Municipales 2026 : la liste NPA-Révolutionnaires répond à nos questions

La Ligue des droits de l’Homme du 20ᵉ arrondissement de Paris a interrogé tous les candidats aux municipales sur quatre grands enjeux : la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement. Voici la réponse de la liste NPA-Révolutionnaires.

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Le NPA-Révolutionnaires
Le 10 mars 2026

Merci aux animateurs de la LDH de nous poser des questions, auxquelles nous allons répondre.

Démocratie locale et élections municipales

Les élections municipales sont une occasion privilégiée pour aborder la question du pouvoir des travailleurs et travailleuses, y compris à l’échelle d’un arrondissement (le 20e) ou d’une ville, puisque nous nous présentons également au conseil de Paris. Bien des choses pourraient et devraient se discuter et décider dans les quartiers, mais force est de reconnaître que les candidats des partis institutionnels qui font promesse de « vie heureuse » ou de « ville végétalisée », défendent et promeuvent à l’échelle nationale des politiques qui vont à l’encontre de ces belles promesses : augmentation des budgets militaires au détriment des dépenses sociales et publiques. Tout espoir de démocratie locale est donc vite anéanti par ces politiques étatiques nationales, au service des plus riches. Sauf au moyen de la lutte de classe.

Les limites de l’exercice du pouvoir local

Le véritable pouvoir dans cette société, le pouvoir économique, est détenu par les dirigeants des grandes entreprises et les membres des conseils d’administration, et ceux-là ne sont pas élus. Ce sont eux qui décident de construire ou pas des logements, d’ouvrir ou pas des embauches dans tel ou tel secteur. Ce sont aussi qui décident de mettre à disposition tel ou tel produit alimentaire, telle ou telle offre de transport. Du moins tant qu’on les laisse faire et que des mobilisations et interventions ne viennent pas contrecarrer leurs calculs de profits.
Voir le dernier scandale des laits pour bébés.
Cette classe sociale qui décide de tout et qui nous exploite, la bourgeoisie, a une palanquée de listes pour la défendre, de la droite à l’extrême-droite, en passant même par la gauche. Mais on refuse de se résigner. On veut poser les discussions sur l’organisation sociale de la ville ou de l’arrondissement du point de vue des besoins des travailleurs. Nos vies, et pas leurs profits ! C’est comme ça que devraient être posés l’ensemble des problèmes qui nous occupent : transport, alimentation, éducation, santé, logement, aménagement urbain, etc.

La liste “Paris Ouvrière et Révolutionnaire”, nous la présentons pour porter la voix de la classe des travailleurs, en opposition aux intérêts patronaux. Il est bien sûr difficile de représenter les intérêts économiques et sociaux du monde du travail dans un contexte de montée réactionnaire. En effet, l’atmosphère nauséabonde poussée par Bournazel, Dati, Mariani, Knafo, mais aussi d’autres n’aide pas le camp des travailleurs, bien au contraire. La division qui consiste à monter ceux qui ont des papiers contre ceux qui n’en ont pas, ceux qui ont un emploi contre ceux qui en sont privés, les femmes dont Macron et la droite et extrême droite voudraient faire des « procréatrices » contre celles qui s’arqueboutent pour leur liberté, tout cela ça rend plus facile les attaques du patronat, la chasse aux immigrés, les licenciements, les salaires bas, l’augmentation du coût de la vie. Voter pour nous, c’est affirmer que ces attaques ne sont pas une fatalité et qu’il est possible d’organiser une riposte du monde du travail contre ces politiques anti-ouvrières.

La représentativité de la liste

Notre liste reflète la diversité du monde du travail : salariés du public et du privé, femmes et hommes, personnes issues de l’immigration ou non. C’est la classe ouvrière dans sa diversité ! Ceux qui vivent de leur travail et font tout tourner dans cette société. C’est la liste des « premières lignes », comme on disait pendant le Covid.

Contre les politiques racistes

Depuis plusieurs années, les gouvernements multiplient les lois “asiles et immigrations”, les lois qui permettent de contrôler et d’enfermer les immigrés. Un moyen de terroriser toute une partie de la classe des travailleurs, tout en facilitant leur exploitation par le patronat. Cette large partie de la population salariée à Paris et ses environs est exclue des élections : les travailleurs immigrés, sont, comme nous, exploités mais privés de voix politique.

