A la une
Rennes : un hommage à l’avocat des migrants, Mickaël Goubin, disparu en juillet dernier
L’avocat rennais Michel Goubin est décédé brutalement le 30 juillet dernier. Il était âgé de 41 ans. Sa disparition a profondément ému des défenseurs des demandeurs d’asile et des sans-papiers, aux côtés desquels il a lutté, mettant son talent et son professionnalisme au service de cette cause. Il était en effet spécialiste du droit d’entrée et de séjour des étrangers en France, du droit d’asile et du droit de la nationalité.
« Entrée du personnel » de M. Frésil à St-Barnabé le 30 novembre : la bande annonce du film
Quimper : 2ème édition du concours de la vidéo engagée
De nos jours, l’engagement apparait sous des formes diverses et variées. Il peut être individuel, collectif, associatif, politique, syndical,… Cette quête d’idéal est le moteur de notre vivre ensemble, le ciment de toutes les solidarités et facteur de progrès social. La Ligue des Droits de l’Homme Quimper organise la 2e édition du Concours de la Vidéo engagée, unique dans son genre, et cela à l’échelle nationale.
L’audiovisuel est un formidable vecteur d’informations et d’idées. La LDH Quimper, en organisant ce concours, souhaite mettre en avant l’engagement des participant/es et révéler des talents. L’objectif majeur est par conséquent d’inciter tout/e citoyen/ne à exprimer ses convictions ou questionnements sur les droits de l’humain en mettant en scène des situations qui le choquent, le touchent, l’intriguent,…
Dans une vidéo de 10 minutes maximum, sous forme de documentaire ou de fiction, le/a participant/e peut développer sa créativité et son originalité en utilisant le medium de son choix (téléphone portable, webcam, appareil photo ou caméscope numériques, etc). Lors de la soirée de clôture du concours, un jury de qualité, spécialistes et amateurs, cinéphiles et engagés décernera des prix aux 3 meilleures vidéos et le public, participatif, attribuera son prix Coup de coeur. Les vidéos primées seront visibles sur les sites de la LDH Quimper et de la LDH nationale. Elles seront diffusées dans des cinémas Arts et essais finistériens, en première partie de films engagés, uniquement dans un but non lucratif. Ce concours est ouvert à chacun/e, terrien/ne… ou pas!
» Créer, c’est résister. Résister, c’est créer »
Lucie Aubrac
Quimper : Sharqiya, le 11 décembre
Dans le cadre du mois du documentaire proposée par Gros Plan la Ligue des Droits de l’Homme de Quimper est partenaire de la diffusion du film Sharqiya.
Kamel, un jeune Bédouin, travaille comme agent de sécurité à la gare routière de Be’er Sheva. Il habite dans un petit village illégal, perdu au beau milieu du désert.
Son frère Khaled, chef du village, travaille dans la construction et est marié à Nadia, 21 ans. La relation entre les deux frères est compliquée, Khaled n’approuvant pas le métier de Kamel. Un jour, en rentrant chez lui, Kamel apprend que les autorités ont ordonné la démolition du village. Dès le lendemain, Khaled quitte son emploi et décide de rester au village, pour repousser les autorités qui tenteraient de les déloger. Kamel, quant à lui, continue d’aller à son travail…
Une diffusion suivi d’un débat aura lieu le Mardi 11 Décembre au Quai Dupleix en présence d’Arnaud Hée, critique de cinéma
Quimper : le logement, crises et perspectives
La question du logement est au cœur des préoccupations de nos concitoyens. Elle est également au cœur de la crise. C’est un facteur de stabilité, un facteur de dignité. C’est aussi un des facteurs qui a contribué à la paupérisation continue de la société ces dix dernières années avec une flambée des prix qui a pesé de plus en plus lourd pour les ménages et le renforcement de la problématique de la précarité énergétique.
Au cœur du logement, des questions fondamentales en matière de vivre ensemble : la mixité sociale, la régulation des zones de tension locatives, le libre choix des modes de résidence, le droit au logement opposable, le parcours résidentiel tout au long de la vie, la dignité des conditions de logement.
Avant un échange qui nous l’espérons sera le prélude à un travail collaboratif et contributif plus vaste sur le territoire de Quimper, il nous est apparu nécessaire de revenir sur les fondamentaux de cette question, au travers d’une conférence animée par le responsable du groupe de travail national de la LDH sur la question du logement Jean Frouin.
Nous vous invitons à venir nombreux pour échanger sur cette problématique, le 5 décembre 2012 à compter de 20h30, aux Halles Saint François à Quimper.
Êtes-vous : un homme, une femme, sans opinion ?
Êtes-vous : un homme, une femme, sans opinion ?
