bourreau,
Voilà l’état de l’hébergement et du logement, visible par tout le monde, principalement à Perpignan et dans la Communauté Urbaine.
Pourtant les solutions existent :

  • 27 000 logements sociaux dans le département, dont près de 17 000 dans la Communauté Urbaine,
  • des structures d’accueil pour demandeurs d’asile, ACAL, CADA, etc.
  • des foyers pour travailleurs,
  • des accueils d’urgence, Croix-Rouge, 115,
  • des associations pratiquant la sous-location,
  • des aides nombreuses pour les travaux de remises en état,
  • des aides sociales conséquentes pour payer les loyers,
  • La loi DALO (Droit d’Accès au Logement Opposable) et la loi DAHO (Droit d’Accès à l’Hébergement Opposable).

ALORS ? MANQUE D’ARGENT ? NON.
PAS ASSEZ DE LOGEMENTS,
ET PAS DE VOLONTE D’ ACTIVER LES MOYENS QUI EXISTENT :

  • Il y a 10 000 logements vacants à Perpignan
    pour les utiliser, une mairie peut mettre en œuvre la taxe sur les logements
    vacants.
  • Un maire peut les réquisitionner en cas d’urgence, et l’urgence est à
    chaque coin de rue, et un préfet peut le faire si le maire s’y refuse
  • Un maire a la possibilité d’édicter des arrêtés anti-expulsion
  • En plus des aides déjà octroyées, une mairie peut constituer une réserve
    foncière pour remettre en état les logements et les louer aux personnes
    nécessiteuses.
  • Il est possible et nécessaire de rénover le centre-ville, en y gardant ses
    habitants (éviter la « gentrification ») permettant ainsi de revitaliser la cité
    sans créer des lotissements dévoreurs de terres agricoles .
  • La mairie de Perpignan, la Communauté d’Agglo, le département
    peuvent augmenter les places d’accueil pour l’hébergement d’urgence
  • Mettre en oeuvre la loi DALO et la loi DAHO, ETC.

UN TOIT D’ABORD, UN TOIT POUR TOUS
MANIFESTATION
SAMEDI 12 MARS 10H Place CASSANYES

bougetoit66@gmail.com

Manifestation pour les droits des femmes mardi 8 mars à 18h place de la Résistance

Pour la journée internationale de lutte des femmes pour leur droits
le Collectif Droits des Femmes 66 (dont la LDH 66 est membre) appelle le plus largement possible à la
Manifestation au départ de la place de la Résistance à Perpignan Mardi 8 mars à 18h derrière notre banderole « Féministes, tant qu’il le faudra! »

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE UKRAINIEN

Communiqué LDH – le 24 février 2022

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) condamne la décision du président Russe Vladimir Poutine de déclencher une guerre d’invasion contre l’Ukraine, après des mois de discussions diplomatiques stériles.

Elle voit dans cette agression la confirmation de la tendance lourde qu’ont les régimes totalitaires à faire prévaloir la force en tout temps, au mépris du droit international, de la souveraineté des Etats et des droits fondamentaux des peuples. Elle souligne que l’absence de réactions effectives face aux atteintes portées aux libertés, aux droits de l’Homme et à leurs défenseurs nourrit une culture de la violence, de la guerre et du conflit.

Face à ce lourd défi menaçant toutes les démocraties, elle appelle la communauté internationale et la France à intervenir d’urgence pour obtenir une désescalade immédiate et la protection des populations civiles déjà durement touchées.

La LDH exprime sa totale solidarité avec le peuple ukrainien et participera à toutes les initiatives partout en France allant dans le sens de la paix et de l’intérêt des peuples concernés.

Paris, le 24 février 2022

Appel de la LDH aux organisations associatives et syndicales : Défendre les droits et les libertés! Combattre les idées d’extrême droite!

Défendre les droits et les libertés Combattre les idées d’extrême droite!

Le climat politique et social se dégrade et devient de plus en plus alarmant. 

S’allier à l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes se propagent au quotidien dans la vie publique et privée et dans certains médias. Les attaques contre les libertés et les droits fondamentaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte dégradé, les injustices explosent et génèrent une misère sociale accrue.
 De plus en plus de lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle. Ces lois empêchent d’informer sur les violences policières en constante augmentation, visent à freiner les libertés de s’associer et de manifester. Certaines lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres ciblent des citoyen-es en raison de leur activité militante. 
 Les idées d’extrême droite : racisme, discriminations, chasse aux migrants, refus de l’égalité des droits, sont portées dans la campagne pour l’élection présidentielle. Ces idées banalisées dans trop de médias représentent un danger flagrant pour notre démocratie en portant directement atteinte aux valeurs de la République.  

Il s’agit de contrer la falsification de l’histoire qui a pour conséquence l’exaltation du mensonge et de la haine, à l’égard notamment des étrangers, des femmes et des jeunes des quartiers populaires.

Face à ces positions attentatoires à l’accueil de l’autre, aux libertés individuelles et collectives, la Ligue des droits de l’Homme du Languedoc-Roussillon a décidé d’organiser, samedi 26 mars à Béziers, une rencontre pour « Combattre les idées d’extrême droite  et défendre les droits et les libertés».

Nous appelons les organisations associatives et syndicales, ainsi que tous/es les défenseurs du vivre ensemble à nous rejoindre pour créer un espace commun sans concession, tolérant et vivant, soutenu par notre désir de combat et de rassemblement.
 

 Samedi 26 mars à Béziers de 15h à 22 heures

Salle de la Colonie Espagnole – Rue Vieille Citadelle à Béziers 

Calçotada de soutien aux sans papiers : dimanche 13 mars- Parc Ecoiffier à Alénya

Calçotada au parc Ecoiffier à Alénya, c’est un repas solidaire pour les sans papier organisé par le Comité de soutien aux sans-papiers dont la LDH-66 est membre – Prix du repas 18 euros et pour les invités migrants 10 euros. La date limite d’inscription est le 8 mars.

Le débat sur la nouvelle édition du CESEDA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) sera présenté par la Fasti.

« Little Palestine, journal d’un siège » film-documentaire avec débat le vendredi 25 février 2022 à 19h au cinéma Castillet à Perpignan

Un film de Abdallah Al Khatib

Entrée : 7 euros

Synopsis : suite à la révolution syrienne, le régime de Bachar Al-Assad assiège le quartier de Yarmouk (banlieue de Damas en Syrie), plus grand camp de réfugiés palestiniens au monde. Yarmouk se retrouve alors isolé et le réalisateur témoigne des privations quotidiennes, tout en rendant
hommage au courage des enfants et des habitants du quartier.

Organisé par :
● Mouvement de la Paix 66,
● Association France Palestine Solidarité 66,
● La ligue des droits de l’Homme 66,
● Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les
Peuples 66

60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie

Dans le cadre de « La Semaine anticoloniale »
le Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, dont la LDH 66 est membre,
vous invite à une soirée en hommage
à toutes les victimes de cette sale guerre coloniale
et pour la fraternité entre les peuples français et algérien

A BAS LE SOMMET EUROPE-AFRIQUE

SOLIDARITE AVEC LES FAMILLES DE VICTIMES MORTES AUX FRONTIERES !

HALTE A LA REPRESSION CONTRE LES SANS PAPIERS EN LUTTE !

Depuis janvier 2021, Emmanuel Macron, président de l’Etat français, se trouve officiellement à la tête du conseil de l’Union Européenne. Parmi ses premières initiatives, la tenue les 17 et 18 février prochain, à Bruxelles, d’un sommet “Afrique-Europe”. Derrière toute la rhétorique du président français sur le lancement d’une nouvelle alliance entre l’Europe et l’Afrique, se cache les mêmes intérêts de toujours: augmentation des investissements capitalistes, pillage des ressources du continent africain, opérations militaires, soutien aux dictatures collaboratrices, et signature d’un nouveau “pacte migratoire européen” contre les migrantes et les migrants qui tentent de survivre au milieu de ce système mortifère en quittant l’Afrique pour se rendre en Europe. Tandis qu’en haut lieu, les gouvernements européens prétendent piétiner un peu plus encore les principales victimes du pillage du continent africain, les morts ne cessent d’augmenter aux frontières de l’Europe: depuis 2014, plus de 20 000 personnes ont perdu la vie en tentant de se rendre en Europe, dans l’indifférence la plus totale.

Année après année, nous assistons aux massacres en cours aux frontières et dans les lieux de détention conçus pour décourager les départs des personnes migrantes. Nous ne pouvons pas oublier ces victimes ! Nous ne voulons pas rester silencieux face à ce qui se passe ! En mémoire du massacre d’El Tarajal à Ceuta, et en écho aux mobilisations qui ont (eu) lieu ce 6 février dans toute l’Europe pour dénoncer les violences et les morts aux frontières, nous appelons en tout premier lieu à soutenir les luttes en cours pour exiger la vérité, la justice et la réparation pour les victimes de la migration et leurs familles !

Face à l’hypocrisie de ce sommet “Europe-Afrique”, nous souhaitons également rappeler le traitement infligé par Emmanuel Macron aux sans-papiers partis manifester contre le sommet France-Afrique à Montpellier, en octobre dernier. Alors que le chef de l’Etat français et l’intellectuel Achille Mbembe, organisateurs du sommet, avaient soi-disant invité la jeunesse africaine à venir s’y exprimer, les collectifs de sans-papiers venus sur place pour s’exprimer publiquement n’ont rencontré pour interlocuteurs que les forces de police venues pour les contrôler et les embarquer, condamnant cinq sans-papiers de la région parisienne à un bannissement administratif à vie, dans l’arbitraire le plus total. Depuis l’Europe d’en-bas à gauche, nous appelons à lutter contre les mesures de banissement administratif et à soutenir les “5 de Montpellier” et tous les sans-papiers criminalisés !
En 2017, dans un communiqué intitulé “En haut les murs, en bas (et à gauche) les brèches, nos frères et soeurs zapatistes du Mexique écrivaient: “Le monde ne s’est pas transformé en une gigantesque mégalopole sans frontières, mais en une grande mer secouée par une tempête qui n’a aucun antécédent de similaire magnitude. A l’intérieur, des millions de déplacés (qui sont, avec fracas médiatique, rassemblés sous le nom de « migrants ») naufragent dans de petits bateaux, avec l’espoir d’être sauvés par le gigantesque navire du grand Capital. Mais, non seulement il ne le fera pas. Lui, le grand Capital, est le principal responsable de la tempête qui menace déjà l’existence de l’humanité entière. (…) Le drapeau de « liberté, égalité et fraternité » avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut. Au final le système se dévoile et montre son vrai visage et sa véritable vocation. « La guerre toujours, la guerre partout », murmure l’emblème du superbe navire qui navigue sur une mer de merde et de sang. C’est l’argent, pas l’intelligence artificielle, qui combat l’humanité dans la bataille décisive : celle de la survie”.

Face à cela, elles et ils enjoignaient à“s’organiser avec autonomie, à résister et à se rebeller contre les persécutions, les détentions et les déportations. Si quelqu’un doit s’en aller, que ce soit eux, ceux d’en haut.
Chaque être humain a droit à une existence libre et digne à l’endroit qui lui paraît le plus approprié, et a le droit de lutter pour y rester. La résistance aux détentions, évacuations et expulsions est un devoir, tout comme il est un devoir de soutenir ceux qui se rebellent contre ces actes arbitraires QUELLES QUE SOIENT LES FRONTIÈRES. Il faut faire savoir à tous ces gens qu’ils ne sont pas seuls, que leur douleur et leur rage est observée même à distance, que leur résistance n’est pas seulement saluée, mais aussi soutenue, même si c’est avec nos maigres possibilités (…)

Le moment est venu de créer des comités de solidarité avec l’humanité criminalisée et persécutée. Aujourd’hui plus que jamais auparavant, leur maison est aussi la nôtre”.

Dans toute l’Europe d’en bas à gauche, il est temps d’agir ensemble et de renforcer nos liens et nos solidarités face à ces murs qui s’élèvent toujours un peu plus, cette criminalisation chaque fois un peu plus forte et ces frontières chaque jour plus injustes et meurtrières !

DEPUIS EN BAS A GAUCHE, SOLIDARITE ENTRE LES PEUPLES !
A BAS LE SOMMET EUROPE-AFRIQUE !
A BAS LES FRONTIERES !

SOLIDARITE AVEC TOUTES LES VICTIMES MORTES
AUX FRONTIERES DE CE SYSTEME CRIMINEL !

NON AUX MESURES DE BANISSEMENT ET DE DEPORTATION !

SOLIDARITE AVEC LES “5 DE MONTPELLIER” ET TOUS LES SANS PAPIERS !

DEPUIS L’EUROPE D’EN-BAS, A GAUCHE :

SIGNATURES : Papiers pour tous/Coalition internationale en Europe et Abya Yala, Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (Paris, France), Attac France, Collectif Paris-Ayotzinapa (France-Mexique), Collectif Chiapas – Ariège, Réseau des honduriennes migrantes (Etat espagnol), Centre de documentation sur le zapatisme – Cedoz (Etat espagnol), Assemblée de solidarité avec le Mexique (pays de Valencia), Lumaltik Herriak (Pays Basque), Colectivo TIERRA CATRACHA (Barcelone), Ass. Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone), Stop Mare Mortum Sants, Hostafrancs i la Bordeta (Barcelone), Espai Feminista de Sants (Barcelone), Collectif TIERRA CATRACHA (Barcelone), Collectif Action solidaire (Vienne, Autriche), Asamblée libertaire auto-organisée Paliacate Zapatista (Grèce), LegalisierungJetzt Berlin (Allemagne), GlobalExchange (USA), La Resistencia (UE), Latino Advocacy (UE), NuestraRedMX (Mexique) et d’autres encore

Mon Espace Santé : trop de doutes et trop de risques !

Publié le mardi 18 janvier 2022, par SMG (Syndicat de la Médecine Générale)

La gestion de la crise de la Covid-19 par le président Emmanuel Macron et son gouvernement a soulevé de nombreux questionnements en termes de respect des droits fondamentaux et de prises de décisions démocratiques.

Dès le 19 janvier 2022, la création de Mon Espace Santé concernera les 65 millions de Français·e·s. Après l’échec du DMP [1], le gouvernement a choisi le passage en force : une création de dossier numérique automatique pour chaque Français·e sans consentement libre et éclairé!

Mon Espace Santé rassemblera des services comme un dossier médical numérique, une messagerie sécurisée, un agenda de rendez-vous, et un panel de services numériques concernant la santé à travers des applications. Autant dire un nombre important de données de santé, qui sont par nature sensibles car touchant à notre vie privée.

Un passage en force du gouvernement et une négation des principes démocratiques

Alors que ce dispositif était prévu par MaSanté2022 et que l’expérimentation avait déjà commencé dans 3 départements depuis fin août 2021, il aura fallu attendre la fin d’année pour que paraissent l’ensemble des décrets d’application. Comme pour le Health Data Hub (plateforme partagée des données de santé), le gouvernement met encore une fois en œuvre de nouveaux outils numériques utilisant des données personnelles avant de rendre public les modalités de fonctionnement.
Alors que tout le monde a l’esprit occupé par la situation sanitaire liée à la Covid, cette précipitation dans la mise en œuvre est-elle démocratique?
Comment le gouvernement compte-il, en si peu de temps, informer les personnes pour que chacun·e puisse comprendre, et consentir ou refuser?
Un bilan portant sur l’amélioration potentielle de la santé des usager·e·s dans les 3 départements pilotes mérite d’être réalisé et les bénéfices prouvés avant une généralisation. L’argument que cela soit pratique pour les patient·es ne suffit pas et reste à démontrer.
Ce passage en force nuit à notre démocratie, niant toute possibilité de débat ou d’opposition.

Une négation du droit des patient·es sur le consentement libre et éclairé

Concernant la santé, le consentement se doit d’être explicite, «libre», c’est-à-dire sans pressions ni contraintes, et surtout «éclairé» par des explications précises sur les conséquences du choix de la personne, fournies par des professionnel·les formé·es.
La consultation de Mon Espace Santé par un·e soignant·e nécessite l’accord de la personne, sauf en cas d’usage du «bris de glace» [2] .
Aucun consentement n’est prévu pour que les professionnel·les y déposent des documents contenant des informations sur l’état de santé de la personne (compte-rendus, résultats, etc).

Le consentement d’une personne en un clic est fragile

Par ailleurs, le ministère de la Santé a choisi le concept d’Opt-out pour l’ouverture des espaces de santé, c’est-à-dire que le consentement est acquis de manière automatique, sauf si la personne fait la démarche de s’opposer dans un délai de 6 semaines après réception de la notification. Ceci n’est pas du consentement.
Le ministère de la Santé rompt le principe du consentement libre et éclairé développé dans les lois conquises ces vingt dernières années pour les droits des patient·es.
Que penser d’une société où «quand on ne dit pas non, c’est que c’est oui»?
Nous nous joignons aux luttes féministes qui travaillent à faire progresser la culture du consentement.
Peut-on parler de consentement lorsque les possibilités de refuser ne sont pas les mêmes pour chacun·es?

