Municipales 2026 : la liste Lutte Ouvrière répond à nos questions

La Ligue des droits de l’Homme du 20ᵉ arrondissement de Paris a interrogé tous les candidats aux municipales sur quatre grands enjeux : la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement. Voici la première réponse, celle de Marielle Saulnier pour Lutte Ouvrière.

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Lutte Ouvrière
Le 10 mars 2026

Madame, Monsieur,
J’ai bien reçu le courrier que vous avez adressé à la Liste Lutte ouvrière de Paris 20. Tête de liste pour Paris ville, je vous réponds pour l’ensemble des arrondissements.
Vous nous invitez à nous exprimer au sujet de la démocratie locale, l’inclusion sociale, la santé publique et le logement.

La démocratie locale

Je pense que les mandats électifs devraient être courts et ne donner lieu à aucun privilège (pas d’indemnisation supérieure au salaire d’un travailleur qualifié). Par ailleurs, comme gage de respect des engagements, les élus devraient être révocables à tout moment par les électeurs.

Je suis favorable au droit de vote des travailleurs étrangers à toutes les élections.

Pour que la démocratie soit réelle, le contrôle doit aussi toucher les comptes, les entreprises, les banques. En effet, une véritable démocratie signifierait aussi que les décisions qui concernent toute la population ne dépendent pas du bon vouloir des hauts sommets des organismes de finance et des entreprises capitalistes.
Car la loi permet aux capitalistes de fermer une usine et de mettre sur le carreau des milliers d’ouvriers et leurs familles et condamne par contre des salariés pour s’être défendus de façon jugée trop véhémente pour avoir participé à des actions collectives contre des suppressions d’emplois ou la fermeture de leur entreprise. Un militant syndical peut être licencié et condamné pour avoir divulgué des informations révélant une pollution, un montage financier de sa direction pour échapper au fisc.

Les libertés doivent être protégées et tous les fichages discriminatoires proscrits. Cela concerne tous les individus, dont la population immigrée bien sûr. Cela concerne aussi le monde des entreprises où les ouvriers combatifs, les militants syndicaux, les militants politiques qui luttent contre l’exploitation sont non seulement fichés, réprimés mais aussi mis sur des listes rouges sur des régions entières. Quant aux lanceurs d’alerte, sans leur intervention, bien des scandales seraient restés dans l’ombre. Grâce à des salariés courageux, un coin du voile est levé sur le secret des affaires capitalistes. C’est tout le voile qu’il faudra retirer par le contrôle de tous les travailleurs sur l’économie. La seule façon d’enrayer les pratiques frauduleuses, c’est de permettre aux salariés de rendre publiques toutes les informations dont ils disposent sans risquer d’être licenciés, c’est de mettre en ligne, sur la place publique, tous les documents, faits et agissements de ces sociétés. C’est d’autant plus normal pour des sociétés qui touchent de l’argent public et qui passent des contrats avec des collectivités comme les mairies.

Inclusion sociale et santé publique

Le droit élémentaire qu’a tout individu de pouvoir se nourrir se loger, se soigner, d’éduquer ses enfants, devrait passer avant les profits d’une minorité de capitalistes et de milliardaires. Contre la précarité alimentaire, je suis solidaire de toutes les associations qui essaient de gérer l’urgence, mais la solution de fond serait l’augmentation des salaires et la lutte contre le chômage, qui commence par interdire les licenciements et imposer des embauches massives en réduisant le temps de travail, sans baisser les salaires.

L’accès aux services publics nécessite d’imposer à l’Etat et aux collectivités de leur consacrer les moyens suffisants. Les budgets publics vont actuellement dans l’autre sens : baisse des postes dans l’éducation, hôpitaux saturés et sans moyens – le secteur de la psychiatrie a subi avant tous les autres les suppressions de lits. Je dénonce cette politique menée par tous les gouvernements qui consiste à subventionner le grand patronat (plus de 200 milliards d’euros par an pour les entreprises), à augmenter le budget de l’armée, à piller les caisses de la protection sociale au profit des subventions au patronat et, en même temps, à s’attaquer aux services utiles à la population. Parmi ces services, je compte ceux qui concernent les personnes étrangères et les mineurs non accompagnés, dont le traitement actuel est indigne. L’accessibilité aux personnes handicapées relève du même problème. L’argent existe : il faut prendre sur les fortunes capitalistes pour financer les services utiles à la population !

Logement

La réquisition des logements vides serait une mesure d’urgence de bon sens ; au-delà, il faut un plan massif de construction de logements, en prenant sur les profits faramineux des entreprises du BTP.

Je suis opposée aux expulsions locatives sans solution de relogement.

Le point névralgique reste le niveau des salaires : ils doivent être indexés sur la hausse des prix réelle, sous le contrôle de la population.

Tous ces droits font partie des revendications élémentaires que nous défendons tant ils touchent les bases mêmes du respect de la personne humaine, qui fait partie du véritable programme communiste dont je me revendique. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons dans un enchaînement qui nous plonge dans une 3e guerre mondiale avec toute la barbarie que cela engendre. Dans ces conditions, parler de démocratie locale et de protection de la population devient un vœu pieux. C’est pourquoi, si nous nous joignons bien volontiers aux dénonciations nombreuses et justifiées que vous exprimez, nous disons qu’il est urgent de travailler à l’organisation des travailleurs contre une classe capitaliste qui met en péril l’humanité tout entière et qui ne mérite plus de diriger. Il faut que les travailleurs décident de prendre leur sort en main et de gérer eux-mêmes la société. Le plus tôt sera le mieux !

Recevez Madame, Monsieur, mes meilleures salutations,

Marielle Saulnier, candidate tête de liste de Lutte ouvrière – le camp des travailleurs pour le Conseil de Pari