SÉNÉGAL. LA VAGUE D’ARRESTATIONS ARBITRAIRES D’OPPOSANTS ET D’ACTIVISTES PORTE GRAVEMENT ATTEINTE AUX DROITS HUMAINS

Communiqué d’Amnesty International Publié le 05.03.2021

  • Ousmane Sonko arbitrairement détenu
  • Cinq morts lors de manifestations
  • Des individus identifiés aux côtés de la police agressent des manifestants
  • Deux chaînes de télévision suspendues pour 72 heures, une radio privée et le siège du quotidien national attaqués


Les autorités sénégalaises doivent immédiatement cesser les arrestations arbitraires d’opposants et d’activistes, respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression, et faire la lumière sur la présence d’hommes armés de gourdins aux côtés des forces de sécurité, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

L’opposant Ousmane Sonko a été arrêté le 3 mars à Dakar la capitale et inculpé pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée alors qu’il se rendait au tribunal pour répondre à une convocation d’un juge d’instruction dans le cadre d’une plainte sur une affaire pénale distincte. Suite à son arrestation, des heurts entre les soutiens de l’opposant et les forces de sécurité ont été notés dans plusieurs villes du pays, occasionnant de nouvelles arrestations et des scènes de pillages, et la mort d’un manifestant.

« Ousmane Sonko se dirigeait vers le tribunal à la suite d’une convocation de l’autorité judiciaire, lorsqu’il a été arbitrairement arrêté dû à la présence sur son itinéraire de manifestants et sympathisants. Les charges de trouble à l’ordre public et de manifestation non autorisée qui pèsent sur lui doivent être abandonnées et, tant que ce sont les seules charges justifiant sa détention, il doit être immédiatement libéré, ainsi que les trois individus qui ont été arrêtés en même temps que lui, » a déclaré Samira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Arrêté alors qu’il se trouvait dans son véhicule

Le convoi d’Ousmane Sonko a été arrêté par les gendarmes à l’ouest de la capitale sur ordre du préfet de Dakar. Après plusieurs minutes pendant lesquelles les gendarmes ont par moment tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les soutiens de l’opposant, Ousmane Sonko a été arrêté et inculpé alors qu’il se trouvait dans son véhicule. 

Trois de ses gardes du corps ont également été arrêtés avec lui. Durant l’arrêt du convoi et en prélude à l’arrestation, les gendarmes ont fait un usage excessif de la force contre l’un des gardes du corps, lui administrant des coups et posant une grenade lacrymogène dans sa veste.

Durant cet incident, le préfet de Dakar a demandé aux forces de sécurité de « charger » (tirer des grenades lacrymogènes) les manifestants y compris les journalistes présents sur les lieux. Un caméraman d’une chaîne de télévision régionale a reçu une grenade occasionnant une blessure au tibia.

Après leur arrestation, des heurts entre forces de sécurité et manifestants ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Dakar et d’autres villes du pays. Des manifestants ont pillé des commerces, jeté des pierres sur les forces de l’ordre et brûlé des pneus.

Hommes en tenue civile armés de gourdins

Des hommes en tenue civile, armés de gourdins et à bord de véhicules pick-up ont également été aperçus aux côtés des forces de sécurité dans plusieurs lieux à Dakar. Ces hommes ont pourchassé des manifestants, et frappé ceux qu’ils arrêtaient, devant les forces de sécurité, dans nombre de ces cas. Dans une intervention à la radio, le ministre de l’Intérieur n’a pas nié la présence de ces hommes en tenue civile mais suggéré que les forces de l’ordre ont pu ne pas être en uniformes.

Amnesty international rappelle que les Lignes directrices de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) stipulent que les agents déployés dans le cadre des manifestations doivent porter des marques d’identification individuelle visibles en opération. D’autre part, si ces personnes étaient des agents des force de l’ordre, elles ont également fait preuve d’un usage excessif de la force contre les manifestants, en violation du droit international.

Usage d’arme léthale au sud du pays

Le 4 mars, des manifestations ont également eu lieu à Bignona, une ville du sud, lors desquelles les forces de sécurité et de défense ont tiré à balles réelles sur les manifestants. Cheikh Coly, l’un des manifestants a été atteint par balles avant de succomber à ses blessures à l’hôpital de Bignona. Son père a déclaré à Amnesty International que le corps de son fils était toujours à l’hôpital et qu’une autopsie devait être menée. Cette mort a également été confirmée par le préfet de Bignona dans une interview à la radio où il a également indiqué qu’une enquête allait être ouverte par la gendarmerie. 

« Nous appelons les autorités à mener une enquête crédible et indépendante sur les circonstances de la mort de Cheikh Coly et à ce que les responsables soient poursuivis selon les normes de procès équitables. Conformément au droit international, les forces de l’ordre ne doivent utiliser la force léthale que dans des circonstances exceptionnelles, en cas de risque imminent de blessure grave ou de mort, et non pour le maintien de l’ordre, » a déclaré Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International au Sénégal.

Atteintes à la liberté des médias

Amnesty International s’inquiète des menaces relevées depuis le 3 mars qui pèsent sur la liberté des médias, et de la suspension des signaux de certaines chaines. Hier soir, des individus ont attaqué l’immeuble abritant les locaux de la radio privée RFM et du quotidien d’information ‘’L’Observateur’’ du Groupe Futurs Médias (GFM). De nombreux dégâts matériels ont été notés à la devanture et sur les murs de l’immeuble. Les locaux du quotidien national ‘’Le Soleil’ auraient également été attaqués.

Les signaux des télévisions WALF TV et SEN TV ont par ailleurs été coupés hier pour 72 heures par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) qui avait mis en garde dans un communiqué ces deux chaines locales et une autre, la 2STV, en déclarant la veille, avoir constaté dans leur retransmission, des « appels répétés au soulèvement populaire en diffusant des images d’insurrection en boucle », les appelant à « cesser cette couverture irresponsable ».

Tout en dénonçant l’attaque de l’immeuble de GFM et du « Le Soleil », Amnesty International demande aux autorités de lever la suspension des signaux télévisuels et respecter la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, en particulier la liberté des médias, afin qu’ils puissent faire leur travail de manière indépendante.

Arrestations arbitraires et entraves à la liberté de réunion pacifique

Les évènements des deux derniers jours ont eu lieu dans un contexte tendu au Sénégal avec de nombreuses arrestations, durant les semaines précédentes.  Amnesty International considère par ailleurs comme arbitraire, la détention de 17 militantes du parti “Pastef-Les patriotes” qui avaient été interpellées le vendredi 26 février devant le domicile d’Ousmane Sonko à qui elles rendaient visite, après la levée de son immunité parlementaire. Empêchées d’accéder au domicile, elles ont été arrêtées pour troubles à l’ordre public et détenues pendant sept jours sans être présentées devant un juge, avant d’être libérées durant la soirée du 3 mars.

L’activiste Guy Marius Sagna, un militant et membre fondateur du Mouvement ‘Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine’ (FRAPP- France Dégage) arrêté le 20 février, est accusé d’ « association de malfaiteurs », « organisation d’un mouvement insurrectionnel » et de « menaces de troubles à l’ordre public ».

Placé en détention le 2 mars, Guy Marius Sagna est depuis ce jour en grève de la faim pour protester contre ses mauvaises conditions de détention à la prison du Cap Manuel. Selon son avocat, Guy Marius Sagna a été placé en isolement dans une cellule sans lumière après avoir rédigé une lettre à l’autorité pénitentiaire dénonçant les mauvaises conditions de détention des prisonniers.

« Les charges contre Guy Marius Sagna sont infondées et il doit être libéré immédiatement et sans conditions. En outre, les autorités sénégalaises doivent garantir des conditions de détention conformes aux normes internationales et aux recommandations du Comité contre la torture dans ce contexte de COVID-19. Tous les détenus doivent notamment avoir accès à leurs familles, leurs avocats et des soins médicaux adéquats, » a déclaré Seydi Gassama.

Ce vendredi 5 mars, une coalition de la société civile et de partis de l’opposition a prévu de manifester à Dakar et dans plusieurs villes du pays.

« Nous demandons aux autorités sénégalaises de respecter la liberté de réunion pacifique dans tout le pays. Les forces de sécurité doivent faciliter l’exercice de cette liberté et non l’entraver, » a conclu Samira Daoud.

Complément d’information

Ousmane Sonko est député et président du parti d’opposition « Pastef-Les Patriotes ». Il a été accusé de viol et de menaces de mort par une femme qui a déposé une plainte contre lui le 3 février dernier. Son immunité parlementaire a été levée par l’Assemblée nationale le 26 février et une convocation lui a été servie pour répondre à un juge le 3 mars.

Plusieurs militants et sympathisants de son parti ont été arrêtés depuis le 8 février. Une manifestation de coalitions de la société civile et de partis politiques est prévue à Dakar ce 5 mars 2021 pour protester contre l’atteinte aux droits et libertés publiques.

Répression du pouvoir au Nigéria: au moins 18 morts et des centaines de blessés par la police qui tire à balles réelles

Au Nigéria un vaste mouvement de contestation traverse le pays depuis plusieurs semaines. La jeunesse (60% de la population) réclame la justice et la fin de la corruption et des violences policières. Un régime autoritaire a été mis en place depuis longtemps dans le cadre d’une politique néolibérale. La LDH dénonce la répression sanguinaire du pouvoir.

