L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule




La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.

Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.

Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.

Mandat électif et testostérone



Le sénateur LR de Paris Francis Szpiner mis en examen pour corruption passive.

L’ex-maire du XVIe arrondissement est soupçonné d’avoir attribué en 2023 un logement social à une femme en contrepartie de relations sexuelles. Le célèbre avocat « n’a pas été placé sous contrôle judiciaire », précise le parquet de Paris ce jeudi 9 juillet.


Tout près de nous, le maire de la commune de Villemoyenne vient d’être mis en examen des chefs d’agressions sexuelles sur mineur concernant plusieurs victimes. Les faits reprochés remonteraient à une période antérieure à 2005.



Les fonctions électives auraient-elles une influence sur la libido (voire sur les fonctions érectiles ?).

En octobre 2009, une étude américaine, rapportée, par Ouest-France, aurait établi un lien entre la libido des électeurs et le succès de leur candidat.


Ce qui ne les conduisait pas pour autant, dans l’enthousiasme de la victoire, à agresser sexuellement des femmes et des enfants.

Cette propension des élus, presque exclusivement des hommes (95%), à user de leur position ne concerne bien évidemment pas seulement les élus. Toutefois, les affaires, ou tout au moins leur signalement, se multiplient ces derniers temps.

Et cela pose à nos yeux un grave problème en tant que système structurel de domination. Il s’agit bien d’une question de rapports de pouvoirs, inhérente ici aux fonctions électives.

 « Partout où il existe des rapports de pouvoir fortement asymétriques, il y a une potentialité de violence sexuelle » selon Marie Chartron, chercheuse.



Nous avons toutes et tous en tête l’affaire Darmanin qui s’est soldée par un non-lieu en 2022, confirmé en 2024 par la Cour de cassation et à laquelle s’intéressait à nouveau en septembre 2025 la Cour européenne.

« A eux seuls, ces dossiers [ceux des affaires dans lesquelles le ministre actuel de la Justice a été pointé] sont un concentré des errements français dans la prise en compte et le traitement des agressions sexuelles. »

 

A l’issue des élections municipales de mars dernier, plusieurs médias pointaient l’élection ou la réélection de maires condamnés pour violences conjugales et/ou agressions sexuelles.

  • Paul Burro

Réélu au Belvédère (Alpes-Maritimes) Sans étiquette. Condamné en appel à douze mois de prison avec sursis et cinq ans de privation de ses droits civiques en février 2026, pour harcèlement d’une personne ayant été conjointe et atteinte à l’intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de la localisation d’une personne, il s’est pourvu en cassation.

  • Olivier Compain

Réélu à Miniac-Morvan (Ille-et-Vilaine) Divers droite. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.

  • Bruno Genest

Réélu à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne) Sans étiquette. Condamné à cinq mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité en 2023 pour violences conjugales.

  • Fred Mahler

Réélu à Goudargues (Gard) Sans étiquette. Condamné à huit mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité le 24 mars 2026 pour deux agressions sexuelles sur une agente, il a fait appel.

  • Marc Petit

Réélu à Firminy (Loire) Divers gauche. Condamné définitivement à six mois de sursis en 2021 pour agression sexuelle.

 

  • Jérôme Peyrat

Réélu à La Roque-Gageac (Dordogne) Sans étiquette. Condamné en 2020 à 3 000 euros d’amende avec sursis pour violences conjugales.

 

  • Hamdi Toudma

Réélu à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) Sans étiquette. Condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour des violences sur son épouse qu’il a reconnues.

  • Éric Carnat

Réélu à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) Sans étiquette. Mis en examen pour viol, agression sexuelle et harcèlement moral et sexuel après les plaintes de deux agentes.

  • Philippe Janicot

Réélu à Boisseuil (Haute-Vienne) Sans étiquette. Mis en examen pour des viols sur quatre femmes, sous contrôle judiciaire depuis décembre 2025.

 

  • Grégory Marty

Élu au premier tour à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) Divers droite. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en janvier 2025 après trois plaintes pour agressions sexuelles par personne abusant de sa fonction, harcèlement sexuel et violence par personne dépositaire de l’autorité publique.

  • Edgar Moulin

Réélu à Saint-Ellier-les-Bois (Orne) Sans étiquette. Mis en examen en mai 2025 pour viol sur personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs et détention d’images pédopornographiques, il a été placé en détention provisoire cinq mois en mai 2025, puis libéré fin octobre 2025 et placé sous contrôle judiciaire.

  • André Santini

Réélu à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) UDI. Deux plaintes pour harcèlement et agressions sexuelles de deux anciens collaborateurs, information judiciaire ouverte en octobre 2024.

  • Jean-Michel Baylet

Réélu maire à Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne) Divers gauche. Visé par une plainte pour viols et agressions sexuelles en 2022, classement sans suite.



S’ajoutent à cela un certain nombre de candidats ou d’élus à une fonction régalienne signalés au fil des années par les médias comme étant soupçonnés ou mis en examen pour les mêmes faits. On en trouvera ci-dessous quelques exemples.


A cela s’ajoute la problématique de l’immunité parlementaire qui vient, au minimum, retarder les procédures, le temps qu’elle soit éventuellement levée.



«  La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin de vote dans une urne, à déléguer les pouvoirs à quelques élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans, elle est action continuelle du citoyen… 

Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements, les corps organisés et les élus en butte aux pressions de toute sorte de groupes cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »

Pierre Mendès France


RD

Les histoires d’amour avec l’extrême droite finissent mal, en général

Berlin 1945



La jeunesse française serait de plus en plus encline à estimer qu’un pouvoir politique autoritaire serait souhaitable. Seul un jeune sur deux préfère sans réserve la démocratie aux autres systèmes politiques.

Quatre d’entre eux ont confié leurs motivations dans une enquête intitulée « Il nous faudrait un Poutine » : ces jeunes Français qui rêvent d’un pouvoir autoritaire.



Cette jeunesse semble ignorer que l’histoire, qu’ils connaissent trop mal, est têtue.

Quand les Allemands ont confié leur sort au nazisme et à Hitler, son leader, le 30 janvier 1933, ils ignoraient que, 12 ans et 3 mois plus tard, celui-ci se donnerait la mort avec sa compagne Eva Braun, qu’il venait d’épouser pour l’occasion.

Deux jours plus tôt, Intercepté le 26 avril par des partisans communistes près du village de Dongo (Italie), Mussolini était jugé et exécuté le 28 avril en compagnie de sa maîtresse Clara Petacci. 

Au procès de Nuremberg, Intenté par les forces alliées contre vingt-quatre hauts responsables nazis qui s’est tenu du 20 novembre 1945 au 1er octobre, douze des accusés, dont Hermann Göring, Wilhelm Keitel, Joachim von Ribbentrop et Ernst Kaltenbrunner, furent condamnés à mort. Les autres furent condamnés à des peines de prison allant de dix ans à la perpétuité.

On ne compte plus les dictateurs dont le sort ne fut pas plus enviable : Staline, Mao, Ceausescu, Saddam Hussein, Kadhafi ainsi que d’autres moins connus : Trujillo, Diem, Papa Doc et Baby Doc, Tito, Marcos, Stroessner… Bachar al-Assad, le “Boucher de Damas“ s’est réfugié à Moscou.



L’agonie mise en scène de Franco se voulut le feuilleton christique d’un Caudillo faisant don de sa personne à l’Espagne mais ne fut pas pour autant très ragoûtante, quoique largement saluée par ses victimes et leurs descendants.

Peu de dictateurs sont morts dans leur lit et la liste interminable de ceux-ci et de leur fin souvent tragique ou pour le moins mouvementée devrait être davantage enseignée dans les écoles.



On entend aujourd’hui toutes sortes de commentaires sur la paranoïa de Poutine qui ne daterait pas d’hier mais qui se sentirait suffisamment en danger pour avoir renforcé les protocoles de sécurité autour de sa personne.

Trump, qui joue son fier-à-bras, n’a-t-il pas déjà été victime de 5 tentatives d’assassinat en 10 ans ? Mais est-il le symptôme d’une époque violente ou en est-il aussi l’une des causes ?

Et qu’en est-il du sort des populations durant ces périodes funestes et celles qui s’ensuivent ? Combien de victimes ?  Quel prix doivent-elles payer pour retrouver un niveau de vie correct et pendant combien d’années vont-elles devoir endurer les conséquences de la folie des tyrans et despotes qu’elles ont portés au pouvoir ?

Malgré le vernis de ses candidats, de plus en plus craquelé cependant, l’extrême droite ne cache plus son projet : remise en cause de la démocratie et des droits fondamentaux, imposition de sa vision autoritaire de notre société. De plus en plus décomplexée, elle confirme chaque jour ses idées traditionnalistes et réactionnaires, son antiparlementarisme, son racisme, son islamophobie, son antisémitisme, son nationalisme son homophobie et son sexisme.

Avant même les élections municipales de 2026, on connaissait le bilan de la gestion des municipalités par l’extrême droite.

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Et pourtant, celle-ci ne cesse de progresser, multipliant par 3 le nombre de ses édiles en France et mettant en application ses sinistres promesses phares: le maire de Liévin supprime l’hommage du 1er Mai aux victimes de la catastrophe minière de 1974 ; à Carpentras, lors des commémorations du 8 Mai 1945, c’est l’hymne pétainiste « Maréchal nous voilà » qui résonne dans la ville ; la subvention au Planning familial est supprimée ; à La Flèche, le maire décroche le drapeau européen de la mairie ; à Vierzon, la municipalité annule la commémoration de l’abolition de l’esclavage du 10 mai ; à Carcassonne, le maire s’empresse de supprimer le drapeau européen, prendre un arrêté anti-mendicité, supprimer la subvention et le local de la LDH, couper le budget publicité et communication municipale dédié à trois journaux de presse locale accusés de « salir la ville et de manquer de neutralité » ; à Sainte-Savine, le chef de file de l’opposition RN au conseil municipal remet en cause les subventions à deux associations parce qu’elles « combattent les idées de certains d’entre eux » : la LDH pour son positionnement politique et ses appels à manifester contre le parti de Marine le Pen ainsi que le tiers lieu associatif Aux Adelphes qui « fait la promotion (sic) sur ses réseaux sociaux de la Palestine » et « organise dans ses locaux des réunions non mixtes, interdites aux hommes. » (Libération-Champagne jeudi 23 avril 2026)

Plus cette évolution ira en s’amplifiant, plus la France s’enfoncera dans une dérive mortifère que je ne veux vraiment pas pour mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Jeunesse, ressaisis-toi avant qu’il ne soit trop tard !

RD

La LDH a tenu son 93ème congrès national: des résolutions très attendues par les militants


Nathalie Tehio a été reconduite à son poste de présidente.

Le 93ème congrès national de la LDH s’est tenu à Rennes les 23,24 et 25 mai. A l’issue du congrès, le Comité national renouvelé a élu le Bureau national et réélu Nathalie Tehio présidente.

Lionel Brun-Valicon est trésorier, Emmanuelle Jourdan-Chartier et Evelyne Sire-Marin sont vice-présidentes.

Pierre-Antoine CazauBarbara Durot, Rozenn Guéguen-Caruso, Hadrien Maury-CasaltaNathalie Rangognio sont co-secrétaires générales et généraux.

Patrick Canin, Sophie Giroud, Isabeau Le BourhisJan Robert Suesser sont membres du bureau.

Composent désormais le Comité national :

Premier collège : Habiba Bigdade, Sophie Bachmann, Pierre Bernat, Capucine Blouet, Nicolas Bourbon, Ingrid Boury, Lionel Brun-Valicon, Patrick Canin, Pierre-Antoine Cazau, Pierrick Clément, Cyrille Crisnaire, Barbara Durot, Grâce Favrel, Sophie Giroud, Rozenn Gueguen Caruso, Fabienne Haloui, Thomas Houdusse, Sarah Hunet-Ciclaire, Emmanuelle Jourdan-Chartier, Philippe Laville, Isabeau Le Bourhis, Lucas Lévy-Lajeunesse, Kristina Lowis, Hadrien Maury-Casalta, Franck Merlin-Anglade, Nicolas Moysan-Laroy, Emmanuel Naquet, Rosa Ould Ameziane, Pauline Pawlotsky, Jean-Claude Pilet, Nathalie Rangognio, Vincent Rebérioux, Alexandre Richard, Vladimir Sestovic, Evelyne Sire-Marin, Jan Robert Suesser, Nathalie Tehio, Agnès Tricoire, Marie-Christine Vergiat, Philippe Vervaecke 

Second collège :

Second collège : Jean-Michel Arberet (Ile-de-France), Antoine Boutet (Pays de la Loire), Christian Braquet (Provence-Alpes-Côte d’Azur), Marie Agnès Chalumeaux (Bourgogne-Franche Comté), Christian Eypper (Centre Val de Loire), Patrice Ganot (Guadeloupe), Jean-Claude Guicheney (Nouvelle-Aquitaine), Myriam Matonog (Auvergne-Rhône-Alpes), André Paccou (Corse), Clément Pialat (Grand Est), Eric Puren (Normandie), Julie Tanneau (Bretagne), Alain Vantroys (Hauts-de-France).


