Kazakhstan: « Tirez pour tuer! ». Des dizaines de personnes tuées, plus de 1000 blessés, des milliers d’arrestations.

Des dizaines de personnes tuées, plus de 1000 blessés, des milliers d’arrestations: au Kazakhstan, le régime autoritaire voire dictatorial, depuis plus de 30 ans, a décidé de réprimer dans le sang une vaste révolte populaire contre les hausses des prix insupportables dont celle du carburant. Le régime ne peut se maintenir sans l’aide des forces armées du grand voisin autoritaire, la Russie de Poutine. Le président chinois Xi Jinping a apporté son soutien à la répression sanglante du régime aux abois. L’opposant kazakh Moukhtar Abliazov, réfugié politique en France, a assuré vendredi à l’AFP qu’une « révolution » était en marche dans son pays et a dénoncé l' »occupation » du Kazakhstan par des forces de Moscou.

LDH66

Kazakhstan: le président refuse de négocier et ordonne de « tirer pour tuer »

Publié sur information.tv5monde le 7 janvier 2022

Par Christopher RICKLETON AFP © 2022 AFP

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a rejeté vendredi toute possibilité de négociation avec les manifestants et autorisé les forces de l’ordre à « tirer pour tuer » afin d’étouffer les émeutes qui secouent le pays.

Il a également remercié, lors d’une allocution télévisée, son allié Vladimir Poutine pour son aide après l’arrivée sur place d’un contingent de troupes russes et d’autres pays alliés de Moscou pour appuyer le pouvoir.

« J’ai donné l’ordre aux forces de l’ordre et à l’armée de tirer pour tuer sans sommations », a déclaré M. Tokaïev, qualifiant d' »absurdes » les appels, notamment à l’étranger, à négocier avec les protestataires.

« Quel genre de négociations peut-on avoir avec des criminels, avec des meurtriers? Nous avons eu affaire à des bandits armés et entraînés (…) Il faut les détruire et cela sera fait d’ici peu », a-t-il lancé.

Le Kazakhstan, plus grand pays d’Asie centrale, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche en province après une hausse des prix du gaz avant de s’étendre à de grandes villes, surtout Almaty, la capitale économique, où les manifestations ont viré aux émeutes.

Pour M. Tokaïev, Almaty a été attaquée par « 20.000 bandits » avec un « plan clair, des actions bien coordonnées et un haut degré de préparation au combat ». Il a estimé que « ce sont les médias libres et certaines personnes à l’étranger qui jouent le rôle d’instigateur » de cette crise.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron ont pour leur part appelé à la « fin de la violence » et à la « retenue ».

Mais le président chinois Xi Jinping a salué les « mesures fortes » prises par le pouvoir kazakh contre les manifestants.

– Ordre « largement rétabli » –

Des carcasses de véhicules calcinés et flaques de sang étaient encore visibles à Almaty vendredi après-midi, mais la circulation reprenait timidement, tandis que des camions blindés de la police patrouillaient les rues, selon des journalistes de l’AFP.

La façade de la mairie, incendiée mercredi avec la résidence présidentielle, apparaissait largement noircie et de la fumée s’échappait encore des fenêtres.

Moscou a indiqué que ses militaires avaient déjà commencé « à s’acquitter des tâches qui leur étaient assignées » au Kazakhstan et que l’aéroport d’Almaty avait été « entièrement repris sous contrôle ».

Plus tôt vendredi, M. Tokaïev avait assuré que « l’ordre constitutionnel a été largement rétabli dans toutes les régions » après des jours de violences, notamment des échanges de tirs qui ont fait des dizaines de morts et plus d’un millier de blessés, selon les autorités.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 26 « criminels armés » avaient été tués et affirmé que tous les bâtiments administratifs avaient été « libérés et placés sous protection accrue », avec 70 points de contrôle établis dans le pays.

Les forces de l’ordre ont rapporté avoir 18 tués et 748 blessés dans leurs rangs. Plus de 3.800 personnes ont été arrêtées.

Ces chiffres n’ont toutefois pas pu être vérifiés de manière indépendante et le gouvernement n’a fourni aucun bilan pour les civils hors manifestants.

« L’opération antiterroriste se poursuit, les militants n’ont pas déposé les armes. Ceux qui ne se rendent pas seront éliminés », a ajouté M. Tokaïev vendredi.

– Colère contre l’ex-président –

Les autorités avaient dans un premier temps tenté de calmer les manifestations, sans succès, en concédant une baisse du prix du gaz, en limogeant le gouvernement et en instaurant un état d’urgence et un couvre-feu nocturne dans tout le pays.

Au-delà de la hausse des prix, la colère des manifestants est notamment dirigée contre l’ex-président autoritaire Noursoultan Nazarbaïev, qui n’a fait aucune apparition publique depuis le début des troubles.

Âgé de 81 ans, celui-ci a régné sur le pays de 1989 à 2019 et conserve une grande influence. Il est considéré comme le mentor du président actuel.

L’opposant kazakh Moukhtar Abliazov, réfugié politique en France, a assuré vendredi à l’AFP qu’une « révolution » était en marche dans son pays et a dénoncé l' »occupation » du Kazakhstan par des forces de Moscou.

« Je considère que c’est la fin du régime, la question, c’est seulement combien de temps cela va prendre », a-t-il dit.

Certains médias kazakhs ont affirmé que M. Nazarbaïev et sa famille avaient quitté le Kazakhstan, mais ces informations n’ont pas pu être vérifiées de source indépendante.

Lire aussi cet article en libre accès du Monde:

Au Kazakhstan, les violences font de nombreuses victimes, près de 2 300 manifestants arrêtés

Au Soudan, trois manifestants tués lors d’une nouvelle mobilisation contre le pouvoir militaire

Le coup d’état du 25 octobre du général Abdel Fattah al-Burhane a fait 60 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants. Depuis le mouvement populaire continue malgré la répression de la contestation avec son cortège de morts et de blessés. La FIDH, dont la LDH est membre, condamne fermement cette répression. Le mouvement social pour reconquérir les libertés, les droits humains et la Démocratie ne s’arrêtera pas.

Communiqué de la FIDH du 28 octobre 2021

Publié sur information.tv5monde le 6/01/2021

Mise à jour 06.01.2022 à 20:00 AFP © 2022 AFP

Trois manifestants ont été tués par balles jeudi dans la capitale Khartoum et sa banlieue où, comme dans le reste du pays, des milliers de Soudanais se sont de nouveau rassemblés pour protester contre le pouvoir militaire, selon des médecins et des témoins.

Ces trois manifestants ont été tués par des tirs « des forces putschistes », selon le Comité central des médecins, une association indépendante.

Deux d’entre eux ont été tués à Oumdourman, en banlieue de Khartoum, dont l’un atteint « à la tête » et l’autre « au bassin », et un troisième a été tué dans la capitale, touché « à la poitrine par des tirs à balles réelles », selon la même source.

Ces médecins ont en outre fait état de plus de 300 blessés touchés notamment par des tirs à balles réelles, des tirs de balles en caoutchouc ou de lacrymogènes.

Les nouveaux décès surviennent au lendemain d’un appel de Washington à « cesser l’utilisation de la force létale contre les manifestants » au Soudan, où les autorités nient le recours aux tirs à balles réelles face aux manifestations.

Au total, depuis le coup d’Etat mené par le général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre 2021, la répression des manifestations contre l’armée a fait 60 morts et des centaines de blessés, selon la même source.

A Khartoum, les manifestants avançaient vers le palais présidentiel et le QG de l’armée tandis que les forces de l’ordre tiraient des lacrymogènes pour tenter de les disperser.

En dépit d’une répression meurtrière, l’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la révolte contre le dictateur Omar el-Béchir déchu en 2019 et contre l’armée depuis le putsch du 25 octobre, avait appelé à de nouvelles manifestations pour réclamer un pouvoir entièrement civil.

« Nous continuerons à manifester jusqu’à ce que nous ayons remis sur les rails notre révolution et notre gouvernement civil », a martelé Mojataba Hussein, un manifestant de 23 ans.

« Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce que nous ayons retrouvé notre pays », a renchéri la manifestante Samar al-Tayeb, 22 ans.

Jouant des percussions et entonnant des chants patriotiques, les manifestants ont brandi des pancartes avec les photos de personnes tuées par la répression des forces de l’ordre depuis le coup d’Etat.

– Manifestations en province –

Hors de la capitale, de nombreux Soudanais manifestaient aussi à Port-Soudan (Est), Atbara (Nord) et à Wad Madani (Sud), ainsi que dans les Etats de Darfour-Centre et Darfour-Sud, selon des témoins.

A Atbara, les manifestants ont appelé le général Burhane, qui a marqué un coup d’arrêt à la transition vers un pouvoir entièrement civil, à « rendre les clés du pays et à partir ».

A Wad Madani, la foule scandait: « il n’y a d’autorité que celle du peuple », tout en exigeant que les militaires « retournent dans leurs casernes ».

« Non, non au pouvoir militaire », martelaient encore des manifestants dans le Kordofan-Nord, dans le centre du pays.

Les militaires sont seuls aux commandes depuis la démission dimanche du Premier ministre Abdallah Hamdok, visage civil de la transition lancée après l’éviction en 2019 du général Omar el-Béchir par l’armée sous la pression de la rue, faisant craindre un retour à la dictature.

« J’ai tenté de mon mieux d’empêcher le pays de glisser vers la catastrophe, alors qu’aujourd’hui il traverse un tournant dangereux qui menace sa survie », a alors déclaré M. Hamdok, à l’issue d’une nouvelle journée de manifestations violemment réprimées.

– Appel au dialogue –

« Il n’y a aucun intérêt à ce que se prolonge le vide étatique », a déclaré jeudi l’un des conseillers du général Burhane, Taher Abouhaga, cité par l’agence de presse officielle Suna.

« Ce vide doit être comblé au plus vite », a-t-il ajouté, laissant entendre que le pouvoir se préparait à nommer un nouveau Premier ministre.

Le général Burhane, qui a prolongé de deux ans son mandat à la tête du pays, promet toujours des élections pour juillet 2023.

Or les Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Norvège ont exhorté mardi les militaires soudanais à ne pas nommer unilatéralement un nouveau chef du gouvernement.

Cela « saperait la crédibilité » des institutions de transition « et risquerait de plonger le pays dans un conflit », ont-ils averti.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé les forces de l’ordre soudanaises à « cesser l’utilisation de la force létale contre les manifestants ». Il a aussi dit souhaiter un « dialogue mené par les Soudanais et aidé par (la communauté) internationale ».

Chili. Avec Gabriel Boric, la victoire de la démocratie sur les vestiges de la dictature

Cette défaite des droites extrêmes au Chili est le fruit des mobilisations populaires depuis trois ans contre les politiques néolibérales régressives en matières de droits sociaux et libertés. La jeunesse était le fer de lance de cette contestation massive. Cette victoire des forces progressistes aura certainement des répercussions sur les résistances en cours dans les différents états autoritaires du continent. Mais l’évènement a déjà une portée internationale dans notre combat pour les droits, les libertés, la démocratie.

Publié le 20/12/2021 sur humanite.fr , par Rosa Moussaoui

Victoire historique du candidat du bloc de gauche, Gabriel Boric. L’ancien responsable étudiant, à la tête d’une  alliance allant du parti communiste au centre gauche, devient le nouveau président du Chili,  et l’emporte avec près de 56 % des voix contre le candidat d’extrême droite, José Antonio Kast, zélateur du pinochétisme. Les premiers mots de Boric : « plus de droits sociaux » tout en étant « fiscalement responsable ».

Postée sur les réseaux sociaux par le député d’ultradroite Gonzalo de la Carrera, l’image est aussitôt devenue virale. Elle figure le candidat de gauche à l’élection présidentielle, Gabriel Boric, cheveux en bataille, l’air grave, avec, à l’arrière-plan, des manifestants mettant à bas des barrières plaza de la Dignidad, l’épicentre de la révolte sociale de 2019, dans le centre de Santiago du Chili. Commentaire : « Voilà comment Boric envisage de réformer les carabiniers. »

Mise en scène du désordre pour susciter le rappel à l’ordre

Le cliché d’origine, avant falsification, raconte une tout autre histoire : il s’agit d’une photo de lui-même prise par Boric au milieu des inondations provoquées, en 2016, par le débordement du fleuve Mapocho après de fortes pluies. Voilà un parfait condensé des méthodes déployées par les partisans de José Antonio Kast, le candidat d’extrême droite que Gabriel Boric, qui porte les couleurs de la gauche antilibérale, affrontait au second tour, ce dimanche 19 décembre. La mise en scène d’un désordre supposé pour susciter le rappel à l’ordre, l’usage décomplexé de fausses nouvelles, de rumeurs et d’accusations sans fondements se doublent d’une campagne haineuse visant les communistes chiliens, alliés de Boric. Ceux-là sont accusés de vouloir transformer le pays en « Chilizuela », en référence au Venezuela de Nicolas Maduro, que Kast qualifie au même titre que Cuba de « dictature » pour mieux faire oublier les crimes de masse de la junte militaire d’Augusto Pinochet.

Ce duel de second tour, dans un Chili à la croisée des chemins, dessine une société fracturée par les profonds clivages que la dictature a laissés en héritage et que la transition démocratique placée sous le signe de la concertation n’a pas su combler.

Gabriel Boric, la rupture radicale du modèle économique ultralibéral 

À gauche, Gabriel Boric, 35 ans, député depuis 2014, figure du mouvement étudiant de 2011, peau tatouée, airs adolescents et débit de parole torrentueux, incarne une génération qui a surmonté la peur, brisé le consensus et réinvesti l’espace public pour y affirmer une mise en cause radicale du modèle économique ultralibéral légué par Augusto Pinochet. «  Si le Chili a été le berceau des néolibéraux, ce sera aussi sa tombe », prédisait-il en juillet au soir de sa désignation, quand la primaire de la coalition Apruebo Dignidad l’a placé en tête, devant le communiste Daniel Jadue, reprenant un mot d’ordre du mouvement populaire de 2019.

Attaché à la justice sociale, attentif aux revendications du mouvement féministe et des minorités sexuelles, avocat d’un retour des services publics, prêt à tourner la page des retraites par capitalisation et des fonds de pension, il promet de rompre avec les réflexes délégataires et le centralisme d’une « démocratie » chilienne qui porte encore les stigmates de l’autoritarisme. « Si, dans le futur gouvernement, nous commettons des erreurs, mobilisez-vous, aidez-nous à redresser le cap ! », a-t-il exhorté tout au long de la campagne. Il a défendu, lors du référendum de 2020, le oui à une nouvelle Constitution appelée à se substituer à celle de Pinochet, une option choisie par plus de 80 % des électeurs.

