Stop à la répression des jeunes

l’école n’est pas un champ de bataille
La société civile doit agir en protection des mouvements de la jeunesse

La répression policière qui s’abat sur les lycées a franchi un seuil critique. …/…

Les témoignages se multiplient : de mineur-e-s, parfois très jeunes, matraqués et gazés, d’exactions brutales commises par les forces de l’ordre à leur encontre. Nous assistons, révoltés, à des scènes d’une violence inouïe : l’État déploie des armes de guerre contre des mineur-e-s, des équipements prétendument « sublétaux » mais qui fracassent, éborgnent et mutilent à vie. Le gouvernement organise des arrestations d’une ampleur inédite : en moins d’une semaine, 5 000 interpellations dont 2 000 pour la seule journée de jeudi 1er octobre 2026.

C’est une négation pure et simple du droit fondamental de la jeunesse à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. Lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent pouvoir se mobiliser et manifester sans craindre pour leur sécurité.

En appliquant des doctrines délétères exposées dans son « Guide opérationnel des violences urbaines » (Govu), le gouvernement fait le choix grave d’assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des armes de guerre. Et on ne peut réduire un mouvement social à ses débordements.

Loin d’assurer l’apaisement, la logique répressive participe à l’augmentation des tensions et transforme les abords des établissements scolaires en zones d’affrontement, ce qui met aussi en danger le personnel éducatif.

Le droit de s’exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, par la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’Onu. Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.

Nous, signataires, sommes du côté de la mobilisation légitime de la jeunesse de notre pays pour son avenir, et non de celui des LBD, des grenades, des matraques et des arrestations de masse.

Nous exigeons de l’Assemblée nationale et du gouvernement :

  • la mise en place prioritaire d’un dialogue avec les jeunes mobilisés ;
  • le traitement systématique des enfants pour ce qu’ils sont, des personnes à protéger comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) ;
  • l’application d’une politique de désescalade des tensions ;
  • l’abolition définitive des pratiques de maintien de l’ordre liberticides, matérialisées notamment par l’instruction ministérielle sur les violences urbaines (le Govu qui doit être abrogé) : le retrait immédiat des unités de la BAC et de toutes celles non formées à la gestion des rassemblements, des brigades équestres et des unités cynophiles ; l’interdiction stricte de l’usage des armes de guerre sur les manifestations, du gaz lacrymogène de façon indifférenciée, ainsi que l’arrêt des interpellations massives et de la criminalisation de la jeunesse ;
  • une réelle prise en compte de la parole des jeunes par la recherche de la démocratie éducative pour construire les politiques publiques.

L’État doit recréer de toute urgence les conditions permettant la libre expression civique des jeunes, ce d’autant plus que leur revendication d’un service public d’égale qualité pour toutes et tous est totalement légitime et nous la soutenons.

Aucun jeune ne doit risquer son intégrité physique ou sa liberté lorsqu’il fait entendre sa voix.

Stoppons l’escalade. Protégeons la jeunesse.


Voir le communiqué complet sur le site de la LDH :
https://www.ldh-france.org/stop-a-la-repression-des-jeunes-lecole-nest-pas-un-champ-de-bataille-2/

Interdiction de contredire le Service National Universel, à Jaude

La  » tournée expérience SNU  » était Place de Jaude à Clermont-Ferrand ce 1er avril. Voir sur le site de l’académie :
https://www.ac-clermont.fr/la-tournee-experience-snu-arrive-a-clermont-le-1er-avril-125795

Le collectif d’information SNU dont fait partie LDH 63 avait prévu de tenir simultanément un stand Place de Jaude, pour afficher notre opposition à l’opération SNU actuelle et à sa généralisation à caractère obligatoire.

Lien vers la lettre ouverte des organisations à l’origine d’une proposition  » Jeunesse – citoyenneté – émancipation  » sur le site de la LDH : Lettre ouverte de positionnement sur le Service national universel (SNU) et ses conditions de généralisation

Attachées à la philosophie et aux pratiques de l’éducation populaire, les organisations signataires refusent toute forme descendante et autoritaire de pédagogies et de dispositifs qui contredisent une volonté émancipatrice et responsable.

Nous considérons que l’engagement doit rester entièrement choisi. Ceci pour garantir un égal accès à l’insertion dans la vie sociale pour tous les jeunes et un engagement citoyen qui ne soit pas soumis à une contrainte.

Un arrêté préfectoral du 31 mars interdit l’opération d’information prévue par le collectif d’information SNU, place de Jaude.

Un communiqué a été publié et une conférence de presse a tét organisée :

Le collectif local “Non au SNU” (Service Nation Universel) avait prévu un point d’information avec diffusion de tracts ce samedi 31/3 à 14h place de Jaude à l’occasion d’un événement promotionnel du Service National Universel, mais le préfet du Puy-de-Dôme vient de publier ce jour un arrêté préfectoral interdisant ce point d’information contradictoire, signe que cette tournée SNU est une opération de propagande du gouvernement.

Les organisations syndicales, associatives et politiques du collectif local “Non au SNU” dénoncent cette interdiction, qui démontre que dans la période le gouvernement ne supporte pas la contradiction et entrave la liberté d’expression.