Publié sur lemonde.fr le 22 octobre 2020

Nigeria : une juste révolte contre l’impunité

Editorial. Des manifestations agitent le pays depuis deux semaines. Déclenché par des violences policières, ce mouvement est une devenu une contestation plus globale d’un pouvoir abusif et discrédité.

Editorial du « Monde ». 

Première puissance économique du continent africain, pays connu pour son dynamisme et sa créativité, mais aussi pour sa corruption et ses inégalités abyssales, le Nigeria est en proie à une révolte inédite de sa jeunesse. Depuis deux semaines, des manifestations secouent le pays non seulement à Lagos, mégalopole de vingt millions d’habitants et capitale économique du pays, mais dans plusieurs autres villes, dont Abuja, sa capitale fédérale. Déclenchée par une vidéo montrant des policiers abattant un homme de sang-froid, la révolte contre les violences policières s’est muée en une contestation globale du régime revendiquant la démission du président, Muhammadu Buhari. Le soulèvement de la jeunesse urbaine se nourrit aussi de l’exaspération après un confinement anti-Covid-19 levé cet été, mais qui a asphyxié l’économie.

Au moins dix-huit personnes sont mortes dans ces affrontements avec la police avant même le « mardi sanglant », ce 20 octobre, au cours duquel un millier de manifestants rassemblés à un péage de Lagos ont été dispersés par des tirs à balles réelles. La police et l’armée sont mises en cause, mais aussi des voyous stipendiés pour jeter le discrédit sur le mouvement. Depuis lors, des jeunes continuent de braver le couvre-feu instauré pour tenter de stopper leur révolte. La promesse du président de dissoudre la brigade spéciale de la police nigériane, accusée de tortures et d’exécutions sommaires par Amnesty international, convainc d’autant moins les manifestants qu’elle a déjà été formulée, en vain, par le passé.

Vieux militaires brutaux

La jeunesse du Nigeria – 60 % de ses 200 millions d’habitants ont moins de 24 ans – ne supporte plus d’être exclue par un système politique incapable de réduire l’extrême pauvreté et dont la violence est couverte par une totale impunité. Le président Buhari, 77 ans, ancien général putschiste finalement élu en 2015, focalise le mécontentement : taiseux, claquemuré à Abuja, impuissant à vaincre l’insurrection islamiste de Boko Haram au nord-est, tout comme le grand banditisme, qui met en coupe réglée la région pétrolière du delta du Niger, il personnifie un pouvoir de vieux militaires du Nord, brutaux et incapables d’écouter la population. Son armée se caractérise par sa propension à commettre des exactions sur des civils réduits au silence – y compris numérique – loin des grandes villes. En dépit de la manne pétrolière, le revenu moyen nigérien ne dépasse pas 5 dollars (4,20 €) par jour, et l’espérance de vie plafonne à 52 ans.

L’impunité qui protège les responsables des violences au Nigeria est inacceptable. L’Union européenne et l’ONU réclament, à juste titre, qu’ils soient « traduits en justice » et que les abus policiers cessent. Locomotive de l’Afrique de l’Ouest, ce pays qui fait rêver tant d’Africains devrait se montrer exemplaire. Cela passe en tout premier lieu par la nécessité d’écouter les revendications d’une jeunesse qui réclame la justice, la fin de l’arbitraire des forces armées et la redistribution des richesses. Un programme ambitieux, qui, soixante ans après les indépendances, pourrait être celui de bien des pays du continent.

Le Monde

Après les explosions, la révolte sociale gronde au Liban contre la classe politique corrompue

Publié sur lemonde.fr le 8 août 2020 – Le Monde avec AFP et Reuters  

Des milliers de Libanais manifestent leur colère, le premier ministre va proposer des élections anticipées

Des manifestants ont pris d’assaut le ministère des affaires étrangères samedi à Beyrouth. La colère est forte parmi les Libanais, quatre jours après l’explosion qui a fait 158 morts et plus de 6 000 blessés.

Le premier ministre libanais, Hassan Diab, a annoncé, samedi 8 août dans la soirée, qu’il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Le pays est ébranlé par l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, dont la population rend la classe politique responsable.

Dans un discours télévisé, il a estimé que seules « des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle ». Il a ajouté qu’il était prêt à rester au pouvoir « pendant deux mois », le temps que les forces politiques s’entendent à ce sujet.

Le chef du gouvernement, qui a formé son cabinet en janvier après la démission de Saad Hariri fin octobre sous la pression d’un mouvement de protestation populaire, a déclaré qu’il soumettrait sa proposition lundi au conseil des ministres.