José Antonio Kast, dans le camp de ceux qui étrillent la Convention constitutionnelle

José Antonio Kast, lui, s’est fermement opposé à ce changement de Constitution ; il se situe aujourd’hui dans le camp de ceux qui étrillent la Convention constitutionnelle élue en mai, dominée par la gauche et les indépendants, chargée de rédiger la nouvelle loi fondamentale. Sa victoire aurait torpillé, dans les faits, ce processus constituant rendu possible par la révolte sociale de 2019. « Nous sommes intéressés à clore le chapitre de la nouvelle Constitution. J’ai voté contre le processus, mais le public a opté pour quelque chose de différent et j’espère que ce sera à la hauteur de ce que les citoyens exigent. Si (la nouvelle Constitution) ne respecte pas le droit à la liberté d’expression, à la liberté de culte, à la liberté d’enseignement, à la propriété privée, je ferai tout ce que je peux pour qu’elle soit rejetée », a-t-il prévenu.

Fils d’un officier de la Wehrmahrt encarté au parti nazi, frère d’un ministre du Travail d’Augusto Pinochet, Miguel Kast, appartenant au cénacle des Chicago Boys formés par le pape du monétarisme Milton Friedman, le candidat du Front social-chrétien n’a jamais dissimulé sa nostalgie de la dictature. « Si Pinochet était vivant, il voterait pour moi », se rengorgeait-il en 2017, alors qu’il était candidat pour la première fois à l’élection présidentielle. Il n’a pas renoncé, depuis lors, à faire l’apologie de la dictature, soutenant par exemple que « des élections démocratiques avaient lieu » et que « les opposants politiques n’ont pas été enfermés ».

Climatosceptique, opposant féroce au droit à l’IVG libre toujours dénié aux Chiliennes, prêt à réserver les aides sociales aux femmes mariées ou à creuser des tranchées pour empêcher l’arrivée de migrants, cet admirateur de Donald Trump, ami intime de Jair Bolsonaro, ne s’est pas départi de ses airs affables pour affirmer que le tortionnaire Miguel Krassnoff, condamné à plus de huit cent quarante ans de prison, « n’est pas une mauvaise personne ».

Soucieux de consolider le ralliement d’un électorat de droite et de centre droit convaincu par son programme économique et par ses sermons sur l’ordre et la sécurité, mais goûtant peu ses affichages néofascistes trop explicites, il a toutefois semblé manœuvrer en recul dans la dernière ligne droite. Il jurait de ne pas faire disparaître le ministère de la Femme, revenaitt sur ses promesses de privatisation totale de la Codelco, l’entreprise nationale dédiée à l’exploitation du cuivre, admettait qu’il faut « réformer » le système de retraites par capitalisation pour sortir de l’exclusivité des AFP, les fonds de pension.

Une campagne de second tour offensive

Gabriel Boric et ses alliés ont eux mené une campagne de second tour plus offensive, plus ancrée dans les quartiers populaires, avec l’objectif de convaincre les électeurs qui ont boudé les urnes au premier tour. Le mouvement féministe a déclaré « l’état d’alerte » face à l’extrême droite et se mobilise en faveur du candidat de gauche ; des figures de la vie culturelle ont multiplié les messages de soutien ; des organisations sociales et syndicales ont ouvertement appelé à tout faire pour empêcher la victoire de Kast. Lors du dernier débat télévisé, Boric, chemise blanche et costume sombre, s’en est vivement pris à son adversaire, qui exigeait de lui un test sanguin prouvant qu’il ne consommait pas de stupéfiants. « Je ne suis pas là pour faire un spectacle », a-t-il lancé, brandissant les analyses demandées, en renvoyant le candidat d’extrême droite à ses affaires d’évasion fiscale déballées par les Pandora Papers. Le candidat de gauche avait reçu ces derniers jours des soutiens de poids : les anciens présidents Ricardo Lagos et Michelle Bachelet ont appelé à voter pour lui : « Personne ne peut être indifférent à l’élection d’un président qui veille à ce que notre pays puisse véritablement continuer sur la voie du progrès pour tous, avec davantage de liberté, d’égalité, des droits humains respectés, un environnement durable et bien sûr l’opportunité d’une nouvelle Constitution », a expliqué cette dernière, haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Ce scrutin dont l’issue semblait incertaine s’est donc transformé en victoire éclatante dans un pays où les demandes sociales qui ont suscité l’explosion de 2019 restent en dépit de tous les contre-feux pressantes, urgentes.

Perpignan : les soutiens aux sans-papiers rassemblés « contre les discours de haine »

Près de 150 personnes ont manifesté à Perpignan leur solidarité active avec les migrants dont plusieurs étaient présents, à l’appel des associations, syndicats, partis des Pyrénées orientales et cela dans un contexte difficile. La mobilisation en solidarité aux migrants continuera de plus belle en 2022 face aux extrêmes-droites qui stigmatisent les migrants, dans un discours de haine rappelant celui du « grand remplacement » des années 30 contre les juifs…

Publié sur L’Indépendant du 18/12/2021

Près d’une centaine de manifestants a défilé ce samedi 18 décembre dans les rues de Perpignan. 

Comme dans une cinquantaine de villes en France en cette journée internationale des migrants, une manifestation s’est tenue ce samedi 18 décembre à Perpignan. À l’appel de plusieurs partis politiques, syndicats et associations, rassemblés sous l’égide du comité de soutien aux sans-papiers des Pyrénées-Orientales, ils étaient donc une petite centaine à répondre à cet appel national place République. 

« L’actualité tragique avec la mort de 27 migrants dans la Manche ainsi que le décès cet été de deux réfugiés à Cerbère nous rappellent les conséquences désastreuses des politiques migratoires à l’échelle de l’Europe et de la France » dénonce Josie Boucher, présidente de l’Asti 66. « Au moins 1 146 migrants sont morts en mer Méditerranée au cours du premier semestre 2021, soit deux fois plus que l’an dernier. Il s’agit donc de lancer à nouveau un appel pour la liberté de circulation, pour la régularisation des sans-papiers, contre toutes les formes de racisme et pour qu’enfin il existe un accueil digne des demandeurs d’asile » ajoute la militante humaniste. 

Reprochant « une ambiance saturée par les discours de haine » à l’approche des présidentielles où le thème de l’immigration est abordé « sous le seul volet négatif », les manifestants ont souhaité mettre en avant les thématiques qui leur semblent aujourd’hui être une réponse à la crise migratoire, à savoir celles « de la solidarité et de l’hospitalité »

Julien Marion

Journée Internationale des Migrants : Manifestation samedi 18 décembre à 17h Place de la République à Perpignan

A l’appel de Comité de soutien de soutien aux sans-papiers 66, Collectif Bien venue aux migrants en Conflent, ASTI, MRAP, LDH, Mouvement de la Paix, Welcome to Migrants, Nawroz en France, Bouge toit, Coup de soleil, FREE, CGT, FSU, Solidaires, CNP, PCF, NPA,

Perpignan : pour le comité de soutien aux sans-papiers, « la fermeture des frontières tue »

Publié sur lindépendant.fr le 30/11/2021

À l’appel des comités de soutien aux sans-papiers, une quarantaine de personnes s’est rassemblée ce mardi devant la préfecture.

« C’est sûr que l’on aurait aimé être plus nombreux, admettait ce mardi soir Josy Boucher une des responsables du comité. Mais nous sommes là pour rendre hommage à toutes les victimes des politiques migratoires racistes et criminelles de l’Union européenne. »

Après avoir rappelé que des dizaines de milliers de migrants, hommes, femmes, enfants ont trouvé la mort depuis des années, dont 1146 en Méditerranée au cours du premier semestre de cette année, une minute de silence a été observée en leur hommage. Pour les participants à cette manifestation pacifique devant la préfecture, la responsabilité de la France et de l’Angleterre est engagée dans la mort des 27 migrants partis de Calais pour la Grande-Bretagne la semaine passée.

« Plusieurs fois par semaine, dénonce Josy Boucher, les autorités françaises détruisent les camps de fortune contribuant au désarroi des migrants et les livrant aux passeurs. Nous appelons à des politiques migratoires respectueuses de ceux qui frappent à nos portes ainsi qu’à la libre circulation des personnes. La fermeture des frontières tue ».

Une pancarte brandie par une manifestante résumait bien les positions du comité de soutien : « Pour une Europe sans muraille ».

D. D.

27 migrants noyés dans la Manche! Encore une fois la fermeture des frontières tue!

Nous reprenons l’excellente initiative des associations de défense des droits humains de Mont de Marsan.

Ils sont des dizaines de milliers morts en mer depuis plusieurs années dont 1146 migrants en Mer Méditerranée au cours du premier semestre 2021, d’autres sont morts de froid à la frontière Est de l’Europe. Nos associations dénoncent cette situation depuis longtemps. 

Ce nouveau drame avec 27 corps repêchés dans la Manche nous interpelle d’autant plus que les malheureuses victimes sont parties de Calais pour l’Angleterre engageant directement la responsabilité des deux pays. La Grande Bretagne qui fait gérer sa frontière par la police française et la France qui n’offre pas des conditions d’accueil à la hauteur de la misère des migrants. 

Les passeurs, ces assassins en bande comme le dit le président des sauveteurs bénévoles de Calais ont une responsabilité directe. Mais ils se nourrissent des politiques migratoires européennes désastreuses, et dans le cas présent celles des deux pays concernés. Plusieurs fois par semaine les autorités françaises détruisent les camps de fortune contribuant au désarroi des migrants et les livrant aux passeurs. 

Nos organisations en appellent à des politiques migratoires respectueuses de ceux qui frappent à nos portes ainsi qu’à la libre circulation des personnes contenue dans les articles 13 et 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 

En hommage à toutes ces victimes des politiques migratoires racistes de l’Union Européenne

MARDI 30 NOVEMBRE :  À 18H MANIFESTATION DEVANT LA PRÉFECTURE – À L’APPEL DU COMITÉ DE SOUTIEN AUX SANS-PAPIERS ET DES ASSOCIATIONS DONT LE MRAP66, L’ASTI66 ET LA LDH66.

Appel citoyen à Madame Hermeline Malherbe, Présidente du Conseil Départemental et aux élus du Département des Pyrénées Orientales

Par Association BIEN VIVRE EN VALLESPIR (dont la LDH66 est membre)
Coordination Départementale VIURE


Par arrêté préfectoral n°2011209-0001 du 28 juillet 2011, a été déclaré d’utilité publique un projet routier de grande ampleur : Il devrait relier la D115 (route de Saint Jean) à la D618(route de Maureillas). Il comprendrait 3 ronds-points, 2 ponts dont 1 viaduc de 330 m de long pour franchir le Tech.

Alors que les discours officiels appellent à stopper l’artificialisation des sols, nous constatons, au contraire, que celle-ci progresse très rapidement sur notre territoire. Nous nous interrogeons sur le besoin réel de cette infrastructure qui aggraverait cette situation et ne résoudrait en rien les problèmes de circulation. Nous refusons les destructions qu’elle infligerait aux milieux naturels et agricoles.

Le projet détruirait une grande surface de terre au potentiel agronomique élevé. Cette richesse agricole est précieuse pour l’avenir du Vallespir et du département.

La construction du pont sur le Tech se ferait au détriment d’une zone fluviale magnifique et sauvage, de deux Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et d’une zone Natura2000 abritant de nombreuses espèces protégées. Elle impacterait une entité paysagère de grande qualité.

Des maisons seront détruites. Parmi lesquelles, un mas qui a toute les caractéristiques d’un « Mas d’intérêt patrimonial » : Il servit de refuge pour la Résistance sous l’occupation nazi.

De plus, cette artificialisation entraînera de nouvelles consommations d’eau alors que cette ressource est dramatiquement en baisse dans notre département. Ajoutons qu’elle
contribue aussi à aggraver le changement climatique à propos duquel la communauté scientifique nous alarme sans cesse.Dans l’intérêt des générations à venir et de la planète, l’heure est non seulement à l’arrêt de l’artificialisation mais aussi, désormais, à la renaturation des écosystèmes car « nos besoins les plus essentiels sont assurés par une Nature en bonne santé ». C’est d’ailleurs ce que préconise la loi : « climat et résilience ».

Nous vous alertons sur le désaccord de nombreux citoyens face à ce projet et leur souhait de protéger les zones agricoles et naturelles. Il est sidérant de constater une fois de plus incohérence et contradiction entre les discours politiques, les ambitions écologiques affichées et les réalisations concrètes. Cette situation contribue à une forte défiance des administrés
envers leurs élus.

Pour toutes les raisons ci-dessus avancées, nous vous demandons de retirer ce projet. En cas de consultation populaire, nous demandons que le débat préalable soit sincère et équilibré afin que chaque partie puisse s’exprimer démocratiquement.
Madame la Présidente, Mesdames et messieurs les élus, devenez désormais les acteurs de politiques publiques en faveur des biens communs environnementaux, si précieux pour tous.
Nous, citoyens du territoire, nous sommes déterminés à les défendre et à nous coordonner pour nous opposer dorénavant aux projets écocides.

Association BIEN VIVRE EN VALLESPIR
Coordination Départementale VIURE

Action envers les élus, le 23 novembre

La présidente du conseil départemental  avait convoqué les élus de la communauté de communes  à une réunion exceptionnelle hier au soir, mardi 23 novembre, salle de l’Union de Céret, pour parler du pont et de la nouvelle route.

Bien Vivre en Vallespir était présent, avec sa banderole, accompagné de plusieurs partenaires de la coordination VIURE pour marquer notre détermination à combattre ce projet. Cette action a été un succès au niveau de la participation (photos en pièce jointe).

Un dialogue informel a eu lieu avec le maire de Céret en attendant l’arrivée d’Hermeline Malherbe, la présidente du Conseil départemental. A son arrivée, nous l’avons interpellée, mais celle-ci s’est catégoriquement opposée à ce que nous rentrions dans la salle du conseil en prétextant qu’il s’agissait d’une réunion PRIVÉE. Nous avons demandé un rendez-vous avec elle et en avons obtenu un accord de principe.

Crise des migrants : cinq questions sur le mur que veut ériger la Pologne à sa frontière avec la Biélorussie

Publié sur francetvinfo.fr le 16-11-2021

En 2050 l’Europe aura 50 millions de travailleurs en moins qu’en 2015. Cela entrainera un ralentissement très important de sa croissance économique selon une étude du Center for Global Development. C’est le prolongement de la crise de vieillissement de l’Europe. Au moment où la crise climatique accentue l’ampleur des migrations du sud (Afrique) vers l’Europe c’est le moment d’ouvrir les frontières. Malheureusement les gouvernements autoritaires comme la Pologne, la Grèce , la Hongrie,… érigent des murs et des barbelés partout. C’est l’Europe-forteresse. La LDH est favorable à la libre circulation et d’installation des migrants. « De l’air, de l’air, ouvrez les frontières! »

Varsovie prévoit de construire une barrière de 180 km de long, alors que la Biélorussie est accusée de pousser des milliers de migrants venus du Moyen-Orient en direction de cette frontière de l’Europe.

« L’entreprise que nous devons mener à bien est un investissement absolument stratégique et prioritaire pour la sécurité de la nation et de ses citoyens. » Le ministre de l’Intérieur polonais, Mariusz Kaminski, a ainsi justifié, lundi 15 novembre, la volonté de son pays de construire un mur le long de la frontière avec la Biélorussie que des milliers de migrants tentent de traverser. De quoi va-t-il s’agir exactement ? La Pologne a-t-elle le droit de le construire ? Comment l’Union européenne et la France réagissent-elles ? Franceinfo répond aux questions qui se posent après cette annonce.

