Municipales 2026 : la liste LFI répond à nos questions

La Ligue des droits de l’Homme du 20ᵉ arrondissement de Paris a interrogé tous les candidats aux municipales sur quatre grands enjeux : la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement. Voici les premières réponses de Sophie de La Rochefoucauld pour la liste LFI. Nous ajouterons la suite dans ce post.

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La France Insoumise (LFI)
Le 13 mars 2026

LFI – Il est important d’avoir des listes représentatives de notre arrondissement le 20 eme, avec une diversité des origines, de la situation sociale et professionnelle, des jeunes et des moins jeunes, des femmes et des hommes. Nous avons pris du temps pour constituer notre liste pour qu’elle puisse être représentative de la population du 20 eme, arrondissement populaire et multiculturel. Cette liste est aussi composée d’acteurs et d’actrices ayant une engagement particulier dans l’arrondissement.

Nous proposons de donner la possibilité aux citoyen-nes d’organiser un référendum d’initiative citoyenne dont le conseil municipal s’engage à respecter le résultat-dès lors qu’une pétition réunissant au moins 10 % des habitant-es est constituée. De plus nous nous engageons à organiser des votations citoyennes sur les grands sujets communaux ( projets d’aménagements, organisation des temps périscolaires, évolution des tarifs pour les grands services municipaux…).Pour étendre le droit d’intervention des citoyen-nes dans les affaires communes, nous proposons aussi d’allouer aux budgets participatifs communaux un montant dépassant un plancher minimum de 10 % du budget d’investissement avec un objectif d’aller vers 25 % hors investissements contraints.

La multiplication des RIC (Réferendum d’Initiative Citoyenne) est une des solutions pour rendre le pouvoir au peuple et rendre concret et immédiat l’exercice de la souveraineté populaire. Depuis 2020, un tiers des référendums locaux ont enregistré un taux de participation plus élevé que celui des élections municipales. La participation s’élève souvent entre 60 et 70 % dans les petites communes. Cela peut redonner le goût à la population de s’investir beaucoup plus dans les instances déjà existantes. De plus ces instances doivent être véritablement décisionnelles et non pas que consultatives.

Les jeunes ne sont pas suffisamment associés aux décisions et sont plutôt stigmatisés et malmenés par les institutions. Et pourtant, nous savons que les jeunes ne sont pas désintéressés de la politique.
Il sera important de remettre un ‘conseil municipal des jeunes ‘en le modifiant pour pas qu’il soit trop formel et déconnecté de la réalité. Par exemple, il sera possible d’y allouer une enveloppe financière précise et un droit d’interpellation direct au conseil municipal.
Les codes de l’administration et des instances existantes ne sont pas forcément très adaptées pour la jeunesse. Il est important de nous adapter aux jeunes en organisant, au départ, des rencontres sur leurs lieux de vie (établissements scolaires, associations sportives, skateparks, MJC…) plutôt qu’en mairie ou autres institutions.

Pour la France Insoumise, la démocratie s’exerce là où on vit. Quiconque utilise les services publics municipaux et participe à la vie de la cité doit pouvoir choisir ses représentant-es et donc avoir le droit de vote. De plus, notre proposition de RIC concerne l’ensemble de la population, quelque soit son origine. De plus des instances de participation directe des résidents étrangers peuvent être constitués. Ce qui nous tiendra à cœur sera aussi de renforcer les structures municipales et associations qui aident aux démarches administratives et à la lutte contre les discriminations, à l’apprentissage de la langue française via les cours de Français Langue Etrangère (FLE) gratuits.

Oui nous pensons essentiel de restituer les doléances à la population. Plusieurs initiatives peuvent être mises en place pour redonner vie aux doléances.
Aider la LDH dans le travail de restitution et la rédaction des ‘mémos de doléances’ et organiser des réunions publiques dans la mairie pour restituer publiquement les extraits et y donner des réponses en tant qu’élu-es.

La France Insoumise a toujours défendu une police de proximité, à même de répondre aux besoins de sécurité de tous et de toutes, sans discrimination et sans violence policière. La « politique du chiffre » imposée aujourd’hui aux policiers municipaux et nationaux n’est pas une bonne chose. Elle ne permet pas aux agent-es de remplir des missions de prévention, pourtant essentielles à la sécurité de l’ensemble de la population. De même nous demandons une refonte globale de la doctrine d’intervention policière. Nous sommes opposés à l’armement des policiers municipaux et considérons que l’introduction d’armes létales augmentent plutôt les tensions avec la population et les risques de violences policières. Nous sommes persuadés que les agent-es municipaux doivent plus se concentrer sur la médiation, la prévention et la gestion des incivilités plutôt que sur l’intervention sécuritaire.