La LDH, aussi Ligue des droits humains 



Cette mention de « droits humains » faisait l’objet d’un débat depuis de nombreuses années au sein de la LDH.

Une consultation des sections a été lancée en 2023 concernant un éventuel changement de nom de la Ligue des droits de l’Homme. A la suite de celle-ci et malgré de nombreuses réponses en faveur d’un changement vers l’appellation « Ligue des droits humains », le Comité national a décidé de ne pas modifier le nom initial, au prétexte que la LDH avait été créée sur les bases de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, élargie par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Le Congrès de 2026 a enfin tranché:

La Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du Citoyen, créée en 1898 en référence à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789, se dénommait jusqu’ici en abrégé dans ses statuts, « LDH » et « Ligue des droits de l’Homme ». Réunie en congrès à Rennes, du 23 au 25 mai 2026, l’association vient d’ajouter à ces dénominations un troisième nom abrégé, qui peut donc également être utilisé pour la désigner : « Ligue des droits humains ».



La LDH a adopté une résolution « Contre la loi du plus fort, choisir l’Etat de droit ».


Dans cette résolution, la LDH rappelle avec solennité que l’extrême droite au pouvoir s’emploie toujours à détruire l’Etat de droit, faisant courir un danger mortel à la démocratie.

(..) L’histoire nous enseigne que les démocraties ne disparaissent pas brutalement, mais se désagrègent lorsqu’elles cessent d’être défendues. Aujourd’hui, l’urgence est là. Il s’agit de débattre, mais aussi d’agir, de voter, de s’unir et de se mobiliser pour empêcher que s’impose un modèle politique fondé sur l’exclusion, la peur et l’arbitraire. La démocratie ne se préserve pas : elle se construit chaque jour. Contre la loi du plus fort, nous faisons le choix des droits, de la démocratie et de l’État de droit.  



RD

Gaza, jour 934 : Israël a violé le prétendu “cessez-le-feu” 2 400 fois depuis octobre



Israël semble avoir encore accéléré ses violations du “cessez-le-feu” conclu en octobre dernier, dans l’une des semaines les plus meurtrières de ces derniers mois.

Alors que des médias israéliens rapportaient la semaine dernière que l’armée israélienne s’apprêtait à “reprendre” ses hostilités à Gaza “dès le mois prochain”, les Palestinien-nes craignent que le génocide, déjà loin de s’être arrêté avec le “cessez-le-feu”, ne s’accélère encore.



MSF dénonce la « privation délibérée d’eau infligée aux Palestiniens » par Israël. Selon des données de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale, Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza, notamment les usines de dessalement, les forages, les canalisations et les réseaux d’égouts. Les conséquences sont dramatiques pour la santé de la population.



Elément central de la culture palestinienne, l’olivier est menacé par la guerre. C’est pour les Palestiniens une source de revenus, une part importante de leurs traditions culinaires et un symbole de résistance, d’ancrage sur leurs terres. Mais aujourd’hui, dans la bande de Gaza, l’olivier est menacé. Les surfaces plantées ont considérablement réduit depuis le 7 octobre 2023, les massacres du Hamas en Israël et la guerre faisant l’objet d’accusations génocidaires lancées par Israël.



Bombardements, pénurie de médicaments et montagnes de déchets: les conditions de vie s’aggravent à Gaza. Gale, poux, puces, rongeurs et infections cutanées prolifèrent à Gaza. En cause: une population dense qui vit majoritairement sous tente, à proximité de déchets qui ne peuvent plus être évacués. Des Gazaouis témoignent de leurs conditions de vie de plus en plus compliquées.



La France claque la porte au nez des artistes et chercheurs palestiniens. Pendant que le génocide se poursuit à bas bruit à Gaza, le programme d’accueil en France des universitaires et artistes palestinien·nes tourne au ralenti, voire a été interrompu. Sous différents prétextes, les autorités multiplient les mesures discriminatoires, sans égard pour l’anéantissement de la vie universitaire et culturelle dans l’enclave palestinienne.



La macronie ne lâche pas prise après le retrait de la loi Yadan. La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé croit pouvoir remettre le texte sur le métier en le retravaillant avec les groupes parlementaires qu’elle reçoit mardi 28 avril. La pétition contre le texte initial a recueilli plus de 700 000 signatures. La pétition a été classée par la commission des lois. Le soutien appuyé du gouvernement français à la politique d’apartheid du gouvernement d’extrême droite israélien ne semble pas se relâcher.






D’après nos information, la flotille en route vers Gaza serait constituée de 64 bateaux, dont 53 en mer et 7 encore au port. On ignore la position des 4 autres. En Tunisie, 7 personnes qui devaient embarquer ont été arrêtées, sous des prétextes plutôt fantaisistes. Quelques unes d’entre elles auraient été libérées. Une escale y semble à présent peu probable.

Le Collectif aubois pour la paix en Palestine envisage une manifestation à Troyes courant mai.

Les députés macronistes ont peur du débat démocratique



Malgré plus de 700 000 signatures, la pétition contre la proposition de loi Yadan sur l’antisémitisme ne sera pas débattue à l’Assemblée nationale


Les députés de la commission des lois ont décidé mercredi de classer la pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée.



 «Un jour, ces moyens de surveillance seront utilisés par un dictateur» prévient Marc Trévidic


L’ancien juge antiterroriste s’inquiète, dans une interview pour «l’Humanité», des dangers d’une proposition de loi aux contours encore flous. Le texte, porté par la députée Renaissance, est sous le feu des critiques avant son arrivée jeudi 16 avril dans l’hémicycle.



« Avec la loi Yadan, il s’agit de rendre illégale la discussion sur ce qu’est l’État d’Israël et ce qu’il est devenu » Étienne Balibar


Contestée par 700 000 citoyens, la loi Yadan, qui affirme lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », sera examinée à l’Assemblée jeudi 16 avril. Pour le philosophe Étienne Balibar, ce texte conduirait à « interdire l’usage de mots » tels que « génocide », « apartheid » et « résistance ».




Municipales : dans l’Aube, le RN passe de 6 à 15 sièges d’élus municipaux. Ça ne vous fait pas peur ?



La tendance est nationale.

Le RN est désormais à la tête de 57 communes de plus de 3 500 habitants. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella progresse également en nombre de sièges avec désormais 3 121 conseillers municipaux, contre 827 obtenus lors des municipales de 2020.



L’extrême droite multiplie par trois le nombre de villes sous son contrôle.

L’échec du Rassemblement national dans des villes comme Marseille, Toulon, Nîmes ou Lens ne doit pas masquer une nette progression de l’extrême droite. Le RN et ses alliés ont ajouté, ce dimanche, 38 mairies aux 24 déjà conquises au premier tour.



Dans le département de l’Aube, le RN occupait, outre les 2 postes de députés sur 3, 6 postes de conseillers municipaux: 3 à Troyes, 2 à Romilly-sur-Seine, 1 à Sainte-Savine à l’issue des élections de 2020.

Au 1er tour du 15 mars 2026, Saint-André-les-Vergers est passé de 0 à 4, Sainte-Savine de 1 à 3.

Au second tour, Romilly-sur-Seine, passe de 2 à 3, Troyes de 3 à 5 ( * voir plus bas le témoignage d’une observatrice chevronnée).

Le RN occupe donc à présent 15 sièges, sur les 5139 des conseils municipaux aubois. Ce qui représente certes une proportion infime (0,29 %) mais la progression de 6 à 15 ne laisse pas de nous inquiéter.

Le pourcentage d’élus municipaux d’extrême droite en France n’est que de 0,006 %. Le département de l’Aube fait 48,33 fois plus que la France entière.

La progression des élus municipaux des extrêmes droites en France est d’environ 60 %. L’Aube fait plus que d’en doubler le nombre…

Nos voisins de la Marne font encore mieux que nous en élisant 27 conseillers municipaux d’extrême droite, dont 7 à Reims et à Châlons-en-Champagne, 6 à Epernay.

Ceux de la Haute-Marne en ont élu 57, la Seine-et-Marne 62, les Ardennes 9, l’Yonne 11, la Côte-d’Or 5.



Il est difficile de ne pas en déduire qu’une bonne partie de la viticulture champenoise tient à ses traditions. On sait d’ailleurs comment elle traite sa main d’œuvre issue de l’immigration.



Le vin et la vigne pèsent lourd dans les élections municipales, mais on voit que c’est à des degrés divers.




* Notre amie Agnès a suivi attentivement et assidument la campagne des municipales à Troyes. Nous la remercions pour ses comptes-rendus rigoureux et rafraichissants. Voici le dernier en date:

Et je reboucle sur une petite observation, de vocabulaire justement, mais celui qu’on croise (avec stupeur) sur les RS [réseaux sociaux – NDLR]. Je te passe les très démodés (mais toujours utilisés) « gauchiasse », « merdias », et autres « lèche-babouches »… apparemment la créativité ne court pas les chemins creux. 

D’autres vieilleries sont de sortie. J’ai ainsi vu passer « morue »… adressé à Sarah FRAINCART, candidate malheureuse de LFI à Troyes. Alors j’ai cherché la définition exacte, tant ce mot me semblait dater, au point de ne plus avoir de signification contemporaine : la dernière fois que je l’avais entendu, c’était en… 1970. Je te livre le résultat de mes consultations lexicales : 

Morue –  (Vulgaire-injurieux) – Dans un registre de langue familier, en France, le terme « morue » désigne parfois avec dédain, une femme facile et vulgaire.   Prostituée, femme de mauvaise vie ; débauchée, gourgandine ; insulte c/ femme, femme en général ; femme sale, dégoutante ; femme laide ; terme des femmes des halles pour répondre aux râleuses qui offrent prix dérisoire de leurs marchandises ; injuste, déloyal

C’est pas vraiment III° Reich. Mais c’est sa face puante. A relire certaine prose de l’entre-deux guerres, on y retrouve les mêmes vulgarités de bas étage. 

Alors, cette jeune femme, qui a déjà essuyé tout ce qui se fait de pire en matière de racisme, se voit aussi traînée dans le caniveau, en tant que femme. On a la totale = racisme ET sexisme. J’ai pas vu « antisémite », mais comme elle est LFI et franco-marocaine, c’est compris dans le paquet cadeau des « arguments ». 

Décidément, ça pue la fosse septique. Et c’est sur son fil perso Facebook! Pas modéré. Si d’aventure une autre femme tente de signaler la mauvaise odeur, elle se reçoit à peu près les mêmes compliments. Les RS, décidément, sont les égouts de nos villes. On s’en va, comme dirait ma grand’mère, « du côté de tant pire ». Je sais bien que ceux qui causent sont une infime minorité, mais c’est en ligne, donc lisible par tout le monde. Est-ce que c’est contagieux? J’espère que non… mais si l’espoir est un bon déjeuner, il fait un médiocre dîner… 

A plus! Restons éveillés!

Agnès


Existe-t-il un rapport de cause à effet ? Il semblerait que l’usage du vocabulaire propre, si l’on peut dire, aux extrêmes droites, finisse par porter ses fruits…





RD

Municipales 2026 dans l’Aube : un 1er tour qui impose l’analyse et la mobilisation au second tour à Troyes et Romilly-sur-Seine




Sur 5139 sièges municipaux et 256 sièges communautaires qui devaient être pourvus, 4890 l’ont été dès le 1er tour dans les conseils municipaux et 172 dans les conseils communautaires.

Les sièges attribués se répartissent comme suit : 4679 municipaux et 134 communautaires pour les listes Sans Etiquette, 113 municipaux et 23 communautaires pour les Divers droite, 58 municipaux et 8 communautaires pour les Divers centre, 32 municipaux et 6 communautaires pour les Divers gauche, 7 municipaux et 1 communautaire pour le Rassemblement national, 1 municipal pour les Ecologistes. L’Union de la gauche, la France insoumise et l’extrême-gauche n’ont obtenu aucun siège.

Restent donc 249 sièges à pourvoir dans les conseils municipaux aubois et 84 dans les conseils communautaires.

