Colonies, Auberges de jeunesse… Est-ce la fin des vacances populaires ?




Colos, villages vacances, Auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?



Les congés payés


Elles ne se seraient pas développées autant sans les congés payés, conquête sociale majeure obtenue sous le gouvernement du Front populaire.



Les jolies colonies de vacances


« Il s’agissait de prendre dans les écoles primaires […] un certain nombre d’enfants pauvres, choisis parmi les plus malingres et les plus souffreteux, et les emmener pendant les vacances loin de Paris, en montagne ou en forêt, pour y faire une cure d’air. » Edmond Cottinet, journaliste, 1885

Au début, les colos, ce n’était pas vraiment dans du dur, mais à la dure, dans des hébergements sans confort. Avec le temps, le concept a évolué et gagné en popularité. En 1912, plus de 80 000 enfants français sont partis en colo. 


Hélas, elles n’ont plus vraiment la cote, prises entre 2 feux, celui de leurs coûts et la question réactivée récemment des violences sexuelles faites aux enfants dont Darmanin voudrait bien se défausser sur la magistrature. Hors, on sait que, si des cas ont bien été signalés dans le cadre de collectivités, la majorité d’entre elles sont perpétrées dans l’entourage direct des enfants.

On annonce leur fin, constatant que de nombreuses associations de colonies de vacances et d’éducation populaire ferment leurs portes en raison de difficultés financières croissantes, exacerbées par la réduction des financements publics et l’inflation.


On trouve pourtant des offres très alléchantes pour des colonies dans des contrées lointaines (Tokyo, Osaka, Los Angeles, Louisiane, New-York, Norvège…)


Mais on peut se permettre de  douter que celles-ci soient accessibles aux enfants de familles aux revenus moyens et à plus forte raison modestes.

Les séjours abordables (cela reste encore à prouver) ne durent que quelques jours ou au maximum une petite semaine et souvent hors saison estivale. Les aides de la CAF sont plafonnées en fonction du quotient familial à 500 ou 700 €, qui ne couvrent pas toujours les frais du séjour.




Les Auberges de jeunesse



En 1936 arrive la victoire du Front populaire et ainsi commence l’âge d’or des Auberges de jeunesse. Sous l’impulsion de Léo Lagrange, alors Ministre des sports et des loisirs, tout est mis en œuvre pour que les congés payés deviennent une réalité dans la vie des Français (développement des Auberges et campements, billets de train à prix réduits, subventions etc…). 

En 1956, la FUAJ, Fédération Unie des Auberges de Jeunesse est créée, issue du rassemblement de toutes les associations françaises animant et gérant des Auberges de jeunesse.

Les années quatre-vingt seront synonymes de renouvellement et d’adaptation à un environnement économique de plus en plus difficile. Edith Arnoult-Brill, élue Secrétaire Générale de la FUAJ en 1988 a pour mission de moderniser le mouvement, en s’adaptant aux nouvelles réalités sociales. La FUAJ reste impliquée dans la politique de soutien aux jeunes demandeurs d’emploi, elle poursuit sa « diversification » au travers d’évènements internationaux comme les Chantiers-Rencontres internationales, elle crée sa carte famille etc.

Les années deux mille seront guidées par une réforme de la gouvernance de la FUAJ dont l’objectif opérationnel est bien de permettre l’épanouissement personnel de chacun lors de son séjour en Auberge de jeunesse « gérer l’idéal et l’économie ».


Fragilisée depuis la crise sanitaire, la Fédération unie des Auberges de jeunesse (FUAJ) a été placée en redressement judiciaire en 2025 et a été reprise en 2026 par l’Office national des Auberges de jeunesse (ONAJ). L’essentiel du réseau et des emplois ont été préservés.


Le secteur multiplie les tentatives pour réhabiliter les Auberges de jeunesse.


Pour résister à la vogue très lucrative des hostels, les auberges de jeunesse se modernisent en recentrant leur projet associatif sur l’accueil de tous et l’ouverture à l’autre.





L’ Auberge de jeunesse de Rosières-près-Troyes



Créée le 1er janvier 1938, elle est le siège social de l’association ASS DEPT DES AUBERGES DE JEUNESSE et son unique établissement.

Elle fait partie du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Malgré les turbulences connues par le secteur de Auberges de jeunesse, elle continue d’être le lieu d’accueil que recommandent les voyageurs du monde entier, qui découvrent et apprécient ce lieu lors de leur passage dans l’Aube. Ils se refilent le tuyau sur les réseaux sociaux et dans les guides pour globe-trotters.

Elle fêtera ses 90 ans l’année prochaine.



L’ouverture à tous, la diversification des activités et le besoin de rentabilité connaissent déjà leurs limites.



Tout récemment, nous avons été alertés après coup pour la tenue d’une réunion du RN à l’Auberge de jeunesse de Rosières le 10 juillet dernier. Il y a effectivement de quoi s’interroger sur un tel mélange des genres et sur la pertinence d’une telle réunion politique au sein d’un espace réservé à l’hébergement de loisir dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Le RN n’a effectivement pas sa place dans ce lieu qui accueille dans un esprit universaliste et sans distinction les personnes de tous âges, de toutes cultures, de toutes origines et de tous horizons ; ceux qui voyagent pour la première fois, ceux pour qui voyager n’a plus de secrets, les voyageurs solitaires, les groupes d’amoureux des voyages, etc.

Le RN développe des théories et des propos racistes, xénophobes, homophobes, haineux à l’égard des étrangers et de toute personne différente et s’inscrit totalement en faux avec les valeurs universalistes et tolérantes des Auberges de jeunesse. Le RN ne voyage pas. Il prône l’immobilisme et reste englué dans ses discours d’un autre temps dans un monde qui connut sa gloire au cours des plus sombres années du XXème siècle.

Renseignements pris, nous avons été informés du fait que la direction reconnaît avoir commis une erreur et qu’elle regrette profondément de n’avoir pas appréhendé l’incompatibilité manifeste entre les valeurs de son établissement et celles de ces hôtes occasionnels. Elle reçoit par ailleurs au même titre syndicats et organisations populaires, ce qui semble ne pas plaire à certains élus municipaux troyens, qui menaceraient de saisir le Conseil départemental…

Nous considérons pour notre part cette affaire comme une provocation, de la part de ce parti politique aux relents néonazis, envers les forces et organisations progressistes qui partagent les valeurs des Auberges de jeunesse.

Nous appelons les responsables de ces établissements à la plus grande vigilance face à ces incursions détestables de l’extrême droite qui cherche à propager la haine partout où elle passe.

Les Auberges de jeunesse doivent demeurer les havres de paix, de bien-être, de tolérance, d’ouverture et du vivre ensemble qu’elles ont toujours été. Et nous sommes déterminés à les défendre.


RD

François Baroin, le maire qui se cherche… et se perd dans la communication


En ce jour de Fête Nationale, la « fête qui nous rassemble », célébrée cette année dans la démonstration de force, et en plein cœur de cette troisième canicule de l’année, on ne peut oublier l’année 2003, qui demeure dans les esprits comme très chaude sur le plan climatique, mais également à propos de la laïcité, thème dont s’empare alors François Baroin.

Celui-ci qui se déclare comme « le fils d’un ancien grand maître du Grand Orient de France » dit avoir « grandi dans un environnement baigné de valeurs laïques ».

Auteur d’un rapport sur la laïcité demandé par Jacques Chirac, le vice-président de l’assemblée nationale affirme dans Le Nouvel Observateur en juillet 2003, qu’à travers le problème du voile c’est « l’identité nationale »* qui est « en question »…

Il se prononce déjà contre le port du voile et pour celui de l’uniforme à l’école. On retiendra pourtant que les francs-maçons ont pris clairement position contre une loi sur le voile à l’école et contre toute modification de la loi de 1905 qui organise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.


Le 28 octobre 2003, le parlement adopte la Loi relative à la maîtrise de l’immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité.

Le Conseil constitutionnel censure une partie de celle-ci le 20 novembre de la même année.


Nicolas Sarkozy met en place un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, par le décret du 18 mai 2007.

Cette idée se trouvait au cœur de la campagne du candidat à l’élection présidentielle, dont le porte-parole n’était autre que François Baroin.

En 2009 François Baroin, pourtant instigateur de l’idée 6 ans plus tôt, déclare : « Le débat sur l’identité nationale ne peut que servir le FN« . Pour le député UMP de l’Aube, « confondre identité nationale et immigration revient à présenter l’étranger comme la cause de toutes nos difficultés ».



En 2011, il embarrasse son propre camp en prétendant que les socialistes ont pris le pouvoir « par effraction » en 1997. Il ne s’en est jamais excusé.


En 2016, sa prise de position, qualifiée de « premier pas de côté » à propos du burkini, qu’il présente comme un « élément de terreur », soulève pas mal de vagues au sein de l’Association des Maires de France (AMF) qu’il préside.


La même année, il se pose en fervent défenseur de Nicolas Sarkozy, qui sera plus tard cité ou mis en cause dans 10 affaires judiciaires dont certaines conduiront à plusieurs condamnations à de la prison ferme, confirmées en appel et en cassation.


En mars 2017, il se montre piètre stratège en s’affichant aux côtés de François Fillon pour le « pousser vers la sortie ». Souvent cité comme « plan B » potentiel, sa présence achève au contraire de convaincre Fillon de ne rien lâcher. Mal lui en prendra.


En mai 2017, il se voit déjà Premier ministre. Ce ne sera pas le choix d’Emmanuel Macron.


C’est alors que, invité sur le plateau des « Grandes gueules » de RMC, il annonce son souhait de mettre un terme à sa carrière politique sur le plan national.


7 ans plus tard, en juin 2024, François Baroin déclare qu’Emmanuel Macron ne pourra pas, constitutionnellement, rester à l’Elysée jusqu’en 2027.


En octobre 2025, sur Monaco Hebdo (rien que ça) François Baroin dit :  « Qu’on aime Emmanuel Macron ou pas – j’en suis un opposant depuis son premier mandat – il doit rester au pouvoir, car sa démission serait un événement extrêmement déstabilisant pour nos institutions, pour l’économie, et surtout pour les investisseurs, dont les décisions sont les plus redoutées. Il faut absolument l’éviter. »

Le maire de Troyes, « éternel espoir de la droite », fait l’objet d’un documentaire diffusé sur Public Sénat le 15 novembre 2025, où il laisse la porte ouverte à une candidature pour la prochaine élection présidentielle.

Suite à sa réélection après avoir été contraint à un 2ème tour aux municipales de 2026 (une grande première pour lui, puisque sa liste a été élue avec seulement 7106 suffrages sur 30282 inscrits, ce qui est loin de ressembler à un plébiscite), François Baroin annonce son retour dans le débat politique national en vue de la présidentielle de 2027 et la rédaction d’un livre programme dont la parution pourrait avoir lieu à l’automne, signal renforcé rouvrant la porte à un éventuel retour. Depuis, les spéculations vont bon train.


