Lors de la manifestation du 3 octobre, des jeunes Mineurs Non Accompagnés ( MNA ) se sont exprimés pour rendre hommage à Abdourahmane qui s’est donné la mort alors même qu’il était confié à l’Aide Sociale à l’Enfance du département du Puy-de-Dôme.


Leur message :
» Bonjour tous et toute si nous sommes devant vous aujourd’hui, ça ne va pas car, notre camarade s’est suicidé face sa situation.
Abdourahman Condé allait avoir 16 ans. Il était de nationalité Guinéenne.
Arrivé depuis plusieurs mois, il était pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.
Abdourahman n’était plus scolarisé. Il paraissait triste depuis quelques temps et était souvent seul.
Il a été retrouvé sans vie le 18 septembre au centre de protection de l’enfance qui l’hébergeait à Clermont-Ferrand.
Aujourd’hui nous sommes tristes, nous sommes révoltés, nous avons besoin de réponses pour que ce drame fasse évoluer les choses et que cette situation ne se reproduise pas.
Pourquoi il n’était pas scolarisé ni en apprentissage ?
Pourquoi il était en si grande détresse ?
Pourquoi il n’avait pas un suivi psy adapté?
Pourquoi l’avoir laissé seul et isolé ?
Nous les mineurs arrivons après des années d’épreuves, loin de nos familles, sans repères et déstabilisés par notre statut de migrants.
Un toit et à manger ne suffisent pas : pour se sentir respecter en tant qu’être humain il faut plus : ce n’est pas qu’une question de suivi administratif.
Il faut aujourd’hui interroger la prise en charges des mineurs
Que nos institutions répondent présentes pour assurer un soutien psychologique adapté à nos cas précis et complexes. Nous interrogeons les méthodes de l’ANRAS sur l’accompagnements des jeunes reconnus mineurs qui nous apparaissent très opaque et nous sommes inquiets pour celles et ceux qui sont placés là-bas.
Quand on arrive en France, il faut tout reconstruire. Chaque situation est une épreuve. Nous n’avons pas choisi de fuir : nous n’avons pas eu le choix. «










