Le complotisme se porte bien, merci. Et il a encore de beaux jours devant lui…



À l’approche de « l’éclipse du siècle », le 12 août prochain, les complotistes de tout poil s’en donnent à cœur joie. À travers l’histoire des différentes civilisations, les éclipses solaires ont suscité toutes sortes d’interprétations, souvent funestes : devant la disparition en apparence terrifiante du Soleil, nombreux étaient ceux qui voulaient y voir le signe d’un grave événement à venir. 

Non, la Terre ne perdra pas sa gravité pendant sept secondes le 12 août 2026 !

Actuellement sur les réseaux sociaux, un scénario complètement loufoque affole une partie de la sphère complotiste. Il est ici question d’une perte totale de gravité terrestre durant quelques secondes, qui pourrait provoquer des dizaines de milliers de décès. Évidemment, un tel scénario relève purement et simplement de l’impossibilité physique.


Sur TikTok, Facebook ou X, de nombreuses vidéos affirment que les incendies du Sud-Ouest n’auraient rien d’accidentel et auraient été déclenchés pour permettre l’installation d’un vaste parc photovoltaïque au sud de Bordeaux. Une théorie du complot qui se propage depuis plusieurs jours sur les réseaux.



Ces théories fumeuses s’appuient bien sur des faits réels, ce qui peut les rendre crédibles à des esprits peu friands de la vérité scientifique.

Complotiste en chef, Donald Trump est également celui qui inspire le plus aujourd’hui les complotistes de tous bords, d’autant qu’il constitue un terrain particulièrement accessible à l’exercice d’influence. Selon The Guardian, il est décrit comme un dirigeant impulsif et sensible à la flatterie, influençable par des intérêts personnels. Le journal note également une tendance à ignorer les conseils institutionnels, tout en soulignant sa capacité de manipulation médiatique.

Dans un discours prononcé le jeudi 16 juillet, le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois dénoncé des fraudes électorales massives issues de l’étranger pendant le scrutin présidentiel de 2020. Comme à son habitude, Donald Trump ne s’est pas embarrassé avec la vérité puisqu’il a déclassifié au passage des documents qui contredisent ses affirmations. Une stratégie destinée à consolider sa base à l’approche des élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles pour les Républicains.



N’était-il pas devenu, il y a quelques mois, avec son fils Barron, un « voyageur temporel » ?



La Première dame de France a dû s’y prendre à 3 reprises pour faire condamner 10 personnes pour harcèlement moral aggravé, à qui était reprochée la « volonté de nuire à la plaignante », dans des « termes malveillants, dégradants et insultants » sur sa « prétendue pédocriminalité » ?



L’affaire Epstein a emballé la sphère complotiste du monde entier. Depuis la publication, à la fin du mois de janvier, de plus de 3 millions de documents liés à Jeffrey Epstein, tout le monde peut se plonger dans ces dossiers, ces « files », composés de courriels, images et autres vidéos, en lien plus ou moins direct avec le criminel sexuel américain. Et ça fait la joie de certaines personnes complotistes qui disent : « Vous voyez, on avait raison depuis le début ! Il y a bien une alliance internationale des puissants pour commettre des choses atroces. Et, en plus, tout ça était orchestré par un homme riche, juif, n’en jetez plus, c’est trop de bonheur… »



Saga Epstein : coincés entre « complotistes » et « élitistes ».

De nouvelles révélations sur les circonstances de la mort de Jeffrey Epstein dans une prison de l’État de New York ravivent des théories dont les médias majeurs tardent à se faire l’écho.  



Les complotistes avaient-ils raison ? Que nous dit la publication des fichiers Epstein de l’angle du complotisme ? Dans cette vidéo, Climarx revient sur le terme de « théorie du complot » et sur les tendances réactionnaires qu’il peut dissimuler. Finalement, le cœur du sujet, les violences sexuelles, ont d’emblée été reléguées au second plan du débat public.




Les météorologues en prennent pour leur grade depuis le début des canicules à répétition de cet été.

« Ils nous traitent de menteurs, de pitres, de complotistes » : le climatoscepticisme s’invite sur les pages météo en Charente-Maritime. Les météorologues amateurs du département font face à une flambée de commentaires climatosceptiques depuis le début de la canicule. Plusieurs d’entre eux poussent un coup de gueule.

D’autres, accusés d’être des menteurs « payés par le gouvernement », doivent faire face à un torrent d’insultes complotistes sur les réseaux sociaux.