Le 15 juin 2026, Public Sénat lui remet le couvert avec ce même film qui « retrace le destin d’un jeune surdoué devenu l’homme politique le plus déroutant de sa génération et dont les ambitions demeurent surtout encore et toujours bien mystérieuses à l’approche d’une échéance majeure. »


Celui qui pourrait « faire un ticket avec Bruno Retailleau pour la présidentielle », l’un « en caution morale », l’autre « devant », serait plutôt vu par certains plutôt à l’Elysée qu’à Matignon…


Ce qui pourrait expliquer cette ardeur à communiquer à tout va par tous les moyens à sa disposition.

Mais, comme on le voit, certaines tentatives de communication font parfois des flops, en particulier quand les effets d’annonce sont contrariés par la justice. L’article paru dans la presse locale samedi dernier ne laisse aucun doute sur les motivations purement politiques au seul bénéfice de François Baroin, dans ses prises de position ou promulgations d’arrêtés, dont le dernier en date vient d’être en grande partie retoqué par la justice administrative sur requête de la LDH.

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Outre certaines restrictions illégales au droit de manifester, François Baroin n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour limiter dans sa ville le droit d’expression.

Un précédent arrêté du maire de Troyes a déjà fait l’objet d’une procédure. La Mairie de Troyes promulgue le 19 septembre 2025 un arrêté interdisant la pose et l’affichage de drapeaux palestiniens et toute manifestation politique relative à un Etat étranger sur le domaine public et les bâtiments publics de la commune. La légalité d’un tel arrêté est contestable et les organisations troyennes qui défendent le droit de manifester et la liberté d’expression, dont la LDH, déposent un référé liberté contre cette atteinte aux droits et aux libertés. L’affaire est toujours en cours d’examen.

Les communications contradictoires, malgré la persistance de quelques idées fixes, qui se succèdent à fréquence accélérée, sur les réseaux sociaux notamment, laissent les observateurs un peu dubitatifs devant tant de versatilité et d’étalage de contre-vérités.

On pourra en avoir un aperçu révélateur dans ce communiqué, véritable morceau d’anthologie au regard de la décision du juge des référés, publié sur Facebook quasiment simultanément avec la publication du délibéré dont il fait état, et dans lequel François Baroin maquille consciencieusement la vérité à son seul avantage, laissant au final dans la plus grande des contrariétés son adjoint à la sécurité, qui s’était pourtant enorgueilli de la pertinence de cet arrêté et de sa certitude qu’il ne pouvait être contesté.

Communiqué du maire de Troyes :

Ville de Troyes

Le 7 juillet à 19h46

 Communiqué de François Baroin, Maire de Troyes

François Baroin se félicite que par une ordonnance en date du 7 juillet 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne confirme la légalité de l’arrêté municipal du 17 juin 2026 relatif à la protection des enfants non accompagnés dans l’espace public pour la période correspondant à la Coupe du Monde de football jusqu’au 19 juillet 2026. Dans son ordonnance, le juge relève notamment que « la mesure en cause ne saurait être regardée, ni dans son principe ni dans ses modalités, comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (…) », confirmant ainsi que les mesures étaient justifiées et proportionnées durant cette période marquée par un afflux exceptionnel de public.

L’ordonnance confirme également la pleine compétence du maire pour édicter de telles mesures de police administrative. Le tribunal rappelle « qu’il résulte des termes mêmes de cet arrêté que celui-ci ne vise pas uniquement à prévenir les atteintes à la tranquillité publique et a essentiellement pour objet d’assurer la protection de l’intégrité physique et psychique des mineurs » et reconnait qu’il appartient au maire, y compris dans une commune où la police est étatisée, de prendre les mesures nécessaires afin de préserver le bon ordre, la sécurité et la tranquillité publics lors de périodes de forte concentration de personnes.

Après la finale de la Coupe du Monde, l’arrêté prendra donc fin ; l’objectif principal étant la protection des mineurs pendant cette période particulière.

Au-delà de cette date, la protection de l’enfance demeurera notre priorité et toutes les mesures nécessaires seront prises pour la garantir.



On appréciera l’objectivité.

Parmi les fonctions d’un maire, on ne trouve nullement la publication de communiqués, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, servant des intérêts personnels ou politiques, à plus forte raison un parti avec sa doctrine et son idéologie.



On ne trouve pas non plus de place pour l’auto-promotion d’un éventuel hypothétique et soi-disant indécis futur candidat à une fonction d’Etat.

Un arrêté est un acte administratif réglementaire non créateur de droits.

Troyes peut s’enorgueillir de son fabuleux patrimoine historique, architectural, industriel, fort bien mis en valeur au demeurant. Mais avoir fait de sa ville une vitrine touristique, au point d’avoir relégué en périphérie la majorité des personnes à revenus plus modestes, y avoir réduit à peau de chagrin les subventions aux associations, celles de prévention notamment, en exclure toute tentative d’expression de la conscience populaire et de la jeunesse, l’avoir truffée de caméras de surveillance, avec l’espoir de faire monter les effectifs de la police municipale à 100 à l’horizon 2030, au seul bénéfice de la garantie de la sécurité des touristes et, surtout, de sa propre image, ne relève certainement pas non plus des fonctions d’un maire.


*A propos de l’identité nationale, on pourra lire avec intérêt Gérard NoirielÀ quoi sert « l’identité nationale » ?, Marseille, Agone, coll. « Passé et présent », 2007, 156 p., EAN : 9782748900804.

RD

L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir d’État est toujours une bascule




La démocratie, les droits et l’État de droit sont confrontés en France à une menace existentielle, celle de la bascule vers le fascisme-illibéralisme qui a infailliblement lieu lorsque les extrêmes droites arrivent au pouvoir d’État.

Des pays considérés comme démocratiques ont connu cette bascule systémique : Hongrie, Pologne, Italie, États-Unis.

Avec des différences propres à chaque pays, l’offensive des extrêmes droites se déploie selon trois dimensions essentielles – sociétale, idéologique et politique. Elle remet partout en cause la légitimité de la démocratie et de l’État de droit et l’universalité des droits.

Troyes: couvre-feu pour les mineurs. L’extrême droite en rêvait. François Baroin l’a fait



L’arrêté est ainsi motivé :

Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d’hommes, tels que les foires, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics ; »,

Des fêtes de Pâques et jusqu’aux fêtes de la Toussaint, la Ville de Troyes connaît un afflux touristique significatif, plus important que le reste de l’année

Le Mondial de foot en Amérique du Nord et en Amérique centrale entre le 11 juin et le 19 juillet 2026, induit la diffusion des matchs à des horaires très inhabituels et à une heure avancée de la nuit et des rassemblements très importants de populations dans les estaminets du centre-ville de Troyes qui interviennent à une période de fin d’année scolaire et de congés estivaux ou quasi-estivaux,

Les conditions climatiques se caractérisent par une chaleur massive et continue et favorisent la consommation importante de boissons alcoolisées, pouvant désinhiber des individus aux mœurs dissolues ou aux pulsions incontrôlées, lors des soirées de diffusion des matchs de football à des heures avancées de la nuit,

Des rassemblements qui imposent que le Maire prenne, au titre de ses pouvoirs de police administrative générale, les mesures topiques, strictement proportionnées, pour protéger l’intégrité des mineurs et prévenir toute rencontre fâcheuse avec des tiers susceptibles de mettre en cause leur intégrité physique, pour prévenir tout rapt mais aussi toute atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’un enfant,

Le risque d’actes de dépravation pénalement répréhensibles qu’il appartient au Maire, par l’adoption de mesures préventives au titre de ses pouvoirs de police administrative, d’éviter la survenance de tels faits,

La taille des enfants plus réduite que celle des adultes ne permet pas de veiller à leur intégrité dans les lieux où se font de grands rassemblements.

Les risques sus-décrits sont substantiellement amoindris lorsqu’un mineur est accompagné par un adulte titulaire de l’autorité parentale, L’interdiction faite à tout adulte titulaire de l’autorité parentale de délaisser l’enfant dont il a la garde, dans le centre-ville de Troyes la nuit entre 23h00 et 6h30, entre le jeudi 18 juin 2026 et le mardi 1er septembre 2026 date de la rentrée scolaire, constitue une atteinte mesurée et proportionnée à la liberté d’exercice de l’autorité parentale


Marc Sebeyran, promu à la sécurité après avoir sévi à la culture pendant des décennies, semble bien sûr de lui quand il affirme que l’arrêté est tout ce qu’il y a de plus légal: « Je n’ai aucune crainte. La base juridique est solide. »



La LDH a saisi la justice à Clermont-Ferrand.

C’est un arrêté municipal qui ne passe pas. Ce jeudi 18 juin, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a saisi le tribunal administratif de Clermont-Ferrand d’un référé-liberté pour obtenir la suspension du couvre-feu instauré par le maire LR Julien Bony à l’égard des mineurs de moins de 16 ans durant la Coupe du monde de football. C’est que nous indique Me Jean-Louis Borie, avocat de la LDH, confirmant les informations de nos confrères du journal La Montagne.

Une procédure d’urgence

Le référé-liberté est une procédure exceptionnelle. « Elle permet au juge administratif de suspendre en urgence une décision de l’administration lorsqu’il estime qu’elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, explique Me Jean-Louis Borie. En l’occurrence, la liberté invoquée est celle d’aller et venir ». Le tribunal dispose en principe de 48 heures pour statuer. L’avocat espère une audience dès vendredi : « Le juge des référés pourrait rejeter sans débat ma requête en disant qu’il n’y a pas d’urgence, ça m’étonnerait quand même. »



Une telle action avait donc déjà été menée à Béziers en 2024 (en vain) ; d’autres sont en cours à Moulins, Le Puy-en-Velay, Toulouse…



Des réactions à chaud de militantes et militants pour les droits humains 

Cette motivation est très générale et pas étayée, ne fait pas appel à des éléments concrets et à des constats chiffrés. La mesure n’est pas ciblée : durée de la période, âge non défini, périmètre d’application. Elle n’est pas proportionnée à la situation et à la réalité des risques encourus par les mineurs. Cet arrêté constitue plutôt une restriction de liberté qui porte une atteinte grave à un droit fondamental à valeur constitutionnelle, à savoir la liberté d’aller et venir. Ce type de décision participe des attaques régulières de certains responsables politiques contre l’Etat de droit au prétexte d’assurer la sécurité.

Des arrêtés qui amènent à s’interroger sur leurs conséquences en termes de libertés publiques. Il y a d’autres voies pour garantir la sécurité et protéger les mineurs que celles consistant à habituer l’opinion à restreindre les libertés et à s’engager dans une sorte de dérives sécuritaires instaurant un climat délétère au lieu de promouvoir des mesures de prévention.

H .

Les faits de violences chez les jeunes ne sont pas pires que ceux commis par les « adultes » et c’est inconcevable de penser la protection des mineurs en les privant de leur droit d’aller et venir. Il convient de faire respecter les lois existantes (pas de vente d’alcool aux mineurs par exemple…) mais c’est de la discrimination pure et dure de les obliger à un couvre-feu. Souvenez-vous, nous avons tous été lycéens.

