Ciné-débat: « Les règles du jeu »: mardi 29 septembre 2015

«Lolita n’aime pas sourire. Kevin ne sait pas se vendre. Hamid n’aime pas les chefs. Ils ont vingt ans, ils sont sans diplôme, ils cherchent du travail. Pendant six mois, les coaches d’un cabinet de placement vont leur enseigner le comportement et le langage qu’il faut avoir aujourd’hui pour décrocher un emploi… »

« Pour nous, dit P. Chagnard, le véritable sujet du film, c’est la question du langage. C’est l’abîme entre les mots codés de l’entreprise…, et la parole des jeunes, ou leur absence de parole, qui nous renvoie à un tout autre monde culturel. »

Le débat qui suivra sera animé par les réalisateurs,

Claudine Bories et Patrice Chagnard

Cinéma La Clef 21 rue de la Clef 75005 Paris

(M° Censier-Daubenton)

Tarif du cinéma

Ciné-débat : Santé au travail – 27 mai 2013

Lundi 27 mai 2013, à 20h30,

Espace Saint-Michel, 5 place Saint-Michel, Paris 5e (M°-RER : Saint Michel) Tarif du cinéma

Projection du film (59 mn) de Manuela Frésil , en sa présence. Le débat qui suivra sera animé parla réalisatrice et par un médecin du travail (sous réserve)


tract à télécharger

Résumé :

« « Entrée du personnel » est né, comme souvent chez moi, d’un autre film, « Si loin des bêtes ». Mon enquête m’avait amenée à écouter de nombreux récits d’ouvriers travaillant dans les abattoirs. J’ai été stupéfaite de les entendre exprimer leurs souffrances physiques : elles les frappaient aux endroits précis, les épaules, les muscles, qu’ils découpaient chez les animaux.

S’agissait-il d’une vengeance divine ? Eux attribuaient leurs maux aux cadences de plus en plus infernales dans l’usine, tout en reconnaissant faire des cauchemars. J’ai souhaité rendre cette ambivalence sans chercher à donner de réponse. Je voulais restituer leur parole. » ((Interview de M. Frésil au Nouvel Obs, 1er mai 2013)

Entrée du personnel raconte le destin commun des ouvriers de la viande dans les grands abattoirs industriels. Manuela Frésil s’y est introduite aux côtés d’ouvriers à la chaîne, qui tranchent, dépiautent, ficellent… Réalisé à partir de récits de vies de salariés et de scènes tournées dans une dizaine d’usines, Entrée du personnel raconte l’emballement des cadences et la répétition infernale, l’affolement des gestes quotidiens, et ouvre sur des problématiques plus larges.

Pour résister à la pression des prix exercée par les distributeurs, l’entreprise achète de nouvelles machines pour aller plus vite, qu’il faut ensuite rentabiliser ; ainsi se met en place un cercle vicieux dont le salarié est la variable d’ajustement. Alors, produire toujours plus, pourquoi ? Quel sens a l’industrialisation de la filière viande, quelle violence exerce-t-elle sur les ouvriers ? Quelle est leur possibilité de résistance quand il n’y a pas d’autre offre de travail ? 

« Au début, on pense qu’on ne va pas rester.
Mais on change seulement de poste, de service.
On veut une vie normale.
Une maison a été achetée, des enfants sont nés.
On s’obstine, on s’arc-boute.
On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps.
On tient quand même, jusqu’au jour où l’on ne tient plus.
Alors l’usine vous licencie… »

Ce qui fait la force de ce film est d’avoir su trouver la bonne articulation entre deux récits, celui du son qui dit une parole intime et celui de l’image qui raconte le fonctionnement froid de l’usine ; les deux restituant frontalement la violence inouïe des conditions de labeur.



Ciné-débat autour de « Louise Wimmer » – 22 janvier 2013

Le mardi 22 janvier, la LDH organise une projection débat du film de Cyril Mennegun « Louise Wimmer ».

Lieu : Cinéma La Clef – 21 rue de la Clef, PARIS 5e  (M° Censier-Daubenton, bus 27, 67, 89)

Magnifique portrait d’une héroïne ordinaire qui se retrouve soudain dans la dèche et la précarité, et décide envers et contre tout de prendre son destin en main, cette première fiction du documentariste Cyril Mennegun est également servie par une actrice hors pair : Corinne Masiero est l’incarnation même de Louise, avec son mélange de brutalité et d’élégance.

Pour le débat qui suivra nous accueillerons le réalisateur Cyril MENNEGUN et Samuel MOUCHARD, chargé de mission pour l’Ile de France de la Fondation Abbé Pierre.

débat avec le Président d’Emmaüs – 12 janvier 2012

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Vous êtes chaleureusement convié(e) à notre réunion annuelle et traditionnelle de « Reprise de carte ».

