



Partager la publication "Donald vs Léon"

Qui sera en mesure d’aborder auprès des intéressés trois sujets qui, a priori, n’ont pas nécessairement de rapport direct entre eux mais qui pourraient néanmoins avoir au moins un point commun ?
Le premier serait d’ expliquer à Trump que le monde ne se gère pas à la hussarde, comme une agence immobilière dont la seule vocation est de faire du profit au mépris de la vie humaine.
Le deuxième, de proposer à Netanyahu d’affronter enfin, dans son propre intérêt comme dans celui du peuple israélien, de celui de ses voisins et de la terre entière, la justice de son pays avant de se présenter devant la justice internationale.
Le troisième, d’inviter France Inter à recruter ses programmateurs musicaux ailleurs que parmi des adolescents à peine pubères qui semblent n’avoir apparemment d’autre objectif que de se procurer des plaisirs solitaires, pour le grand bonheur, sans aucun doute, des producteurs en vogue mais également pour l’ennui incommensurable des auditeurs.
RD
Partager la publication "Les 3 questions du jour"

Un physicien pense avoir localisé Dieu: il serait à 439 milliards de milliards de kilomètres de la Terre.
Un ancien chercheur de l’université Harvard prétend pouvoir situer Dieu à l’échelle cosmique. Son argumentaire s’appuie sur une théorie physique remaniée… et plusieurs passages de la Bible.
Nous pensons avoir trouvé l’astronaute le plus qualifié pour diriger l’expédition cosmique…
Partager la publication "Pour se détendre un peu en fin de semaine (dans la spiritualité, qui plus est)…"

La maison Blanche invoque une « erreur ».
Partager la publication "La conjuration abjecte des imbéciles"

Depuis pratiquement 2 ans et demi des Palestiniennes et Palestiniens meurent sous les bombes.
En janvier 2026, le ministère de la Santé de Gaza estime qu’au moins 71395 personnes ont perdu la vie dans la bande de Gaza, soit une personne sur 31. Ces chiffres rapportés et sont tenus pour sûrspar les Nations Unies, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et différentes organisations internationales. La grande majorité des victimes sont des civils et comparé à ceux d’autres conflits mondiaux récents, le nombre de décès de journalistes, de travailleurs humanitaires et de santé, ainsi que d’enfants, est parmi les plus élevé. Selon les Nations Unies, la bande de Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, dès décembre 2024. On estime que des milliers d’autres corps restent très probablement ensevelis sous les décombres des bâtiments détruits.
À ces morts viennent s’additionner des dizaines de milliers de victimes de l’insoutenable situation sanitaire et alimentaire de Gaza. Plus de 85 % de la population de Gaza a été victime de déplacements forcés.
Depuis l’accord de cessez-le-feu, signé le 10 octobre entre Israël et le Hamas, le plan Trump se met en marche, les otages israéliens ont été libérés. Mais comme il fallait s’y attendre, le cessez le feu n’est pas effectif. Israël ne cesse de le violer. “Dès que le Hamas aura libéré les otages, la guerre s’arrêtera” nous a-t-on répété inlassablement dans les médias. Aujourd’hui, toute la fausseté de cet argument éclate au grand jour.
Aujourd’hui encore, la propagande israélo-trumpienne ne doit pas nous leurrer. La situation à Gaza reste celle d’un génocide fait de la combinaison du blocus, du refus d’entrée des biens essentiels et d’une malnutrition orchestrée. Nous assistons à un étranglement du peuple palestinien, un génocide organisé froidement et méthodiquement sur fond de l’annonce d’un cessez-le-feu qui n’est en aucune manière effectif.

En seulement 3 mois, le nombre total de morts sous la mitraille s’élève à plus de 529 dont plus de cent enfants selon l’UNICEF. A ces morts directes, il faut additionner tous ces malades, qui ne sont pas soignés, en raison de la destruction des infrastructures de soin ; pas soignés parce qu’Israël empêche leur exfiltration de l’enclave.
Les médicaments ne rentrent toujours pas, laissant à l’abandon, entre autres, des centaines de milliers de malades chroniques. Nous assistons à une politique délibérée d’organisation de la famine : seule une centaine de camions pénètrent dans l’enclave, là où il en faudrait 600 pour respecter le prétendu plan de paix trumpien.
En janvier 2026, l’UNICEF rapportait que le froid hivernal causait des décès par hypothermie chez les enfants déplacés.
Les faits sont là : la « pax americana » n’est que la couverture de la poursuite méthodique, froide et implacable de l’extermination du peuple palestinien et de l’expulsion de ses terres.
Les images de tentes noyées sous la pluie, sous la boue ne cessent de nous parvenir.
Il faut se rendre à l’évidence : le génocide est toujours en cours avec son cortège de souffrances et de morts.
À ce constat sur la situation à Gaza, nous ajoutons la situation en Cisjordanie. C’est par dizaines qu’on compte les Palestinien nes tués sous les raids israéliens et sous les tirs des colons juifs israéliens. Sur la seule journée du 3 février, 30 civils palestiniens ont été interpellés. Ils rejoignent ainsi les plus de 210 000 cas d’arrestations enregistrés depuis octobre 2023. S’y ajoute une politique systématique de destruction des terres agricoles ainsi que des maisons des familles palestiniennes. Les déplacements forcés de la population se poursuivent.
Le plan américain n’attaque en rien la racine du problème : l’expulsion des Palestinien nes de leur terre. Il ne s’attaque en rien à la cause profonde de la violence : le siège, l’occupation et le nettoyage ethnique perpétrés par Israël.
Le plan de Trump, Netanyaou et de leur complices n’a que pour objectif l’accaparement des ressources vitales (eau, terres agricoles) et d’intérêts énergétiques et financiers.
Son plan de mise sous tutelle de la bande de Gaza et de ses habitants, empreint d’une logique coloniale, piétine le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Nous lançons un cri d’alarme : le génocide est toujours en cours. Ce qui est en jeu, c’est l’extermination d’un peuple massacré et expulsé de ses terres. D’ores et déjà, c’est par dizaines de milliers que nous comptons les morts. Le plan Trump ne fait qu’organiser la poursuite du génocide et s’il n’y est pas mis obstacle, c’est en centaines de milliers que le sinistre décompte devra se faire.
Chaque silence, chaque renoncement contribue à l’affaiblissement du droit et ouvre plus grande la porte à la barbarie.
En n’appliquant pas fermement le droit international et en ne sanctionnant pas ses violations, la communauté internationale cède à la loi du plus fort et entérine la barbarie qui s’exerce depuis plus de deux ans à Gaza et dans un certain nombre de pays dans le monde.
Nous affirmons qu’une paix durable ne pourra se réaliser qu’en garantissant le droit au retour des Palestiniens et la reconnaissance effective de leur droit à l’autodétermination.
Nous affirmons que l’avenir des Palestiniens doit être décidé et construit par eux même, que seules l’égalité des droits et la justice apporteront une paix juste et durable.
Nous affirmons que le plan Trump n’ayant qu’une perspective pro-israélienne ne fournit rien d’autre qu’un horizon de guerre permanente à tous les peuples de la région.
Nous affirmons que l’urgence de l’heure est de faire cesser le massacre !
Pour ces raisons, nous appelons à rejeter ce plan et nous exigeons :
Nous exigeons de notre propre gouvernement qu’il engage des actions concrètes pour forcer Israël à arrêter son offensive génocidaire :
L’interpellation sur notre territoire de tout génocidaire y compris lorsqu’il le survole.
L’arrêt de toute livraison d’armes ou de composants utilisés pour le montage d’armes
L’interdiction de tout transit d’armes via nos ports et aéroports
L’arrêt des coopérations commerciales, universitaires et de recherche avec Israël.
La suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