  • Un cratère de 43 mètres de profondeur

L’explosion, qui a dévasté le 4 août des quartiers entiers de la capitale libanaise, a fait au moins 158 morts et plus de 6 000 blessés, a annoncé, plus tôt dans la journée, le ministère de la santé. Le nombre de personnes portées disparues a, lui, été revu à la baisse. Il est désormais de 21, contre plusieurs dizaines évoquées dans la matinée.

L’ambassade de Syrie au Liban a fait savoir que 43 de ses ressortissants figurent parmi les morts, sans préciser toutefois si ces derniers sont inclus dans le bilan communiqué par les autorités libanaises. L’épouse de l’ambassadeur des Pays-Bas au Liban est, par ailleurs, décédée, samedi après-midi, des suites de ses blessures.Lire aussi  Comparée à d’autres catastrophes, quelle a été la puissance de l’explosion à Beyrouth ?

L’énorme explosion a engendré un cratère de 43 mètres de profondeur, a fait savoir dimanche une source sécuritaire libanaise, citant des évaluations effectuées par des experts français en pyrotechnie dépêchés sur le terrain. L’institut américain de géophysique USGS, basé en Virginie, avait indiqué que ses capteurs avaient enregistré l’explosion comme un séisme de magnitude 3,3 sur l’échelle de Richter.

Des secouristes libanais, français, allemands, russes et d’autres nationalités poursuivaient ce week-end leurs opérations sur les lieux de l’explosion pour tenter de retrouver des survivants.

  • Des milliers de Libanais manifestent

Des milliers de manifestants, dont certains brandissaient des nœuds coulants, se sont rassemblés dans le centre-ville pour exprimer leur profond rejet des dirigeants politiques auxquels ils demandent des comptes après l’explosion de mardi.

A proximité de la place des Martyrs, épicentre traditionnel des manifestations dans la capitale, des heurts ont opposé les forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes, à de jeunes protestataires ripostant avec des pierres.

Sur la place, le mot d’ordre de milliers de personnes était « Le Jour du jugement ». Des guillotines en bois ont été installées et des protestataires ont brandi des cordes. « Le peuple veut la chute du régime », scandaient certains manifestants, brandissant des pancartes réclamant le départ des « assassins ».

Dans la soirée, des manifestants dirigés par des officiers de l’armée à la retraite ont pris d’assaut le siège du ministère des affaires étrangères à Beyrouth, le proclamant « quartier général de la révolution », selon des images diffusées en direct par les chaînes de télévision. L’armée a envoyé des renforts pour les déloger.

Des manifestants ont aussi tenté de prendre le quartier général de l’Association des banques, y mettant le feu avant d’être délogés par l’armée. Les protestataires ont également brièvement occupé les ministères de l’économie et de l’énergie. Ce secteur constitue le symbole de la gabegie des services publics, les coupures de courant alimentant la colère.

Un policier a été tué au cours des manifestations « en aidant des personnes coincées dans l’hôtel Le Gray », a annoncé la police libanaise sur Twitter, ajoutant qu’il avait « été agressé par un certain nombre d’émeutiers qui ont entraîné sa chute et sa mort ».

Selon un tweet de la Croix-Rouge libanaise, 63 personnes ont été blessées pendant la manifestation et transportées dans des hôpitaux, et 175 autres soignées sur place.

  • Démission de plusieurs députés libanais

La déflagration dans le port de Beyrouth a été provoquée par plusieurs tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis six ans dans un entrepôt « sans mesures de précaution », de l’aveu même du premier ministre libanais.Lire aussi : Un navire moldave et 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium… au Liban, les premiers contours d’un scénario terrible

Celle-ci, la plus dévastatrice jamais survenue dans le pays, a également mis à la rue des centaines de milliers de personnes, alimentant la colère de la population contre la classe politique, accusée d’incompétence et de corruption.

Le chef du parti Kataëb (Les Phalanges libanaises), Samy Gemayel, a annoncé samedi sa démission ainsi que celle des deux autres députés du parti historique chrétien. Leurs départs viennent s’ajouter à ceux de deux autres parlementaires cette semaine : celui du député Marwan Hamadé, du bloc du chef druze Walid Joumblatt, et celui de la députée Paula Yacoubian, élue sur la liste de la société civile au Parlement.

« Le peuple libanais doit prendre une position historique. Un nouveau Liban doit émerger sur les ruines de l’ancien, que vous représentez », a lancé M. Gemayel à l’adresse de la classe politique, critiquant sans le nommer le président, Michel Aoun.

Ce dernier a rejeté vendredi toute enquête internationale sur l’explosion, estimant qu’elle ne ferait que « diluer la vérité ». Une vingtaine de fonctionnaires du port et des douanes ont été interpellés, selon des sources judiciaire et sécuritaire. Parmi eux, le directeur général des douanes, Badri Daher, et le président du conseil d’administration du port, Hassan Koraytem.Macron coprésidera une visioconférence des donateurs