Contre l’extrême droite, la nécessité d’une alternative progressiste unie pour l’échéance électorale de 2027
La LDH (Ligue des droits de l’Homme / droits humains) refuse de considérer l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État comme quelque chose qui serait dorénavant inéluctable.
Elle affirme que pour tenir durablement l’extrême droite hors du pouvoir d’État, il est indispensable de construire une alternative politique répondant à l’urgence sociale et écologique, sur la base d’un contrat social renouvelé, structuré autour de mesures renforçant l’effectivité de l’accès de toutes et tous aux droits fondamentaux, protégeant des discriminations, garantissant le respect des libertés publiques, la promotion de la démocratie, la protection de l’environnement.
La LDH affirme que l’existence d’une telle « offre politique » constitue un pilier essentiel pour rassembler suffisamment et assurer la défaite de l’extrême droite dans les urnes.
Les forces progressistes sont diverses et cela se traduit par de nombreuses divergences, c’est une réalité. Pour autant, perdre de vue l’impératif de rassembler autour de mesures essentielles pour la société toutes les forces qui affirment se reconnaître dans l’approche de tous les droits pour toutes et tous revient à nier le risque systémique qu’est l’extrême droite. Privilégier un objectif d’hégémonie dans le camp progressiste battu revient à capituler face à elle. Cette conduite serait irresponsable. La LDH appelle donc instamment les forces politiques à construire pour l’échéance de 2027 une alternative écologique, sociale et démocratique promouvant l’accès effectif aux droits, sans nier les divergences mais en refusant d’en faire un obstacle insurmontable.
Contre l’extrême droite, les forces libérales qui veulent défendre l’État de droit doivent accepter la démocratie sociale
Dans nos pays développés, jamais l’extrême droite au pouvoir ou aux portes du pouvoir n’est défaite quand le combat pour les droits et la démocratie ignore l’État de droit, ni quand ce combat pour l’État de droit ignore l’urgence sociale. On l’a vu récemment en Pologne puis en Hongrie. La montée de l’extrême droite en réaction aux politiques de régression sociale le confirme pleinement.
Les forces politiques libérales et progressistes ont en commun de défendre le cadre de l’État de droit, sans lequel ne peut exister un débat public éclairé, permettant à l’ensemble des acteurs civils et politiques de s’exprimer librement, y compris dans le dissensus.
Cela reste possible tant qu’existe une volonté commune de faire société dans le respect des principes qui la fondent, face aux visées autoritaires et réactionnaires des extrêmes droites.
Alors que l’extrême droite peut arriver au pouvoir en 2027, les forces libérales qui ne partagent habituellement pas avec les progressistes l’impératif de politiques publiques pour l’effectivité des droits, mais qui ont pris la mesure du péril doivent accepter la démocratie sociale.
Les tenants du libéralisme politique historique, qui, y compris à droite, sont attachés à l’État de droit, au pluralisme et au fait qu’il doive exister des règles d’égalité pour qu’un système politique fonctionne n’ont d’autre choix que de rejoindre les progressistes dans leur préoccupation d’urgence sociale, dans les quartiers et les territoires délaissés.
C’est ainsi seulement qu’il sera possible de faire échec durablement à l’instauration d’une société fondée sur l’exclusion et la loi du plus fort.
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