Rentrée scolaire : 2355 enfants dorment dans la rue



Ce matin, plus de 2300 enfants se sont réveillés dans la rue avant de faire, pour ceux qui en ont l’âge (plus de 500 d’entre eux ont moins de trois ans), leur rentrée scolaire. La nuit prochaine, ils dormiront à la rue. Il en sera ainsi pour toutes les nuits à venir. 

« Plus un enfant à la rue » : la promesse d’Emmanuel Macron pour 2027 est loin d’être tenue. La rentrée 2026 est marquée par un nombre record d’enfants sans abri. Depuis cinq ans, le sans-abrisme des enfants ne cesse de progresser témoignant d’une pauvreté qui s’aggrave. Près de 3 millions d’entre eux vivent désormais sous le seuil de pauvreté.



Comble de cynisme de la part des autorités, des familles ont été expulsées de leur hébergement d’urgence la veille de la rentrée.

Les circulaires Retaillau de janvier 2025 font pleinement leur effet. Avec le durcissement des procédures, les conditions d’accueil se sont considérablement dégradées. Les expulsions se multiplient chaque année à la « belle saison » mais il semble que l’été 2026 n’ait pas vu la tendance s’infléchir malgré les conditions climatiques extrêmes.



Le nombre de demandes d’hébergement non pourvues bondit de 42 % depuis 2022.

En juin dernier, le Samu social de Paris, et notamment les écoutants du 115, initiaient un mouvement de grève pour s’opposer à une décision de la Préfecture et de sa direction : la suppression de 850 places en hôtels sociaux. Autant de familles, d’enfants ou de personnes vulnérables rejetés à la rue, qui ont campé sur le parvis du Samu social – avec les grévistes – avant d’en être évacués le 13 août par la police.



Les associations déplorent un « échec collectif ». Ce chiffre de 2355 enfants à avoir dormi la nuit du 18 au 19 août 2026, est en hausse de 9% par rapport à l’année dernière. « Derrière ce chiffre, conséquence d’un échec collectif, il y a des enfants dont le quotidien est rythmé par l’insécurité et l’instabilité », déplore Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.

Il est rappelé, comme les années précédentes, que ce nombre est sous-estimé puisqu’il correspond aux enfants restés sans solution d’hébergement à la suite d’un appel de leurs parents au 115 – certains appels ont pu ne pas être décrochés, des parents n’appellent pas le numéro d’urgence et ces données « ne disent rien de la situation des mineurs non accompagnés (MNA) ».

« En juin 2025, la Coordination nationale jeunes exilé·e·s en danger recensait au moins 1.087 MNA en attente de reconnaissance de leur minorité par un juge, contraints de vivre dans la rue, dans des squats ou des campements », indiquent l’Unicef France et la FAS.

Les mesures de couvre-feu pour les mineurs mises en place par des mairies de droite et d’extrême droite dans leur commune ont, pour certaines, été annulées ou suspendues par la Justice. On se demande bien comment elles ont pu être appliquées dans les villes où elles ont été maintenues pour ces mineurs non accompagnés condamnés à dormir dans la rue… Ont-ils tous été conduits dans les Centres Départementaux de l’Enfance ?


La promesse du 31 décembre 2017 non tenue d’Emmanuel Macron a peu de chances de l’être avant 2027. Le sera-t-elle enfin un jour par l’un ou l’une de ses successeurs ? Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…




RD

2 159 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée scolaire 



Pour la septième année, l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) – en lien avec le Collectif des Associations pour le Logement (CAL) – publient leur baromètre sur les enfants à la rue. Le constat est accablant : à la veille de la rentrée scolaire 2025, au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115.

Ces chiffres sont hélas encore bien en dessous de la réalité : de nombreuses personnes ne recourent pas ou ne parviennent pas à joindre le 115. D’autre part, les mineurs non accompagnés (MNA) sans abri et les familles vivant en squat ou en bidonville ne sont pas comptabilisés.



Apportez votre soutien aux associations qui dénoncent cette terrible réalité:



Dans l’Aube, les organisations CGT Educ’Action, FSU, Solidaires, FCPE, La Cimade, MRAP et LDH de l’Aube, et d’autres sur le point de les rejoindre, sont très inquiètes au sujet de l’avenir des jeunes étrangers scolarisés en France et de leur famille, quand ils ne sont pas isolés.

La loi du 26 janvier 2024 durcit les modalités d’accueil et de séjour des étrangers et la circulaire du 23 janvier 2025 du ministre de l’Intérieur limite encore davantage l’admission exceptionnelle au séjour, aggravant leur parcours déjà très compliqué. Ils risquent de voir leur insertion professionnelle et sociale remise en cause et de se retrouver en situation de grande précarité et privés d’avenir.

Ils rencontrent de plus en plus de difficultés dans leurs démarches : délais de traitement des dossiers par les services préfectoraux, problèmes récurrents pour accéder aux services numériques et modalités d’accueil qui réduisent l’accès au service public. Il en résulte des conséquences dramatiques telles que des blocages des demande de titres de séjour ou de leur renouvellement, ainsi que des ruptures de contrat de travail et des suspensions de droits, les plongeant dans la plus grande précarité.

Ils vont venir gonfler encore le nombre de familles à la rue, les capacités d’accueil en hébergement d’urgence connaissant actuellement une pénurie catastrophique. L’Inspection générale des finances (IGF), l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l’administration (IGA) ont réalisé récemment une première revue des dépenses consacrées à l’hébergement d’urgence. Leur rapport note que le nombre de places du parc d’hébergement généraliste est stable depuis 2021 alors que le nombre de demandeurs d’hébergement a augmenté de 49% sur la même période. En moyenne, chaque jour, 61% des demandes d’hébergement ne sont pas satisfaites.



En 2024, 855 personnes (chiffres connus) sont mortes dans la rue, dont 19 enfants de moins de 4 ans.

Ça n’est pas tolérable.

Rentrée scolaire : plus de la moitié des collèges et lycées sont concernés par le manque d’enseignants



Il manque des professeurs dans 56 % des collèges et lycées, selon une enquête du Snes-FSU publiée vendredi 6 septembre. Les académies de Versailles, Lyon, Nantes et Créteil sont les plus touchées.

Des professeurs devant les classes «dans l’immense majorité des situations» : c’est ce qu’avait promis la ministre démissionnaire de l’Education Nicole Belloubet le jour de la rentrée. En réalité, il manque des enseignants dans plus de la moitié des collèges et lycées, dans 56 % d’entre eux exactement, selon une enquête menée par le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, sur un échantillon de 893 établissements entre le 30 août et le 5 septembre, et dévoilée ce vendredi 6 septembre. «Cette enquête confirme ce qu’on pressentait déjà, à savoir qu’il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée», a déclaré à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat.