Non au projet de loi visant à lutter contre les formes renouvelées d’antisémitisme

Une proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme va être examinée par l’assemblée nationale.
Si son objectif , la lutte contre l’antisémitisme est louable, sa façon de vouloir l’atteindre est contestable.

Le Conseil d’État souligne les risques sérieux d’inconstitutionnalité et d’inconventionnalité que comportent plusieurs dispositions de la proposition de loi, en particulier au regard :

  • de la liberté d’expression, protégée tant par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen que par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme ;
  • du principe de légalité des délits et des peines, impliquant une définition claire, précise et non équivoque des infractions pénales ;
  • ainsi que des exigences de nécessité, d’adaptation et de proportionnalité des atteintes portées aux libertés fondamentales.

et il émet les observations ci dessous:

  • l’imprécision de certaines incriminations proposées en matière d’apologie ou de provocation au terrorisme ;
  • les difficultés juridiques majeures soulevées par la création d’un délit de provocation à la destruction ou à la négation d’un État, compte tenu de l’absence de définition juridique stabilisée de la notion d’État et du risque d’atteinte disproportionnée à la liberté d’expression ;
  • la nécessité de privilégier le cadre de la loi du 29 juillet 1881 plutôt que le code pénal, afin de préserver l’équilibre constitutionnel entre répression des abus et protection des libertés.

Nous avons écrit aux député.es de la Moselle pour les alerter des dangers dont ce projet est porteur. C’est ce courrier que vous retrouverez ci-dessous.
Vous voulez en savoir plus sur : 

COURRIER AUX DÉPUTÉS DE MOSELLE

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) METZ MOSELLE souhaite vous alerter sur la PPL n° 575 visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme, que vous allez examiner très prochainement.

Le titre de cette proposition correspond à un objectif essentiel face à l’augmentation des actes antisémites en France.

Cependant, son contenu est dangereux tant pour la liberté d’expression que pour l’efficacité même de la lutte contre l’antisémitisme.

Le Conseil d’État, saisi en mai 2025, rappelle la nécessité de privilégier le cadre de la loi du 29 juillet 1881 plutôt que le code pénal. Il souligne les risques d’inconstitutionnalité relatifs à la liberté d’expression de plusieurs articles.

Alors qu’il est crucial d’apporter des réponses qui protègent la cohésion de la société française, la proposition de loi Yadan risque de diviser profondément en raison de la répression qui s’abattrait sur tout débat concernant la politique menée par Israël. De plus, elle viole le principe de légalité des délits et des peines.

Sans remettre en cause ni l’objectif poursuivi par cette proposition de loi, ni la légitimité du combat contre l’antisémitisme, nous vous appelons à ne pas valider ce projet de loi.

Avec nos salutations respectueuses

La rançon d’Haïti

Le 10 mai, nous célèbrons l’abolition de l’esclavage.

L’occasion d’éclairer une partie de notre histoire commune avec Haïti-Saint Domingue.

Saint Domingue en 1791 est une colonie française, dont 90% des habitants sont esclaves, et parmi ceux-ci, une majorité sont nés en Afrique, déportés par la traite. Depuis 1789, la promesse d’égalité contenue dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen a fait son chemin. Les esclaves se révoltent. Le 29 aout 1793 Toussaint LOUVERTURE déclare « Je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint Domingue ». L’esclavage est aboli localement à Saint Domingue.

Le 4 février 1794, «La Convention nationale déclare aboli l’esclavage dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français, et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution.».

En 1801, Napoléon décide d’une expédition vers Saint Domingue et l’esclavage est rétabli le 20 mai 1802. Toussaint LOUVERTURE est fait prisonnier et déporté. La résistance des anciens esclaves et libres de couleur, unifiée au sein de l’Armée Indigène, triomphe avec une victoire décisive en novembre 1803. Les troupes françaises capitulent et évacuent Saint-Domingue.

En 1825, le 17 avril, Charles X, roi de France concède par ordonnance, aux habitants de la partie française de Saint-Domingue, l’indépendance pleine et entière. Cette partie Française prendra le nom d’Haïti. Mais il y a une condition : il faut dédommager les propriétaires d’esclaves. Le dédommagement demandé est de 150 millions de Francs Or. « cette somme représente environ 2% du revenu national français de l’époque, soit l’équivalent de plus de 40 milliards d’euros aujourd’hui si l’on considère une même proportion du revenu national de 2018 »1.