L’extrême-droite, qui fait l’objet de toute notre attention, a donc déjà conquis 7 sièges municipaux dans l’Aube (4 à Saint-André-les-Vergers, 3 à Sainte-Savine) alors qu’elle en détenait jusqu’alors 6 (3 à Troyes, 2 à Romilly-sur-Seine et 1 à Sainte-Savine). C’est également sans compter sur les candidats des listes Sans étiquette appartenant à l’extrême-droite mais n’étant pas déclarés en tant que tels.

A Romilly-sur-Seine, la liste RN est arrivée en 3ème position avec 21 % des voix.

A Troyes, où François Baroin doit se représenter au second tour pour la première fois de sa carrière de maire, la liste RN est en deuxième position avec 16,52%.

C’est dire que les 54,89 % d’abstentionnistes de Troyes et les 47,9% de Romilly savent ce qu’il leur reste à faire dimanche prochain.



Voter, c’est agir ! Chaque voix compte


La progression des extrêmes droites dans le monde s’illustre par des politiques autoritaires qui portent atteinte aux démocraties. En France, à l’issue du premier tour des élections municipales, plusieurs communes voient des candidats d’extrême-droite se maintenir, voire arriver en tête.

A l’approche du second tour des élections municipales, la LDH alerte avec cette campagne sur les menaces qui pèsent sur les droits fondamentaux et rappelle que le vote reste l’un des premiers moyens de les défendre.


L’extrême-droite risque d’imposer des mesures restreignant les libertés et les droits.

La LDH appelle toutes les citoyennes et citoyens à se mobiliser dans le cadre des élections municipales pour faire barrage à l’extrême-droite.

En France, de par ses votes, ses positions dans le débat politique ou ses prises de décisions locales dans les communes qu’elle dirige, l’extrême-droite nous montre son vrai visage : la promesse d’une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, à l’environnement et un délitement de notre Etat de droit.


Voter est un droit, un pouvoir et un devoir citoyen.

Une voix peut faire la différence, particulièrement dans le cadre des élections municipales. Dans de nombreuses communes, les écarts se jouent parfois à quelques bulletins de vote. Or, l’abstention croissante bénéficie à des candidates et candidats qui risquent de porter des atteintes directes et profondes à nos droits et libertés, comme c’est le cas de l’extrême droite. La commune étant l’échelon politique local le plus proche des citoyennes et citoyens, voter aux municipales c’est participer à définir la politique de la ville qui impacte directement votre quotidien.

L’histoire montre que l’abandon du combat par l’abstention aux élections ou en détournant le regard, ne protège personne. Il alimente la loi du plus fort.



Retrouvez les différentes prises de position de la LDH:

Revue « Droits et Libertés » – Défendre une laïcité de liberté

Podcast « Des voix et des droits »

Communiqué LDH sur le droit de vote des étranger-es résidant en France – Des centaines de milliers de femmes et d’hommes ne pourront pas voter aux élections municipales de mars 2026 !

Note d’analyse de la LDH concernant la police municipale – Contre le projet de loi relatif à l’extension des prérogatives, des moyens, de l’organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres

Tribune de Nathalie Tehio – « 2026, faisons reculer l’extrême droite »

Campagne commune du collectif Nos services publics dont la LDH est membre – Nos 14 exigences pour les services publics locaux

Communiqué du collectif Alerte dont la LDH est membre – Faire des communes des territoires de solidarité

Actions en justice 

Clôture de la campagne électorale demain samedi à zéro heure. Une « brebis galeuse » sur la liste RN à Romilly-sur-Seine.



N’étant pas assujettis au respect du code électoral puisque n’étant pas candidats, nous n’en respecterons pas moins la règle qui veut que la campagne prenne fin la veille du scrutin à zéro heure.

Il nous reste donc le temps de signaler la présence en notre département d’une « brebis galeuse » dans la liste RN de Romilly-sur-Seine. En effet, StreetPress nous présente aujourd’hui la carte des 235 « brebis galeuses » du RN et de ses alliés, dans laquelle nous apprenons qu’on en a débusqué une :

Jean-Patrick Vernet, sur la liste de Angélique Ranc — RN

Deuxième nom sur la liste, il partage sur Facebook des publications du Parti de la France, de Dieudonné et des photomontages aux sous-entendus racistes. Il a également publié un montage montrant Ségolène Royal voilée, et dépeinte comme l’égérie d’une boîte de « Couscous Royal lèche babouches » près d’un drapeau algérien.



Il est assez étonnant que cette fort « respectable » liste romillonne RN compte dans ses rangs, et pas à n’importe quelle place, puisqu’à la deuxième, un tel personnage. C’est lui qui, il y a 6 ans, conduisait la liste qui avait obtenu 14,33 % des suffrages et obtenu 2 postes dont sa tête de liste Jean-Patrick Vernet. Hormis la montée d’une tension en fin de campagne en lien avec le soutien du monde économique au maire sortant Eric Vuillemin, on ne peut pas dire que celle-ci s’affole. Mais il nous semblait important de mentionner ce fait. Les électrices et les électeurs sauront en tirer les conclusions qui s’imposent.



Municipales : le RN pioche dans les rangs de La Cocarde, syndicat étudiant proche des néofascistes


Blast a épluché les listes de candidats de la Cocarde étudiante — syndicat d’extrême droite proche des néofascistes — aux élections CROUS de 2024 et 2026, puis les a croisées avec les listes des municipales des 15 et 22 mars. Résultat : sur 29 candidats de la Cocarde figurant sur des listes municipales, 18 se présentent sur des listes menées ou soutenues par le Rassemblement national. La proximité du parti lepéniste avec la Cocarde, organisation au carrefour des courants les plus radicaux et violents de l’extrême droite, rappelle le vrai visage du RN, loin des tentatives de normalisation.



Comment l’extrême droite se cache derrière les listes sans étiquette


A Paris (Sarah Knafo), à Toulon (Laure Lavalette), à Perpignan (Louis Alliot), à la Seyne-sur-Mer (Dorian Munoz) et dans de nombreuses communes, des candidates et candidats d’extrême droite ont choisi d’avancer plus ou moins masqués. 

Au sein de listes « sans étiquette»  ou « divers droite », sous couvert de logiques transpartisanes ou « d’union », ces candidats ont retiré le nom de leur parti de leur affiche voire occulté leur appartenance. Cet effacement peut confiner à la dissimulation, faisant obstacle au choix éclairé des électeurs. Nous vous aidons à y voir plus clair et à vous renseigner sur la situation dans votre commune. 



« La lutte contre l’extrême droite est une urgence dans tous les territoires »


Dans une tribune au « Monde », un collectif d’acteurs et d’actrices du monde associatif et de la société civile appelle à une large mobilisation contre l’extrême droite, lors des scrutins des 15 et 22 mars, et insiste, pour ce faire, sur l’importance de trouver compromis et dialogue.


RD

Elections municipales 2026 dans l’Aube : le point sur les listes



Dimanche 15 mars, les électrices et électeurs des 431 communes auboises seront appelés aux urnes pour le premier tour des élections de leurs conseils municipaux parmi les candidates et candidats de 538 listes.

Dans ces 431 communes, 343 d’entre elles n’auront pas à choisir puisqu’une seule liste se présentera à leurs suffrages. Parmi ces 343 listes uniques, 341 se présentent sans étiquette (SE), les 2 autres sous l’étiquette Divers droite (DVD): il s’agit de Rosières-près-Troyes et de La Rivière-de-Corps. Reste bien évidemment le choix du vote blanc ou nul.

Dans 77 d’entre elles, le choix sera à faire entre 2 listes dont 150 SE, 2 Divers centre (DVC) à Saint-Julien-les-Villas et 2 DVD à Nogent-sur-Seine.

Dans 9 d’entre elles, 3 listes seront en lice: 12 SE, 3 DVC à Pont-Sainte-Marie, 1 à Sainte-Savine et à Bar-sur-Aube; 2 DVD à Nogent-sur-Seine, 1 à La Chapelle Saint-Luc, 1 à Saint-André-les-Vergers; 1 Divers gauche (DVG) à Saint-André-les-Vergers et à La Chapelle Saint-Luc; 1 Les Ecologistes (Europe-Ecologie-Les Verts) à Sainte-Savine; 1 Lutte Ouvrière (LO) à La Chapelle Saint-Luc, 1 Rassemblement National (RN) à Saint-André-les-Vergers et à Sainte-Savine.

Dans l’une d’entre elles, à Romilly-sur-Seine, 6 listes se présentent: 1 DVC, 1 DVD, 2 DVG, 1 La France Insoumise (LFI), 1 RN.

A Troyes, chef-lieu du département, il faudra choisir parmi 8 listes: 2 DVC, 1 DVD, 1DVG, 1 LFI, 1 Les Républicains (la seule liste LR du département, celle de François Baroin), 1 LO et 1RN.

En résumé, les électeurs aubois auront à choisir entre 503 listes SE, 10 DVC, 10 DVD, 5 DVG, 4 RN, 2 LFI, 2 LO, 1 Les Ecologistes, 1 LR…

La gauche est nettement sous représentée (5 DVG, 2 LFI, 2 LO, 1 Les Ecologistes) et divisée à Romilly-sur-Seine, ancien fief communiste (2 DVG, 1 LFI).

Le parti communiste (PCF) ne présente que 90 candidats en France, le RN 616.

Le RN fait plus petit que nous aurions pu le craindre dans le département de l’Aube mais mieux que LFI, Les Ecologistes, LO et LR. Fort de ses 2 députés sur 3 dans le département, il voudrait s’implanter à Saint-André-les-Vergers, Sainte-Savine, Romilly-sur-Seine et Troyes.

Il est encore temps de leur barrer la route !

Rappelons que les grands électeurs élisent les sénateurs.

« Ils sont près de 162 000, votent à bulletin secret et ne peuvent pas s’abstenir. Députés, élus locaux et surtout représentants des conseils municipaux composent le collège des « grands électeurs », chargés d’élire les sénateurs. Ce mode de scrutin, propre à la Ve République, façonne durablement les équilibres politiques nationaux en donnant un rôle central aux élus locaux et en inscrivant les rapports de force territoriaux au cœur du Parlement. »




RD

Face à la violence, démocratie et Etat de droit


Paris, le 23 février 2026

Toute mort due à une agression, et quels qu’en soient les motifs, est un drame humain et une défaite démocratique. Lorsque la violence se déchaîne, lorsqu’elle entend se faire loi, elle humilie l’intelligence collective, piétine le débat, nie la part d’humanité commune sans laquelle la démocratie n’est plus que la caricature mortifère des valeurs qu’elle porte. La mort de Quentin Deranque, quels qu’aient été ses engagements, ne fait pas exception et doit à ce titre être fermement condamnée, moralement, politiquement et juridiquement. Elle doit d’autant plus l’être qu’elle s’inscrit dans un cadre de dégradation démocratique marqué depuis maintenant plusieurs années par un regain des violences. L’appauvrissement du débat public, le recours de plus en plus fréquent, de la part de responsables politiques à des anathèmes, à des rhétoriques vengeresses, un vaste ressentiment social, ont contribué à cette montée en puissance du recours à la violence comme argument ultime. Ils y contribuent hélas, encore et toujours.
L’urgence commune devrait être aujourd’hui à la sérénité des débats, à l’apaisement plutôt qu’à la confrontation, à un retour à une norme démocratique privilégiant la confrontation des idées et non la désignation d’ennemis. Au lieu de cela, les calculs politiciens dominent la scène politique, des médias attisent les flammes de futurs drames et les pouvoirs publics, au lieu d’en appeler au respect de la loi, désignent des coupables à tout-va.
Pire encore : par une sordide aberration, certains s’acharnent à faire du terme antifasciste le contraire même de ce qu’il a porté dans l’histoire et de ce qu’il porte encore. Oui, le fascisme existe aujourd’hui. Il se revendique parfois et trop souvent comme tel. Il lui arrive aussi d’endosser des habits neufs. Cela fait partie de la réalité politique de notre pays et de bien d’autres. C’est une réalité qui mérite d’être nommée et combattue. Mais jamais avec des moyens qui, insidieusement, alignent ce combat sur les valeurs et les méthodes auxquelles il s’oppose.
La lutte antifasciste est née de la défense des libertés publiques et de la démocratie. Elle a, sur ces bases, rassemblé largement, bien au-delà des clivages politiques. La LDH (Ligue des droits de l’Homme), qui s’honore d’avoir pris sa part dans ce combat, quelles que soient les vicissitudes qu’elle a dû affronter, est toujours restée fidèle aux valeurs de cet engagement citoyen, puissant parce que collectif et démocratique. Elle ne laissera pas, pour de basses raisons politiciennes, placer sur un même plan cet engagement humaniste avec ceux qui fédèrent des droites extrêmes racistes, antisémites, xénophobes et haineuses de la diversité de l’humanité.
C’est dans ce cadre de défense des droits fondamentaux que la LDH saisit avec ténacité la justice et se porte en soutien des victimes de l’extrême droite, de celles et ceux que visent ses injures, ses menaces, ses passages à l’acte violents, projets terroristes ou meurtres à caractères raciste et antisémite, homophobe… Autant de motifs malheureusement trop souvent ignorés, minimisés, écartés comme mineurs du débat public.
La LDH n’aura de cesse de rappeler que c’est la justice, indépendante et impartiale, qui doit déterminer les responsabilités des violences, et en assurer la sanction. Ni le gouvernement et son administration, ni les groupes politiques, ni les médias, ni les appels à la vindicte populaire ne sauraient exercer cette fonction. C’est, il faut le rappeler encore et toujours, ce qu’on appelle l’Etat de droit.
La démocratie est aujourd’hui prise à partie par ses ennemis historiques et par d’autres, qui rêvent à sa transformation en régime autoritaire. Il en va de la responsabilité commune de tous les démocrates de faire échec à ce cauchemar. Cela passe par la condamnation ferme et entière des violences commises à Lyon et de l’homicide de Quentin Deranque. Cela passe tout autant par la défense de la primauté de l’Etat de droit, par la mise en échec des instrumentalisations sordides qui visent à affaiblir le débat démocratique dont notre pays a plus que jamais besoin.