Sophie de La Rochefoucauld

Municipales 2026 : la liste NPA-Révolutionnaires répond à nos questions

La Ligue des droits de l’Homme du 20ᵉ arrondissement de Paris a interrogé tous les candidats aux municipales sur quatre grands enjeux : la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement. Voici la réponse de la liste NPA-Révolutionnaires.

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Le NPA-Révolutionnaires
Le 10 mars 2026

Merci aux animateurs de la LDH de nous poser des questions, auxquelles nous allons répondre.

Démocratie locale et élections municipales

Les élections municipales sont une occasion privilégiée pour aborder la question du pouvoir des travailleurs et travailleuses, y compris à l’échelle d’un arrondissement (le 20e) ou d’une ville, puisque nous nous présentons également au conseil de Paris. Bien des choses pourraient et devraient se discuter et décider dans les quartiers, mais force est de reconnaître que les candidats des partis institutionnels qui font promesse de « vie heureuse » ou de « ville végétalisée », défendent et promeuvent à l’échelle nationale des politiques qui vont à l’encontre de ces belles promesses : augmentation des budgets militaires au détriment des dépenses sociales et publiques. Tout espoir de démocratie locale est donc vite anéanti par ces politiques étatiques nationales, au service des plus riches. Sauf au moyen de la lutte de classe.

Les limites de l’exercice du pouvoir local

Le véritable pouvoir dans cette société, le pouvoir économique, est détenu par les dirigeants des grandes entreprises et les membres des conseils d’administration, et ceux-là ne sont pas élus. Ce sont eux qui décident de construire ou pas des logements, d’ouvrir ou pas des embauches dans tel ou tel secteur. Ce sont aussi qui décident de mettre à disposition tel ou tel produit alimentaire, telle ou telle offre de transport. Du moins tant qu’on les laisse faire et que des mobilisations et interventions ne viennent pas contrecarrer leurs calculs de profits.
Voir le dernier scandale des laits pour bébés.
Cette classe sociale qui décide de tout et qui nous exploite, la bourgeoisie, a une palanquée de listes pour la défendre, de la droite à l’extrême-droite, en passant même par la gauche. Mais on refuse de se résigner. On veut poser les discussions sur l’organisation sociale de la ville ou de l’arrondissement du point de vue des besoins des travailleurs. Nos vies, et pas leurs profits ! C’est comme ça que devraient être posés l’ensemble des problèmes qui nous occupent : transport, alimentation, éducation, santé, logement, aménagement urbain, etc.

La liste “Paris Ouvrière et Révolutionnaire”, nous la présentons pour porter la voix de la classe des travailleurs, en opposition aux intérêts patronaux. Il est bien sûr difficile de représenter les intérêts économiques et sociaux du monde du travail dans un contexte de montée réactionnaire. En effet, l’atmosphère nauséabonde poussée par Bournazel, Dati, Mariani, Knafo, mais aussi d’autres n’aide pas le camp des travailleurs, bien au contraire. La division qui consiste à monter ceux qui ont des papiers contre ceux qui n’en ont pas, ceux qui ont un emploi contre ceux qui en sont privés, les femmes dont Macron et la droite et extrême droite voudraient faire des « procréatrices » contre celles qui s’arqueboutent pour leur liberté, tout cela ça rend plus facile les attaques du patronat, la chasse aux immigrés, les licenciements, les salaires bas, l’augmentation du coût de la vie. Voter pour nous, c’est affirmer que ces attaques ne sont pas une fatalité et qu’il est possible d’organiser une riposte du monde du travail contre ces politiques anti-ouvrières.

La représentativité de la liste

Notre liste reflète la diversité du monde du travail : salariés du public et du privé, femmes et hommes, personnes issues de l’immigration ou non. C’est la classe ouvrière dans sa diversité ! Ceux qui vivent de leur travail et font tout tourner dans cette société. C’est la liste des « premières lignes », comme on disait pendant le Covid.

Contre les politiques racistes

Depuis plusieurs années, les gouvernements multiplient les lois “asiles et immigrations”, les lois qui permettent de contrôler et d’enfermer les immigrés. Un moyen de terroriser toute une partie de la classe des travailleurs, tout en facilitant leur exploitation par le patronat. Cette large partie de la population salariée à Paris et ses environs est exclue des élections : les travailleurs immigrés, sont, comme nous, exploités mais privés de voix politique.