Tout devient prétexte à des accusations complotistes, jusqu’à l’euro numérique, projet du Parlement européen qui suscite de nombreux fantasmes autour de cette monnaie virtuelle.



La Coupe du monde de foot 2026 a été le théâtre d’une situation exceptionnelle qui a redonné des munitions à ceux qui martèlent que l’événement est truqué, alors que la FIFA a annulé un carton rouge décerné aux meilleurs buteurs des États-Unis après un appel de Donald Trump.



C’est sans doute le domaine de la santé qui, depuis la crise du Covid, suscite le plus d’informations contradictoires, la plupart issues des élucubrations de personnages placés à différents niveaux de la chaîne décisionnelle, sur le plan politique autant que scientifique.

Un sénateur américain met en ligne, un week-end de juillet, 1 141 pages du journal intime d’un ancien haut fonctionnaire de la santé. Quelques jours plus tard, cet homme se présente devant une commission du Congrès et invoque plus de cinquante fois son droit à ne pas répondre. Le sujet de tout cela : l’origine d’un virus dont la science nous a expliqué, dès le printemps 2020, qu’elle était réglée, et dont toute mise en doute publique valait à l’époque le qualificatif de complotiste. Beaucoup d’agitation, donc, autour d’une question officiellement close.



Hantavirus : en mai 2026, l’émergence du virus andin sur le « MV Hondius », un navire de croisière traversant l’Atlantique, a ravivé le terreau des complotistes les plus médiatiques, jusqu’à un haut niveau de responsabilité aux États-Unis.

Alors que 27 Français sont à l’isolement, identifiés comme cas contact à l’hantavirus après avoir été rapatriés d’un bateau de croisière où cette maladie a été détectée, on assiste à une vague de désinformation sur les réseaux sociaux autour de cette épidémie. Ce sont en fait tous les récits complotistes développés pendant la pandémie de covid-19 en 2020-2021 qui font leur grand retour, avec les mêmes théories et les mêmes grandes figures pour les incarner. D’après l’Agence de vérification de Radio France, mardi 12 mai, huit des dix publications les plus partagées sur la plateforme Facebook au sujet de l’hantavirus étaient issues de mouvances antivaccin et/ou complotistes.

8 des 10 contenus les plus partagés sur Facebook en France sont trompeurs ou complotistes. Les contenus trompeurs ou complotistes concernant l’hantavirus explosent sur les réseaux sociaux, dopés par les sphères conspirationnistes et antivaccins, particulièrement actives sur Facebook. Au total, 5 000 contenus ont été publiés en France en deux jours.




Vaccins à ARNm : peut-on encore convaincre les complotistes des réels bénéfices ?

The Lancet a publié le 30 juin 2026 une vaste synthèse sur les bénéfices apportés par les vaccins à ARN messager. Il n’est toutefois pas sûr que la revue britannique soit déposée sur la table de chevet des complotistes réfutant les progrès apportés par cette nouvelle technologie. 




Mais, pourquoi les complotistes s’acharnent-ils autant sur l’Organisation mondiale de la santé ?

La vidéo d’une journaliste scientifique autrichienne complotiste a refait surface sur X. Dans ces images datant de 2009, elle y accuse l’OMS d’orchestrer un complot mondial pour prendre le contrôle de la population.



La théorie du complot du Big Pharma : quand le business de la santé mène à des dérives.

L’industrie pharmaceutique représente aujourd’hui un marché particulièrement lucratif. On estime que les plus grandes multinationales du secteur font de 45 à 90 milliards de chiffre d’affaires annuel. Ces laboratoires pharmaceutiques font de la recherche, développent des traitements brevetés, produisent des vaccins. Mais, derrière l’enjeu sanitaire se cachent de nombreux enjeux économiques et notamment une logique centrale de rentabilité. Recherche publique, brevets privés, remboursements collectifs, course au médicament mondial. Graduellement, un modèle s’est installé.






Il est impossible de dresser ici un inventaire exhaustif des cas de complotisme avérés durant ces derniers mois. On pourra toutefois consulter la série d’articles consacrés au sujet par le Canard enchaîné du 15 au 25 juillet ainsi que d’autres liens utiles :

Sondage IFOP sur les musulmans – Qui parle derrière les chiffres ?



Attention, sondage sensible ! Par son objet : le rapport à l’islam des musulmans de France. Par sa conclusion : l’intégrisme progresse, surtout chez les plus jeunes. Cette étude de l’Ifop sera âprement débattue.




