Des soignants de toute la France attendus à Paris ce samedi pour défendre l’hôpital de public


Une manifestation de soignants à Paris le 16 juin 2020. Photo d’illustration. | CHARLES PLATIAU/REUTERS


Manque de moyens, fermeture de lits,… Les revendications du personnel de l’hôpital public sont nombreuses. En réponse à l’appel des syndicats, collectifs et associations, des soignants de toute la France sont attendus à Paris (Ile-de-France) ce samedi 4 décembre devant le ministère de la Santé pour faire part de leur colère.

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Racket de travailleurs sans-papiers : « Si je voulais continuer à travailler, je devais lui donner 400 euros par mois »


Une assemblée générale est organisée par la CGT et les grévistes sans-papiers lundi 1er novembre 2021 à l’hôtel de ville de Bobigny. Crédit : InfoMigrants


Des travailleurs sans-papiers de l’entreprise de ramassage de déchets, Sépur, sont en grève depuis le 11 octobre. Ils réclament leur régularisation pour mettre fin, entre autres, à des pratiques de racket. Plusieurs d’entres eux se disent victimes d’extorsion par leurs chefs de dépôt. Ils prévoient de déposer plainte.

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Plus de 200 travailleurs sans papiers d’Ile-de-France en grève pour des régularisations


Le mouvement est coordonné par la CGT | JEFF PACHOUD AFP


Un mouvement de grève coordonné par la CGT à l’échelle de l’Ile-de-France, est suivi par plus de 200 travailleurs sans-papiers. Sur onze sites d’entreprises diverses, dans le commerce, la restauration, la livraison, la propreté et l’intérim, ils manifestent pour obtenir des papiers.

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Dans l’Aube, ils misent sur la « garantie jeunes » pour accéder à l’emploi : « C’est un nouveau départ dans ma vie »


Des bénéficiaires de la « garantie jeunes » déchiffrent un rébus lors d’un atelier nutrition animé par une conseillère de la mission locale de Romilly-sur-Seine (Aube), le 14 octobre 2021. (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)


Depuis sa généralisation en 2017, ce dispositif d’insertion professionnelle relance des jeunes en situation de précarité. L’exécutif entend le placer au cœur de son futur « contrat d’engagement », qui doit être présenté dans les prochains jours. A Romilly-sur-Seine, franceinfo a rencontré ceux qui bénéficient déjà de cette allocation.

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Les accompagnants d’élèves en situation de handicap en grève : « C’est un superbe métier mais on est mal considérés »


Les AESH avait déjà manifesté en avril 2021 pour une meilleure reconnaissance de leur métier, comme ici à Avignon (Vaucluse). (ISABELLE GAUDIN / FRANCE-BLEU VAUCLUSE)


Ils réclament des hausses de salaire et un vrai statut de fonctionnaire.

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), chargés d’assister en classe les enfants handicapés, sont en grève ce mardi 19 octobre, à l’appel de l’intersyndicale. Ils dénoncent la précarité de leurs conditions de travail et réclament des hausses de salaire et un vrai statut de fonctionnaire.

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Pétition : plus qu’une journée

C’est demain, 13 octobre 2021, que le Sénat examinera une proposition de loi visant à « sécuriser l’intégration des jeunes majeurs étrangers pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance », à l’initiative de Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire et du groupe socialiste au Sénat. Cette proposition de loi est soutenue par Stéphane Ravacley, boulanger à Besançon avec Patron.ne.s Solidaires, la LDH, (Ligue des droits de l’Homme) et RESF (Réseau Education sans frontières).

Il est encore temps de signer la pétition ICI

« C’est de la discrimination mais on peut le faire » : SOS Racisme épingle près d’une agence d’intérim sur deux


Les résultats du testing sont sans appel : 45% des agences acceptent de discriminer à la demande de clients potentiels. © AFP / Loic Venance


Près de la moitié des agences d’interim ciblées par le dernier testing de SOS Racisme ont accepté de discriminer à la demande de clients du BTP. Elles ont répondu favorablement à une requête illégale : écarter des candidats de type non européen. France Inter vous révèle en avant-première les résultats de cette enquête.

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Les sages-femmes, en manque de reconnaissance, manifestent pour la cinquième fois cette année


Une manifestation de sages-femmes à Toulouse (Haute-Garonne), le 5 mai 2021. (PAUL ROQUECAVE / HANS LUCAS / AFP)


Elles dénoncent « le défaut d’information », le « manque de reconnaissance » et le « mépris » des pouvoirs publics.

