Afghanistan, un an après

Un homme transporte un sac de céréales reçu dans une permanence du Programme alimentaire mondial (PAM) à Kandahar (Afghanistan), le 21 avril 2022. (JAVED TANVEER / AFP)


Dans un rapport publié lundi, l’ONG International Rescue Committee (IRC) estime que la crise actuelle pourrait tuer « beaucoup plus d’Afghans que les vingt dernières années de guerre ».

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Le « gâchis » des obligations de quitter le territoire prises contre des jeunes apprentis


Patrons, professeurs et associations dénoncent une recrudescence des mesures d’expulsion « ubuesques » contre des jeunes pourtant formés sur des métiers en tension.
Par Julia Pascual Le Monde
Publié le 30 juillet 2022 à 14h00, mis à jour hier à 06h42 • Lecture 3 min.
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Ils sont des futurs pâtissier, boulanger ou boucher, menuisier ou logisticien. Ils sont maliens, guinéens ou ivoiriens. Et sont menacés d’expulsion. Ces jeunes majeurs, élèves de la filière professionnelle et soutenus par leurs professeurs, leurs patrons ou des associations, estiment pourtant être pleinement engagés dans des démarches d’insertion. Au moment où de nombreux secteurs économiques font état de difficultés de recrutement, tels que l’hôtellerie-restauration et le bâtiment, ces situations interpellent.

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Moussa (il n’a pas souhaité donner son nom de famille) est titulaire d’un CAP de peintre et d’un CAP de couvreur, obtenus au lycée Jean-Monnet de Montrouge (Hauts-de-Seine). Ce Malien de 21 ans, en France depuis cinq ans et logé par une tante française, a demandé un titre de séjour, mais s’est vu délivrer une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en janvier par la préfecture du département. « Je ne comprends pas, confie-t-il au Monde. J’ai fourni tous mes bulletins, avec à chaque fois les encouragements ou les félicitations. Un patron voulait m’embaucher mais [à cause de l’OQTF], il n’a pas pu. » Moussa a formé un recours et, dans l’attente, il s’est inscrit en CAP plâtrier pour la rentrée de septembre. Toujours dans les Hauts-de-Seine, un autre Malien, également prénommé Moussa et titulaire d’un bac professionnel en électricité, est lui aussi sous le coup d’une obligation de quitter le territoire depuis mars. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance entre 2017 et 2021, Moussa, aujourd’hui âgé de 21 ans, est accompagné par un patron chez lequel il a déjà réalisé plusieurs contrats à durée déterminée. « Je ne comprends pas pourquoi j’ai une OQTF, j’en souffre énormément », dit-il. « Situations ubuesques » Dans ce département francilien, ces situations se multiplient, selon Armelle Gardien, du Réseau éducation sans frontières (RESF). « Cette problématique absorbe la quasi-totalité de nos efforts, témoigne-t-elle. Depuis 2021, on accompagne quatre-vingts jeunes qui ont des OQTF. Mais la problématique est générale. » Ainsi, dans la Marne, Marie-Pierre Barrière, professeure de français et membre de RESF, dénombre près de trente jeunes menacés d’expulsion et accompagnés par l’association. Elle évoque le cas de Maurice Tolno, un Guinéen de 20 ans titulaire d’un CAP de cuisinier et expulsé le 3 juillet vers Conakry. « Il travaillait dans un restaurant à Amiens, le patron le trouvait excellent et voulait l’embaucher en CDI», souligne la militante, qui précise qu’une OQTF avait été prise à son encontre par la préfecture de l’Aisne, « sous prétexte d’incohérences dans son récit de vie lors de son évaluation de minorité auprès de l’aide sociale à l’enfance ».
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Armelle Gardien voit dans ces situations « un gâchis ». « Ces jeunes sont dans des parcours de formation que des élèves français considèrent comme des pis-aller. Il est intéressant de voir que beaucoup de pétitions de soutien à leur égard émanent de patrons. » « Depuis cet été, j’ai l’impression qu’il y a une recrudescence de situations ubuesques, de cas de patrons dans des métiers en tension qui sont contents d’avoir enfin un jeune fiable, ponctuel, investi, mais qui doit arrêter de travailler », rapporte à son tour Margot Wolf, membre bénévole de Patron.ne.s solidaires. Cette association a été fondée notamment par le boulanger Stéphane Ravacley, candidat de la Nouvelle Union écologique et sociale (Nupes) du Doubs, pour lutter contre l’expulsion des jeunes apprentis. Absence d’attaches en France Sollicitée sur le sujet, la direction générale des étrangers en France n’a pas donné suite. Au moment où le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, annonce un projet de loi à la rentrée pour améliorer les éloignements et le taux d’exécution des OQTF, il est intéressant de se pencher sur les motifs qui président à celles qui visent ces jeunes. Les préfectures leur reprochent notamment l’absence d’attaches en France ou l’existence de liens familiaux dans le pays d’origine, des documents d’état civil considérés comme faux, des résultats insuffisants ou encore des absences scolaires. Armelle Gardien considère ces arguments plus ou moins fallacieux selon les situations. De fait, une partie de ces OQTF sont abrogées.