Je trouve cette mesure très très excessive et appartenant à un monde révolu. Regardons l’avenir et ayons confiance dans cette nouvelle génération que nous avons élevée et portée sur nos épaules.

F.

Félicitations à Benoit Soilly pour les bonnes questions auprès de Marc SEYBERAN.

Encore une fois, la prévention n’est pas citée dans les 4 pages, à l’exception de Pascal LANDREAT.

La LDH et d’autres assos (qui ont les même valeurs d’éducation) font des interventions auprès des jeunes depuis plusieurs années ; et pourtant, d’après un courrier des années 2020, nous ne rentrons pas dans la politique de la ville, dixit François BAROIN????!!!!??????

« Répression, répression, bandes de petits cons ».

Toutes ces mesures sont inacceptables et complètement inefficaces !

Une nouvelle société se met en place, favorisant la répression, le pouvoir de l’argent facile etc…; mais les adultes, que montrent-ils à nos jeunes, sinon le vol envers les citoyens, le mensonge envers leurs électeurs, le non-respect envers l’équilibre de la nature qui est détruite, l’encouragement à la violence en autorisant les matches de MMA, en France depuis 5 ans etc….???? 

Je n’apprécie pas le fait que la police doive gérer tous ces jeunes en mal d’existence envers notre société, ainsi que le CDE, géré par le Conseil Départemental, qui, déjà, n’arrive pas à suivre et n’a pas les moyens financiers pour améliorer le cadre de vie de ces jeunes qui n’ont pas eu la chance de vivre au sein d’un giron familial équilibré…

G.




J’aime beaucoup, dans les motivations de l’arrêté, la mention du « maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d’hommes, tels que les foires, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises [sic] et autres lieux publics », ainsi que celle des « estaminets du centre-ville de Troyes » et surtout celles d’ « individus aux mœurs dissolues ou aux pulsions incontrôlées » et « Le risque d’actes de dépravation pénalement répréhensibles… »

Mais où F. Baroin (et son directeur général des services) sont-ils allés chercher de tels arguments ?  Dans de vieux factums et mémoires judiciaires de l’Ancien Régime, sans doute.

Le couvre-feu était effectivement une mesure de précaution au Moyen-Age pour éviter les incendies dans les cités en pans de bois. « Il a fait plusieurs retours dans l’histoire : lors du siège de Paris en 1870, lors de l’occupation en 1940 ou en 1961, lors de la guerre d’Algérie. Il semblait appartenir au passé. Il est revenu brusquement. Et il appartiendra un jour ou l’autre de nouveau au passé. On n’arrête pas l’histoire. » C’est ce qu’on pensait en 2021 lors de la crise du Covid…


Nous avions bien compris que le LR François Baroin cède à l’extrême droite, pour ne pas dire qu’il vire, et s’enfonce chaque jour davantage…

R.



La section LDH de l’Aube a adressé à la LDH nationale un courrier l’informant qu’elle estime qu’il convient de contester l’arrêté municipal du 17 juin 2026 en référé devant le tribunal administratif de Châlons en Champagne.


Position de la LDH relative à l’arrêté du 17 juin 2026 du maire de Troyes instaurant des mesures de protection des enfants non accompagnés du titulaire de l’autorité parentale, dans l’espace public

Dans ses considérants, l’arrêté du 17 juin 2026 fait état d’une situation qui impose au Maire de Troyes de prendre, au titre de ses pouvoirs de police administrative générale, des mesures dites topiques, strictement proportionnées, pour protéger l’intégrité des mineurs et prévenir toute rencontre fâcheuse avec des tiers susceptibles de mettre en cause leur intégrité physique, pour prévenir tout rapt mais aussi toute atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’un enfant.

Il en résulte une interdiction faite à tout adulte titulaire de l’autorité parentale de délaisser l’enfant dont il a la garde, dans le centre-ville de Troyes la nuit entre 23h00 et 6h30, entre le jeudi 18 juin 2026 et le mardi 1er septembre 2026 date de la rentrée scolaire, qui constituerait une atteinte mesurée et proportionnée à la liberté d’exercice de l’autorité parentale.

Pour le maire de Troyes, cet arrêté constitue une mesure de protection des enfants non accompagnés du titulaire de l’autorité parentale, dans l’espace public, qui ne serait pas un arrêté couvre-feu. En fait, pour un motif de sécurité, la conséquence directe de l’arrêté est bien d’instaurer sans le nommer un véritable couvre-feu pour tous les mineurs.

Le couvre-feu est une mesure qui présente un caractère exceptionnel, il s’agit d’une restriction de liberté qui porte une atteinte grave à un droit fondamental à valeur constitutionnelle, à savoir la liberté d’aller et venir.  La jurisprudence met en évidence que le recours à ce dispositif doit être adapté et proportionné à la réalité des faits. Il doit résulter d’une évaluation précise des circonstances locales et de la situation qui le motivent, en s’appuyant sur des éléments concrets et précis, des données chiffrées, un ciblage géographique et par âge, une durée adaptée au contexte

Or, l’arrêté n’est motivé que par des considérations d’ordre général en aucun point étayées s’apparentant plus à des opinions et des appréciations à caractère discriminatoire et stigmatisant qu’à un faisceau de faits bien identifiés et bien établis. Il ne fait appel à aucun élément concret, à aucune donnée chiffrée et à aucun constat identifié. Il fait état d’informations non vérifiées et non sourcées, de propos d’ « estaminets » pour reprendre un terme désuet employé dans le texte de la décision municipale. Ainsi, l’arrêté évoque la présence l’été de touristes mal intentionnés soupçonnés d’enlever des enfants et d’individus aux mœurs dissolues et aux pratiques incontrôlées, ce qui participe du procès d’intention.

La mesure n’est pas ciblée :

  • Sa durée de 2 mois et demi est trop longue et disproportionnée par rapport à la situation identifiée
  • Elle concerne tous les mineurs, sans distinction 

L’arrêté répondrait à une réalité ressentie et non documentée et à de supposés risques qui seraient encourus par les mineurs, quel que soit leur âge.

L’arrêté est contraire aux dispositions de la Convention Internationale des Enfants qui stipule dans son article 3 que l’intérêt supérieur de l’enfant doit toujours prévaloir et dans ses articles 17 et 18 que l’on doit toujours rechercher ce qu’il y a de mieux pour l’enfant et préserver sa vie privée.

Il instaure des dispositions stipulant que tout enfant, qui serait délaissé, serait conduit au Centre départemental de l’enfance de l’Aube pour bénéficier de la protection, des soins et attentions nécessaires à la préservation de sa santé et de son intégrité. Est-ce bien la mission de l’Aide Sociale à l’Enfance d’accueillir, pour des motifs de police, la nuit, des mineurs qui seraient considérés momentanément soustraits de l’autorité parentale ?

 Nous pouvons à juste titre s’interroger sur l’efficacité de cet arrêté qui apparaît difficilement applicable voir inapplicable.

Il s’agit d’un arrêté qui constitue une réelle restriction de liberté, notamment pour les jeunes qui sont privés de fête de la musique, de coupe du monde de football, de sorties à l’occasion de la fin d’année scolaire, de sorties pour aller au cinéma et au spectacle, en définitive de vie sociale et de convivialité sans réel motif, sachant qu’une grande sœur ou un grand frère majeur-es n’est pas dépositaire de l’autorité parentale.

Cet arrêté s’inscrit dans la liste des arrêtés pris par des maires RN et LR qui entendent remettre en cause l’Etat de droit et les libertés publiques pour des raisons de sécurité. Pourtant, Il y a bien d’autres voies pour garantir la sécurité et protéger les mineurs que celles consistant à restreindre les libertés et à s’engager dans une dérive sécuritaire instaurant un climat délétère au lieu de promouvoir et de mettre en œuvre des mesures de prévention.

Pour ces raisons, la section LDH de l’Aube estime qu’il convient de contester l’arrêté municipal du 17 juin 2026 en référé devant le tribunal administratif de Châlons en Champagne.

Section LDH de l’Aube 21 juin 2026

RD

Violences sexuelles faites aux enfants : plus de deux tiers des recommandations formulées en 2023 par la Ciivise ne sont toujours pas pleinement effectives



Un rapport de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, remis lundi au gouvernement, appelle l’exécutif à aller plus loin dans la mise en œuvre des mesures préconisées fin 2023.




La démission d’un ministre ne doit plus être un tabou.

Depuis dix jours, Gérald Darmanin balaie les appels à la démission, pour mieux évacuer la question de sa responsabilité politique. Un principe bien français, qu’Emmanuel Macron a poussé à son paroxysme ces dernières années en organisant méthodiquement l’irresponsabilité du pouvoir.

Si elle ne fait pas l’unanimité, la démission de Gérald Darmanin est demandée chaque jour par un nombre croissant d’acteurs de la vie publique et de Françaises et Français. Les nombreux dysfonctionnements dans la gestion judiciaire des enquêtes sur la pédocriminalité et dans leur traitement pénal sont imputables à son administration et la responsabilité politique du ministre est clairement engagée. Ce qu’il refuse.

Les lacunes dans les enquêtes et ses directives successives, parfois contradictoires, adressées à la magistrature débordée, malmenée, sous équipée, quand elle n’est pas accusées de tous les maux du pays, sont également à l’origine des défaillances majeures dont souffre l’institution judiciaire.

Il s’en justifie en en faisant porter la responsabilité sur la loi Taubira qui lui interdirait d’intervenir directement (loi du 15 août 2014 visant à lutter contre la récidive, en sortant la personne du milieu carcéral pour l’exécution de sa peine).

Les ministres français ne peuvent être individuellement tenus responsables, la responsabilité politique au sein du gouvernement étant collégiale, ce qui limite leur devoir de rendre des comptes.

Ce qui n’est pas le cas des autres démocraties européennes, où l’on voit plus fréquemment des ministres être appelés à la démission. En France seules les « affaires » les touchant personnellement peuvent les y contraindre.

La communication de Darmanin, comme celle du gouvernement, confine davantage à l’évitement, minimisant les critiques, remettant en cause l’indépendance de la justice et tentant de rassurer l’opinion et les manifestant.e.s sans pour autant engager ouvertement sa responsabilité.

Rappelons que Darmanin a été nommé ministre en dépit d’une plainte pour viol, confirmée par les examens médicaux et par le psychiatre qui a confirmé la fiabilité du témoignage, mais classée sans suite. Cette nomination montre le mépris du pouvoir actuel pour l’éthique, au profit de la politique politicienne, ce qui ne peut qu’alimenter la méfiance citoyenne et questionner la légitimité démocratique des choix gouvernementaux.



RD

La retraite à 67 ans et demi ?



« Non, le Conseil d’orientation des retraites ne propose pas la retraite à 67 ans et demi ».

À un an de l’élection présidentielle, le rapport du Conseil d’orientation des retraites est plus scruté que jamais. Au risque de faire l’objet d’une récupération pour pousser à un nouveau décalage de l’âge de départ à la retraite à plus de 67 ans.