Question insolite. Surtout en cette période de débat sur le mariage pour tous ou ses adversaires accusent ses partisans de vouloir imposer la théorie du genre.
C’est en fait la dernière question d’un sondage auquel les habitants de Saint-Quentin (Aisne) sont invités à répondre.
La stupidité de cette question a vraisemblablement échappé à un rédacteur de sondage un peu pressé. Mais ça n’est pas celle-là qui pose problème.
Saint-Quentin, c’est la ville dont le prince se nomme Xavier Bertrand. En bon démocrate, il a imaginé d’interroger ses administrés sur ce qu’ils souhaitent pour leur ville, dans tous les domaines : équipements, voirie, aménagements urbains, culture, etc… On ne va pas l’en blâmer. Les habitants ont, pour chaque question, le choix entre cinq réponses :
Pour les travaux, on demande par exemple : « Faut-il rénover la place de la gare ? » Pas de problème, toutes les opinions sont recevables pour une telle question.
En revanche, quand le sondeur demande si « rendre accessible aux personnes à mobilité réduite les activités proposées aux Saintquentinnois » est :
- « tout à fait prioritaire,
- important mais pas prioritaire,
- secondaire,
- inutile,
- sans opinion ».
on a comme un drôle de sentiment. Figurez-vous M. Bertrand que rendre accessible aux personnes à mobilité réduite les activités proposées aux administrés d’une ville n’est ni prioritaire, ni secondaire, ni inutile, c’est légal. Point.
Et quand, aux mêmes administrés, vous demandez si « aider les plus démunis » est
- « tout à fait prioritaire,
- important mais pas prioritaire,
- secondaire,
- inutile,
- sans opinion ».
on se demande quelle réponse vous espérez. Nous, on espère que Pascal Riché, de Rue 89 a raison quand il suppose que « Pour être honnête, je ne pense pas que ceux qui ont préparé et relu ce questionnaire soient particulièrement cyniques. Ce sont plutôt des têtes de linotte, qui n’ont pas trop réfléchi au sens que pouvaient donner des propositions inadaptées de réponses. » (lire son article ici).
On peut lire ce questionnaire sur le site de la mairie de Saint-Quentin, mais pour pouvoir le consulter il faut le remplir, et une fois rempli il n’est plus accessible.
Rennes : pétition et rassemblement de soutien aux demandeurs d’asile
La situation des demandeurs d’asile est de plus en plus préoccupante à Rennes. Voici le récit qu’en fait Annie Clénet, présidente de la section de la Ligue des droits de l’Homme, qui travaille en collaboration avec le réseau éducation sans frontière et droit au logement.
La famille E. : la jeune R. vient d’appeler débordée par le stress et la panique. Cette famille sollicite notre aide. R. va adresser dans la journée un résumé de la situation de la famille. Il faut alerter les élus.
La décision vient de tomber pour la famille E. : la juge n’a annulé que la décision portant sur le délai de départ volontaire qui ne leur avait pas été accordé.
Malgré cette annulation, la préfecture a décidé de mettre à exécution l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) et d’expulser la famille avant l’audience prévue le 29 novembre sur le refus de séjour (vol prévu mardi ou mercredi ?). L’avocate va donc faire un référé liberté pour tenter de suspendre l’expulsion.
La famille S. L’audience a duré cinq minutes, une décision sera rendue le 7 décembre; l’avocate a rappelé l’historique de la famille, les difficultés de retour dans les pays d’origine (deux pays différents). Monsieur vient de déposer un dossier pour étranger malade, il va très mal, tout comme son épouse. Son épouse elle aussi va très mal.
La famille B. est dans l’attente
Pour aider ces familles, signez la pétition en ligne !
En voici le texte :
Pétition d’indignation et de soutien
Soutenons les élèves et leurs familles expulsés :
Ils doivent être relogés et poursuivre leur scolarité de façon décente !
Depuis plusieurs semaines à Rennes comme dans d’autres villes, des expulsions ont mis à la rue des migrants d’origine mongole, géorgienne, tchetchène ou africaine dont de nombreux enfants scolarisés dans plusieurs écoles, collèges, lycées et hébergés de façon précaire (comme le squat de l’ancienne maison de retraite à Pacé : 250 migrants dont 70 enfants).
Cette semaine au collège Echange (l’un des cinq établissements de Rennes avec des classes d’accueil), deux élèves scolarisés dans l’établissement, Marius (4e) et Rebbeca (6e), ont été expulsés de leur logement dans le quartier et n’ont pas fait la rentrée après les vacances de la Toussaint, d’autres sont menacés !
Nous, professeur-e-s, personnels et parents d’élèves du collège Echange engagé-e-s pour que soit garantie à tous les élèves une scolarité dans nos écoles, sommes indigné-e-s des expulsions de familles orchestrées ces dernières semaines.