La LDH de l’Aube tient à préciser qu’elle reste fidèle à ses engagements pour défendre le peuple palestinien au sein du collectif, ainsi qu’à sa volonté de dénoncer toutes les violations des droits humains et des crimes contre l’humanité. La LDH ne tient pas à remettre en cause le collectif. Etant en relation avec des réfugiés d’Iran, elle sait combien ceux-ci ont besoin de soutien. Elle s’associe au MRAP pour déclarer:
Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !Soutenons tous les peuples victimes de la guerre et de l’arbitraire !
Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.
À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.
Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.
Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.
La répression aurait fait plus de 30 000 morts.
Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.
Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.
Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.
Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.
Nous exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.
Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.
Solidarité avec tous les peuples victimes de la guerre, de la tyrannie, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, partout dans le monde.
Nous dénonçons toutes les atteintes aux droits humains et aux violations du droit international.
À bas les dictateurs !
Femmes, vie, liberté vit et vaincra !
Partager la publication "Stop au massacre en Palestine !"
Propos recueillis par Rémy Dufaut

On entend souvent dire qu’il ne faut pas écouter les exilé(e)(e)s iranien(ne)s qui ne sont pas sur place et ont donc une vision de la réalité plutôt faussée, ne vivant pas dans leur chair la répression des mollahs et du fait de l’absence d’informations leur parvenant.
Toutefois, celles et ceux-ci font preuve d’un ressenti où la douleur et l’angoisse sont omniprésents.
Une jeune femme iranienne, que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer durant nos différentes activités, a accepté de nous confier la réalité de ce qu’elle a vécu, de son adolescence à maintenant, ainsi que l’angoisse qui l’étreint aujourd’hui pour sa famille et ses ami.e.s demeurés en Iran, à la lumière de ce qu’elle sait de leur vie dans un pays dont les dirigeants ont déclaré la guerre à son propre peuple.
Elle tient à garder l’anonymat pour d’évidentes questions de sécurité et pour préserver son fils, grand adolescent qui vit avec elle. Nous l’appellerons Azadeh*.
Elle a obtenu la protection subsidiaire de la France à la fin de l’année 2013, faute d’un statut de réfugiée politique et n’envisage pas le moins du monde de retourner dans son pays. Elle exerce une profession artistique depuis la fin de ses études. Elle a trouvé à Troyes la possibilité de la poursuivre sans entrave.
Nous nous efforçons de restituer la parole d‘Azadeh telle qu’elle nous l’a délivrée. Nous nous abstiendrons d’analyser le discours et d’essayer de l’interpréter. Ses mots se suffisent à eux-mêmes.
***
Azadeh, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis née juste après la révolution islamiste. Je n’ai jamais été faite pour vivre dans cette société. C’étaient des complications, des problèmes liés à mes pensées, mes activités. J’avais interdiction d’exercer mon activité artistique. J’ai donc quitté l’Iran avec mon fils.
Les membres de la famille de mon ex-mari étaient policiers. J’étais en direct là-dedans. C’était très difficile. En Iran, quand on est une fille, on est éduquée pour être soumise, que ce soit à l’école ou dans la famille, on doit écouter tout d’abord le père, le frère, puis le mari. Parfois, certaines, comme moi, sortent du lot et posent la question : pourquoi ? Or en Iran le « pourquoi ? » ne passe pas. On n’a pas le droit de poser des questions, qu’elles soient religieuses ou autres. Les cours de religion sont obligatoires pour pouvoir continuer des études. Poser des questions, c’est aller contre la volonté de Dieu.
C’est-à-dire qu’une adolescente qui commence à découvrir le monde avec mille points d’interrogation, doit enterrer tout. On n’a pas le droit de poser la moindre question.
J’étais déjà une rebelle dès l‘adolescence dans ma famille. Je suis différente de ma mère et mes sœurs. Je suis née comme ça. Le sens du féminisme m’échappait. Je ne connaissais pas la signification du mot. Je ne pouvais donc pas dire que j’étais féministe mais j’étais pour l’égalité femmes-hommes, sans le savoir vraiment, dans cette société. Je suis née juste après la Révolution islamiste, donc fermeture totale du pays. Quand une fille commence à poser des questions : « pourquoi c’est mon père qui doit m’autoriser » et puis « pourquoi c’est mon mari. » Tout ça, ça ne passait pas.
Ma mère me disait : « Toi, je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu, tu vas poser beaucoup de problèmes. » Elle était inquiète pour moi. Pour mes pensées. Et comme j’ai été élevée par mes frères, je ne leur demandais jamais l’autorisation, je faisais beaucoup de choses en cachette.
C’est pour ça qu’aujourd’hui, c’est mon devoir de parler. Alors pourquoi pas aujourd’hui dans un pays libre ? Pourquoi je ne m’exprimerais pas ? De quoi aurais-je peur ? Il y beaucoup de pourquoi. Pourquoi je ne profiterais pas de l’occasion. En Iran je ne le pouvais pas mais j’ai toujours voulu faire quelque chose, surtout pour les femmes.
Jusqu’où pouviez-vous aller en Iran dans votre rébellion contre cette situation du statut des femmes ? Quelles étaient les possibilités pour vous de vous exprimer ?
C’est une bonne question. Je ne me la suis jamais posée. De toute façon, je continuerai autant que je peux. Quand je serai sûre que mon fils sera autonome, qu’il pourra se débrouiller seul ça sera différent. Il a 17 ans, j’ai envie de le protéger, il n’a pas demandé tout ça. En Iran beaucoup de jeunes moins âgés que lui ont été tués. Je pourrais crier ma révolte. Mais je suis une mère. Comme toutes les mamans en Iran je veux protéger mon enfant.
Y a-t-il à Troyes une communauté iranienne avec laquelle vous êtes en contact ?
Oui, il y a une communauté mais malheureusement je n’ai pas de contact. Encore une fois, on revient à ma personnalité rebelle, femme libre iranienne qui n’accepte pas cette société iranienne. Mais je ne pense pas qu’ils acceptent cette situation. Quand on quitte l’Iran, c’est nécessairement parce qu’il y a un problème. Je ne sais rien d’eux mais cela reste malgré tout une tradition. Une femme célibataire, moderne, ouverte, c’est mal vu. C’est un peu compliqué. C’est pour ça que je me suis mise à l’écart. C’est pour cela que mon fils et moi avons une vie assez calme, tranquille. Nous pouvons vivre tranquilles, en en liberté. C’est pour cela que je n’ai pas de contacts avec les autres Iraniens mais j’ai quand même beaucoup d’amis français, adorables, qui sont là pour moi. Je n’ai jamais eu besoin de chercher davantage.
Avez-vous encore de la famille, des amis en Iran ?
Oui, j’ai deux frères aînés avec leur famille. J’ai aussi des amis encore là-bas. Je n’ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, surtout depuis que l’internet est coupé. Hier soir, pour la première fois, j’ai reçu un appel de ma nièce. L’internet commence à être rétabli dans certaines villes. Pour ma ville natale, ça a été un peu plus tardif. Ma nièce seule a pu m’appeler, personne d’autre. Elle était en pleurs, elle criait. C’est seulement maintenant que l’on sait ce qui s’est passé en Iran. Il s’agit d’un génocide. Mais eux-mêmes ne savaient rien de la réalité. Ils savaient qu’il y avait des tortures, mais rien de la gravité de la situation. Ils ont vécu des moments très compliqués. Elle m’a raconté qu’avec sa sœur, elles étaient sur leur balcon et les policiers leur ont tiré dessus, les ont insultées grossièrement. Il s’agit d’une armée. Ce ne sont plus des policiers, c’est l’armée qui est dans la rue. Ils tirent sur tout le monde. Elles ne se seraient pas jetées à terre, ne sachant pas qui les tirs visaient… Ils tirent sur les immeubles. C’est comme la torture, c’est pour faire peur. Pour eux tout le monde est coupable. Si vous sortez regarder les manifestants, vous êtes coupable. Dans leur immeuble, un des voisins a ouvert la porte aux manifestants pour les abriter. Il a été dénoncé. L’armée est entrée en cassant les portes pour arrêter les gens.
Il n’est pas prudent de rester dans les pièces avec des fenêtres. Ils tirent sur les façades.