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Cela a par exemple été le cas à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour deux élèves du lycée Marcel- Cachin, qui forme aux métiers industriels du BTP. Martial, un Camerounais de 19 ans, et Gédéon, un Ivoirien du même âge, ont obtenu le réexamen de leur situation après des recours gracieux. Déjà titulaires d’un bac pro, ils pourront suivre à la rentrée un BTS en génie climatique. Moussa, un autre élève de l’établissement, lui aussi visé par une OQTF, est en attente du réexamen de sa situation. « La préfecture lui reproche un manque d’attaches familiales en France alors que son père est ici, un manque de justificatifs de présence en 2019 alors qu’il était déjà scolarisé et l’absence d’une insertion professionnelle alors qu’il doit poursuivre son bac pro électrotechnique en alternance l’an prochain chez Bouygues Energies », souligne Claire Moissonnier, professeure de français et d’histoire au lycée Marcel-Cachin, qui accompagne ces jeunes.

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Mme Moissonnier estime qu’il y a dans l’établissement « plus d’une vingtaine de dossiers d’élèves qui ont des demandes de titre de séjour en cours ». « Ils sont sérieux et intéressés. Ils tirent les classes vers le haut », assure-t-elle. Elle s’apprête à devoir se battre pour chacun d’entre eux.
Julia Pascual

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Somalie : la naissance d’un nouveau média


Éducation des jeunes filles, accès à la santé ou encore violences sexuelles, Bilan Media, un nouveau canal d’information pour sensibiliser à des sujets encore peu médiatisés.

Somalie : un média 100% féminin pour dénoncer les violences sexuelles

Bilan media est le premier média féminin en Somalie, un pays où aucune loi ne punit les violences sexistes et sexuelles.  ©bilan media/twitter


Bilan Media, c’est le nom de ce nouveau et premier média 100% féminin en Somalie. Six femmes journalistes composent l’équipe. Reportages, enquêtes, interviews : leur objectif est de mettre en lumière la situation des femmes dans la très conservatrice société somalienne. Parmi les sujets les plus tabous : les violences sexistes et sexuelles, contre lesquelles aucune loi n’existe. 

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Il y a 80 ans : la rafle du Vel d’Hiv

Des dessins poignants de Cabu sur la rafle du Vel d’Hiv exposés pour la première fois au Mémorial de la Shoah

« Cabu, dessins de la rafle du Vel d’Hiv » – jusqu’au 7 novembre 2022 au Mémorial de la Shoah. (CAPTURE D’ÉCRAN FRANCE 3 / I. RACINE)


« Ce sont des dessins sans paroles, ça c’est la phrase de Riss. Et je considère qu’on ne pouvait pas les laisser dans un carton à dessins, il fallait qu’ils soient vus par le plus grand nombre, pour expliquer ce qu’a été l’horreur de cette tragédie. » Véronique Cabut, épouse de Cabu

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Migrants: étudier en France

Quelles sont les bourses auxquelles vous avez droit ?

