« Faire vivre la démocratie à l’école »

C’était le thème du concours des écrits pour la fraternité de 2026.

Le 1er prix a été attribué à Alice Eynius, Candice Mathis, Thibault Weiss, Lana Meyer, du lycée Henri-Nominé à Sarreguemines, pour la création d’un Escape game : la démocratie au lycée.

Bravo à eux et à leur professeure, Noémie Marchaisseau !

Le Lycée est en panne ! Les règles ont disparu et le chaos règne !

Vous devez trouver les clés pour sortir de cette situation! (Le jeu se joue en groupe)

Le jeu a été réalisé avec comme support un diaporama que vous pouvez télécharger ici et la correction est accessible ici.

Bon visionnage!

Marche pour l’enfance et la jeunesse

Le 27 mai, nous avons participé à la marche pour l’enfance te la jeunesse organisée par la maison des droits de l’enfant et des jeunes (MDEJ) dont nous sommes partenaires, en lien avec le COFRADE : un temps fort pour rendre visible les droits de l’enfant et rendre audible la parole des enfants.

Cette évènement a réuni environ 400 personnes.

La marche pour l’enfance et la jeunesse a défilé rue Serpenoise et rue des Clercs à Metz ce mercredi 27 mai 2026.   Photo Miguel Antunes pour le RL

L’évènement s’est déroulé en présence d’Eric DELEMAR, Défenseur des enfants.

La LDH a proposé à Emie , Julia et Kylian de prendre la parole à cette occasion. Tous sont élèves du lycée Julie Daubié à Rombas. Ils ont portés avec force leurs plaidoyer et nous les remercions pour leur intervention.

Pour Emie et Julia, une prise de parole à 2 voix, pour dire l’insuffisance de la prise en compte de la parole et surtout du rythme des enfants. Un plaidoyer pour qu’on prenne le temps. Mais aussi un plaidoyer contre l’esprit de compétition et de concurrence avec une mise en cause de l’évaluation permanente qui accompagne la sélection à l’école. Les réseaux sociaux ne sont pas en reste qui poussent à la concurrence jusqu’à l’addiction. Avec une évocation du piège de l’enfant sage, l’enfant modèle qui se conforme à toutes ces pressions. Lire le plaidoyer d’Emie et Julia

Kylian a plaidé pour un meilleur accompagnement des enfants placés.

Un enfant placé, c’est un enfant qui a souvent vécu des violences, des abandons, des humiliations ou des situations familiales extrêmement difficiles. Ces enfants n’ont pas choisi leur vie. Pourtant, ils doivent en subir les conséquences chaque jour. Kylian plaide pour la prise en charge urgente de la détresse des enfants pris en charge, des problématiques liées à leur scolarisation, de la nécessité d’avoir un interlocuteur externe à l’institution, de la prise en compte de la parole de ces enfants, de l’accompagnement à la majorité…

Lire le plaidoyer de Kylian

Grandir trop vite

Le plaidoyer d’Emie et Julia

« À quel moment cesse-t-on d’être un enfant ?

Grandir trop vite, ce n’est pas seulement faire face à des responsabilités précoces, c’est surtout ne pas avoir le temps de se construire. Notre enfance devient un passage accéléré, où l’on attend de nous des certitudes là où il devrait y avoir des essais, des erreurs, et du temps. Du temps pour douter, pour explorer, pour devenir.

Elisabeth Borne, ancienne ministre de l’Éducation nationale, parlait de choix à « préparer très jeunes, presque depuis la maternelle. » Comme si l’enfance devait déjà se plier aux exigences du monde du travail. Comme si prendre le temps était une perte de temps.

Puis nous arrivons au lycée. À 15 ans, on nous demande de faire des choix qui conditionnent notre avenir.

Lorsque lycée rime avec performance, Parcoursup rime avec excellence. Sur cette plateforme, chaque note, chaque activité, chaque mot du dossier semble devoir prouver une valeur déjà figée. Selon l’OMS, plus d’un jeune sur deux vit avec cette peur de ne pas être assez bon. Alors nous apprenons à optimiser, à construire une image de nous-mêmes avant même de savoir qui nous sommes vraiment. A force de vouloir faire de nous des adultes précoces, on nous vole quelque chose de fondamental : notre droit à l’enfance.