N’en déplaise à Agnès Verdier-Molinié, qui prône un départ à la retraite à 67 ans dès 2041, ça risque d’être compliqué pour certains, un tiers des hommes les plus pauvres décédant avant cet âge selon une étude de l’INSEE.



Comment la droite instrumentalise les rapports du COR pour repousser l’âge de départ : des éléments du rapport 2026 du COR ont fuité bien avant son adoption, ce jeudi. Plusieurs voix s’insurgent devant le scénario mis en avant d’un départ à 67,6 ans en 2070, alors qu’il existe de nombreuses pistes de financement.

Lyhanna : oui à la justice, halte à la démagogie



« Beaucoup de magistrats sont partagés entre l’incompréhension, la colère et l’écœurement », décrit un procureur.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a, lui aussi, déploré mardi le « discrédit jeté sur des milliers de magistrats, qui travaillent sans relâche dans un contexte difficile », répondant aux critiques sur le traitement judiciaire de l’affaire Lyhanna.



N’y a-t-il vraiment eu « qu’une sanction en quinze ans » contre des magistrats, comme le dit Bruno Retailleau ?

Les réactions politiques pointant la responsabilité de défaillances du système judiciaire dans la mort de Lyhanna, 11 ans, s’enchaînent. L’exécutif dénonce des « failles«  et des « dysfonctionnements«  qui ont conduit à ce que le principal suspect dans la disparition de la collégienne, dont le corps a été retrouvé le 4 juin, n’a jamais été inquiété alors qu’il était visé par plusieurs plaintes, dont certaines pour des viols sur mineures. 




Une justice empêchée par les choix de Gérald Darmanin. Même si la macronie cherche désespérément à se défausser, les faits parlent d’eux-mêmes : la mort de la jeune Lyhanna, dans le Gers, révèle une écrasante responsabilité du gouvernement. Et notamment du ministre en place, Gérald Darmanin. Une tribune de l’avocat Romain Ruiz.



Samuel Paty au Panthéon ? Débat.

Par Nicole François et Rémy Dufaut





Au moment où le livre « Le cours de Monsieur Paty » de Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, et le film « L’abandon » de Vincent Garenq, présenté au festival de Cannes, ravivent le sort tragique de ce professeur assassiné en octobre 2020, deux positionnements s’opposent au sujet de son éventuelle panthéonisation.

D’une part, un comité, composé d’enseignants, d’universitaires, d’historiens, de journalistes, de personnalités politiques, et de membres de sa famille, a lancé une requête pour demander l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Projet qui a l’appui du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République », et de l’ »Association des professeurs d’Histoire-Géographie-EMC ».

L’argumentation : « Panthéoniser Samuel Paty serait bien plus qu’un hommage à un homme. Ce serait reconnaître le courage discret des professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine dont la laïcité est l’un des ciments ».

Adressée au Président de la République, cette demande vise à honorer celui que Robert Badinter avait qualifié, au lendemain de l’assassinat, de « héros de la laïcité ».

Un héros du quotidien, un héros discret de la nation.

Un héros ordinaire, un héros malgré lui.

Victime de la barbarie, Samuel Paty a exercé au péril de sa vie. Malgré les menaces, il a choisi de défendre et d’expliquer à de jeunes élèves le droit à la critique et à la liberté d’expression. Former à l’esprit critique, c’est une des missions du programme d’enseignement moral et civique.

L’entrée de Samuel Paty au Panthéon serait une manière pour l’État français d’affirmer son attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.

Une entrée non pas à cause de ce qu’il a subi, mais à cause des valeurs qu’il incarnait et qu’il avait à cœur de transmettre.

Un geste fort pour rappeler à ceux qui sont encore tentés de dire « il n’aurait pas dû » que le blasphème n’existe pas en France, pays laïque (la loi concernant le délit de blasphème a été abolie en 1791) et pour répéter aussi, inlassablement, pas seulement aux jeunes, que dans l’école de la République, c’est la loi de la République qui s’applique, et non pas celle d’une religion quelle qu’elle soit, principe essentiel de la laïcité !



Le livre de Mickaëlle Paty (programme détaillé jour par jour)


 

« Il faut réfléchir à la question », a prudemment répondu Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale.

Certains espèrent, le cas échéant, que la panthéonisation de Samuel Paty se tienne dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « collège Samuel-Paty ». « Car il a beau avoir été un homme comme un autre, c’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. » 


D’autres historiens et professeurs d’histoire en désaccord avec ce projet estiment qu’il faudrait, dans ce cas, proposer la même chose pour les professeurs Agnès Lasalle et Dominique Bernard, assassinés eux aussi lors de leur mission d’enseignement, même si les circonstances sont différentes. Ils éprouvent un certain malaise face à « l’héroïsation » et préféreraient une prise de distance avec l’émotion suscitée par l’assassinat de leur collègue, en octobre 2020.



Plutôt que de faire du Panthéon un lieu d’hommage à Samuel Paty, ils attendent plutôt un signal clair de la République quant à la place d’une profession « de plus en plus maltraitée » par l’institution scolaire, notamment à travers les atteintes à la liberté pédagogique.


La pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte le 21 mai 2026 comptait alors 28 signatures (plus de 59000 à ce jour), avec un seuil de 100 000 signatures requis pour être mise en ligne sur le site de l’Assemblée. Mais elle est pour eux porteuse d’ambiguïté, lui reprochant notamment de « faire remonter dans la liste des signataires de la pétition des noms qui ne se sont jamais illustrés dans la défense d’une école émancipatrice ni même plus banalement des libertés publiques (Chevènement, E. Badinter, E. Philippe, A. Genetet, toute une brochette de « Sages » de la laïcité, etc). »


Ils font remarquer le risque de récupération politique de l’image de Samuel Paty par l’extrême droite notamment. Idée mise en avant par l’autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, libraire à Marciac, qui refuse de vendre le livre « Le cours de Monsieur Paty » et est résolument contre la médiatisation de cet évènement si douloureux.

Le « Canon Français » : interdire ou faire mieux ?



« L’alimentation est le lieu où se cristallisent de nouvelles tensions géopolitiques et identitaires ».

La spécialiste de l’alimentation Julia Csergo analyse la manière dont les pratiques culinaires fantasmées sont instrumentalisées à des fins politiques.



Faut-il interdire le « Canon Français » ?

Le débat par Sonia Devillers sur France Inter.

Arthur Delaporte, député socialiste du Calvados. Tugdual Denis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, auteur de “La Cendre et le feu, enquête intime au cœur de la droite française” (Robert Laffont).



Pique-nique Républicain & Populaire – Samedi 30 mai 12H – Champ-de-Mars à COLMAR.

Rejoignez l’appel cosigné par plus d’une soixantaine d’organisations, de personnalités et d’élu·es locaux à participer à un pique-nique républicain et populaire à COLMAR (68) ce samedi 30 mai 2026, en réaction à la venue du « Canon Français ».

Quelques nouvelles variées (mais non exhaustives) des extrêmes droites



PARIS

La manifestation d’extrême droite du Comité du 9-mai interdite à Paris, le groupuscule dépose un recours.

Le Comité du 9-Mai, groupe d’extrême droite radicale, entend organiser un défilé à Paris ce week-end, en hommage notamment à Quentin Deranque. La Préfecture de Police l’a interdit mais le tribunal administratif pourrait bien l’autoriser comme en 2025.



MOULINS

150 personnes se sont réunies devant le tribunal judiciaire de Moulins, cet après-midi, pour soutenir le journal L’Humanité poursuivi pour diffamation par Guillaume Senet, le fondateur de Murmures de la cité. Fabien Gay, le directeur du quotidien communiste, a transformé ce rassemblement en tribune politique.



CAEN

Après les débordements lors du banquet du Canon français, le 18 avril, la ville de Caen voit l’extrême droite tisser sa toile dans une terre jusqu’ici épargnée par la vague brune. Malgré des résultats électoraux mineurs, la xénophobie et la violence progressent, alertent des militants de gauche et des habitants.


QUIMPER

Banquets du « Canon français » : la maire de Quimper ciblée par « des messages haineux et violents » après avoir suspendu l’événement.



TOULOUSE

« Passe-plats de l’extrême droite » : la polémique du Canon français enflamme Toulouse.



ANGERS

Une quarantaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice d’Angers, mercredi 6 mai 2026 en milieu de journée, pour soutenir Jean-Eudes Gannat, élu d’extrême droite et militant identitaire. Le jeune homme est jugé pour des propos tenus à Segré, et sur les réseaux sociaux , à l’encontre d’Afghans, qualifiés de « cousins des Talibans ». Il est poursuivi pour provocation à la haine et injure en raison de l’origine.



CARCASSONNE

Vive la Carcassonne libre !

À Carcassonne, 300 personnes ont défilé, mercredi 29 avril, pour protester contre les attaques en tous genres du nouveau maire RN, Christophe Barthès. La foule avait été conviée par les organisations de jeunesse. Dans la préfecture de l’Aude, l’édile s’en prend à tous les contre-pouvoirs. Les associations humanistes comme la Ligue des droits de l’Homme ? Arrêt des subventions. Les locaux mis à disposition pour les syndicats et les associations ? Fermés à double tour. Tant pis pour les salarié·es qui ont besoin de conseils ou de formations. Christophe Barthès va même jusqu’à infiltrer des groupes de discussions de lycéens pour les convaincre de ne pas se mobiliser. Peine perdue, cheh !



NICE

Les deux jeunes militants d’extrême droite interpellés pour violences en marge d’un rassemblement antifasciste à Nice finalement jugés en juillet.

Les deux jeunes suspectés d’appartenir à « Aquila popularis » et d’avoir notamment commis des violences en marge d’un rassemblement contre le racisme organisé, place Saint-François à Nice, seront jugés le mercredi 3 juillet.



ESPAGNE

Dans les régions, l’extrême droite impose la « priorité nationale » sur les aides sociales.

L’idée de réserver certains services et prestations sociales aux personnes de nationalité espagnole s’invite dans les accords régionaux en Espagne, portée par le parti d’extrême droite Vox et acceptée par les conservateurs du Parti populaire.



ROUMANIE

L’alliance opportuniste des socialistes avec l’extrême droite.

Le Parlement roumain a voté la censure du gouvernement à la faveur d’une alliance des sociaux-démocrates avec l’extrême droite. Les deux camps voulaient faire chuter le premier ministre pro-européen, Ilie Bolojan, qu’ils accusent d’avoir plongé le pays dans la pauvreté par une politique d’austérité. Cette alliance de circonstance soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir européen de la Roumanie.



SUEDE

En Suède, la droite précipite la normalisation de l’extrême droite.

A l’approche des élections législatives du 13 septembre, les conservateurs, les Libéraux et les Chrétiens-démocrates ont fait savoir qu’ils étaient prêts à gouverner avec les Démocrates de Suède, qui leur ont permis de revenir au pouvoir en 2022.