De nombreux jeunes rêvent de faire des études universitaires


Pour les jeunes exilés, faire ses études en France peut s’avérer coûteux. Le manque de ressources peut entraver leur parcours universitaire, et même menacer l’obtention de leur diplôme. Pour les aider au quotidien, il existe des bourses, délivrées en fonction de leur statut. InfoMigrants fait le point.

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En Afrique du Sud, les adolescentes et les jeunes femmes, premières victimes des contaminations au VIH

Abigail, 22 ans, bénéficiaire de l’association Childline. A Soshanguve, Pretoria, Afrique du Sud, le 1er juillet 2022. GULSHAN KHAN POUR « LE MONDE »


Premier foyer de l’épidémie de VIH au monde, l’Afrique du Sud est également l’un des pays les plus violents envers les femmes. La maladie reste taboue et la rudesse du système de soins public frappe durement les jeunes filles.

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Dans les Hauts-de-Seine, de plus en plus de jeunes apprentis étrangers menacés d’expulsion

Samedi 2 juillet, Resf a organisé un pique-nique dans le parc de Sceaux pour soutenir les jeunes apprentis étrangers qui ont reçu une OQTF. Crédit : InfoMigr


Dans le département des Hauts-de-Seine, de plus en plus de jeunes majeurs étrangers, arrivés mineurs en France, reçoivent des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) malgré leur scolarisation et même, souvent, des promesses d’embauche. Les associations dénoncent un acharnement des autorités.

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Femmes photographes

« Les femmes s’exposent » à Houlgate

Photographes et organisatrices de Les femmes s’exposent à l’ouverture du festival, à Houlgate, en France, le 10 juin 2022. ©Terriennes/LC

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FEMMES PHOTOGRAPHES DE GUERRE



Découvrez les œuvres de huit femmes photographes reconnues qui ont couvert 75 ans de conflits internationaux, des années trente aux guerres les plus récentes : Lee Miller (1907-1977), Gerda Taro (1910-1937), Catherine Leroy (1944-2006), Christine Spengler (née en 1945), Françoise Demulder (1947-2008), Susan Meiselas (née en 1948), Carolyn Cole (née en 1961) et Anja Niedringhaus (1965-2014). À l’aide d’une centaine de documents, plus de 80 photographies, ainsi qu’une douzaine de journaux et de magazines originaux, l’exposition « Femmes photographes de guerre » met en évidence l’implication des femmes dans tous les conflits, qu’elles soient combattantes, victimes ou témoins.

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Festival Photo MAP : les femmes photographes marquent l’édition 2022


Du 3 au 19 juin à Toulouse, le Festival Photo MAP ouvre sa 14e édition, placée sous le signe de la créativité, de la célébration, de la joie. La relève de la photographie au féminin sera présente au festival, avec des expositions qui enfin, jettent la lumière sur les femmes photographes qui marquent la scène photographique contemporaine. Toutes les informations sur le MAP sur le site du festival. (Photo d’ouverture : © Jane Evelyn-Atwood)

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« Post 4 août »: à Sète, le regard photographique intime de Myriam Boulos sur Beyrouth dévasté



Le festival ImageSingulières à Sète, dédié à la photographie documentaire consacre cette année un grand espace au Liban, à travers notamment le travail de Myriam Boulos. « Post 4 Août » est son journal de bord photographique au lendemain des explosions qui ont ravagé Beyrouth, sa ville. Un travail au long cours, vif et sensible à découvrir jusqu’au 12 juin 2022.