Un «consentement» automatique n’est pas un consentement! Le droit au secret médical mis en péril par la centralisation des données de santé

Le secret médical que chaque patient·e partage dans la relation de confiance avec un·e professionnel·le de santé, permet de garantir liberté, autonomie et sécurité dans les soins. Dans les données de santé, il y a des informations intimes, sur le mode de vie, la sexualité, les maladies contractées, l’état psychique, les IVG pratiquées… etc. La possibilité d’un accès direct à ces données pour tous les professionnel·le·s entraîne un risque de mésusage. Une centralisation des données de santé amène une fragilisation de la sécurité numérique. Le droit des patient.es garanti par le secret médical est directement mis en péril.

Revendiquer un service public indépendant face à la privatisation de la santé

Si le maître d’œuvre de Mon Espace Santé est la CNAM, ce sont des entreprises privées qui ont été choisies pour porter le développement technique. On ne retrouve aucune volonté politique de développer pleinement un service public du numérique en santé, mais comme souvent une délégation de services aux entreprises privées. Cette délégation nuit au service public puisqu’il perd en compétences et en indépendance. Une mise en application technique par la sécurité sociale, sur des principes de gestion paritaire et démocratique, serait pourtant le seul garant d’une indépendance et de la maîtrise de ces outils, ainsi que des données qu’ils utilisent ou produisent.

Trop de risques et trop de doutes Suivant le principe de précaution, refusons l’activation de l’Espace santé numérique

Sans garantie d’amélioration pour la santé de chacun.e,
Parce qu’aucune liberté fondamentale ne doit être bafouée,
Parce que seuls les processus de concertation démocratique peuvent servir le bien commun, 
Parce que le service public est le seul garant d’égalité,
Parce que chacun·e a le droit au respect de sa vie privée,
Nous dénonçons la mise en place de Mon Espace Santé et appelons à refuser son activation.
Nous demandons un audit indépendant et citoyen sur les bénéfices et risques de cet outil avant toute généralisation de sa diffusion.

Contact : syndmedgen@free.fr – https://smg-pratiques.info/

Retrouvez notre tutoriel pour s’y opposer.

27e rapport annuel sur « L’Etat du mal-logement en France » par la Fondation Abbé Pierre

27ème rapport de la Fondation Abbé Pierre (2022) : un réquisitoire sévère contre la politique du logement du président Macron


À moins de trois mois de l’élection présidentielle, la Fondation Abbé Pierre publie son 27e rapport annuel sur « L’Etat du mal-logement en France ». Alors que le pays est encore en proie à une grave crise sanitaire, ce rapport en dessine un portrait marqué par la précarisation de couches entière de la population, avec des conséquences visibles sur le mal-logement.

Jeunes entravés dans leur accès à l’autonomie, quartiers populaires enlisés, ménages touchés par la hausse des loyers et des prix de l’énergie, service d’accompagnement social engorgés… la crise du logement continue de fracturer en profondeur notre société.
La politique du « Logement d’abord » est restée, malgré certaines avancées, trop marginale au regard des coupes budgétaires subies par les APL et le secteur Hlm, si bien que les réponses aux personnes à la rue se résument encore trop souvent à des solutions d’urgence précaires.

Enfin, la Fondation dévoile ici ses propositions pour l’élection présidentielle :

relance du Logement d’abord et du logement social, encadrement des loyers, sécurité sociale du logement, éradication des passoires énergétiques, redistribution des richesses, agence nationale des travaux d’office…

À travers ces propositions, la Fondation Abbé Pierre appelle à la mobilisation générale pour faire face à la politique du logement. Cette mobilisation nécessite de nouvelles politiques de la part de l’Etat, mais aussi une implication sans faille des collectivités locales.

La Fondation Abbé Pierre appelle les candidates et candidats aux élections présidentielle et législatives à s’emparer de ces thèmes pour ne pas se résigner à voir s’accentuer la crise du logement et les fractures qu’elle creuse dans notre société.

–> Document du 27ème rapport fondation Abbé Pierre: un réquisitoire sévère contre Macron

Corrosion et fissures : les quatre plus gros réacteurs nucléaires français à l’arrêt

Publié sur Reporterre le 16/12/2021

Quatre réacteurs ont été mis à l’arrêt par EDF, à la centrale de Civaux et à celle de Chooz, en raison d’un risque de défaillance sur une pièce essentielle en cas d’accident. De nombreuses incertitudes persistent sur les conséquences de cette découverte.

Les quatre réacteurs nucléaires français les plus puissants (1 450 MW), les derniers à avoir été mis en service (entre 1996 et 1999), sont désormais tous hors service. EDF a annoncé mercredi 15 décembre avoir détecté un problème de corrosion et de fissuration dans les circuits d’injection de sécurité — une pièce vitale en cas d’accident — des deux réacteurs de Civaux (Vienne). Le groupe a mis à l’arrêt la centrale de Chooz (Ardennes), équipée du même type de réacteurs, pour vérifier ses équipements de sécurité.

Corrosion, fissuration, circuit d’injection de sécurité? Des termes bien techniques pour évoquer un problème sur une pièce maîtresse de la sûreté nucléaire. Revenons au fonctionnement d’un réacteur. Le combustible nucléaire, qui produit la chaleur à l’origine de la vapeur entraînant les turbines, est installé dans la cuve. Ces deux entités composent ce qu’on appelle le «cœur» du réacteur. «Le cœur du réacteur est normalement refroidi par l’eau qui circule dans le circuit primaire du réacteur, écrit l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à ReporterreEn cas de brèche sur le circuit primaire, celui-ci va progressivement se vidanger, et ne pourra à terme plus assurer sa fonction de refroidissement du cœur.» S’ensuivent alors une surchauffe du combustible et, à terme, l’accident avec fusion du cœur. C’est ce qui s’est produit pour les pires accidents nucléaires jamais enregistrés, à Fukushima, au Japon, en 2011, à Tchernobyl, en URSS, en 1986 et à Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979. À moins que le cœur ne puisse être refroidi en urgence par un autre moyen : un circuit de secours. «Dans une telle situation, le circuit d’injection de sécurité permet d’injecter de l’eau borée dans le circuit primaire, afin de continuer à refroidir le cœur et, par l’effet du bore, d’étouffer la réaction nucléaire», explique l’ASN.

Or, c’est précisément ce circuit qui est abîmé à Civaux. Le 21 octobre dernier, à la suite de contrôles par ultrasons réalisés lors de visite décennale du réacteur 1 de Civaux, EDF a indiqué à l’ASN avoir découvert des corrosions et des fissurations sur des soudures des coudes de la tuyauterie raccordant le système d’injection de sécurité au circuit primaire principal du réacteur. Ces défauts pourraient empêcher le système de sauvetage du cœur de bien fonctionner en cas d’accident. «La corrosion réduit la résistance mécanique des tuyauteries concernées. Celles-ci pourraient alors rompre à la suite d’une sollicitation mécanique (par exemple un séisme) ou de l’utilisation du système d’injection de sécurité. Ces tuyauteries étant directement connectées au circuit primaire, l’eau du circuit primaire se vidangerait alors via la ou les tuyauteries rompues alors que le circuit d’injection de sécurité serait partiellement ou totalement inopérant (il fonctionne sur le principe de deux voies redondantes)», indique l’ASN.

La suite sur le site Reporterre

Nantes Révoltée : la liberté d’opinion menacée!(communiqué de la LDH)

 Nantes Révoltée : la liberté d’opinion menacée!
Communiqué LDH

Mardi 25 janvier 2022, le ministre de l’Intérieur a annoncé devant la représentation nationale qu’il engageait un processus de dissolution administrative du média indépendant « Nantes Révoltée ». Cette nouvelle démarche du gouvernement constitue une étape inquiétante dans l’extension d’un outil politique de sanction collective attentatoire aux libertés fondamentales.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a alerté à maintes reprises sur ces dérives. Elle rappelle que la liberté de la presse et plus largement la liberté d’expression, d’opinion et de libre critique sont des piliers fondamentaux sans lesquels le débat démocratique serait profondément entravé. Elle rappelle également que le gouvernement tire justement sa légitimité de ce processus démocratique. Si la liberté d’informer connaît des limites légales, l’intervention première du juge judiciaire, seul garant constitutionnel des libertés individuelles et d’indépendance, doit rester la voie privilégiée.

La multiplication de l’usage abusif de la dissolution administrative s’inscrit actuellement dans une volonté délibérée du pouvoir exécutif d’intimider et dans certains cas de réduire au silence les voix de contestation politique, bridant la liberté d’association et la liberté d’informer. La LDH agira, aux côtés de tous les défenseurs de l’Etat de droit et de l’idéal démocratique, pour contrarier ce projet visant à déstabiliser les équilibres institutionnels au profit du seul pouvoir exécutif.

La LDH demande le retrait sans délai du processus de dissolution administrative du média « Nantes Révoltée ».

Paris, le 28 janvier 2022 

Nantes Révoltée : la liberté d’opinion menacée

Appel de Bien Vivre en Vallespir: consultation des habitants sur une nouvelle desserte routière

Les 29 et 30 janvier le conseil départemental veut organiser une consultation des habitants de tout le Vallespir sur une nouvelle desserte routière.
L’association Bien Vivre en Vallespir soutenue par la coordination Viure qui réunit de nombreuses associations, s’oppose fermement à ce projet.

NON à ce projet irresponsable, inutile et coûteux, conçu sans la participation des habitants. Venez vous informer et débattre démocratiquement :

  • Le 24 janvier 19h à Céret au mas Nogarède
  • Le 26 janvier 19h au Boulou (lieu à préciser)

D’autres possibilités de réunion ont été demandées pour Saint-Laurent-de-Cerdans, Reynes, pour l’instant sans réponse ou refusées.
Ces réunions se dérouleront dans le respect des règles sanitaires.
Contact : bienvivreenvallespir@gmail.com
www.bienvivreenvallespir.com

NON à une consultation précipitée et biaisée
NON au viaduc sur le Tech à Céret
NON à la destruction de lieux habités, de terres nourricières, de paysages et du vivant
NON au village touristique, au golf, à un tourisme pour privilégiés au détriment de la majorité des habitants
NON à l’étalement urbain
NON à l’augmentation de la pollution, des gaz à effet de serre,du trafic automobile
NON à la mise en péril de l’approvisionnement en eau.  POUR

  • un véritable référendum
  • un développement raisonné de TOUT le Vallespir répondant au défi majeur de l’urgence climatique
  • des transports économes en CO2, efficaces, connectés et économiques en rouvrant par exemple la ligne de train voyageur
  • Céret/Perpignan et en adaptant les fréquences de passage des transports collectifs aux besoins réels des habitants du Vallespir
  • une vraie prise en charge des nuisances subies par les riverains de l’avenue des Aspres à Céret et celles déjà présentes sur la route de Maureillas
  • une croissance de la qualité de vie des habitants du territoire
  • la préservation des espaces naturels protégés, des terres agricoles et de la ressource en eau
  • un tourisme de proximité respectueux des atouts naturels du Vallespir et de ses habitants
  • un aménagement du territoire répondant à l’intérêt général et non à des intérêts particuliers

Et vous, que feriez-vous pour le Vallespir avec à minima
30 millions d’argent public ?

www.bienvivreenvallespir.com

5 inégalités parmi les plus choquantes

Chaque crise se caractérise par une accumulation de richesse indécente à un pôle et un appauvrissement massif à l’autre. Il n’y a aucune fatalité à cela : taxer la richesse est indispensable et urgent afin d’établir la justice sociale et l’égalité salariale entre femmes et hommes pour lesquelles la LDH a toujours combattu.

Publié par oxfamfrance le 18 janvier 2022

1. Depuis le début de la pandémie du Covid, il y a un nouveau milliardaire toutes les 26 heures dans le monde, alors que 160 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté

Aussi improbable que ça puisse paraître, la crise sanitaire a permis à certains de s’enrichir. La fortune des milliardaires dans le monde a plus augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie, c’est un record absolu ! Mais c’est aussi un record peu joyeux quand on sait que dans le même temps, des millions de personnes sont tombées dans la pauvreté. En France, 7 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire pour vivre, soit 10% de la population française et 4 millions de personnes supplémentaires sont en situation de vulnérabilité à cause de la crise.

Ou quand inégalités riment avec indécence….

2. Si quelqu’un avait pu économiser l’équivalent de 8 000 euros par jour depuis la prise de la Bastille, il n’arriverait aujourd’hui qu’à 1 % de la fortune de Bernard Arnault

Comment se rendre compte de ce que représente la fortune de l’un des hommes les plus riches du monde ? En faisant des comparaisons absurdes ! Pour avoir 1% de la fortune de Bernard Arnault, 3ème fortune mondiale, il aurait fallu économiser 8000 euros par jour depuis 1789 !

Bernard Arnault, aussi connu comme PDG de LVMH, est n°2 sur le podium des milliardaires qui ont le plus gagné d’argent depuis mars 2020 et la survenue du Covid-19. Il a gagné 106 milliards de dollars, après Elon Musk qui a gagné 268 milliards de dollars.

3. A 62 ans, un quart des 5% les plus pauvres en France sont déjà morts

Les inégalités tuent. La faim, la privation de soins de santé de qualité dans les pays pauvres mais aussi les violences basées sur le genre affectant les femmes, sont la cause d’un nombre considérable de décès. Une estimation prudente parle d’au moins 21 300 personnes par jour, soit une personne toutes les quatre secondes. En France, la précarisation tue aussi à l’autre bout de l’échelle : selon les dernières données de l’INSEE, à l’âge de la retraite (62 ans) un quart des 5% les plus pauvres sont déjà morts. Il faut attendre l’âge de 80 ans pour que cette proportion soit atteinte pour les 5% les plus riches.

4. Les hommes détiennent 50 % de richesses en plus que les femmes

En France, au Nigéria, au Brésil, au Japon… partout dans le monde, les femmes sont en première ligne des inégalités à cause d’un système économique qui les cantonne dans des pans de l’économie les plus dévalorisés. Les femmes sont majoritaires dans les métiers précaires, mal payés, pénibles, avec des horaires hachés… Ce sont tous ces métiers du soin, du médico-social, de l’aide à la personne, du ménage, des caisses des supermarchés… Elles sont aussi majoritaires dans l’économie informelle, où elles sont mal ou pas du tout protégées par des droits du travail. Ces métiers occupés à 95% par des femmes, on comprend pourquoi les hommes s’en détournent !

L’autre cause des inégalités mondiales entre hommes et femmes : les femmes sont assignées pour réaliser la majorité du travail domestique. Tout ce temps dédié à l’éducation des enfants, aux soins aux parents et grands-parents, à la collecte de bois et d’eau, au ménage de la maison, c’est du temps en moins pour travailler ou s’investir dans la vie professionnelle et sociale.

5. Le PDG du groupe Sanofi gagne plus de 409 fois le salaire moyen d’une infirmière

Ce chiffre est une illustration de l’explosion des inégalités. Comment a-t-on pu arriver à de tels extrêmes ? En 2020, le PDG de Sanofi, Paul Hudson (Directeur général de Sanofi) a gagné 11 341 342 euros. Oui, 11 millions et un peu plus de 300 000 euros. A l’autre bout de l’échelle : une infirmière en France gagne en moyenne 1 800 euros net par mois (soit 27 692 euros bruts annuels).

La crise a fait exploser les profits des rémunérations et des dividendes dans l’industrie des Big Pharma à cause des monopoles sur les vaccins détenus par les laboratoires. Les vaccins anticovid avait fait émerger 9 nouveaux milliardaires.  Et dans le même temps, les métiers de la santé sont toujours aussi peu reconnus….

Les inégalités atteignent donc toujours des sommets partout dans le monde et la France n’échappe pas à la tendance. C’est insupportable mais ce n’est pas une fatalité ! Combattre les inégalités et la pauvreté c’est possible !

Taxer les ultras riches, mettre plus d’argent dans les services publics, lutter contre les paradis fiscaux, fixer un écart de salaires maximum, interdire les versements records de dividendes… Voilà des solutions qu’Oxfam défend un monde plus juste. Vous souhaitez en savoir plus ? Retrouvez les solutions que nous défendons pour plus de justice sociale.

Israël : la colère des Bédouins du Néguev menace la coalition de Naftali Bennett

Les bédouins d’Israël souffrent depuis des décennies d’une discrimination d’Etat. Leurs villages, situés pour la plupart dans le désert du Néguev,  ne disposent d’aucun statut légal et manquent de toutes les infrastructures publiques. Aujourd’hui le gouvernement israélien veut expulser les familles et détruire leurs villages.

Publié sur liberation.fr le 14 janvier 2022

Un projet de boisement controversé sur des terres revendiquées par des Bédouins a déclenché cette semaine de violents affrontements. Le débat s’est invité au parlement israélien.

Lorsque les équipes du Fonds national juif (FNJ, Keren Kayemet Yisraelen hébreu) sont arrivées dans le Néguev dimanche dernier, afin d’y planter des arbres sous la protection de la police, elles s’attendaient probablement à rencontrer des protestations. Mais la situation a rapidement dégénéré.

Pour la troisième journée consécutive, jeudi, des affrontements ont opposé manifestants bédouins, dont certains jetaient des pierres, et forces de l’ordre israéliennes, qui ont fait usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes. Plusieurs dizaines de Bédouins, qui font partie de la communauté des Arabes israéliens, ont été arrêtés, et au moins douze protestataires, et plusieurs policiers, blessés.