Notre liste revendique le droit de vote des résidents “extra-communautaires” , on revendique des papiers pour toutes et tous, et surtout on revendique l’ouverture totale des frontières.

La question de la “sécurité”

Sur la question de la sécurité et de la police municipale à Paris, les révolutionnaires posent le problème de façon radicalement différente des partis bourgeois. Entre eux, c’est la bataille des chiffres entre Emmanuel Grégoire (29,5 millions d’euros qu’il veut allouer à la police) et Sarah Knafo (196 millions d’euros). Emmanuel Grégoire veut faire de la police de proximité, proche des habitants. Mais la police de proximité, chaque fois que ça a été mis en place, on l’a bien vu en banlieue parisienne, ça n’a rien réglé du tout, au contraire. Ce que fait la police quand elle arrive dans des quartiers pour prétendument maintenir l’ordre, c’est qu’elle crée plus d’insécurité, avec des violences policières : il y a à peine un mois, El Hacen Diarra est mort dans un commissariat du 20e arrondissement. C’était un travailleur mauritanien qui, après son arrestation arbitraire et passage au commissariat, n’est jamais revenu.
Sarah Knafo quant à elle défend la police, et les violences occasionnées par ce système capitaliste. Et même quand elle fait mine de s’intéresser aux femmes c’est pour diffuser du poison sécuritaire. Ses lampadaires anti-agresseurs, sa cybersécurité, c’est en fait une campagne démagogique et raciste, qui sous-entend que l’insécurité viendrait des immigrés, alors qu’ils en sont trop souvent victimes.
Nous pensons que l’insécurité, c’est d’abord l’insécurité de l’emploi, l’insécurité du logement, l’insécurité alimentaire. L’insécurité, c’est celle des enfants qui dorment sous un pont la nuit et qui vont à l’école sans rien dans le ventre le matin. Nous, ce qu’on aimerait dire, c’est que la sécurité passe d’abord par des salaires décents pour tous, des logements décents.
Le rôle de la police, c’est de maintenir l’ordre social dans une société profondément inégalitaire. Une société qui met les travailleurs en situation d’insécurité permanente.

Une ville inclusive ?

La question de l’inclusion, c’est celle de l’égalité. C’est celle de l’égalité d’accès aux services publics, aux infrastructures de la ville, au logement, à une alimentation correcte. L’inclusion, ça nécessite une société qui se préoccupe de la place de toutes et tous, de tous les travailleurs. Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui puisqu’à nos yeux, il n’y a pas de conciliation possible entre les intérêts du patronat exploiteur d’un côté, de la classe des travailleurs, de l’autre.
« Travailleurs de tous les pays, unissons-nous », oui, nous prônons cette inclusion. Mais contre la minorité qui exploite le monde entier, y compris par la barbarie guerrière.

Les inégalités d’accès aux soins

Les capitalistes, les plus riches, ceux qui disposent de ressources financières, peuvent se tourner vers des cliniques privées, creusant l’écart avec nous, les travailleurs, qui
dépendons du système public.
Les coupes budgétaires systématiques (car la santé est systématiquement sacrifiée sur l’autel de la « rigueur », comme l’éducation) renforcent l’exploitation et la précarité des travailleurs et travailleuses de la santé.

Pour un secteur de la santé publique au service de tous les travailleurs

La réduction des moyens dans le secteur de la santé touche particulièrement, comme vous le dites à propos de la périnatalité ou de la médecine scolaire, les plus exploités et opprimés.
La suppression de l’AME (Aide Médicale d’Etat, qui permettait aux travailleurs immigrés de se soigner) en témoigne. De même que la fermeture d’un tiers des maternités et de 130 centres d’IVG sur quinze ans en France. La diminution des ressources allouées aux CMP (Centre Medico-Psychologiques), entraînant une prise en charge retardée ou insuffisante, pèse sur celles et ceux qui n’ont pas d’autres solutions que les structures publiques pour faire face à des problèmes de santé mentale qui menacent parfois jusqu’à leur vie.
La casse de l’hôpital public, quant à elle, est lourde de conséquence à la fois pour les patients et les soignants. Manque de lit, de matériel… Et surtout de personnel !

La casse de la santé publique, c’est aussi une aubaine pour les capitalistes. Car pour mettre la main au portefeuille quand il s’agit d’impôt, il n’y a pas grand monde, par contre pour s’engouffrer dans le secteur des complémentaires santé, le grand patronat montre moins d’hésitation.

