La LDH conteste des arrêtés d’interdiction de manifestation le 24 octobre

Dans le cadre des mobilisations sociales annoncées pour ce samedi 24 octobre 2026, la LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) dénonce la multiplication d’arrêtés préfectoraux interdisant tous rassemblements dans de nombreuses villes de France.

Ces arrêtés quotidiens portent atteinte à plusieurs libertés fondamentales : la liberté d’aller et venir, la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression collective des idées et des opinions, sans oublier le droit au recours effectif mis à mal par des publications tardives.

En conséquence, la LDH a entrepris de contester plusieurs arrêtés d’interdiction de rassemblement notamment au Mans, à Brest, à Quimper, à Marseille, à Caen, à Lille, à Avignon et à Montpellier.

Elle poursuivra son action pour garantir le respect de l’État de droit et défendre l’exercice effectif des libertés fondamentales pour toutes et tous.

Pour une refondation du contrat social et une réponse démocratique aux mobilisations

Communiqué LDH

Ce 17 octobre 2026 restera comme une journée
– exceptionnelle par l’intensité des mobilisations citoyennes, déterminées et pacifiques, guidées par des revendications légitimes ;
– inquiétante du fait des destructions inacceptables d’édifices publics et de pillages de commerces par des personnes souvent extérieures à l’esprit des mobilisations ;
– gravissime en raison des violences indiscriminées et disproportionnées commises par les agents chargés du maintien de l’ordre – la force ne pouvant être employée que dans le strict respect des principes et des règles de la République.

Il était tentant pour les responsables du gouvernement d’affirmer que ces trois éléments sont intrinsèquement liés, que le premier entraîne le second qui explique le troisième. Et d’enchaîner avec l’affirmation, fausse et délétère, que la seule question qui vaille maintenant est de choisir entre l’ordre et le désordre. Ce que le Premier ministre a résumé par l’injonction dangereuse à « choisir son camp », et dont le président de la République fait un des éléments centraux de son discours hier soir.

La prise de parole du président de la République n’a absolument pas été à la hauteur des enjeux, renvoyant aux débats de la campagne présidentielle les réponses urgentes attendues dès aujourd’hui. Elle inquiète lorsqu’il nie la légitimité de mobilisations citoyennes, assimilant le fait « d’aller dans la rue, de manifester » à la création d’un désordre qui abîmerait la République.

Il est urgent que le président de la République et le gouvernement reconnaissent la nécessité de refonder le contrat social, systématiquement détruit, et agissent en conséquence.
Aujourd’hui, ils sont les premiers sur qui pèse la responsabilité d’apporter immédiatement les réponses politiques et démocratiques qui construisent une solide cohésion sociale, autour d’un contrat social qui ne saurait attendre. Tant que leurs propositions en ce sens ne seront pas sur la table, comment penser que le dialogue puisse avoir lieu ?

Paris, le 19 octobre 2026

Télécharger le communiqué en format PDF

N’oublions pas Abdourahmane

Lors de la manifestation du 3 octobre, des jeunes Mineurs Non Accompagnés ( MNA ) se sont exprimés pour rendre hommage à Abdourahmane qui s’est donné la mort alors même qu’il était confié à l’Aide Sociale à l’Enfance du département du Puy-de-Dôme.

Pas d’enfants sans toit

✊ Près de 300 personnes mobilisées dans les rues de Clermont-Ferrand ce 3 octobre !
Sous les fenêtres de la préfecture et du Conseil départemental, nous avons
dénoncé la situation inacceptable des familles à la rue et porté ensemble une exigence :
un toit, des papiers et une école pour toutes et tous !

Nous avons également rendu hommage à Abdouramane, aux
côtés des jeunes mobilisé·es pour leur camarade. Sa mémoire nous oblige à
exiger une protection et un accompagnement dignes pour chaque jeune.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé, relayé l’appel et fait vivre cette solidarité.
Cette mobilisation montre notre détermination collective :
aucun enfant, aucune famille ne doit être abandonné·e à la rue.

La solidarité continue, la mobilisation aussi !