Elections municipales 2026 dans l’Aube : Romilly-sur-Seine



Après Troyes, chef-lieu du département puis 2 communes de la périphérie, nous sommes aujourd’hui à Romilly-sur-Seine, 2ème ville du département par sa population.


L’histogramme de la démographie révèle un pic de la population à la fin des années 1970, un déclin lié à la fermeture d’industries (délocalisation de la bonneterie et réduction d’activité de la SNCF) dans les années 2010 puis une remontée timide jusqu’à ce jour.

Traditionnellement ancrée à gauche, du fait de son histoire ouvrière, la ville connaîtra un virage progressif dès les années 1990.

Liste des maires successifs
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
1949septembre 1984Maurice CamusetPCFConseiller général du canton de Romilly-sur-Seine-1 (1964-1970)
octobre 1984mars 1989Georges DidierPCFConseiller général du canton de Romilly-sur-Seine-2 (1973-1998)
mars 1989mars 2008Michel CarteletPSEnseignant, député (1981-1993)
mars 2008en coursÉric Vuillemin
Réélu pour le mandat 2020-2026 
UMPLRNotaire


C’est en mars 2008 que la droite conquiert finalement ce bastion communiste, ce qui représente une petite révolution dans cette ville tenue par le PCF pendant 40 ans et par la gauche depuis la nuit des temps.


Aux dernières élections municipales de 2020, la participation est de 37,94 % (3111 sur 8199 inscrits). Le maire sortant DVD Eric Vuillemin est réélu avec 57,41% des suffrages exprimés. La liste DVG de Fethi Cheikh obtient 28,24%, la liste RN de Jean-Patrick Vernet 14,33%.

En 2026, 5 listes sont en lice:

  • Union de la gauche conduite par Fethi Cheikh (PCF)
  • Sans étiquette de Adam de Mota (DVD)
  • Divers gauche de Mickaël Millet (Génération.s)
  • RN d’Angélique Ranc (RN)
  • DVD d’Eric Vuillemin (DVD)

La gauche et la droite partant divisées, le RN cultive l’espoir de parachever la dégringolade de la ville. Il y a donc urgence à ce que les électeurs clairvoyants, démocrates, progressistes, épris de liberté et de respect des droits humains se rendent aux urnes le 15 mars.

RD

La LDH se mobilise pour les élections municipales de 2026




Nous suivrons à la mesure de nos moyens cette campagne qui s’engage laborieusement dans notre département, en veillant lors de celle-ci avec la plus grande attention à la défense des droits et libertés fondamentales, de la démocratie et au respect de l’Etat de droit.

Nous commencerons aujourd’hui par la ville de Troyes, chef-lieu du département.

Aux dernières élections municipales de 2020, le taux d’abstention y a battu un record absolu en atteignant 69.36 %. La crise sanitaire du Covid n’en était pas seule responsable. Le fait que François BAROIN [*] soit réélu tous les 6 ans depuis 30 ans n’y est pas étranger, les Troyens ne voyant plus l’intérêt de se déplacer jusqu’à l’isoloir pour au final obtenir toujours le même résultat.

5 listes y étaient représentées.

  • Celle de François BAROIN, la liste LR- ENSEMBLE POUR TROYES, a obtenu 5 903 voix qui lui ont permis d’occuper dès le premier tout 42 sièges sur 49, avec 66,78 % des suffrages exprimés au conseil municipal et 30 sièges sur 35 au conseil communautaire de Troyes Champagne Métropole.
  • En 2ème position, la liste DVG- TROYES EN COMMUN POUR UNE VILLE ECOLOGIQUE CITOYENNE SOLIDAIRE, avec pour tête de liste Anna ZAJAC, obtient 1 243 voix, soit 14,06 % et obtiendra 3 sièges municipaux et 2 sièges communautaires.
  • Puis vient celle de Jordan GUITTON, RN- RASSEMBLEMENT NATIONAL POUR TROYES, qui obtiendra également 3 sièges municipaux et 2 sièges communautaires avec 11,26 % de voix (995).
  • La liste REM- Troyes En Marche conduite par Loëtitia CAROUGEAT obtient 484 voix, soit 5,48 %, 1 siège municipal et 1 siège communautaire.
  • La liste EXG- Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs de Lionel PAILLARD recueille 214 voix, soit 2,42 % et n’occupera donc aucun siège.


Pour le 15 mars 2026, au premier tour, 9 listes seraient à ce jour en lice:

  • la liste LO de Pauline REICHLING [1]
  • le collectif de gauche, citoyen et écologique Troyes Avec Briot (PCF-PS-LÉ-G·s-ND-PA) de Charline BRIOT [2]
  • la liste LFI de Sarah FRAINCART [3]
  • Il est temps de Loëtitia BEURY [4] (DVC)
  • Troyes est à nous de Pierre PHILIPPE [5] (DVD)
  • Troyes au cœur de Olivier Richard [6] (DVD)
  • Sauvons Troyes de Pierre BROCHET (RN)
  • À la Reconquête de Troyes de Jean-Christophe Letierce (REC)
  • à laquelle il faudra ajouter, bien qu’elle ne daigne apparemment pas trouver un intérêt quelconque à faire campagne, celle du maire sortant François BAROIN (LR).

Nous avons eu connaissance des programmes de certain(e)s candidat(e)s, à retrouver dans les notes ci-dessous:

[*] François Baroin succède à Robert Galley comme maire de Troyes en 1995, à 30 ans. La même année, il est élu président de l’Association des maires de l’Aube. Il est nommé président de Barclays France en janvier 2022. Il déclare alors qu’il met entre parenthèses son activité d’avocat et ne garde qu’un seul des quatre mandats d’administrateur indépendant qu’il exerçait auparavant tout en restant maire de Troyes et président de l’agglomération.

[1] Pauline Reichling présentera son programme en compagnie de Julien Cynober, tête de liste à La Chapelle Saint-Luc, le dimanche 8 mars à la Salle multi-activités des Vassaules, 13 rue Grégoire-Pierre Herluison, à Troyes.

[2] Charline Briot entend faire émerger un projet en rupture avec les priorités municipales actuelles : « François Baroin a investi près de dix millions pour la sécurité et seulement quatre pour le social, dans une ville où 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, sa politique ne colle pas avec la réalité sociale de la ville. »

[3] Sarah Fraincart et son colistier avaient invité ce lundi la députée du Val-de-Marne, Clémence Guetté, à une réunion électorale. Notre envoyée spéciale était présente et nous a écrit :

« La salle du « Troyes fois plus » était pleine = je crois que le nombre de 200 participants a été atteint.

Pas de perturbateurs. 

Public hétérogène, et bien représentatif, à mon sentiment, de la société française, sauf qu’à Troyes, ville de vieux, on aurait dû voir davantage de cheveux blancs. Y en avait quand même un bon peu. Bref, c’était pas une horde d’écervelés immatures, ni de rouges incendiaires, ni d’antisémites islamisés non plus. Ambiance plutôt bon enfant, beaucoup de convivialité, il est vrai que « tout le monde se connaît » dans notre village tricasse !

Prise de parole des deux têtes de liste. Il s’est agi du local (évidemment), tour d’horizon = le scolaire, la santé, les transports, etc. et accent mis sur le logement. Des idées et propositions concrètes, certaines déjà émises « à gauche », d’autres + novatrices, mais rien qui mette en cause la République ! 

Puis, allocution bien ficelée de Clémence GUETTE, standing ovation méritée ! S’agissant des « barons » et de leurs réseaux, l’exposé était plutôt bien vu… Coucou, Baroin et sa bande de potes ! Idem, accent sur les discriminations spatiales, entre centres et périphéries de nos villes. Aucune allusion à Mélenchon, ni non plus aux trois I qui font la Une ailleurs. Evidemment = c’est hors sujet pour ce scrutin, il n’y a que les droitards pour penser « sauvons Troyes et ses traditions ». Fin du ban = la Marseillaise, et l’Internationale, en sœurs siamoises, ça a matché !

Et pour clore, tout le monde était fier et content, et c’est vrai que la soirée était réussie. Toujours les mêmes dévoués bénévoles, dont nos habituels camarades de lutte sur d’autres sujets. Bon point = l’organisation, dont contrôles à l’entrée, et service d’ordre citoyen. Ce succès booste les militants, et j’ai trouvé cet optimiste culot plutôt sympathique ! 

AH

[4] Son programme : l’écoute, la transparence et l’efficacité concrète dans la gestion municipale (santé : accès aux soins et prévention dans les quartiers ; mobilité : déplacements mieux organisés, mobilités douces encouragées ; quartiers : proximité, culture, vie associative et services publics ; sécurité & propreté : présence sur le terrain et espaces publics entretenus).


[5] Voir le site de l’association https://troyesestanous.fr/


[6] L’ex-conseiller départemental revendique une liste sans étiquette et proche des Troyens. L’autre tête de liste Caroline Olivier, elle, est cadre juridique, Troyenne depuis une quinzaine d’années. La grande priorité de « Troyes au cœur » : le quotidien. Sécurité, propreté et engagement sont au premier plan des propositions. 


Stop au massacre en Palestine !

Manifestation ce matin à Troyes à l’appel du collectif aubois pour la Paix

MBK



Depuis pratiquement 2 ans et demi des Palestiniennes et Palestiniens meurent sous les bombes.

En janvier 2026, le ministère de la Santé de Gaza estime qu’au moins 71395 personnes ont perdu la vie dans la bande de Gaza, soit une personne sur 31. Ces chiffres rapportés et sont tenus pour sûrspar les Nations Unies, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et différentes organisations internationales. La grande majorité des victimes sont des civils et comparé à ceux d’autres conflits mondiaux récents, le nombre de décès de journalistes, de travailleurs humanitaires et de santé, ainsi que d’enfants, est parmi les plus élevé. Selon les Nations Unies, la bande de Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, dès décembre 2024. On estime que des milliers d’autres corps restent très probablement ensevelis sous les décombres des bâtiments détruits.

À ces morts viennent s’additionner des dizaines de milliers de victimes de l’insoutenable situation sanitaire et alimentaire de Gaza. Plus de 85 % de la population de Gaza a été victime de déplacements forcés.

Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 10 octobre entre Israël et le Hamas, le plan Trump se met en marche, les otages israéliens ont été libérés. Mais comme il fallait s’y attendre, le cessez le feu n’est pas effectif. Israël ne cesse de le violer. “Dès que le Hamas aura libéré les otages, la guerre s’arrêtera” nous a-t-on répété inlassablement dans les médias. Aujourd’hui, toute la fausseté de cet argument éclate au grand jour.

Aujourd’hui encore, la propagande israélo-trumpienne ne doit pas nous leurrer. La situation à Gaza reste celle d’un génocide fait de la combinaison du blocus, du refus d’entrée des biens essentiels et d’une malnutrition orchestrée. Nous assistons à un étranglement du peuple palestinien, un génocide organisé froidement et méthodiquement sur fond de l’annonce d’un cessez-le-feu qui n’est en aucune manière effectif.