ROYAUME-UNI

Déroute annoncée pour les travaillistes, l’extrême droite favorite… Les enjeux des élections locales au Royaume-Uni, qui font trembler Keir Starmer.

Selon certaines prévisions, le Labour risque de perdre jeudi environ 1 850 des quelque 2 550 sièges qu’il défend. De son côté, le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage veut confirmer sa montée en puissance à travers tout le pays.



INDE

L’extrême droite progresse et les communistes perdent le Kerala.

Ce 4 mai, l’extrême droite de Narendra Modi a conquis le Bengale-Occidental, une première depuis l’indépendance. L’État du Kérala, dirigé par les communistes, passe aux mains du Congrès, et le Tamil Nadu sera dirigé par une formation populiste. Le point sur ces élections dont on ne parle que trop peu avec Axel Nodinot, journaliste à la rubrique monde, et Théo Bourrieau.



JAPON

Près de Tokyo, un projet de mosquée instrumentalisé par l’extrême droite.

L’initiative, destinée à offrir un lieu de culte à la communauté musulmane locale, est la cible d’une campagne de dénigrement et de fausses informations. Dans la presse japonaise, des voix s’élèvent pour appeler au dialogue avec les immigrés de confession musulmane.



AMERIQUE LATINE

Comment l’Amérique latine est devenue une terre d’élection pour l’extrême droite.

Du Honduras au Chili, une dizaine de pays ont placé à leur tête des dirigeants liés à la droite radicale. Ils s’inspirent notamment du président salvadorien, Nayib Bukele, qui a éradiqué les gangs au prix de graves atteintes à l’Etat de droit.



« La lutte active contre l’extrême droite ne la renforce pas, la passivité oui. » (Azzedine Hajji)

RD

Rapport Alloncle: l’idée de la privatisation de l’audiovisuel public fait son chemin



Le rapport de la commission d’enquête parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été publié ce mardi matin par l’Assemblée nationale. Un document de plus de 550 pages, avec les recommandations du rapporteur Charles Alloncle, mais aussi un long avant-propos de son président, Jérémie Patrier-Leitus. 



La réponse de Delphine Ernotte au rapport Alloncle rendu public : « tout ça pour en arriver là ? »

La réponse de la présidente de France Télévisions ne s’est pas fait attendre sur ce sujet brûlant. Delphine Ernotte Cunci a dénoncé ce mardi 5 mai sur X le rapport du député UDR Charles Alloncle sur l’audiovisuel public, « à charge » et visant un « affaiblissement historique », selon elle.



Audiovisuel public : qui raconte le pays ? 

Le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public illustre une dérive bien connue : réduire le service public à une querelle sur sa neutralité politique et le prétendre obèse financièrement. Ici se joue une part du récit collectif de notre démocratie.



Comment l’extrême droite veut discipliner l’audiovisuel public avant de le privatiser.

Derrière les discours de rigueur et de neutralité, le rapport porté par Charles Alloncle esquisse bien davantage qu’une réforme technique : une remise en cause profonde du pluralisme médiatique.



Désarmer la France : ce que cache vraiment le rapport Alloncle.

Désarmer un pays ne se fait pas seulement avec des armes. Cela se fait aussi en démantelant ses infrastructures démocratiques. Le service public de l’audiovisuel est l’une de ces infrastructures essentielles. L’affaiblir, dans le contexte actuel, est une faute stratégique majeure.



Rapport Alloncle : un projet de démantèlement de l’audiovisuel public.

La SACD dénonce le rapport Alloncle sur l’audiovisuel public : un projet de démantèlement qui menace la création française et l’indépendance du service public.



Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public n’a aucune chance de s’appliquer. Mais il inscrit le sujet dans la prochaine présidentielle.

La cérémonie des Molières, ce 4 mai sur France 2, était de bout en bout une spéciale dédicace adressée au député Charles Alloncle, le rapporteur ciottiste de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Ouverture avec les travestis de la comédie musicale « la Cage aux folles » ; long dégagement de Paloma, la drag queen gagnante de « Drag Race » – émission honnie par Alloncle ; morceau d’humour de Merwane Benlazar – sa chronique dans l’émission « C à vous » sur France 5 il y a quelques mois avait fait polémique car certains l’avaient imaginé en tenue salafiste, la ministre de la Culture d’alors Rachida Dati avait même été interpellée – cette fois vêtu d’une… marinière. Et même une parodie des auditions de la commission avec Laurent Stocker de la Comédie-Française en Charles Alloncle ! Bref, un festival juste avant la publication, le lendemain, ce 5 mai, du rapport issu des 67 auditions menées du 25 novembre au 8 avril.

Le pavé – 560 pages – qui inclut les contributions, en réplique, d’autres parlementaires, est à l’image des auditions. Il aboutit à 69 recommandations qui partent dans tous les sens, chiffrant même les dépenses autorisées au Festival de Cannes ou le sort des voitures de fonction. Objectif affiché : économiser un milliard d’euros sur les quatre que coûte l’audiovisuel public à l’Etat. « Ce que propose ce rapport, c’est le plus grand plan social de l’histoire culturelle française », dénonce Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions dans un communiqué.

Charles Alloncle joue au grand architecte : il fusionne (France 2 et France 5, mesure la plus incompréhensible ; la chaîne Franceinfo et France 24 ; France 3 Régions et ICI), il stoppe (France 4 ; l’offre numérique France.tv Slash à cause de ses « contenus militants »), il rabote le budget des sports (alors que la diffusion en direct des compétitions reste le monopole des télévisions, comparées aux plateformes de streaming). Mais les choses ne sont pas si simples : supprimer France 4 par exemple, c’est affaiblir drastiquement le secteur de l’animation qui est une filière d’excellence de la France !

Pis, pour Charles Alloncle, les dirigeants de l’audiovisuel public ne doivent plus être élus par le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, mais désignés directement par… le président de la République, après avis des commissions des affaires culturelles du Parlement et de l’Arcom. Indépendance garantie !

Alloncle n’en reste pas là, il se prend aussi pour le directeur des programmes, ce qui excède ses attributions. Il entend sucrer les trois quarts du budget des jeux, il y en a trop ! Chaque fois, il se justifie ainsi : « On attend autre chose d’une chaîne du service public ». Qui est « on » ? Ses électeurs, dont certains figurent sûrement parmi les 2,5 millions de fans de « N’oubliez pas les paroles », ce karaoké animé, en fin d’après-midi, par Nagui ? Le rapporteur veut faire des économies. Or, les jeux génèrent de la publicité… Charles Alloncle trouve aussi que l’éditorialiste Patrick Cohen, le matin sur France-Inter, le soir sur France 5 dans « C à vous », c’est deux fois trop. Aussi suggère-t-il de « remplacer l’édito “made in service public” par une diversité de courants d’opinion issus de la presse écrite ».

En réalité, s’il est intéressant de voir jusqu’où vont ses obsessions (et donc celles de l’extrême droite), expertiser ce rapport n’a guère de sens car la probabilité qu’il s’applique tend vers zéro. Le vote – houleux – des membres de la commission la semaine dernière qui a conduit à la publication de ce pavé ne préjuge en rien de la suite. Une chose est sûre : il est impossible qu’une loi sur l’audiovisuel public soit mise dans les tuyaux d’ici le printemps 2027. Charles Alloncle va juste profiter, le 25 juin, d’une niche parlementaire réservée à son parti, l’UDR, pour y glisser une proposition de loi sur la prévention des conflits d’intérêts entre France Télévisions et les sociétés de production.

Le président Horizons de la commission Jérémie Patrier-Leitus, qui propose lui-même 40 contre-propositions, est réaliste : « Ce que le rapporteur pense ou ce que je pense… à la fin, ce sont les candidats qui compteront. » Le rapport n’était même pas publié que, la semaine dernière, le Rassemblement national (RN) et ses leaders, le balayaient sans le moindre égard. Ils vont beaucoup plus loin. Le 29 avril, sur X (ex-Twitter), le RN lançait le chantier : « Privatisons l’audiovisuel public ! Signez la pétition. »

Le même jour, sur BFM TV, Jordan Bardella, président du RN, a été très clair : « On a là 4 milliards d’euros, je ne crois pas qu’en 2026 il y ait encore un sens à ce que l’Etat français soit propriétaire de chaînes de télé. (…) Demain à la tête du pays, nous engagerons la privatisation de l’audiovisuel public. (…) L’Etat français en 2026 peut parfaitement se passer d’un audiovisuel public pléthorique qui utilise l’argent de tous les Français pour faire du militantisme politique et pour assumer une idéologie politique. » Charles Alloncle se pose en sauveur de l’audiovisuel public mais le président de son propre parti, Eric Ciotti, dans un courrier au Premier ministre le 18 septembre dernier, proposait lui aussi d’économiser quatre milliards d’euros en le privatisant.

Pour résumer la situation, Jérémie Patrier-Leitus a repris cette phrase de Laurent Fabius : « La différence entre l’extrême droite et la droite, c’est la différence entre une arrière-pensée et une pensée. » Sous-entendu : il n’a jamais été question, en réalité, de réformer. Juste de discréditer l’audiovisuel public auprès de l’opinion publique. Ça marche. Déjà, l’essayiste Laetitia Strauch-Bonart s’interroge : « Une question fondamentale n’a pas été posée : “avons-nous réellement besoin d’un service public de l’information ?” » Et le rapport fragilise France Télévisions et Radio France qui ignorent à quelle sauce, in fine, elles seront accommodées. Elles, et tout leur environnement : le cinéma, la production audiovisuelle… Pourtant, « aucune des 234 personnes auditionnées n’a appelé à la privatisation » rappelle Jérémie Patrier-Leitus.



RD

Le Canon Français : Comment l’aristocratie maintient son rang grâce à la sujétion du bon peuple et la complicité de municipalités républicaines



Le prochain banquet des « canonniers » aura lieu à Troyes en trois épisodes, les vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 avril prochains.

Bien que suscitant critiques et rejet de la part d’une certaine partie de la population qui réfléchit, les organisateurs se gargarisent d’un succès qui les a surpris dès le lancement de leur projet « entrepreneurial » mais l’expliquent par le « bon esprit » qui préside à leur initiative.

« Les banquets du Canon Français sont une création originale, inspirée à la fois des banquets d’Astérix, des fêtes de village, de Bayonne ou encore de l’Oktoberfest. Nos participants ont également un rôle important dans l’évolution de notre formule. » déclare l’un des deux fondateurs, Geraud du Fayet de la Tour (1).

En réalité, l’idée, lancée lors de la crise sanitaire du Covid, dans le but fort louable d’aider un ami viticulteur à écouler sa production, a vite été transformée en une formidable machine à cash. De la vente de quelques bouteilles, on est passé à un registre beaucoup plus étendu pour en arriver à l’organisation de festivités sous la forme de « banquets géants » destinés à « rassembler les Français ». Il ne s’agit de rien d’autre que d’une forme d’entrisme visant à capturer et à redéfinir les orientations historiques et culturelles d’usages populaires grâce, notamment, à des arguments économiques.