« On est tout le temps oubliées ». Les sages-femmes descendent dans la rue pour la cinquième fois en cette année 2021, jeudi 7 octobre. Elles espérent notamment mettre à mal ce qu’elles considèrent comme un « défaut d’information », un « manque de reconnaissance » et un « mépris » des pouvoirs publics. Et les dernières revalorisations salariales (une prime de 100 euros net et une hausse de salaire d’environ 100 euros brut par mois) n’ont pas convaincu.

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EDF, la machine à broyer : Quand direction et syndicats marchent main dans la main



Employé d’EDF, Jean-Michel B est harcelé depuis plus de dix ans. Ce salarié a relayé sur son compte Facebook les enquêtes de Blast sur le management toxique chez l’électricien, pour interpeller les syndicats. La direction en a profité pour le traduire en conseil de discipline, devant lequel il passe demain, pour le licencier…

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Facebook de plus en plus fragilisé par les révélations d’une lanceuse d’alerte


Le siège de Facebook, en Californie © AFP / Josh Edelson

Aux États-Unis, Facebook est sous le feu des critiques suite à la publication il y a quelques semaines d’une série d’enquêtes dans le Wall Street Journal. Dimanche, la lanceuse d’alerte à l’origine de ces révélations va dévoiler son identité à la télévision.

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La panne générale que connaissent ce soir Facebook, Messenger et Whatsapp a-t-elle un lien avec ces révélations ?

Assurance-chômage : on vous raconte quatre ans dans les coulisses de la réforme imposée par le gouvernement


L’une des réformes phares du quinquennat d’Emmanuel Macron entre en vigueur vendredi 1er octobre. Jusqu’au dernier moment, sa mise en œuvre aura nécessité de naviguer entre les oppositions. 

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France : égalité salariale homme/femme prévue dans 1000 ans….

L’égalité de rémunération entre homme et femme a depuis l’an dernier sa journée mondiale. L’occasion de rappeler que ce combat est loin d’être fini, et d’expliquer pourquoi les multiples lois en vigueur ne changent pas la donne.

Inégalité salariale - Comment demander une augmentation? | Monster.fr

« A travail égal salaire égal » , ce principe écrit dans la loi française pour la première fois en 1972 est, contrairement à ce qu’on lit parfois, dépassé. 

En 1983, il a été remplacé par cet autre principe : « à  travail de valeur égale, salaire égal« .   

Cette différence sémantique introduite par la loi Roudy change tout.   

Elle permet de tenir compte des différences de professions occupées par les hommes et les femmes, et donne un cadre de comparaison. Valeur égale, cela veut dire que le travail en question exige  » un niveau comparable de connaissance consacrée par un titre, un diplôme ou une pratique professionnelle, un niveau comparable de responsabilités, et de charges physiques ou nerveuses « .   

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Travailleurs sans-papiers victimes d’accident du travail : quelles démarches effectuer ?


Un chantier de construction. Image d’illustration. Crédit : Pixabay


Les travailleurs sans-papiers, comme les salariés, victimes d’accidents du travail doivent effectuer des démarches pour que leurs soins puissent être pris en charge et éventuellement obtenir des indemnités. InfoMigrants fait le point.


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Chômage : le Conseil d’État suspend les nouvelles règles de calcul, victoire pour les syndicats


(Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA)


Les nouvelles règles de calcul instaurées par la réforme controversée de l’assurance chômage ne rentreront finalement pas en vigueur le 1er juillet.


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Ikea France condamné à 1 million d’euros d’amende pour espionnage de salariés

©MAXPPP


La filiale française d’Ikea et ses dirigeants de l’époque étaient accusés de s’être illégalement renseignés sur les antécédents judiciaires de centaines de salariés, leur train de vie ou encore leur patrimoine.


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Sans-papiers : accidents du travail dans le bâtiment


Boubou Konaté tient une photo de son cousin Bary Keita, victime d’un accident du travail, lors de l’hommage qui lui a été rendu, le 1er mai, à Montreuil. Crédit : InfoMigrants


« Le plus dur, c’est de ne pas savoir » : les familles de sans-papiers démunies face aux accidents du travail dans le bâtiment.


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Italie : une sauce tomate éthique avec un visage sur l’étiquette pour lutter contre l’exploitation des migrants



Autour de la ville de Lecce, dans la région italienne des Pouilles, une coopérative agricole a été créée pour garantir des conditions de travail légales à des migrants sans papiers et de jeunes Italiens précaires… Extrait du magazine « Nous, les Européens » rediffusé dimanche 16 mai 2021 à 10h45 sur France 3.


