Communiqué : Les pressions contre les lycéens et les lycéennes pour qu’ils et elles cessent de manifester ne sont pas acceptables.

Nos organisations tiennent à rappeler que le droit à manifester est un droit fondamental, y compris pour les mineurs. L’article 15 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant précise que les enfants (au titre de cette convention)  ont le droit de se rassembler de façon non violente pour exprimer leurs opinions.

Entraver l’exercice de ce droit ne peut être le rôle de l’éducation nationale et des chefs d’établissements. Pourtant diverses méthodes sont et ont été utilisées au lycée Rabelais de Fontenay-le-Comte, notamment.

1ere forme d’entrave : le chantage à l’accès à l’internat et au self
Lundi soir, le chef d’établissement a déclaré aux élèves que ceux qui comptaient participer à la mobilisation du mardi n’étaient pas acceptés à l’internat, les élèves devaient s’engager pour entrer à ne pas participer à la mobilisation du lendemain. Plusieurs élèves ont donc dû trouver une forme d’hébergement pour pouvoir exercer leur droit à manifester le lendemain. Les familles ont été averties par la vie scolaire.
De même le chef d’établissement aurait interdit l’accès au self aux élèves participant aux mobilisations.
Les entraves matérielles (couchage, nourriture) au droit à manifester sont inacceptables. Est-ce que dans la logique de l’éducation nationale,  seuls peuvent exercer leur droit fondamental à manifester les élèves fontenaisiens dont les familles ont les moyens de leur trouver où dormir, pour les internes, et de quoi se nourrir en dehors de l’établissement, pour les demi-pensionnaires ?

Nous demandons à ce que l’accès à l’internat et au self ne soit pas remis en cause pour les lycéens et lycéennes mobilisé.e.s.

Deuxième forme d’entrave : l’impossibilité de revenir en cours après la manifestation.

Des lycéennes et lycéens ont témoigné que l’accès à l’établissement leur a été refusé l’après-midi alors qu’ils ou elles avaient participé à la mobilisation de la matinée.
Cela relève également d’une forme d’intimidation à la participation aux manifestations. Le chef d’établissement devrait se satisfaire de constater l’attachement des élèves à revenir en cours après avoir exprimé leurs revendications. Si le chef d’établissement veut entrer dans un dialogue apaisé avec les lycéens, il doit commencer par accepter qu’ils reviennent en cours.

Troisième forme d’entrave : les absences injustifiées dans le dossier Parcoursup
L’inquiétude des élèves face à Parcoursup et son algorithme opaque se révèle dans leurs revendications. Et c’est cette inquiétude qu’utilise le chef d’établissement en inscrivant les absences justifiées par le mouvement lycéen en « absences injustifiées ».
Loin d’apaiser leur inquiétude, cette mesure aggrave l’angoisse des jeunes et de leurs familles et explique en grande partie le recul de la mobilisation des élèves.

Nous demandons à ce que la mobilisation des lycéens soit reconnue comme un motif d’absence justifiée par le Lycée Rabelais et par tous les établissements de Vendée.

Fontenay-le-Comte, le 10 octobre 2026

 Stop à la répression des jeunes : l’école n’est pas un champ de bataille

Appel à participer aux mobilisations en soutien aux mouvements de la jeunesse le mardi 6 octobre 2026, partout en France et notamment à 10h, place Viète, à Fontenay-le-Comte. A Luçon, les lycéennes et lycéens devraient se mobiliser à partir de 8 heures devant le Lycée Atlantique, même si aucun rassemblement de soutien n’est organisé, nous vous invitons à aller à leur rencontre.

La répression policière qui s’abat sur les lycées a franchi un seuil critique.

Nous sommes toutes et tous choqués d’une telle répression qui brise des vies : un lycéen a eu la mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l’Aumône par un tir tendu au lance grenade ; un autre a perdu un œil à Tours sous l’impact d’un tir de LBD. Leur crime ? Avoir demandé, avec leurs camarades, des conditions décentes d’éducation. Nous ne pouvons attendre que d’autres jeunes soient mutilés pour agir.

Les témoignages se multiplient : de mineur-e-s, parfois très jeunes, matraqués et gazés, d’exactions brutales commises par les forces de l’ordre à leur encontre. Nous assistons, révoltés, à des scènes d’une violence inouïe : l’État déploie des armes de guerre contre des mineur-e-s, des équipements prétendument « sublétaux » mais qui fracassent, éborgnent et mutilent à vie. Le gouvernement organise des arrestations d’une ampleur inédite : en moins d’une semaine, 5 000 interpellations dont 2 000 pour la seule journée de jeudi 1er octobre 2026.