A quoi va ressembler ce mur ?

La construction n’a pas encore débuté : le ministère de l’Intérieur polonais a annoncé que les travaux pourraient se lancer d’ici à la fin de l’année, après la signature des contrats prévue au plus tard le 15 décembre. Les ouvriers devront se relayer 24 heures sur 24 en trois équipes, a précisé le ministère de l’Intérieur. L’ouvrage coûtera environ 353 millions d’euros et devrait s’étendre sur 180 kilomètres, soit près de la moitié de la longueur totale de la frontière séparant la Pologne et la Biélorussie, longue d’un peu plus de 400 km. La fin des travaux est prévue pour le premier semestre 2022.

Pour l’instant, difficile de savoir où se dressera exactement cette barrière. « Il semblerait qu’ils veuillent commencer la construction à quatre endroits différents en même temps. Mais il y a parfois des marécages et une autre partie de la frontière est dessinée par une rivière », détaille Dorota Dakowska, professeure de science politique à Sciences Po Aix, interrogée par franceinfo. De plus, ce mur pourrait passer par la forêt primaire de Bialowieza et constituer « un danger pour la reproduction de certaines espèces, comme le lynx ».

Pourquoi la Pologne veut-elle ériger un mur ?

Varsovie assure vouloir se « protéger » de l’arrivée de migrants à sa frontière. « Cette annonce tombe alors qu’on est dans un contexte très tendu et que les opinions publiques européennes sont opposées aux mouvements migratoires, mais la construction de ce mur ne répond pas à l’urgence humanitaire actuelle », analyse Dorota Dakowska.

Depuis la crise migratoire de 2015 liée à la guerre en Syrie, l’opinion polonaise, auparavant largement favorable à l’accueil des migrants, a fait machine arrière. « Le gouvernement du PiS, le parti au pouvoir, a réussi à faire peur aux Polonais, explique l’enseignante. Il a construit un discours anxiogène et persuadé ses électeurs que les personnes migrantes constituaient une menace ». Aujourd’hui, la Pologne est très divisée sur la question. « Entre 36 et 39% des personnes soutiennent le gouvernement et sa gestion de la frontière, autant de personnes y sont opposées », avance Dorota Dakowska.

La Pologne a-t-elle le droit de construire une telle barrière ?

« Chacun protège sa frontière comme il l’entend », rappelle à franceinfo Tania Racho, docteure en droit européen et membre du collectif Les Surligneurs. Le projet polonais apparaît « d’autant plus légal qu’il est question de renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen », ajoute-t-elle. Signé en 1985, cet accord permet aux citoyens des pays signataires de voyager librement à l’intérieur et en dehors de cette zone comme s’il s’agissait d’un seul pays. La Pologne en fait partie, mais pas la Biélorussie.

« La frontière entre les deux pays est une frontière extérieure de l’UE. Depuis les accords de Schengen, on relativise les frontières entre les pays de la zone Schengen, mais on renforce les frontières avec l’extérieur, ce qui aboutit à une conception d’Europe forteresse.« 

Dorota Dakowska, professeure à SciencePo Aix à franceinfo

Reste à savoir si la Pologne respecte la Convention de Genève relative au statut des réfugiés datant de 1951, qui énonce les droits des personnes déracinées, ainsi que les obligations juridiques des Etats pour assurer leur protection. « Le droit international oblige les Etats à accueillir les demandeurs d’asile le temps d’étudier leur demande, avance Tania Racho. En théorie, les garde-frontières devraient vérifier auprès de chaque migrant s’il est demandeur d’asile. » En cas d’actions visant à les repousser, « les garde-frontières seraient en faute par rapport au principe de non-refoulement », précise la spécialiste.

Existe-t-il d’autres murs de ce type en Europe ?

« La Pologne n’est pas le premier pays à vouloir ériger une telle barrière », observe Dorota Dakowska. L’Espagne l’a fait autour des deux enclaves de Ceuta et Melilla, sur le territoire marocain ; la Grèce sur une section, longue de 40 km, de sa frontière avec la Turquie ; la Hongrie à la frontière avec la Serbie et la Croatie. Viktor Orban a ainsi fait ériger une clôture de 175 km, équipée de miradors, de barbelés, de caméras thermiques et de détecteurs de mouvements pour un budget de 880 millions d’euros. « L’Europe doit rester aux Européens », avait-il justifié. Mais ces barrières ne sont pas forcément efficaces puisque « lorsqu’on regarde l’histoire, on voit que les murs n’ont pas toujours rempli leurs fonctions. La frontière est toujours un lieu de passage », rappelle Dorota Dakowska.

Quelles sont les réactions ?

La décision de la Pologne suscite de nombreux commentaires, mais tous les pays membres de l’Union européenne ne sont pas sur la même longueur d’ondes. « Il existe des dissensions au sein de l’UE, note Dorota Dakowska. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit qu’elle était opposée à ce que l’UE finance des barrières, mais le président du Conseil européen, Charles Michel, lui, soutient cette initiative. »

En France aussi, la question du mur divise. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a réaffirmé mardi que la France et l’Europe voulaient faire « respecter nos frontières ». La France « est en solidarité avec les pays confrontés à cette situation », a-t-il ajouté, avant d’estimer qu’il n’avait « pas de leçons à donner » à Varsovie. Clément Beaune, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, a toutefois assuré sur France 2 qu’il n’était pas « pour une Europe qui se hérisse de barbelés ou se couvre de murs ».

En Biélorussie, le pouvoir a choisi l’ironie. « Ils nous menacent de nouvelles sanctions, de bâtir un mur de cinq mètres de haut. S’ils n’ont rien d’autre à faire, qu’ils le fassent », a lancé le président Alexandre Loukachenko.

Manifestation contre les violences faites aux femmes samedi 20 novembre à 15h, place de la Résistance à Perpignan

Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles à l’appel du Collectif Droits des Femmes 66 dont la LDH 66 est membre et de Nous Toutes 66, dans le cadre de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. La place de la Résistance est près du Castillet.

COP26 : un petit pas pour les négociateurs, un rendez-vous raté pour l’humanité

Greenpeace – le 13 novembre 2021

Après avoir joué les prolongations, les négociateurs de la COP26 se sont finalement entendus samedi à Glasgow sur un texte d’accord. Las, la révolution attendue n’a pas eu lieu. Si l’objectif de 1,5° reste sur la table, les engagements pris nous mènent toujours vers un scénario catastrophique de réchauffement de +2,4°C à l’horizon 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, et le texte de décision finale ne contient pas de disposition suffisamment contraignante pour combler rapidement le fossé avec l’objectif de l’Accord de Paris.

Les maigres avancées obtenues sont le résultat de la mobilisation des jeunes, des leaders des communautés autochtones, des activistes et des pays qui sont en première ligne du changement climatique sans qui ces négociations auraient été un total désastre. 

L’appel à réduire de 45% les émissions de GES d’ici à 2030 est conforme à ce qu’il faut mettre en œuvre pour tenir l’objectif de +1,5° mais reste à voir comment il sera effectivement appliqué. En 2022, il sera crucial que les pays présentent des objectifs plus ambitieux. 

Plusieurs annonces ont émaillé ces deux semaines de négociations, de l’arrêt de la déforestation en 2030 aux engagements sur le méthane en passant par la coalition pour la sortie progressive du gaz et du pétrole. Sans calendrier de mise en œuvre concret ni moyens contraignants pour les faire respecter, ces engagements restent pour le moment incantatoires. Si les pays les plus riches ont finalement commencé à prêter attention aux demandes des pays les plus vulnérables à recevoir des financements et des ressources pour faire face à l’augmentation des températures, les promesses sont loin de ce qu’il est nécessaire d’apporter sur le terrain.

Sur la question centrale des énergies fossiles, leur mention dans la décision finale constitue une première encourageante dans l’enceinte des conférences climat onusiennes, tout comme est essentielle la référence à une transition juste ; mais dans le monde réel, la faiblesse du langage utilisé et les précautions ajoutées en dernière minute ne confèrent aucun caractère contraignant ni n’imposent d’échéancier concret, ce qui contribuera à accroître les retards et le décalage de la communauté internationale vis-à-vis de l’urgence climatique.

Quant à l’article 6, censé régler la coopération internationale pour réduire les émissions de CO2, il se trouve détourné de son sens initial pour autoriser la mise en place de compensations carbone massives, sous forme de marchés et de crédits inopérants et dangereux, qui risquent de vider rapidement l’Accord de Paris de toute substance. Les émissions doivent être réduites à la source, les pays riches et les multinationales doivent en porter en priorité la responsabilité.

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne climat pour Greenpeace France : “Les États les plus riches, en dépit des alertes scientifiques qui s’accumulent, se sont montrés incapables de discuter d’un calendrier de sortie des énergies fossiles. Leur trahison est double : d’abord ils refusent de mettre sur la table les financements nécessaires pour que les pays les plus vulnérables puissent faire face au réchauffement climatique, ensuite ils mettent en place des crédits carbone pour pouvoir continuer à polluer impunément, au risque de transformer l’Accord de Paris en gigantesque machine à greenwashing. Pour eux, le futur des jeunes générations et la survie de certains pays semblent pleinement négociables, mais pas les intérêts criminels de leurs industries fossiles.”

La France semble avoir abandonné sa tutelle sur l’Accord de Paris. Repris de justice climatique, Emmanuel Macron s’est pourtant permis de venir les mains vides à la COP26, sans objectif plus ambitieux de réduction des émissions de GES, ni mesures additionnelles pour combler les retards accumulés. La France s’est contentée de rejoindre des initiatives non contraignantes, comme sur la déforestation ou l’aviation, ou encore en prenant des engagements sans effet concret sur son arsenal législatif. Son ralliement in extremis à la coalition sur la sortie progressive du gaz et du pétrole n’acte en rien la fin immédiate des nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures, pourtant indispensable pour respecter l’accord de Paris, selon l’Agence internationale de l’énergie. De même, l’initiative sur la fin  des subventions internationales pour les projets d’hydrocarbures inclut une dérogation pour les projets dotés de dispositif de compensation ou de captage des émissions, et n’aura donc probablement aucun impact par exemple sur le soutien public de l’Etat au méga-projet gazier de Total en Arctique. Bref, de l’affichage facile en fin de quinquennat. Il devra en être tenu responsable dans les urnes. La priorité diplomatique française s’est portée ailleurs : parvenir à faire intégrer le gaz dans la taxonomie verte européenne, quitte à faire capoter un Green Deal déjà poussif.”

Emmanuel Macron annonce la construction de nouveaux réacteurs : l’amnésie et le mépris de la démocratie en marche !

Communiqué de presse du réseau Sortir du nucléaire – 10 novembre 2021

Lors de son allocution du mardi 9 novembre, pêle-mêle au milieu d’autres annonces sur la situation sanitaire, les retraites et le chômage, Emmanuel Macron a déclaré que la France se lancerait dans la construction de nouveaux réacteurs. Une déclaration floue, mais révoltante par son aveuglement sur la situation de l’industrie nucléaire et son mépris pour la démocratie.

Le chantier de l’EPR de Flamanville, en cours depuis 2007, est un fiasco lamentable, cumulant 11 années de retard, des malfaçons en série et des coûts multipliés au moins par 4, voire presque par 6 [1]. Mais Emmanuel Macron a délibérément choisi de l’ignorer, annonçant d’ailleurs que cette relance de la construction de réacteurs aurait lieu « pour la première fois depuis des décennies » ! Avec cette amnésie délibérée, le président-candidat compte donc enliser encore plus la France dans le bourbier d’une technologie polluante, dépassée, dangereuse et coûteuse ?

L’avenir énergétique de notre pays relève de choix de société qui devraient normalement appartenir aux citoyen.nes. En annonçant ces constructions comme une évidence déjà décidée, sans même évoquer de débats préalables ni les procédures légales qui devraient précéder de tels chantiers, Emmanuel Macron révèle son immense mépris pour la population. Pour le président-candidat, la délibération sur le sujet se retrouverait donc réduite aux débats dans le cadre de l’élection présidentielle, le vote final ayant valeur de carte blanche pour mettre en œuvre son projet. Il perpétuerait ainsi la tradition du fait accompli qui a prévalu jusqu’ici en France, où le nucléaire est le fait du prince et échappe à toute délibération démocratique !

Il est inacceptable qu’Emmanuel Macron entende ainsi nous déposséder de notre avenir, alors même que plusieurs études récemment publiées, qu’il s’agisse des travaux de RTE ou du scénario négaWatt, montrent que nous pouvons avoir le choix de notre futur énergétique : une France 100% renouvelable est possible, sans rupture d’approvisionnement et dans l’atteinte de nos objectifs climatiques.

Enfin, il est indigne de voir Emmanuel Macron, en pleine COP26, invoquer l’argument climatique pour justifier la construction de nouveaux réacteurs. Alors que la France vient d’être condamnée pour son inaction climatique, le chef de l’État propose donc de se lancer dans des chantiers longs, coûteux et sujets aux retards ? Tabler sur de nouveaux réacteurs pour produire l’électricité « bas-carbone » de demain serait la plus sûre manière de rater nos objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

L’annonce d’Emmanuel Macron, destinée à détourner l’attention de son inaction climatique, est d’autant plus révoltante que les services de l’État sont parfaitement conscients que les nouveaux réacteurs dont rêve EDF risquent d’être opérationnels bien plus tard qu’annoncé, comme indique un document fuité récemment par Contexte.com. Sans parler des difficultés de financement dont s’inquiétait un rapport de juillet 2020 de la Cour des Comptes sur la « Filière EPR ».

Nous appelons à faire barrage à ces projets de nouveaux réacteurs, qui enferreraient la France pour des décennies supplémentaires dans l’impasse d’une technologie dangereuse, polluante, dépassée et productrice de déchets ingérables. Ne nous laissons pas voler notre avenir !Contact presse :Martial Chateau – 06 45 30 74 66Note :

[1] Alors que la dernière estimation d’EDF s’élève à 12,4 milliards d’euros (contre 3,3 à l’origine), la Cour des Comptes a évalué en 2020 le coût total du chantier à 19,1 milliards d’euros.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Castanyada de soutien aux sans papiers au parc ECOFFIER à ALENYA le dimanche 7 novembre à partir de 15H

Organisé par le Comité de soutien aux sans-papiers 66 dont La LDH 66 est membre

15H/ présentation de l’ ANAFE (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)

et enjeux de l’observation des droits des personnes à la frontière par Margot Bonis, du réseau Hospitalité.

17h : châtaignes, vin primeur et musique

votre solidarité est nécessaire…

64 ORGANISATIONS CONTRE LA LOI « DRONE 2 »

La LDH66 soutient l’appel.

Publié le 19 octobre 2021 sur laquadrature.net

Lettre ouverte contre la loi « Drone 2 »

Le gouvernement est de retour pour autoriser les systèmes de surveillance qui, d’abord prévus dans la loi Sécurité globale, avaient été censurés par le Conseil constitutionnel en mai 2021. Cette nouvelle loi « relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure », a déjà été adoptée par l’Assemblée nationale le 23 septembre dernier. Le Sénat l’examinera le 18 octobre. Il doit la rejeter : contrairement à ce que prétend le gouvernement, ces systèmes de surveillance nuiront tant à notre liberté qu’à notre sécurité, dès lors qu’ils organisent l’escalade technologique des violences policières.