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FRÉDÉRIC VUILLAUME, UN MANIFESTANT VICTIME D’UN ACHARNEMENT JUDICIAIRE

Fréderic Vuillaume lors d’une manifestation / ©Sylvain PREGALDINY


Frédéric Vuillaume, syndicaliste de longue date, subit un harcèlement continu de la part des forces de police et des autorités judiciaires françaises. Et cela, depuis deux ans. Récit.


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« Les JO de Paris en 2024 seront l’occasion de pratiques sociales pour le moins douteuses »

La Charte sociale pour les JO portent deux éléments inquiétants : le renforcement du bénévolat et la précarisation du travail. © Jacopo Landi / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP


Frédéric Viale, essayiste et coordinateur de Paris JO2024, Miracle ou mirage ? (Libre & Solidaire), analyse deux éléments inquiétants de la charte sociale pour les Jeux Olympiques : le renforcement du bénévolat et la précarisation du travail.


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Le Mai des ouvriers




La CGT a déploré « 21 blessés dont quatre graves » lors de « violences inacceptables contre le monde du travail », samedi 1er mai après la traditionnelle manifestation parisienne pour célébrer la journée internationale des travailleurs durant laquelle elle s’est sentie « particulièrement ciblée »

Aujourd’hui, une petite piqure de rappel s’impose. Relisons Judith Blanchon dans le N°12 du magazine L’HISTOIRE de mai 1979.


II fut un temps où le 1er Mai n’avait rien d’une fête, où les forces de l’ordre étaient, ce jour-là, sur le pied de guerre.

Le 1er Mai a pris aujourd’hui les tournures d’une fête bon enfant : l’Etat en a fait une journée chômée, l’Église la fête de saint Joseph charpentier et, on ne sait quelle tradition, la foire du muguet. Il fut un temps où le 1er Mai n’avait rien d’une fête, où les bons chrétiens redoutaient les fureurs prolétariennes et où la rouge églantine remplaçait aux boutonnières les clochettes porte-bonheur. L’idée que ce pût être la « fête du travail » jetait dans l’indignation les militants de jadis, tel Émile Pouget, alias le « Père Peinard », disant de ces tentatives de « récupération » : « Pour un peu, les richards auraient payé les violons afin que leurs prolos se trémoussent ferme, car « qui danse dîne ! » Et le populo a mordu à l’hameçon que lui ont tendu les foireux politiciens qui se sont fichu un masque socialard. » Dans son style anar, Pouget dénonçait l’évolution, vers les flonflons rassurants, d’une histoire qui avait commencé dans le sang. Nous n’en étions pourtant qu’aux premières années du XXe siècle et Pouget n’avait pas tout vu !

Les pendus de Chicago

L’histoire du 1er Mai est faite de deux éléments principaux qui ont fini par s’assembler et devenir explosifs : la revendication des huit heures de travail et l’instrument de la grève générale [1].

Au début de la révolution industrielle, il n’y a pas de limitation légale du temps de travail. Dans les manufactures puis dans les usines, hommes, femmes, enfants passent douze à dix-sept heures quotidiennes, sans que l’Etat intervienne. Quelques individus, philanthropes, utopiques, dénoncent, d’abord en Angleterre, où l’industrialisation a été précoce, l’exploitation sauvage du travail humain. Parmi eux, Robert Owen, industriel aux idées avancées, champion d’un socialisme communautaire et expérimental, fondateur d’utopies concrètes, homme de cœur et d’action n’épuisant pas ses facultés de compassion dans le communisme littéraire, est un des tout premiers, sinon le premier, à concevoir et à proclamer les huit heures comme temps de travail idéal pour la condition humaine.

Dans un Catéchisme qu’il diffuse au cours des années 1830, il déclare : « Huit heures de travail et une bonne organisation du travail peuvent créer une surabondance de richesses pour tous. » Des patrons éclairés lui emboîtent le pas, en attendant que le mouvement ouvrier anglais, appuyé sur ses trade-unions et sur des comités spéciaux, reprenne avec force cette revendication qui devient un mot d’ordre pendant plus d’un demi-siècle.