La société créée à Tours en 2020 a pris une autre tournure lorsque, toujours à l’affut d’une bonne affaire, Pierre -Edouard Stérin (3) est entré dans le capital de celle-ci. Depuis le 24/12/2024, la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) BOISSE, dirigée par Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse (2) occupe les fonctions de président de la SAS (société par actions simplifiée) Le Canon Français. L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) TURRIM, dirigée par Geraud du Fayet de la Tour, gérant, en occupe les fonctions de directeur général.

Depuis, le Canon Français sillonne la France de long en large, où l’accueil est parfois un peu plus mitigé que veulent bien le dire ses dirigeants et leurs soutiens médiatiques : Valeurs Actuelles, Le Figaro, CNews, Europe1, RMC, TF1, M6, le JDD, Boulevard Voltaire, Breizh-Info, Résistance Républicaine, le JDF, Fakta.co, etc. La communication repose également beaucoup sur les réseaux sociaux.

En effet, d’autre voix se font entendre en Bretagne notamment où le propriétaire du Château-des-Pères dans le petit village de Piré-sur-Seiche, a annulé l’événement face à l’opposition marquée d’habitants de cette partie du sud-est rennais. Le projet politique de la marque avait échappé a son attention. Le banquet a été déplacé en urgence vers un second lieu d’accueil, le château de Blossac au sud de Rennes.




« La fête n’est pas toujours innocente » remarque-t-on de ci de là. « Il y a des idées d’extrême droite »


Jusqu’à ce qu’on relève des insultes racistes et islamophobes, des saluts nazis, des menaces de viols, des débordements inévitables lorsqu’on sait que l’alcool coule à flot de 12h à 17 h et que les fêtards lâchés dans la rue poursuivent leur bamboche débridée jusqu’à se révéler d’une violence inadmissible mais bien « de chez eux ».



« Évidemment on se reconnecte avec notre identité nationale quelque part » concède Pauline S. après le banquet du samedi 22/11/2025 dans les Vosges. (Facebook page de Christophe Naegelen, député UDI)

Ces seigneuries servent ripailles au château, pour encourager les sujets à se soumettre plus aisément à leurs devoirs, moyennant néanmoins finance, ce qui est un comble, au vu des tarifs conséquents.

La ville de Troyes se réjouit d’accueillir cet événement dans un ensemble culturel en plein centre-ville. « L’Espace Argence, aujourd’hui ensemble culturel de 3 500 m², est ancré dans l’histoire troyenne, ce qui lui confère son exceptionnel cachet en tant que première gare de Troyes puis « Lycée Impérial de garçons ».

Patrimoine et culture vous dit-on…



(1) Geraud du Fayet de la Tour, seigneur de La Borie, de Clavière, de Mainterolles, de La Bastide, de La Tour et de Fournols se présente comme entrepreneur du divertissement.

(2) Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse se fiance à Mlle Maëlle Le Lièvre de La Morinière le 27/01/2018, (carnet du jour du Figaro) et l’épouse le 25 mai 2019. On pourra consulter leur modeste liste de mariage (qui n’a pas vraiment fait un tabac) :

Ces gentes personnes font partie des quelque 2200 familles subsistantes de la noblesse française (en 2024).


(3) On ne présente plus Pierre-Édouard Robert Raymond Marie-Joseph Stérin, qui a fait fortune avec la smartbox et revendique sa foi catholique pratiquante. Il s’oppose publiquement à l’IVG, la PMA ou encore le mariage pour tous. Il rêve d’être canonisé et se consacre à des œuvres chrétiennes à travers des associations comme SOS Calvaires ou Familya.

Il finance activement des structures comme l’Institut de formation politique ou l’Observatoire de l’immigration. Il a aussi été l’un des soutiens de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Il cherche un « champion » pour porter ses idées, qu’il note méthodiquement sur Excel.

Le projet Périclès a été révélé en 2024. Il vise à favoriser l’union des droites et à faire triompher ses valeurs au sein de la société française. Le nom fait référence aux mots Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes.



RD

Le vengeance (minable) de Sarkozy




Pourquoi Nicolas Sarkozy se rapproche-t-il de Jordan Bardella ?


Vidéo « Il faut qu’il arrive au pouvoir », a osé Nicolas Sarkozy à l’égard de Jordan Bardella alors qu’en 2016, il érigeait « une barrière infranchissable » entre Les Républicains et le Front national. ⁠
La journaliste du Nouvel Obs, Camille Vigogne Le Coat décrypte les raisons de ce basculement qui permet à l’ex-président de continuer à exister politiquement et de nourrir un récit médiatique construit avec son clan.



Le Nouvel Obs a publié une série d’articles intitulée « Les Sarkozy : la dérive d’un clan »

Le premier épisode intitulé Bolloré, Carla Bruni et… Dieu : comment Nicolas Sarkozy et son clan mènent la guerre médiatique depuis sa sortie de prison, évoque son séjour en prison et ses multiples condamnations pour « financement illégal de campagne électorale », « corruption active » ou « trafic d’influence » auraient dû lui ôter tout crédit médiatique. Mais l’ex-président de la République, entouré de sa famille et de quelques fidèles, a construit un récit alternatif.

Le deuxième, Nicolas Sarkozy, l’ex-président-prisonnier qui rumine sa vengeance contre les juges et les traîtres, rappelle que Nicolas Sarkozy n’a jamais porté la magistrature dans son cœur. Mais depuis sa condamnation et son séjour à la prison de la Santé, il s’estime victime d’une véritable cabale de la part de l’institution judiciaire, au point de se comparer au… comte de Monte-Cristo.

Le troisième, « Il faut qu’il arrive au pouvoir » : comment Nicolas Sarkozy est tombé dans les bras de Jordan Bardella, explique, sans équivoque, qu’animé par un esprit de revanche à l’encontre d’Emmanuel Macron et déterminé à continuer d’exister politiquement, l’ex-président a choisi de servir de marchepied à l’extrême droite.



Les petits déjeuners





1er juillet 2025: un tête à tête Sarkozy-Bardella, qui agite le landerneau politique


C’est une rencontre qui agite le milieu politique cette semaine. L’ancien président Nicolas Sarkozy a reçu le chef du Rassemblement National, Jordan Bardella mardi matin dans son bureau parisien. Selon l’entourage de l’ancien chef de l’État, ce rendez-vous d’une heure a été « très cordial ».



Juin 2025: Jordan Bardella se dit « choqué » par le retrait de la Légion d’honneur de l’ex-président


Soutien surprenant•« J’ai le sentiment qu’il y a une volonté d’humilier Nicolas Sarkozy », a regretté le dirigeant du RN sur RTL, ce lundi, après le retrait de la Légion d’honneur à Nicolas Sarkozy en raison de sa condamnation pour corruption dans l’affaire des écoutes.



19 février 2026: l’histoire d’un déjeuner secret





10 décembre 2025, pour Sarkozy : « Bardella, c’est le Chirac des années RPR ! »

L’ancien détenu de la prison de la Santé compare Jordan Bardella « au RPR au temps de Chirac », estimant que « son discours n’est pas très différent du nôtre à l’époque ». Au contraire de l »‘aile » portée par Marine Le Pen et « son projet économique plus proche de celui de LFI que LR ».



11 décembre 2025: Sarkozy, Bardella : le livre peut payer deux fois

Il s’est beaucoup dit que Jordan Bardella voyait des patrons à la pelle ; dans la promotion de son livre, il rencontre la France profonde de la base RN. Avec quel effet sur les idées ?



14 décembre 2025: Sarkozy, Bardella : le temps des tempêtes pour Les Républicains


Déjà affaiblis par la guerre entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, Les Républicains voient Nicolas Sarkozy les inciter à se tourner vers le RN, alors que croît la tentation de l’union des droites.



Le fiston n’échappe pas à la malédiction


« Le parachuté a atterri et il ne va pas redécoller » : bien décidé à rester à Menton, Louis Sarkozy envoie un message à ses détracteurs



 C’est la députée RN Alexandra Masson qui l’a emporté avec 49,58 % des voix. 


L’extrême droite a confirmé son avance du premier tour ce dimanche 22 mars 2026. La cité du citron aura désormais une maire RN, Alexandra Masson.

 


Les affaires




Pour mémoire, l’ancien président Nicolas Sarkozy fait l’objet de trois affaires pénales. Deux d’entre elles ont donné lieu à des condamnations définitives : l’affaire dite des écoutes téléphoniques pour laquelle la Chambre criminelle a rendu un arrêt de rejet le 18 décembre 2024, et celle des dépenses excessives de campagnes en 2012 révélées par l’affaire Bygmalion. Dans ce dossier, les investigations avaient permis de révéler l’existence d’un système de fausses factures et conventions liant l’UMP, devenue Les Républicains, et l’agence de communication Bygmalion, chargée d’organiser les nombreux meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Cette manœuvre visait à masquer l’explosion des dépenses de campagne, qui ont atteint près de 43 millions d’euros, pour un maximum autorisé de 22,5 millions. Il a été condamné le 14 février 2024 par la cour d’appel de Paris à un an d’emprisonnement dont six mois ferme pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012. Cette condamnation est devenue définitive le 26 novembre avec le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation le 26 novembre 2025.

La troisième, l’affaire Sarkozy-Kadhafi (ou affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007) est toujours en cours. Il est condamné en première instance en septembre 2025 à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Il est écroué le 21 octobre 2025 à la prison de la Santé, puis libéré sous contrôle judiciaire le 10 novembre 2025, dans l’attente de son procès en appel. Un peu moins de six mois après sa lourde condamnation, l’ancien chef de l’État est rejugé à partir du 16 mars 2026 par la cour d’appel de Paris, avec neuf autres personnes, au cours d’un procès prévu jusqu’au 3 juin. Le jugement est attendu le 30 novembre, a indiqué à l’AFP une source ayant connaissance du calendrier.



« Chaque déni est une gifle, chaque mensonge est une chute » : au procès en appel de Nicolas Sarkozy, la réplique des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA face aux prévenus




Des proches des personnes tuées dans l’avion qui a explosé en vol en septembre 1989 au-dessus du Niger ont témoigné mercredi devant la cour d’appel de Paris.


RD




Elections municipales 2026 dans l’Aube : le point sur les listes



Dimanche 15 mars, les électrices et électeurs des 431 communes auboises seront appelés aux urnes pour le premier tour des élections de leurs conseils municipaux parmi les candidates et candidats de 538 listes.

Dans ces 431 communes, 343 d’entre elles n’auront pas à choisir puisqu’une seule liste se présentera à leurs suffrages. Parmi ces 343 listes uniques, 341 se présentent sans étiquette (SE), les 2 autres sous l’étiquette Divers droite (DVD): il s’agit de Rosières-près-Troyes et de La Rivière-de-Corps. Reste bien évidemment le choix du vote blanc ou nul.

Dans 77 d’entre elles, le choix sera à faire entre 2 listes dont 150 SE, 2 Divers centre (DVC) à Saint-Julien-les-Villas et 2 DVD à Nogent-sur-Seine.