Stop à la répression des jeunes

l’école n’est pas un champ de bataille
La société civile doit agir en protection des mouvements de la jeunesse

La répression policière qui s’abat sur les lycées a franchi un seuil critique. …/…

Les témoignages se multiplient : de mineur-e-s, parfois très jeunes, matraqués et gazés, d’exactions brutales commises par les forces de l’ordre à leur encontre. Nous assistons, révoltés, à des scènes d’une violence inouïe : l’État déploie des armes de guerre contre des mineur-e-s, des équipements prétendument « sublétaux » mais qui fracassent, éborgnent et mutilent à vie. Le gouvernement organise des arrestations d’une ampleur inédite : en moins d’une semaine, 5 000 interpellations dont 2 000 pour la seule journée de jeudi 1er octobre 2026.

C’est une négation pure et simple du droit fondamental de la jeunesse à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. Lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent pouvoir se mobiliser et manifester sans craindre pour leur sécurité.

En appliquant des doctrines délétères exposées dans son « Guide opérationnel des violences urbaines » (Govu), le gouvernement fait le choix grave d’assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des armes de guerre. Et on ne peut réduire un mouvement social à ses débordements.

Loin d’assurer l’apaisement, la logique répressive participe à l’augmentation des tensions et transforme les abords des établissements scolaires en zones d’affrontement, ce qui met aussi en danger le personnel éducatif.

Le droit de s’exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, par la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’Onu. Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.

Nous, signataires, sommes du côté de la mobilisation légitime de la jeunesse de notre pays pour son avenir, et non de celui des LBD, des grenades, des matraques et des arrestations de masse.

Nous exigeons de l’Assemblée nationale et du gouvernement :

  • la mise en place prioritaire d’un dialogue avec les jeunes mobilisés ;
  • le traitement systématique des enfants pour ce qu’ils sont, des personnes à protéger comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) ;
  • l’application d’une politique de désescalade des tensions ;
  • l’abolition définitive des pratiques de maintien de l’ordre liberticides, matérialisées notamment par l’instruction ministérielle sur les violences urbaines (le Govu qui doit être abrogé) : le retrait immédiat des unités de la BAC et de toutes celles non formées à la gestion des rassemblements, des brigades équestres et des unités cynophiles ; l’interdiction stricte de l’usage des armes de guerre sur les manifestations, du gaz lacrymogène de façon indifférenciée, ainsi que l’arrêt des interpellations massives et de la criminalisation de la jeunesse ;
  • une réelle prise en compte de la parole des jeunes par la recherche de la démocratie éducative pour construire les politiques publiques.

L’État doit recréer de toute urgence les conditions permettant la libre expression civique des jeunes, ce d’autant plus que leur revendication d’un service public d’égale qualité pour toutes et tous est totalement légitime et nous la soutenons.

Aucun jeune ne doit risquer son intégrité physique ou sa liberté lorsqu’il fait entendre sa voix.

Stoppons l’escalade. Protégeons la jeunesse.


Voir le communiqué complet sur le site de la LDH :
https://www.ldh-france.org/stop-a-la-repression-des-jeunes-lecole-nest-pas-un-champ-de-bataille-2/

Défendre le droit fondamental à l’avortement

Nos revendications :

Pour la réouverture des Centres d’Interruption volontaire de grossesse fermés, et l’arrêt de la fermeture des maternités et des hôpitaux de proximité

Pour que l’IVG reste un soin pris en charge à 100 % pour toutes les femmes et pour la suppression du délai de carence dans le cadre d’un arrêt de travail pour une IVG comme pour les fausses couches spontanées précoces

Pour que les femmes puissent choisir leur méthode pour avorter, médicamenteuse ou instrumentale et pour que la méthode instrumentale puisse être pratiquée par les médecins et les sages femmes dans les centres de santé sexuelle

Pour des moyens et une véritable formation des enseignant-e-s afin que l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité soit effective à l’école et dans les établissements

Contre la double clause de conscience

Pour que les subventions des associations soient maintenues ou rétablies, et renforcées

Lien vers le site LDH France :
https://www.ldh-france.org/appel-a-manifestation-soutenu-par-la-ldh-pour-defendre-le-droit-fondamental-a-lavortement/