La jeune république Haïtienne n’a pas les moyens de payer. Elle doit emprunter. « Les créditeurs français sont parvenus à extraire du pays l’équivalent de 5% du revenu national Haïtien, par an , en moyenne ».2

Cette dette, avec les intérêts a maintenu « Haïti dans une position de dépendance et freiné son développement, transformant la brutalité de la colonisation et du système esclavagiste en une dépendance prolongée à l’égard de son ancienne métropole »

Le 17 avril, c’est le 20ème anniversaire de la « rançon d’Haïti ».

A cette occasion nous demandons au Président de la République de demander pardon au peuple haïtien au nom de la France pour plus de cent ans de colonisation, de traite et d’esclavage, et pour l’injustice redoublée qu’a été ensuite pour lui l’imposition de cette « double dette » qu’il a intégralement remboursée, à force de sacrifices.

Il doit aussi engager la France à agir en faveur d’Haïti dans un esprit de réparation, d’abord pour aider le pays à sortir de la crise actuelle, et ensuite pour l’accompagner sur le chemin de sa reconstruction.

Voir la lettre commune adressée en ce sens au Président de la République

Le 17 avril, le Président Macron a reconnu le poids injuste pour Haïti de cette dette imposée par la France en 1825. Il a institué une commission mixte institué mixte franco-haïtienne ayant pour mission d’explorer deux siècles d’histoire, y compris l’impact de l’indemnité de 1825 sur Haïti. A suivre….

Bernard Leclerc

Cet article est paru d’abord dans le numéro 103 de la lettre mosellane des droits de l’homme

1 Thomas PIKETTI Capital et idéologie Seuil p 263

2 La double dette d’Haïti (1825-2025) Note de la fondation pour la mémoire de l’esclavage


 

Communiqué suite au meurtre d’Aboubakar

Vendredi 25 avril 2025, à la mosquée de la Grand-Combe (Gard), Aboubakar, 22 ans, a été tué sauvagement alors qu’il priait.

L’agresseur, inconnu de la victime, a revendiqué son acte avec des propos ouvertement antimusulmans. Le caractère raciste de ce meurtre ne fait aucun doute.

Face à cet acte odieux, nous exprimons notre solidarité aux proches d’Aboubakar et aux musulmanes et aux musulmans de France.

Dans un contexte de hausse continue des actes racistes, xénophobes et antimusulmans, nous attendons des paroles fortes de l’exécutif. Alors que trop de paroles publiques alimentent un climat de haine, la parole des responsables politiques doit être exemplaire.

Nous demandons que la parole publique retrouve hauteur et clarté.

Nous exigeons des autorités qu’elles combattent clairement cette haine qui fait le terreau de passages à l’acte dramatiques.

Nous demandons aux citoyennes et aux citoyens de s’engager massivement contre les haines qui défont notre société, et notamment celle qui vient de frapper mortellement Aboubakar.

Que l’on estime que la motivation de cet acte doive être qualifiée de racisme antimusulman, d’islamophobie ou de haine envers les musulmans, nous condamnons le meurtre qui a frappé le jeune Aboubakar du fait de sa confession musulmane.

27 avril 2025

Télécharger le communiqué

7 octobre 2023, et après…

Nous n’oublions pas l’horreur du 7 octobre 2023, l’attaque terroriste du Hamas.

Une attaque qui a fait 1200 morts, plus de 3300 blessés.

Nous n’oublions pas les otages encore aux mains du Hamas dont nous continuons à réclamer la libération immédiate et inconditionnelle.

Là-bas, la guerre impitoyable dure depuis cette date. Ses victimes palestiniennes sont par milliers des civils, dont un très grand nombre d’enfants.

GAZA détruite, privée d’eau, d’électricité, de nourriture, d’accès aux soins, est devenue inhabitable. Cette guerre doit s’arrêter. Un cesser le feu immédiat est nécessaire.

Pour que s’arrête cette guerre, nous plaidons afin que cesse toute livraison d’armes à l’état d’Israël de la part de la France et de l’Europe.

Nous savons et nous combattons les discours et les actes de haine antisémites consécutifs ou non à ce conflit.

En 1948 la communauté internationale décidait de la création de l’État d’Israël. Cet État est le produit d’une histoire et d’une volonté.