Les articles 8 et 9 autoriseront la surveillance par drone, hélicoptère et voiture. Depuis plus d’un an, la police déploie illégalement des drones pour nous surveiller, malgré deux interdictions du Conseil d’État, une sanction de la CNIL et une censure du Conseil constitutionnel. Les drones sont inutiles aux actions de médiation, d’apaisement et de dialogue avec la population. Ce sont des outils démultipliant les capacités de surveillance et de contrôle, qui facilitent avant tout les interventions violentes de la police, notamment en manifestation afin de dissuader les militant·es d’exercer leurs libertés de réunion et d’expression politique.

L’article 7 autorisera la vidéosurveillance des cellules de garde-à-vue. Le gouvernement prétend agir pour « diminuer les risques de suicide, d’automutilation, d’agression », comme s’il se souciait soudainement du bien-être des personnes qu’il réprime. Plutôt que de protéger les personnes arrêtées, il s’agira de renforcer les pressions et violences psychologiques causées contre elles par l’enfermement et une surveillance de chaque instant sans aucune garantie ni limitation sérieuse.

L’article 16 autorisera la police à recourir à la violence physique pour obtenir les empreintes digitales et la photographie des personnes suspectées d’avoir commis une infraction punissable d’au moins trois ans de prison. Cette violence pourra s’exercer contre des enfants de 13 ans, pour peu que la police les suspecte d’avoir commis une infraction punissable de cinq ans de prison. Les empreintes et photos ainsi obtenues pourront être recoupées avec les fichiers de police existants, notamment par reconnaissance faciale.

Cette loi organise un monde où les développements technologiques renforcent et justifient les violences que la police peut exercer contre la population. Cette escalade de la violence ne repose sur aucun besoin objectif qui serait soutenu par des études ou des chiffres concrets. Elle ne semble viser qu’au développement d’un État policier qui, une fois en place, ne s’encombrera pas des limites que le droit aurait tenté de lui poser (les quatre interdictions rendue l’an dernier n’ont pas empêché la police de déployer des drones, encore aujourd’hui1).

Pour ces raisons, l’ensemble de ces mesures doivent être rejetées.

Ces dispositifs de surveillance ne sont pas les seuls dans cette loi susceptible de poser bien d’autres problèmes, pour aller plus loin :

Liste des signataires

Perpignan : marche blanche en hommage à Othmane, ce jeune SDF retrouvé pendu au grillage du centre d’hébergement

Cette marche était initiée par l’association Au coeur de l’Humanité, à la quelle se sont jointes d’autres organisations dont la LDH-66. De nombreux SDF meurent dans la rue chaque année en France. A Perpignan : Françoise morte en 2020 après 6 ans de vie dans la rue; François SDF tué à l’arme blanche en 2019,…Pour la LDH, un toit c’est un droit d’urgence.

Publié sur lindépendant.fr le 25/10/2021 

Le décès d’un jeune SDF, retrouvé pendu dans la nuit de ce samedi à dimanche devant le centre d’hébergement d’urgence sociale (CHUS), implanté à proximité de l’hôpital de Perpinan, suscite l’émotion des sans-abri qui l’avaient côtoyé et de l’association Au cœur de l’humanité. Laquelle organise une marche blanche ce mercredi 27 octobre pour « sensibiliser à la situation extrêmement tendue dans la rue depuis l’épidémie de Covid, notamment pour les jeunes femmes, face à la saturation des centres d’accueil et la violence croissante ».

« La situation est catastrophique, on ne s’en sort plus. C’est le désespoir », déplore Sarah Houcine, une des responsables d’Au cœur de l’humanité 66, structure d’aide et de soutien aux plus démunis après le drame qui s’est noué dans la nuit de samedi à dimanche. Vers 2 h 30, Othmane, un jeune sans domicile fixe de 31 ans d’origine marocaine, en situation irrégulière, a été retrouvé pendu au « grillage du mur d’enceinte de l’hôpital, à l’arrière du centre d’hébergement de la Croix rouge », précise les services de police. Une enquête a été ouverte, confiée aux services de police du commissariat. Même si le suicide ne semble pas poser question, une autopsie a été ordonnée et devrait être pratiquée dans les prochains jours pour confirmer les causes exactes de la mort.

Dans l’attente, son décès suscite l’émoi chez les autres pensionnaires. Selon certains, Othmane était père de trois enfants. Il serait arrivé d’Espagne, de Gérone plus précisément, voilà quatre mois à la suite de difficultés familiales. Il serait alors tombé dans la toxicomanie médicamenteuse, notamment un antiépileptique et anxiolytique détourné à usage de drogue. 

Samedi vers 20 h 30, racontent certains témoins, un incident aurait éclaté. Le trentenaire, malgré le règlement, aurait été en possession d’une bouteille de soda contenant des médicaments interdits. Une autre résidente en aurait bu et aurait été prise de vomissements, alertant les responsables du centre. Le jeune Marocain aurait ainsi été évincé de la structure, en raison de « son comportement agressif ».

Il serait néanmoins resté aux abords et serait revenu vers 22 h 30 s’allonger au sol, dans la rue, sur ses affaires roulées en boule. Les forces de l’ordre ont été appelées une première fois afin de l’éloigner. Que s’est-il passé après ? À nouveau dans le secteur, il aurait vraisemblablement sauté la barrière avant qu’un « papy » hébergé au centre, ne sorte comme à son habitude au milieu de la nuit et ne découvre le malheureux.

Covid, violence, drogue et manque d’hébergement

« Ce n’est pas le premier suicide parmi les sans-abri et lui, apparemment, il a annoncé ce soir-là qu’il allait se tuer », s’attristent quelques compagnons de galère. « Ça écœure vraiment. Il y a d’énormes tensions. On est 5 à 6 filles, tout le reste ce sont des hommes, ajoute une jeune fille de 19 ans, abritée au centre. Depuis l’été, ils ont bloqué le nombre de places à 42 en raison d’un problème de punaises de lit. Tous les lundis, ils nous ont imposés un jour de carence où il fallait que l’on dorme une nuit dehors. Et puis, au moindre écart au règlement, on est viré, garçon ou fille, malade ou pas ».

« Pour rendre hommage à Othmane mais aussi à Stan, un autre jeune SDF de 20 ans, mort le 6 octobre dernier d’une overdose dans la rue à Perpignan et qui ne peut pas encore être inhumé dignement », l’association Au cœur de l’humanité a décidé d’organiser une marche blanche ce mercredi 27 octobre 2021 à partir de 14 heures depuis la place Cassanyes. Le cortège marchera jusqu’à la préfecture où Sarah Houcine et la présidente Flora solliciteront un entretien auprès du préfet. Les bénévoles entendent surtout réclamer que « l’on sorte toutes les jeunes femmes de 18 à 25 ans de la rue »,  dénoncer « le manque de places d’hébergement » mais aussi  « la violence accrue dans la rue à Perpignan » générée, selon Sarah Houcine, « par la crise du Covid, l’arrivée massive de migrants et le fléau de cette drogue ». « On ne peut plus faire face. Et nous vivons ces décès comme un échec ». Contacté ce lundi, le responsable de la Croix rouge n’a pas donné suite à nos sollicitations. 

Laure Moysset

Le président brésilien accusé de «crime contre l’humanité» pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19

Publié sur lavoixdunord.fr avec AFP le 21 octobre 2021

La commission d’enquête parlementaire du Sénat brésilien, sur la gestion de la pandémie de Covid-19, conclut à des crimes « intentionnels » du chef de l’État.

Une Commission d’enquête parlementaire (CPI) du Sénat brésilien a demandé mercredi l’inculpation du président Jair Bolsonaro pour 10 crimes «intentionnels» lors de la crise sanitaire du Covid-19, dont celui de «crime contre l’humanité». Alors que la pandémie a fait plus de 600 000 morts au Brésil, le président se dit « coupable de rien ».

Une Commission d’enquête parlementaire (CPI) du Sénat brésilien a demandé mercredi l’inculpation du président Jair Bolsonaro pour 10 crimes «intentionnels» lors de la crise sanitaire du Covid-19, dont celui de «crime contre l’humanité». Alors que la pandémie a fait plus de 600 000 morts au Brésil, le président se dit « coupable de rien ».

Accusé d’avoir « délibérément » exposé la population « à un risque réel d’infection de masse »
«À l’issue de six mois de travaux intenses, cette Commission parlementaire a recueilli des preuves qui montrent que le gouvernement fédéral (…) a agi avec lenteur dans le combat contre la pandémie de coronavirus, exposant délibérément la population à un risque réel d’infection de masse», peut-on lire dans ce rapport de près de 1 2000 pages.

Constituée de sénateurs de diverses tendances politiques, la CPI a rendu un verdict dévastateur pour l’image du chef de l’État, demandant également son inculpation pour «charlatanisme» ou «prévarication». La CPI a enquêté sur les responsabilités du gouvernement dans la grave pénurie d’oxygène qui a causé la mort de dizaines de patients par asphyxie à Manaus, le discours anticonfinement de Jair Bolsonaro et son déni face à la gravité du Covid. Le gouvernement est aussi épinglé pour des retards et des soupçons de corruption dans l’acquisition de vaccins.

La CPI (qualifiée de «mascarade» par Jair Bolsonaro) a été le théâtre d’auditions mouvementées, avec des témoignages émouvants et des révélations glaçantes sur des expériences sur des «cobayes humains» avec des remèdes inefficaces comme l’hydroxychloroquine.

« Crimes intentionnels »
Pour les sénateurs, les crimes cités dans le rapport sont «intentionnels», le gouvernement Bolsonaro ayant délibérément décidé de ne pas prendre les mesures nécessaires pour contenir la circulation du virus. Des accusations gravissimes, qui devraient néanmoins avoir une portée surtout symbolique pour l’heure, le président d’extrême droite bénéficiant de soutiens au Parlement à même de lui éviter l’ouverture d’une procédure de destitution. De même, le procureur général Augusto Aras, allié du président, peut faire barrage à toute inculpation.

Les fils du président ciblés pour «incitation au crime»
La CPI a également demandé l’inculpation de quatre ministres et deux ex-ministres (en France, l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn a été mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui »). Les trois fils aînés du président ont aussi été ciblés, pour «incitation au crime» par le biais de diffusion de fausses informations.

La CPI n’a pas le pouvoir d’engager elle-même des poursuites judiciaires, mais ses révélations pourraient avoir un impact politique considérable, alors que les sondages donnent déjà Jair Bolsonaro perdant face à l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à un an de la présidentielle. Le rapport sera tranmis au Parquet, seul compétent pour inculper les personnes incriminées par la CPI.

« Nous ne l’avons jamais vu exprimer ses condoléances pour le peuple brésilien en deuil»
Après les auditions de plusieurs ministres, hauts fonctionnaires ou dirigeants d’hôpitaux et d’entreprises, la CPI a pris un tour plus humain lundi, avec les témoignages de familles de victimes. «Nous méritons des excuses de la part de la plus haute autorité de l’État. Ce n’est pas une question de politique. On parle de vies», a déclaré, au bord des larmes, Márcio Antônio Silva, qui a perdu son fils de 25 ans.

«Ce que nous avons vu, c’est l’antithèse de ce qu’on pouvait attendre d’un président de la République. Nous ne l’avons jamais vu verser des larmes de compassion ni exprimer ses condoléances pour le peuple brésilien en deuil», a renchéri devant la CPI Antônio Carlos Costa, président de Rio de Paz, une ONG

En Birmanie, près de neuf mois après le coup d’Etat, la répression continue.

Malgré une répression terrible la résistance de la population à la junte militaire continue. Les Etats Unis, la Chine et la Russie ont tout fait pour que l’ONU ne prenne aucune position contre la junte criminelle.

Publié sur franceinter.fr le 14 octobre 2021

Le spectre de la guerre civile en Birmanie

En Birmanie, près de neuf mois après le coup d’Etat, la répression continue. Elle s’est même intensifiée ces dernières semaines. L’ONU redoute une vaste offensive de l’armée au pouvoir contre ses opposants.

Dimanche, dans un village de la commune de Kaw-Thaung, dans le sud de la Birmanie, des soldats font irruption dans un atelier de caoutchouc qu’ils soupçonnent d’héberger des opposants. Ils ouvrent le feu. Un enfant de 11 ans, qui aidait son père artisan, est tué d’une balle à l’estomac. Le père est grièvement blessé.

Ce drame est rapporté par l’Association d’assistance aux prisonniers politiques, une ONG qui dresse un bilan quotidien de la répression. Et pas un jour ne passe sans qu’une tragédie de ce type ne soit consignée sur son site internet.

Le bilan du jeudi 14 octobre 2021 s’établit à 1170 morts et 7240 arrestations depuis février. Des chiffres certainement sous-estimés. 

Au printemps, les manifestations contre la junte au pouvoir étaient massives. Elles se sont raréfiées. Trop dangereux.

Dans les grandes villes, des petits groupes tentent encore de protester. Ils sont 5, 10, 30… ils se fixent rendez-vous sur les réseaux sociaux, comme Telegram, et déploient à la hâte une affiche en tissu qui dénonce les crimes de la junte. Le rassemblement dure quelques minutes.

De son côté, l’armée multiplie les raids. Elle est particulièrement en alerte depuis que le gouvernement d’opposition, sans doute exilé en Thaïlande, lui a déclaré officiellement la guerre le mois dernier. 

La junte déploie des troupes dans plusieurs Etats

Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU s’en est ému la semaine dernière : dans plusieurs Etats, Internet a d’abord été coupé. Puis des centaines de soldats ont été déployés avec des armes lourdes.

La junte veut manifestement en découdre avec les armées locales qui contestent son pouvoir.

C’est une des particularités de la Birmanie. Il y a une multitude d’ethnies et beaucoup de mouvements indépendantistes en guerre contre le pouvoir central, notamment aux frontières avec la Thaïlande, la Chine ou l’Inde. 

C’est le cas des ethnies Chins et Kachins dans le nord de la Birmanie. Là-bas, des guérillas se rebellent contre l’armée. Elles se procurent des armes, tuent de nombreux soldats, elles commettent aussi des actes de sabotage, en coupant par exemple les communications militaires. 

La junte redoute que ces combattants s’unissent et mènent des actions communes avec la mouvance armée de l’opposition, baptisée « Force de défense populaire », qui appelle tous les Birmans à la rejoindre. 

C’est pour cette raison que le régime putschiste mène actuellement autant d’opérations contre des civils, des petits groupes, parfois des villages entiers soupçonnés de soutenir la résistance. 

Les affrontements se multiplient, et deux camps fourbissent leurs armes. Il y a aujourd’hui un risque important de guerre civile en Birmanie, à l’abri des regards qui plus est, car aucun journaliste étranger ne peut accéder au pays (le Prix Bayeux des correspondants de guerre a couronné pour la première fois samedi 9 octobre un lauréat qui veut rester anonyme, un photographe birman qui a couvert la mobilisation contre le régime).