Mardi, des Bédouins ont tenté de déposer des pierres le long d’une voie ferrée dans la perspective de faire dérailler un train. La voiture du correspondant du quotidien Haaretz dans le sud du pays a été incendiée. Signe de leur gravité, le Shin Bet, les services de renseignement intérieur israéliens, s’est saisi de ces deux affaires.

«Cela fait partie de la vision sioniste»

Le FNJ, un organisme fondé en 1901 et qui relève de l’Organisation sioniste mondiale, possède et supervise 13 % des terres d’Israël. Au début du XXe siècle, cette institution se chargeait du rachat de terrains aux Palestiniens. Le plan de reboisement mis en œuvre dimanche dernier prend place en partie sur une zone qui n’est pas reconnue par le droit israélien, et pourrait conduire à l’expulsion des dizaines de familles qui s’y trouvent. C’est du moins l’argument des chefs des communautés bédouines.

Même si les plantations sont limitées à des zones agricoles, ils estiment qu’il s’agit d’un plan plus large destiné à dépeupler la région des Bédouins, du moins à limiter leurs revendications sur cette zone. La plupart d’entre eux ont d’ailleurs refusé les propositions de relogement du gouvernement, arguant que ces terres leur appartenaient depuis des générations.

De son côté, le président du FNJ Avraham Duvdevani a déclaré mercredi sur la chaîne Kan : «Nous avons planté des arbres dans le Néguev pendant quinze ans, de la même manière que maintenant. […] Nous continuerons à planter dans tout le Néguev. Cela fait partie de la vision sioniste.» Il a toutefois rappelé que son organisation n’était qu’un exécutant de l’Etat, sans vision politique. Pour le gouvernement, il s’agit de terres publiques.

S’il n’est pas rare que cette région soit en proie à des conflits entre les 280 000 Bédouins qui y vivent et la police, le contexte politique est cette fois quelque peu différent. Au sein de la coalition hétéroclite formée par Naftali Bennett, arrivée au pouvoir en juin dernier, siègent quatre députés du parti musulman Ra’am (Liste arabe unie), dirigé par Mansour Abbas. Lors du dernier scrutin, 46 % des voix de Ra’am venaient des Bédouins du Néguev, ce qui explique la réaction immédiate du leader.

Reconnaissance de villages bédouins

Il a promis, mardi, que sa formation politique cesserait de voter avec la coalition en signe de protestation. Sauf qu’avec une très faible majorité de 61 députés (sur les 120 qui composent la Knesset, le parlement israélien), cette coalition dépend du soutien de Ra’am et pourrait être sérieusement fragilisée par cette défection.

Le ministre des Affaires Etrangères, Yaïr Lapid, a quant à lui appelé à un compromis et à la suspension du programme de reboisement : «Les politiciens des deux côtés doivent calmer les choses au lieu d’alimenter l’incendie.» Des négociations, en cours, prévoient la reconnaissance de dix villages bédouins. Discussions durant lesquelles les plantations dans les zones les plus litigieuses sont suspendues.

Une douzaine de localités bédouines demeurent illégales au vu du droit israélien. Lors de sa prise de fonctions, Mansour Abbas affirmait qu’avec le ralliement de son parti à la coalition, le processus de reconnaissance s’accélérerait et les besoins des populations arabes d’Israël seraient mieux pris en compte. Pour l’instant, seuls trois villages ont été reconnus, Rahma, Khashm al-Zennah et Abdah, peuplés de 4 000 personnes, tandis que les démolitions de maisons bédouines se sont poursuivies, à rythme soutenu.

Ra’am vient de faire voter une loi visant à fournir de l’électricité à des habitations construites illégalement, mais celle-ci ne touche quasiment pas les logements bédouins. Fin octobre, le gouvernement israélien a approuvé un plan de développement socio-économique de 30 milliards de shekels (environ 8,4 milliards d’euros) sur cinq ans destiné uniquement aux citoyens arabes d’Israël. Un plan inédit, qualifié d’«historique» par Mansour Abbas. Mais qui ne représente qu’environ 1 % du budget total israélien.

Contrôle des sans papiers à Cerbère : le préfet accueilli par une manifestation de soutien aux migrants!

Après la venue de Le Pen à la frontière pour affirmer sa haine des étrangers, le préfet du département a voulu en rajouter dans la surenchère anti-migrants en organisant une conférence de presse à Cerbère. Mal lui en a prit car une manifestation de soutien aux migrants l’a accueilli! Elle était organisée par un collectif d’associations dont la LDH66 faisait partie.

Publié sur lindépendant.fr le 12/01/2022

Le préfet Etienne Stoskopf était ce mardi 11 janvier, à Cerbère avec les forces de l’ordre pour des contrôles des arrivées en France en visant les immigrants sans papier. 

Des contrôles coordonnés entre police et gendarmerie sont organisés quotidiennement aux divers points frontières entre la France et l’Espagne. Ce mardi le préfet était présent avec les forces de l’ordre sur la commune de Cerbère, à la gare internationale toute proche de celle de Portbou, mais aussi au col de Belitres, et dans la traversée de Banyuls. « Depuis novembre 2020, explique le représentant de l’état, nous avons renforcé les contrôles sur l’arrivée de migrants sans papiers. Il faut rappeler que pour accéder au territoire national, il est necessaire de presenter des documents en règle. Nous appliquons la législation. » Une immigration clandestine qui vient surtout du Maghreb, du Maroc et depuis quelque temps de manière plus importante d’Algérie. 

« Cette semaine, assure encore Etienne Stoskopf, nous avons interpellé, ici à Cerbère, 125 personnes, soit presque autant qu’au passage de l’autoroute A9 au poste du Perthus-Boulou. On le voit, Cerbère devient un point chaud de passages de clandestins. » Les plaintes de nombreux riverains confirment le mouvement.

13 000 personnes renvoyées en 2021

2021 étant à ce sujet une année record dans les P.-O., avec 13 000 personnes n’ayant pas de documents leur permettant de circuler en France, donc renvoyées aux autorités espagnoles. Les passeurs – 5 rien que la semaine dernière – étant eux remis à la justice française.

Au cours d’une opération programmée « bien avant l’arrivée de la candidate à la présidentielle Marine Le Pen aux postes frontières du département ce dimanche 9 janvier », selon le représentant de l’Etat, la presse était donc conviée à mesurer les forces mobilisées.

Mais, si la présence du préfet sur le site de la gare n’avait pas été rendue publique, elle n’a pourtant pas échappé aux militants d’aide et de solidarité avec les sans-papiers. Une trentaine d’entre-eux étaient présents sur les quais pour interpeller le représentant de l’Etat. Les slogans brandis étaient sans équivoque : « Aucun être humain n’est illégal » ; « Bienvenue aux migrants » ; « Ouvrez les frontières » ; ou encore « Notre pays s’appelle hospitalité ». Une discussion s’est engagée, le préfet assurant qu’il était ouvert à tous les dialogues et qu’il ferait remonter les arguments des associations.

Denis Dupont

Kazakhstan: « Tirez pour tuer! ». Des dizaines de personnes tuées, plus de 1000 blessés, des milliers d’arrestations.

Des dizaines de personnes tuées, plus de 1000 blessés, des milliers d’arrestations: au Kazakhstan, le régime autoritaire voire dictatorial, depuis plus de 30 ans, a décidé de réprimer dans le sang une vaste révolte populaire contre les hausses des prix insupportables dont celle du carburant. Le régime ne peut se maintenir sans l’aide des forces armées du grand voisin autoritaire, la Russie de Poutine. Le président chinois Xi Jinping a apporté son soutien à la répression sanglante du régime aux abois. L’opposant kazakh Moukhtar Abliazov, réfugié politique en France, a assuré vendredi à l’AFP qu’une « révolution » était en marche dans son pays et a dénoncé l' »occupation » du Kazakhstan par des forces de Moscou.

LDH66

Kazakhstan: le président refuse de négocier et ordonne de « tirer pour tuer »

Publié sur information.tv5monde le 7 janvier 2022

Par Christopher RICKLETON AFP © 2022 AFP

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a rejeté vendredi toute possibilité de négociation avec les manifestants et autorisé les forces de l’ordre à « tirer pour tuer » afin d’étouffer les émeutes qui secouent le pays.

Il a également remercié, lors d’une allocution télévisée, son allié Vladimir Poutine pour son aide après l’arrivée sur place d’un contingent de troupes russes et d’autres pays alliés de Moscou pour appuyer le pouvoir.

« J’ai donné l’ordre aux forces de l’ordre et à l’armée de tirer pour tuer sans sommations », a déclaré M. Tokaïev, qualifiant d' »absurdes » les appels, notamment à l’étranger, à négocier avec les protestataires.

« Quel genre de négociations peut-on avoir avec des criminels, avec des meurtriers? Nous avons eu affaire à des bandits armés et entraînés (…) Il faut les détruire et cela sera fait d’ici peu », a-t-il lancé.

Le Kazakhstan, plus grand pays d’Asie centrale, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche en province après une hausse des prix du gaz avant de s’étendre à de grandes villes, surtout Almaty, la capitale économique, où les manifestations ont viré aux émeutes.

Pour M. Tokaïev, Almaty a été attaquée par « 20.000 bandits » avec un « plan clair, des actions bien coordonnées et un haut degré de préparation au combat ». Il a estimé que « ce sont les médias libres et certaines personnes à l’étranger qui jouent le rôle d’instigateur » de cette crise.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron ont pour leur part appelé à la « fin de la violence » et à la « retenue ».

Mais le président chinois Xi Jinping a salué les « mesures fortes » prises par le pouvoir kazakh contre les manifestants.

– Ordre « largement rétabli » –

Des carcasses de véhicules calcinés et flaques de sang étaient encore visibles à Almaty vendredi après-midi, mais la circulation reprenait timidement, tandis que des camions blindés de la police patrouillaient les rues, selon des journalistes de l’AFP.

La façade de la mairie, incendiée mercredi avec la résidence présidentielle, apparaissait largement noircie et de la fumée s’échappait encore des fenêtres.

Moscou a indiqué que ses militaires avaient déjà commencé « à s’acquitter des tâches qui leur étaient assignées » au Kazakhstan et que l’aéroport d’Almaty avait été « entièrement repris sous contrôle ».

Plus tôt vendredi, M. Tokaïev avait assuré que « l’ordre constitutionnel a été largement rétabli dans toutes les régions » après des jours de violences, notamment des échanges de tirs qui ont fait des dizaines de morts et plus d’un millier de blessés, selon les autorités.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 26 « criminels armés » avaient été tués et affirmé que tous les bâtiments administratifs avaient été « libérés et placés sous protection accrue », avec 70 points de contrôle établis dans le pays.

Les forces de l’ordre ont rapporté avoir 18 tués et 748 blessés dans leurs rangs. Plus de 3.800 personnes ont été arrêtées.

Ces chiffres n’ont toutefois pas pu être vérifiés de manière indépendante et le gouvernement n’a fourni aucun bilan pour les civils hors manifestants.

« L’opération antiterroriste se poursuit, les militants n’ont pas déposé les armes. Ceux qui ne se rendent pas seront éliminés », a ajouté M. Tokaïev vendredi.

– Colère contre l’ex-président –

Les autorités avaient dans un premier temps tenté de calmer les manifestations, sans succès, en concédant une baisse du prix du gaz, en limogeant le gouvernement et en instaurant un état d’urgence et un couvre-feu nocturne dans tout le pays.

Au-delà de la hausse des prix, la colère des manifestants est notamment dirigée contre l’ex-président autoritaire Noursoultan Nazarbaïev, qui n’a fait aucune apparition publique depuis le début des troubles.

Âgé de 81 ans, celui-ci a régné sur le pays de 1989 à 2019 et conserve une grande influence. Il est considéré comme le mentor du président actuel.

L’opposant kazakh Moukhtar Abliazov, réfugié politique en France, a assuré vendredi à l’AFP qu’une « révolution » était en marche dans son pays et a dénoncé l' »occupation » du Kazakhstan par des forces de Moscou.

« Je considère que c’est la fin du régime, la question, c’est seulement combien de temps cela va prendre », a-t-il dit.

Certains médias kazakhs ont affirmé que M. Nazarbaïev et sa famille avaient quitté le Kazakhstan, mais ces informations n’ont pas pu être vérifiées de source indépendante.

Lire aussi cet article en libre accès du Monde:

Au Kazakhstan, les violences font de nombreuses victimes, près de 2 300 manifestants arrêtés

Au Soudan, trois manifestants tués lors d’une nouvelle mobilisation contre le pouvoir militaire

Le coup d’état du 25 octobre du général Abdel Fattah al-Burhane a fait 60 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants. Depuis le mouvement populaire continue malgré la répression de la contestation avec son cortège de morts et de blessés. La FIDH, dont la LDH est membre, condamne fermement cette répression. Le mouvement social pour reconquérir les libertés, les droits humains et la Démocratie ne s’arrêtera pas.

Communiqué de la FIDH du 28 octobre 2021

Publié sur information.tv5monde le 6/01/2021

Mise à jour 06.01.2022 à 20:00 AFP © 2022 AFP

Trois manifestants ont été tués par balles jeudi dans la capitale Khartoum et sa banlieue où, comme dans le reste du pays, des milliers de Soudanais se sont de nouveau rassemblés pour protester contre le pouvoir militaire, selon des médecins et des témoins.

Ces trois manifestants ont été tués par des tirs « des forces putschistes », selon le Comité central des médecins, une association indépendante.

Deux d’entre eux ont été tués à Oumdourman, en banlieue de Khartoum, dont l’un atteint « à la tête » et l’autre « au bassin », et un troisième a été tué dans la capitale, touché « à la poitrine par des tirs à balles réelles », selon la même source.

Ces médecins ont en outre fait état de plus de 300 blessés touchés notamment par des tirs à balles réelles, des tirs de balles en caoutchouc ou de lacrymogènes.

Les nouveaux décès surviennent au lendemain d’un appel de Washington à « cesser l’utilisation de la force létale contre les manifestants » au Soudan, où les autorités nient le recours aux tirs à balles réelles face aux manifestations.

Au total, depuis le coup d’Etat mené par le général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre 2021, la répression des manifestations contre l’armée a fait 60 morts et des centaines de blessés, selon la même source.

A Khartoum, les manifestants avançaient vers le palais présidentiel et le QG de l’armée tandis que les forces de l’ordre tiraient des lacrymogènes pour tenter de les disperser.

En dépit d’une répression meurtrière, l’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la révolte contre le dictateur Omar el-Béchir déchu en 2019 et contre l’armée depuis le putsch du 25 octobre, avait appelé à de nouvelles manifestations pour réclamer un pouvoir entièrement civil.

« Nous continuerons à manifester jusqu’à ce que nous ayons remis sur les rails notre révolution et notre gouvernement civil », a martelé Mojataba Hussein, un manifestant de 23 ans.

« Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce que nous ayons retrouvé notre pays », a renchéri la manifestante Samar al-Tayeb, 22 ans.

Jouant des percussions et entonnant des chants patriotiques, les manifestants ont brandi des pancartes avec les photos de personnes tuées par la répression des forces de l’ordre depuis le coup d’Etat.

– Manifestations en province –

Hors de la capitale, de nombreux Soudanais manifestaient aussi à Port-Soudan (Est), Atbara (Nord) et à Wad Madani (Sud), ainsi que dans les Etats de Darfour-Centre et Darfour-Sud, selon des témoins.

A Atbara, les manifestants ont appelé le général Burhane, qui a marqué un coup d’arrêt à la transition vers un pouvoir entièrement civil, à « rendre les clés du pays et à partir ».

A Wad Madani, la foule scandait: « il n’y a d’autorité que celle du peuple », tout en exigeant que les militaires « retournent dans leurs casernes ».

« Non, non au pouvoir militaire », martelaient encore des manifestants dans le Kordofan-Nord, dans le centre du pays.

Les militaires sont seuls aux commandes depuis la démission dimanche du Premier ministre Abdallah Hamdok, visage civil de la transition lancée après l’éviction en 2019 du général Omar el-Béchir par l’armée sous la pression de la rue, faisant craindre un retour à la dictature.

« J’ai tenté de mon mieux d’empêcher le pays de glisser vers la catastrophe, alors qu’aujourd’hui il traverse un tournant dangereux qui menace sa survie », a alors déclaré M. Hamdok, à l’issue d’une nouvelle journée de manifestations violemment réprimées.

– Appel au dialogue –

« Il n’y a aucun intérêt à ce que se prolonge le vide étatique », a déclaré jeudi l’un des conseillers du général Burhane, Taher Abouhaga, cité par l’agence de presse officielle Suna.

« Ce vide doit être comblé au plus vite », a-t-il ajouté, laissant entendre que le pouvoir se préparait à nommer un nouveau Premier ministre.

Le général Burhane, qui a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, promet toujours des élections pour juillet 2023.

Or les Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Norvège ont exhorté mardi les militaires soudanais à ne pas nommer unilatéralement un nouveau chef du gouvernement.

