La Ligue des droits de l’Homme du 20ᵉ arrondissement de Paris a interrogé tous les candidats aux municipales sur quatre grands enjeux : la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement. Voici les premières réponses de Sophie de La Rochefoucauld pour la liste LFI. Nous ajouterons la suite dans ce post.
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La France Insoumise (LFI)
Le 13 mars 2026
LDH – Les listes de candidatures aux élections. Elles sont souvent perçues comme insuffisamment représentatives de la composition sociale et de la diversité de la population, pas assez renouvelées. Partagez-vous ce constat ? Quelle est la représentativité de votre liste ? Quel taux de renouvellement ?
LFI – Il est important d’avoir des listes représentatives de notre arrondissement le 20 eme, avec une diversité des origines, de la situation sociale et professionnelle, des jeunes et des moins jeunes, des femmes et des hommes. Nous avons pris du temps pour constituer notre liste pour qu’elle puisse être représentative de la population du 20 eme, arrondissement populaire et multiculturel. Cette liste est aussi composée d’acteurs et d’actrices ayant une engagement particulier dans l’arrondissement.
Le pouvoir de décision des habitants.es. Même s’il existe plusieurs dispositifs de consultation des habitant·es, elles et ils ont peu de pouvoir de proposition, de décision, de suivi et de contrôle. Etes-vous favorable à renforcer ce pouvoir ? Par quels moyens (notamment assemblée citoyenne, référendums d’initiative locale, ou autre dispositif) ? Quel devenir pour les instances de la démocratie locale, en particulier les conseils de quartier, le budget participatif ?
Nous proposons de donner la possibilité aux citoyen-nes d’organiser un référendum d’initiative citoyenne dont le conseil municipal s’engage à respecter le résultat-dès lors qu’une pétition réunissant au moins 10 % des habitant-es est constituée. De plus nous nous engageons à organiser des votations citoyennes sur les grands sujets communaux ( projets d’aménagements, organisation des temps périscolaires, évolution des tarifs pour les grands services municipaux…).Pour étendre le droit d’intervention des citoyen-nes dans les affaires communes, nous proposons aussi d’allouer aux budgets participatifs communaux un montant dépassant un plancher minimum de 10 % du budget d’investissement avec un objectif d’aller vers 25 % hors investissements contraints.
La participation aux instances de la démocratie locale. La composition de ces instances est peu représentative de la population surtout des milieux populaires et des jeunes. Il est constaté un manque de visibilité des dispositifs dans la population. Quel est votre diagnostic sur cette situation ? Quels remèdes proposez-vous ? Quels moyens pour rendre accessible et attractif les instances démocratiques à une large partie de la population ?
La multiplication des RIC (Réferendum d’Initiative Citoyenne) est une des solutions pour rendre le pouvoir au peuple et rendre concret et immédiat l’exercice de la souveraineté populaire. Depuis 2020, un tiers des référendums locaux ont enregistré un taux de participation plus élevé que celui des élections municipales. La participation s’élève souvent entre 60 et 70 % dans les petites communes. Cela peut redonner le goût à la population de s’investir beaucoup plus dans les instances déjà existantes. De plus ces instances doivent être véritablement décisionnelles et non pas que consultatives.
Les jeunes. Les jeunes ne sont pas suffisamment associés aux décisions de la vie municipale, surtout celles qui les concernent, ils ont le sentiment de ne pas être entendus, leurs besoins ne sont pas assez pris en compte. Partagez-vous ce constat ? Comment pensez-vous mieux les associer à la vie de la cité ? Quels dispositifs démocratiques spécifiques mettrez-vous en place ? A partir de quel âge pourront-ils voter dans les instances de la démocratie locale ?
Les jeunes ne sont pas suffisamment associés aux décisions et sont plutôt stigmatisés et malmenés par les institutions. Et pourtant, nous savons que les jeunes ne sont pas désintéressés de la politique.
Il sera important de remettre un ‘conseil municipal des jeunes ‘en le modifiant pour pas qu’il soit trop formel et déconnecté de la réalité. Par exemple, il sera possible d’y allouer une enveloppe financière précise et un droit d’interpellation direct au conseil municipal.
Les codes de l’administration et des instances existantes ne sont pas forcément très adaptées pour la jeunesse. Il est important de nous adapter aux jeunes en organisant, au départ, des rencontres sur leurs lieux de vie (établissements scolaires, associations sportives, skateparks, MJC…) plutôt qu’en mairie ou autres institutions.
Les résidents extracommunautaires. Etes-vous pour le droit de vote des résidents extracommunautaires aux élections locales ? Quelles solutions d’attente proposez-vous pour les intégrer dans la vie municipale ?
Pour la France Insoumise, la démocratie s’exerce là où on vit. Quiconque utilise les services publics municipaux et participe à la vie de la cité doit pouvoir choisir ses représentant-es et donc avoir le droit de vote. De plus, notre proposition de RIC concerne l’ensemble de la population, quelque soit son origine. De plus des instances de participation directe des résidents étrangers peuvent être constitués. Ce qui nous tiendra à cœur sera aussi de renforcer les structures municipales et associations qui aident aux démarches administratives et à la lutte contre les discriminations, à l’apprentissage de la langue française via les cours de Français Langue Etrangère (FLE) gratuits.
Les doléances. La LDH considère que restituer les doléances à la population est un enjeu démocratique. Partagez-vous cette conviction ? Quelle aide pensez-vous apporter pour redonner vie aux doléances ?
Oui nous pensons essentiel de restituer les doléances à la population. Plusieurs initiatives peuvent être mises en place pour redonner vie aux doléances.
Aider la LDH dans le travail de restitution et la rédaction des ‘mémos de doléances’ et organiser des réunions publiques dans la mairie pour restituer publiquement les extraits et y donner des réponses en tant qu’élu-es.
La police municipale. Lors des élections municipales de 2020, était posée la question de la police municipale parisienne. En 2026 est posée la question de son armement. Comment jugez vous cette évolution ? Selon vous, quelles sont les missions que doit remplir la police municipale ? Quelle est votre position sur le port d’armes de la police municipale ?
La France Insoumise a toujours défendu une police de proximité, à même de répondre aux besoins de sécurité de tous et de toutes, sans discrimination et sans violence policière. La « politique du chiffre » imposée aujourd’hui aux policiers municipaux et nationaux n’est pas une bonne chose. Elle ne permet pas aux agent-es de remplir des missions de prévention, pourtant essentielles à la sécurité de l’ensemble de la population. De même nous demandons une refonte globale de la doctrine d’intervention policière. Nous sommes opposés à l’armement des policiers municipaux et considérons que l’introduction d’armes létales augmentent plutôt les tensions avec la population et les risques de violences policières. Nous sommes persuadés que les agent-es municipaux doivent plus se concentrer sur la médiation, la prévention et la gestion des incivilités plutôt que sur l’intervention sécuritaire.
Sophie de La Rochefoucauld