ÉCOLOGIE ET SÉMANTIQUE

Écologie : le dictionnaire des mots nuisibles

SOCIALTER


Le langage peut stimuler la critique, ou au contraire la neutraliser complètement. Car les mots sont tout sauf inoffensifs : ils trimballent tout un imaginaire avec eux. Développement durable, transition énergétique, vert, propre… certains termes apparemment écolos sont matraqués par les défenseurs du business as usual, faisant le lit de l’opportunisme politique tout en entretenant une mythologie profondément économiciste. Sans prétendre à la pureté linguistique, défendre la cause écologique passe par protéger ses propres mots… et décoder la sémantique de l’adversaire.

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Qui a peur du grand méchant woke ?


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Réforme de la haute fonction publique : préserver l’atout diplomatique

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Surpopulation carcérale : la Contrôleuse générale des prisons dénonce « l’inacceptable retour à son niveau d’avant Covid-19 »

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« Faire face », un livre de photographie sur les violences conjugales


Comment parler des violences conjugales, comment mettre des vies sur les chiffres ? En France, une femme est assassinée tous les trois jours par son compagnon ou son ex-compagnon. Camille Gharbi, photographe, a décidé de montrer cette réalité en images dans son livre Faire face

Egalité femmes-hommes : le combat d’Alice Milliat enfin raconté dans un documentaire


La chaîne Histoire TV rend hommage à celle qui a féminisé le sport en France, dans les années 1920.

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L’égalité éducative, vrai défi pour le ministre de l’éducation, Pap Ndiaye


La France est, parmi les grands pays de l’OCDE, celui où l’origine sociale pèse le plus sur la réussite des élèves. Dès lors, le rétablissement de la promesse républicaine d’égalité des chances apparaît comme la toute première mission du successeur de Jean-Michel Blanquer.

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L’extrême droite aux Etats-Unis, un empoisonnement meurtrier des esprits


L’éditorial du « Monde » revient sur la tuerie raciste et préméditée de Buffalo qui révèle que le terrorisme menaçant les Américains est désormais intérieur, motivé par le suprémacisme blanc.

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Journées nationales de LA CROIX ROUGE


Ces Journées nationales sont pour nous un temps fort très important qui rythme la vie de l’association et de ses unités locales. Depuis 1934, cet évènement incontournable, appelé aussi “quête nationale”, permet à nos quelque 80 000 volontaires de partir à la rencontre du grand public sur le terrain et de collecter les dons essentiels à la conduite de nos actions de proximité.

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Chasse : « La nature n’est pas à tout le monde », le président des chasseurs conseille aux promeneurs inquiets de marcher « chez eux »

Willy Scharen, le président national des chasseurs. /Photo MaxPPP


Le président de la Fédération nationale des chasseurs a estimé que les promeneurs inquiets d’être victime d’un accident de chasse devaient se promener « chez eux ».

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Événements à Troyes



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PIÈCE DE THÉÂTRE « CLIMAX » PAR LA COMPAGNIE ZYGOMATIC

© (Photo Cie Zygomatic)


par Artisans du Monde Troyes

le 12 mai 2022 de 20h30 à 22h30

A l’initiative d’Artisans du Monde, Zygomatic sera de retour au Centre Culturel Didier Bienaimé le jeudi 12 mai à 20h30 avec cette nouvelle pièce : « Climax ».

Les artistes de la Compagnie Zygomatic mettent leurs talents au service de problématiques très actuelles : dérèglement climatique, épuisement des ressources, disparition de la biodiversité. Le résultat : un état du monde qui chatouille les limites de notre civilisation et nous entraîne au sommet des diagrammes. Interprété avec un humour scientifiquement absurde, le spectacle aborde les sujets brûlants en défiant les lois de la gravité.

CENTRE CULTUREL DIDIER BIENAIMÉ

25 bis Av. Roger Salengro
10600 La Chapelle-Saint-Luc

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dans le cadre de :


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Liberté?

Egalité?

Fraternité?

Conférence publique

Intervenante : Céline PINA, femme politique, chroniqueuse, essayiste


Samedi 14 mai à 14 h (accueil dès 13h30)
Hôtel de ville de Troyes, salle du conseil

Par GOF, UPOP Aube, UFAL, DDEN, LDH


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