Face à la crise, la communauté internationale est comme souvent impuissante.

La junte birmane peut compter sur des soutiens de poids, dont bien sûr la Chine et la Russie. 

L’ASEAN met la pression sur la junte

Les grandes puissances ne parviennent pas à s’entendre.

On en a eu la preuve en septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Les Etats-Unis, la Chine et la Russie ont trouvé un accord pour que personne ne puisse prendre la parole au nom de la Birmanie, ni un représentant du gouvernement tombé en février, ni un responsable de la junte. 

Une action concrète pourrait venir de l’ASEAN, qui regroupe 10 pays d’Asie du sud-est. Ses membres discutent d’une possible exclusion du chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing. Ils n’apprécient pas que leur envoyé spécial ne puisse pas rencontrer Aung San Suu Kyi, accusée de sédition et de corruption. L’ex-dirigeante témoignera pour la première fois à son procès à la fin du mois. 

En avril, l’ASEAN a présenté un plan en 5 points pour résoudre la crise et faciliter notamment l’arrivée de l’aide humanitaire.  

La junte ne montre pour le moment aucun signe de bonne volonté, et semble donc choisir la manière forte pour imposer son autorité.

Montpellier, sommet Afrique-France : arrestations de militants de collectifs de sans-papiers

La LDH de Montpellier est membre du Collectif du Contre-Sommet Afrique-France 2021

Publié sur lemouvement.info le 7 octobre 2021

La LDH de Montpellier est membre du Collectif du Contre-Sommet Afrique-France 2021

C’est le Collectif du Contre-Sommet Afrique-France 2021 qui l’exprime ainsi, dans un communiqué ce jeudi : « le Sommet Afrique-France commence par des arrestations ! » 

Le collectif contre le Sommet Afrique-France dénonce « l’arrestation arbitraire » de militants de collectifs de sans-papiers, lors de leur descente du train venant de Paris. Cette mesure éclaire selon eux sur la réalité de ce sommet : « en faisant taire les voix dissidentes, nous sommes très loin du dialogue et du renouveau prôné par l’État français. »

« Boycott total du Sommet organisé par Emmanuel Macron et la mairie de Montpellier. »

Le collectif exige la libération des militants retenus par la police, et demande à toutes les associations de manifester leur solidarité. Ils appellent également au « boycott total du Sommet organisé par Emmanuel Macron et la mairie de Montpellier. » Côté logistique, ils invitent toutes les organisations démocratiques de la ville à se joindre à eux devant l’Hôtel de police, jusqu’à la libération des militants. Si 5 des 7 sans papiers arrêtés, ont été relâchés, 2 ont été placés en Centre de rétention administrative (CRA).

VOIR AUSSI : Montpellier : Colloque « pour l’annulation du Sommet France Afrique » et contre-sommet

Lire l’appel du Collectif du Contre-Sommet Afrique-France 2021

Afghanistan : la résistance féminine s’organise face aux talibans

Publié sur francetvinfo.fr le 04/10/2021

Se mettre en beauté, étudier, pratiquer du sport … De nombreuses activités sont interdites aux femmes depuis l’arrivée des talibans au pouvoir, en Afghanistan. Dans l’ombre, leur résistance s’organise. 

https://embedftv-a.akamaihd.net/bd567f4b268ee6195693c268a765082b

Maquiller une femme dans un salon de beauté à Kaboul (Afghanistan) est un acte interdit par les talibans, mais aussi un acte de rébellion pour des centaines de femmes. « Les talibans n’acceptent pas notre travail, ils prétendent que le maquillage n’est pas compatible avec la charia« , témoigne une employée d’un institut de beauté, qui œuvre à rideaux fermés. Comme elle, de nombreuses femmes luttent à leur façon face au régime taliban, qui restreint de nombreuses libertés aux femmes. Jeudi 30 septembre, plusieurs femmes ont pu manifester durant une minute, avant d’être brutalement repoussées par des talibans. Un geste de bravoure, qui a cependant marqué les manifestantes, évoquant leur « peur« .

Le savoir et l’activité sportive pour lutter

Malgré la répression des manifestations, les femmes afghanes de Kaboul luttent différemment, notamment en portant des voiles colorés, contraires à ce que prône le régime taliban. L’accès à l’éducation est également un des moyens employés pour lutter face aux hommes au pouvoir. Dans une école, une dizaine de femmes viennent assouvir leur soif de savoir, en espérant venir en aide au pays dans le futur. « Si je deviens pilote, je me battrai pour défendre nos droits et protéger notre pays », témoigne une étudiante. La pratique du sport, également proscrite par les talibans, est enseignée à volets fermés afin d’apprendre les bases du combat à de jeunes femmes, prêtes à lutter pour faire face à l’obscurantisme.

Le forum logement du samedi 25 septembre 2021 salle Canigou à Perpignan.

Plus de 50 personnes ont participé à ce forum très riche en expériences accumulées par les organisations à Marseille, Nîmes et Toulouse et en propositions d’action collectives.

Le matin, se sont exprimés : Fathi BOUAROUA du Collectif 5 novembre de Marseille, Madani MARZUK du DAL de Nîmes, Antoine BAZIN d’UTOPIA 56 de Toulouse et Delphine NEVEN, chercheuse à l’ODENORE ( Observatoire des non-recours aux droits et services ) à Grenoble.

L’après-midi s’est organisé en table ronde où étaient présents des membres des organisations suivantes : Germà, HDSS, ATTAC 66, ASTI66, Bouge-Toit, le Parti Communiste66, La Locale, Habitat et Humanisme, ATD-QUART MONDE, La Ligue des Droits de l’Homme66, L’Alternative En davant, Sud – Solidaires66.

Le constat (par Attac66)

Dans le département il y a une très grande pauvreté (revenu inférieur à 1000 € par mois) et une insuffisance de logements sociaux malgré une augmentation continue. Il y a 12 500 demandes de logements sociaux par an et 27 000 logements vacants dans le département, donc, un énorme effort à faire sur la vacance ; il n’y a pas besoin de loi ou structure nouvelle, mais un engagement financier de l’État : en Occitanie, c’est le département des Pyrénées Orientales qui est le plus mal loti en aide étatique.

Outre le manque de logement, se pose le problème de l’habitat indigne, et, paradoxalement, la lutte contre la précarité énergétique, en rehaussant les normes, diminue le nombre d’habitats « dignes ».
De plus, en cas d’habitat indigne, il faut retrouver des logements équivalents (en surface, prix…) et certains occupants des logements indignes, sont des propriétaires totalement impécunieux.

Par rapport à la loi SRU, il manque 4 734 logements, dont 1 000 logements pour Canet, et il y a 13 283 locaux vacants qui pourraient être utilisés.

Parmi les demandes en logement social (HLM surtout), même les travailleurs pauvres ont des difficultés d ’accès au logement, à cause de revenus insuffisants, et dans les services d’orientation des demandes, 200 à 300 demandes sont laissées de côté, pour la même raison ; ils vont, donc, dans le privé où le logement est plus cher !!! Une solution pourrait être la sous-location ou le bail glissant, mais il faudrait que l’État apporte sa garantie aux associations intermédiaires. En fait, les HLM transfèrent le risque financier sur la sous-location.

D’autres solutions sont les logements alternatifs des jeunes majeurs ; les mandats de gestion donnés par les propriétaires qui aident les propriétaires à mettre aux normes, mais entraînent une augmentation de la captation du logement privé. La taxe pour les logements vacants peut être utilisée mais de manière progressive.

Il faudrait des réhabilitations, une augmentation des places d’hébergement, et des moyens pour l’accompagnement social.

En ce qui concerne les Commissions d’attribution des logements HLM : progressivement se met en place un classement des demandes suivant certains critères précis.

L’AIVS (Agence Immobilière à Vocation sociale ) : elle travaille à la fois pour les propriétaires et propose aux demandeurs ; il faudrait que les pouvoirs publics lui accordent plus de moyens.

Autre solution possible : changer de statut, mais pas de logement : si quelqu’un a moins de revenus, il garde son logement, mais rentre dans un autre dispositif d’aides 

Saint-Marin : avec 77,3% un référendum historique légalise l’IVG

Malgré la condamnation de l’avortement par le pape François comme un crime, un homicide, et donc punissable d’une peine de prison de 3 ans à St Marin et malgré sa tournée en Hongrie et en Slovaquie pays où le droit à l’avortement est très restrictif pour les femmes, les habitants de cette petite république dirigée par un gouvernement démocrate-chrétien opposé à l’IVG, ont décidé à une très large majorité de légaliser le droit à l’avortement.

Publié sur liberation.fr le 27 septembre 2021 à 8h38

par Eric Jozsef, correspondant à Rome

«La petite République de Saint-Marin envoie le message au monde que, comme tous les grands pays, les femmes y sont libres de décider de leur corps.» Urbi et orbi, Karen Pruccoli et l’Union des femmes saint-marinaises (UDS), dont elle est l’une des responsables, ont annoncé avoir remporté dimanche soir un combat historique. Dans cet Etat minuscule à forte tradition catholique, le référendum pour la légalisation de l’avortement que l’association féministe avait promu a été approuvé par 77,3% des votants. Et cela en dépit de l’opposition du Parti démocrate-chrétien au pouvoir, qui avait appelé à voter «non» pour «défendre le droit à la vie» et du clergé local qui s’était fortement mobilisé.

Saint-Marin était l’un des derniers Etats en Europe, avec Malte, Andorre et le Vatican, à interdire totalement l’interruption volontaire de grossesse, y compris en cas de viol, d’inceste, de malformation du fœtus ou même de danger pour la mère. Une interdiction qui remontait à 1865, qui avait été confirmée sous le régime fasciste et définitivement consacrée dans le code pénal de 1974, avec des peines extrêmement sévères tant pour les femmes ayant recours à l’IVG (trois ans de prison) que pour les médecins les assistant (jusqu’à six ans de réclusion).

En Italie, les anti-IVG gagnent du terrain

Enclave montagneuse de 34 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Rimini, Saint-Marin a longtemps été sous l’influence des formations conservatrices. Le vote des femmes n’a été autorisé qu’en 1960. Et lorsque l’Italie approuve, en 1978, la loi 194 qui autorise l’avortement, les responsables politiques locaux repoussent les revendications de l’UDS. «Ils disaient aux femmes : “Si vous voulez avorter, allez le faire et vous le payer en Italie”», rappelle Karen Pruccoli. Aujourd’hui encore, pour les Saint-Marinaises qui décident de recourir à une interruption de grossesse, le coût de l’intervention de l’autre côté de la frontière est d’environ 2 500 euros. Même si le phénomène est aujourd’hui en diminution, on estime que, jusqu’à récemment, il y avait en moyenne chaque année une vingtaine de femmes contraintes de faire le voyage dans les hôpitaux des Marches ou d’Emilie-Romagne.

Face à cette situation et alors que les anti-avortements reprennent de la voix dans la péninsule (actuellement 70% des gynécologues du pays se déclarent objecteurs de conscience et refusent de pratiquer l’IVG), les féministes de la petite République ont décidé de réagir. A partir des années 2000, elles se sont remobilisées et ont reformé, en 2019, l’UDS, qui avait été très active au cours des années 70. «Nous avons tenté de légaliser l’IVG par la voie législative mais, au moyen des manœuvres politiques, le Parti démocrate-chrétien s’y est opposé. Alors nous avons entrepris la voie du référendum populaire», explique Karen Pruccoli. «Rapidement nous avons recueilli 3 000 signatures, soit trois fois plus que le quorum nécessaire», pour présenter un texte qui prévoit de donner aux femmes le libre choix d’avoir recours à l’IVG jusqu’à douze semaines de grossesse. Après ce délai, l’avortement ne sera autorisé qu’en cas de menace pour la vie de la mère ou lorsque des anomalies ou malformations détectées chez le fœtus «comportent un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme».

«Terrible campagne de désinformation»

«Nous avons fait une campagne d’information pour parler d’un sujet qui était totalement occulté à Saint-Marin, expliquent les responsables de l’UDS. Les femmes qui ont eu recours à l’avortement en Italie n’en ont jamais fait état. C’était un thème dont on ne parlait pas en famille. Face à ce travail de pédagogie, nous avons dû affronter en retour une terrible campagne de désinformation. Les mouvements pro-vie ont soutenu que nous voulions autoriser l’IVG jusqu’à neuf mois.»

Dans le sillage des propos traditionnels du pape François – qui, il y a dix jours, a encore répété «l’avortement, c’est plus qu’un problème, c’est un homicide» et a comparé les médecins qui pratiquent l’IVG à des «sicaires» – l’évêque de Saint-Marin a invité les fidèles à voter non à la légalisation de l’avortement dans ses homélies et le père Gabriele Mangiarotti, qui officie à la paroisse locale de San Francesco, n’a pas hésité à comparer l’IVG à la Shoah : «Si on regarde les chiffres, six millions d’enfants tués en Italie [depuis 1978] et leur condition d’innocence authentique, je pense qu’il n’est pas inopportun de rapprocher l’Holocauste et l’avortement.» Les murs de certains quartiers ont même été recouverts par des militants anti-IVG d’affiches représentant des fœtus recouverts de sang. Mais sans réussir à empêcher l’approbation, dimanche soir, par une très large majorité d’un référendum où, selon les premières indications, les femmes ont été plus nombreuses à se rendre aux urnes.

Une manifestation de femmes à Andorre pour le droit à l’avortement samedi 25 septembre 2021

Après que le pape François ait renouvelé sa condamnation de l’avortement assimilé à un crime, des femmes manifestaient partout dans le monde pour défendre ce droit de plus en plus remis en cause par des gouvernements autoritaires et interdit encore dans trois états européens. En Andorre, samedi 25 septembre, une manifestation de femmes réclamait la légalisation du droit à l’avortement.

La manifestation démarrait à 12h sur la place principale d’Andorre la Vieille, au milieu des montagnes, mais surtout des buildings et des boutiques sans fin. Il y avait une douzaine d’andorranes, nous étions 6 françaises du Collectif Droits des femmes 66 et une cinquantaine d’espagnoles venues en car de l’Association « stopviolencias ». C’était une manifestation très vivante avec slogans, chansons et pancartes. Nous avions des foulards blancs et roses estampillés « #abortarem ».
Le 29 septembre 2018 a lieu la première manifestation, qui rassemblait une quarantaine de personnes dans la capitale Andorre la Vieille. Un peu plus en 2019, et donc une soixantaine en 2021. La police a accompagné le cortège sans intervenir, et les touristes s’arrêtaient avec leurs paquets de vêtements et de parfums, interloqué.es par cette présence incongrue dans leur monde de consommation forcenée.

Longtemps isolée au milieu des Pyrénées et peu peuplée, l’Andorre a continué à entretenir des coutumes très anciennes, notamment avec son système d’administration hors d’âge, qui partage le « trône » entre le chef de la République française et l’évêque espagnol de la Seu d’Urgell, qui n’ont pas de pouvoir législatif, comme le roi en Espagne. C’est son « Conseil de la Terre », le plus vieux parlement européen, qui gère administrativement, et donc tient à conserver illégal le droit d’avorter.  C’est l’un des trois derniers états européens à interdire totalement l’avortement (avec Malte et St Marin), y compris en cas d’inceste, de viol, d’anomalie grave du fœtus ou de danger pour la vie de la mère. L’avortement y est puni de six mois de prison pour la femme, et de trois ans de prison ainsi que cinq ans d’interdiction d’exercer la médecine pour la personne qui réalise l’interruption de grossesse. Le fait de donner des informations à une patiente ou de la diriger vers l’étranger constitue également un délit.