L’Histoire, c’est celle de l’antisémitisme, cette manifestation de l’universel racisme, qui a été exalté, en Europe jusqu’au paroxysme de l’horreur.

La volonté c’est celle d’hommes et de femmes, humiliés, pourchassés, persécutés, survivants d’une proscription millénaire, de retrouver leur dignité et de proclamer leur droit à l’existence.

La restauration de la dignité ne peut pas se fonder sur la négation de la dignité d’un autre peuple, le peuple palestinien, devenu persécuté sur sa propre terre.

Nous appelons tous ceux pour qui le droit doit primer sur la force, à tout faire pour mettre un terme à la politique actuelle du gouvernement israélien.

Nous demandons que la France, l’Europe reconnaissent l’état de Palestine.

La paix ne peut se construire qu’à partir de la reconnaissance mutuelle et internationale des deux états.

Votez pour assurer la défaite de l’extrême droite!

A l’issue du premier tour de ces élections législatives anticipées, le Rassemblement National est arrivé en tête dans toutes les circonscriptions du département.

Nous saluons le choix fait par les candidat.e.s du Front Populaire arrivé .es en troisième place de se désister au profit du candidat le mieux placé pour faire échec au Rassemblement National.

L’enjeu du vote de dimanche prochain dépasse radicalement ce qui nous divise. Ce n’est pas une question de droite ou de gauche.

C’est une question encore plus essentielle qui va se jouer, celle de la possibilité de vivre toutes et tous ensemble en France.

A cette question, le Rassemblement National répond par un projet politique raciste et violent, celui de la destruction progressive des libertés et plus généralement de la République, qui a toujours été sa cible première.

Ce qui est en jeu, c’est le risque de l’arrivée au pouvoir d’un parti dont le programme est construit autour de la négation de l’égalité en droit des êtres humains, proclamée par l’ONU en 1948. C’est à cette égalité que nous, syndicats et associations, travaillons jour après jour, pour que chacune, chacun, ait accès à un service, à un droit, une réponse à ses besoins.

Le 7 juillet, toutes les voix sont importantes pour faire échec au Rassemblement National !

Mobilisez vous, pour faire voter dimanche pour le candidat le mieux placé face au RN !

Pour télécharger le tract inter-syndical, inter-associatif au format pdf imprimable

C’est la pauvreté qu’il faut combattre, pas les pauvres!

Fin des arrêtés anti-mendicité à METZ!

A la requête de la Fondation Abbé Pierre et de la Ligue des droits de l’Homme, le tribunal administratif a annulé les arrêtés anti-mendicité de la ville de Metz. Nous nous en réjouissons.

La pauvreté est insupportable, elle dérange, mais on ne la fait pas disparaitre par des méthodes de police.

Notre ville comptait déjà 23% de pauvres en 2019 (INSEE). Le dernier rapport du CCAS sur la situation sociale à Metz fait état de 10% des actifs en emploi précaire et 5000 travailleurs pauvres.

La mendicité est l’aspect visible de cette pauvreté. Elle concerne les plus pauvres, les plus déshérités, les plus démunis. On les chasse plus loin, toujours plus loin du centre-ville.

Permettre aux personnes de faire connaitre leur détresse et pourvoir à leurs besoins par la mendicité est pour elles une question de survie.

Prendre un arrêté « anti-mendicité » au prétexte d’ « une mendicité agressive », c’est se cacher derrière une mauvaise raison puisque le Code des collectivités territoriales confie déjà à la police municipale le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d’ameutement dans les rues, […] et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique. (art L2212-2).

Les populations précarisées par la crise ont besoin d’aide. Nous le savons bien puisque nous travaillons au sein du Réseau de Solidarité des Associations Messines qui compte plus de 35 associations humanitaires.

Les accueils de jour, un outil indispensable

Les deux accueils de jour ouverts à Metz – rue Clovis géré par la Fondation Abbé Pierre et rue de la Glacière géré par le Secours Catholique – répondent en partie aux besoins des personnes en précarité.

Ces accueils de jour sont indispensables. Nous sommes inquiets des menaces de fermeture qui pèsent sur l’accueil de jour du Secours Catholique. Un accueil de jour, ce n’est pas seulement prendre un repas, laver son linge, avoir une adresse postale. La misère est source d’isolement. Avoir un temps de vie partagé avec d’autres est d’autant plus important. Le Secours Catholique, c’est 45 repas quotidiens, préparés par des bénévoles eux- mêmes  en situation fragile ;un temps de partage autour du repas, un temps d’écoute et d’action sociale.