L’Etat favorise, par ses politiques, cette gabegie du secteur privé. Par le déremboursement par exemple. Par décret, il a fait augmenter les forfaits Urgences et hospitaliers, la participation forfaitaire aux actes coûteux, et les tarifs journaliers de prestations. Traduction : qui veut se soigner correctement est condamné à cotiser davantage aux complémentaires santé.

Face à cette réalité, il faut que les travailleurs mettent en avant des mesures d’urgence :

  • Du fric pour l’hôpital pas pour le Rafale ! Augmentation des budgets utile à la population comme la santé ou l’éducation, au lieu de financer l’armement et la guerre à venir !
  • Des embauches massives.
  • Soins accessibles et gratuits.
  • Dans la santé comme dans tous les autres secteurs : pas un salaire à moins de 2000 euros.

Le problème du logement

En France, les chiffres que vous rappelez montrent que le logement est un véritable problème pour nous, travailleurs, aujourd’hui. C’est un des principaux postes de dépense de la population. À Paris, dans une des villes les plus riches du monde, la pauvreté et le manque de logement sont criants. Les politiciens ne font rien contre, et quand cette misère risque de s’étaler aux yeux du monde, elle la masque. Comme ça a été le cas pendant les JO de Paris où le gouvernement a affrété des bus pour envoyer les sans domicile fixe en province : cachez cette pauvreté que les touristes ne sauraient voir !

Dans ces élections municipales, tout le monde propose de régler le problème du logement.
En premier lieu Emmanuel Grégoire, le successeur d’Anne Hidalgo, qui veut créer 60 000 logements sociaux à Paris, il veut remettre sur le marché des logements en renforçant la taxation des maxi-propriétaires. Mais qu’à fait le PS pour limiter les appétits des promoteurs, pendant son mandat à la mairie ? Rien du tout. En 2025, le prix moyen du mètre carré atteignait 9 751 € à Paris. Et si on parle du logement social, le scandale de Paris Habitat, qui su-facturait quasi systématiquement leurs travaux, montre que les bailleurs sociaux ne sont pas les derniers à se gaver… Et sur l’argent public en prime.

Si les travailleuses et les travailleurs se donnaient les moyens de décider, il en irait autrement. Quand la ville était dirigée par elles et eux, en 1871, pendant les quelques mois de la Commune de Paris, il a été voté une exonération de 9 mois de loyers pour les parisiennes et les parisiens ! Pour réussir à s’en prendre ainsi aux promoteurs, on ne pourra pas se contenter d’élections à la mairie de paris, cela passera par des luttes sociales d’ampleur. Que pourrait-on revendiquer dans de telles luttes ? D’abord, la réquisition des logements vides, notamment ceux qui font l’objet de spéculation de la part des rentiers et des capitalistes. Mais aussi des moyens pour les centres d’accueil de personnes sans
domicile fixe, des embauches dans le secteur social sur lequel repose cette prise en charge aujourd’hui. On pourrait également imposer l’ouverture des livres de comptes des bailleurs ou des entreprises qui négocient des contrats de travaux ou de construction avec la mairie.
C’est ce que nous porterons si les électeurs du 20e arrondissement et de Paris décident de nous solliciter pour porter la voix des travailleurs et de leurs mobilisations à la mairie.

En conclusion

De l’argent, pour la santé, le transport, l’éducation, il y en a… Mais il faudra aller le chercher dans les poches du patronat. Et en définitive, il faudra s’organiser, nous les travailleurs, pour réfléchir et œuvrer à une autre société qui soit au service de la majorité de l’humanité et pas des profits de quelques-uns.

Municipales 2026 : la liste Lutte Ouvrière répond à nos questions

La Ligue des droits de l’Homme du 20ᵉ arrondissement de Paris a interrogé tous les candidats aux municipales sur quatre grands enjeux : la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement. Voici la première réponse, celle de Marielle Saulnier pour Lutte Ouvrière.

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Lutte Ouvrière
Le 10 mars 2026

Madame, Monsieur,
J’ai bien reçu le courrier que vous avez adressé à la Liste Lutte ouvrière de Paris 20. Tête de liste pour Paris ville, je vous réponds pour l’ensemble des arrondissements.
Vous nous invitez à nous exprimer au sujet de la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement.

La démocratie locale

Je pense que les mandats électifs devraient être courts et ne donner lieu à aucun privilège (pas d’indemnisation supérieure au salaire d’un travailleur qualifié). Par ailleurs, comme gage de respect des engagements, les élus devraient être révocables à tout moment par les électeurs.

Je suis favorable au droit de vote des travailleurs étrangers à toutes les élections.