L’archevêque espagnol et coprince d’Andorre affirmait récemment qu’il abdiquerait si l’interruption volontaire de grossesse était dépénalisée dans le pays. il faut interpréter ainsi une des pancartes des féministes réclamant la séparation de  l’Eglise et de l’Etat (pièce jointe)

Environ 150 femmes d’Andorre partent chaque année avorter à l’étranger, ce qui pose d’énormes problèmes financiers aux femmes pauvres, parfois migrantes et sans papiers, car elles sont employées dans les commerces andorrans sans aucune reconnaissance sociale, et donc elles ne disposent d’aucune couverture sociale sur place, ni en France ni en Espagne. Seules des associations comme  le Planning Familial et d’autres associations espagnoles peuvent effectuer gratuitement des avortements sécurisés, dans le respect des délais légaux.

Une des féministes andorranes a réussi à se faire inviter par le Commission sur le statut de LA femme à l’ONU, et a dénoncé tous ces faits. A son retour à Andorre, elle a été mise en examen pour atteinte à la réputation (!) et aux institutions de la principauté. Elle n’est toujours pas jugée, mais elle risque 4 ans de prison et 30.000€ d’amende.

SOYONS SOLIDAIRES AVEC NOS AMIES FEMINISTES ANDORRANES, DENONÇONS CES DENIS DE DROIT AUPRÈS DU PRÉSIDENT MACRON !

LDH-66

Saint-Marin. Un vote historique sur la légalisation de l’avortement

St Marin avec Malte et Andorre (dont le président Macron est le co-prince) sont des trois derniers états d’Europe ou l’avortement est interdit et puni. Dix jours avant le référendum de St Marin le pape François a condamné publiquement l’IVG comme un crime et donc punissable comme tel. Il venait de faire une tournée en Hongrie et en Slovaquie pays où le droit à l’avortement est très restrictif pour les femmes. La LDH se bat pour le droit effectif à l’avortement pour toutes.

Publié sur ouest-france.fr le 26 septembre 2021

Quarante-trois ans après l’Italie voisine, la petite république de Saint-Marin se prononce ce dimanche 26 septembre 2021, sur la légalisation de l’avortement. Un référendum très controversé dans ce micro-État à forte tradition catholique.

Cette minuscule enclave montagneuse dans le centre de l’Italie est l’un des derniers États d’Europe (avec Malte, l’Andorre et le Vatican) à interdire entièrement l’avortement, même en cas de viol, inceste, maladie du fœtus ou danger pour la mère. Ce dimanche, la situation pourrait changer avec l’organisation d’un référendum historique. Au total, 35 411 électeurs sont appelés à voter, dont un tiers à l’étranger. Les bureaux de vote ont ouvert à 8 h et fermeront à 20 h.

À l’initiative de l’Union des femmes saint-marinaises (UDS), association féministe des années 70-80 ressuscitée en 2019, les habitants de ce petit pays doivent décider si oui ou non ils veulent donner aux femmes le libre choix d’avoir recours à l’IVG jusqu’à douze semaines de grossesse. Après ce délai, l’avortement ne serait autorisé qu’en cas de menace pour la vie de la mère ou lorsque des anomalies ou malformations détectées chez le fœtus « comportent un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme ».

Issue incertaine

À Saint-Marin, en l’absence de sondages, personne ne se hasarde à un pronostic sur ce référendum, dont l’issue est jugée très incertaine. « Nous espérons bien gagner. La grande majorité des jeunes est de notre côté, car c’est une question qui touche directement à leur vie. Il est intolérable de traiter de criminelles les femmes qui se voient contraintes d’avorter », estime Francesca Nicolini, 60 ans, médecin et membre de l’UDS.

Passible d’une peine de prison

Jusqu’à présent, l’avortement est un crime passible d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans pour la femme et six ans pour le médecin qui le pratique. Mais dans les faits, il n’y a jamais eu de condamnations car les Saint-Marinaises se rendent en Italie pour avorter, contournant ainsi la loi.

Les résistances à la légalisation de l’avortement sont fortes, à commencer par le Parti démocrate-chrétien (PDCS) au pouvoir, qui a appelé à voter « non » pour « défendre le droit à la vie ».

Population divisée

Les anti-IVG ont été confortés dans leur refus par le pape François qui a exprimé à dix jours du référendum une nouvelle fois son horreur de l’avortement, qu’il a assimilé à « un meurtre ». Si la consigne de vote du PDCS, qui dispose d’un peu plus d’un tiers des députés au Parlement, est claire, le sujet de l’avortement transcende les traditionnels clivages politiques.

« La population est très divisée sur la question. Et même au sein du Parlement, il y a des membres des partis progressistes qui sont contre l’avortement et des députés de la droite qui sont pour, notamment en cas de viol ou malformation du fœtus », constate Manuel Ciavatta, vice-secrétaire du PDCS. « Je dirais qu’environ 50 % des 60 députés sont pour et 50 % contre », a-t-il déclaré à l’AFP. Quel que soit le résultat, son parti » respectera la voix des électeurs », a-t-il assuré.

En cas de victoire du « oui », ce serait un changement radical pour Saint-Marin, car l’interdiction de l’IVG date de 1865 et a été confirmée sous le régime fasciste (1923 à 1943) et par le Code pénal de 1974.

Colombie : de nouvelles manifestations au 15e jour de la crise sociale

Au moins 41 morts parmi la population et les manifestants et des centaines de civils blessés victimes des forces de répression de ce gouvernement autoritaire et criminel. Cette terrible répression, la pire dans l’histoire de la Colombie, avec de nombreux viols et actes de torture, fait suite à un vaste mouvement social pacifique avec la jeunesse à sa tête. Les manifestants réclament une politique plus sociale et demandent le retrait de la réforme de la santé, qui vise à restreindre l’accès universel à des soins de qualité. Ils souhaitent également des aides pour les entreprises qui ont souffert de la crise sanitaire, ou encore l’accès à une éducation gratuite pour tous. Ils dénoncent aussi  les abus des forces de l’ordre, accusées de recourir à la violence envers les manifestants.

Publié sur francetvinfo.fr le 13 mai 2021 avec AFP

Cette mobilisation est marquée par des violences meurtrières dans ce pays dont l’économie s’est détériorée avec la pandémie de Covid-19.

La colère ne faiblit pas. Des milliers de personnes manifestaient à nouveau en Colombie, mercredi 12 mai, au 15e jour d’une forte mobilisation sociale contre le gouvernement. Ce mouvement est marqué par des violences meurtrières dans ce pays dont l’économie s’est détériorée avec la pandémie de Covid-19.

Le président de droite Ivan Duque a rencontré, mercredi, des représentants des jeunes, qui sont en première ligne de la protestation, après avoir promis pour les plus modestes la gratuité des frais d’inscription à l’entrée dans les universités publiques.

« Je vais mettre toute mon énergie, toute ma capacité et toute l’équipe gouvernementale pour que ce processus [de négociation] se passe bien », a déclaré le président lors de cette rencontre avec des étudiants à Bogota.

Au moins 42 morts

Les affrontements, qui ont marqué certaines de ces journées depuis le 28 avril, ont fait au moins 42 morts, dont un membre des forces de l’ordre, selon le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits humains.

De son côté, le ministère de la Défense, dont relève la police en Colombie, maintient un chiffre de 849 agents blessés, dont douze par armes à feu, et 716 civils mais sans préciser le nombre de ceux blessés par balles.

Il s’agit des manifestations les plus sanglantes qu’ait jamais connues ce pays de 50 millions d’habitants, appauvri par la pandémie, qui a fait près de 79 000 morts. La Colombie est également confrontée à une recrudescence de la violence des groupes armés financés par le narco-trafic.

Colombie. Les disparitions forcées et violences sexuelles dont des manifestant·e s ont été victimes

Publié par Amnesty International sur amnesty.org

7 mai 2021, 13:08 UTC

En dépit de l’indignation croissante suscitée au niveau national et international, l’intervention militarisée et la répression policière déployées face à des manifestations très majoritairement pacifiques se poursuivent dans différentes villes de Colombie. La police a recouru à la force de manière disproportionnée et sans discernement, et le nombre de signalements de violences sexuelles et de disparitions forcées est alarmant, a déclaré Amnesty International vendredi 7 mai. Les disparitions forcées et les violences sexuelles imputées aux autorités sont des crimes de droit international pour lesquels n’importe quel État est habilité à mener une enquête et lancer des poursuites.

« Les autorités colombiennes doivent garantir le droit de réunion pacifique et s’abstenir de pointer du doigt et de réprimer les manifestations ayant lieu à travers le pays depuis le 28 avril. La garantie du droit à la vie et du droit à l’intégrité physique des personnes qui manifestent de manière pacifique doit être au cœur de l’action des autorités, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques à Amnesty International.

Amnesty International a précédemment dénoncé certains agissements, comme par exemple lorsque les forces de sécurité ont employé des armes létales et à létalité réduite sans discernement. Malgré le tollé international provoqué par ces événements, l’organisation continue à recenser des cas graves de recours excessif à la force contre des manifestant·e·s. Après la vérification et l’analyse de séquences audiovisuelles, l’organisation a, par exemple, pu établir que des membres de l’unité antiémeutes de la police (ESMAD) ont tiré des grenades de gaz lacrymogène très près des manifestant·e·s à Cali. Dans un autre cas confirmé par Amnesty International, la police de Bogotá a utilisé une arme à feu contre une personne tandis que celle-ci fuyait. L’organisation a également reçu des signalements selon lesquels, le soir du 4 mai, dans le quartier Siloé de Cali, des manifestant·e·s ont été directement visés par des tirs d’arme à feu, et ont été victimes de menaces et d’actes de torture.

La garantie du droit à la vie et du droit à l’intégrité physique des personnes qui manifestent de manière pacifique doit être au cœur de l’action des autorités, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains. 

Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques à Amnesty International

…/… (la suite sur le site)

Béziers – chroniques de juillet d’une ville tenue par l’extrême droite

Communiqué de VISA-34 du 30 juillet 2020

Robert Ménard, le nouveau président de l’Agglo Béziers-Méditerranée, vient d’annoncer le lancement d’une mutuelle municipale à l’échelle des 17 communes « La mutuelle communale ». Pour l’instant 8 communes plus celle de Béziers sur les 17 ont adhéré à ce dispositif. Voici le communiqué de VISA 34 à ce propos.

Comment l’extrême droite avance masquée…

L’histoire de « la mutuelle communale » commence à Béziers, le 19 septembre 2014, le jour où Robert Ménard inaugure les locaux de Mon Béziers, ma santé, une mutuelle sociale réservée aux Biterrois, qui propose soi-disant des contrats avantageux. Mais le maire comme aujourd’hui, n’a pas trop communiqué sur la société qui pilote ce projet : Traditia.

En fait, cette entreprise spécialisée dans le courtage en assurances compte parmi ses principaux actionnaires, depuis le mois d’août 2014, un certain Robert Ottaviani. Ce dernier n’est pas un inconnu dans la faschosphère. C’est un ancien cadre du FN mais aussi un ancien chanteur de rock d’un groupe skinhead Ultime Assaut qui vantait les faits d’armes de la Légion des Volontaires Français, qui, durant la Seconde Guerre mondiale, se sont engagés sous l’uniforme allemand au sein de la division SS Charlemagne.

Mais pour Robert Ménard « Ce qui compte, ce ne sont pas les liens, c’est que l’on est la première ville à mettre en place ici une Mutuelle pour les plus pauvres. » En réalité, Robert Ménard a sollicité un ami personnel, Philippe le Gouz de Saint-Seine, connu pour être un proche de la droite nationale catholique et directeur d’une société commerciale Traditia (domiciliée à Bordeaux) et d’une filiale Traditia Medica et c’est cette dernière qui a créé cette mutuelle. Robert Ottaviani, lui est « seulement » actionnaire minoritaire de Traditia, mais également gérant de deux autres branches de la société : Traditia Immobilier et Traditia Entreprises et Professionnels.

En 2016, le journal Le monde publiait un article sur les mutuelles communales, et on apprenait encore que Robert Ottaviani était aussi un intime de Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, et de son épouse, Marie-Caroline Le Pen et que Philippe le Gouz de Saint-Seine est le gendre de l’actuel conseiller politique de Marine Le Pen pour le logement, Jean-Marc de LacosteLareymondie.

On apprenait également que c’est Christophe Pacotte, ancien dirigeant du Bloc identitaire, et premier chef de cabinet de Ménard qui a permis à Traditia de s’installer à Béziers. Et pour finir le journaliste confirmait aussi que depuis les élections municipales de 2014, ces mutuelles communales, se sont développées à une vitesse impressionnante dans les municipalités FN. Et on les retrouve au Luc-en-Provence, à Fréjus, au Pontet, à Camaret-sur-Aigues, ou encore à Hénin-Beaumont.

Aujourd’hui, Robert Ottaviani est directeur général associé de Traditia. Une belle promotion ! Mais l’aspect opaque de cette société se poursuit encore aujourd’hui car le nom de la mutuelle présentée par le maire de Béziers au Conseil de l’agglo, s’appelle « La mutuelle communale ». En fait, il s’agit bel et bien d’une branche du groupe Traditia car ils ont la même adresse et un des deux responsables, Raphaël Huré, est lui même le dirigeant du pole santé et associatif de… Traditia… Au final, il serait intéressant de savoir si les maires des 8 autres villes de l’agglomération, qui ont signé la mise en place de ce dispositif, pour une mutuelle communale privée « très particulière » et très « traditionaliste » sont au courant de l’origine de cette mutuelle.

Visa 34

Retour sur les diverses agressions de l’extrême-droite le dimanche 17 mai à Montpellier

mardi 26/05/2020 – 17:20

1 – Communiqué du local associatif Le Barricade

Alors que la manifestation des Gilets Jaunes du samedi 16 mai a été durement réprimée par les forces de l’ordre, les militants d’extrême droite de La Ligue du Midi, de l’Action française et de la Ligue des Volontaires ont complété le travail de la police.

Acte 1 : Une douzaine de fascistes croisent un journaliste indépendant montpelliérain près de la gare. A douze contre un, ils déclenchent une bagarre avant de prendre la fuite.
Acte 2 : Les même fascistes se rendent ensuite au local associatif le Barricade, lieu au service des luttes sociales où se tiennent divers ateliers gratuits et ouverts. Ils brisent la vitrine avant de repartir en direction du centre ville.
Acte 3 : Les mêmes individus se rendent à la manifestation des groupes d’extrême droite « interdite » par le préfet. La manifestation se tient pourtant sous le regard bienveillant des forces de l’ordre. Un traitement très différent de la violence déployée la veille contre les Gilets Jaunes.
Acte 4 : Des manifestants d’extrême droite menacent une journaliste de l’AFP et lui volent son téléphone. Les fascistes prouvent encore une fois leur rôle d’auxiliaires de police au service de la classe dominante.