Il nous faut maintenant franchir une autre porte : celle de l’intime.

Regardons d’abord en face ce miroir déformant que sont devenus les algorithmes.

Aujourd’hui, 38 % des jeunes se déclarent dépendants de leur téléphone.

L’algorithme ne montre pas seulement des vidéos.

Il insiste.

Il répète.

Il enferme.

Considérons ensuite une autre dérive : l’hypersexualisation

Aujourd’hui, l’intime est exposé de plus en plus tôt et de façon de plus en plus malsaine. Les chiffres sont sans appel : les échanges de contenus suggestifs, renommés “nudes” ont augmenté de 29 % depuis 2019.

On projette sur des enfants des codes d’adultes.

Le jeu devient séduction.

L’insouciance devient une stratégie.

Enfin, regardons un phénomène plus silencieux, ancré chez de nombreuses familles.

Nous valorisons l’enfant autonome, responsable, “mature”. Mais derrière cette image rassurante, les psychologues alertent sur un phénomène : la parentification.

On le félicite d’être mature ?

Il apprend à taire ses besoins.

On le trouve raisonnable ?

Il s’oublie lui-même.

Cette maturité n’est pas une force.

C’est un poids.

À force de vouloir bien faire, ces jeunes n’osent plus essayer.

Grandir n’est pas une performance,

C’est une éclosion.

Et une fleur que l’on force à s’ouvrir…

n’éclot pas.

Elle se brise.

Déjà, au 18e siècle, Jean-Jacques Rousseau nous mettait en garde :  « Laissez mûrir l’enfance chez les enfants. »

Ces mots résonnent aujourd’hui avec une force saisissante. Protéger l’enfance, ce n’est pas enfermer, ni refuser la modernité.

Aujourd’hui, je vous le dis : défendre les droits de l’homme, c’est aussi défendre le droit d’être un enfant.

C’est refuser un système qui accélère le temps au détriment de l’humain.

C’est redonner aux jeunes la possibilité de se construire librement.

Car un enfant ne devrait jamais avoir à se presser de devenir quelqu’un.

Il est déjà quelqu’un. »

Emie et Julia

Mieux accompagner les enfants placés

Aujourd’hui, je voudrais parler d’enfants dont on parle trop peu : les enfants placés à l’Aide Sociale à l’Enfance, l’ASE.

Quand un enfant est placé, ce n’est pas un choix. Souvent, c’est parce qu’il a vécu des violences, des abandons, des négligences ou des situations familiales très difficiles. Derrière chaque dossier, il y a surtout un enfant qui essaye juste de grandir comme les autres.

Mais être placé, ce n’est pas seulement changer de maison. C’est parfois changer d’école, perdre ses repères, être séparé de ses frères et sœurs, devoir recommencer sa vie encore et encore. Beaucoup de jeunes de l’ASE grandissent avec un manque de stabilité, un manque d’écoute, et parfois le sentiment d’être oubliés.

Pourtant, ces enfants ont les mêmes droits que tous les autres : le droit d’être protégés, écoutés, accompagnés et respectés. Ils ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement une enfance normale, une chance de construire leur avenir.

On parle souvent de protection de l’enfance, mais protéger un enfant, ce n’est pas seulement le mettre à l’abri. C’est aussi lui donner de l’attention, de la confiance, un soutien psychologique, une stabilité, et quelqu’un qui croit en lui.

Aujourd’hui, lors de cette Marche pour l’Enfance et la Jeunesse organisée à EPE Lorraine et à Metz, je voulais rappeler une chose simple : un enfant placé reste avant tout un enfant. Et aucun enfant ne devrait grandir en ayant l’impression d’être seul.

Kylian

Le droit doit aussi s’appliquer sur les campus universitaires- communiqué

Les faits

Une intervention de la police nationale a eu lieu le 8 septembre sur le domaine universitaire du Saulcy à Metz.

Les policiers ont procédé à un contrôle d’identité d’étudiant.es qui étaient en train de tenir un stand aux couleurs d’un collectif, en présence de membres d’une organisation représentative étudiante.