Il s’agit d’une rencontre-débat avec une personnalité incarnant les causes défendues par la LDH, suivie d’un moment festif ; le tout offrant l’occasion aux membres de renouveller leur adhésion annuelle, et aux personnes intéressées de rencontrer une très grande partie des ligueurs et ligueuses de Paris 5e-13e.

La réunion aura lieu jeudi 12 janvier 2012, à partir de 19h30, avec

Christophe Deltombe, Président d’Emmaüs France

Lieu : Maison des Associations- 11 rue Caillaux 75013- M° Maison Blanche

Ci-dessous, un   « Point de vue » publié dans Le Monde par Christophe Deltombe, en septembre 2009

 » Contre la déconstruction du pacte social, investissons dans l’humain !

En période de crise les politiques sociales souffrent. Et cela parce que, selon les indicateurs de richesse habituellement utilisés, améliorer les conditions de vie des plus pauvres est considéré comme improductif et donc trop coûteux !

Trop souvent, c’est en effet au détriment des plus démunis que les mesures d’économie sont réalisées. Et pourtant, investir dans des politiques de justice sociale et d’égalité préserverait le pacte social qui est au fondement de toute société.

Aujourd’hui, les politiques économiques et sociales se résument à des politiques du chiffre. C’est l’obsession de l’évaluation et du résultat quantifiable au risque d’effets pervers pourtant aisément constatés. Un exemple parmi tant d’autres : en demandant aux structures d’insertion d’atteindre certains taux de retour à l’emploi – condition posée pour le maintien des aides financières dont elles bénéficient – on les incite à recruter des personnes facilement « ré-insérables » au détriment des plus éloignées de l’emploi. Ainsi ce sont les plus pauvres, les plus exclus qui payent le prix d’un « productivisme social » à courte vue.

Ce sont encore les plus faibles qui paient aujourd’hui le prix de politiques parfois populistes (chasse aux sans-papiers acharnée et jusque dans nos communautés qui accueillent des populations en grande fragilité), parfois démagogiques (travail obligatoire pour les bénéficiaires du RSA, culpabilisation des bénéficiaires des dispositifs d’assistance), souvent désespérantes pour les plus démunis (fermeture des centres d’hébergement à la fin de l’hiver, suppression de la prime de 500 euros pour les chômeurs non indemnisés et de la prime à l’embauche des stagiaires, diminution de l’indemnité de fin de droit des chômeurs en formation, etc).

Cette mise en danger récurrente du pacte social au détriment des plus démunis des sans voix, des oubliés est inacceptable. A force de faire peser sur ces populations la charge d’une crise dont elles ne sont pas responsables, de les culpabiliser, de les humilier, on arrive à des situations de désespérance, à un sentiment d’abandon majeur et à la recherche d’exécutoires dans la violence et la délinquance.

Notre société est au bord de l’explosion et 2012 doit être l’année du changement. Il est temps de prendre à bras le corps le problème de l’exclusion qui mine notre société. Regardons en face les difficultés des hommes et des femmes qui se retrouvent marginalisés, devenus invisibles à la société, placés hors système !

D’autres voies, d’autres modèles sont possibles. C’est le pari que le mouvement Emmaüs a fait depuis soixante ans en démontrant jour après jour, que chacun peut trouver sa place dans un système fondé sur la dignité des personnes et l’efficacité d’un modèle économique innovant, respectueux de l’environnement : en créant des communautés de personnes accueillies de manière inconditionnelle et sans limitation de durée, en mettant sur pied des structures d’insertion pour les plus démunis en tentant de les accompagner au-delà de la durée des contrats aidés, en ouvrant des accueils de jour, de nuit et d’urgence pour combattre d’abord l’isolement, en proposant des solutions innovantes et solidaires contre le mal-endettement et toutes les formes de mal-logement.

Aujourd’hui donc, le Mouvement Emmaüs poursuit son appel à la résistance initié en juin et lance son programme de mobilisation pour les présidentielles. Parce l’heure des choix et des arbitrages est arrivée.

Les candidats aux élections devront impérativement s’engager clairement en faveur d’un modèle de société plus juste, d’une véritable politique de lutte contre l’exclusion et pour une économie plus solidaire ! Augmenter significativement le nombre de contrats d’insertion pour aider la reprise du travail par des personnes très éloignées de l’emploi, promouvoir l’économie solidaire, accompagner les sans domicile dans leur retour à une vie sociale, permettre aux jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance ou aux sortants de prison de trouver leur place dans la société seraient autant d’investissements dans l’avenir de ces hommes et femmes qui retrouveraient une autonomie économique en même temps qu’une dignité.

Investir dans l’humain est une absolue nécessité. Non seulement pour éviter les catastrophes individuelles et collectives qui se profilent, mais aussi pour reconstruire notre pacte social.

Persévérer dans la voie actuelle serait intolérable ! S’engager en 2012 est indispensable ! »