Enhardis, les fascistes multiplient leurs minables agressions sur Montpellier, en se pensant hors de toute atteinte. Ils se trompent. Les initiatives de solidarité, les manifestations et les lieux de résistance se multiplient. Les violences de la police et de l’extrême droite ne parviendront pas à stopper les luttes sociales.

2 – Lettre au préfet de la Ligue des droits de l’Homme de Montpellier

3- Article publié sur France bleu Hérault

Manifestations à Montpellier : la police plus souple avec la Ligue du Midi qu’avec les gilets jaunes ?

GLOBAL NUTRITION REPORT SUR LE COVID-19 : SELON LES PRÉVISIONS LE NOMBRE DE PERSONNES SOUFFRANT DE LA FAIM VA DOUBLER CETTE ANNÉE

Les droits à l’alimentation et à la santé pour tou.te.s devraient être une obligation prioritaire pour tous les états et les institutions internationales. C’est pourquoi la communauté internationale et ses états devraient renforcer les systèmes sanitaires et de santé publique et transformer les systèmes alimentaires industriels injustes au profit de l’agroécologie…

Communiqués de presse du 12 mai 2020, par actioncontrelafaim.org

Le COVID-19 doit provoquer une action mondiale accrue pour mettre fin à la sous-nutrition, selon les prévisions le nombre de personnes souffrant de la faim va doubler cette année.

SELON LE RAPPORT MONDIAL SUR LA NUTRITION 2020 (GNR) LA LUTTE CONTRE LA MALNUTRITION SOUS TOUTES SES FORMES PROGRESSE TROP LENTEMENT ET DE MANIÈRE INÉGALE À TRAVERS LE MONDE.

Ce rapport tire la sonnette d’alarme alors que le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde va doubler. Action contre la Faim met en garde contre le fait que COVID-19 ne doit pas détourner l’attention du traitement et de la prévention de la malnutrition, si l’on veut éviter qu’un plus grand nombre de personnes ne meure des conséquences de la faim que du COVID-19 lui-même. Plus que jamais, dans ce contexte de pandémie, la communauté internationale doit renforcer les systèmes de santé et promouvoir des systèmes alimentaires plus équitables au cœur de la réponse face au virus.

Mais aujourd’hui, le GNR révèle qu’aucun pays n’est en voie d’atteindre les objectifs de l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) concernant la réduction de toutes les formes de malnutrition. Pire encore, le GNR avertit que les progrès en matière de malnutrition sont profondément inégaux et lents – en 2018, seul un enfant de moins de cinq ans sur trois souffrant de malnutrition aiguë sévère a reçu un traitement.

Les systèmes de santé déjà fragiles sont surchargés à cause du COVID-19 et risquent d’interrompre les services essentiels de nutrition. C’est déjà une réalité dans les pays où Action contre la Faim intervient, comme au Myanmar et en Inde.

Afin de réagir efficacement et de prévenir de nouvelles crises, la communauté internationale doit renforcer et protéger les services de santé et de nutrition existants et supprimer les obstacles financiers à leur accès. Les familles ne doivent pas être obligées de se sur-endetter pour avoir accès au traitement, car leurs moyens de subsistance sont déjà affectés par COVID-19. Il est urgent de redoubler d’efforts pour parvenir à la couverture maladie universelle (CSU). La nutrition doit être un élément central pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre. Les agents de santé communautaires ont un rôle crucial à jouer à cet égard et toute formation ou soutien doivent les inclure en tant que membres clés du personnel de santé.

Le GNR a raison de se concentrer sur les limites des systèmes alimentaires qui ne permettent pas aux pays d’assurer la continuité d’une alimentation accessible, sûre, abordable, nutritive et saine. Action contre la Faim exhorte la communauté internationale à utiliser la crise de COVID-19 comme une opportunité de transformer les systèmes alimentaires industriels et injustes et de placer l’agroécologie au cœur de ce changement. Une alimentation variée et riche en nutriments doit être accessible à tous, afin d’accroître la résilience au climat et de limiter les dommages causés à la biodiversité. Nous ne devons pas attendre plus longtemps pour nous attaquer aux inégalités en matière de santé et d’alimentation, qui sont principalement le résultat de décisions politiques.

Le financement d’urgence pour lutter contre le COVID-19 ne doit pas se faire au détriment du financement de la nutrition, d’autant plus que les engagements actuels en matière de dépenses de nutrition prennent fin en 2020 – de nouveaux engagements financiers et politiques des donateurs sont nécessaires. De même, les progrès réalisés pour inclure les dépenses en matière de nutrition dans les budgets nationaux ne doivent pas être perdus.

La tenue du Sommet Nutrition 4 Growth prévue au mois de décembre à Tokyo, devra être un moment fort de mobilisation internationale autour de la lutte contre la faim – des millions de vie en dépendent.


*265 millions de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire grave en 2020, contre 135 millions en 2019
https://www.wfp.org/news/covid-19-will-double-number-people-facing-food-crises-unless-swift-action-taken

PROROGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE : DES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DÉPOSENT UNE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE POUR ALERTER LES NEUF SAGES

Communiqué commun

L’Association pour la défense des libertés constitutionnelles (Adelico – qui rassemble des juristes éminent-e-s), la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature ont adressé dimanche 10 mai au Conseil constitutionnel une contribution extérieure. Pour la loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, approuvée samedi soir par le Sénat et l’Assemblée nationale, le Conseil constitutionnel a fait l’objet de deux saisines, d’une part par le Président de la République lui-même, et d’autres part, par 63 député-e-s membres des groupes La France insoumise, socialiste, Gauche démocratique et Libertés et territoires.

Dans cette « PORTE ÉTROITE » (expression consacrée pour désigner ce type de contribution), les organisations relèvent toute une série de dispositions de la loi votée samedi 9 mai, qu’elles considèrent contraires à la Constitution.

Le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision dans la journée de lundi 11 mai.

Ce travail collectif a été mené dans des délais records, grâce à une collaboration entre les membres de l’Adelico et plusieurs membres du RÉSEAU DE VEILLE SUR L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE (LDHSAFSM, avocats, universitaires).

Paris, le 11 mai 2020

TÉLÉCHARGER CETTE CONTRIBUTION EXTÉRIEURE AU FORMAT PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre – Communiqué du Syndicat de la Médecine Générale

Pour le communiqué au format PDF

Soigner n’est pas ficher – L’éthique des médecins n’est pas à vendre

En préparation du post-confinement, l’Assurance maladie demande aux médecins généralistes de collecter des données personnelles sur leurs patient·e·s atteint·e·s du coronavirus, mais également sur leurs proches et les personnes avec lesquelles ils et elles sont en contact1. Contrairement à ce qui est avancé, ce n’est pas de la santé publique et si les médecins suivent, ils.elles trahiront leur éthique professionnelle.

Les médecins devront transmettre ces données (coordonnées complètes, résultats des tests) sur des plateformes numériques dénommées « contact Covid ». Le projet de « loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire » qui doit être adopté cette semaine2 prévoit que ces données pourront « être partagées, le cas échéant sans le consentement des personnes intéressées ». 

Les contours juridiques restent flous, un décret et des ordonnances sont annoncés dans le projet de loi. Les premiers éléments connus dessinent un système portant atteinte aux libertés et au secret médical. Et les questions restent nombreuses et inquiétantes :

– Qui aura accès à ces informations très sensibles ? La Caisse nationale d’Assurance maladie mentionne des plateformes départementales formées de personnels médicaux et administratifs des Caisses primaires d’Assurance maladie pouvant être appuyées par des « structures extérieures volontaires ».

– Quelle utilisation sera faite de ces informations ? Le but est d’identifier toutes les personnes potentiellement en contact d’une personne malade et de les confiner chez elles, donc de les priver de liberté. Le gouvernement semble toutefois, vu le tollé suscité, avoir renoncé à faire appliquer cet isolement par la contrainte.

– Comment seront conservées ces données sensibles ? Le projet prévoit une conservation des données a priori de un an, ce qui est déjà extrêmement long pour une maladie évoluant sur quelques semaines. De plus, ces données pourraient venir alimenter le Health Data Hub dont la mise en œuvre pose des problèmes de sécurisation des données3.

Nulle part, il n’est fait mention de la question du secret médical qui est donc allègrement bafoué. 

Comment considérer qu’une politique de santé publique puisse être efficace sans respecter l’éthique ? Sans le secret médical et la confiance qui en découle entre la personne soignée et le/la soignant·e ? Comment imaginer que les personnes concernées feront confiance aux professionnel·le·s de santé si elles savent que les informations qu’elles donnent seront divulguées, sans savoir à qui ?

Mépriser et infantiliser, contraindre et sanctionner n’améliorent par les conditions sanitaires. Au contraire, l’efficacité de la réduction des risques a été prouvée grâce à des pratiques d’information, de dépistage, de mise à disposition de matériel et d’autonomisation des personnes (cf. par exemple l’histoire des luttes contre le VIH ou le VHC).

Soigner n’est pas ficher, soigner n’est pas contraindre ! « contact Covid » serait un précédent très dangereux de contrôle sanitaire des populations exercé par l’intermédiaire des soignant·e·s. Les médecins ne sont pas des enquêteur·trice·s, des contrôleur·euse·s. 

L’éthique des soignant·e·s n’est pas à vendre ! Pourtant l’Assurance maladie promet, pour s’assurer de la participation des médecins, une rémunération supplémentaire en échange de ces données : majoration de 30 € de la (télé)consultation auxquels s’ajouteront 2 €, voire 4 € pour tout cas contact supplémentaire renseigné ! 

Nous, Syndicat de la médecine générale, appelons, les professionnel·le·s mais aussi les patient·e·s, et tous les citoyen·ne·s, 

– à refuser cette pratique de fichage indigne qui porte atteinte à l’éthique professionnelle et qui, en dégradant la confiance qui existe entre les soigné·e·s et les soignant·e·s, risque d’aggraver la situation sanitaire au lieu de l’améliorer.

– à promouvoir, dans le cadre de cette épidémie de Covid, une véritable politique de santé publique respectueuse de l’éthique professionnelle et s’appuyant sur la capacité des citoyen·ne·s à prendre en charge leur santé. Cela signifie la mise en place d’actions de prévention efficaces car adaptées aux territoires et fondées sur la coopération entre toutes les personnes et structures concernées, mais aussi et surtout sur les compétences et les savoirs des usager·ère·s, des professionnel·le·s et des nombreuses structures associatives et/ou militantes de terrain.

Contacts : 

Mathilde Boursier : 06.74.21.60.57

Camille Gendry : 06.76.71.39.08

Catherine Schmitt : 06.03.56.32.24

1. https://stats.info.ameli.fr/m//MDEwMDk1OTU2MzMyOTswMVAxMjY1NzM5NzU1O3N0ZXBoYW5lLmFuZHJpZXVAaWNsb3VkLmNvbTswOzIwMjAtMDQtMzBUMTc6NTI6MjQrMDI6MDA_a63HLvTUB9HPjL52nMmBTIHr98

2. https://fr.scribd.com/document/459488341/Projet-de-loi-prorogeant-l-etat-d-urgence-sanitaire-et-completant-ses-dispositions#from_embed

3. https://www.april.org/tribune-pour-des-donnees-de-sante-au-service-des-patients

Syndicat de la Médecine Général

52 rue Gallieni, 92240 Malakoff

Tél/Fax: 01 46 57 85 85

syndmedgen@free.fr – www.smg-pratiques.info

Le coronavirus menace de « génocide » les Indiens d’Amazonie : un appel urgent adressé aux autorités du Brésil

Publié sur France-Inter  (Cliquer sur le lien pour écouter l’émission))

Un appel aux autorités brésiliennes demande la protection des populations indigènes d’Amazonie contre le coronavirus, « menace extrême pour leur survie ». Leur sécurité s’est affaiblie avec la pandémie.

Le covid-19 peut-il provoquer un génocide ? Cette question grave est posée dans un appel de personnalités internationales concernant le risque que fait courir la pandémie pour une des populations les plus fragiles au monde : les derniers Indiens d’Amazonie, au Brésil.

C’est la crainte exprimée dans un appel publié hier dans la presse mondiale, et adressé aux autorités brésiliennes. Il leur demande d’agir « de toute urgence » pour protéger les indiens d’Amazonie de l’arrivée du virus, qualifié de « menace extrême pour leur survie ».

C’est le photographe franco-brésilien Sebastiao Salgado qui est à l’initiative de cet appel avec son épouse Lélia, lui qui a abondamment documenté, depuis des années, la destruction de la forêt amazonienne, habitat naturel de quelque 300.000 personnes, issues de plus de 200 peuples indigènes du Brésil.

On pense immédiatement -et l’appel de Salgado y fait explicitement référence- à ce qui s’est passé il y a cinq siècles, lorsque les colonisateurs européens sont arrivés sur le continent américain, emmenant avec eux des maladies contre lesquelles les populations indigènes n’avaient aucune immunité. Au nord et au sud de l’Amérique, elles ont été décimées par la variole, la grippe, ou encore le typhus.

Au Mexique, au XVI° siècle, la variole fut un facteur-clé dans la chute de la ville de Tenochtitlàn, la capitale des Aztèques, assiégée par les colons espagnols conduits par Hermàn Cortès. Près de la moitié de la population fut décimée par l’épidémie, et les conquistadors firent le reste.

La pandémie est bien présente au Brésil où elle a déjà fait plus de six mille morts. La position du Président Jaïr Bolsonaro fait polémique car il est dans le déni, et s’oppose à l’action des gouverneurs qui ont décrété le confinement dans les principales régions.

Le cas de l’Amazonie est particulier. Ces territoires sont en principe réservés par la loi aux peuples indigènes. Mais ils sont aussi l’enjeu, depuis des années, de la poussée incessante des lobbies économiques, orpailleurs, exploitants forestiers, ou éleveurs de bétail. Selon l’appel lancé hier, les activités illicites de ces groupes se sont accélérées ces dernières semaines parce que les autorités chargées de protéger ces territoires ont été immobilisées par la pandémie.

Résultat, selon Salgado, privée de bouclier protecteur contre le virus, la population indienne fait désormais face à un vrai risque de « génocide causé par la contamination apportée par des intrus sur leur sol ».

L’an dernier, le monde entier s’était ému des incendies géants qui s’étaient déclarés en Amazonie. Le président Bolsonaro s’était offusqué de ce qu’il qualifiait d’ingérence. Depuis, il n’a eu de cesse de défaire l’arsenal législatif qui protège l’Amazonie et ses habitants indigènes.

Cette menace sur ces populations en danger concerne, comme l’an dernier, le monde entier ; car, comme le soulignent les signataires de l’appel, « leur disparition serait une tragédie colossale pour le Brésil, et une immense perte pour l’humanité ».

Publié sur Le Journal du Dimanche  (Cliquer sur le lien pour lire l’article en entier)

L’appel urgent pour sauver les peuples indigènes du Brésil

Le photographe Sebastião Salgado et une cinquantaine de signataires dont Paul McCartney, Madonna, Naomi Campbell ou encore Meryl Streep demandent dans cette tribune que le président brésilien Jair Bolsonaro prenne des mesures pour venir en aide aux peuples indigènes face à la menace du Covid-19.