Un drapeau palestinien a été retiré par la police, arguant du « contexte géopolitique ». A ce sujet, la LDH rappelle qu’exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien n’est ni un délit ni une menace, c’est un droit.

Cette intervention policière ne semble pas avoir été  réalisée dans le cadre d’une réquisition de la présidence de l’Université, ni dans le cadre de circonstances permettant une action des forces de l’ordre sans réquisition, comme cela peut être le cas en situation de flagrant délit.

Position de la LDH

Les universités sont des institutions particulières qui jouent un rôle central dans la formation des citoyens et qui mettent à leur disposition des connaissances nécessaires au  débat public. 

La liberté d’expression des étudiants, au même titre que les libertés académiques, constitue un fondement essentiel de leur rôle démocratique.

Cela est- confirmé par le Code de l’Education Article L.811-1 : « Les usagers du service public de l’enseignement supérieur […] disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public. »

La LDH Metz- Moselle apporte son soutien à la présidence de l’université de lorraine qui s’est positionnée contre  cette violation manifeste des franchises universitaires sur le campus du Saulcy.

La LDH rappelle que c’est la Présidence de l’Université qui a la responsabilité légale d’assurer les libertés d’expression et de réunion des étudiant.es sur le campus. La Présidente est la personne garante de l’exercice effectif de ces droits.

La LDH rappelle que les étudiant.es bénéficient de la liberté d’organiser des réunions, débats, ou autres événements liés à des sujets politiques, sociaux, culturels ou universitaires.

Toute mesure visant à limiter la liberté d’expression des étudiant.es doit être justifiée, nécessaire et adaptée à la situation. Une simple distribution de tracts sur le campus du Saulcy ce 8 septembre ne justifiait nullement l’intervention de la police.

La LDH Metz- Moselle apporte son soutien plein et entier aux étudiant.es , dont la liberté d’expression ne saurait être mise en cause, lorsque celle – ci s’exerce dans le respect des procédures de l’établissement.

AU REVOIR LES ENFANTS!

Mercredi 22 janvier à 11h, les gendarmes en uniforme sont venus chercher une élève au collège Paul VERLAINE de Maizières les Metz. Cette élève solarisée en classe de troisième était en cours de français.

L’élève assistait à 9h00 à son cours de français lorsque la gendarmerie a appelé le collège et demandé à ce qu’elle soit isolée des autres élèves à la récréation. Elle a été conduite dans le bâtiment de l’administration où les gendarmes ont procédé à son exfiltration.

Son petit frère, scolarisé en école primaire à Ennery a été arrêté lui aussi.

Avec leur maman, ils ont été emmenés à la frontière Belge, sans rien pouvoir emmener de leurs affaires. 

La famille est originaire du Burkina, la mère a fui avec ses deux enfants après le dernier coup d’Etat.

Le père est emprisonné au Burkina. La maman souhaitait demander la protection de la France en tant que réfugiée. Elle n’en n’a pas eu la possibilité puisqu’elle a été renvoyée en Belgique.

A propos de la méthode

 Les mots nous manquent pour exprimer notre colère face à cette situation dans laquelle l’ubuesque se mêle au scandaleux !

Nous devons exiger l’interdiction des arrestations d’enfants en milieux scolaire, traumatisantes pour tous les élèves et pour la communauté éducative.

C’est avec la plus grande vigueur que nos organisations condamnent cette interpellation, effectuée au sein d’un établissement public d’enseignement, en contradiction avec l’instruction du Ministère de l’Intérieur du 19 octobre 2013, relative à l’interdiction de l’intervention des forces de police et de gendarmerie dans le cadre scolaire lors du déroulement de procédures d’éloignement.

A propos du droit :

Cette expulsion vers la Belgique s’est faite dans le cadre des accords de Dublin. Le règlement Dublin pose le principe selon lequel un demandeur d’asile ne peut faire qu’une seule demande d’asile dans l’espace Schengen et ne peut pas choisir le pays où il demande l’asile. le pays dans lequel il est autorisé à faire sa demande est appelé « l’État responsable ». Le critère le plus souvent utilisé est celui du premier pays d’entrée dans l’espace Schengen.