MBK



En seulement 3 mois, le nombre total de morts sous la mitraille s’élève à plus de 529 dont plus de cent enfants selon l’UNICEF. A ces morts directes, il faut additionner tous ces malades, qui ne sont pas soignés, en raison de la destruction des infrastructures de soin ; pas soignés parce qu’Israël empêche leur exfiltration de l’enclave.

Les médicaments ne rentrent toujours pas, laissant à l’abandon, entre autres, des centaines de milliers de malades chroniques. Nous assistons à une politique délibérée d’organisation de la famine : seule une centaine de camions pénètrent dans l’enclave, là où il en faudrait 600 pour respecter le prétendu plan de paix trumpien.

En janvier 2026, l’UNICEF rapportait que le froid hivernal causait des décès par hypothermie chez les enfants déplacés.

Les faits sont là : la « pax americana » n’est que la couverture de la poursuite méthodique, froide et implacable de l’extermination du peuple palestinien et de l’expulsion de ses terres.

Les images de tentes noyées sous la pluie, sous la boue ne cessent de nous parvenir.

Il faut se rendre à l’évidence : le génocide est toujours en cours avec son cortège de souffrances et de morts.

À ce constat sur la situation à Gaza, nous ajoutons la situation en Cisjordanie. C’est par dizaines qu’on compte les Palestinien nes tués sous les raids israéliens et sous les tirs des colons juifs israéliens. Sur la seule journée du 3 février, 30 civils palestiniens ont été interpellés. Ils rejoignent ainsi les plus de 210 000 cas d’arrestations enregistrés depuis octobre 2023. S’y ajoute une politique systématique de destruction des terres agricoles ainsi que des maisons des familles palestiniennes. Les déplacements forcés de la population se poursuivent.

Le plan américain n’attaque en rien la racine du problème : l’expulsion des Palestinien nes de leur terre. Il ne s’attaque en rien à la cause profonde de la violence : le siège, l’occupation et le nettoyage ethnique perpétrés par Israël.

Le plan de Trump, Netanyaou et de leur complices n’a que pour objectif l’accaparement des ressources vitales (eau, terres agricoles) et d’intérêts énergétiques et financiers.

Son plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habitants, empreint d’une logique coloniale, piétine le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

MBK



Nous lançons un cri d’alarme : le génocide est toujours en cours. Ce qui est en jeu, c’est l’extermination d’un peuple massacré et expulsé de ses terres. D’ores et déjà, c’est par dizaines de milliers que nous comptons les morts. Le plan Trump ne fait qu’organiser la poursuite du génocide et s’il n’y est pas mis obstacle, c’est en centaines de milliers que le sinistre décompte devra se faire.

Chaque silence, chaque renoncement contribue à l’affaiblissement du droit et ouvre plus grande la porte à la barbarie.

En n’appliquant pas fermement le droit international et en ne sanctionnant pas ses violations, la communauté internationale cède à la loi du plus fort et entérine la barbarie qui s’exerce depuis plus de deux ans à Gaza et dans un certain nombre de pays dans le monde.

Nous affirmons qu’une paix durable ne pourra se réaliser qu’en garantissant le droit au retour des Palestiniens et la reconnaissance effective de leur droit à l’autodétermination.

Nous affirmons que l’avenir des Palestiniens doit être décidé et construit par eux même, que seules l’égalité des droits et la justice apporteront une paix juste et durable.

Nous affirmons que le plan Trump n’ayant qu’une perspective pro-israélienne ne fournit rien d’autre qu’un horizon de guerre permanente à tous les peuples de la région.

Nous affirmons que l’urgence de l’heure est de faire cesser le massacre !

Pour ces raisons, nous appelons à rejeter ce plan et nous exigeons :

  • un cessez-le-feu total et définitif et la fin du génocide,
  • l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza
  • la reconstruction sous direction palestinienne
  • l’entière auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin
  •  le droit au retour des réfugiés palestiniens et la fin de l’occupation et de l’apartheid, conformément à la résolution de l’ONU.

Nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :

L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.

L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants utilisés pour le montage d’armes

L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports

L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.

La suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.


La LDH de l’Aube tient à préciser qu’elle reste fidèle à ses engagements pour défendre le peuple palestinien au sein du collectif, ainsi qu’à sa volonté de dénoncer toutes les violations des droits humains et des crimes contre l’humanité. La LDH ne tient pas à remettre en cause le collectif. Etant en relation avec des réfugiés d’Iran, elle sait combien ceux-ci ont besoin de soutien. Elle s’associe au MRAP pour déclarer:


Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !

Soutenons tous les peuples victimes de la guerre et de l’arbitraire !

Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

La répression aurait fait plus de 30 000 morts.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.

Solidarité avec tous les peuples victimes de la guerre, de la tyrannie, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, partout dans le monde.

Nous dénonçons toutes les atteintes aux droits humains et aux violations du droit international.

À bas les dictateurs !

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !



Prochaine manifestation à Troyes pour la Paix partout dans le monde vendredi 20 février.


Azadeh* l’Iranienne, rebelle et résignée

Propos recueillis par Rémy Dufaut




On entend souvent dire qu’il ne faut pas écouter les exilé(e)(e)s iranien(ne)s qui ne sont pas sur place et ont donc une vision de la réalité plutôt faussée, ne vivant pas dans leur chair la répression des mollahs et du fait de l’absence d’informations leur parvenant.

Toutefois, celles et ceux-ci font preuve d’un ressenti où la douleur et l’angoisse sont omniprésents.

Une jeune femme iranienne, que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer durant nos différentes activités, a accepté de nous confier la réalité de ce qu’elle a vécu, de son adolescence à maintenant, ainsi que l’angoisse qui l’étreint aujourd’hui pour sa famille et ses ami.e.s demeurés en Iran, à la lumière de ce qu’elle sait de leur vie dans un pays dont les dirigeants ont déclaré la guerre à son propre peuple.

Elle tient à garder l’anonymat pour d’évidentes questions de sécurité et pour préserver son fils, grand adolescent qui vit avec elle. Nous l’appellerons Azadeh*.

Elle a obtenu la protection subsidiaire de la France à la fin de l’année 2013, faute d’un statut de réfugiée politique et n’envisage pas le moins du monde de retourner dans son pays. Elle exerce une profession artistique depuis la fin de ses études. Elle a trouvé à Troyes la possibilité de la poursuivre sans entrave.

Nous nous efforçons de restituer la parole dAzadeh telle qu’elle nous l’a délivrée. Nous nous abstiendrons d’analyser le discours et d’essayer de l’interpréter. Ses mots se suffisent à eux-mêmes.

***

Azadeh, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Je suis née juste après la révolution islamiste. Je n’ai jamais été faite pour vivre dans cette société. C’étaient des complications, des problèmes liés à mes pensées, mes activités. J’avais interdiction d’exercer mon activité artistique. J’ai donc quitté l’Iran avec mon fils.

Les membres de la famille de mon ex-mari étaient policiers. J’étais en direct là-dedans. C’était très difficile. En Iran, quand on est une fille, on est éduquée pour être soumise, que ce soit à l’école ou dans la famille, on doit écouter tout d’abord le père, le frère, puis le mari. Parfois, certaines, comme moi, sortent du lot et posent la question : pourquoi ? Or en Iran le « pourquoi ? » ne passe pas. On n’a pas le droit de poser des questions, qu’elles soient religieuses ou autres. Les cours de religion sont obligatoires pour pouvoir continuer des études. Poser des questions, c’est aller contre la volonté de Dieu.

C’est-à-dire qu’une adolescente qui commence à découvrir le monde avec mille points d’interrogation, doit enterrer tout. On n’a pas le droit de poser la moindre question.

J’étais déjà une rebelle dès l‘adolescence dans ma famille. Je suis différente de ma mère et mes sœurs. Je suis née comme ça. Le sens du féminisme m’échappait. Je ne connaissais pas la signification du mot. Je ne pouvais donc pas dire que j’étais féministe mais j’étais pour l’égalité femmes-hommes, sans le savoir vraiment, dans cette société. Je suis née juste après la Révolution islamiste, donc fermeture totale du pays. Quand une fille commence à poser des questions : « pourquoi c’est mon père qui doit m’autoriser » et puis « pourquoi c’est mon mari. » Tout ça, ça ne passait pas.

Ma mère me disait : « Toi, je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu, tu vas poser beaucoup de problèmes. » Elle était inquiète pour moi. Pour mes pensées. Et comme j’ai été élevée par mes frères, je ne leur demandais jamais l’autorisation, je faisais beaucoup de choses en cachette.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, c’est mon devoir de parler. Alors pourquoi pas aujourd’hui dans un pays libre ? Pourquoi je ne m’exprimerais pas ? De quoi aurais-je peur ? Il y beaucoup de pourquoi. Pourquoi je ne profiterais pas de l’occasion. En Iran je ne le pouvais pas mais j’ai toujours voulu faire quelque chose, surtout pour les femmes.

Jusqu’où pouviez-vous aller en Iran dans votre rébellion contre cette situation du statut des femmes ? Quelles étaient les possibilités pour vous de vous exprimer ?

C’est une bonne question. Je ne me la suis jamais posée. De toute façon, je continuerai autant que je peux. Quand je serai sûre que mon fils sera autonome, qu’il pourra se débrouiller seul ça sera différent. Il a 17 ans, j’ai envie de le protéger, il n’a pas demandé tout ça. En Iran beaucoup de jeunes moins âgés que lui ont été tués. Je pourrais crier ma révolte. Mais je suis une mère. Comme toutes les mamans en Iran je veux protéger mon enfant.

Y a-t-il à Troyes une communauté iranienne avec laquelle vous êtes en contact ?

Oui, il y a une communauté mais malheureusement je n’ai pas de contact. Encore une fois, on revient à ma personnalité rebelle, femme libre iranienne qui n’accepte pas cette société iranienne. Mais je ne pense pas qu’ils acceptent cette situation. Quand on quitte l’Iran, c’est nécessairement parce qu’il y a un problème. Je ne sais rien d’eux mais cela reste malgré tout une tradition. Une femme célibataire, moderne, ouverte, c’est mal vu. C’est un peu compliqué. C’est pour ça que je me suis mise à l’écart. C’est pour cela que mon fils et moi avons une vie assez calme, tranquille. Nous pouvons vivre tranquilles, en en liberté. C’est pour cela que je n’ai pas de contacts avec les autres Iraniens mais j’ai quand même beaucoup d’amis français, adorables, qui sont là pour moi. Je n’ai jamais eu besoin de chercher davantage.

Avez-vous encore de la famille, des amis en Iran ?

Oui, j’ai deux frères aînés avec leur famille. J’ai aussi des amis encore là-bas. Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, surtout depuis que l’internet est coupé. Hier soir, pour la première fois, j’ai reçu un appel de ma nièce. L’internet commence à être rétabli dans certaines villes. Pour ma ville natale, ça a été un peu plus tardif. Ma nièce seule a pu m’appeler, personne d’autre. Elle était en pleurs, elle criait. C’est seulement maintenant que l’on sait ce qui s’est passé en Iran. Il s’agit d’un génocide. Mais eux-mêmes ne savaient rien de la réalité. Ils savaient qu’il y avait des tortures, mais rien de la gravité de la situation. Ils ont vécu des moments très compliqués. Elle m’a raconté qu’avec sa sœur, elles étaient sur leur balcon et les policiers leur ont tiré dessus, les ont insultées grossièrement. Il s’agit d’une armée. Ce ne sont plus des policiers, c’est l’armée qui est dans la rue. Ils tirent sur tout le monde. Elles ne se seraient pas jetées à terre, ne sachant pas qui les tirs visaient… Ils tirent sur les immeubles. C’est comme la torture, c’est pour faire peur. Pour eux tout le monde est coupable. Si vous sortez regarder les manifestants, vous êtes coupable. Dans leur immeuble, un des voisins a ouvert la porte aux manifestants pour les abriter. Il a été dénoncé. L’armée est entrée en cassant les portes pour arrêter les gens.

Il n’est pas prudent de rester dans les pièces avec des fenêtres. Ils tirent sur les façades.

Mais ils veulent éliminer leur peuple ? Qu’est-ce qui motive cela ?

Je ne sais pas. Mes deux nièces, avec un enfant de 6 ans se sont serrées l’une contre l’autre en hurlant. Dans la rue, il faut déjà se justifier pour aller faire les courses. Alors, imaginez pour manifester… L’armée a pris les rues. Si vous sortez, vous voyez la guerre. Ça rappelle les images que j’ai vues de la deuxième guerre mondiale. C’est une guerre du gouvernement contre le peuple. Le peuple ne veut pourtant que la liberté. Il ne souhaite qu’une vie paisible comme tout le monde. On ne mérite pas ça.