Mais ils veulent éliminer leur peuple ? Qu’est-ce qui motive cela ?
Je ne sais pas. Mes deux nièces, avec un enfant de 6 ans se sont serrées l’une contre l’autre en hurlant. Dans la rue, il faut déjà se justifier pour aller faire les courses. Alors, imaginez pour manifester… L’armée a pris les rues. Si vous sortez, vous voyez la guerre. Ça rappelle les images que j’ai vues de la deuxième guerre mondiale. C’est une guerre du gouvernement contre le peuple. Le peuple ne veut pourtant que la liberté. Il ne souhaite qu’une vie paisible comme tout le monde. On ne mérite pas ça.
On parle aujourd’hui de 12000 morts mais il s’agit en fait de beaucoup plus que ça. On est incapable de donner des chiffres précis. Ça pourrait aller jusqu’à 30000 ou 40000… Un jour, on saura mais pas bientôt. Toutes les communications étaient coupées. Quand tout va revenir on va voir l’ampleur de ces crimes de guerre, de ce génocide, je n’ai pas peur de le dire. Ça n’est pas une surprise. On n’arrête pas de crier à l’aide. Cela fait des années que le peuple iranien appelle de l’aide au niveau international. On savait que ça devait arriver. Mais on ne savait pas jusqu’où ils peuvent aller. Ils sont capables de mettre une bombe dans la rue. L’armée est capable de tout aujourd’hui.
Le peuple iranien appelle les nations à l’aide. Hormis Trump qui avait menacé d’attaquer les mollahs mais s’intéresse maintenant à autre chose, qui peut vous venir en aide ?
Oui, une fois de plus on est déçu. Les Etats Unis avec Obama ont tourné le dos alors qu’il avait les moyens d’intervenir. C’était alors le Mouvement Vert [1]. Il y a 16 ans déjà, on interpelait Obama. Trump a dit : « une personne est morte c’est déjà beaucoup ». Mais as-tu entendu quelque chose ? Il y a des milliers de morts. Qu’attend ce gouvernement qui dit que les limites sont dépassées ? Dans un autre pays, cela se serait-il passé comme ça ? Des intérêts sont en jeu. En Iran les ayatollahs doivent rester encore. Parce que ce sont nos intérêts avant tout. C’est le pétrole, le gaz. Si je change le gouvernement iranien, qu’est-ce que ça change ? Rien du tout. Tout le monde sait ce qui se passe en Iran mais il vaut mieux que les ayatollahs restent. Beaucoup de pays y ont des intérêts, du Moyen-Orient comme les pays occidentaux. C’est pour cela qu’ils ne réagissent pas. Ce n’est pas parce qu’ils les aiment qu’ils tolèrent les ayatollahs. Je ne comprends pas pourquoi les Etats-Unis pourraient intervenir en Irak, en Afghanistan… Mais en Iran, on néglige quand même les peuples qui devraient décider. Je suis désolée, le peuple devrait décider. Mais vous voyez qu’il y a une armée. Le peuple ne peut rien faire, il n’a aucun pouvoir.
Les Etats Unis sont intervenus au Venezuela, pour en réalité récupérer les ressources pétrolières. S’ils intervenaient en Iran, n’y a-t-il pas un risque qu’ils y fassent la même chose ? Récupérer les ressources iraniennes, ce n’est peut-être pas ce que souhaite le peuple.
Vous savez, il faut toujours payer pour avoir quelque chose. Vous savez, si je reviens à moi, pour ma liberté, j’ai payé cher. Vous voyez la vie dure que j’ai vécue. Mais ça le méritait parce que c’était pour ma liberté. Ça n’est que ma petite personne, moi, juste une personne. Aujourd’hui, si on parle d’un pays, d’un peuple, malheureusement, on doit payer, on le sait. Parce que vous croyez qu’aujourd’hui on ne paie rien ? Savez-vous combien de milliers, de milliards nous doivent les Etats-Unis, l’Angleterre ? Le gouvernement iranien leur dit : « OK tu peux le garder mais tu nous protèges. » Savez-vous combien d’armes, à l’époque du Shah, à la fin, ont été achetées par le Shah d’Iran ? Ce qui a constitué aussitôt une révolution ou plutôt un coup d’état et du coup, car les armes n’ont jamais été livrées à l’Iran. Et ça fait 47 ans. On n’a vu ni l’argent ni les armes. Vous voyez tout cet argent qu’on a payé pour juste protéger ce gouvernement. Aujourd’hui, on veut bien payer mais pour être un peu plus libre. Aujourd’hui, on paie pour le Liban pour la Palestine, pour protéger le Hamas, Daech en Irak…
La plupart de l’armée qui contrôle les rues en Iran ce sont des soldats du Hamas, d’Afghanistan, d’Irak… Ce n’est pas vraiment les Iraniens. Un soldat iranien risque la pendaison parce qu’il n’a pas respecté les ordres. Il a refusé de tirer sur ses compatriotes et risque la mort. Ceux qui tirent, ceux d’Irak, d’Afghanistan, sont payés avec cet argent. Si on doit payer pour notre liberté… il faut payer malheureusement.
Il y a un prix à payer mais vous seriez prête à tout donner ? A tout sacrifier ?
Bien sûr, ce ne sera pas à mettre… comment dire ? en charité…non, je ne retrouve plus le mot… C’est juste pour vous dire que oui, on sait que c’est un prix à payer.
Vous voulez parler d’un sacrifice ?
Non, oui, le sacrifice, c’est déjà le cas. Il y a des milliers de morts aujourd’hui. Le peuple se sacrifie.
Que souhaiteriez-vous aujourd’hui pour l’Iran ? que quelque chose se passe ? Qu’un régime démocratique s’installe ?
Mais bien sûr, c’est le rêve de tout le monde.
Il s’agirait alors d’une nouvelle révolution, menée par le peuple ?
Menée par le peuple, oui. Mais contre une dictature, on ne peut pas. Les gens, ça fait des années qu’ils manifestent dans la rue. Mais cette fois-ci ça ne s’était jamais vu. Cette fois-ci ça n’était pas une manifestation, c’était une révolution. C’était vraiment pour renverser le régime. Les autres fois, on se battait pour la liberté, pour l’économie, mais on n’avait jamais vu ça depuis 47 ans.
Le mouvement Femme, Vie, Liberté a été très fort. On en parle encore. Mais cette fois, ce sont les commerçants du bazar qui ont initié le mouvement et qui ont été rejoints par les étudiants et le peuple s’est rallié. Maintenant c’est tout le monde qui lutte. Ce ne sont plus les femmes et ceux qui les soutenaient. Aujourd’hui, le mouvement est très étendu. Il y a donc un espoir en route.
C’est ça. On ne peut plus reculer aujourd’hui. Avec tout le sang versé dans la rue. Même si tous les gens sont rentrés à la maison, parce que dans la rue, maintenant, c’est l’armée. On ne peut plus reculer. Je suis certaine qu’il y aura une autre occasion. Les gens vont sortir.
Mais il y a eu tellement de sacrifices, les gens sont morts pour rien. Cette fois-ci le monde entier a vu qu’il s’agit d’une dictature qui n’a pas de limite pour rester au pouvoir. Ils ont tué un enfant de 3 ans. Ils ne regardent même pas qui ils tuent. C’est tellement facile avec les fusils. Un enfant de 3 ans, une femme de 70 ans. On ne sait pas. Ils ferment les yeux. Tu es là. Même si tu ne fais pas partie de la manifestation, si tu sors d’un magasin, ils tirent sur toi. Tu es mort. Le monde entier a vu la gravité de ce qui s’est passé. On sait que les gens ne peuvent pas seuls, ils ne peuvent pas. Ils ont vraiment besoin d’aide de l’extérieur.
Il faudrait une aide extérieure pour que les mollahs soient chassés.
Il faut qu’ils paient pour ce qu’ils ont fait. Mais comme malheureusement je n’y crois plus. Les Nations Unies, les droits de l’Homme franchement, je n’y crois plus. Les droits de l’Homme, ça existe quand on a envie. Quand on n’a pas envie, on ferme les yeux et ça n’existe pas. On a fermé les yeux et les oreilles sur le peuple iranien.
Mais il existe de nombreuses organisations de défense des droits humains qui s’en préoccupent.
Oui. Mais quand je parle de ça, je veux parler des grands pouvoirs, des Nations Unies… Bien sûr, si aujourd’hui je suis là c’est parce que vous voulez aider, vous voulez faire quelque chose, bien sûr. Mais je vise les grands pouvoirs.
Mes amis français depuis le début sont de mon côté. Ils m’appellent tout le temps, m’envoient des messages de soutien au peuple iranien. Moi je vise les grands pouvoirs. On se sent abandonné.
Une seule petite lueur d’espoir quand même ?
Mais on avait l’espoir. Les gens ont réclamé. Trump a dit : « Écoutez-moi, je suis prêt pour vous aider. » C’était de l’espoir pour nous. Tout le monde à ce moment-là s’est senti protégé cette fois-ci. On savait qu’il y aurait des morts. Mais pas des massacres, un génocide. Il a joué tellement avec le moral des gens. Ça fait 3 semaines. On a oublié l’Iran parce qu’il n’y a plus de manifestations. Les gens ne sont pas dans la rue. Parce qu’il y a l’armée dans la rue. Le service militaire est obligatoire 2 ans en Iran, de 18 à 21 ans. Un soldat mais… Mon fils va voir 18 ans. C’est un gamin ! Il ne peut pas tuer les gens. Donc il risque la mort. S’il refuse de tirer il risque la mort.