Cela « saperait la crédibilité » des institutions de transition « et risquerait de plonger le pays dans un conflit », ont-ils averti.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé les forces de l’ordre soudanaises à « cesser l’utilisation de la force létale contre les manifestants ». Il a aussi dit souhaiter un « dialogue mené par les Soudanais et aidé par (la communauté) internationale ».

Chili. Avec Gabriel Boric, la victoire de la démocratie sur les vestiges de la dictature

Cette défaite des droites extrêmes au Chili est le fruit des mobilisations populaires depuis trois ans contre les politiques néolibérales régressives en matières de droits sociaux et libertés. La jeunesse était le fer de lance de cette contestation massive. Cette victoire des forces progressistes aura certainement des répercussions sur les résistances en cours dans les différents états autoritaires du continent. Mais l’évènement a déjà une portée internationale dans notre combat pour les droits, les libertés, la démocratie.

Publié le 20/12/2021 sur humanite.fr , par Rosa Moussaoui

Victoire historique du candidat du bloc de gauche, Gabriel Boric. L’ancien responsable étudiant, à la tête d’une  alliance allant du parti communiste au centre gauche, devient le nouveau président du Chili,  et l’emporte avec près de 56 % des voix contre le candidat d’extrême droite, José Antonio Kast, zélateur du pinochétisme. Les premiers mots de Boric : « plus de droits sociaux » tout en étant « fiscalement responsable ».

Postée sur les réseaux sociaux par le député d’ultradroite Gonzalo de la Carrera, l’image est aussitôt devenue virale. Elle figure le candidat de gauche à l’élection présidentielle, Gabriel Boric, cheveux en bataille, l’air grave, avec, à l’arrière-plan, des manifestants mettant à bas des barrières plaza de la Dignidad, l’épicentre de la révolte sociale de 2019, dans le centre de Santiago du Chili. Commentaire : « Voilà comment Boric envisage de réformer les carabiniers. »

Mise en scène du désordre pour susciter le rappel à l’ordre

Le cliché d’origine, avant falsification, raconte une tout autre histoire : il s’agit d’une photo de lui-même prise par Boric au milieu des inondations provoquées, en 2016, par le débordement du fleuve Mapocho après de fortes pluies. Voilà un parfait condensé des méthodes déployées par les partisans de José Antonio Kast, le candidat d’extrême droite que Gabriel Boric, qui porte les couleurs de la gauche antilibérale, affrontait au second tour, ce dimanche 19 décembre. La mise en scène d’un désordre supposé pour susciter le rappel à l’ordre, l’usage décomplexé de fausses nouvelles, de rumeurs et d’accusations sans fondements se doublent d’une campagne haineuse visant les communistes chiliens, alliés de Boric. Ceux-là sont accusés de vouloir transformer le pays en « Chilizuela », en référence au Venezuela de Nicolas Maduro, que Kast qualifie au même titre que Cuba de « dictature » pour mieux faire oublier les crimes de masse de la junte militaire d’Augusto Pinochet.

Ce duel de second tour, dans un Chili à la croisée des chemins, dessine une société fracturée par les profonds clivages que la dictature a laissés en héritage et que la transition démocratique placée sous le signe de la concertation n’a pas su combler.

Gabriel Boric, la rupture radicale du modèle économique ultralibéral 

À gauche, Gabriel Boric, 35 ans, député depuis 2014, figure du mouvement étudiant de 2011, peau tatouée, airs adolescents et débit de parole torrentueux, incarne une génération qui a surmonté la peur, brisé le consensus et réinvesti l’espace public pour y affirmer une mise en cause radicale du modèle économique ultralibéral légué par Augusto Pinochet. «  Si le Chili a été le berceau des néolibéraux, ce sera aussi sa tombe », prédisait-il en juillet au soir de sa désignation, quand la primaire de la coalition Apruebo Dignidad l’a placé en tête, devant le communiste Daniel Jadue, reprenant un mot d’ordre du mouvement populaire de 2019.

Attaché à la justice sociale, attentif aux revendications du mouvement féministe et des minorités sexuelles, avocat d’un retour des services publics, prêt à tourner la page des retraites par capitalisation et des fonds de pension, il promet de rompre avec les réflexes délégataires et le centralisme d’une « démocratie » chilienne qui porte encore les stigmates de l’autoritarisme. « Si, dans le futur gouvernement, nous commettons des erreurs, mobilisez-vous, aidez-nous à redresser le cap ! », a-t-il exhorté tout au long de la campagne. Il a défendu, lors du référendum de 2020, le oui à une nouvelle Constitution appelée à se substituer à celle de Pinochet, une option choisie par plus de 80 % des électeurs.

José Antonio Kast, dans le camp de ceux qui étrillent la Convention constitutionnelle

José Antonio Kast, lui, s’est fermement opposé à ce changement de Constitution ; il se situe aujourd’hui dans le camp de ceux qui étrillent la Convention constitutionnelle élue en mai, dominée par la gauche et les indépendants, chargée de rédiger la nouvelle loi fondamentale. Sa victoire aurait torpillé, dans les faits, ce processus constituant rendu possible par la révolte sociale de 2019. « Nous sommes intéressés à clore le chapitre de la nouvelle Constitution. J’ai voté contre le processus, mais le public a opté pour quelque chose de différent et j’espère que ce sera à la hauteur de ce que les citoyens exigent. Si (la nouvelle Constitution) ne respecte pas le droit à la liberté d’expression, à la liberté de culte, à la liberté d’enseignement, à la propriété privée, je ferai tout ce que je peux pour qu’elle soit rejetée », a-t-il prévenu.

Fils d’un officier de la Wehrmahrt encarté au parti nazi, frère d’un ministre du Travail d’Augusto Pinochet, Miguel Kast, appartenant au cénacle des Chicago Boys formés par le pape du monétarisme Milton Friedman, le candidat du Front social-chrétien n’a jamais dissimulé sa nostalgie de la dictature. « Si Pinochet était vivant, il voterait pour moi », se rengorgeait-il en 2017, alors qu’il était candidat pour la première fois à l’élection présidentielle. Il n’a pas renoncé, depuis lors, à faire l’apologie de la dictature, soutenant par exemple que « des élections démocratiques avaient lieu » et que « les opposants politiques n’ont pas été enfermés ».

Climatosceptique, opposant féroce au droit à l’IVG libre toujours dénié aux Chiliennes, prêt à réserver les aides sociales aux femmes mariées ou à creuser des tranchées pour empêcher l’arrivée de migrants, cet admirateur de Donald Trump, ami intime de Jair Bolsonaro, ne s’est pas départi de ses airs affables pour affirmer que le tortionnaire Miguel Krassnoff, condamné à plus de huit cent quarante ans de prison, « n’est pas une mauvaise personne ».

Soucieux de consolider le ralliement d’un électorat de droite et de centre droit convaincu par son programme économique et par ses sermons sur l’ordre et la sécurité, mais goûtant peu ses affichages néofascistes trop explicites, il a toutefois semblé manœuvrer en recul dans la dernière ligne droite. Il jurait de ne pas faire disparaître le ministère de la Femme, revenaitt sur ses promesses de privatisation totale de la Codelco, l’entreprise nationale dédiée à l’exploitation du cuivre, admettait qu’il faut « réformer » le système de retraites par capitalisation pour sortir de l’exclusivité des AFP, les fonds de pension.

Une campagne de second tour offensive

Gabriel Boric et ses alliés ont eux mené une campagne de second tour plus offensive, plus ancrée dans les quartiers populaires, avec l’objectif de convaincre les électeurs qui ont boudé les urnes au premier tour. Le mouvement féministe a déclaré « l’état d’alerte » face à l’extrême droite et se mobilise en faveur du candidat de gauche ; des figures de la vie culturelle ont multiplié les messages de soutien ; des organisations sociales et syndicales ont ouvertement appelé à tout faire pour empêcher la victoire de Kast. Lors du dernier débat télévisé, Boric, chemise blanche et costume sombre, s’en est vivement pris à son adversaire, qui exigeait de lui un test sanguin prouvant qu’il ne consommait pas de stupéfiants. « Je ne suis pas là pour faire un spectacle », a-t-il lancé, brandissant les analyses demandées, en renvoyant le candidat d’extrême droite à ses affaires d’évasion fiscale déballées par les Pandora Papers. Le candidat de gauche avait reçu ces derniers jours des soutiens de poids : les anciens présidents Ricardo Lagos et Michelle Bachelet ont appelé à voter pour lui : « Personne ne peut être indifférent à l’élection d’un président qui veille à ce que notre pays puisse véritablement continuer sur la voie du progrès pour tous, avec davantage de liberté, d’égalité, des droits humains respectés, un environnement durable et bien sûr l’opportunité d’une nouvelle Constitution », a expliqué cette dernière, haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Ce scrutin dont l’issue semblait incertaine s’est donc transformé en victoire éclatante dans un pays où les demandes sociales qui ont suscité l’explosion de 2019 restent en dépit de tous les contre-feux pressantes, urgentes.

Perpignan : les soutiens aux sans-papiers rassemblés « contre les discours de haine »

Près de 150 personnes ont manifesté à Perpignan leur solidarité active avec les migrants dont plusieurs étaient présents, à l’appel des associations, syndicats, partis des Pyrénées orientales et cela dans un contexte difficile. La mobilisation en solidarité aux migrants continuera de plus belle en 2022 face aux extrêmes-droites qui stigmatisent les migrants, dans un discours de haine rappelant celui du « grand remplacement » des années 30 contre les juifs…

Publié sur L’Indépendant du 18/12/2021

Près d’une centaine de manifestants a défilé ce samedi 18 décembre dans les rues de Perpignan. 

Comme dans une cinquantaine de villes en France en cette journée internationale des migrants, une manifestation s’est tenue ce samedi 18 décembre à Perpignan. À l’appel de plusieurs partis politiques, syndicats et associations, rassemblés sous l’égide du comité de soutien aux sans-papiers des Pyrénées-Orientales, ils étaient donc une petite centaine à répondre à cet appel national place République. 

« L’actualité tragique avec la mort de 27 migrants dans la Manche ainsi que le décès cet été de deux réfugiés à Cerbère nous rappellent les conséquences désastreuses des politiques migratoires à l’échelle de l’Europe et de la France » dénonce Josie Boucher, présidente de l’Asti 66. « Au moins 1 146 migrants sont morts en mer Méditerranée au cours du premier semestre 2021, soit deux fois plus que l’an dernier. Il s’agit donc de lancer à nouveau un appel pour la liberté de circulation, pour la régularisation des sans-papiers, contre toutes les formes de racisme et pour qu’enfin il existe un accueil digne des demandeurs d’asile » ajoute la militante humaniste. 

Reprochant « une ambiance saturée par les discours de haine » à l’approche des présidentielles où le thème de l’immigration est abordé « sous le seul volet négatif », les manifestants ont souhaité mettre en avant les thématiques qui leur semblent aujourd’hui être une réponse à la crise migratoire, à savoir celles « de la solidarité et de l’hospitalité »

Julien Marion

Journée Internationale des Migrants : Manifestation samedi 18 décembre à 17h Place de la République à Perpignan

A l’appel de Comité de soutien de soutien aux sans-papiers 66, Collectif Bien venue aux migrants en Conflent, ASTI, MRAP, LDH, Mouvement de la Paix, Welcome to Migrants, Nawroz en France, Bouge toit, Coup de soleil, FREE, CGT, FSU, Solidaires, CNP, PCF, NPA,

Perpignan : pour le comité de soutien aux sans-papiers, « la fermeture des frontières tue »

Publié sur lindépendant.fr le 30/11/2021

À l’appel des comités de soutien aux sans-papiers, une quarantaine de personnes s’est rassemblée ce mardi devant la préfecture.

« C’est sûr que l’on aurait aimé être plus nombreux, admettait ce mardi soir Josy Boucher une des responsables du comité. Mais nous sommes là pour rendre hommage à toutes les victimes des politiques migratoires racistes et criminelles de l’Union européenne. »

Après avoir rappelé que des dizaines de milliers de migrants, hommes, femmes, enfants ont trouvé la mort depuis des années, dont 1146 en Méditerranée au cours du premier semestre de cette année, une minute de silence a été observée en leur hommage. Pour les participants à cette manifestation pacifique devant la préfecture, la responsabilité de la France et de l’Angleterre est engagée dans la mort des 27 migrants partis de Calais pour la Grande-Bretagne la semaine passée.

« Plusieurs fois par semaine, dénonce Josy Boucher, les autorités françaises détruisent les camps de fortune contribuant au désarroi des migrants et les livrant aux passeurs. Nous appelons à des politiques migratoires respectueuses de ceux qui frappent à nos portes ainsi qu’à la libre circulation des personnes. La fermeture des frontières tue ».

Une pancarte brandie par une manifestante résumait bien les positions du comité de soutien : « Pour une Europe sans muraille ».

D. D.

27 migrants noyés dans la Manche! Encore une fois la fermeture des frontières tue!

Nous reprenons l’excellente initiative des associations de défense des droits humains de Mont de Marsan.

Ils sont des dizaines de milliers morts en mer depuis plusieurs années dont 1146 migrants en Mer Méditerranée au cours du premier semestre 2021, d’autres sont morts de froid à la frontière Est de l’Europe. Nos associations dénoncent cette situation depuis longtemps. 

Ce nouveau drame avec 27 corps repêchés dans la Manche nous interpelle d’autant plus que les malheureuses victimes sont parties de Calais pour l’Angleterre engageant directement la responsabilité des deux pays. La Grande Bretagne qui fait gérer sa frontière par la police française et la France qui n’offre pas des conditions d’accueil à la hauteur de la misère des migrants. 

Les passeurs, ces assassins en bande comme le dit le président des sauveteurs bénévoles de Calais ont une responsabilité directe. Mais ils se nourrissent des politiques migratoires européennes désastreuses, et dans le cas présent celles des deux pays concernés. Plusieurs fois par semaine les autorités françaises détruisent les camps de fortune contribuant au désarroi des migrants et les livrant aux passeurs. 

Nos organisations en appellent à des politiques migratoires respectueuses de ceux qui frappent à nos portes ainsi qu’à la libre circulation des personnes contenue dans les articles 13 et 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 

En hommage à toutes ces victimes des politiques migratoires racistes de l’Union Européenne

MARDI 30 NOVEMBRE :  À 18H MANIFESTATION DEVANT LA PRÉFECTURE – À L’APPEL DU COMITÉ DE SOUTIEN AUX SANS-PAPIERS ET DES ASSOCIATIONS DONT LE MRAP66, L’ASTI66 ET LA LDH66.

Appel citoyen à Madame Hermeline Malherbe, Présidente du Conseil Départemental et aux élus du Département des Pyrénées Orientales

Par Association BIEN VIVRE EN VALLESPIR (dont la LDH66 est membre)
Coordination Départementale VIURE


Par arrêté préfectoral n°2011209-0001 du 28 juillet 2011, a été déclaré d’utilité publique un projet routier de grande ampleur : Il devrait relier la D115 (route de Saint Jean) à la D618(route de Maureillas). Il comprendrait 3 ronds-points, 2 ponts dont 1 viaduc de 330 m de long pour franchir le Tech.

Alors que les discours officiels appellent à stopper l’artificialisation des sols, nous constatons, au contraire, que celle-ci progresse très rapidement sur notre territoire. Nous nous interrogeons sur le besoin réel de cette infrastructure qui aggraverait cette situation et ne résoudrait en rien les problèmes de circulation. Nous refusons les destructions qu’elle infligerait aux milieux naturels et agricoles.

Le projet détruirait une grande surface de terre au potentiel agronomique élevé. Cette richesse agricole est précieuse pour l’avenir du Vallespir et du département.

La construction du pont sur le Tech se ferait au détriment d’une zone fluviale magnifique et sauvage, de deux Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et d’une zone Natura2000 abritant de nombreuses espèces protégées. Elle impacterait une entité paysagère de grande qualité.

Des maisons seront détruites. Parmi lesquelles, un mas qui a toute les caractéristiques d’un « Mas d’intérêt patrimonial » : Il servit de refuge pour la Résistance sous l’occupation nazi.

De plus, cette artificialisation entraînera de nouvelles consommations d’eau alors que cette ressource est dramatiquement en baisse dans notre département. Ajoutons qu’elle
contribue aussi à aggraver le changement climatique à propos duquel la communauté scientifique nous alarme sans cesse.Dans l’intérêt des générations à venir et de la planète, l’heure est non seulement à l’arrêt de l’artificialisation mais aussi, désormais, à la renaturation des écosystèmes car « nos besoins les plus essentiels sont assurés par une Nature en bonne santé ». C’est d’ailleurs ce que préconise la loi : « climat et résilience ».

Nous vous alertons sur le désaccord de nombreux citoyens face à ce projet et leur souhait de protéger les zones agricoles et naturelles. Il est sidérant de constater une fois de plus incohérence et contradiction entre les discours politiques, les ambitions écologiques affichées et les réalisations concrètes. Cette situation contribue à une forte défiance des administrés
envers leurs élus.