On parle aujourd’hui de 12000 morts mais il s’agit en fait de beaucoup plus que ça. On est incapable de donner des chiffres précis. Ça pourrait aller jusqu’à 30000 ou 40000… Un jour, on saura mais pas bientôt. Toutes les communications étaient coupées. Quand tout va revenir on va voir l’ampleur de ces crimes de guerre, de ce génocide, je n’ai pas peur de le dire. Ça n’est pas une surprise. On n’arrête pas de crier à l’aide. Cela fait des années que le peuple iranien appelle de l’aide au niveau international. On savait que ça devait arriver. Mais on ne savait pas jusqu’où ils peuvent aller. Ils sont capables de mettre une bombe dans la rue. L’armée est capable de tout aujourd’hui.


Le peuple iranien appelle les nations à l’aide. Hormis Trump qui avait menacé d’attaquer les mollahs mais s’intéresse maintenant à autre chose, qui peut vous venir en aide ?

Oui, une fois de plus on est déçu. Les Etats Unis avec Obama ont tourné le dos alors qu’il avait les moyens d’intervenir. C’était alors le Mouvement Vert [1]. Il y a 16 ans déjà, on interpelait Obama. Trump a dit : « une personne est morte c’est déjà beaucoup ». Mais as-tu entendu quelque chose ? Il y a des milliers de morts. Qu’attend ce gouvernement qui dit que les limites sont dépassées ? Dans un autre pays, cela se serait-il passé comme ça ? Des intérêts sont en jeu. En Iran les ayatollahs doivent rester encore. Parce que ce sont nos intérêts avant tout. C’est le pétrole, le gaz. Si je change le gouvernement iranien, qu’est-ce que ça change ?  Rien du tout. Tout le monde sait ce qui se passe en Iran mais il vaut mieux que les ayatollahs restent. Beaucoup de pays y ont des intérêts, du Moyen-Orient comme les pays occidentaux. C’est pour cela qu’ils ne réagissent pas. Ce n’est pas parce qu’ils les aiment qu’ils tolèrent les ayatollahs. Je ne comprends pas pourquoi les Etats-Unis pourraient intervenir en Irak, en Afghanistan… Mais en Iran, on néglige quand même les peuples qui devraient décider. Je suis désolée, le peuple devrait décider. Mais vous voyez qu’il y a une armée. Le peuple ne peut rien faire, il n’a aucun pouvoir.


Les Etats Unis sont intervenus au Venezuela, pour en réalité récupérer les ressources pétrolières. S’ils intervenaient en Iran, n’y a-t-il pas un risque qu’ils y fassent la même chose ? Récupérer les ressources iraniennes, ce n’est peut-être pas ce que souhaite le peuple.

Vous savez, il faut toujours payer pour avoir quelque chose. Vous savez, si je reviens à moi, pour ma liberté, j’ai payé cher. Vous voyez la vie dure que j’ai vécue. Mais ça le méritait parce que c’était pour ma liberté. Ça n’est que ma petite personne, moi, juste une personne. Aujourd’hui, si on parle d’un pays, d’un peuple, malheureusement, on doit payer, on le sait. Parce que vous croyez qu’aujourd’hui on ne paie rien ? Savez-vous combien de milliers, de milliards nous doivent les Etats-Unis, l’Angleterre ? Le gouvernement iranien leur dit : « OK tu peux le garder mais tu nous protèges. » Savez-vous combien d’armes, à l’époque du Shah, à la fin, ont été achetées par le Shah d’Iran ? Ce qui a constitué aussitôt une révolution ou plutôt un coup d’état et du coup, car les armes n’ont jamais été livrées à l’Iran. Et ça fait 47 ans. On n’a vu ni l’argent ni les armes. Vous voyez tout cet argent qu’on a payé pour juste protéger ce gouvernement. Aujourd’hui, on veut bien payer mais pour être un peu plus libre. Aujourd’hui, on paie pour le Liban pour la Palestine, pour protéger le Hamas, Daech en Irak…

La plupart de l’armée qui contrôle les rues en Iran ce sont des soldats du Hamas, d’Afghanistan, d’Irak… Ce n’est pas vraiment les Iraniens. Un soldat iranien risque la pendaison parce qu’il n’a pas respecté les ordres. Il a refusé de tirer sur ses compatriotes et risque la mort. Ceux qui tirent, ceux d’Irak, d’Afghanistan, sont payés avec cet argent. Si on doit payer pour notre liberté… il faut payer malheureusement.

Il y a un prix à payer mais vous seriez prête à tout donner ? A tout sacrifier ?

Bien sûr, ce ne sera pas à mettre… comment dire ? en charité…non, je ne retrouve plus le mot… C’est juste pour vous dire que oui, on sait que c’est un prix à payer.

Vous voulez parler d’un sacrifice ?

Non, oui, le sacrifice, c’est déjà le cas. Il y a des milliers de morts aujourd’hui. Le peuple se sacrifie.

Que souhaiteriez-vous aujourd’hui pour l’Iran ? que quelque chose se passe ?  Qu’un régime démocratique s’installe ?

Mais bien sûr, c’est le rêve de tout le monde.

Il s’agirait alors d’une nouvelle révolution, menée par le peuple ?

Menée par le peuple, oui. Mais contre une dictature, on ne peut pas. Les gens, ça fait des années qu’ils manifestent dans la rue. Mais cette fois-ci ça ne s’était jamais vu. Cette fois-ci ça n’était pas une manifestation, c’était une révolution. C’était vraiment pour renverser le régime. Les autres fois, on se battait pour la liberté, pour l’économie, mais on n’avait jamais vu ça depuis 47 ans.

Le mouvement Femme, Vie, Liberté a été très fort. On en parle encore. Mais cette fois, ce sont les commerçants du bazar qui ont initié le mouvement et qui ont été rejoints par les étudiants et le peuple s’est rallié. Maintenant c’est tout le monde qui lutte. Ce ne sont plus les femmes et ceux qui les soutenaient. Aujourd’hui, le mouvement est très étendu. Il y a donc un espoir en route.

C’est ça. On ne peut plus reculer aujourd’hui. Avec tout le sang versé dans la rue. Même si tous les gens sont rentrés à la maison, parce que dans la rue, maintenant, c’est l’armée. On ne peut plus reculer. Je suis certaine qu’il y aura une autre occasion. Les gens vont sortir.

Mais il y a eu tellement de sacrifices, les gens sont morts pour rien. Cette fois-ci le monde entier a vu qu’il s’agit d’une dictature qui n’a pas de limite pour rester au pouvoir. Ils ont tué un enfant de 3 ans. Ils ne regardent même pas qui ils tuent. C’est tellement facile avec les fusils. Un enfant de 3 ans, une femme de 70 ans. On ne sait pas. Ils ferment les yeux. Tu es là. Même si tu ne fais pas partie de la manifestation, si tu sors d’un magasin, ils tirent sur toi. Tu es mort. Le monde entier a vu la gravité de ce qui s’est passé. On sait que les gens ne peuvent pas seuls, ils ne peuvent pas. Ils ont vraiment besoin d’aide de l’extérieur.

Il faudrait une aide extérieure pour que les mollahs soient chassés.

Il faut qu’ils paient pour ce qu’ils ont fait. Mais comme malheureusement je n’y crois plus. Les Nations Unies, les droits de l’Homme franchement, je n’y crois plus. Les droits de l’Homme, ça existe quand on a envie. Quand on n’a pas envie, on ferme les yeux et ça n’existe pas. On a fermé les yeux et les oreilles sur le peuple iranien.

Mais il existe de nombreuses organisations de défense des droits humains qui s’en préoccupent.

Oui. Mais quand je parle de ça, je veux parler des grands pouvoirs, des Nations Unies… Bien sûr, si aujourd’hui je suis là c’est parce que vous voulez aider, vous voulez faire quelque chose, bien sûr. Mais je vise les grands pouvoirs.

Mes amis français depuis le début sont de mon côté. Ils m’appellent tout le temps, m’envoient des messages de soutien au peuple iranien. Moi je vise les grands pouvoirs. On se sent abandonné.

Une seule petite lueur d’espoir quand même ?

Mais on avait l’espoir. Les gens ont réclamé. Trump a dit : « Écoutez-moi, je suis prêt pour vous aider. » C’était de l’espoir pour nous. Tout le monde à ce moment-là s’est senti protégé cette fois-ci. On savait qu’il y aurait des morts. Mais pas des massacres, un génocide. Il a joué tellement avec le moral des gens. Ça fait 3 semaines. On a oublié l’Iran parce qu’il n’y a plus de manifestations. Les gens ne sont pas dans la rue. Parce qu’il y a l’armée dans la rue. Le service militaire est obligatoire 2 ans en Iran, de 18 à 21 ans. Un soldat mais… Mon fils va voir 18 ans. C’est un gamin ! Il ne peut pas tuer les gens. Donc il risque la mort. S’il refuse de tirer il risque la mort.

On a oublié aujourd’hui. Il n’y a personne dans la rue. On passe à Gaza, on passe en Palestine. Je suis un peu jalouse. On a tellement parlé de Gaza, on en parle toujours. Pourquoi ? Oui, c’est les Juifs contre Gaza. Donc il faut aussi détruire les Juifs en même temps. Vous comprenez ? Alors que l’Iran…

De toute façon, il faut quand même que ça devienne plus stable au Moyen-Orient. C’est l’Iran qui est au centre de cette déstabilisation. Donc, si tout va bien en Iran, s’il est ami avec Israël, ben non, il n’y a plus d’intérêt.

Donc, les pays occidentaux profitent de cette déstabilisation ?

Bien sûr. Regardez les pays occidentaux. Que font les Américains au Qatar ? L’Iran est un pays dangereux, donc on doit rester là pour protéger les pays arabes. Il y a des milliers d’excuses. L’Iran est l’ennemi d’Israël. Donc on doit être là pour les protéger. L’Iran fait ci ou fait ça. Il y a toujours une excuse.

Le droit international interdit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays. L’ingérence étrangère ne peut s’appliquer à aucun pays, à l’exception d’interventions humanitaires.

Mais on sait aussi qu’existe la loi R2P [2]. L’Iran est une civilisation assez cultivée, on sait qu’un pays ne peut se mêler des affaires d’un autre pays, mais on sait aussi que ce cadre existe. Le peuple iranien est éloigné du gouvernement. La culture perse est toujours là, malgré les efforts du gouvernement pour effacer cette culture pour la remplacer par la culture musulmane, arabe. Mais les gens restent des Perses. Ils essaient d’imposer l’Islam alors que ce n’est pas l’Islam… Au nom de l’Islam on interdit tout.

L’islamisme n’est pas l’Islam…

Non, bien sûr. Donc on sait que dans le cas de l’Iran, les autres pays pouvaient aider le peuple avec cette loi R2P. Malheureusement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé faire. Bon, ben tout va bien. Nous étions très inquiets pour les Iraniens mais bon… Aujourd’hui, les Iraniens sont à la maison, parce qu’il y a l’armée dans la rue. Il ne faut pas sortir.

On se trouve dans une espèce d’impasse.

Voilà, c’est ça. On vit dans une situation de guerre. Ma nièce me disait : « tout est limité, pour les courses, on essaie de faire le maximum pour ne pas sortir. » C’est compliqué. Tout le monde est visé. Que l’on soit médecin, femme au foyer, étudiant, il n’y a pas d’exception.

Mais qu’attendent du peuple iranien ces ayatollahs, qu’il meure chez lui d’inanition de faim ? que veulent-ils ?

Ils veulent rester au pouvoir à tout prix. S’il faut massacrer tout le monde, ils massacrent tout le monde. S’il ne reste un jour pas un Iranien, ben tant pis. On va les remplacer par les Arabes. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Si vous allez au sud de l’Iran, vous ne savez pas si vous croisez un Iranien ou un Arabe. Vers la frontière afghane, vous ne savez pas qui est Iranien qui est Afghan. Tous ces gens qui ne sont pas des Iraniens s’en foutent.

Ce n’est pas le peuple, ces gens, qui sont à l’origine de tous ces problèmes. Ce sont les mollahs.

Bien sûr. Ce sont les ayatollahs, c’est le gouvernement.

Je sentais une petite pointe d’animosité quand vous disiez qu’on ne sait pas qui est Iranien et qui est Arabe.