On a oublié aujourd’hui. Il n’y a personne dans la rue. On passe à Gaza, on passe en Palestine. Je suis un peu jalouse. On a tellement parlé de Gaza, on en parle toujours. Pourquoi ? Oui, c’est les Juifs contre Gaza. Donc il faut aussi détruire les Juifs en même temps. Vous comprenez ? Alors que l’Iran…
De toute façon, il faut quand même que ça devienne plus stable au Moyen-Orient. C’est l’Iran qui est au centre de cette déstabilisation. Donc, si tout va bien en Iran, s’il est ami avec Israël, ben non, il n’y a plus d’intérêt.
Donc, les pays occidentaux profitent de cette déstabilisation ?
Bien sûr. Regardez les pays occidentaux. Que font les Américains au Qatar ? L’Iran est un pays dangereux, donc on doit rester là pour protéger les pays arabes. Il y a des milliers d’excuses. L’Iran est l’ennemi d’Israël. Donc on doit être là pour les protéger. L’Iran fait ci ou fait ça. Il y a toujours une excuse.
Le droit international interdit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays. L’ingérence étrangère ne peut s’appliquer à aucun pays, à l’exception d’interventions humanitaires.
Mais on sait aussi qu’existe la loi R2P [2]. L’Iran est une civilisation assez cultivée, on sait qu’un pays ne peut se mêler des affaires d’un autre pays, mais on sait aussi que ce cadre existe. Le peuple iranien est éloigné du gouvernement. La culture perse est toujours là, malgré les efforts du gouvernement pour effacer cette culture pour la remplacer par la culture musulmane, arabe. Mais les gens restent des Perses. Ils essaient d’imposer l’Islam alors que ce n’est pas l’Islam… Au nom de l’Islam on interdit tout.
L’islamisme n’est pas l’Islam…
Non, bien sûr. Donc on sait que dans le cas de l’Iran, les autres pays pouvaient aider le peuple avec cette loi R2P. Malheureusement, ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé faire. Bon, ben tout va bien. Nous étions très inquiets pour les Iraniens mais bon… Aujourd’hui, les Iraniens sont à la maison, parce qu’il y a l’armée dans la rue. Il ne faut pas sortir.
On se trouve dans une espèce d’impasse.
Voilà, c’est ça. On vit dans une situation de guerre. Ma nièce me disait : « tout est limité, pour les courses, on essaie de faire le maximum pour ne pas sortir. » C’est compliqué. Tout le monde est visé. Que l’on soit médecin, femme au foyer, étudiant, il n’y a pas d’exception.
Mais qu’attendent du peuple iranien ces ayatollahs, qu’il meure chez lui d’inanition de faim ? que veulent-ils ?
Ils veulent rester au pouvoir à tout prix. S’il faut massacrer tout le monde, ils massacrent tout le monde. S’il ne reste un jour pas un Iranien, ben tant pis. On va les remplacer par les Arabes. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Si vous allez au sud de l’Iran, vous ne savez pas si vous croisez un Iranien ou un Arabe. Vers la frontière afghane, vous ne savez pas qui est Iranien qui est Afghan. Tous ces gens qui ne sont pas des Iraniens s’en foutent.
Ce n’est pas le peuple, ces gens, qui sont à l’origine de tous ces problèmes. Ce sont les mollahs.
Bien sûr. Ce sont les ayatollahs, c’est le gouvernement.
Je sentais une petite pointe d’animosité quand vous disiez qu’on ne sait pas qui est Iranien et qui est Arabe.
Non, quand je dis ça, les Iraniens, ce sont des Perses, vous voyez ? C’est une culture différente et c’est une race différente aussi. Ce ne sont pas des Arabes. Je ne veux pas dire que les uns sont mieux que les autres. Ce sont deux peuples complètement différents, avec deux cultures totalement différentes. Nous, nous sommes limités par la loi iranienne, mais le peuple est très moderne, très ouvert d’esprit. Alors que quand vous allez dans un pays arabe, la loi leur autorise beaucoup de choses mais dans leur mentalité, c’est fermé. C’est ça la différence. Eux, ils ne sont pas limités par le gouvernement mais c’est leur mentalité. Nous, nous sommes limités mais…
On n’est pas là pour parler des autres pays. C’est pour vous dire que nous sommes un peuple assez ouvert d’esprit et moderne. C’est ça que le gouvernement ne veut pas. C’est ça que j’essaie de vous dire.
C’est vrai qu’il peut y avoir des mélanges, pas des purs Iraniens, beaucoup de mélanges, beaucoup d’étrangers, pour vraiment apporter beaucoup de choses.
Quand un étranger n’est pas content, le gouvernement lui dit : « tu rentres chez toi ». C’est comme ça partout.
C’est pour ça qu’ils ramènent beaucoup d’étrangers. Mais ça n’est pas ça qui nous dérange. Ce qui nous dérange, c’est le régime qu’on ne peut plus supporter. On veut absolument changer. L’espoir, c’est le changement.
Un référendum, la démocratie, avec les ayatollahs, c’est impossible. On a tout essayé.
Aujourd’hui, c’est le changement de régime que nous voulons.
Même si la démocratie est en crise dans le monde entier, il existe des pays où elle encore présente. Il y a des gens qui sont prêts à interpeller leurs gouvernements pour qu’ils interviennent auprès des instances internationales en prenant leurs responsabilités.
Depuis le début je ne suis pas seule. J’ai toujours eu tous mes amis à côté de moi, à me soutenir, ça me réchauffe le cœur. Quand la LDH m’a contactée, j’avais les larmes aux yeux. Il y a des gens qui soutiennent le peuple iranien. Je n’ai pas de pouvoir mais rien que ça, le soutien, un message, une pensée pour le peuple iranien, rien que ça, c’est important. Quand on me demande « Azadeh, qu’est-ce qu’on peut faire pour toi ? ». On ne peut rien faire mais on peut parler. Ne pas laisser les gens dans l’oubli…
Aujourd’hui, les rues sont calmes, mais c’est parce qu’il y a une armée qui, dès que les gens sortent, ils les tuent. C’est notre devoir de ne pas oublier les gens qui sont morts depuis le début.
Dans les médias, on n’en pas parlé comme il fallait. L’interview que j’ai faite avec le journal local, j’ai subi une petite censure. Ce n’est pas grand-chose. Quand on m’a demandé « Pour qui êtes-vous si le régime tombe ? » quand j’ai dit « pour le Prince » [3], ça n’a pas été écrit. Je ne l’ai pas lu. Elle m’a demandé si je pensais qu’il fallait faire la guerre en Iran, comment on peut aider… J’ai répondu que je ne suis pas politicienne, je suis une artiste iranienne, qui a vécu en Iran des choses horribles. Aujourd’hui, c’est mon devoir de parler.
La seule chose que je peux vous dire c’est qu’à l’époque en 1979, comment ont-ils pu aider Khomeini sans faire la guerre ? Ce n’était pas la France ? Dans les médias, parfois, il ne faut pas que les gens sachent un certain nombre de choses.
Vous pensez que ce serait le Prince Reza Pahlavi qui pourrait apporter la solution ?
Oui. Nous n’avons plus confiance dans les gens qui sont au pouvoir aujourd’hui. Il y a un autre parti politique qui s’appelle Moudjahiddines Khalq [4] mais c’est la République islamique qui a gagné la bataille. Aujourd’hui ils sont encore en activité mais personne ne veut d’eux. C’est la même chose que la République islamique. On appelle ça une République. Mais qu’est-ce une république ? On a un guide suprême qu’on ne peut pas changer. N’est-ce pas un roi ? N’est-ce pas l’empire perse ? En fait, seul le nom a été changé en « république ». On a remplacé le Chah d’Iran par le guide suprême.
Vous ne souhaitez pas une république laïque, qui ne soit pas religieuse, comme en France et dans les pays démocratiques ?
Oui, bien sûr. Le Chah n’a pas été renversé par le peuple iranien. Il a été renversé par quelques pays sur un coup d’état. C’était l’Angleterre, les Etats Unis, la France notamment. Quelques gens du peuple aussi, aveuglément, ont suivi Khomeini. Les pouvoirs occidentaux ont mis Khomeini au pouvoir donc forcément… Ça n’avait rien à voir avec aujourd’hui, quand on voit le nombre de gens qu’il y a eu dans la rue. Comment ont-ils pu renverser un Chah d’Iran qui était fort ? Tous les pays sont venus…
Le peuple était libre sous le Chah ?
De quoi ? Je n’étais pas née à cette époque. Mais c’est quelque chose que les pays occidentaux ont mis dans la tête des Iraniens pour qu’ils manifestent. Je me fie à ce que j’ai vécu en Iran. Quand on parle de dictature à propos du Chah, je mets un point d’interrogation. On a dit qu’il était un dictateur. Et qu’il fallait pour cela le renverser. Mais quand j’y réfléchis, quand je compare avec les filles qui sont nées à l’époque du Chah avec mon époque, il y avait plus de liberté. Les filles ont eu le droit de conduire, le droit de voter. Tous les droits des femmes ont été acquis grâce à lui.
Le Chah a accordé des droits aux femmes parce que le peuple les a demandés.