Nous demandons à la France d’utiliser la possibilité laissée par l’article 17 du règlement de Dublin afin de prendre en compte l’intérêt supérieur des enfants et de ne pas leur imposer les conséquences de la précarité administrative subie par leurs parents s’il y a mise en œuvre de ce règlement.

Article 17 : “Chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement”

Nos organisations exigent que les valeurs de fraternité et d’humanité priment sur l’application aveugle d’une politique qui ne vise, dans le contexte actuel, qu’à séduire l’extrême-droite haineuse et réactionnaire.

Pour télécharger l’article

En savoir plus sur la procédure DUBLIN

L’intervention de la ministre de l’Education Nationale à propos de cet évènement

Communiqué LDH pour les 35 ans de la CIDE, 20 novembre 2024

 Il y a trente-cinq ans le 20 novembre, la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) était adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU. Pour la première fois , l’enfant ( de la naissance à 18 ans ) devenait un sujet de droit  et l’intérêt supérieur de l’enfant était posé en principe essentiel par ce texte qui a valeur contraignante pour les États signataires.

 Pourtant, la France signataire de ce texte ne respecte pas nombre de principes et en ce jour anniversaire la LDH veut alerter sur le fait que les politiques publiques ne prennent pas suffisamment en  compte l’ intérêt supérieur de l’enfant notamment dans trois domaines : le droit à la protection, le droit à l’éducation et le droit à la santé.

Le droit de l’enfant à être protégé

Les politiques publiques doivent veiller à la protection de tous les enfants , qu’ils soient français, étrangers et / ou non accompagnés, tout d’abord en protégeant les enfants contre les violences physique , sexuelle et psychologique Rappelons qu’ un enfant meurt tous les cinq jours des suites des mauvais traitements. 

La grande pauvreté est aussi une atteinte aux droits fondamentaux des enfants , en France  cela concerne  1 enfant sur 5. Le dernier baromètre des enfants à la rue révèle une augmentation alarmante du nombre d’enfants sans abri, malgré les alertes répétées. C’est notamment le cas de  certaines collectivités territoriales d’Outre-mer comme Mayotte où 8 enfants sur 10 vivent dans la grande pauvreté . Le contexte économique et social exacerbe les inégalités et  l’incertitude du contexte politique fait craindre une dégradation de la situation.

Pour la LDH, la protection des enfants en danger doit être une priorité

  • La mise en place d’une politique de prévention de la maltraitance des enfants passe par le renforcement des moyens des services sociaux ( PMI et centres médicaux psycho – pédagogiques ) 
  •  L’augmentation  des budgets alloués à la protection de l’enfance et le contrôle de la mise en œuvre d’actions de prévention sont indispensables
  • La  lutte contre la pauvreté des enfants doit mobiliser l’ensemble des acteurs, tant à l’échelon national qu’à celui des collectivités.
  • Il faut certes augmenter le nombre de places dans les centres d’hébergement d’urgence, mais aussi et surtout le nombre de logements sociaux
  • Les juges pour enfants doivent disposer de moyens suffisants et leurs décisions exécutées sans délai, et la protection judiciaire de la jeunesse doit pouvoir exercer ses missions : 500 contrats viennent encore d’être supprimés.
  • La CIDE prévoit que les mesures éducatives doivent être privilégiées lorsqu’un enfant commet une infraction, pourtant la proposition de loi  de G Attal veut assimiler les enfants de plus de 16 ans à des adultes tant en matière de peine encourue que pour appliquer la comparution immédiate.

Le droit de l’enfant à l’éducation

 En France, des milliers d’enfants ne sont pas scolarisés et ce, en violation des dispositions prévues par le droit international, européen et français .Ils sont  mineurs exclus, isolés, enfermés, Roms, Gens du voyage, en situation de très grande pauvreté vivant en lieux de vie informels ou hôtels sociaux, originaires de territoires ultramarins, ou  malades, porteurs de handicap, en décrochage…

Les impacts de la non-scolarisation sont graves : analphabétisme, difficultés d’insertion sociale pour accéder à un métier, mise en danger  alors que  l’école devrait être un point de repère . Trop d’enfants deviennent des enfants « à la rue », en quête de ressources économiques ou en errance comme certains MNA non pris en charge par l’ASE, proies faciles pour la traite ou pour des gangs.