Nous vous épargnerons les réactions intéressées et nauséabondes des médias d’extrême-droite qui sautent sur l’occasion sans hésiter un instant, pour nourrir à un moment fort opportun la séquence identitaire, en lui donnant un vernis de “réalité mesurée”, sous couvert d’une pdeudo-réalité scientifique.

Celles de certains politiques en embuscade ne se font pas attendre.


Montée de l’islamisme : Bruno Retailleau annonce le dépôt d’un texte pour lutter « contre l’entrisme municipal »



D’autres analyses nous permettent heureusement de ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu.


« C’est une identité fantasmée » : trois imams réagissent au sondage sur les jeunes et l’islamisme.



Un sondage IFOP sur « l’islamisme des musulmans » affole les plateaux télé des chaînes d’information. Mais qui parle vraiment derrière ces chiffres ? Média d’influence, campagne de diffamation d’ampleur, calendrier électoral… Sondage neutre ou arme politique ? Enquête sur un récit écrit d’avance.



Gageons que d’autres sondages du même type ne vont pas tarder à être publiés par les officines réactionnaires et islamophobes, qui voient dans tout musulman un dangereux terroriste islamiste, à plus forte raison s’il est jeune et s’il est défendu contre les attaques racistes par des militants nécessairement « islamogauchistes ».

Il y a deux ans, utlisant alors d’autres ficelles, celles-ci et leurs hérauts s’en prenaient aux associations de défense des droits humains et, en tout premier lieu, à la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).


« Je m’attendais à mieux d’Élisabeth Borne », regrette le président de la LDH.

Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), réagit aux propos de la Première ministre qui a évoqué mercredi 12 avril [2023] devant le Sénat « les ambiguïtés face à l’islamisme radical » de l’association fondée en 1898.



Plus récemment, la LDH s’inquiétait que le « discours de responsables politiques stigmatise depuis quelques années les musulmans, qu’ils soient Français-e-s ou résident-e-s en France, tantôt suspectés d’être au cœur d’un complot « séparatiste », tantôt désignés comme « entristes» ou pire encore. »



Peu de temps après, la LDH se mobilisait contre les discours qui diffusent la haine envers des groupes religieux, tenus sous « couvert d’humour, [par] un candidat du Parti de la France [qui] assimile les personnes de confession musulmane à des personnes profitant du système d’aides sociales français.« 



Deux mois plus tard, une cinquantaine de personnalités dénoncaient la dérive dangereuse d’un autre « responsable politique de haut niveau » envisageant « expressément un traitement différencié de l’islam« .



Pourtant, « La laïcité est, en France, au cœur d’une conception citoyenne de la République, et de la société. Elle est inséparable d’une démocratie vivante, qui ne se résume pas en un exercice électoral, et d’une recherche constante de l’égalité des droits.

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Depuis quelques années, l‘essentiel du débat se déroule autour de l’Islam. Cette religion focalise sur elle bien des images et des peurs : jeunes filles voilées, banlieues, et donc immigration, sous la coupe de l’intégrisme, terrorisme, etc. ce sont ces clichés qui provoquent, lorsque la construction d’un lieu de culte musulman est envisagée, les réactions que l’on sait. C’est pour les mêmes raisons que certains proclament l’incompatibilité définitive de l’Islam et du « modèle français d’intégration ».

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Aucune raison ne permet de soutenir que l’Islam empêche les musulmans de s’intégrer dans ce contexte : l’hypothèse selon laquelle l’Islam, en raison de son corps de doctrine, serait incompatible avec la République revient à ignorer que ce discours a déjà été tenu à propos de l’Église catholique. Il ne ressort pas des préoccupations de la laïcité d’établir un classement entre les dogmes.

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Dès lors, l’Islam, en tant qu’élément de visibilité sociale, est utilisé comme une raison supplémentaire, presque comme un alibi, pour rejeter ces populations dont, en fait, c’est la présence en France qui est mise en cause.

A ignorer cette dimension, on condamne la laïcité à ne plus être que l’affirmation abstraite de valeurs contredites quotidiennement dans la pratique : cela vaut pour tous, musulmans ou non.

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Pour un projet laïque :

Les enjeux sont à la fois permanents et diversifiés.

D’une part, la laïcité ne peut ignorer l’existence et la place de l’Islam dans notre société ; elle reste ce cadre indispensable, qui offre et le respect de la liberté de conscience et la garantie du libre exercice des cultes.

D’autre part, la sécularisation relative de la société, la mondialisation économique et la modification du paysage culturel, social et religieux que connaît la France imposent à la laïcité d’ouvrir de nouveaux champs de réflexion et de répondre à des enjeux nouveaux.«