Le Chah a accepté. Sous son père, Reza Pahlavi, les femmes sortaient comme aujourd’hui les femmes sortent en Afghanistan, avec la burka. C’est lui qui a rendu les femmes libres. Quand j’entends parler de dictature ! son père était un … patriarche, qui ne plaisait pas aux pays occidentaux. Un vrai soldat iranien dont ils ne pouvaient rien obtenir. Il n’est pas capable, on fait des coups d’état. Toi tu dois partir, c’est ton fils qui va prendre ta place.
Il vrai que son fils était un peu dépendant des pays occidentaux par rapport à son père. A la fin il commence à devenir comme son père, en même temps, il devient très fort, il devient comme son père, le pétrole est nationalisé, 70% du pétrole iranien partait en Angleterre. Ah non, ça n’est pas possible que ce soit nationalisé. Le peuple iranien le savait. Les Iraniens ne sont pas des gens bêtes. On connaît la trahison. Une fois que vous avez trahi l’Iran, au moins après 47 ans, vous pouvez penser aux dégâts que vous avez faits.
Parce que ce gouvernement, la guerre des 12 jours l’a renforcé [5]. Aujourd’hui ils n’ont plus peur. Israël aurait pu renverser le régime. Ils ne l’ont pas fait. C’est le ressenti de tous les Iraniens. Ils ont compris qu’Israël a frappé un par un alors qu’il aurait fallu qu’ils finissent le travail. C’est malheureux de vous dire ça. C’était la guerre contre mon pays mais c’était aussi la guerre contre ce gouvernement, pas contre le peuple. Le peuple avait l’espoir qu’Israël change le régime, qu’il y mette fin. Malheureusement les pays occidentaux n’ont rien changé.
Le Prince héritier souhaite revenir, mais pour assurer une transition pour un régime démocratique ?
Il veut organiser un référendum. Il a promis, il guide les gens. Il est le seul à pouvoir le faire. Comme les gens regrettent énormément son père, ils souhaitent qu’il revienne, qu’il soit le Shah, comme son père. Beaucoup de gens le réclament, je ne peux pas vous dire le pourcentage aujourd’hui mais dans la rue, les gens réclament le royaume. Ça pourrait être comme en Angleterre. Les gens le réclament comme roi pas seulement comme un leader. Ils veulent un roi.
***
* Le prénom Azadeh est d’origine persane et possède une riche signification ainsi qu’une histoire. En persan, « Azadeh » signifie littéralement « libre » ou « indépendante ». Ce prénom reflète une idée de liberté et d’autonomie, des valeurs profondément enracinées dans la culture iranienne.
L’origine du prénom Azadeh remonte à l’Antiquité perse, où le concept de liberté était particulièrement valorisé. Le terme « Azad » (qui signifie « libre ») était utilisé pour désigner les personnes de haut rang ou celles qui jouissaient d’une grande liberté dans la société. Au fil des siècles, ce terme a évolué pour donner naissance à des prénoms comme Azadeh, qui incarne toujours cette notion de liberté.
En plus de son lien avec la liberté, Azadeh est également associé à la noblesse et à l’élégance. Dans la littérature persane, ce prénom a été utilisé pour décrire des personnages féminins forts et indépendants, symbolisant la résistance et la détermination. Aujourd’hui, Azadeh reste un prénom populaire en Iran et parmi les communautés persanophones, continuant à porter l’héritage de ses racines historiques et culturelles.
***
Notes:
[1] Mobilisation sans précédent à la suite de l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009, réprimée avec une violence extrême par les milices Basij. Malgré cette répression féroce la jeunesse a continué à crier sa colère dans la rue, coordonnant ses actions grâce à une technologie en plein essor, celle des réseaux sociaux, au point d’être surnommée la « révolution Twitter ».
[2] « Responsabilité de Protéger », norme du droit international public énoncée dans un document en anglais de 178 articles adopté par tous les états-membres de l’Organisation des Nations unies, lors du Sommet mondial de 2005.
[3] Reza Pahlavi, prince héritier de la dernière dynastie royale d’Iran, en exil aux USA depuis la chute de son père le Shah d’Iran en 1979, souhaite initier une démocratie monarchique de transition, sous le nom de Reza II.
[4] Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien, mouvement islamiste chiite d’opposition au Chah, à la tête de l’Armée de Libération Nationale.
[5] Du 13 au 24 juin 2025, Israël et l’Iran se sont livrés à une guerre-éclair d’une intensité inédite, faisant 1054 morts en Iran, 28 en Israël. Loin de déstabiliser l’Iran, cette guerre a consolidé le pouvoir iranien.
***
Nous ne pouvons que prendre conscience à travers ces mots que le peuple iranien traverse sans doute actuellement la pire de ses tragédies. Comment peut-il supporter cette situation où règnent la torture, la terreur, la mort et l’absence de lendemain pour soi-même et ses proches.
En Iran aujourd’hui, la violence d’État ne s’arrête pas à la mort. Elle poursuit les vivants, à travers les pratiques de terreur du régime qui entrave la tenue de funérailles, confisque les corps, les mutile ou les fait disparaître.
Le désespoir est tel que les le peuple iranien compte sur le premier qui pourra les sauver, que ce soit Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Chah, qui vit aux Etats Unis depuis 47 ans ou Donald Trump qui le leur avait promis et les a oubliés avant d’envoyer ses armadas en espérant s’approprier leur pétrole.
Partager la publication "Azadeh* l’Iranienne, rebelle et résignée"
L’ICE poursuit ses arrestations alors que Trump tente de calmer le jeu.
Les deux agents qui ont tué Alex Pretti à Minneapolis le 25 janvier 2026 ont été suspendus. Une annonce qui arrive alors que le gouvernement Trump voit la désapprobation de sa politique migratoire monter dans les sondages et qu’il semble chercher à désamorcer la situation de ces derniers jours. Mais sur place, plusieurs militants manifestant contre les agents fédéraux de l’immigration (ICE) constatent toujours la présence de ces agents et ne voient aucun changement.
«Profils de hooligans» et formation express: le recrutement des agents de l’ICE pointé du doigt aux États-Unis.
Après l’émotion suscitée par la mort d’Alex Pretti, le 24 janvier 2026, et celle de Renee Good quelques semaines plus tôt, deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux, les interrogations émergent quant au profil des agents de la police de l’immigration (ICE), leur recrutement et leur formation.
Des vidéos montrent des actions violentes en série de l’ICE à Minneapolis depuis la mort de Renee Good.
Suite à la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE, les services américains d’immigration ont continué voire amplifié leurs opérations dans le Minnesota, comme en témoignent de nombreuses vidéos diffusées par les médias anglo-saxons.
« Nous ne lâchons rien » : comment Minneapolis se mobilise contre l’ICE.
L’offensive de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis a suscité un flot d’images virales montrant des migrants menottés et embarqués de force. Sur place, des milliers d’habitants ont retourné les caméras contre l’agence, filmant systématiquement les agents masqués afin de montrer au monde les abus de la police aux ordres de Donald Trump.
Ces entreprises qui s’enrichissent grâce à la politique migratoire de Trump.
Palantir, Geogroup, Capgemini… depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s’appuie sur une foule d’entreprises privées pour sa politique migratoire répressive. Nombreuses sont celles qui ont grandement bénéficié de ces contrats passés avec le gouvernement des États-Unis. Plongée au cœur du business américain de la répression.
Où se trouve la sortie pour échapper à toute cette violence étatique aux États-Unis ?
Il est difficile de trouver dans l’histoire des États-Unis un effort comparable à celui qui a présidé à la création d’une agence nationale spécialisée dans la violence à l’échelle de l’ICE. Si ses conséquences politiques et psychologiques immédiates sont évidentes, ses effets durables sur l’avenir restent difficiles à cerner. Par Aziz Huq, professeur de droit à l’université de Chicago.
Mourir sous les balles d’un fonctionnaire fasciste.
Une issue de plus en plus plausible. Si la logique actuellement en cours se poursuit, la création d’une milice équivalente à ICE en France n’est qu’une question de temps, avec ses rafles et ses exécutions sommaires. « Il faut organiser des grandes rafles un peu partout », dixit Arno Klarsfeld : c’est ce qu’ils veulent, ce qu’ils feront.