La LDH dénonce le manque de volonté politique pour  permettre à chaque enfant d’avoir accès à l’enseignement

  • Les   collectivités  territoriales ont la charge  d’aller vers les enfants exclus de l’école et pour cela il convient notamment d’augmenter le nombre de médiateurs scolaires
  • Une scolarisation pérenne n’est possible que si l’enfant a un niveau de vie suffisant et vit dans un logement décent.  Il est inadmissible que des  familles soient expulsées sans prendre  compte la continuité de la scolarisation des enfants.
  • L’accès à l’école de tous  les  enfants allophones nécessite l’augmentation du nombre  de structures , comme les  Centres académiques pour la scolarisation  (CASNAV) et les structures d’accueil type unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A).

Le droit de l’enfant à vivre en  bonne santé

Selon l’UNICEF, 6 millions d’enfants ont besoin d’un accompagnement psychiatrique, mais seulement 800 000 en bénéficient du fait d’ une dégradation de nombreux services publics pour l’enfance , dont ceux liés aux soins de santé.

Cela est dû à la désertification de l’offre de soins préventifs et curatifs dans les services de santé, à la grande misère de la pédopsychiatrie sur tout le territoire et particulièrement à Mayotte ( une seule pédopsychiatre ), à la pénurie de médecins scolaires ( un  médecin  pour  12 000 élèves  ) 

Par ailleurs, le droit de vivre dans un environnement sain, propre et durable doit amener à interdire les polluants éternels et d’autres substances néfastes au développement de l’enfant.

La LDH estime que tous les services publics doivent être renforcés dans les domaines de la protection sociale, des loisirs, des transports, de la culture, du sport, de la justice, et ceci pour tous les enfants.

  • Il est urgent de remédier aux insuffisances de moyens et de personnel médical, de services et de structures, notamment à l’école et dans les centres de protection maternelle et infantile.
  • Il est urgent  de prendre en compte les besoins spécifiques des enfants, en particulier ceux des enfants vivant dans les lieux d’habitat informel et  dans certains départements et territoires d’outre-mer
  • Il ne faut pas sacrifier  l’accueil inconditionnel au profit d’un premier soin par manque de structures publiques comme les CMP et CMPP (centres médico-psycho-pédagogiques).

Une  politique en faveur des enfants passe par la lisibilité des mesures qui leur sont appliquées, à travers un code général de l’enfance et une attention dédiée lors de l’adoption de chaque loi ou chaque décret.

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) doit servir de guide aux politiques publiques.

Enfermement des enfants au CRA de Metz en 2023

La majorité de ces placements concerne des familles en procédure Dublin, souvent placées au CRA en fin de journée et emmenées à l’aéroport le lendemain matin. La plupart ne sont pas informées de leur éloignement avant d’arriver au CRA : cela renforce l’incompréhension et la violence de ces quelques heures de privation de liberté.

Dans le reportage « Enfants enfermés » [1], le psychologue Omar Guerrero rappelle que même très court, l’enfermement en rétention expose les enfants à des événements traumatiques et peut avoir des conséquences dramatiques sur leur santé : repli sur soi ou agressivité, mutismes, insomnies, terreurs nocturnes…

Le plus jeune enfant placé en 2023 était âgé de moins de trois mois. Pourtant, le caractère inadapté du CRA de Metz pour l’accueil des nourrissons n’est plus à démontrer.

La CEDH a d’ailleurs condamné la France une nouvelle fois à ce sujet dans son arrêt A.C. et M.C. c. France rendu le 4 mai 2023, rappelant qu’elle est à plusieurs reprises « parvenue à un constat de violation des droits s’agissant des nourrissons » enfermés au CRA de Metz.

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté rappelle quant à lui, dans ses recommandations publiées le 22 juin 2023, que « les conditions d’hébergement des familles avec enfants mineurs restent indignes » au CRA de Metz.

La loi de janvier 2024, prévoir de ne plus enfermer en CRA les enfants de moins de 16ans.

La règle, c’est que l’on ne doit pas retenir en rétention des enfants quel que soit leur âge. C’est cette règle que rappelle la CEDH.