Dans 9 d’entre elles, 3 listes seront en lice: 12 SE, 3 DVC à Pont-Sainte-Marie, 1 à Sainte-Savine et à Bar-sur-Aube; 2 DVD à Nogent-sur-Seine, 1 à La Chapelle Saint-Luc, 1 à Saint-André-les-Vergers; 1 Divers gauche (DVG) à Saint-André-les-Vergers et à La Chapelle Saint-Luc; 1 Les Ecologistes (Europe-Ecologie-Les Verts) à Sainte-Savine; 1 Lutte Ouvrière (LO) à La Chapelle Saint-Luc, 1 Rassemblement National (RN) à Saint-André-les-Vergers et à Sainte-Savine.

Dans l’une d’entre elles, à Romilly-sur-Seine, 6 listes se présentent: 1 DVC, 1 DVD, 2 DVG, 1 La France Insoumise (LFI), 1 RN.

A Troyes, chef-lieu du département, il faudra choisir parmi 8 listes: 2 DVC, 1 DVD, 1DVG, 1 LFI, 1 Les Républicains (la seule liste LR du département, celle de François Baroin), 1 LO et 1RN.

En résumé, les électeurs aubois auront à choisir entre 503 listes SE, 10 DVC, 10 DVD, 5 DVG, 4 RN, 2 LFI, 2 LO, 1 Les Ecologistes, 1 LR…

La gauche est nettement sous représentée (5 DVG, 2 LFI, 2 LO, 1 Les Ecologistes) et divisée à Romilly-sur-Seine, ancien fief communiste (2 DVG, 1 LFI).

Le parti communiste (PCF) ne présente que 90 candidats en France, le RN 616.

Le RN fait plus petit que nous aurions pu le craindre dans le département de l’Aube mais mieux que LFI, Les Ecologistes, LO et LR. Fort de ses 2 députés sur 3 dans le département, il voudrait s’implanter à Saint-André-les-Vergers, Sainte-Savine, Romilly-sur-Seine et Troyes.

Il est encore temps de leur barrer la route !

Rappelons que les grands électeurs élisent les sénateurs.

« Ils sont près de 162 000, votent à bulletin secret et ne peuvent pas s’abstenir. Députés, élus locaux et surtout représentants des conseils municipaux composent le collège des « grands électeurs », chargés d’élire les sénateurs. Ce mode de scrutin, propre à la Ve République, façonne durablement les équilibres politiques nationaux en donnant un rôle central aux élus locaux et en inscrivant les rapports de force territoriaux au cœur du Parlement. »




RD

Elections municipales 2026 dans l’Aube: Bar-sur-Aube

On reprend les mêmes et on recommence.




Sous-préfecture de 5 214 habitants, la ville a connu, sous les comtes de Champagne, une renommée et une prospérité avec les célèbres foires. Au XIIe siècle, elle vit aussi l’essor de l’économie monastique de l’abbaye de Clairvaux. De cet âge d’or médiéval, Bar-sur-Aube a conservé un riche patrimoine qui a traversé les époques.


Bar-sur-Aube compte actuellement 224 établissements d’entreprise actifs et ayant au moins 1 salarié au 31 décembre de l’année écoulée. Ces établissements emploient un nombre total de 2 133 salariés. 


Sur l’ensemble de l’année 2025, un total de 52 nouveaux établissements d’entreprise a été créé à Bar-sur-Aube. Ce nombre de créations englobe les établissements employeurs ainsi que non-employeurs, et tous les types juridiques d’établissements créés, y compris les entreprises individuelles.

Le secteur d’activités le plus important demeure le commerce avec 379 personnes. Ce secteur emploie 17,77 % des salariés de Bar-sur-Aube.

Suivent les autres industries de machines et équipements, avec 267 personnes soit 12,52 % des salariés de Bar-sur-Aube, la santé (234 soit 10,97%), l’enseignement avec (192 soit 9,00 %), l’Administration publique (179 personnes soit 8,39 %), les transports (82 soit 3,84 %, ), les secteurs juridique, comptable et de conseils (77 personnes soit 3,61 %), la banque et de l’assurance (65 soit 3,05 %).

En résumé, 68,6% des emplois sont consacré à l’industrie, l’agriculture, la construction et la fabrication et 31,4% aux Services.



Aux élections municipales de 2020 , la participation y a été de 47.73 % (le taux départemental étant de 45,5% malgré la crise sanitaire covid) pour 3176 inscrits, les votes blancs représentant 0.99 % des suffrages exprimés.

La liste Divers droite de Philippe Borde a obtenu 59.61 % (871 votes) soit 22 élu·e·s.

La liste Divers centre d’Emmanuel Provin 22.86 % (334 votes) soit 3 élu·e·s.

La liste Divers gauche de Raynald Ingelaere 17.52 % (256 votes) soit 2 élu·e·s.


En 2026, 3 listes se présentent aux suffrages des électeurs.



Liste « Bar-sur-Aube, j’y crois, réussir notre ville de demain » 

Philippe Borde sous l’étiquette LR brigue un 3ème mandat en privilégiant la question de la sécurité.



Liste “Aimer Bar-sur-Aube, c’est agir – Emmanuel Provin 2026″

Emmanuel Provin, conseiller municipal sortant se représente sans étiquette tout en étant soutenu par Renaissance et privilégie à valeurs égales la sécurité et les services publics.


Pierre-Frédéric Maître, maire adjoint sortant se présente sans étiquette et privilégie les services publics et la citoyenneté. . Il a fait l’objet de plaintes pour des faits présumés de vols, puis pour injures non publiques, s’est vu retirer ses fonctions d’adjoint à la mairie de Bar-sur-Aube en 2023.

Le 13 février, il lance un appel aux dons pour financer sa campagne qui fait réagir.  Si la démarche est légale, elle soulève des questions sur les règles complexes du financement électoral.


Après une année de chaises vides et une vague de démissions, la liste « Bar-sur-Aube en transition » ne repartira pas en 2026. Douze ans après l’ère Gaudot, la liste de gauche et écologiste s’efface et mise sur les réseaux sociaux pour interpeller les candidats autour de thématiques comme la mobilité ou les transports.


Nous trouvons ici la pure illustration du changement dans la continuité…


RD

Face à la violence, démocratie et Etat de droit


Paris, le 23 février 2026

Toute mort due à une agression, et quels qu’en soient les motifs, est un drame humain et une défaite démocratique. Lorsque la violence se déchaîne, lorsqu’elle entend se faire loi, elle humilie l’intelligence collective, piétine le débat, nie la part d’humanité commune sans laquelle la démocratie n’est plus que la caricature mortifère des valeurs qu’elle porte. La mort de Quentin Deranque, quels qu’aient été ses engagements, ne fait pas exception et doit à ce titre être fermement condamnée, moralement, politiquement et juridiquement. Elle doit d’autant plus l’être qu’elle s’inscrit dans un cadre de dégradation démocratique marqué depuis maintenant plusieurs années par un regain des violences. L’appauvrissement du débat public, le recours de plus en plus fréquent, de la part de responsables politiques à des anathèmes, à des rhétoriques vengeresses, un vaste ressentiment social, ont contribué à cette montée en puissance du recours à la violence comme argument ultime. Ils y contribuent hélas, encore et toujours.
L’urgence commune devrait être aujourd’hui à la sérénité des débats, à l’apaisement plutôt qu’à la confrontation, à un retour à une norme démocratique privilégiant la confrontation des idées et non la désignation d’ennemis. Au lieu de cela, les calculs politiciens dominent la scène politique, des médias attisent les flammes de futurs drames et les pouvoirs publics, au lieu d’en appeler au respect de la loi, désignent des coupables à tout-va.
Pire encore : par une sordide aberration, certains s’acharnent à faire du terme antifasciste le contraire même de ce qu’il a porté dans l’histoire et de ce qu’il porte encore. Oui, le fascisme existe aujourd’hui. Il se revendique parfois et trop souvent comme tel. Il lui arrive aussi d’endosser des habits neufs. Cela fait partie de la réalité politique de notre pays et de bien d’autres. C’est une réalité qui mérite d’être nommée et combattue. Mais jamais avec des moyens qui, insidieusement, alignent ce combat sur les valeurs et les méthodes auxquelles il s’oppose.
La lutte antifasciste est née de la défense des libertés publiques et de la démocratie. Elle a, sur ces bases, rassemblé largement, bien au-delà des clivages politiques. La LDH (Ligue des droits de l’Homme), qui s’honore d’avoir pris sa part dans ce combat, quelles que soient les vicissitudes qu’elle a dû affronter, est toujours restée fidèle aux valeurs de cet engagement citoyen, puissant parce que collectif et démocratique. Elle ne laissera pas, pour de basses raisons politiciennes, placer sur un même plan cet engagement humaniste avec ceux qui fédèrent des droites extrêmes racistes, antisémites, xénophobes et haineuses de la diversité de l’humanité.
C’est dans ce cadre de défense des droits fondamentaux que la LDH saisit avec ténacité la justice et se porte en soutien des victimes de l’extrême droite, de celles et ceux que visent ses injures, ses menaces, ses passages à l’acte violents, projets terroristes ou meurtres à caractères raciste et antisémite, homophobe… Autant de motifs malheureusement trop souvent ignorés, minimisés, écartés comme mineurs du débat public.
La LDH n’aura de cesse de rappeler que c’est la justice, indépendante et impartiale, qui doit déterminer les responsabilités des violences, et en assurer la sanction. Ni le gouvernement et son administration, ni les groupes politiques, ni les médias, ni les appels à la vindicte populaire ne sauraient exercer cette fonction. C’est, il faut le rappeler encore et toujours, ce qu’on appelle l’Etat de droit.
La démocratie est aujourd’hui prise à partie par ses ennemis historiques et par d’autres, qui rêvent à sa transformation en régime autoritaire. Il en va de la responsabilité commune de tous les démocrates de faire échec à ce cauchemar. Cela passe par la condamnation ferme et entière des violences commises à Lyon et de l’homicide de Quentin Deranque. Cela passe tout autant par la défense de la primauté de l’Etat de droit, par la mise en échec des instrumentalisations sordides qui visent à affaiblir le débat démocratique dont notre pays a plus que jamais besoin.





Indépendance de la justice, sérénité de l’enquête pénale, un lointain souvenir



Samedi 14 février, un étudiant âgé de 23 ans, Quentin D., est mort des suites de ses blessures infligées deux jours plus tôt à Lyon. Immédiatement, les responsables politiques se sont emparés du sujet, sans considération aucune pour le temps de deuil des proches.

La LDH se mobilise pour les élections municipales de 2026




Nous suivrons à la mesure de nos moyens cette campagne qui s’engage laborieusement dans notre département, en veillant lors de celle-ci avec la plus grande attention à la défense des droits et libertés fondamentales, de la démocratie et au respect de l’Etat de droit.

Nous commencerons aujourd’hui par la ville de Troyes, chef-lieu du département.