Pour toutes les raisons ci-dessus avancées, nous vous demandons de retirer ce projet. En cas de consultation populaire, nous demandons que le débat préalable soit sincère et équilibré afin que chaque partie puisse s’exprimer démocratiquement.
Madame la Présidente, Mesdames et messieurs les élus, devenez désormais les acteurs de politiques publiques en faveur des biens communs environnementaux, si précieux pour tous.
Nous, citoyens du territoire, nous sommes déterminés à les défendre et à nous coordonner pour nous opposer dorénavant aux projets écocides.

Association BIEN VIVRE EN VALLESPIR
Coordination Départementale VIURE

Action envers les élus, le 23 novembre

La présidente du conseil départemental  avait convoqué les élus de la communauté de communes  à une réunion exceptionnelle hier au soir, mardi 23 novembre, salle de l’Union de Céret, pour parler du pont et de la nouvelle route.

Bien Vivre en Vallespir était présent, avec sa banderole, accompagné de plusieurs partenaires de la coordination VIURE pour marquer notre détermination à combattre ce projet. Cette action a été un succès au niveau de la participation (photos en pièce jointe).

Un dialogue informel a eu lieu avec le maire de Céret en attendant l’arrivée d’Hermeline Malherbe, la présidente du Conseil départemental. A son arrivée, nous l’avons interpellée, mais celle-ci s’est catégoriquement opposée à ce que nous rentrions dans la salle du conseil en prétextant qu’il s’agissait d’une réunion PRIVÉE. Nous avons demandé un rendez-vous avec elle et en avons obtenu un accord de principe.

Crise des migrants : cinq questions sur le mur que veut ériger la Pologne à sa frontière avec la Biélorussie

Publié sur francetvinfo.fr le 16-11-2021

En 2050 l’Europe aura 50 millions de travailleurs en moins qu’en 2015. Cela entrainera un ralentissement très important de sa croissance économique selon une étude du Center for Global Development. C’est le prolongement de la crise de vieillissement de l’Europe. Au moment où la crise climatique accentue l’ampleur des migrations du sud (Afrique) vers l’Europe c’est le moment d’ouvrir les frontières. Malheureusement les gouvernements autoritaires comme la Pologne, la Grèce , la Hongrie,… érigent des murs et des barbelés partout. C’est l’Europe-forteresse. La LDH est favorable à la libre circulation et d’installation des migrants. « De l’air, de l’air, ouvrez les frontières! »

Varsovie prévoit de construire une barrière de 180 km de long, alors que la Biélorussie est accusée de pousser des milliers de migrants venus du Moyen-Orient en direction de cette frontière de l’Europe.

« L’entreprise que nous devons mener à bien est un investissement absolument stratégique et prioritaire pour la sécurité de la nation et de ses citoyens. » Le ministre de l’Intérieur polonais, Mariusz Kaminski, a ainsi justifié, lundi 15 novembre, la volonté de son pays de construire un mur le long de la frontière avec la Biélorussie que des milliers de migrants tentent de traverser. De quoi va-t-il s’agir exactement ? La Pologne a-t-elle le droit de le construire ? Comment l’Union européenne et la France réagissent-elles ? Franceinfo répond aux questions qui se posent après cette annonce.

A quoi va ressembler ce mur ?

La construction n’a pas encore débuté : le ministère de l’Intérieur polonais a annoncé que les travaux pourraient se lancer d’ici à la fin de l’année, après la signature des contrats prévue au plus tard le 15 décembre. Les ouvriers devront se relayer 24 heures sur 24 en trois équipes, a précisé le ministère de l’Intérieur. L’ouvrage coûtera environ 353 millions d’euros et devrait s’étendre sur 180 kilomètres, soit près de la moitié de la longueur totale de la frontière séparant la Pologne et la Biélorussie, longue d’un peu plus de 400 km. La fin des travaux est prévue pour le premier semestre 2022.

Pour l’instant, difficile de savoir où se dressera exactement cette barrière. « Il semblerait qu’ils veuillent commencer la construction à quatre endroits différents en même temps. Mais il y a parfois des marécages et une autre partie de la frontière est dessinée par une rivière », détaille Dorota Dakowska, professeure de science politique à Sciences Po Aix, interrogée par franceinfo. De plus, ce mur pourrait passer par la forêt primaire de Bialowieza et constituer « un danger pour la reproduction de certaines espèces, comme le lynx ».

Pourquoi la Pologne veut-elle ériger un mur ?

Varsovie assure vouloir se « protéger » de l’arrivée de migrants à sa frontière. « Cette annonce tombe alors qu’on est dans un contexte très tendu et que les opinions publiques européennes sont opposées aux mouvements migratoires, mais la construction de ce mur ne répond pas à l’urgence humanitaire actuelle », analyse Dorota Dakowska.

Depuis la crise migratoire de 2015 liée à la guerre en Syrie, l’opinion polonaise, auparavant largement favorable à l’accueil des migrants, a fait machine arrière. « Le gouvernement du PiS, le parti au pouvoir, a réussi à faire peur aux Polonais, explique l’enseignante. Il a construit un discours anxiogène et persuadé ses électeurs que les personnes migrantes constituaient une menace ». Aujourd’hui, la Pologne est très divisée sur la question. « Entre 36 et 39% des personnes soutiennent le gouvernement et sa gestion de la frontière, autant de personnes y sont opposées », avance Dorota Dakowska.

La Pologne a-t-elle le droit de construire une telle barrière ?

« Chacun protège sa frontière comme il l’entend », rappelle à franceinfo Tania Racho, docteure en droit européen et membre du collectif Les Surligneurs. Le projet polonais apparaît « d’autant plus légal qu’il est question de renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen », ajoute-t-elle. Signé en 1985, cet accord permet aux citoyens des pays signataires de voyager librement à l’intérieur et en dehors de cette zone comme s’il s’agissait d’un seul pays. La Pologne en fait partie, mais pas la Biélorussie.

« La frontière entre les deux pays est une frontière extérieure de l’UE. Depuis les accords de Schengen, on relativise les frontières entre les pays de la zone Schengen, mais on renforce les frontières avec l’extérieur, ce qui aboutit à une conception d’Europe forteresse.« 

Dorota Dakowska, professeure à SciencePo Aix à franceinfo

Reste à savoir si la Pologne respecte la Convention de Genève relative au statut des réfugiés datant de 1951, qui énonce les droits des personnes déracinées, ainsi que les obligations juridiques des Etats pour assurer leur protection. « Le droit international oblige les Etats à accueillir les demandeurs d’asile le temps d’étudier leur demande, avance Tania Racho. En théorie, les garde-frontières devraient vérifier auprès de chaque migrant s’il est demandeur d’asile. » En cas d’actions visant à les repousser, « les garde-frontières seraient en faute par rapport au principe de non-refoulement », précise la spécialiste.

Existe-t-il d’autres murs de ce type en Europe ?

« La Pologne n’est pas le premier pays à vouloir ériger une telle barrière », observe Dorota Dakowska. L’Espagne l’a fait autour des deux enclaves de Ceuta et Melilla, sur le territoire marocain ; la Grèce sur une section, longue de 40 km, de sa frontière avec la Turquie ; la Hongrie à la frontière avec la Serbie et la Croatie. Viktor Orban a ainsi fait ériger une clôture de 175 km, équipée de miradors, de barbelés, de caméras thermiques et de détecteurs de mouvements pour un budget de 880 millions d’euros. « L’Europe doit rester aux Européens », avait-il justifié. Mais ces barrières ne sont pas forcément efficaces puisque « lorsqu’on regarde l’histoire, on voit que les murs n’ont pas toujours rempli leurs fonctions. La frontière est toujours un lieu de passage », rappelle Dorota Dakowska.

Quelles sont les réactions ?

La décision de la Pologne suscite de nombreux commentaires, mais tous les pays membres de l’Union européenne ne sont pas sur la même longueur d’ondes. « Il existe des dissensions au sein de l’UE, note Dorota Dakowska. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit qu’elle était opposée à ce que l’UE finance des barrières, mais le président du Conseil européen, Charles Michel, lui, soutient cette initiative. »

En France aussi, la question du mur divise. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a réaffirmé mardi que la France et l’Europe voulaient faire « respecter nos frontières ». La France « est en solidarité avec les pays confrontés à cette situation », a-t-il ajouté, avant d’estimer qu’il n’avait « pas de leçons à donner » à Varsovie. Clément Beaune, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, a toutefois assuré sur France 2 qu’il n’était pas « pour une Europe qui se hérisse de barbelés ou se couvre de murs ».

En Biélorussie, le pouvoir a choisi l’ironie. « Ils nous menacent de nouvelles sanctions, de bâtir un mur de cinq mètres de haut. S’ils n’ont rien d’autre à faire, qu’ils le fassent », a lancé le président Alexandre Loukachenko.

Manifestation contre les violences faites aux femmes samedi 20 novembre à 15h, place de la Résistance à Perpignan

Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles à l’appel du Collectif Droits des Femmes 66 dont la LDH 66 est membre et de Nous Toutes 66, dans le cadre de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. La place de la Résistance est près du Castillet.

COP26 : un petit pas pour les négociateurs, un rendez-vous raté pour l’humanité

Greenpeace – le 13 novembre 2021

Après avoir joué les prolongations, les négociateurs de la COP26 se sont finalement entendus samedi à Glasgow sur un texte d’accord. Las, la révolution attendue n’a pas eu lieu. Si l’objectif de 1,5° reste sur la table, les engagements pris nous mènent toujours vers un scénario catastrophique de réchauffement de +2,4°C à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, et le texte de décision finale ne contient pas de disposition suffisamment contraignante pour combler rapidement le fossé avec l’objectif de l’Accord de Paris.

Les maigres avancées obtenues sont le résultat de la mobilisation des jeunes, des leaders des communautés autochtones, des activistes et des pays qui sont en première ligne du changement climatique sans qui ces négociations auraient été un total désastre. 

L’appel à réduire de 45% les émissions de GES d’ici à 2030 est conforme à ce qu’il faut mettre en œuvre pour tenir l’objectif de +1,5° mais reste à voir comment il sera effectivement appliqué. En 2022, il sera crucial que les pays présentent des objectifs plus ambitieux. 

Plusieurs annonces ont émaillé ces deux semaines de négociations, de l’arrêt de la déforestation en 2030 aux engagements sur le méthane en passant par la coalition pour la sortie progressive du gaz et du pétrole. Sans calendrier de mise en œuvre concret ni moyens contraignants pour les faire respecter, ces engagements restent pour le moment incantatoires. Si les pays les plus riches ont finalement commencé à prêter attention aux demandes des pays les plus vulnérables à recevoir des financements et des ressources pour faire face à l’augmentation des températures, les promesses sont loin de ce qu’il est nécessaire d’apporter sur le terrain.

Sur la question centrale des énergies fossiles, leur mention dans la décision finale constitue une première encourageante dans l’enceinte des conférences climat onusiennes, tout comme est essentielle la référence à une transition juste ; mais dans le monde réel, la faiblesse du langage utilisé et les précautions ajoutées en dernière minute ne confèrent aucun caractère contraignant ni n’imposent d’échéancier concret, ce qui contribuera à accroître les retards et le décalage de la communauté internationale vis-à-vis de l’urgence climatique.

Quant à l’article 6, censé régler la coopération internationale pour réduire les émissions de CO2, il se trouve détourné de son sens initial pour autoriser la mise en place de compensations carbone massives, sous forme de marchés et de crédits inopérants et dangereux, qui risquent de vider rapidement l’Accord de Paris de toute substance. Les émissions doivent être réduites à la source, les pays riches et les multinationales doivent en porter en priorité la responsabilité.

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne climat pour Greenpeace France : “Les États les plus riches, en dépit des alertes scientifiques qui s’accumulent, se sont montrés incapables de discuter d’un calendrier de sortie des énergies fossiles. Leur trahison est double : d’abord ils refusent de mettre sur la table les financements nécessaires pour que les pays les plus vulnérables puissent faire face au réchauffement climatique, ensuite ils mettent en place des crédits carbone pour pouvoir continuer à polluer impunément, au risque de transformer l’Accord de Paris en gigantesque machine à greenwashing. Pour eux, le futur des jeunes générations et la survie de certains pays semblent pleinement négociables, mais pas les intérêts criminels de leurs industries fossiles.”

La France semble avoir abandonné sa tutelle sur l’Accord de Paris. Repris de justice climatique, Emmanuel Macron s’est pourtant permis de venir les mains vides à la COP26, sans objectif plus ambitieux de réduction des émissions de GES, ni mesures additionnelles pour combler les retards accumulés. La France s’est contentée de rejoindre des initiatives non contraignantes, comme sur la déforestation ou l’aviation, ou encore en prenant des engagements sans effet concret sur son arsenal législatif. Son ralliement in extremis à la coalition sur la sortie progressive du gaz et du pétrole n’acte en rien la fin immédiate des nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures, pourtant indispensable pour respecter l’accord de Paris, selon l’Agence internationale de l’énergie. De même, l’initiative sur la fin  des subventions internationales pour les projets d’hydrocarbures inclut une dérogation pour les projets dotés de dispositif de compensation ou de captage des émissions, et n’aura donc probablement aucun impact par exemple sur le soutien public de l’Etat au méga-projet gazier de Total en Arctique. Bref, de l’affichage facile en fin de quinquennat. Il devra en être tenu responsable dans les urnes. La priorité diplomatique française s’est portée ailleurs : parvenir à faire intégrer le gaz dans la taxonomie verte européenne, quitte à faire capoter un Green Deal déjà poussif.”

Emmanuel Macron annonce la construction de nouveaux réacteurs : l’amnésie et le mépris de la démocratie en marche !

Communiqué de presse du réseau Sortir du nucléaire – 10 novembre 2021

Lors de son allocution du mardi 9 novembre, pêle-mêle au milieu d’autres annonces sur la situation sanitaire, les retraites et le chômage, Emmanuel Macron a déclaré que la France se lancerait dans la construction de nouveaux réacteurs. Une déclaration floue, mais révoltante par son aveuglement sur la situation de l’industrie nucléaire et son mépris pour la démocratie.

Le chantier de l’EPR de Flamanville, en cours depuis 2007, est un fiasco lamentable, cumulant 11 années de retard, des malfaçons en série et des coûts multipliés au moins par 4, voire presque par 6 [1]. Mais Emmanuel Macron a délibérément choisi de l’ignorer, annonçant d’ailleurs que cette relance de la construction de réacteurs aurait lieu « pour la première fois depuis des décennies » ! Avec cette amnésie délibérée, le président-candidat compte donc enliser encore plus la France dans le bourbier d’une technologie polluante, dépassée, dangereuse et coûteuse ?

L’avenir énergétique de notre pays relève de choix de société qui devraient normalement appartenir aux citoyen.nes. En annonçant ces constructions comme une évidence déjà décidée, sans même évoquer de débats préalables ni les procédures légales qui devraient précéder de tels chantiers, Emmanuel Macron révèle son immense mépris pour la population. Pour le président-candidat, la délibération sur le sujet se retrouverait donc réduite aux débats dans le cadre de l’élection présidentielle, le vote final ayant valeur de carte blanche pour mettre en œuvre son projet. Il perpétuerait ainsi la tradition du fait accompli qui a prévalu jusqu’ici en France, où le nucléaire est le fait du prince et échappe à toute délibération démocratique !

Il est inacceptable qu’Emmanuel Macron entende ainsi nous déposséder de notre avenir, alors même que plusieurs études récemment publiées, qu’il s’agisse des travaux de RTE ou du scénario négaWatt, montrent que nous pouvons avoir le choix de notre futur énergétique : une France 100% renouvelable est possible, sans rupture d’approvisionnement et dans l’atteinte de nos objectifs climatiques.

Enfin, il est indigne de voir Emmanuel Macron, en pleine COP26, invoquer l’argument climatique pour justifier la construction de nouveaux réacteurs. Alors que la France vient d’être condamnée pour son inaction climatique, le chef de l’État propose donc de se lancer dans des chantiers longs, coûteux et sujets aux retards ? Tabler sur de nouveaux réacteurs pour produire l’électricité « bas-carbone » de demain serait la plus sûre manière de rater nos objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

L’annonce d’Emmanuel Macron, destinée à détourner l’attention de son inaction climatique, est d’autant plus révoltante que les services de l’État sont parfaitement conscients que les nouveaux réacteurs dont rêve EDF risquent d’être opérationnels bien plus tard qu’annoncé, comme indique un document fuité récemment par Contexte.com. Sans parler des difficultés de financement dont s’inquiétait un rapport de juillet 2020 de la Cour des Comptes sur la « Filière EPR ».

Nous appelons à faire barrage à ces projets de nouveaux réacteurs, qui enferreraient la France pour des décennies supplémentaires dans l’impasse d’une technologie dangereuse, polluante, dépassée et productrice de déchets ingérables. Ne nous laissons pas voler notre avenir !Contact presse :Martial Chateau – 06 45 30 74 66Note :

[1] Alors que la dernière estimation d’EDF s’élève à 12,4 milliards d’euros (contre 3,3 à l’origine), la Cour des Comptes a évalué en 2020 le coût total du chantier à 19,1 milliards d’euros.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Castanyada de soutien aux sans papiers au parc ECOFFIER à ALENYA le dimanche 7 novembre à partir de 15H

Organisé par le Comité de soutien aux sans-papiers 66 dont La LDH 66 est membre

15H/ présentation de l’ ANAFE (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)

et enjeux de l’observation des droits des personnes à la frontière par Margot Bonis, du réseau Hospitalité.