Un accueil de jour est un point d’ancrage ou chaque personne peut s’autoriser à imaginer un nouveau projet de vie grâce au lien qui est créé et la confiance « en soi » retrouvée.

Deux accueils de jour à Metz, c’est le minimum pour accueillir dignement toutes les personnes en précarité et en errance sur le territoire. Aujourd’hui et demain, prérenniser deux accueils de jours est essentiel.

Lutte contre le racisme et les discriminations

Illustration par Carlos El Puentea

Que vous soyez victime ou témoin, nous vous écoutons et vous accompagnons pour agir face aux situations de discriminations. Nous pouvons aussi vous accompagner ou vous orienter en cas de violences et de propos haineux.

Nous proposons notre aide, nos compétences, en partenariat avec le Défenseur des Droits et la mise en place de la plateforme anti-Discriminations.

  • Vous êtes victime d’une discrimination en fonction d’un critère prohibé (origine, religion,  sexe, identité de genre, orientation sexuelle, handicap…)
  • On vous refuse l’accès à un bien ou un service ou vous rencontrez des difficultés à faire valoir vos droits  (RSA, allocations familiales, CMU, Aide médicale d’Etat, accès aux soins, droit du travail, ouverture d’un compte bancaire, inscription scolaire…).
  • Vous êtes victimes ou témoin de propos haineux

Vous souhaitez en parler, connaître vos droits, les possibilités d’action, prenez rendez vous par téléphone (06 41 94 12 69) les mardis et jeudis de 9h à 12h .

Nous étudierons avec vous les moyens d’actions : intervention directe de la LDH auprès des personnes concernées, saisine du défenseur des droits, orientation vers d’autres acteurs ou institutions ….

LUTTE CONTRE LA TORTURE

Pourquoi un Forum de lutte contre la torture?

Parce que la torture est toujours d’actualité. Nous accueillons dans nos permanences des demandeurs d’asile. L’actualité mondiale ne manque pas d’exemples de torture et de mauvais traitements.

Parce qu’en 2015, Madame LEPEN pouvait affirmer qu’en certaines circonstances la torture pouvait se justifier

Parce que les sondages réalisés par l’ACAT montrent une tolérance de plus en plus importante pour la torture dans la population française.

Quelques vidéos des interventions lors de ce forum :

Michel TUBIANA : La torture est-elle utile?

Fabrice RICEPUTI : Torture et disparitions en Algérie.

Pour retrouver la totalité des interventions lors de ce forum.

Pour voir le programme complet, avoir davantage d’informations,

Arrêté anti mendicité à Metz

En février puis en décembre 2020 , la ville de Metz a publié des arrêtés  anti-mendicité.

La crise sanitaire fragilise les plus démunis et les populations les plus pauvres. Beaucoup d’emplois ont, disparu des emplois qui permettent la survie, souvent avec des contrats très courts.

La pauvreté augmente dans notre ville qui comptait déjà 23% de pauvres en 2018 (INSEE). Le dernier rapport du CCAS sur la situation sociale à Metz fait apparaitre 10% des actifs en emploi précaire et 5000 travailleurs pauvres.

La pauvreté est insupportable, mais on ne la fait pas disparaitre par des méthodes de police.

La mendicité est une question de survie.

Prendre un tel arrêté, c’est interdire aux personnes de faire connaitre leur détresse et c’est donc une atteinte à leur liberté d’expression. C’est également leur interdire  de remédier à leurs besoins par la mendicité.

Prendre un tel arrêté, c’est aussi faire entrave au principe de fraternité qui permet à tout citoyen, à toute association de venir en aide aux plus démunis.

Prendre un tel arrêté au prétexte d’ « une mendicité agressive », c’est se cacher derrière une raison fallacieuse puisque le code des collectivités territoriales confie déjà à la police municipale le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d’ameutement dans les rues, […] et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique. (art L2212-2).

Les populations précarisées par la crise ont besoin d’aide. Leur situation nous interpelle dans la mesure où elle est  visible. Vouloir la rendre invisible ne résout rien.

Pour toutes ces raisons, la Ligue des droits de l’Homme et la Fondation Abbé Pierre ont déposé un recours en annulation de ces arrêtés devant le tribunal administratif de Strasbourg.