Notre liste revendique le droit de vote des résidents “extra-communautaires” , on revendique des papiers pour toutes et tous, et surtout on revendique l’ouverture totale des frontières.

La question de la “sécurité”

Sur la question de la sécurité et de la police municipale à Paris, les révolutionnaires posent le problème de façon radicalement différente des partis bourgeois. Entre eux, c’est la bataille des chiffres entre Emmanuel Grégoire (29,5 millions d’euros qu’il veut allouer à la police) et Sarah Knafo (196 millions d’euros). Emmanuel Grégoire veut faire de la police de proximité, proche des habitants. Mais la police de proximité, chaque fois que ça a été mis en place, on l’a bien vu en banlieue parisienne, ça n’a rien réglé du tout, au contraire. Ce que fait la police quand elle arrive dans des quartiers pour prétendument maintenir l’ordre, c’est qu’elle crée plus d’insécurité, avec des violences policières : il y a à peine un mois, El Hacen Diarra est mort dans un commissariat du 20e arrondissement. C’était un travailleur mauritanien qui, après son arrestation arbitraire et passage au commissariat, n’est jamais revenu.
Sarah Knafo quant à elle défend la police, et les violences occasionnées par ce système capitaliste. Et même quand elle fait mine de s’intéresser aux femmes c’est pour diffuser du poison sécuritaire. Ses lampadaires anti-agresseurs, sa cybersécurité, c’est en fait une campagne démagogique et raciste, qui sous-entend que l’insécurité viendrait des immigrés, alors qu’ils en sont trop souvent victimes.
Nous pensons que l’insécurité, c’est d’abord l’insécurité de l’emploi, l’insécurité du logement, l’insécurité alimentaire. L’insécurité, c’est celle des enfants qui dorment sous un pont la nuit et qui vont à l’école sans rien dans le ventre le matin. Nous, ce qu’on aimerait dire, c’est que la sécurité passe d’abord par des salaires décents pour tous, des logements décents.
Le rôle de la police, c’est de maintenir l’ordre social dans une société profondément inégalitaire. Une société qui met les travailleurs en situation d’insécurité permanente.

Une ville inclusive ?

La question de l’inclusion, c’est celle de l’égalité. C’est celle de l’égalité d’accès aux services publics, aux infrastructures de la ville, au logement, à une alimentation correcte. L’inclusion, ça nécessite une société qui se préoccupe de la place de toutes et tous, de tous les travailleurs. Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui puisqu’à nos yeux, il n’y a pas de conciliation possible entre les intérêts du patronat exploiteur d’un côté, de la classe des travailleurs, de l’autre.
« Travailleurs de tous les pays, unissons-nous », oui, nous prônons cette inclusion. Mais contre la minorité qui exploite le monde entier, y compris par la barbarie guerrière.

Les inégalités d’accès aux soins

Les capitalistes, les plus riches, ceux qui disposent de ressources financières, peuvent se tourner vers des cliniques privées, creusant l’écart avec nous, les travailleurs, qui
dépendons du système public.
Les coupes budgétaires systématiques (car la santé est systématiquement sacrifiée sur l’autel de la « rigueur », comme l’éducation) renforcent l’exploitation et la précarité des travailleurs et travailleuses de la santé.

Pour un secteur de la santé publique au service de tous les travailleurs

La réduction des moyens dans le secteur de la santé touche particulièrement, comme vous le dites à propos de la périnatalité ou de la médecine scolaire, les plus exploités et opprimés.
La suppression de l’AME (Aide Médicale d’Etat, qui permettait aux travailleurs immigrés de se soigner) en témoigne. De même que la fermeture d’un tiers des maternités et de 130 centres d’IVG sur quinze ans en France. La diminution des ressources allouées aux CMP (Centre Medico-Psychologiques), entraînant une prise en charge retardée ou insuffisante, pèse sur celles et ceux qui n’ont pas d’autres solutions que les structures publiques pour faire face à des problèmes de santé mentale qui menacent parfois jusqu’à leur vie.
La casse de l’hôpital public, quant à elle, est lourde de conséquence à la fois pour les patients et les soignants. Manque de lit, de matériel… Et surtout de personnel !