17h : châtaignes, vin primeur et musique

votre solidarité est nécessaire…

64 ORGANISATIONS CONTRE LA LOI « DRONE 2 »

La LDH66 soutient l’appel.

Publié le 19 octobre 2021 sur laquadrature.net

Lettre ouverte contre la loi « Drone 2 »

Le gouvernement est de retour pour autoriser les systèmes de surveillance qui, d’abord prévus dans la loi Sécurité globale, avaient été censurés par le Conseil constitutionnel en mai 2021. Cette nouvelle loi « relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure », a déjà été adoptée par l’Assemblée nationale le 23 septembre dernier. Le Sénat l’examinera le 18 octobre. Il doit la rejeter : contrairement à ce que prétend le gouvernement, ces systèmes de surveillance nuiront tant à notre liberté qu’à notre sécurité, dès lors qu’ils organisent l’escalade technologique des violences policières.

Les articles 8 et 9 autoriseront la surveillance par drone, hélicoptère et voiture. Depuis plus d’un an, la police déploie illégalement des drones pour nous surveiller, malgré deux interdictions du Conseil d’État, une sanction de la CNIL et une censure du Conseil constitutionnel. Les drones sont inutiles aux actions de médiation, d’apaisement et de dialogue avec la population. Ce sont des outils démultipliant les capacités de surveillance et de contrôle, qui facilitent avant tout les interventions violentes de la police, notamment en manifestation afin de dissuader les militant·es d’exercer leurs libertés de réunion et d’expression politique.

L’article 7 autorisera la vidéosurveillance des cellules de garde-à-vue. Le gouvernement prétend agir pour « diminuer les risques de suicide, d’automutilation, d’agression », comme s’il se souciait soudainement du bien-être des personnes qu’il réprime. Plutôt que de protéger les personnes arrêtées, il s’agira de renforcer les pressions et violences psychologiques causées contre elles par l’enfermement et une surveillance de chaque instant sans aucune garantie ni limitation sérieuse.

L’article 16 autorisera la police à recourir à la violence physique pour obtenir les empreintes digitales et la photographie des personnes suspectées d’avoir commis une infraction punissable d’au moins trois ans de prison. Cette violence pourra s’exercer contre des enfants de 13 ans, pour peu que la police les suspecte d’avoir commis une infraction punissable de cinq ans de prison. Les empreintes et photos ainsi obtenues pourront être recoupées avec les fichiers de police existants, notamment par reconnaissance faciale.

Cette loi organise un monde où les développements technologiques renforcent et justifient les violences que la police peut exercer contre la population. Cette escalade de la violence ne repose sur aucun besoin objectif qui serait soutenu par des études ou des chiffres concrets. Elle ne semble viser qu’au développement d’un État policier qui, une fois en place, ne s’encombrera pas des limites que le droit aurait tenté de lui poser (les quatre interdictions rendue l’an dernier n’ont pas empêché la police de déployer des drones, encore aujourd’hui1).

Pour ces raisons, l’ensemble de ces mesures doivent être rejetées.

Ces dispositifs de surveillance ne sont pas les seuls dans cette loi susceptible de poser bien d’autres problèmes, pour aller plus loin :

Liste des signataires

Perpignan : marche blanche en hommage à Othmane, ce jeune SDF retrouvé pendu au grillage du centre d’hébergement

Cette marche était initiée par l’association Au coeur de l’Humanité, à la quelle se sont jointes d’autres organisations dont la LDH-66. De nombreux SDF meurent dans la rue chaque année en France. A Perpignan : Françoise morte en 2020 après 6 ans de vie dans la rue; François SDF tué à l’arme blanche en 2019,…Pour la LDH, un toit c’est un droit d’urgence.

Publié sur lindépendant.fr le 25/10/2021 

Le décès d’un jeune SDF, retrouvé pendu dans la nuit de ce samedi à dimanche devant le centre d’hébergement d’urgence sociale (CHUS), implanté à proximité de l’hôpital de Perpinan, suscite l’émotion des sans-abri qui l’avaient côtoyé et de l’association Au cœur de l’humanité. Laquelle organise une marche blanche ce mercredi 27 octobre pour « sensibiliser à la situation extrêmement tendue dans la rue depuis l’épidémie de Covid, notamment pour les jeunes femmes, face à la saturation des centres d’accueil et la violence croissante ».

« La situation est catastrophique, on ne s’en sort plus. C’est le désespoir », déplore Sarah Houcine, une des responsables d’Au cœur de l’humanité 66, structure d’aide et de soutien aux plus démunis après le drame qui s’est noué dans la nuit de samedi à dimanche. Vers 2 h 30, Othmane, un jeune sans domicile fixe de 31 ans d’origine marocaine, en situation irrégulière, a été retrouvé pendu au « grillage du mur d’enceinte de l’hôpital, à l’arrière du centre d’hébergement de la Croix rouge », précise les services de police. Une enquête a été ouverte, confiée aux services de police du commissariat. Même si le suicide ne semble pas poser question, une autopsie a été ordonnée et devrait être pratiquée dans les prochains jours pour confirmer les causes exactes de la mort.

Dans l’attente, son décès suscite l’émoi chez les autres pensionnaires. Selon certains, Othmane était père de trois enfants. Il serait arrivé d’Espagne, de Gérone plus précisément, voilà quatre mois à la suite de difficultés familiales. Il serait alors tombé dans la toxicomanie médicamenteuse, notamment un antiépileptique et anxiolytique détourné à usage de drogue. 

Samedi vers 20 h 30, racontent certains témoins, un incident aurait éclaté. Le trentenaire, malgré le règlement, aurait été en possession d’une bouteille de soda contenant des médicaments interdits. Une autre résidente en aurait bu et aurait été prise de vomissements, alertant les responsables du centre. Le jeune Marocain aurait ainsi été évincé de la structure, en raison de « son comportement agressif ».

Il serait néanmoins resté aux abords et serait revenu vers 22 h 30 s’allonger au sol, dans la rue, sur ses affaires roulées en boule. Les forces de l’ordre ont été appelées une première fois afin de l’éloigner. Que s’est-il passé après ? À nouveau dans le secteur, il aurait vraisemblablement sauté la barrière avant qu’un « papy » hébergé au centre, ne sorte comme à son habitude au milieu de la nuit et ne découvre le malheureux.

Covid, violence, drogue et manque d’hébergement

« Ce n’est pas le premier suicide parmi les sans-abri et lui, apparemment, il a annoncé ce soir-là qu’il allait se tuer », s’attristent quelques compagnons de galère. « Ça écœure vraiment. Il y a d’énormes tensions. On est 5 à 6 filles, tout le reste ce sont des hommes, ajoute une jeune fille de 19 ans, abritée au centre. Depuis l’été, ils ont bloqué le nombre de places à 42 en raison d’un problème de punaises de lit. Tous les lundis, ils nous ont imposés un jour de carence où il fallait que l’on dorme une nuit dehors. Et puis, au moindre écart au règlement, on est viré, garçon ou fille, malade ou pas ».

« Pour rendre hommage à Othmane mais aussi à Stan, un autre jeune SDF de 20 ans, mort le 6 octobre dernier d’une overdose dans la rue à Perpignan et qui ne peut pas encore être inhumé dignement », l’association Au cœur de l’humanité a décidé d’organiser une marche blanche ce mercredi 27 octobre 2021 à partir de 14 heures depuis la place Cassanyes. Le cortège marchera jusqu’à la préfecture où Sarah Houcine et la présidente Flora solliciteront un entretien auprès du préfet. Les bénévoles entendent surtout réclamer que « l’on sorte toutes les jeunes femmes de 18 à 25 ans de la rue »,  dénoncer « le manque de places d’hébergement » mais aussi  « la violence accrue dans la rue à Perpignan » générée, selon Sarah Houcine, « par la crise du Covid, l’arrivée massive de migrants et le fléau de cette drogue ». « On ne peut plus faire face. Et nous vivons ces décès comme un échec ». Contacté ce lundi, le responsable de la Croix rouge n’a pas donné suite à nos sollicitations. 

Laure Moysset

Le président brésilien accusé de «crime contre l’humanité» pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19

Publié sur lavoixdunord.fr avec AFP le 21 octobre 2021

La commission d’enquête parlementaire du Sénat brésilien, sur la gestion de la pandémie de Covid-19, conclut à des crimes « intentionnels » du chef de l’État.

Une Commission d’enquête parlementaire (CPI) du Sénat brésilien a demandé mercredi l’inculpation du président Jair Bolsonaro pour 10 crimes «intentionnels» lors de la crise sanitaire du Covid-19, dont celui de «crime contre l’humanité». Alors que la pandémie a fait plus de 600 000 morts au Brésil, le président se dit « coupable de rien ».

Une Commission d’enquête parlementaire (CPI) du Sénat brésilien a demandé mercredi l’inculpation du président Jair Bolsonaro pour 10 crimes «intentionnels» lors de la crise sanitaire du Covid-19, dont celui de «crime contre l’humanité». Alors que la pandémie a fait plus de 600 000 morts au Brésil, le président se dit « coupable de rien ».

Accusé d’avoir « délibérément » exposé la population « à un risque réel d’infection de masse »
«À l’issue de six mois de travaux intenses, cette Commission parlementaire a recueilli des preuves qui montrent que le gouvernement fédéral (…) a agi avec lenteur dans le combat contre la pandémie de coronavirus, exposant délibérément la population à un risque réel d’infection de masse», peut-on lire dans ce rapport de près de 1 2000 pages.

Constituée de sénateurs de diverses tendances politiques, la CPI a rendu un verdict dévastateur pour l’image du chef de l’État, demandant également son inculpation pour «charlatanisme» ou «prévarication». La CPI a enquêté sur les responsabilités du gouvernement dans la grave pénurie d’oxygène qui a causé la mort de dizaines de patients par asphyxie à Manaus, le discours anticonfinement de Jair Bolsonaro et son déni face à la gravité du Covid. Le gouvernement est aussi épinglé pour des retards et des soupçons de corruption dans l’acquisition de vaccins.

La CPI (qualifiée de «mascarade» par Jair Bolsonaro) a été le théâtre d’auditions mouvementées, avec des témoignages émouvants et des révélations glaçantes sur des expériences sur des «cobayes humains» avec des remèdes inefficaces comme l’hydroxychloroquine.

« Crimes intentionnels »
Pour les sénateurs, les crimes cités dans le rapport sont «intentionnels», le gouvernement Bolsonaro ayant délibérément décidé de ne pas prendre les mesures nécessaires pour contenir la circulation du virus. Des accusations gravissimes, qui devraient néanmoins avoir une portée surtout symbolique pour l’heure, le président d’extrême droite bénéficiant de soutiens au Parlement à même de lui éviter l’ouverture d’une procédure de destitution. De même, le procureur général Augusto Aras, allié du président, peut faire barrage à toute inculpation.

Les fils du président ciblés pour «incitation au crime»
La CPI a également demandé l’inculpation de quatre ministres et deux ex-ministres (en France, l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn a été mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui »). Les trois fils aînés du président ont aussi été ciblés, pour «incitation au crime» par le biais de diffusion de fausses informations.

La CPI n’a pas le pouvoir d’engager elle-même des poursuites judiciaires, mais ses révélations pourraient avoir un impact politique considérable, alors que les sondages donnent déjà Jair Bolsonaro perdant face à l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à un an de la présidentielle. Le rapport sera tranmis au Parquet, seul compétent pour inculper les personnes incriminées par la CPI.

« Nous ne l’avons jamais vu exprimer ses condoléances pour le peuple brésilien en deuil»
Après les auditions de plusieurs ministres, hauts fonctionnaires ou dirigeants d’hôpitaux et d’entreprises, la CPI a pris un tour plus humain lundi, avec les témoignages de familles de victimes. «Nous méritons des excuses de la part de la plus haute autorité de l’État. Ce n’est pas une question de politique. On parle de vies», a déclaré, au bord des larmes, Márcio Antônio Silva, qui a perdu son fils de 25 ans.

«Ce que nous avons vu, c’est l’antithèse de ce qu’on pouvait attendre d’un président de la République. Nous ne l’avons jamais vu verser des larmes de compassion ni exprimer ses condoléances pour le peuple brésilien en deuil», a renchéri devant la CPI Antônio Carlos Costa, président de Rio de Paz, une ONG

Colombie : de nouvelles manifestations au 15e jour de la crise sociale

Au moins 41 morts parmi la population et les manifestants et des centaines de civils blessés victimes des forces de répression de ce gouvernement autoritaire et criminel. Cette terrible répression, la pire dans l’histoire de la Colombie, avec de nombreux viols et actes de torture, fait suite à un vaste mouvement social pacifique avec la jeunesse à sa tête. Les manifestants réclament une politique plus sociale et demandent le retrait de la réforme de la santé, qui vise à restreindre l’accès universel à des soins de qualité. Ils souhaitent également des aides pour les entreprises qui ont souffert de la crise sanitaire, ou encore l’accès à une éducation gratuite pour tous. Ils dénoncent aussi  les abus des forces de l’ordre, accusées de recourir à la violence envers les manifestants.

Publié sur francetvinfo.fr le 13 mai 2021 avec AFP

Cette mobilisation est marquée par des violences meurtrières dans ce pays dont l’économie s’est détériorée avec la pandémie de Covid-19.

La colère ne faiblit pas. Des milliers de personnes manifestaient à nouveau en Colombie, mercredi 12 mai, au 15e jour d’une forte mobilisation sociale contre le gouvernement. Ce mouvement est marqué par des violences meurtrières dans ce pays dont l’économie s’est détériorée avec la pandémie de Covid-19.

Le président de droite Ivan Duque a rencontré, mercredi, des représentants des jeunes, qui sont en première ligne de la protestation, après avoir promis pour les plus modestes la gratuité des frais d’inscription à l’entrée dans les universités publiques.

« Je vais mettre toute mon énergie, toute ma capacité et toute l’équipe gouvernementale pour que ce processus [de négociation] se passe bien », a déclaré le président lors de cette rencontre avec des étudiants à Bogota.

Au moins 42 morts

Les affrontements, qui ont marqué certaines de ces journées depuis le 28 avril, ont fait au moins 42 morts, dont un membre des forces de l’ordre, selon le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits humains.

De son côté, le ministère de la Défense, dont relève la police en Colombie, maintient un chiffre de 849 agents blessés, dont douze par armes à feu, et 716 civils mais sans préciser le nombre de ceux blessés par balles.

Il s’agit des manifestations les plus sanglantes qu’ait jamais connues ce pays de 50 millions d’habitants, appauvri par la pandémie, qui a fait près de 79 000 morts. La Colombie est également confrontée à une recrudescence de la violence des groupes armés financés par le narco-trafic.

Colombie. Les disparitions forcées et violences sexuelles dont des manifestant·e s ont été victimes

Publié par Amnesty International sur amnesty.org

7 mai 2021, 13:08 UTC

En dépit de l’indignation croissante suscitée au niveau national et international, l’intervention militarisée et la répression policière déployées face à des manifestations très majoritairement pacifiques se poursuivent dans différentes villes de Colombie. La police a recouru à la force de manière disproportionnée et sans discernement, et le nombre de signalements de violences sexuelles et de disparitions forcées est alarmant, a déclaré Amnesty International vendredi 7 mai. Les disparitions forcées et les violences sexuelles imputées aux autorités sont des crimes de droit international pour lesquels n’importe quel État est habilité à mener une enquête et lancer des poursuites.

« Les autorités colombiennes doivent garantir le droit de réunion pacifique et s’abstenir de pointer du doigt et de réprimer les manifestations ayant lieu à travers le pays depuis le 28 avril. La garantie du droit à la vie et du droit à l’intégrité physique des personnes qui manifestent de manière pacifique doit être au cœur de l’action des autorités, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques à Amnesty International.

Amnesty International a précédemment dénoncé certains agissements, comme par exemple lorsque les forces de sécurité ont employé des armes létales et à létalité réduite sans discernement. Malgré le tollé international provoqué par ces événements, l’organisation continue à recenser des cas graves de recours excessif à la force contre des manifestant·e·s. Après la vérification et l’analyse de séquences audiovisuelles, l’organisation a, par exemple, pu établir que des membres de l’unité antiémeutes de la police (ESMAD) ont tiré des grenades de gaz lacrymogène très près des manifestant·e·s à Cali. Dans un autre cas confirmé par Amnesty International, la police de Bogotá a utilisé une arme à feu contre une personne tandis que celle-ci fuyait. L’organisation a également reçu des signalements selon lesquels, le soir du 4 mai, dans le quartier Siloé de Cali, des manifestant·e·s ont été directement visés par des tirs d’arme à feu, et ont été victimes de menaces et d’actes de torture.

La garantie du droit à la vie et du droit à l’intégrité physique des personnes qui manifestent de manière pacifique doit être au cœur de l’action des autorités, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains. 

Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques à Amnesty International

…/… (la suite sur le site)

Béziers – chroniques de juillet d’une ville tenue par l’extrême droite

Communiqué de VISA-34 du 30 juillet 2020

Robert Ménard, le nouveau président de l’Agglo Béziers-Méditerranée, vient d’annoncer le lancement d’une mutuelle municipale à l’échelle des 17 communes « La mutuelle communale ». Pour l’instant 8 communes plus celle de Béziers sur les 17 ont adhéré à ce dispositif. Voici le communiqué de VISA 34 à ce propos.

Comment l’extrême droite avance masquée…

L’histoire de « la mutuelle communale » commence à Béziers, le 19 septembre 2014, le jour où Robert Ménard inaugure les locaux de Mon Béziers, ma santé, une mutuelle sociale réservée aux Biterrois, qui propose soi-disant des contrats avantageux. Mais le maire comme aujourd’hui, n’a pas trop communiqué sur la société qui pilote ce projet : Traditia.

En fait, cette entreprise spécialisée dans le courtage en assurances compte parmi ses principaux actionnaires, depuis le mois d’août 2014, un certain Robert Ottaviani. Ce dernier n’est pas un inconnu dans la faschosphère. C’est un ancien cadre du FN mais aussi un ancien chanteur de rock d’un groupe skinhead Ultime Assaut qui vantait les faits d’armes de la Légion des Volontaires Français, qui, durant la Seconde Guerre mondiale, se sont engagés sous l’uniforme allemand au sein de la division SS Charlemagne.

Mais pour Robert Ménard « Ce qui compte, ce ne sont pas les liens, c’est que l’on est la première ville à mettre en place ici une Mutuelle pour les plus pauvres. » En réalité, Robert Ménard a sollicité un ami personnel, Philippe le Gouz de Saint-Seine, connu pour être un proche de la droite nationale catholique et directeur d’une société commerciale Traditia (domiciliée à Bordeaux) et d’une filiale Traditia Medica et c’est cette dernière qui a créé cette mutuelle. Robert Ottaviani, lui est « seulement » actionnaire minoritaire de Traditia, mais également gérant de deux autres branches de la société : Traditia Immobilier et Traditia Entreprises et Professionnels.

En 2016, le journal Le monde publiait un article sur les mutuelles communales, et on apprenait encore que Robert Ottaviani était aussi un intime de Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, et de son épouse, Marie-Caroline Le Pen et que Philippe le Gouz de Saint-Seine est le gendre de l’actuel conseiller politique de Marine Le Pen pour le logement, Jean-Marc de LacosteLareymondie.

On apprenait également que c’est Christophe Pacotte, ancien dirigeant du Bloc identitaire, et premier chef de cabinet de Ménard qui a permis à Traditia de s’installer à Béziers. Et pour finir le journaliste confirmait aussi que depuis les élections municipales de 2014, ces mutuelles communales, se sont développées à une vitesse impressionnante dans les municipalités FN. Et on les retrouve au Luc-en-Provence, à Fréjus, au Pontet, à Camaret-sur-Aigues, ou encore à Hénin-Beaumont.

Aujourd’hui, Robert Ottaviani est directeur général associé de Traditia. Une belle promotion ! Mais l’aspect opaque de cette société se poursuit encore aujourd’hui car le nom de la mutuelle présentée par le maire de Béziers au Conseil de l’agglo, s’appelle « La mutuelle communale ». En fait, il s’agit bel et bien d’une branche du groupe Traditia car ils ont la même adresse et un des deux responsables, Raphaël Huré, est lui même le dirigeant du pole santé et associatif de… Traditia… Au final, il serait intéressant de savoir si les maires des 8 autres villes de l’agglomération, qui ont signé la mise en place de ce dispositif, pour une mutuelle communale privée « très particulière » et très « traditionaliste » sont au courant de l’origine de cette mutuelle.

Visa 34

Retour sur les diverses agressions de l’extrême-droite le dimanche 17 mai à Montpellier

mardi 26/05/2020 – 17:20

1 – Communiqué du local associatif Le Barricade

Alors que la manifestation des Gilets Jaunes du samedi 16 mai a été durement réprimée par les forces de l’ordre, les militants d’extrême droite de La Ligue du Midi, de l’Action française et de la Ligue des Volontaires ont complété le travail de la police.

Acte 1 : Une douzaine de fascistes croisent un journaliste indépendant montpelliérain près de la gare. A douze contre un, ils déclenchent une bagarre avant de prendre la fuite.
Acte 2 : Les même fascistes se rendent ensuite au local associatif le Barricade, lieu au service des luttes sociales où se tiennent divers ateliers gratuits et ouverts. Ils brisent la vitrine avant de repartir en direction du centre ville.
Acte 3 : Les mêmes individus se rendent à la manifestation des groupes d’extrême droite « interdite » par le préfet. La manifestation se tient pourtant sous le regard bienveillant des forces de l’ordre. Un traitement très différent de la violence déployée la veille contre les Gilets Jaunes.
Acte 4 : Des manifestants d’extrême droite menacent une journaliste de l’AFP et lui volent son téléphone. Les fascistes prouvent encore une fois leur rôle d’auxiliaires de police au service de la classe dominante.

Enhardis, les fascistes multiplient leurs minables agressions sur Montpellier, en se pensant hors de toute atteinte. Ils se trompent. Les initiatives de solidarité, les manifestations et les lieux de résistance se multiplient. Les violences de la police et de l’extrême droite ne parviendront pas à stopper les luttes sociales.

2 – Lettre au préfet de la Ligue des droits de l’Homme de Montpellier

3- Article publié sur France bleu Hérault

Manifestations à Montpellier : la police plus souple avec la Ligue du Midi qu’avec les gilets jaunes ?

GLOBAL NUTRITION REPORT SUR LE COVID-19 : SELON LES PRÉVISIONS LE NOMBRE DE PERSONNES SOUFFRANT DE LA FAIM VA DOUBLER CETTE ANNÉE

Les droits à l’alimentation et à la santé pour tou.te.s devraient être une obligation prioritaire pour tous les états et les institutions internationales. C’est pourquoi la communauté internationale et ses états devraient renforcer les systèmes sanitaires et de santé publique et transformer les systèmes alimentaires industriels injustes au profit de l’agroécologie…

Communiqués de presse du 12 mai 2020, par actioncontrelafaim.org

Le COVID-19 doit provoquer une action mondiale accrue pour mettre fin à la sous-nutrition, selon les prévisions le nombre de personnes souffrant de la faim va doubler cette année.

SELON LE RAPPORT MONDIAL SUR LA NUTRITION 2020 (GNR) LA LUTTE CONTRE LA MALNUTRITION SOUS TOUTES SES FORMES PROGRESSE TROP LENTEMENT ET DE MANIÈRE INÉGALE À TRAVERS LE MONDE.

Ce rapport tire la sonnette d’alarme alors que le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde va doubler. Action contre la Faim met en garde contre le fait que COVID-19 ne doit pas détourner l’attention du traitement et de la prévention de la malnutrition, si l’on veut éviter qu’un plus grand nombre de personnes ne meure des conséquences de la faim que du COVID-19 lui-même. Plus que jamais, dans ce contexte de pandémie, la communauté internationale doit renforcer les systèmes de santé et promouvoir des systèmes alimentaires plus équitables au cœur de la réponse face au virus.

Mais aujourd’hui, le GNR révèle qu’aucun pays n’est en voie d’atteindre les objectifs de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) concernant la réduction de toutes les formes de malnutrition. Pire encore, le GNR avertit que les progrès en matière de malnutrition sont profondément inégaux et lents – en 2018, seul un enfant de moins de cinq ans sur trois souffrant de malnutrition aiguë sévère a reçu un traitement.

Les systèmes de santé déjà fragiles sont surchargés à cause du COVID-19 et risquent d’interrompre les services essentiels de nutrition. C’est déjà une réalité dans les pays où Action contre la Faim intervient, comme au Myanmar et en Inde.

Afin de réagir efficacement et de prévenir de nouvelles crises, la communauté internationale doit renforcer et protéger les services de santé et de nutrition existants et supprimer les obstacles financiers à leur accès. Les familles ne doivent pas être obligées de se sur-endetter pour avoir accès au traitement, car leurs moyens de subsistance sont déjà affectés par COVID-19. Il est urgent de redoubler d’efforts pour parvenir à la couverture maladie universelle (CSU). La nutrition doit être un élément central pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre. Les agents de santé communautaires ont un rôle crucial à jouer à cet égard et toute formation ou soutien doivent les inclure en tant que membres clés du personnel de santé.

Le GNR a raison de se concentrer sur les limites des systèmes alimentaires qui ne permettent pas aux pays d’assurer la continuité d’une alimentation accessible, sûre, abordable, nutritive et saine. Action contre la Faim exhorte la communauté internationale à utiliser la crise de COVID-19 comme une opportunité de transformer les systèmes alimentaires industriels et injustes et de placer l’agroécologie au cœur de ce changement. Une alimentation variée et riche en nutriments doit être accessible à tous, afin d’accroître la résilience au climat et de limiter les dommages causés à la biodiversité. Nous ne devons pas attendre plus longtemps pour nous attaquer aux inégalités en matière de santé et d’alimentation, qui sont principalement le résultat de décisions politiques.

Le financement d’urgence pour lutter contre le COVID-19 ne doit pas se faire au détriment du financement de la nutrition, d’autant plus que les engagements actuels en matière de dépenses de nutrition prennent fin en 2020 – de nouveaux engagements financiers et politiques des donateurs sont nécessaires. De même, les progrès réalisés pour inclure les dépenses en matière de nutrition dans les budgets nationaux ne doivent pas être perdus.

La tenue du Sommet Nutrition 4 Growth prévue au mois de décembre à Tokyo, devra être un moment fort de mobilisation internationale autour de la lutte contre la faim – des millions de vie en dépendent.


*265 millions de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire grave en 2020, contre 135 millions en 2019
https://www.wfp.org/news/covid-19-will-double-number-people-facing-food-crises-unless-swift-action-taken

PROROGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE : DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉPOSENT UNE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE POUR ALERTER LES NEUF SAGES

Communiqué commun

L’Association pour la défense des libertés constitutionnelles (Adelico – qui rassemble des juristes éminent-e-s), la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature ont adressé dimanche 10 mai au Conseil constitutionnel une contribution extérieure. Pour la loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, approuvée samedi soir par le Sénat et l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel a fait l’objet de deux saisines, d’une part par le Président de la République lui-même, et d’autres part, par 63 député-e-s membres des groupes La France insoumise, socialiste, Gauche démocratique et Libertés et territoires.

Dans cette « PORTE ÉTROITE » (expression consacrée pour désigner ce type de contribution), les organisations relèvent toute une série de dispositions de la loi votée samedi 9 mai, qu’elles considèrent contraires à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision dans la journée de lundi 11 mai.

Ce travail collectif a été mené dans des délais records, grâce à une collaboration entre les membres de l’Adelico et plusieurs membres du RÉSEAU DE VEILLE SUR L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE (LDHSAFSM, avocats, universitaires).

Paris, le 11 mai 2020

TÉLÉCHARGER CETTE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE AU FORMAT PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre – Communiqué du Syndicat de la Médecine Générale

Pour le communiqué au format PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre

En préparation du post-confinement, l’Assurance maladie demande aux médecins généralistes de collecter des données personnelles sur leurs patient·e·s atteint·e·s du coronavirus, mais également sur leurs proches et les personnes avec lesquelles ils et elles sont en contact1. Contrairement à ce qui est avancé, ce n’est pas de la santé publique et si les médecins suivent, ils.elles trahiront leur éthique professionnelle.

Les médecins devront transmettre ces données (coordonnées complètes, résultats des tests) sur des plateformes numériques dénommées « contact Covid ». Le projet de « loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire » qui doit être adopté cette semaine2 prévoit que ces données pourront « être partagées, le cas échéant sans le consentement des personnes intéressées ». 

Les contours juridiques restent flous, un décret et des ordonnances sont annoncés dans le projet de loi. Les premiers éléments connus dessinent un système portant atteinte aux libertés et au secret médical. Et les questions restent nombreuses et inquiétantes :

– Qui aura accès à ces informations très sensibles ? La Caisse nationale d’Assurance maladie mentionne des plateformes départementales formées de personnels médicaux et administratifs des Caisses primaires d’Assurance maladie pouvant être appuyées par des « structures extérieures volontaires ».

– Quelle utilisation sera faite de ces informations ? Le but est d’identifier toutes les personnes potentiellement en contact d’une personne malade et de les confiner chez elles, donc de les priver de liberté. Le gouvernement semble toutefois, vu le tollé suscité, avoir renoncé à faire appliquer cet isolement par la contrainte.

– Comment seront conservées ces données sensibles ? Le projet prévoit une conservation des données a priori de un an, ce qui est déjà extrêmement long pour une maladie évoluant sur quelques semaines. De plus, ces données pourraient venir alimenter le Health Data Hub dont la mise en œuvre pose des problèmes de sécurisation des données3.

Nulle part, il n’est fait mention de la question du secret médical qui est donc allègrement bafoué. 

Comment considérer qu’une politique de santé publique puisse être efficace sans respecter l’éthique ? Sans le secret médical et la confiance qui en découle entre la personne soignée et le/la soignant·e ? Comment imaginer que les personnes concernées feront confiance aux professionnel·le·s de santé si elles savent que les informations qu’elles donnent seront divulguées, sans savoir à qui ?

Mépriser et infantiliser, contraindre et sanctionner n’améliorent par les conditions sanitaires. Au contraire, l’efficacité de la réduction des risques a été prouvée grâce à des pratiques d’information, de dépistage, de mise à disposition de matériel et d’autonomisation des personnes (cf. par exemple l’histoire des luttes contre le VIH ou le VHC).

Soigner n’est pas ficher, soigner n’est pas contraindre ! « contact Covid » serait un précédent très dangereux de contrôle sanitaire des populations exercé par l’intermédiaire des soignant·e·s. Les médecins ne sont pas des enquêteur·trice·s, des contrôleur·euse·s. 

L’éthique des soignant·e·s n’est pas à vendre ! Pourtant l’Assurance maladie promet, pour s’assurer de la participation des médecins, une rémunération supplémentaire en échange de ces données : majoration de 30 € de la (télé)consultation auxquels s’ajouteront 2 €, voire 4 € pour tout cas contact supplémentaire renseigné ! 

Nous, Syndicat de la médecine générale, appelons, les professionnel·le·s mais aussi les patient·e·s, et tous les citoyen·ne·s, 

– à refuser cette pratique de fichage indigne qui porte atteinte à l’éthique professionnelle et qui, en dégradant la confiance qui existe entre les soigné·e·s et les soignant·e·s, risque d’aggraver la situation sanitaire au lieu de l’améliorer.

– à promouvoir, dans le cadre de cette épidémie de Covid, une véritable politique de santé publique respectueuse de l’éthique professionnelle et s’appuyant sur la capacité des citoyen·ne·s à prendre en charge leur santé. Cela signifie la mise en place d’actions de prévention efficaces car adaptées aux territoires et fondées sur la coopération entre toutes les personnes et structures concernées, mais aussi et surtout sur les compétences et les savoirs des usager·ère·s, des professionnel·le·s et des nombreuses structures associatives et/ou militantes de terrain.

Contacts : 

Mathilde Boursier : 06.74.21.60.57

Camille Gendry : 06.76.71.39.08

Catherine Schmitt : 06.03.56.32.24

1. https://stats.info.ameli.fr/m//MDEwMDk1OTU2MzMyOTswMVAxMjY1NzM5NzU1O3N0ZXBoYW5lLmFuZHJpZXVAaWNsb3VkLmNvbTswOzIwMjAtMDQtMzBUMTc6NTI6MjQrMDI6MDA_a63HLvTUB9HPjL52nMmBTIHr98

2. https://fr.scribd.com/document/459488341/Projet-de-loi-prorogeant-l-etat-d-urgence-sanitaire-et-completant-ses-dispositions#from_embed

3. https://www.april.org/tribune-pour-des-donnees-de-sante-au-service-des-patients

Syndicat de la Médecine Général

52 rue Gallieni, 92240 Malakoff

Tél/Fax: 01 46 57 85 85

syndmedgen@free.fr – www.smg-pratiques.info

Le coronavirus menace de « génocide » les Indiens d’Amazonie : un appel urgent adressé aux autorités du Brésil

Publié sur France-Inter  (Cliquer sur le lien pour écouter l’émission))

Un appel aux autorités brésiliennes demande la protection des populations indigènes d’Amazonie contre le coronavirus, « menace extrême pour leur survie ». Leur sécurité s’est affaiblie avec la pandémie.

Le covid-19 peut-il provoquer un génocide ? Cette question grave est posée dans un appel de personnalités internationales concernant le risque que fait courir la pandémie pour une des populations les plus fragiles au monde : les derniers Indiens d’Amazonie, au Brésil.

C’est la crainte exprimée dans un appel publié hier dans la presse mondiale, et adressé aux autorités brésiliennes. Il leur demande d’agir « de toute urgence » pour protéger les indiens d’Amazonie de l’arrivée du virus, qualifié de « menace extrême pour leur survie ».

C’est le photographe franco-brésilien Sebastiao Salgado qui est à l’initiative de cet appel avec son épouse Lélia, lui qui a abondamment documenté, depuis des années, la destruction de la forêt amazonienne, habitat naturel de quelque 300.000 personnes, issues de plus de 200 peuples indigènes du Brésil.