https://www.cartooningforpeace.org/
Partager la publication "On the Streets Of Minneapolis"

« Où sont-ils ? » Alors que le nombre de morts, victimes de la répression de janvier 2026, est aujourd’hui estimé par certaines ONG à plus de 30 000, de nombreux Iraniens continuent de chercher leurs proches arrêtés et/ou disparus et s’inquiètent de leur sort. Outil de répression de la République islamique, le recours à la disparition forcée, reconnu comme un crime contre l’humanité par l’ONU, rappelle la répression massive des années 1980.
« Nous parlons d’une tuerie de masse sans équivalent » : en Iran, la répression des manifestants aurait fait plus de 30 000 morts, selon certaines ONG.
Malgré la coupure internet imposée par le régime, des témoignages se multiplient sur le nombre de victimes de la répression depuis début janvier.
Internet en grande partie rétabli après près d’un mois de coupure.
Est-ce la fin d’un interminable silence ? Un mois jour pour jour après le début de la contestation en Iran et la coupure générale d’internet imposée depuis le 8 janvier sur fond de répression meurtrière, le black-out pourrait toucher à sa fin. Ce mercredi 28 janvier, la connexion internet semble rétablie dans le pays, alors que le bilan de la répression pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers de morts.
Téhéran a maté le soulèvement, mais le risque de désintégration économique demeure.
Alors que la crise monétaire a atteint son paroxysme fin décembre, la suspension des communications et d’Internet pour mater la révolte de début janvier a porté un coup supplémentaire à une économie iranienne déjà aux abois. Résultat : le pays est quasiment à l’arrêt, tandis que l’inflation poursuit son envolée sans aucune solution à l’horizon, explique cette journaliste dans “Iran International”, un média d’opposition en exil.
L’Iran meilleur ennemi d’Israël.
Longtemps, Téhéran a été le grand allié de Tel-Aviv dans la région. Avec les crises à répétition qui fragilisent le régime d’Ali Khamenei, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou oscille entre « changement de régime » et tentation du chaos, sous l’œil attentif de Washington qui dépêche une armada dans la région. Et il mise – sans trop d’illusions – sur Reza Pahlavi, le fils du dernier Chah.
Washington accroît la pression sur l’Iran en annonçant un exercice militaire au Moyen-Orient.
Les États-Unis ont de nouveau laissé planer mardi la menace d’une action militaire contre l’Iran en affirmant qu’ils allaient mener un exercice aérien de plusieurs jours dans la région. Dans le même temps, les efforts diplomatiques “s’intensifient pour parvenir à un accord qui empêcherait un embrasement régional”, rapporte la presse internationale.
« S’il y a une guerre, ce sera encore pire » : à Téhéran, des Iraniens redoutent les conséquences d’une intervention américaine.
Les États-Unis enchaînent les manœuvres militaires au large de l’Iran, ce qui fait craindre une possible intervention dans les prochains jours ou les prochaines semaines, alors que de nombreux Iraniens déplorent leurs conditions de vie.
La lettre du prisonnier politique iranien Saeed Masouri au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
Le prisonnier politique iranien Saeed Masouri écrivait dès décembre 2025 à la session actuelle du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève pour dénoncer de nouvelles agressions du régime des mollahs contre les prisonniers politiques en Iran, un message qui fait suite à la publication d’une lettre conjointe de prisonniers politiques insistant pour que le Conseil prolonge la mission de ses enquêteurs sur les violations des droits de l’homme en Iran.
Partager la publication "Iran: les disparitions forcées, une autre arme redoutable de la République islamique"
Des agents fédéraux ont encore abattu un homme à Minneapolis, ont rapporté plusieurs médias états-uniens, deux semaines après qu’un agent de la police de l’immigration (ICE) a tué une femme par balle dans cette même ville le 7 janvier. Loin du profil criminel que l’administration Trump s’est empressée de dépeindre, la victime, Alex J. Pretti, 37 ans, était infirmier dans une unité de soins intensifs.
Partager la publication "Une nouvelle victime de l’ICE"