En effet , au moment même où nos élèves commencent une scolarité dans le collège nous n’acceptons pas le fait que Marius Parashiv Bratu 4ème A, Rebecca Botan 6ème A et n’importe quel autre élève scolarisé, passent serait-ce qu’une seule nuit dehors.
Dans quel Etat vivons-nous pour infliger à des enfants une telle situation, un tel abandon ?
Les personnels du collège Echange et les parents d’élèves soutenant cette cause réclament un arrêt de ces expulsions et un relogement de ces enfants et de leur famille dans des habitations dignes pour que n’importe quel enfant puisse jouir d’une scolarité digne des valeurs que notre chère république proclame….
Liberté , Egalité , Fraternité !
Participez à la marche de soutien le samedi 24 novembre prochain partir de 10 H suivie d’un pique nique place de la mairie
et rejoignez-nous au pique-nique et rassemblement de soutien place de la mairie à Rennes, samedi 24 novembre à midi !
Cinq associations présentes dans les centres de rétention dressent un constat alarmant
L’ASSFAM (association service social familial migrants), France terre d’asile, le Forum réfugiés-Cosi, la Cimade et l’Ordre de Malte sont cinq associations habilitées à être présentes dans les centres de rétention administratives, où elles apportent aux personnes « retenues » (c’est mieux de dire « retenu » que « enfermé »…) un soutien psychologique, et juridique, en leur disant leurs droits. Elles viennent de publier un rapport très complet et très précis sur la situation dans les centres, qu’ils ont analysés un par un. Elles résument dans le communiqué ci-dessous leurs observations, et font part de leurs inquiétudes. Intitulé « Centres et locaux de rétention administrative, rapport 2011 », il analyse aussi bien les conditions matérielles que les conditions psychologique de la rétention.
Le rapport complet est téléchargeable ici.
Rapport 2011 sur les centres et locaux de rétention administrative
UN BILAN CRITIQUE QUI APPELLE UNE REFORME URGENTE
En métropole, un quart des personnes étrangères placées en rétention à compter de juillet 2011 ont été éloignées avant le cinquième jour d’enfermement, c’est-à-dire avant d’avoir pu voir le juge judiciaire. En Outre-mer, le contrôle des juges relève de l’exception. C’est l’un des constats alarmants que dressent les cinq associations présentes en rétention dans leur rapport 2011
Ce deuxième rapport commun apporte, chiffres et témoignages à l’appui, une analyse inédite de l’application de la loi Besson, entrée en vigueur en juillet 2011. Il met en évidence le contournement voire la mise à l’écart des juges au profit du pouvoir de l’administration, des situations de droits bafoués, d’éloignements expéditifs, d’interpellations abusives, d’enfermement inutile qui en devient parfois punitif. Ce constat, sans appel, est plus grave encore en Outre-mer. Durant cette même année 2011, ces pratiques ont été à plusieurs reprises sanctionnées par les plus hautes juridictions françaises et européennes. Pour les personnes enfermées qui ont malgré tout pu exercer des recours, les juridictions nationales ont fréquemment sanctionné des procédures illégales.
Les Roumains et les Tunisiens ont particulièrement été ciblés en 2011, quand bien même les premiers sont des ressortissants de l’Union européenne et les seconds disposaient souvent des documents légalisant leur accès au territoire français. Le rapport révèle que l’éloignement de ces ressortissants permet à l’administration de faire du chiffre beaucoup plus facilement en s’affranchissant largement, une fois encore, du contrôle des juges.
La dernière loi sur l’immigration a donc sophistiqué un peu plus la machine à expulser, réglée pour répondre essentiellement aux objectifs de la politique du chiffre. Or, ce rapport sur les centres et les locaux de rétention administrative démontre les violations des droits toujours plus graves que produit ce dispositif.
Le document s’attache enfin à décrire l’impact sur les personnes enfermées de cette poursuite à tout prix d’objectifs quantitatifs.
Le rapport ne se contente pas de décortiquer un système : il permet de souligner l’urgence d’une réforme profonde des procédures d’éloignement. Selon les promesses de François Hollande et en conformité avec les engagements européens de la France, la rétention administrative doit devenir une exception.
ASSFAM
France terre d’asile
Forum réfugiés-Cosi
La Cimade
Ordre de Malte
Mariage pour tous : la déclaration de François Hollande inquiète
La déclaration du président de la République devant le congrès de l’Association des maires de France au sujet de la « clause de conscience » qui pourrait amener un maire à refuser de célébrer lui-même un mariage entre personnes du même sexe a suscité beaucoup d’émois, dans les associations comme dans les partis politiques (lire ici l’interview de Noël Mamère dans Libération), y compris au parti socialiste.