En Angleterre donc, en France, aux États-Unis, on réclame la réduction des horaires de travail. Pour l’obtenir, des grèves ont lieu, éparses, interdites, réprimées… Un début de législation sociale suit. En Angleterre, le Parlement est poussé à voter, le 8 juin 1847, le bill des dix heures, après avoir fixé des maxima au travail des enfants. En France, la révolution de 1848 marque une étape décisive. Le 2 mars, en effet, le gouvernement décrète: « La journée de travail est diminuée d’une heure. En conséquence, à Paris, où elle était de onze heures, elle est réduite à dix ; et, en province, où elle avait été jusqu’ici de douze heures, elle est réduite à onze. » Toutefois, la montée de la contre-révolution, renforcée par l’épisode sanglant des journées de Juin, efface ce premier effort de législation du travail en France : le décret du 2 mars se trouve abrogé par la loi du 9 septembre qui fixe à douze heures le maximum de travail horaire dans les usines et les manufactures et autorise tant de possibilités de dérogation qu’elle redonne à peu près son pouvoir discrétionnaire au patronat.

Toutefois, dans la seconde moitié du XIXe siècle, le mouvement ouvrier, en Angleterre, en France, en Allemagne, aux États-Unis, et bientôt dans une vingtaine de pays, cesse d’être une simple idée, quelques révoltes épisodiques ou du papier imprimé : on s’organise. Le régime autoritaire du Second Empire doit même, la même année 1864, tolérer le droit de coalition (c’est-à-dire la grève) et la création de l’Association internationale des travailleurs, plus connue sous le nom de Première Internationale. Celle-ci reprend bientôt à son compte ce qui était devenu la vieille revendication des huit heures. Pourtant, c’est plus tard, dans la lointaine Amérique, qu’on trouve l’origine directe du 1er Mai.

Les Chevaliers du Travail, organisation ouvrière issue d’une société secrète, connaissent leur apogée en 1886, date à laquelle ils comptent 700 000 adhérents ; leurs actions sont multiples : coopératives, grèves, boycotts… Ils vont soutenir alors de toute leur puissance un mot d’ordre lancé par la Federation of Organised Trades and Labor Unions, en son congrès de Chicago en novembre 1884 : qu’à partir du 1er mai 1886, la journée légale de travail serait de huit heures. La campagne d’agitation fut suivie au jour dit de grèves et de manifestations. Selon Gabriel Deville, le jour du 1er mai avait été choisi en raison de la place tenue par cette date dans le calendrier : c’était le commencement de l’année de travail pour le louage des services (le moving-day). Les grèves et les manifestations furent suivies, le 3 mai 1886, d’un meeting organisé par les anarchistes à Chicago. Au cours de cette réunion tenue à Haymarket square, une bombe est jetée sur le service d’ordre, blessant une soixantaine de policiers. La répression qui s’ensuit est impitoyable et s’achève par un procès truqué de huit militants inculpés sans preuve : cinq d’entre eux sont pendus. L’attentat de Haymarket brise la sympathie de l’opinion pour les syndicats. C’est dans une atmosphère haineuse de lynchage qu’a lieu le procès et le mouvement ouvrier américain en sort gravement atteint. Mais les pendus de Chicago sont devenus les martyrs de la cause ouvrière : l’histoire du 1er Mai commence.

« Flotte au vent rouge drapeau »

En Europe, l’échec de la Commune de Paris avait précédé de quelques années la disparition de la Première Internationale. Les années 1880 connaissent un nouvel essor syndicaliste et socialiste. Les huit heures reviennent à l’ordre du jour. En 1888, le syndicat des ouvriers du meublé de Stockholm propose une manifestation internationale à date fixe pour propager les revendications ouvrières. De fait, en février 1889, des journées nationales sont organisées en Suède, en France, aux États-Unis : restait à n’en faire qu’une seule et dans tous les pays. Ce fut le premier congrès de ce qu’on appela la Deuxième Internationale, réuni à Paris en juillet 1889, qui en décida. Il fut alors prévu « une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail… » Le 1er Mai fut la date retenue: on s’alignait ainsi sur la décision prise l’année précédente par l’AFL (Américain Federation of Labor) d’organiser une grande manifestation ouvrière pour le 1er mai 1890.