Dans les colonnes du média brésilien Agência Pública, l’économiste Mark Weisbrot analyse le rôle du pétrole dans l’attaque de Donald Trump au Venezuela et les risques qui pèsent sur le reste de l’Amérique latine. Nous en publions la traduction.
Opération américaine au Vénézuéla : que dit le droit international ?
Le 3 janvier 2026, les forces américaines ont capturé le chef de l’État du Venezuela, Nicolás Maduro, avant de l’exfiltrer vers les États-Unis. La légalité de cette opération au regard des principes du droit international fait depuis l’objet de vives interrogations. Qu’en est-il ?
Le Venezuela étend la leçon de Gaza à l’hémisphère occidental.
Le monde entier peut désormais constater la vacuité de l’universalisme occidental, du libéralisme et de la mondialisation. L’enlèvement par les États-Unis ce week-end du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse ne représente pas qu’une simple escalade dans un conflit déjà ancien.
Troyes: la LDH appelle à se joindre au rassemblement de demain samedi 10 janvier devant la préfecture de l’Aube à 10h30.

Partager la publication "Pétrole et pouvoir : « Trump et Rubio veulent s’immiscer dans toute l’Amérique latine "

En kidnappant le président vénézuélien, Donald Trump ne défend ni la démocratie ni le droit, mais impose la loi brutale des intérêts américains. Sa puissance s’affiche sans masque et menace le monde entier.
Économie : comprendre l’intervention américaine au Venezuela.
Par Gabriel Zucman
La légalité de la capture de Nicolas Maduro débattue par le Conseil de sécurité de l’ONU.
À la demande du Venezuela, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni lundi pour débattre de la légalité de la capture du président déchu Nicolas Maduro par les États-Unis. Le secrétaire général de l’organisation, Antonio Guterres, a appelé au respect de l' »indépendance politique » des États.
Donald Trump réaffirme son souhait d’un Groenland américain.
Le locataire de la Maison Blanche a répété dimanche 4 janvier sa volonté d’annexer ce territoire riche en minéraux, après que la Première ministre danoise a exhorté les Etats-Unis de «cesser leurs menaces».
« Le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper » : Trump menace à nouveau le Groenland d’annexion.
Dans la foulée de l’intervention au Venezuela, le président américain continue de revendiquer le Groenland, alors que la Première ministre danoise, excédée par les menaces, réitère que l’île arctique n’est « pas à vendre ».
« Avec son entrée dans le nucléaire, Trump se livre à un conflit d’intérêts monumental ».
La holding Trump Media et la société spécialisée dans la fusion nucléaire TAE Technologies viennent d’annoncer leur mariage. Une situation qui risque de fragiliser la sécurité nucléaire, explique dans sa chronique Pascal Riché.
On a aussi un problème avec l’Europe.
L’atonie des dirigeants européens conforte la puissance de Trump. Ils faillissent et nous trahissent.
Partager la publication "Trump menace le monde"

« Quant au monde selon Trump, il porte à son paroxysme la montée d’une insensibilité corrélée à la fois à l’hystérie émotionnelle, à la confusion mentale et à la déroute du jugement. Il est l’exemple abouti de la défaite de la raison publique conjuguée au chaos des sentiments. » Myriam Revault d’Allonnes in « Une éclipse de cœur menace les démocraties. » Le Nouvel Obs 3 janvier 2026
Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, Washington a mené une opération militaire d’ampleur au Venezuela, résultant sur l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse. Dominique Simonnet, journaliste et essayiste français, auteur de nombreux travaux sur la politique américaine, décrypte les objectifs et les risques de ce coup de force majeur de Donald Trump.
Capture de Maduro au Venezuela : la communauté internationale entre larges inquiétudes et lourdes condamnations, Macron et des Européens détonnent.
Surtout appels à la «retenue» et au «respect» du droit et des conventions internationales : l’intervention militaire américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro ont suscité de vives réactions à travers le monde.
Nicolas Maduro écroué, intérim par la vice-présidente… Le point sur le flou politique après l’attaque américaine au Venezuela.
Après l’opération militaire américaine menée au Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi, le président Nicolas Maduro et son épouse ont été incarcérés à New York. L’intérim du pays a été confié à la vice-présidente vénézuélienne, avant un processus de transition que les Etats-Unis ont l’intention de gérer.
Venezuela : Emmanuel Macron « prend acte » de la fin de la « dictature » et ulcère la gauche.
La position du président français, qui n’a pas condamné l’opération américaine, a été qualifiée de « honte » par la gauche qui accuse le président français de piétiner le droit international et de complaisance envers les États-Unis.
Après l’opération de Trump au Venezuela, la France réagit pour la première fois avec embarras.
C’est en pesant soigneusement ses mots que Jean-Noël Barrot a été le premier membre de l’exécutif à réagir à l’opération menée au Venezuela. Emmanuel Macron demeure silencieux.

RD
Pascal nous envoie ses voeux. Nous y sommes très sensibles et nous l’en remercions.
Partager la publication "Trump/Maduro : Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage "

Depuis des années la guerre est partout et sert à nous mobiliser, nous faire peur ou nous discipliner de force. Guerre contre le terrorisme, bataille de l’emploi, guerre contre le Covid, guerre contre le narcotrafic, rien n’échappe à cette dérive langagière qui inquiète tant elle a déjà été surexploitée par le fascisme d’avant-guerre, de la « bataille du blé » à la « guerre au paludisme ». Cette rhétorique permet également au président de la République de se poser en chef de guerre.
Mercredi 19 novembre, devant le Congrès des maires de France, le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, a estimé que la France était « en risque » face à la « Russie de Vladimir Poutine » si le pays n’avait pas la « force d’âme » d’accepter « de perdre ses enfants » à la guerre. Sans attendre, de nombreux médias se sont emparés de cette déclaration pour décréter la mobilisation générale.
La guerre, les guerres, ne se mènent pas que sur les champs de bataille. Elles se mènent aussi sur le front médiatique afin de mobiliser l’opinion. Car pendant qu’on envoie des armes, des soldats ou qu’on bombarde, il faut convaincre. L’opinion, ça se travaille, et les grands médias y contribuent quotidiennement. À chaque mobilisation sociale, à chaque conflit militaire, à chaque élection, le constat ne varie pas : les grands médias sont des médias de parti pris.
Le Financial Times avertit : l’alarmisme des dirigeants européens sur une guerre inévitable avec la Russie risque d’alimenter une prophétie autoréalisatrice.
Le continent européen doit se préparer selon ses dirigeants à une guerre inéluctable avec la Russie. Dans ce climat angoissant, l’engrenage n’est pas automatique. La diplomatie peut reprendre la main et déjouer la prophétie autoréalisatrice.
A écouter les propos de James David Vance et Steve Bannon, qui font le bonheur des médias réactionnaires et ultraconservateurs, on a la nette impression que les USA, soufflent sur les braises et aimeraient que la guerre s’étende à toute l’Europe, ce qui faciliterait cet « effacement civilisationnel », dont rêve Trump. Trouvant ses dirigeants « faibles », « stupides », « en déclin » il ne supporte pas leur incapacité à contrôler les flux migratoires et à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Comment pourrait-il négocier des big deals avec un tel partenaire qui, comble de débilité, n’a pas même de pétrole à lui céder mais risquerait néanmoins de lui faire de l’ombre dans sa quête effrénée d’un impérialisme sans frontières ?
RD
Partager la publication "Si vis pacem, para bellum ?"

Aujourd’hui, alors que le monde célèbre la Journée internationale des migrants (JIM), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelle que la migration est un phénomène riche d’opportunités, de progrès humain et de développement partagé, et réaffirme la nécessité de mettre en place des systèmes migratoires plus solides et plus fiables qui protègent les personnes en déplacement et qui aident les communautés qui les accueillent.
Nous avons vu dans ces pages, ces derniers jours, que la France, n’est plus la terre d’asile par excellence, parmi les plus accueillantes du continent, comme elle l’était devenue au XIXe siècle, avec l’héritage à l’époque révolutionnaire, de cet embarrassant devoir d’asile envers les étrangers “bannis pour la cause de la liberté”.
La Journée Internationale des migrants est célébrée dans tous les Etats membre de l’ONU.
A Troyes et dans l’Aube, les organisations du collectif « Né(e)s d’ici ou venu(e)s d’ailleurs » étaient mobilisées comme chaque année depuis 25 ans.