C’est une négation pure et simple du droit fondamental de la jeunesse à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. Lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent pouvoir se mobiliser et manifester sans craindre pour leur sécurité.

En appliquant des doctrines délétères exposées dans son « Guide opérationnel des violences urbaines » (Govu), le gouvernement fait le choix grave d’assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des armes de guerre. Et on ne peut réduire un mouvement social à ses débordements.

Loin d’assurer l’apaisement, la logique répressive participe à l’augmentation des tensions et transforme les abords des établissements scolaires en zones d’affrontement, ce qui met aussi en danger le personnel éducatif.

Le droit de s’exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, par la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’Onu. Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.

Nous, signataires, sommes du côté de la mobilisation légitime de la jeunesse de notre pays pour son avenir, et non de celui des LBD, des grenades, des matraques et des arrestations de masse.

Nous exigeons de l’Assemblée nationale et du gouvernement :

  • la mise en place prioritaire d’un dialogue avec les jeunes mobilisés ;
  • le traitement systématique des enfants pour ce qu’ils sont, des personnes à protéger comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) ;
  • l’application d’une politique de désescalade des tensions ;
  • l’abolition définitive des pratiques de maintien de l’ordre liberticides, matérialisées notamment par l’instruction ministérielle sur les violences urbaines (le Govu qui doit être abrogé) : le retrait immédiat des unités de la BAC et de toutes celles non formées à la gestion des rassemblements, des brigades équestres et des unités cynophiles ; l’interdiction stricte de l’usage des armes de guerre sur les manifestations, du gaz lacrymogène de façon indifférenciée, ainsi que l’arrêt des interpellations massives et de la criminalisation de la jeunesse ;
  • une réelle prise en compte de la parole des jeunes par la recherche de la démocratie éducative pour construire les politiques publiques.

L’État doit recréer de toute urgence les conditions permettant la libre expression civique des jeunes, ce d’autant plus que leur revendication d’un service public d’égale qualité pour toutes et tous est totalement légitime et nous la soutenons.

Aucun jeune ne doit risquer son intégrité physique ou sa liberté lorsqu’il fait entendre sa voix.

Stoppons l’escalade. Protégeons la jeunesse.

Nos organisations vont saisir le Défenseur des droits et les Rapporteurs spéciaux de l’Onu des violences commises par les forces de l’ordre et des ordres donnés.

Elles prient instamment le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) de bien vouloir contrôler les dossiers des gardes à vue et les conditions de traitement des personnes, comme ce fut le cas en 2023 lors des manifestations « retraite ».

Contre l’extrême droite, pour la démocratie et la liberté pédagogique des enseignants, pour les valeurs de solidarité et de fraternité.

La lecture de cet article de presse vous donnera le contexte dans lequel nous nous trouvons. 

Nous alertons depuis le week-end dernier, en privé, les diverses organisations démocratiques (associations, syndicats) sur les manoeuvres du parti Reconquête et leur écho en termes de harcèlements et de menaces reprises par la « fachosphère » (sites Boulevard Voltaire, Riposte laïque, Résistance Républicaine etc ).

Nous avons également adressé un message de soutien à l’établissement. 

Le rassemblement organisé par Reconquête et soutenu par la fachosphère aux abords de l’établissement et aux horaires de circulation des élèves constitue, pour nous, une tentative d’intimidation inacceptable contre l’enseignement public.

Nous ne souhaitons pas envenimer la situation à laquelle les élèves et les enseignants seront soumis. La liberté pédagogique des enseignants doit être protégée, ainsi que la sérénité des élèves. 


Nous ne resterons pas inactifs face à ces menaces de l’extrême droite qui démontrent encore une fois l’incompatibilité de ces mouvements avec la démocratie.

Les valeurs de solidarité et de fraternité sont portées par de nombreux citoyennes et citoyens en Vendée qui oeuvrent, à travers tout le département, dans un tissu associatif dense, pour l’accueil et l’accompagnement des personnes exilées. L’an dernier nous manifestions ensemble, le 18 décembre, pour la journée internationale des migrants, dans le cadre de la campagne nationale « antiracisme et solidarité » avec ce slogan : La Vendée aussi s’appelle Solidarité.Le week-end dernier, dans le sud Vendée, à l’initiative d’AMISUV nous participions à une journée d’échanges riches et festifs dans le cadre d’une journée « Gens d’ici, Gens d’ailleurs« .

Tous ces éléments expliquent pourquoi tout à l’heure, nous tiendrons, sur place, notre rôle de vigie de la démocratie et de défense des libertés en observant le déroulement du rassemblement initié par l’extrême droite.