Pour que la démocratie soit réelle, le contrôle doit aussi toucher les comptes, les entreprises, les banques. En effet, une véritable démocratie signifierait aussi que les décisions qui concernent toute la population ne dépendent pas du bon vouloir des hauts sommets des organismes de finance et des entreprises capitalistes.
Car la loi permet aux capitalistes de fermer une usine et de mettre sur le carreau des milliers d’ouvriers et leurs familles et condamne par contre des salariés pour s’être défendus de façon jugée trop véhémente pour avoir participé à des actions collectives contre des suppressions d’emplois ou la fermeture de leur entreprise. Un militant syndical peut être licencié et condamné pour avoir divulgué des informations révélant une pollution, un montage financier de sa direction pour échapper au fisc.

Les libertés doivent être protégées et tous les fichages discriminatoires proscrits. Cela concerne tous les individus, dont la population immigrée bien sûr. Cela concerne aussi le monde des entreprises où les ouvriers combatifs, les militants syndicaux, les militants politiques qui luttent contre l’exploitation sont non seulement fichés, réprimés mais aussi mis sur des listes rouges sur des régions entières. Quant aux lanceurs d’alerte, sans leur intervention, bien des scandales seraient restés dans l’ombre. Grâce à des salariés courageux, un coin du voile est levé sur le secret des affaires capitalistes. C’est tout le voile qu’il faudra retirer par le contrôle de tous les travailleurs sur l’économie. La seule façon d’enrayer les pratiques frauduleuses, c’est de permettre aux salariés de rendre publiques toutes les informations dont ils disposent sans risquer d’être licenciés, c’est de mettre en ligne, sur la place publique, tous les documents, faits et agissements de ces sociétés. C’est d’autant plus normal pour des sociétés qui touchent de l’argent public et qui passent des contrats avec des collectivités comme les mairies.

Inclusion sociale et santé publique

Le droit élémentaire qu’a tout individu de pouvoir se nourrir se loger, se soigner, d’éduquer ses enfants, devrait passer avant les profits d’une minorité de capitalistes et de milliardaires. Contre la précarité alimentaire, je suis solidaire de toutes les associations qui essaient de gérer l’urgence, mais la solution de fond serait l’augmentation des salaires et la lutte contre le chômage, qui commence par interdire les licenciements et imposer des embauches massives en réduisant le temps de travail, sans baisser les salaires.

L’accès aux services publics nécessite d’imposer à l’Etat et aux collectivités de leur consacrer les moyens suffisants. Les budgets publics vont actuellement dans l’autre sens : baisse des postes dans l’éducation, hôpitaux saturés et sans moyens – le secteur de la psychiatrie a subi avant tous les autres les suppressions de lits. Je dénonce cette politique menée par tous les gouvernements qui consiste à subventionner le grand patronat (plus de 200 milliards d’euros par an pour les entreprises), à augmenter le budget de l’armée, à piller les caisses de la protection sociale au profit des subventions au patronat et, en même temps, à s’attaquer aux services utiles à la population. Parmi ces services, je compte ceux qui concernent les personnes étrangères et les mineurs non accompagnés, dont le traitement actuel est indigne. L’accessibilité aux personnes handicapées relève du même problème. L’argent existe : il faut prendre sur les fortunes capitalistes pour financer les services utiles à la population !

Logement

La réquisition des logements vides serait une mesure d’urgence de bon sens ; au-delà, il faut un plan massif de construction de logements, en prenant sur les profits faramineux des entreprises du BTP.

Je suis opposée aux expulsions locatives sans solution de relogement.

Le point névralgique reste le niveau des salaires : ils doivent être indexés sur la hausse des prix réelle, sous le contrôle de la population.

Tous ces droits font partie des revendications élémentaires que nous défendons tant ils touchent les bases mêmes du respect de la personne humaine, qui fait partie du véritable programme communiste dont je me revendique. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons dans un enchaînement qui nous plonge dans une 3e guerre mondiale avec toute la barbarie que cela engendre. Dans ces conditions, parler de démocratie locale et de protection de la population devient un vœu pieux. C’est pourquoi, si nous nous joignons bien volontiers aux dénonciations nombreuses et justifiées que vous exprimez, nous disons qu’il est urgent de travailler à l’organisation des travailleurs contre une classe capitaliste qui met en péril l’humanité tout entière et qui ne mérite plus de diriger. Il faut que les travailleurs décident de prendre leur sort en main et de gérer eux-mêmes la société. Le plus tôt sera le mieux !

Recevez Madame, Monsieur, mes meilleures salutations,

Marielle Saulnier, candidate tête de liste de Lutte ouvrière – le camp des travailleurs pour le Conseil de Pari