Municipales : dans l’Aube, le RN passe de 6 à 15 sièges d’élus municipaux. Ça ne vous fait pas peur ?



La tendance est nationale.

Le RN est désormais à la tête de 57 communes de plus de 3 500 habitants. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella progresse également en nombre de sièges avec désormais 3 121 conseillers municipaux, contre 827 obtenus lors des municipales de 2020.



L’extrême droite multiplie par trois le nombre de villes sous son contrôle.

L’échec du Rassemblement national dans des villes comme Marseille, Toulon, Nîmes ou Lens ne doit pas masquer une nette progression de l’extrême droite. Le RN et ses alliés ont ajouté, ce dimanche, 38 mairies aux 24 déjà conquises au premier tour.



Dans le département de l’Aube, le RN occupait, outre les 2 postes de députés sur 3, 6 postes de conseillers municipaux: 3 à Troyes, 2 à Romilly-sur-Seine, 1 à Sainte-Savine à l’issue des élections de 2020.

Au 1er tour du 15 mars 2026, Saint-André-les-Vergers est passé de 0 à 4, Sainte-Savine de 1 à 3.

Au second tour, Romilly-sur-Seine, passe de 2 à 3, Troyes de 3 à 5 ( * voir plus bas le témoignage d’une observatrice chevronnée).

Le RN occupe donc à présent 15 sièges, sur les 5139 des conseils municipaux aubois. Ce qui représente certes une proportion infime (0,29 %) mais la progression de 6 à 15 ne laisse pas de nous inquiéter.

Le pourcentage d’élus municipaux d’extrême droite en France n’est que de 0,006 %. Le département de l’Aube fait 48,33 fois plus que la France entière.

La progression des élus municipaux des extrêmes droites en France est d’environ 60 %. L’Aube fait plus que d’en doubler le nombre…

Nos voisins de la Marne font encore mieux que nous en élisant 27 conseillers municipaux d’extrême droite, dont 7 à Reims et à Châlons-en-Champagne, 6 à Epernay.

Ceux de la Haute-Marne en ont élu 57, la Seine-et-Marne 62, les Ardennes 9, l’Yonne 11, la Côte-d’Or 5.



Il est difficile de ne pas en déduire qu’une bonne partie de la viticulture champenoise tient à ses traditions. On sait d’ailleurs comment elle traite sa main d’œuvre issue de l’immigration.



Le vin et la vigne pèsent lourd dans les élections municipales, mais on voit que c’est à des degrés divers.




* Notre amie Agnès a suivi attentivement et assidument la campagne des municipales à Troyes. Nous la remercions pour ses comptes-rendus rigoureux et rafraichissants. Voici le dernier en date:

Et je reboucle sur une petite observation, de vocabulaire justement, mais celui qu’on croise (avec stupeur) sur les RS [réseaux sociaux – NDLR]. Je te passe les très démodés (mais toujours utilisés) « gauchiasse », « merdias », et autres « lèche-babouches »… apparemment la créativité ne court pas les chemins creux. 

D’autres vieilleries sont de sortie. J’ai ainsi vu passer « morue »… adressé à Sarah FRAINCART, candidate malheureuse de LFI à Troyes. Alors j’ai cherché la définition exacte, tant ce mot me semblait dater, au point de ne plus avoir de signification contemporaine : la dernière fois que je l’avais entendu, c’était en… 1970. Je te livre le résultat de mes consultations lexicales : 

Morue –  (Vulgaire-injurieux) – Dans un registre de langue familier, en France, le terme « morue » désigne parfois avec dédain, une femme facile et vulgaire.   Prostituée, femme de mauvaise vie ; débauchée, gourgandine ; insulte c/ femme, femme en général ; femme sale, dégoutante ; femme laide ; terme des femmes des halles pour répondre aux râleuses qui offrent prix dérisoire de leurs marchandises ; injuste, déloyal

C’est pas vraiment III° Reich. Mais c’est sa face puante. A relire certaine prose de l’entre-deux guerres, on y retrouve les mêmes vulgarités de bas étage. 

Alors, cette jeune femme, qui a déjà essuyé tout ce qui se fait de pire en matière de racisme, se voit aussi traînée dans le caniveau, en tant que femme. On a la totale = racisme ET sexisme. J’ai pas vu « antisémite », mais comme elle est LFI et franco-marocaine, c’est compris dans le paquet cadeau des « arguments ». 

Décidément, ça pue la fosse septique. Et c’est sur son fil perso Facebook! Pas modéré. Si d’aventure une autre femme tente de signaler la mauvaise odeur, elle se reçoit à peu près les mêmes compliments. Les RS, décidément, sont les égouts de nos villes. On s’en va, comme dirait ma grand’mère, « du côté de tant pire ». Je sais bien que ceux qui causent sont une infime minorité, mais c’est en ligne, donc lisible par tout le monde. Est-ce que c’est contagieux? J’espère que non… mais si l’espoir est un bon déjeuner, il fait un médiocre dîner… 

A plus! Restons éveillés!

Agnès


Existe-t-il un rapport de cause à effet ? Il semblerait que l’usage du vocabulaire propre, si l’on peut dire, aux extrêmes droites, finisse par porter ses fruits…





RD

Procès des « vendanges de la honte » : il a filmé les chambres insalubres des vendangeurs exploités


Le procès des « vendanges de la honte » en Champagne a débuté ce jeudi 19 juin à Châlons-en-Champagne (Marne). Une société de prestation de services, sa gérante et deux hommes sont jugés de plusieurs délits, parmi lesquels ceux de « traite d’êtres humains » et « travail dissimulé ». Une victime a filmé les chambres et l’habitat insalubre.



Une délégation de la LDH de l’Aube était venue se joindre aux autres ligueuses et ligueurs de la région Champagne-Ardenne pour assister au procès.




Un rassemblement de soutien aux victimes était organisé devant l’entrée du tribunal ce matin dès les premières heures et devait se prolonger durant toute la durée de l’audience, prévue toute la journée.



La LDH, qui s’est portée partie civile avec la CGT, le CIVC et la MSA, dénonce, par la bouche de son avocat, très sollicité par les nombreux journalistes des chaînes locales et nationales qui couvraient l’événement, une grave violation des droits humains, une affaire de traite d’être humains et d’esclavage moderne, une violation des droits humains, une infraction qui figure dans le Code pénal.



Les nombreuses victimes, très attentives aux débats, attendaient beaucoup de cette audience.



La salle 2 du tribunal était comble et les débats étaient retransmis dans une salle contigüe par vidéo.

Le délibéré ne manquera pas d’être scruté par la LDH qui attend de celui-ci qu’il serve d’exemple pour que ne se reproduise jamais cet épisode honteux pour la Champagne et sa viticulture.

Nous ne manquerons pas de revenir sur cette affaire particulièrement sensible quant au respect des droits humains, à la lutte contre l’esclavage moderne et à l’exploitation des travailleurs sans papiers. Cette sombre combine entre escrocs sans scrupules, qui semble se développer dans toute la France viticole et agricole, doit être ouvertement dénoncée pour que de tels procès n’aient plus jamais lieu d’être…