On pense immédiatement -et l’appel de Salgado y fait explicitement référence- à ce qui s’est passé il y a cinq siècles, lorsque les colonisateurs européens sont arrivés sur le continent américain, emmenant avec eux des maladies contre lesquelles les populations indigènes n’avaient aucune immunité. Au nord et au sud de l’Amérique, elles ont été décimées par la variole, la grippe, ou encore le typhus.

Au Mexique, au XVI° siècle, la variole fut un facteur-clé dans la chute de la ville de Tenochtitlàn, la capitale des Aztèques, assiégée par les colons espagnols conduits par Hermàn Cortès. Près de la moitié de la population fut décimée par l’épidémie, et les conquistadors firent le reste.

La pandémie est bien présente au Brésil où elle a déjà fait plus de six mille morts. La position du Président Jaïr Bolsonaro fait polémique car il est dans le déni, et s’oppose à l’action des gouverneurs qui ont décrété le confinement dans les principales régions.

Le cas de l’Amazonie est particulier. Ces territoires sont en principe réservés par la loi aux peuples indigènes. Mais ils sont aussi l’enjeu, depuis des années, de la poussée incessante des lobbies économiques, orpailleurs, exploitants forestiers, ou éleveurs de bétail. Selon l’appel lancé hier, les activités illicites de ces groupes se sont accélérées ces dernières semaines parce que les autorités chargées de protéger ces territoires ont été immobilisées par la pandémie.

Résultat, selon Salgado, privée de bouclier protecteur contre le virus, la population indienne fait désormais face à un vrai risque de « génocide causé par la contamination apportée par des intrus sur leur sol ».

L’an dernier, le monde entier s’était ému des incendies géants qui s’étaient déclarés en Amazonie. Le président Bolsonaro s’était offusqué de ce qu’il qualifiait d’ingérence. Depuis, il n’a eu de cesse de défaire l’arsenal législatif qui protège l’Amazonie et ses habitants indigènes.

Cette menace sur ces populations en danger concerne, comme l’an dernier, le monde entier ; car, comme le soulignent les signataires de l’appel, « leur disparition serait une tragédie colossale pour le Brésil, et une immense perte pour l’humanité ».

Publié sur Le Journal du Dimanche  (Cliquer sur le lien pour lire l’article en entier)

L’appel urgent pour sauver les peuples indigènes du Brésil

Le photographe Sebastião Salgado et une cinquantaine de signataires dont Paul McCartney, Madonna, Naomi Campbell ou encore Meryl Streep demandent dans cette tribune que le président brésilien Jair Bolsonaro prenne des mesures pour venir en aide aux peuples indigènes face à la menace du Covid-19.

UN PROCUREUR RIDICULE MAIS DANGEREUX

Le 27.04.2020

Communiqué LDH

Le procureur de la République de Toulouse a demandé aux services de police d’intervenir au domicile de personnes ayant affiché à leurs balcons des banderoles portant l’inscription « Macronavirus, à quand la fin ? ».

Des policiers se sont donc rendus aux domiciles de ces dangereux délinquants et ont procédé à au moins une garde à vue sur le fondement juridique d’un « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ».

Outre le ridicule qui atteint le procureur et dont il ne semble pas avoir conscience, c’est sa volonté délibérée de s’en prendre à la liberté d’expression, même utilisée en termes ironiques, qui inquiète.

Chargé, aux termes de son statut, de faire respecter la liberté de tous, le procureur de la République de Toulouse use d’une incrimination pénale détournée de ses fins dans le but d’intimider et de faire taire des opposants politiques.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) attend avec impatience de savoir quelle sera la réaction du Conseil supérieur de la magistrature face à un tel zèle, mais aussi face à l’absence de suites connues données aux nombreuses plaintes déposées contre les violences commises par les forces de l’ordre au cours des manifestations de ces derniers mois.

En laissant le procureur de la République agir de manière aussi partisane, c’est l’institution judiciaire elle-même qui perd sa crédibilité.

Paris, le 27 avril 2020

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Bas les masques! Un appel de soignant·e·s pour construire un mouvement populaire

Pour information un appel de soignant.e.s

Publié sur Mediapart

  • 30 AVR. 2020

«Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un grand mouvement populaire», exhorte un large collectif de soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers, invitant tous les «premier·e·s de corvée» à les rejoindre. Elles et ils appellent à faire de «chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste». 

Nous sommes des soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers. Bouleversé·e·s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnelle·s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentielles », aux « premier·e·s de corvée », qui sont exposé·e·s pour faire tourner la machine.

Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en oeuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.

Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur.
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnelle·s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs·euses « essentiel·le·s », aux « premier·e·s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps). Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

Signataires :

L’appel est encore ouvert à signature :

> Pour les individus, signez l’appel ici.

> Pour les collectifs/organisations, signez l’appel ici.

Toulouse : une jeune femme placée en garde à vue pour une banderole sur sa maison (france3-regions)

Publié sur france3-regions

Par Laurence BoffetPublié le 24/04/2020


A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures pour avoir mis une banderole « Macronavirus, à quand la fin ? » sur sa maison. Associations, Ligue des droits de l’homme, partis poilitiques ou syndicats dénoncent ce vendredi une « police politique »

est une manifestation silencieuse qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde. A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat. On lui reproche d’avoir placé sur sa maison une banderole où était écrit « Macronavirus, à quand la fin ? »

Une banderole pour interroger les passants

Avec ses six colocataires, Raphaëlle (prénom d’emprunt) voulait « dénoncer et questionner la population sur la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19« . Alors, il y a environ un mois, ils ont affiché une banderole sur le mur extérieur de leur maison, dans le quartier de la Roseraie à Toulouse. « Macronavirus, à quand la fin ? » interroge le drap tendu.
Quelques jours plus tard, une commerçante installée en face de chez eux leur signale avoir été interrogée par la police à leur sujet. Sont-ils des squatteurs ? Des « gilets jaunes » ? A partir de là, ils notent le passage régulier de voitures de police devant chez eux.

Jusqu’au 21 avril 2020, où une patrouille de 5 policiers se présente à leur domicile. « Ils nous ont fait signe de sortir de chez nous et nous ont indiqué que notre banderole constituait une infraction » témoigne Raphaëlle. « Ils nous ont dit que c’était un message offensant envers le chef de l’Etat et nous ont demandé de retirer la banderole, ce qu’on a fait. » Ensuite, poursuit-elle, « les policiers ont exigé que l’un d’entre nous au moins donne son identité, ils ont dit qu’il n’y aurait pas de suite, que c’était simplement la procédure après une intervention policière. J’ai donné la mienne et ils sont repartis. »

Une convocation au commissariat central

Pour revenir le lendemain, avec une capitaine de police. « Là, on a refusé de sortir, alors les policiers sont rentrés dans notre jardin » explique Raphaëlle. La jeune femme se voit alors remettre une convocation pour audition l’après-midi même, au commissariat central. Elle parvient à décaler le rendez-vous au lendemain matin et contacte une avocate.

Lorsqu’elle se présente au commissariat à 11h00, le 23 avril 2020, la jeune femme apprend qu’elle est en garde à vue. « La capitaine m’a directement notifié que j’étais placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat et on m’a immédiatement placée dans une cellule. » Elle y restera 2 heures, avant de voir son avocate et d’être interrogée. « J’ai vraiment été interpellée par les conditions d’hygiène, en pleine crise sanitaire » dit-elle ce vendredi. « Les distances ne sont pas respectées, il n’y a pas de gants, pas de masques, pas de savon, pas de gel hydroalcoolique, une couverture pas nettoyée sur le matelas… »

Raphaëlle est interrogée sur l’affichage, ses opinions politiques, l’identité de ses colocataires. Et on lui signifie qu’eux aussi vont être convoqués. Elle est finalement relâchée. Sa garde à vue aura duré 4 heures. Et aura fait d’elle une citoyenne en colère.

Je suis scandalisée et écoeurée. Je voudrais juste pouvoir exercer mon droit à la liberté d’expression, surtout quand on n’a pas le droit de manifester à cause du confinement. Je suis en colère contre le système.

Une procédure disproportionnée

Pour l’avocate de la jeune femme, Claire Dujardin, « cette garde à vue est totalement disproportionnée. Elle a donné spontanément son identité, s’est présentée spontanément au commisssariat, elle aurait très bien pu être entendue en audition libre. Là, on l’a placée sous la contrainte et elle est restée 4 heures. »

C’est un abus de procédure. On détourne la procédure pour faire du renseignement ». Claire Dujardin

Une action policière disproportionnée et un délit qui n’est pas caractérisé pour l’avocate. « Ce n’est pas un outrage. C’est une banderole à caractère politique sur la façade d’une maison. Ce n’est que de la liberté d’expression, d’autant que la banderole reprend un terme publié en Une de Charlie Hebdo en janvier 2020. L’outrage ce n’est pas ça. On exprime seulement une opinion politique« . Et l’avocate de rappeler qu’en France, il n’existe plus de délit d’offense au chef de l’Etat. Il a en effet été abrogé après plusieurs condamnations de la France, notamment celle de la Cour européenne des droits de l’Homme dans l’affaire de l’affichette « Casse toi pov’con » brandie à l’intention de Nicolas Sarkozy lors d’une visite à Laval en 2008.

Emoi unanime

Ce vendredi, de nombreuses voix s’élèvent à Toulouse pour dénoncer « ces méthodes d’intimidation« . Dans un communiqué commun, la CGT 31, la FSU 31, Solidaires 31, l’Union des Etudiants Toulousains, le CNT 31, Act Up Sud Ouest, ATTAC, Copernic 31, la Ligue de droits de l’homme, le Parti de Gauche 31, Ensemble 31, GDS 31, le NPA 31, LO 31, La France Insoumise 31, le PCF 31et EELV Toulouse dénoncent d’une seule voix « un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature« .

Ils rappellent que le 29 janvier dernier, Charlie hebdo avait fait sa Une avec une caricature d’Emmanuel Macron ayant pour légende « Macronavirus ». Et s’interrogent : « Nous sommes dans cette affaire confrontés à un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature. Et pour faire respecter cela, serions-nous face à la mise en place d’une police politique qui viendra jusque dans nos logements pour nous faire retirer nos panneaux des balcons ? »

Les signataires soulignent que « depuis le début du confinement des milliers de personnes accrochent banderoles et pancartes à leurs fenêtres pour dire ce qu’elles pensent de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. C’est l’un des rares moyens que nous avons pour exprimer nos revendications, le droit de manifestation ayant été suspendu dans le cadre du confinement. »

Nous, organisations progressistes et démocratiques toulousaines, appelons à ce que ces pratiques répressives cessent immédiatement et soient condamnées par le gouvernement ou ses représentants. Le dossier doit être refermé sans aucune poursuite.

Une enquête en cours

Joint par France 3 Occitanie, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, confirme qu’une enquête a été ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et confiée à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). « Les investigations vont se poursuivre » avec des auditions et des éléments de police technique indique-t-il, tout en précisant qu’il n’y a « pas de poursuites engagées contre quiconque à ce stade, puisque l’enquête est en cours« .
De son côté, Raphaëlle s’interroge sur tous les moyens mis en oeuvre dans cette affaire. « Mobiliser autant de personnes, plusieurs équipages de police, la capitaine qui se déplace en personne, pour une simple banderole sur une maison, ça paraît fou ! » dit-elle. « J‘aurais pensé qu’on avait plus besoin des policiers ailleurs, surtout en cette période de confinement. »
On peut s’étonner en effet, de ce « déploiement » de forces pour une simple banderole. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui réclame régulièrement des moyens policiers supplémentaires pour la ville rose appréciera sans doute…

Le virus, la peur et l’étranger – Communiqué de la LDH-66

Avec la peur liée à l’épidémie revient partout dans le monde, avec force, cette barbarie, le besoin d’un bouc émissaire. Dans nos provinces, c’est le parisien qui est mis à cette place. A Perpignan, c’est le gitan, ce concitoyen présent depuis le XVe siècle, épinglé comme étranger de l’intérieur, qui remplit ce rôle de repoussoir ultime. Pourtant les gitans de Perpignan, malgré les rudes périodes de xénophobie, sont aussi les représentants de la culture catalane, avec une identité propre qu’il serait bon de reconnaître, comme reconnaître que le virus ne choisit pas ses cibles et va là où bon lui semble, allant de préférence dans des quartiers vétustes, là où la promiscuité règne, tels le quartier saint Jacques et certains immeubles du Vernet.

La Ligue des Droits de l’Homme s’élève et proteste vigoureusement contre cette recherche d’un bouc émissaire, celui-ci portant toujours la figure de l’étranger. Elle refuse cette xénophobie ambiante qui ne peut être l’émanation de l’hospitalité catalane. Elle refuse toute forme de discrimination, que nous soyons pauvre, vieux, obèse, femme, étranger, la Ligue des Droits de l’Homme sera toujours présente pour défendre la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, ceci constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Section des Pyrénées Orientales

ldh66@laposte.net

      

Samedi 7 mars : à 16h place de la République à Perpignan – Manifestation pur les Droits des Femmes – Concert au Casal à 18h30

À l’occasion de la journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits, le CDF66 organise une série d’animations tout au long de la journée du samedi 7 mars dont voici le programme:
–> À11h, Agora féministe, Place de la République de Perpignan sur le thème “Les femmes et la chose publique”. Débat sur la politique et les problématiques de la ville… d’un point de vue féministe! Les quatre femmes têtes de liste sont invitées, ainsi que des spécialistes sur 4 thèmes: femme et lesbienne, double discrimination; santé; précarité féminine; femme SDF en danger permanent, la place des femmes dans le mouvement des gilets jaunes, urbanisme féministe. Emmenez votre chaise !
–> À 14h: Rifle féministe au Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombreux lots féministes à gagner!!

–> À 16h: Toutes et tous à la Manifestation, place de la République !! Flash mob avec les Femmes en lutte 66

–> À 18h30: Concert au Casal avec les Tata, duo électro-chanson!
https://www.facebook.com/tataduoelectrochanson/

Amb motiu del Dia Internacional dels drets de les Dones, el CDF66 organitza una sèrie d’activitats el dissabte 7 de Març. Veieu aquí el programa:

– A les 11h, Àgora feminista, Plaça de la República de Perpinyà, sota el títol « Les dones i els afers públics ». Debat sobre política i les problemàtiques de la ciutat sota una mirada feminista! Les quatre dones cap de llista estan invitades, així com especialistes en quatre temes: dona lesbiana, doble discriminació; salut; precarietat femenina; dones sense sostre en perill permanet; urbanisme feminista. Emporteu-vos una cadira!!

–> A les 14h: Rifla feminista al Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombrosos lots feministes a guanyar!

–> A les 16h: Anem totes a la Manifestació, Plaça República de Perpinyà!! Flashmob amb Femmes en lutte 66

–> A les 18h30: Apero-concert al Casal amb el grup Les Tata, duo electro-cançó! TaTa – Duo électro-chanson

Organisé par : Collectif Droits des Femmes-66 – c’est un Collectif féministe d’associations : (APEX/ASTI/ATTAC/Femmes Solidaires/LDH/MRAP/MFPF/LGBT/Idemgenre/Jove Moviment feminista), partis (EELV/NPA/PCF/PG) et syndicats (FSU/Solidaires/CFDT/CGT/CNT)

L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »…

Voici un nouvel appel de scientifiques qui dénoncent l’inaction des gouvernements et appellent à la désobéissance civique face à l’urgence climatique. La LDH ne peut que soutenir cet appel. Tous ceux qui nient la réalité du changement climatique et qui mènent une contre-offensive à l’heure actuelle ne devraient pas être dénommés des « climato-sceptiques » mais plutôt des climato-négationnistes. Car les données scientifiques ne sont pas contestables comme le génocide nazi des juifs dans les années 40 du siècle dernier.

Publié sur francetvinfo.fr

Dans une tribune, mille scientifiques appellent à la désobéissance civile face à l’urgence climatique

Dans « Le Monde« , les scientifiques, issus de diverses disciplines, dénoncent l’inaction des gouvernements.

Ils sont océanographes, biologistes, climatologues, sociologues, astrophysiciens, agronomes, économistes, psychologues… Jeudi 20 février, mille scientifiques issues de diverses disciplines ont signé une tribune, publiée dans Le Monde, pour dénoncer « l’inertie » des gouvernements face à l’urgence climatique.

« Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée », écrivent-ils, pointant que « les catastrophes [environnementales] se déroulent sous nos yeux. » Une situation alarmante, d’autant plus que « l’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5 °C est désormais hors d’atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. »

Une croissance « en contradiction » avec la lutte contre le changement climatique

« Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse », poursuivent les signataires. Ces objectifs de croissance sont, estiment-ils, en « contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. » Et de dénoncer, « l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. »

Ainsi, les signataires appellent « à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes », citant les Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rebellion ou encore Youth for Climate. Et d’inviter « tous les citoyens (…) à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui », de façon à dégager « des marges de manœuvre (…) pour faire sauter les verrous et développer des alternatives. »

Interpellant les dirigeants politiques, la tribune exhorte « l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre. »

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