Aux dernières élections municipales de 2020, le taux d’abstention y a battu un record absolu en atteignant 69.36 %. La crise sanitaire du Covid n’en était pas seule responsable. Le fait que François BAROIN [*] soit réélu tous les 6 ans depuis 30 ans n’y est pas étranger, les Troyens ne voyant plus l’intérêt de se déplacer jusqu’à l’isoloir pour au final obtenir toujours le même résultat.

5 listes y étaient représentées.

  • Celle de François BAROIN, la liste LR- ENSEMBLE POUR TROYES, a obtenu 5 903 voix qui lui ont permis d’occuper dès le premier tout 42 sièges sur 49, avec 66,78 % des suffrages exprimés au conseil municipal et 30 sièges sur 35 au conseil communautaire de Troyes Champagne Métropole.
  • En 2ème position, la liste DVG- TROYES EN COMMUN POUR UNE VILLE ECOLOGIQUE CITOYENNE SOLIDAIRE, avec pour tête de liste Anna ZAJAC, obtient 1 243 voix, soit 14,06 % et obtiendra 3 sièges municipaux et 2 sièges communautaires.
  • Puis vient celle de Jordan GUITTON, RN- RASSEMBLEMENT NATIONAL POUR TROYES, qui obtiendra également 3 sièges municipaux et 2 sièges communautaires avec 11,26 % de voix (995).
  • La liste REM- Troyes En Marche conduite par Loëtitia CAROUGEAT obtient 484 voix, soit 5,48 %, 1 siège municipal et 1 siège communautaire.
  • La liste EXG- Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs de Lionel PAILLARD recueille 214 voix, soit 2,42 % et n’occupera donc aucun siège.


Pour le 15 mars 2026, au premier tour, 9 listes seraient à ce jour en lice:

  • la liste LO de Pauline REICHLING [1]
  • le collectif de gauche, citoyen et écologique Troyes Avec Briot (PCF-PS-LÉ-G·s-ND-PA) de Charline BRIOT [2]
  • la liste LFI de Sarah FRAINCART [3]
  • Il est temps de Loëtitia BEURY [4] (DVC)
  • Troyes est à nous de Pierre PHILIPPE [5] (DVD)
  • Troyes au cœur de Olivier Richard [6] (DVD)
  • Sauvons Troyes de Pierre BROCHET (RN)
  • À la Reconquête de Troyes de Jean-Christophe Letierce (REC)
  • à laquelle il faudra ajouter, bien qu’elle ne daigne apparemment pas trouver un intérêt quelconque à faire campagne, celle du maire sortant François BAROIN (LR).

Nous avons eu connaissance des programmes de certain(e)s candidat(e)s, à retrouver dans les notes ci-dessous:

[*] François Baroin succède à Robert Galley comme maire de Troyes en 1995, à 30 ans. La même année, il est élu président de l’Association des maires de l’Aube. Il est nommé président de Barclays France en janvier 2022. Il déclare alors qu’il met entre parenthèses son activité d’avocat et ne garde qu’un seul des quatre mandats d’administrateur indépendant qu’il exerçait auparavant tout en restant maire de Troyes et président de l’agglomération.

[1] Pauline Reichling présentera son programme en compagnie de Julien Cynober, tête de liste à La Chapelle Saint-Luc, le dimanche 8 mars à la Salle multi-activités des Vassaules, 13 rue Grégoire-Pierre Herluison, à Troyes.

[2] Charline Briot entend faire émerger un projet en rupture avec les priorités municipales actuelles : « François Baroin a investi près de dix millions pour la sécurité et seulement quatre pour le social, dans une ville où 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, sa politique ne colle pas avec la réalité sociale de la ville. »

[3] Sarah Fraincart et son colistier avaient invité ce lundi la députée du Val-de-Marne, Clémence Guetté, à une réunion électorale. Notre envoyée spéciale était présente et nous a écrit :

« La salle du « Troyes fois plus » était pleine = je crois que le nombre de 200 participants a été atteint.

Pas de perturbateurs. 

Public hétérogène, et bien représentatif, à mon sentiment, de la société française, sauf qu’à Troyes, ville de vieux, on aurait dû voir davantage de cheveux blancs. Y en avait quand même un bon peu. Bref, c’était pas une horde d’écervelés immatures, ni de rouges incendiaires, ni d’antisémites islamisés non plus. Ambiance plutôt bon enfant, beaucoup de convivialité, il est vrai que « tout le monde se connaît » dans notre village tricasse !

Prise de parole des deux têtes de liste. Il s’est agi du local (évidemment), tour d’horizon = le scolaire, la santé, les transports, etc. et accent mis sur le logement. Des idées et propositions concrètes, certaines déjà émises « à gauche », d’autres + novatrices, mais rien qui mette en cause la République ! 

Puis, allocution bien ficelée de Clémence GUETTE, standing ovation méritée ! S’agissant des « barons » et de leurs réseaux, l’exposé était plutôt bien vu… Coucou, Baroin et sa bande de potes ! Idem, accent sur les discriminations spatiales, entre centres et périphéries de nos villes. Aucune allusion à Mélenchon, ni non plus aux trois I qui font la Une ailleurs. Evidemment = c’est hors sujet pour ce scrutin, il n’y a que les droitards pour penser « sauvons Troyes et ses traditions ». Fin du ban = la Marseillaise, et l’Internationale, en sœurs siamoises, ça a matché !

Et pour clore, tout le monde était fier et content, et c’est vrai que la soirée était réussie. Toujours les mêmes dévoués bénévoles, dont nos habituels camarades de lutte sur d’autres sujets. Bon point = l’organisation, dont contrôles à l’entrée, et service d’ordre citoyen. Ce succès booste les militants, et j’ai trouvé cet optimiste culot plutôt sympathique ! 

AH

[4] Son programme : l’écoute, la transparence et l’efficacité concrète dans la gestion municipale (santé : accès aux soins et prévention dans les quartiers ; mobilité : déplacements mieux organisés, mobilités douces encouragées ; quartiers : proximité, culture, vie associative et services publics ; sécurité & propreté : présence sur le terrain et espaces publics entretenus).


[5] Voir le site de l’association https://troyesestanous.fr/


[6] L’ex-conseiller départemental revendique une liste sans étiquette et proche des Troyens. L’autre tête de liste Caroline Olivier, elle, est cadre juridique, Troyenne depuis une quinzaine d’années. La grande priorité de « Troyes au cœur » : le quotidien. Sécurité, propreté et engagement sont au premier plan des propositions. 


La conjuration abjecte des imbéciles

Copie d’écran de la vidéo montage dans laquelle Barack et Michelle Obama sont représentés en singes, publiée avant d’être retirée quelques heures plus tard sur le réseau social de Trump.


La maison Blanche invoque une « erreur ».

Elections municipales : barrons la route à l’extrême-droite

Blast Info



Les élections municipales des 15 et 22 mars approchent et les extrêmes-droites font du plat quand ce n’est pas du forcing, à la droite, pour constituer des listes d’union, ce qu’hélas la gauche n’est pas toujours prête à seulement envisager.

Ces élections vont non seulement servir de test pour l’élection présidentielle de l’année prochaine, mais elles interviennent dans un contexte d’usure démocratique après les prouesses de la Macronie autour de son leader aujourd’hui adulé par certains en chef de guerre, autant que détesté il y a encore peu pour la centralisation du pouvoir sur sa propre personne.

L’extrême-droite, qui est un poison pour l’Etat de droit autant que pour la démocratie, représente un véritable danger pour les victimes de la pauvreté, pour l’environnement, pour la culture, pour la cohésion sociale, pour la santé autant physique qu’intellectuelle, pour l’égalité, les libertés, l’éducation…

Portée par les milliardaires Bolloré, Stérin et consorts, autant que par une population excédée par les injustices et alimentée des contre-vérités des chaînes d’information continues, l’implantation des extrêmes-droites dans nos villes et nos campagnes, impensable encore il y a quelques années, s’est faite au nez et à la barbe des combattants contre le racisme, la xénophobie, la haine de l’autre et le repli sur soi.


La mondialisation et ses promesses intenables sont passées par là.

« L’idée qu’il était dangereux pour la démocratie s’est amenuisée entre 2015 et 2024 tout comme celle qu’il était extrémiste ou xénophobe alors que sa proximité aux préoccupations des électeurs était de plus en plus reconnue par divers groupes sociaux tout comme sa capacité à gouverner le pays. Cette intégration dans le champ de la politique légitime a précédé ses victoires électorales. Ces dernières sont alors venues confirmer une banalisation déjà accomplie qui le sortait de la périphérie où il était cantonné depuis la création du Front national par Jean-Marie Le Pen au début des années 1970. »

« Le vote RN n’est plus le vote FN et ne se réduit ni à un vote de pauvres, ni à un vote populiste, ni à un vote fasciste, ni à un vote de racistes systémiques. Son implantation dans la vie politique française s’est sensiblement accélérée après la fin de la crise de la Covid-19 lorsque les enjeux sociaux mis en avant par la crise des Gilets jaunes, comme la mobilité sociale et la volonté d’émancipation économique, qui n’ont pas trouvé de réponse dans le macronisme qui les avait pourtant bien diagnostiqués en 2016, ont ressurgi et mobilisé au-delà du monde ouvrier, touchant les cadres comme les retraités. » 



Le RN est devenu fréquentable dans les urnes pour 34% des Françaises et des Français (législatives de 2024), si l’on ne tient pas compte des sondages d’opinion qui n’ont pas de valeur absolue.


Et la LDH dans tout ça ?

« La LDH est une association politique : les principes qu’elle défend et les propositions qu’elle avance l’amènent à prendre position sur les causes et les remèdes à apporter aux dysfonctionnement qu’elle combat. »

« N’ayant aucune vocation à l’exercice du pouvoir, elle n’est pas un parti politique et elle est indépendante des partis. Pour autant, la LDH considère que les partis politiques sont un des éléments essentiels du fonctionnement de la démocratie et elle entretient avec eux les rapports nécessaires aux combats qu’elle mène.

La LDH n’intervient pas dans les élections, sauf si elle estime que ses principes fondamentaux y sont mis en jeu. »


C’est pourquoi nous ouvrons dans ces colonnes un espace d’expression ouvert. Notre objectif n’est pas de soutenir l’une ou l’autre liste où que ce soit. Nous voulons contribuer à éviter que les extrêmes-droites ne gagnent les mairies et tenons à leur barrer la route avec tous les moyens dont nous disposons. Ce blog en est un.

Vous trouverez à la page VOS TEMOIGNAGES ET COMMENTAIRES ceux qui nous sont parvenus et dont nous espérons qu’ils vont désormais affluer.

Envoyez-les nous à l’adresse: contact.ldh10@gmail.com. Nous les publierons.

Tous les messages ne présentant pas un intérêt avéré pour le sujet qui nous occupe, à savoir les élections municipales, sera rejeté. C’est pourquoi il seront bien évidemment soumis à modération avant leur publication.

RD