Le lien vers le rapport Centres de rétentions administratives 2023 :

https://www.lacimade.org/wp-content/uploads/2024/04/Rapport-retention-2023.pdf

Voir notre précédent article sur le sujet paru en 2019 : https://site.ldh-france.org/metz/2019/05/04/mettez-fin-a-lenfermement-enfants/


[1] « Enfants enfermés », documentaire de Noémie Ninnin et Sélim Benzeghia, diffusé sur France 3 le 25 janvier 2024

Sécurité, liberté, droit à la vie privée,

des problématiques qui concernent aussi les enfants

Les technologies numériques permettent de terribles avancées dans la surveillance, y compris la surveillance des enfants. Les parents souvent inquiets, sont tentés de placer l’enfant sous surveillance. Ils ont la responsabilité d’assurer la sécurité de l’enfant. A quel prix pour sa liberté et sa nécessaire autonomie ?

La technologie est en vente depuis une dizaine d’années. Une montre GPS, une application sur le téléphone des parents et l’enfant est géolocalisé. Certaines montres permettent de contrôler l’environnement sonore des enfants. Certaines montres permettent l’écoute à distance, mais cela peut aussi bien être le téléphone de l’enfant.

En 2014, l’Allemagne avait légiféré pour interdire les montres connectées pour enfants qui permettaient l’écoute à distance. Cette décision avait fait réagir en France. Nadia DAMM interrogeait « Comment nous sommes devenus les Big Brother de nos enfants » avec en sous-titre une deuxième question « Que s’est-il passé pour qu’en une génération, des enfants qui allaient à l’école tout seuls, parcourant parfois un long trajet, se mettent, une fois devenus parents, à enlever toute autonomie à leurs enfants? »

Il y a eu le RGPD (règlement de protection des données personnelles). La loi prévoit le consentement pour partager les données de géolocalisation. Mais entre un enfant et ses parents, cela peut être compliqué. En France, la loi prévoit que les enfants de 15 ans ou plus peuvent consentir eux-mêmes au traitement de leurs données personnelles.

Quelles conséquences pour les enfants ?

Ils peuvent être soumis à une surveillance auprès de laquelle une surveillance sur décision judiciaire par un bracelet électronique pourrait presque paraitre anodine.

Vivre constamment sous surveillance, sans espace privé, n’est pas sans conséquence pour la construction de l’enfant en tant que citoyen, disposant d’une autonomie, pouvant prendre des initiatives, ayant des relations qu’il se choisit…

Cette « injonction paradoxale » d’une liberté sous surveillance peut être néfaste : « Pour l’enfant, exister en dehors du regard des parents est une victoire, il n’y a qu’à voir la fierté qu’il retire de la première fois qu’il ramène le pain. »[1]

Pourquoi ce sujet maintenant ?

Non, pas de manifs ni de mouvements sociaux du coté des enfants. Si le sujet réapparait, ça vient du coté de l’école et des parents vigilants qui choisissent d’assister en catimini, à l’insu de tous, aux cours que suivent leurs enfants. On peut être pour une école plus ouverte aux parents, mais la méthode pose problème.

L’espace de l’enfant à l’école peut être sous contrôle des parents. L’école comme lieu d’émancipation de la famille, des appartenances pour être un lieu de construction de soi en tant que citoyen disparait. Elle peut être constamment sous le regard des parents. Ce regard intrusif peut placer l’enfant dans des conflits de loyauté vis-à-vis de sa famille ou vis-à-vis de ses enseignants.

« Encore aujourd’hui, il est parfois difficile d’envisager l’idée même que les enfants aient également droit à une vie privée et à des espaces d’intimité et de secret, indispensables à la construction de soi » notait le rapport du défenseur des droits sur le droit des enfants à la vie privée[2].

La vie privée des enfants est un droit. Il est important d’interroger la façon dont on le fait vivre.


[1] Michael STORA psychologue-psychanalyste et cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (OMNSH),

[2]  La vie privée, un droit pour l’enfant Rapport 2022 du Défenseur des Droits

Article du Monde -Allemagne https://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/11/20/des-montres-connectees-pour-enfants-interdites-en-allemagne_5217525_4408996.html

Article de Nadia Damm https://www.slate.fr/story/92831/enfants-sortir