Non, quand je dis ça, les Iraniens, ce sont des Perses, vous voyez ? C’est une culture différente et c’est une race différente aussi. Ce ne sont pas des Arabes. Je ne veux pas dire que les uns sont mieux que les autres. Ce sont deux peuples complètement différents, avec deux cultures totalement différentes. Nous, nous sommes limités par la loi iranienne, mais le peuple est très moderne, très ouvert d’esprit. Alors que quand vous allez dans un pays arabe, la loi leur autorise beaucoup de choses mais dans leur mentalité, c’est fermé. C’est ça la différence. Eux, ils ne sont pas limités par le gouvernement mais c’est leur mentalité. Nous, nous sommes limités mais…

On n’est pas là pour parler des autres pays. C’est pour vous dire que nous sommes un peuple assez ouvert d’esprit et moderne. C’est ça que le gouvernement ne veut pas. C’est ça que j’essaie de vous dire.

C’est vrai qu’il peut y avoir des mélanges, pas des purs Iraniens, beaucoup de mélanges, beaucoup d’étrangers, pour vraiment apporter beaucoup de choses.

Quand un étranger n’est pas content, le gouvernement lui dit : « tu rentres chez toi ». C’est comme ça partout.

C’est pour ça qu’ils ramènent beaucoup d’étrangers. Mais ça n’est pas ça qui nous dérange. Ce qui nous dérange, c’est le régime qu’on ne peut plus supporter. On veut absolument changer. L’espoir, c’est le changement.

Un référendum, la démocratie, avec les ayatollahs, c’est impossible. On a tout essayé.

Aujourd’hui, c’est le changement de régime que nous voulons.

Même si la démocratie est en crise dans le monde entier, il existe des pays où elle encore présente. Il y a des gens qui sont prêts à interpeller leurs gouvernements pour qu’ils interviennent auprès des instances internationales en prenant leurs responsabilités.

Depuis le début je ne suis pas seule. J’ai toujours eu tous mes amis à côté de moi, à me soutenir, ça me réchauffe le cœur. Quand la LDH m’a contactée, j’avais les larmes aux yeux. Il y a des gens qui soutiennent le peuple iranien. Je n’ai pas de pouvoir mais rien que ça, le soutien, un message, une pensée pour le peuple iranien, rien que ça, c’est important. Quand on me demande « Azadeh, qu’est-ce qu’on peut faire pour toi ? ». On ne peut rien faire mais on peut parler. Ne pas laisser les gens dans l’oubli…

Aujourd’hui, les rues sont calmes, mais c’est parce qu’il y a une armée qui, dès que les gens sortent, ils les tuent. C’est notre devoir de ne pas oublier les gens qui sont morts depuis le début.

Dans les médias, on n’en pas parlé comme il fallait. L’interview que j’ai faite avec le journal local, j’ai subi une petite censure. Ce n’est pas grand-chose. Quand on m’a demandé « Pour qui êtes-vous si le régime tombe ? » quand j’ai dit « pour le Prince » [3], ça n’a pas été écrit. Je ne l’ai pas lu. Elle m’a demandé si je pensais qu’il fallait faire la guerre en Iran, comment on peut aider… J’ai répondu que je ne suis pas politicienne, je suis une artiste iranienne, qui a vécu en Iran des choses horribles. Aujourd’hui, c’est mon devoir de parler.

La seule chose que je peux vous dire c’est qu’à l’époque en 1979, comment ont-ils pu aider Khomeini sans faire la guerre ? Ce n’était pas la France ? Dans les médias, parfois, il ne faut pas que les gens sachent un certain nombre de choses.

Vous pensez que ce serait le Prince Reza Pahlavi qui pourrait apporter la solution ?

Oui. Nous n’avons plus confiance dans les gens qui sont au pouvoir aujourd’hui. Il y a un autre parti politique qui s’appelle Moudjahiddines Khalq [4] mais c’est la République islamique qui a gagné la bataille. Aujourd’hui ils sont encore en activité mais personne ne veut d’eux. C’est la même chose que la République islamique. On appelle ça une République. Mais qu’est-ce une république ? On a un guide suprême qu’on ne peut pas changer. N’est-ce pas un roi ? N’est-ce pas l’empire perse ? En fait, seul le nom a été changé en « république ». On a remplacé le Chah d’Iran par le guide suprême.

Vous ne souhaitez pas une république laïque, qui ne soit pas religieuse, comme en France et dans les pays démocratiques ?

Oui, bien sûr. Le Chah n’a pas été renversé par le peuple iranien. Il a été renversé par quelques pays sur un coup d’état. C’était l’Angleterre, les Etats Unis, la France notamment. Quelques gens du peuple aussi, aveuglément, ont suivi Khomeini. Les pouvoirs occidentaux ont mis Khomeini au pouvoir donc forcément… Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui, quand on voit le nombre de gens qu’il y a eu dans la rue. Comment ont-ils pu renverser un Chah d’Iran qui était fort ? Tous les pays sont venus…

Le peuple était libre sous le Chah ?

De quoi ? Je n’étais pas née à cette époque. Mais c’est quelque chose que les pays occidentaux ont mis dans la tête des Iraniens pour qu’ils manifestent. Je me fie à ce que j’ai vécu en Iran. Quand on parle de dictature à propos du Chah, je mets un point d’interrogation. On a dit qu’il était un dictateur. Et qu’il fallait pour cela le renverser. Mais quand j’y réfléchis, quand je compare avec les filles qui sont nées à l’époque du Chah avec mon époque, il y avait plus de liberté. Les filles ont eu le droit de conduire, le droit de voter. Tous les droits des femmes ont été acquis grâce à lui.

Le Chah a accordé des droits aux femmes parce que le peuple les a demandés.

Le Chah a accepté. Sous son père, Reza Pahlavi, les femmes sortaient comme aujourd’hui les femmes sortent en Afghanistan, avec la burka. C’est lui qui a rendu les femmes libres. Quand j’entends parler de dictature ! son père était un … patriarche, qui ne plaisait pas aux pays occidentaux. Un vrai soldat iranien dont ils ne pouvaient rien obtenir. Il n’est pas capable, on fait des coups d’état. Toi tu dois partir, c’est ton fils qui va prendre ta place.

Il vrai que son fils était un peu dépendant des pays occidentaux par rapport à son père. A la fin il commence à devenir comme son père, en même temps, il devient très fort, il devient comme son père, le pétrole est nationalisé, 70% du pétrole iranien partait en Angleterre. Ah non, ça n’est pas possible que ce soit nationalisé. Le peuple iranien le savait. Les Iraniens ne sont pas des gens bêtes. On connaît la trahison. Une fois que vous avez trahi l’Iran, au moins après 47 ans, vous pouvez penser aux dégâts que vous avez faits.  

Parce que ce gouvernement, la guerre des 12 jours l’a renforcé [5]. Aujourd’hui ils n’ont plus peur.  Israël aurait pu renverser le régime. Ils ne l’ont pas fait. C’est le ressenti de tous les Iraniens. Ils ont compris qu’Israël a frappé un par un alors qu’il aurait fallu qu’ils finissent le travail. C’est malheureux de vous dire ça. C’était la guerre contre mon pays mais c’était aussi la guerre contre ce gouvernement, pas contre le peuple. Le peuple avait l’espoir qu’Israël change le régime, qu’il y mette fin. Malheureusement les pays occidentaux n’ont rien changé.


Le Prince héritier souhaite revenir, mais pour assurer une transition pour un régime démocratique ?

Il veut organiser un référendum. Il a promis, il guide les gens. Il est le seul à pouvoir le faire. Comme les gens regrettent énormément son père, ils souhaitent qu’il revienne, qu’il soit le Shah, comme son père. Beaucoup de gens le réclament, je ne peux pas vous dire le pourcentage aujourd’hui mais dans la rue, les gens réclament le royaume. Ça pourrait être comme en Angleterre. Les gens le réclament comme roi pas seulement comme un leader. Ils veulent un roi.

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* Le prénom Azadeh est d’origine persane et possède une riche signification ainsi qu’une histoire. En persan, « Azadeh » signifie littéralement « libre » ou « indépendante ». Ce prénom reflète une idée de liberté et d’autonomie, des valeurs profondément enracinées dans la culture iranienne.

L’origine du prénom Azadeh remonte à l’Antiquité perse, où le concept de liberté était particulièrement valorisé. Le terme « Azad » (qui signifie « libre ») était utilisé pour désigner les personnes de haut rang ou celles qui jouissaient d’une grande liberté dans la société. Au fil des siècles, ce terme a évolué pour donner naissance à des prénoms comme Azadeh, qui incarne toujours cette notion de liberté.

En plus de son lien avec la liberté, Azadeh est également associé à la noblesse et à l’élégance. Dans la littérature persane, ce prénom a été utilisé pour décrire des personnages féminins forts et indépendants, symbolisant la résistance et la détermination. Aujourd’hui, Azadeh reste un prénom populaire en Iran et parmi les communautés persanophones, continuant à porter l’héritage de ses racines historiques et culturelles.

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Notes:

[1] Mobilisation sans précédent à la suite de l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, réprimée avec une violence extrême par les milices Basij. Malgré cette répression féroce la jeunesse a continué à crier sa colère dans la rue, coordonnant ses actions grâce à une technologie en plein essor, celle des réseaux sociaux, au point d’être surnommée la « révolution Twitter ».

[2] « Responsabilité de Protéger », norme du droit international public énoncée dans un document en anglais de 178 articles adopté par tous les états-membres de l’Organisation des Nations unies, lors du Sommet mondial de 2005.

[3] Reza Pahlavi, prince héritier de la dernière dynastie royale d’Iran, en exil aux USA depuis la chute de son père le Shah d’Iran en 1979, souhaite initier une démocratie monarchique de transition, sous le nom de Reza II.

[4] Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien, mouvement islamiste chiite d’opposition au Chah, à la tête de l’Armée de Libération Nationale.

[5] Du 13 au 24 juin 2025, Israël et l’Iran se sont livrés à une guerre-éclair d’une intensité inédite, faisant 1054 morts en Iran, 28 en Israël. Loin de déstabiliser l’Iran, cette guerre a consolidé le pouvoir iranien.

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Nous ne pouvons que prendre conscience à travers ces mots que le peuple iranien traverse sans doute actuellement la pire de ses tragédies. Comment peut-il supporter cette situation où règnent la torture, la terreur, la mort et l’absence de lendemain pour soi-même et ses proches.

En Iran aujourd’hui, la violence d’État ne s’arrête pas à la mort. Elle poursuit les vivants, à travers les pratiques de terreur du régime qui entrave la tenue de funérailles, confisque les corps, les mutile ou les fait disparaître.


Le désespoir est tel que les le peuple iranien compte sur le premier qui pourra les sauver, que ce soit Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Chah, qui vit aux Etats Unis depuis 47 ans ou Donald Trump qui le leur avait promis et les a oubliés avant d’envoyer ses armadas en espérant s’approprier leur pétrole.




On the Streets Of Minneapolis



L’ICE poursuit ses arrestations alors que Trump tente de calmer le jeu.

Les deux agents qui ont tué Alex Pretti à Minneapolis le 25 janvier 2026 ont été suspendus. Une annonce qui arrive alors que le gouvernement Trump voit la désapprobation de sa politique migratoire monter dans les sondages et qu’il semble chercher à désamorcer la situation de ces derniers jours. Mais sur place, plusieurs militants manifestant contre les agents fédéraux de l’immigration (ICE) constatent toujours la présence de ces agents et ne voient aucun changement.



«Profils de hooligans» et formation express: le recrutement des agents de l’ICE pointé du doigt aux États-Unis.

Après l’émotion suscitée par la mort d’Alex Pretti, le 24 janvier 2026, et celle de Renee Good quelques semaines plus tôt, deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux, les interrogations émergent quant au profil des agents de la police de l’immigration (ICE), leur recrutement et leur formation.



Des vidéos montrent des actions violentes en série de l’ICE à Minneapolis depuis la mort de Renee Good.
Suite à la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE, les services américains d’immigration ont continué voire amplifié leurs opérations dans le Minnesota, comme en témoignent de nombreuses vidéos diffusées par les médias anglo-saxons.



« Nous ne lâchons rien » : comment Minneapolis se mobilise contre l’ICE.

L’offensive de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis a suscité un flot d’images virales montrant des migrants menottés et embarqués de force. Sur place, des milliers d’habitants ont retourné les caméras contre l’agence, filmant systématiquement les agents masqués afin de montrer au monde les abus de la police aux ordres de Donald Trump.



Ces entreprises qui s’enrichissent grâce à la politique migratoire de Trump.

Palantir, Geogroup, Capgemini… depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s’appuie sur une foule d’entreprises privées pour sa politique migratoire répressive. Nombreuses sont celles qui ont grandement bénéficié de ces contrats passés avec le gouvernement des États-Unis. Plongée au cœur du business américain de la répression.



