Forte mobilisation de la jeunesse pour le climat le 15 mars à Perpignan et dans le pays

publié sur l’Indépendant.fr

Perpignan : entre 300 et 400 jeunes en grève pour le climat

Ce vendredi matin, à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg, entre 300 et 400 personnes, majoritairement des lycéens et des étudiants en grève pour le climat, se sont réunies sur la place de Catalogne.

Entre 300 et 400 jeunes venus des quatre coins du département se sont réunis ce vendredi matin sur la place de Catalogne afin d’exiger des mesures concrètes contre le réchauffement climatique.

Du judicieux « Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ? » au plus osé « Faut pas niquer sa mer », les slogans inscrits sur les banderoles parlaient d’eux-mêmes. Ce vendredi 15 mars, vers 10 heures, plus de 300 lycéens et étudiants en grève se sont réunis sur la place de Catalogne pour réclamer des mesures contre le réchauffement climatique. L’ambiance était au rendez-vous. Avec, en prime, un petit concert de rock à la clé. 

« On veut montrer que les jeunes ont leur place dans le combat contre le réchauffement climatique, indique l’une des principales instigatrices du rassemblement, Clara, une étudiante en licence d’anglais de 19 ans. À notre niveau, on peut par exemple agir en réclamant de la nourriture bio et locale dans les cantines ou la réduction des emballages. Le problème, c’est que nos dirigeants ne veulent pas vraiment changer les choses. On vit dans un monde où tout tourne autour de l’argent. » 

Les débats ne servent à rien, il faut faire du bruit

Pour de nombreux jeunes interrogés, il s’agit d’une évidence : la crise climatique remet leur avenir en question. « Ça fait des années qu’on parle des problèmes liés à la planète et rien ne bouge, déplore Louise, 17 ans, qui est venue de Prades spécialement pour l’occasion. Ça ne sert à rien de faire des débats, il faut faire du bruit. À quoi bon avoir le bac s’il n’y a plus de planète pour vivre ? » Tom, un ado de 17 ans scolarisé au lycée Bourquin d’Argelès-sur-Mer, renchérit  : « C’est notre avenir qui est en jeu. Il faut des mesures concrètes pour stopper le réchauffement climatique. Il faut que l’écologie prime sur l’économie. »

Taxer les multinationales qui polluent

Si certains jeunes se contentent de dénoncer une situation « dramatique », d’autres ont leur petite idée sur les solutions à mettre en oeuvre. C’est notamment le cas de Marius, 15 ans, en seconde au lycée Arago : « À mon avis, le plus urgent, c’est de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Je pense qu’il ne faut pas taxer l’essence, car les gens sont obligés d’en acheter, mais plutôt les multinationales qui polluent le plus. » Thaïs, qui est étudiante en agronomie à l’IUT de Perpignan, martèle de son côté qu’il existe des alternatives au tout-pétrole. « On pourrait réutiliser les déchets de l’industrie pour faire du biométhane, notamment grâce à la fermentation des betteraves dont on a extrait le sucre », suggère-t-elle. Plus étonnant, d’autres plaident pour faire rouler les voitures à l’huile de chanvre. Théorie fumeuse ? Pas tant que ça : des chercheurs de l’université du Connecticut affirmaient dès 2010 qu’il s’agissait d’une alternative « viable ». Voire « attrayante ».

Arnaud Andreu

« Grève pour le climat »: des dizaines de milliers de jeunes ont défilé partout en France

 15/03/2019 à 20h06  publié sur BMFTV-AFP

Avec leurs slogans souvent teintés d’humour, des dizaines de milliers de jeunes ont manifesté ce vendredi pour réclamer plus d’actions contre le changement climatique.

« C’est maintenant ou jamais »: des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue ce vendredi en France pour défendre la planète, comme dans une centaine de pays à travers le monde, répondant à l’appel de l’adolescente suédoise Greta Thunberg. Des manifestations ont eu lieu partout, sans incidents, pour réclamer plus d’actions contre le changement climatique, un mouvement mondial inspiré par la jeune suédoise devenue une icône du climat, en grève hebdomadaire d’école depuis plus de six mois, et relayé par des associations écologistes.

« Sans pétrole, la fête est plus folle »

La plus imposante manifestation a été celle de Paris, avec 29.000 personnes selon la préfecture, 40.000 selon les organisateurs. Et un concours de pancartes, là aussi: « sans pétrole, la fête est plus folle » ; « si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé ».

A Lyon, 12.000 manifestants selon la préfecture – lycéens pour la plupart, avec des collégiens et des étudiants – ont défilé, comme ailleurs, sous une forêt de pancartes. Souvent drôles:

« Désolé maman de sécher comme la planète », « J’aime pas les oranges qui voyagent plus que moi »

La mobilisation a été aussi massive à Nantes, avec 10.500 participantsLille (6200), Rennes (5700) et Montpellier (5500). Ils étaient également un millier à Rouen et Saint-Étienne, 1800 à Saint-Brieuc, plus de 2000 à Clermont-Ferrand, 2800 à Tours, où des collégiens déploraient que leur établissement les ait déclarés « absents ».

Plus de 3000 jeunes ont défilé à Bordeaux en scandant « 1, 2, 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité », slogan repris en choeur aussi à Caen par 2000 manifestants. La question climatique a mobilisé 3600 personnes à Angers, 5000 à Strasbourg, 600 à Metz avec ce message, parmi d’autres:

« Les dinosaures aussi pensaient qu’ils avaient le temps ». »Les dinosaures aussi pensaient qu’ils avaient le temps ».

A Marseille, la police a compté 1300 manifestants, les organisateurs 5000. Sur le Vieux-Port en matinée, Lou, 16 ans, une larme verte peinte sur la joue, prenait part aux préparatifs en se réjouissant que « les gens se sentent de plus en plus concernés ». Autour d’elle, des panneaux rivalisaient encore d’humour: « La fonte des glaces, c’est pas que dans le pastis! », « Nique pas ta mer », « Ta planète, tu la préfères bleue ou saignante? ».

A Toulouse, le cortège a mêlé collégiens, lycéens, étudiants mais aussi parents et jeunes enfants, certains le front ceint d’un bandeau vert. Les politiques « vont se retrouver entre le marteau et l’enclume que sont les citoyens et le climat », prédisait Bastien parmi eux

Nouvelles manifestations samedi

Jeudi, l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, dont la Fondation – avec d’autres ONG – vient d’attaquer l’État sur la question climatique, avait encouragé les jeunes à se faire entendre dans une vidéo diffusée par le média en ligne Brut.

« Le XXIe siècle vous appartient et ne laissez personne vous le voler (…) on a besoin de vous pour nous mettre nous, les adultes, face à nos responsabilités », a-t-il lancé.

Invité de Ruth Elkrief sur BFMTV jeudi, le ministre de l’Éducation nationale Jean Michel Blanquer a estimé que ce n’était pas à lui « d’encourager à ne pas aller en cours », assurant voir ce mouvement avec « sympathie.  « C’est important que la jeunesse dise son intérêt pour le climat », a ajouté le ministre qui affirmé qu’il « fera quelque chose » des idées qui sortiront des débats organisés dans les lycées.

Samedi, de très nombreuses manifestations pour le climat sont également prévues dans le cadre de la « Marche du siècle ».

Benjamin Rieth avec AFP