En raison des dissensions profondes qui affaiblissent alors le mouvement socialiste, de l’hostilité des anarchistes à Paris qui récusent l’origine « politicienne » de la journée, ce premier 1er Mai international n’eut pas toute l’ampleur souhaitée par ses organisateurs, d’autant qu’en France, le ministre de l’Intérieur Constans, fort de ses succès sur les boulangistes, avait prodigué les mesures d’interdiction et d’intimidation. Il y eut pourtant des affrontements et une délégation ouvrière fut reçue par le président de la Chambre. C’est à Vienne, dans la Drôme, que le 1er Mai fut le plus chaud. Louise Michel en avait été l’âme ardente.

A cette époque, l’ancienne communarde, la « Vierge rouge », l’ancienne proscrite de Nouvelle-Calédonie, était devenue l’un des missionnaires les plus fervents de l’anarchie. De ville en ville, elle va prêchant l’amour du genre humain et la haine de l’oppression. Le 29 avril, elle est à Vienne : « La terre suffit à tous, crie-t-elle. Ne mendiez pas, le 1er mai, ce que vous avez le droit d’exiger. Marchez la tête haute. Souvenez-vous que vous êtes la force. La manifestation du 1er mai doit revêtir un caractère révolutionnaire, annoncer l’avènement de la Révolution sociale. Nos amis de Chicago sont morts pour une idée, pour l’idée révolutionnaire. C’est le sort que je souhaite pour moi. » Le lendemain, Louise Michel est arrêtée à Paris, à la gare de Lyon. A Vienne, la grève le 1er mai est à peu près générale.

Tous les ans, désormais, la grande manifestation internationale a lieu. En 1891, surgit le drame de Fourmies, petite cité ouvrière du Nord. Lors d’incidents éclatés entre grévistes et non-grévistes, la troupe appelée par le sous-préfet sur la demande du patronat local charge une première fois ; lors d’un autre affrontement, dans l’après-midi, avec les ouvriers, les soldats font feu sans sommation : quatre-vingts personnes sont touchées ; on compte finalement dix morts. Quelques jours plus tard, à la Chambre, Clemenceau lance à une majorité hostile cet avertissement: « Il y a quelque part sur le pavé de Fourmies une tache de sang innocent qu’il faut laver à tout prix… Prenez garde ! Les morts sont de grands convertisseurs… »

Ironie de la politique ! C’est le même Clemenceau, mais devenu ministre de l’Intérieur, qui doit affronter une des plus dures batailles de l’histoire du 1er Mai : celle de 1906. La façade de la Bourse du Travail avait fièrement annoncé sur une large banderole: « A partir du 1er mai 1906, les travailleurs ne feront plus que huit heures. » Nous étions alors aux heures de gloire du syndicalisme révolutionnaire ; les grandes accordailles du radicalisme et de l’extrême gauche qui avaient suivi l’Affaire Dreyfus n’étaient plus de saison. La CGT, aux mains des « anarcho-syndicalistes », attendait la révolution de la grève générale. Dans les jours qui précédèrent le 1er mai, la bourgeoisie de la capitale donna des signes visibles d’affolement : dans tous les beaux quartiers on dévalisait les magasins d’alimentation pour entasser des provisions ; ceux qui le pouvaient fuyaient Paris pour Londres ou Genève; partout on improvisait des fortifications. Quant à Clemenceau, il ne perdait pas son temps et démontrait ses talents d’homme d’ordre, déployant à travers Paris plus de 50 000 soldats. Au jour « J », ce fut une série de bagarres, des ruades lancées par les gardes républicains à cheval, des centaines d’arrestations…

C’est encore Clemenceau, cette fois chef de gouvernement, qui eut à affronter cet autre 1er Mai resté dans les mémoires : celui de 1919. Le 23 avril, le Parlement français avait enfin voté la loi des huit heures mais, lors de ce 1er Mai d’après-guerre, en ce printemps où l’Europe brûle presque partout d’une fièvre révolutionnaire, la grève générale atteint des proportions record.

Les années passant, la journée autrefois redoutée a été peu à peu légalisée. Fête légale, la journée du 1er Mai le devint d’abord en URSS, puis dans l’Allemagne de Hitler, dans la France de Pétain (loi du 12 avril 1941)… Ce n’était pas tout à fait cette « fête de l’Histoire » qu’avait chantée Eugène Pottier :

« Nous chantons notre Premier Mai
Notre union, c’est la victoire.
Lorsque nous crions : En avant !
Sous notre élan, la terre bouge,
Et sur notre front claque au vent
Le grand frisson du drapeau rouge. »

NOTE

1. Voir l’irremplaçable Histoire du Premier Mai, par Maurice Dommanget, Paris,. Editions de la Tête de Feuilles, 1972, 452 p.