Où se trouve la sortie pour échapper à toute cette violence étatique aux États-Unis ?

Il est difficile de trouver dans l’histoire des États-Unis un effort comparable à celui qui a présidé à la création d’une agence nationale spécialisée dans la violence à l’échelle de l’ICE. Si ses conséquences politiques et psychologiques immédiates sont évidentes, ses effets durables sur l’avenir restent difficiles à cerner. Par Aziz Huq, professeur de droit à l’université de Chicago.



Mourir sous les balles d’un fonctionnaire fasciste.

Une issue de plus en plus plausible. Si la logique actuellement en cours se poursuit, la création d’une milice équivalente à ICE en France n’est qu’une question de temps, avec ses rafles et ses exécutions sommaires. « Il faut organiser des grandes rafles un peu partout », dixit Arno Klarsfeld : c’est ce qu’ils veulent, ce qu’ils feront.



https://www.cartooningforpeace.org/




Trump/Maduro : Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage 




« Quant au monde selon Trump, il porte à son paroxysme la montée d’une insensibilité corrélée à la fois à l’hystérie émotionnelle, à la confusion mentale et à la déroute du jugement. Il est l’exemple abouti de la défaite de la raison publique conjuguée au chaos des sentiments. »
Myriam Revault d’Allonnes in « Une éclipse de cœur menace les démocraties. » Le Nouvel Obs 3 janvier 2026



Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, Washington a mené une opération militaire d’ampleur au Venezuela, résultant sur l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse. Dominique Simonnet, journaliste et essayiste français, auteur de nombreux travaux sur la politique américaine, décrypte les objectifs et les risques de ce coup de force majeur de Donald Trump.



Capture de Maduro au Venezuela : la communauté internationale entre larges inquiétudes et lourdes condamnations, Macron et des Européens détonnent.

Surtout appels à la «retenue» et au «respect» du droit et des conventions internationales : l’intervention militaire américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro ont suscité de vives réactions à travers le monde.



Nicolas Maduro écroué, intérim par la vice-présidente… Le point sur le flou politique après l’attaque américaine au Venezuela.

Après l’opération militaire américaine menée au Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi, le président Nicolas Maduro et son épouse ont été incarcérés à New York. L’intérim du pays a été confié à la vice-présidente vénézuélienne, avant un processus de transition que les Etats-Unis ont l’intention de gérer.



France :  un président en décalage


Venezuela : Emmanuel Macron « prend acte » de la fin de la « dictature » et ulcère la gauche.

La position du président français, qui n’a pas condamné l’opération américaine, a été qualifiée de « honte » par la gauche qui accuse le président français de piétiner le droit international et de complaisance envers les États-Unis.



Après l’opération de Trump au Venezuela, la France réagit pour la première fois avec embarras.

C’est en pesant soigneusement ses mots que Jean-Noël Barrot a été le premier membre de l’exécutif à réagir à l’opération menée au Venezuela. Emmanuel Macron demeure silencieux.



RD


Pascal nous envoie ses voeux. Nous y sommes très sensibles et nous l’en remercions.

Les voeux d’Agnès



En réponse à nos voeux d’hier et à la citation du texte de Martin Niemöller, Agnès nous présente les siens, assaisonnés de sa spontanéité acérée, authentique et sans oeillères avec, en échange, une autre citation commentée et ornementée de considérations auxquelles rien ne résiste.



« La victoire des régimes autoritaires ne se mesure pas seulement en conquêtes territoriales ou en influence diplomatique. Elle se lit dans la capacité à faire plier les démocraties, à les amener à renoncer graduellement à leurs propres principes, par pragmatisme politique ou par peur électorale.  » Blast

Et là, nous sommes tous concernés… pas forcément tout de suite, mais ça nous pend au nez comme une boule scintillante à la branche du sapin. Ou comme la roupie au bec du sansonnet. Ou comme… liste à compléter, j’ai plein d’images, pas forcément sortables, hi han ! Parce que le régime autoritaire, chez nous aussi… graduellement… suis mon regard chargé d’épices et aromates à l’attention de nos gouvernants. 

Une autre mignonne, dénichée sur un forum, il s’agissait de débattre de la montée de ladite « islamophobie », laquelle, curieusement, semble avoir « pris la place » de l’antisémitisme historique, essentiellement à l’ED mais pas seulement : Sleeping Giants – « Les mouches ont changé d’âne ». Souvent varient… bien fol est qui s’y fie… ah les vagabondes fantaisistes !

A quoi j’ajoute ceci, le tout de mon cru : c’est certes rassurant de voir les mouches sur la croupe du voisin, haro sur ce baudet, et tout le monde se joint volontiers au festin. Ciel, mon crottin ! Mais elles volent, comme les oiseaux, de branche en branche, ces goulues… et y a pas de raison qu’elles ne décident demain de venir faire du tourisme sur nos postérieurs proprets. Ce qui boucle avec ta citation. CQFD. 

Veuilleurs meuh, ne piquons pas du nez ! Et attention aux batailles de bouse, qui salissent les mains et les tabliers !

Amitiés

Agnès

Troyes: halte au massacre à Gaza ! La France doit demander un cessez-le-feu immédiat

Une nouvelle manifestation a eu lieu ce vendredi 7 novembre à Troyes


MJ


La manifestation initialement prévue ce samedi 8 novembre à 10h30 a été avancée à la demande des autorités de police (qui proposaient de la décaler d’une semaine) en raison du match ESTAC/SAINT-ETIENNE qui aura lieu samedi à 20h.

Cela n’a pas empêché les fidèles soutiens du Collectif aubois pour la Paix de se mobiliser avec la même détermination.


MJ
MJ
MJ
MJ
MJ



Rassemblement à Paris le 29 novembre


Mercredi 18 octobre 2023, le Conseil d’État s’est prononcé contre l’interdiction systématique des rassemblements et manifestations en solidarité avec la Palestine. Mais, en même temps, il n’a pas désavoué le courrier envoyé aux préfets le 12 octobre par Gérald Darmanin leur demandant de les interdire. Il a donc choisi de laisser aux préfets la responsabilité d’interdire ou pas nos rassemblements et manifestations. Dans les faits les arrêtés d’interdiction continuent de pleuvoir obligeant les associations (dont l’AFPS) à utiliser les recours en référé-liberté devant les tribunaux administratifs. C’est une démarche juridique énergivore et coûteuse mais qui peut permettre de reprendre l’initiative politique tout à fait légalement après une tentative de nous faire taire.



Ce fut le cas dans plusieurs villes de France où les Tribunaux administratifs ont renvoyé dans les cordes la décision préfectorale d’interdiction et permis le bon déroulement des initiatives prévues. Lorsque les déclarations de manifestations en préfecture se voient rejeter par un arrêté d’interdiction, il convient d’abord de dénoncer publiquement ce déni de démocratie et ensuite de reprendre l’initiative en en déposant une autre. Manifester notre solidarité avec la Palestine, n’est pas un délit et nous continuerons d’utiliser toutes les procédures à disposition pour défendre notre liberté d’expression et d’action. Ils ne nous feront pas taire !

Déluge de calomnies contre Mamdani, nouveau maire de New York



Mardi 4 novembre, le candidat démocrate Zohran Mamdani a été élu maire de New York. Un socialiste, qui plus est musulman, à la tête de la première place financière du monde ? Vent de panique dans l’éditocratie !


Si Radio France se contente de présenter les faits avec objectivité, on peut se demander pourquoi elle se sent dans l’obligation d’émettre des réserves quant à l’accueil de cette victoire au sein-même du parti du candidat élu.

Le socialiste Zohran Mamdani a été largement élu à la mairie de New York, se mettant en première ligne face à Trump. Si c’est une bonne nouvelle pour les démocrates, son profil gêne aussi le parti résolument centriste.

« Ce n’est vraiment pas représentatif » : pourquoi l’élection du nouveau maire de New York gêne (un peu) les démocrates.


De leur côté, nos cousins canadiens ne manquent pas de citer Trump pour qui «  Zohran Mamdani est un communiste qui déteste les Juifs. »



Acrimed dénonce le « torrent de boue » qui s’est déversé sur le candidat de la gauche du parti démocrate américain à l’occasion de son élection à la mairie de New York, en citant les exemples les plus significatifs de la presse française et d’outre-Atlantique la plus avide de croustillant. Nous avons poussé un peu plus loin, en épluchant un peu le web (avec des gants latex et une pince à linge sur le nez). Nous n’avons pas été déçus par la diversité des analyses qui n’en conduisent pas moins aux mêmes conclusions.



Pour CNews, « Zohran Mamdani est un islamiste qui préfère investir dans les quartiers plutôt que de donner plus de moyens aux policiers«  et, par dessus le marché, comble d’infamie, « il est apprécié de la gauche française ».



Dans le JDD, Marion Maréchal alerte: «Aucune ville n’est à l’abri de la gauche woke et islamiste». « La métropole américaine pourrait devenir une ZAD pro-Hamas à ciel ouvert ». « Zohran Mamdani était le candidat soutenu par Rima Hassan, Mélenchon et toute l’extrême gauche réunie.« 



Dans le même torchon, c’est Bernard-Henri Lévy qui y va de son couplet: « Tous les New-Yorkais de cœur sont en deuil aujourd’hui ». «L’antisémitisme de Zohran Mamdani est un crime» 



Riposte Laïque titre fièrement : « New York : la grosse arnaque politique de Mamdani qui va très mal se terminer ».



I24NEWS s’en prend directement à la mère de Zohran Mamdani: « New York : des financements qataris reçus par la mère de Zohran Mamdani soulèvent des inquiétudes.« 

Mais aussi au financement de sa campagne: « Des comités d’action politique proches du Qatar auraient également contribué à financer sa campagne, alimentant les inquiétudes sur une possible influence étrangère. »


Et, bien évidemment, Zohran Mamdani devient « le premier maire ouvertement antisioniste de la métropole« , provoquant un « moment de bascule pour les Juifs américains ».



La preuve en est que « Le candidat pro-palestinien Mamdani ouvre son discours de victoire en arabe », exacerbant très logiquement « Les inquiétudes de la communauté juive« .



Il est prévenu: « Les groupes juifs américains s’inquiètent et promettent de demander des comptes à Mamdani« .

« Ses propositions politiques ambitieuses, notamment la gratuité des bus et des services de garde d’enfants, de nouvelles approches en matière de sécurité communautaire et la création de magasins d’alimentation contrôlés par le gouvernement, associées à son inexpérience politique, laissent présager un avenir incertain pour la Grosse Pomme. »



D’autres commentaires sans ambiguïté enfoncent le clou et ne laissent pas d’inquiéter quant au risque de dégradation à venir des relations entre Juifs et non Juifs :

« La victoire de Mamdani marque un changement radical pour la communauté juive new-yorkaise, la plongeant en territoire inconnu. »

« Cette semaine, sa campagne s’est associée à celle de Jeremy Corbyn, au Royaume-Uni, autre militant d’extrême gauche anti-Israël tristement célèbre pour avoir entraîné le Parti travailliste britannique dans une série de scandales antisémites. »

« « Je m’inquiète de l’endoctrinement des enfants qui apprennent à haïr Israël, à considérer Israël comme un paria, à croire qu’Israël commet un génocide — ce que Zohran répète depuis deux ans », a déclaré Moshe Spern, qui dirige une organisation de soutien aux enseignants juifs. « Je suis préoccupé par l’éducation et par la façon dont la prochaine génération d’enfants pensera et votera. »

« Adams [maire sortant, NDLR] aurait ajouté qu’au lieu de condamner le Hamas, certains musulmans étaient « trop occupés à organiser des manifestations en faveur de la Palestine », comparant ces rassemblements à ceux du Ku Klux Klan. »



Nous en terminerons enfin par l’extrait d’un article du magazine Tribune Juive, dont l’auteur « Pour une fois …/… publie un article de gauche, profitez-en parce que cela ne se reproduira pas de sitôt » de son confrère Franc Tireur, non sans une arrière-pensée évidente puisque le titre original « Zohran Mamdani, Big Pastèque«  est devenu « À propos de l’élection du nazislamique Mamdani », avec l’introduction de cet article, au demeurant sans intérêt, par une diatribe fort éloquente évoquant Baudrillard et son concept de « simulacre », sans l’avoir, de toute évidence, jamais lu.

« L’élection de Mamdani, c’est l’idiocratie chimiquement pure. Et l’idiocratie se fait toujours avec le sourire du niais, dans la joie et l’espoir. C’est une caractéristique universelle de l’idiot. »



Nous ne sommes pas au bout de nos peines…

RD