La casse de la santé publique, c’est aussi une aubaine pour les capitalistes. Car pour mettre la main au portefeuille quand il s’agit d’impôt, il n’y a pas grand monde, par contre pour s’engouffrer dans le secteur des complémentaires santé, le grand patronat montre moins d’hésitation.

L’Etat favorise, par ses politiques, cette gabegie du secteur privé. Par le déremboursement par exemple. Par décret, il a fait augmenter les forfaits Urgences et hospitaliers, la participation forfaitaire aux actes coûteux, et les tarifs journaliers de prestations. Traduction : qui veut se soigner correctement est condamné à cotiser davantage aux complémentaires santé.

Face à cette réalité, il faut que les travailleurs mettent en avant des mesures d’urgence :

  • Du fric pour l’hôpital pas pour le Rafale ! Augmentation des budgets utile à la population comme la santé ou l’éducation, au lieu de financer l’armement et la guerre à venir !
  • Des embauches massives.
  • Soins accessibles et gratuits.
  • Dans la santé comme dans tous les autres secteurs : pas un salaire à moins de 2000 euros.

Le problème du logement

En France, les chiffres que vous rappelez montrent que le logement est un véritable problème pour nous, travailleurs, aujourd’hui. C’est un des principaux postes de dépense de la population. À Paris, dans une des villes les plus riches du monde, la pauvreté et le manque de logement sont criants. Les politiciens ne font rien contre, et quand cette misère risque de s’étaler aux yeux du monde, elle la masque. Comme ça a été le cas pendant les JO de Paris où le gouvernement a affrété des bus pour envoyer les sans domicile fixe en province : cachez cette pauvreté que les touristes ne sauraient voir !

Dans ces élections municipales, tout le monde propose de régler le problème du logement.
En premier lieu Emmanuel Grégoire, le successeur d’Anne Hidalgo, qui veut créer 60 000 logements sociaux à Paris, il veut remettre sur le marché des logements en renforçant la taxation des maxi-propriétaires. Mais qu’à fait le PS pour limiter les appétits des promoteurs, pendant son mandat à la mairie ? Rien du tout. En 2025, le prix moyen du mètre carré atteignait 9 751 € à Paris. Et si on parle du logement social, le scandale de Paris Habitat, qui su-facturait quasi systématiquement leurs travaux, montre que les bailleurs sociaux ne sont pas les derniers à se gaver… Et sur l’argent public en prime.

Si les travailleuses et les travailleurs se donnaient les moyens de décider, il en irait autrement. Quand la ville était dirigée par elles et eux, en 1871, pendant les quelques mois de la Commune de Paris, il a été voté une exonération de 9 mois de loyers pour les parisiennes et les parisiens ! Pour réussir à s’en prendre ainsi aux promoteurs, on ne pourra pas se contenter d’élections à la mairie de paris, cela passera par des luttes sociales d’ampleur. Que pourrait-on revendiquer dans de telles luttes ? D’abord, la réquisition des logements vides, notamment ceux qui font l’objet de spéculation de la part des rentiers et des capitalistes. Mais aussi des moyens pour les centres d’accueil de personnes sans
domicile fixe, des embauches dans le secteur social sur lequel repose cette prise en charge aujourd’hui. On pourrait également imposer l’ouverture des livres de comptes des bailleurs ou des entreprises qui négocient des contrats de travaux ou de construction avec la mairie.
C’est ce que nous porterons si les électeurs du 20e arrondissement et de Paris décident de nous solliciter pour porter la voix des travailleurs et de leurs mobilisations à la mairie.

En conclusion

De l’argent, pour la santé, le transport, l’éducation, il y en a… Mais il faudra aller le chercher dans les poches du patronat. Et en définitive, il faudra s’organiser, nous les travailleurs, pour réfléchir et œuvrer à une autre société qui soit au service de la majorité de l’humanité et pas des profits de quelques-uns.