UN PROCUREUR RIDICULE MAIS DANGEREUX

Le 27.04.2020

Communiqué LDH

Le procureur de la République de Toulouse a demandé aux services de police d’intervenir au domicile de personnes ayant affiché à leurs balcons des banderoles portant l’inscription « Macronavirus, à quand la fin ? ».

Des policiers se sont donc rendus aux domiciles de ces dangereux délinquants et ont procédé à au moins une garde à vue sur le fondement juridique d’un « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ».

Outre le ridicule qui atteint le procureur et dont il ne semble pas avoir conscience, c’est sa volonté délibérée de s’en prendre à la liberté d’expression, même utilisée en termes ironiques, qui inquiète.

Chargé, aux termes de son statut, de faire respecter la liberté de tous, le procureur de la République de Toulouse use d’une incrimination pénale détournée de ses fins dans le but d’intimider et de faire taire des opposants politiques.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) attend avec impatience de savoir quelle sera la réaction du Conseil supérieur de la magistrature face à un tel zèle, mais aussi face à l’absence de suites connues données aux nombreuses plaintes déposées contre les violences commises par les forces de l’ordre au cours des manifestations de ces derniers mois.

En laissant le procureur de la République agir de manière aussi partisane, c’est l’institution judiciaire elle-même qui perd sa crédibilité.

Paris, le 27 avril 2020

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Bas les masques! Un appel de soignant·e·s pour construire un mouvement populaire

Pour information un appel de soignant.e.s

Publié sur Mediapart

  • 30 AVR. 2020

«Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un grand mouvement populaire», exhorte un large collectif de soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers, invitant tous les «premier·e·s de corvée» à les rejoindre. Elles et ils appellent à faire de «chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste». 

Nous sommes des soignant·e·s et professionnelle·s de la santé d’horizons divers. Bouleversé·e·s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnelle·s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentielles », aux « premier·e·s de corvée », qui sont exposé·e·s pour faire tourner la machine.

Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en oeuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.

Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur.
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnelle·s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs·euses « essentiel·le·s », aux « premier·e·s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps). Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

Signataires :

L’appel est encore ouvert à signature :

> Pour les individus, signez l’appel ici.

> Pour les collectifs/organisations, signez l’appel ici.

Toulouse : une jeune femme placée en garde à vue pour une banderole sur sa maison (france3-regions)

Publié sur france3-regions

Par Laurence BoffetPublié le 24/04/2020


A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pendant plusieurs heures pour avoir mis une banderole « Macronavirus, à quand la fin ? » sur sa maison. Associations, Ligue des droits de l’homme, partis poilitiques ou syndicats dénoncent ce vendredi une « police politique »

est une manifestation silencieuse qui n’est visiblement pas du goût de tout le monde. A Toulouse, une jeune femme a été placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat. On lui reproche d’avoir placé sur sa maison une banderole où était écrit « Macronavirus, à quand la fin ? »

Une banderole pour interroger les passants

Avec ses six colocataires, Raphaëlle (prénom d’emprunt) voulait « dénoncer et questionner la population sur la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19« . Alors, il y a environ un mois, ils ont affiché une banderole sur le mur extérieur de leur maison, dans le quartier de la Roseraie à Toulouse. « Macronavirus, à quand la fin ? » interroge le drap tendu.
Quelques jours plus tard, une commerçante installée en face de chez eux leur signale avoir été interrogée par la police à leur sujet. Sont-ils des squatteurs ? Des « gilets jaunes » ? A partir de là, ils notent le passage régulier de voitures de police devant chez eux.

Jusqu’au 21 avril 2020, où une patrouille de 5 policiers se présente à leur domicile. « Ils nous ont fait signe de sortir de chez nous et nous ont indiqué que notre banderole constituait une infraction » témoigne Raphaëlle. « Ils nous ont dit que c’était un message offensant envers le chef de l’Etat et nous ont demandé de retirer la banderole, ce qu’on a fait. » Ensuite, poursuit-elle, « les policiers ont exigé que l’un d’entre nous au moins donne son identité, ils ont dit qu’il n’y aurait pas de suite, que c’était simplement la procédure après une intervention policière. J’ai donné la mienne et ils sont repartis. »

Une convocation au commissariat central

Pour revenir le lendemain, avec une capitaine de police. « Là, on a refusé de sortir, alors les policiers sont rentrés dans notre jardin » explique Raphaëlle. La jeune femme se voit alors remettre une convocation pour audition l’après-midi même, au commissariat central. Elle parvient à décaler le rendez-vous au lendemain matin et contacte une avocate.

Lorsqu’elle se présente au commissariat à 11h00, le 23 avril 2020, la jeune femme apprend qu’elle est en garde à vue. « La capitaine m’a directement notifié que j’étais placée en garde à vue pour outrage au chef de l’Etat et on m’a immédiatement placée dans une cellule. » Elle y restera 2 heures, avant de voir son avocate et d’être interrogée. « J’ai vraiment été interpellée par les conditions d’hygiène, en pleine crise sanitaire » dit-elle ce vendredi. « Les distances ne sont pas respectées, il n’y a pas de gants, pas de masques, pas de savon, pas de gel hydroalcoolique, une couverture pas nettoyée sur le matelas… »

Raphaëlle est interrogée sur l’affichage, ses opinions politiques, l’identité de ses colocataires. Et on lui signifie qu’eux aussi vont être convoqués. Elle est finalement relâchée. Sa garde à vue aura duré 4 heures. Et aura fait d’elle une citoyenne en colère.

Je suis scandalisée et écoeurée. Je voudrais juste pouvoir exercer mon droit à la liberté d’expression, surtout quand on n’a pas le droit de manifester à cause du confinement. Je suis en colère contre le système.

Une procédure disproportionnée

Pour l’avocate de la jeune femme, Claire Dujardin, « cette garde à vue est totalement disproportionnée. Elle a donné spontanément son identité, s’est présentée spontanément au commisssariat, elle aurait très bien pu être entendue en audition libre. Là, on l’a placée sous la contrainte et elle est restée 4 heures. »

C’est un abus de procédure. On détourne la procédure pour faire du renseignement ». Claire Dujardin

Une action policière disproportionnée et un délit qui n’est pas caractérisé pour l’avocate. « Ce n’est pas un outrage. C’est une banderole à caractère politique sur la façade d’une maison. Ce n’est que de la liberté d’expression, d’autant que la banderole reprend un terme publié en Une de Charlie Hebdo en janvier 2020. L’outrage ce n’est pas ça. On exprime seulement une opinion politique« . Et l’avocate de rappeler qu’en France, il n’existe plus de délit d’offense au chef de l’Etat. Il a en effet été abrogé après plusieurs condamnations de la France, notamment celle de la Cour européenne des droits de l’Homme dans l’affaire de l’affichette « Casse toi pov’con » brandie à l’intention de Nicolas Sarkozy lors d’une visite à Laval en 2008.

Emoi unanime

Ce vendredi, de nombreuses voix s’élèvent à Toulouse pour dénoncer « ces méthodes d’intimidation« . Dans un communiqué commun, la CGT 31, la FSU 31, Solidaires 31, l’Union des Etudiants Toulousains, le CNT 31, Act Up Sud Ouest, ATTAC, Copernic 31, la Ligue de droits de l’homme, le Parti de Gauche 31, Ensemble 31, GDS 31, le NPA 31, LO 31, La France Insoumise 31, le PCF 31et EELV Toulouse dénoncent d’une seule voix « un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature« .

Ils rappellent que le 29 janvier dernier, Charlie hebdo avait fait sa Une avec une caricature d’Emmanuel Macron ayant pour légende « Macronavirus ». Et s’interrogent : « Nous sommes dans cette affaire confrontés à un cas grave de remise en cause de la liberté d’expression comme du droit à critiquer le pouvoir, y compris par la caricature. Et pour faire respecter cela, serions-nous face à la mise en place d’une police politique qui viendra jusque dans nos logements pour nous faire retirer nos panneaux des balcons ? »

Les signataires soulignent que « depuis le début du confinement des milliers de personnes accrochent banderoles et pancartes à leurs fenêtres pour dire ce qu’elles pensent de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. C’est l’un des rares moyens que nous avons pour exprimer nos revendications, le droit de manifestation ayant été suspendu dans le cadre du confinement. »

Nous, organisations progressistes et démocratiques toulousaines, appelons à ce que ces pratiques répressives cessent immédiatement et soient condamnées par le gouvernement ou ses représentants. Le dossier doit être refermé sans aucune poursuite.

Une enquête en cours

Joint par France 3 Occitanie, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, confirme qu’une enquête a été ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et confiée à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP). « Les investigations vont se poursuivre » avec des auditions et des éléments de police technique indique-t-il, tout en précisant qu’il n’y a « pas de poursuites engagées contre quiconque à ce stade, puisque l’enquête est en cours« .
De son côté, Raphaëlle s’interroge sur tous les moyens mis en oeuvre dans cette affaire. « Mobiliser autant de personnes, plusieurs équipages de police, la capitaine qui se déplace en personne, pour une simple banderole sur une maison, ça paraît fou ! » dit-elle. « J‘aurais pensé qu’on avait plus besoin des policiers ailleurs, surtout en cette période de confinement. »
On peut s’étonner en effet, de ce « déploiement » de forces pour une simple banderole. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui réclame régulièrement des moyens policiers supplémentaires pour la ville rose appréciera sans doute…

Le virus, la peur et l’étranger – Communiqué de la LDH-66

Avec la peur liée à l’épidémie revient partout dans le monde, avec force, cette barbarie, le besoin d’un bouc émissaire. Dans nos provinces, c’est le parisien qui est mis à cette place. A Perpignan, c’est le gitan, ce concitoyen présent depuis le XVe siècle, épinglé comme étranger de l’intérieur, qui remplit ce rôle de repoussoir ultime. Pourtant les gitans de Perpignan, malgré les rudes périodes de xénophobie, sont aussi les représentants de la culture catalane, avec une identité propre qu’il serait bon de reconnaître, comme reconnaître que le virus ne choisit pas ses cibles et va là où bon lui semble, allant de préférence dans des quartiers vétustes, là où la promiscuité règne, tels le quartier saint Jacques et certains immeubles du Vernet.

La Ligue des Droits de l’Homme s’élève et proteste vigoureusement contre cette recherche d’un bouc émissaire, celui-ci portant toujours la figure de l’étranger. Elle refuse cette xénophobie ambiante qui ne peut être l’émanation de l’hospitalité catalane. Elle refuse toute forme de discrimination, que nous soyons pauvre, vieux, obèse, femme, étranger, la Ligue des Droits de l’Homme sera toujours présente pour défendre la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, ceci constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Section des Pyrénées Orientales

ldh66@laposte.net

      

Samedi 7 mars : à 16h place de la République à Perpignan – Manifestation pur les Droits des Femmes – Concert au Casal à 18h30

À l’occasion de la journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits, le CDF66 organise une série d’animations tout au long de la journée du samedi 7 mars dont voici le programme:
–> À11h, Agora féministe, Place de la République de Perpignan sur le thème “Les femmes et la chose publique”. Débat sur la politique et les problématiques de la ville… d’un point de vue féministe! Les quatre femmes têtes de liste sont invitées, ainsi que des spécialistes sur 4 thèmes: femme et lesbienne, double discrimination; santé; précarité féminine; femme SDF en danger permanent, la place des femmes dans le mouvement des gilets jaunes, urbanisme féministe. Emmenez votre chaise !
–> À 14h: Rifle féministe au Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombreux lots féministes à gagner!!

–> À 16h: Toutes et tous à la Manifestation, place de la République !! Flash mob avec les Femmes en lutte 66

–> À 18h30: Concert au Casal avec les Tata, duo électro-chanson!
https://www.facebook.com/tataduoelectrochanson/

Amb motiu del Dia Internacional dels drets de les Dones, el CDF66 organitza una sèrie d’activitats el dissabte 7 de Març. Veieu aquí el programa:

– A les 11h, Àgora feminista, Plaça de la República de Perpinyà, sota el títol « Les dones i els afers públics ». Debat sobre política i les problemàtiques de la ciutat sota una mirada feminista! Les quatre dones cap de llista estan invitades, així com especialistes en quatre temes: dona lesbiana, doble discriminació; salut; precarietat femenina; dones sense sostre en perill permanet; urbanisme feminista. Emporteu-vos una cadira!!

–> A les 14h: Rifla feminista al Casal (23, Avinguda del Liceu). Nombrosos lots feministes a guanyar!

–> A les 16h: Anem totes a la Manifestació, Plaça República de Perpinyà!! Flashmob amb Femmes en lutte 66

–> A les 18h30: Apero-concert al Casal amb el grup Les Tata, duo electro-cançó! TaTa – Duo électro-chanson

Organisé par : Collectif Droits des Femmes-66 – c’est un Collectif féministe d’associations : (APEX/ASTI/ATTAC/Femmes Solidaires/LDH/MRAP/MFPF/LGBT/Idemgenre/Jove Moviment feminista), partis (EELV/NPA/PCF/PG) et syndicats (FSU/Solidaires/CFDT/CGT/CNT)

L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »…

Voici un nouvel appel de scientifiques qui dénoncent l’inaction des gouvernements et appellent à la désobéissance civique face à l’urgence climatique. La LDH ne peut que soutenir cet appel. Tous ceux qui nient la réalité du changement climatique et qui mènent une contre-offensive à l’heure actuelle ne devraient pas être dénommés des « climato-sceptiques » mais plutôt des climato-négationnistes. Car les données scientifiques ne sont pas contestables comme le génocide nazi des juifs dans les années 40 du siècle dernier.

Publié sur francetvinfo.fr

Dans une tribune, mille scientifiques appellent à la désobéissance civile face à l’urgence climatique

Dans « Le Monde« , les scientifiques, issus de diverses disciplines, dénoncent l’inaction des gouvernements.

Ils sont océanographes, biologistes, climatologues, sociologues, astrophysiciens, agronomes, économistes, psychologues… Jeudi 20 février, mille scientifiques issues de diverses disciplines ont signé une tribune, publiée dans Le Monde, pour dénoncer « l’inertie » des gouvernements face à l’urgence climatique.

« Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée », écrivent-ils, pointant que « les catastrophes [environnementales] se déroulent sous nos yeux. » Une situation alarmante, d’autant plus que « l’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5 °C est désormais hors d’atteinte, à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. »

Une croissance « en contradiction » avec la lutte contre le changement climatique

« Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse », poursuivent les signataires. Ces objectifs de croissance sont, estiment-ils, en « contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. » Et de dénoncer, « l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. »

Ainsi, les signataires appellent « à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes », citant les Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace, Action non-violente COP21, Extinction Rebellion ou encore Youth for Climate. Et d’inviter « tous les citoyens (…) à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui », de façon à dégager « des marges de manœuvre (…) pour faire sauter les verrous et développer des alternatives. »

Interpellant les dirigeants politiques, la tribune exhorte « l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre. »