Embarrassée face aux pressions populistes des droites extrêmes et des extrêmes-droites, la France suit la tendance qui s’est emparée de l’Europe entière.
Mais on voit chaque jour que le monde entier est touché par celle-ci, du nord au sud et d’est en ouest. Et pourtant, on sait que les migrations que nous avons connues jusqu’alors n’en sont encore qu’à leur début, devant la menace climatique qui pèse plus lourdement sur les pays qui ont moins que d’autres les moyens d’y faire face.
L’Amérique du nord, avec les USA au premier rang des pays les plus riches (voir ici), était jusqu’alors l’une des premières destinations de l’immigration. La donne est en train de changer, avec la campagne contre l’immigration menée par Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir, assimilant celle-ci une à « menace civilisationnelle ». Faisant figure de leader mondial dans ce domaine également, il cherche à entraîner le monde entier dans son délire.
Trump étend sa campagne contre l’immigration de masse à ses alliés occidentaux. Le département d’État américain a demandé aux ambassades des États-Unis en Australie, en Europe, au Canada et en Nouvelle-Zélande de faire remonter les données sur les délits et les atteintes aux droits humains commis par les immigrés sur leurs territoires, rapporte le quotidien australien “The Age”. Une manière pour Washington d’agiter l’épouvantail d’une “menace civilisationnelle”.
Non content de s’en prendre violemment aux migrants, il lâche la bride à la pire des polices dont les pratiques rappellent les heures sombres de la ségrégation et les exactions du Klu Klux Klan, compromettant gravement la sécurité dans l’ensemble de la nation.
« Déchets » venus de « pays de merde »… Trump s’en prend violemment aux migrants. Donald Trump n’a plus aucun filtre. Mercredi soir, pendant un meeting en Pennsylvanie censé vanter sa politique économique, il a demandé « Pourquoi est-ce que nous ne prenons que des gens qui viennent de pays de merde ? »
Donald Trump s’en prend violemment à la Somalie, un « pays pourri », selon lui, et promet de durcir encore plus sa politique d’immigration. Le président de Etats-Unis a multiplié les propos incendiaires contre la Somalie. La semaine dernière, il a annoncé son intention de « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde ».
Traque des migrants aux États-Unis : jusqu’où ira la ICE, la très controversée police de l’immigration ?Aux États-Unis, les critiques contre Donald Trump se concentrent sur la radicalité et la violence assumée de sa police de l’immigration, l’ICE, comparée à des « chasseurs de prime du Far West ».
Aux États-Unis, la répression contre les immigrés prend des airs de “goulag”. Dans son numéro de novembre et décembre 2025, le magazine américain “Mother Jones” consacre un dossier complet à “la mise en place brutale de l’État policier de Trump”. Il dénonce un système répressif, qui mobilise d’importants moyens financiers et humains, au mépris de la dignité des personnes ciblées.
La politique d’immigration affaiblit la sécurité publique. Les entraves à la protection des personnes migrantes victimes de crimes met les communautés en danger. Les mesures prises par l’administration Trump en matière d’immigration aux États-Unis compromettent la protection des personnes sans papiers ayant été victimes de crimes, en entravant la capacité des forces de l’ordre à enquêter sur ces crimes en vue de poursuivre leurs auteurs, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Certains états sont particulièrement ciblés dans la décision de mettre fin au regroupement familial pour leurs ressortissants. États-Unis : fin du regroupement familial humanitaire pour sept pays. Les États-Unis durcissent encore leur politique migratoire. Washington annonce la fin du programme humanitaire de regroupement familial pour sept pays, dont Haïti, Cuba et le Honduras.
D’autres le sont par une « une interdiction d’entrée totale pour les ressortissants de chaque satané pays qui a inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d’accros aux aides sociales ».
Les Etats-Unis suspendent les demandes d’immigration en provenance de 19 pays. Les demandes de cartes de résident permanent des ressortissants des pays concernés – Afghanistan, Birmanie, Tchad, Cuba… – tout comme les demandes de naturalisation sont interrompues.
C’est ainsi que le pays revendique des chiffres record en matière d’expulsions. Le “tsar des frontières” somme les migrants sans papiers de quitter le pays. Depuis la frontière mexicaine, Tom Homan, principal architecte de la politique migratoire de la Maison Blanche, lance un avertissement direct aux immigrants en situation irrégulière. L’administration Trump durcit le ton et revendique des chiffres records en matière d’expulsions.
Pourtant, le « land of freedom » (pays de la liberté) ne serait jamais devenu ce qu’il est sans l’immigration. Que seraient les Etats-Unis sans les immigrés ?
Les répercussions se font sentir largement hors des frontières américaines et le Canada, où l’on assiste également à la fin du « rêve canadien » et plus au sud où le Chili, notamment, vient de voir l’extrême-droite revenir au pouvoir, avec l’élection du président le plus à droite de l’ère post-Pinochet.
Présidentielle au Chili : l’inquiétude des migrants face à la probable victoire de l’extrême droite. À quelques jours du second tour de la présidentielle chilienne, qui a eu lieu dimanche, les étrangers en situation irrégulière s’inquiètaient des promesses d’expulsions massives portées par le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, grand favori du scrutin. Entre tensions à la frontière, discours sécuritaire et incertitude politique, le climat se tend.

Et, pour que cette Journée internationale des migrants ne se clôture pas sur de si alarmantes nouvelles, nous pourrons au moins nous réconforter de deux décisions judiciaires récentes qui confirment que l’extrême-droite ne peut pas encore tout se permettre en France.
Diffamation à l’encontre de La Cimade : Marine Le Pen définitivement condamnée.
Mila, militante d’extrême droite, a été condamnée à 2 000 euros d’amende avec sursis pour un tweet raciste.
RD
Partager la publication "La Directrice générale de l’OIM lance un appel à la solidarité mondiale à l’occasion de la Journée internationale des migrants"

Partager la publication "Troyes : pour une paix juste et durable"

Notre ami Jean Camus, lecteur assidu et avisé du journal Le Monde nous transmet un article intitulé dans sa version papier:
L’existence de chatbots permettant de parler avec des défunts soulève d’épineuse questions éthiques
Jean y relève certains passages :
Et Jean de conclure par cette sentence cauchemardesque : « Une illusion susceptible de créer un vrai déséquilibre. Qui voudrait d’EM numériquement immortel ? »
***
Car force est de constater que l’IA suscite énormément de défiance tant chez les scientifiques que dans le commun des mortels et que cette question brûlante fait effectivement l’actualité.
Comme certains le pensent, « Il va falloir former la société ».
Pour d’autres, «Le danger principal c’est que l’IA fasse des actions au nom de l’utilisateur»
Pendant que d’autres considèrent comme plausible « La fin de la solitude à portée d’IA » et concluent par une « Une citation anglophone [qui] dit que « les inconvénients sont le prix de la vie en communauté ». Que pour créer des liens forts, il faut parfois accepter l’inconfort, les disputes, l’éloignement. Que tous ces processus humains nous font grandir, évoluer et, surtout, nous permettent de construire des cercles solides, qu’il s’agisse d’espaces amicaux, amoureux, militants. Et j’aimerais que l’IA ne nous fasse pas croire le contraire. »
Il faut reconnaître que l’on peut faire faire beaucoup de chose à l’IA, le meilleur comme le pire:
Mais aussi…
***
En réalité, c’est sans doute à l’école que tout se joue. Et puisque l’IA nous vient bien évidemment d’Amérique, laissons le mot de la fin à l’un des éducateurs les plus éclairés sur la question de l’éducation aux USA, Jessé Hagopian, pour qui « Réglementer l’IA ne suffit pas. Démantelons la logique qui l’a introduite dans les écoles. »
Et pour en savoir plus, Agnès nous propose une lecture édifiante:

Partager la publication "L’IA et les illusions de l’immortalité numérique"

Comment va se dérouler la deuxième phase du plan de paix à Gaza, concocté en partie par le président américain Donald Trump ? Le groupe palestinien Hamas et Israël ont entamé des discussions préliminaires, alors que les négociations étaient suspendues depuis la semaine dernière pour laisser la première phase s’appliquer plus sereinement. Car cette deuxième phase s’annonce encore plus compliquée, abordant la gouvernance de Gaza, le « Conseil de paix » présidé par Donald Trump et Tony Blair, le désarmement du Hamas.
A peine une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, la situation reste extrêmement instable. Le régime génocidaire israélien continue de mener des opérations militaires sporadiques dans l’enclave palestinienne, en violation totale de l’accord. Dans le même temps, l’aide humanitaire reste extrêmement limitée, d’après des organisations et le personnel de santé sur place.
Les termes de l’accord entre le mouvement islamiste et l’Etat hébreu prévoyaient que tous les otages, vivants ou morts, seraient remis dans les soixante-douze heures suivant la mise en application du cessez-le-feu. Dix-neuf dépouilles manquent encore.
« On ne sait pas qui est encore en prison et qui est mort »
Et voilà. Les captifs israéliens ont été libérés après deux ans passés entre les mains du Hamas. Parmi eux, il y a des soldats qui étaient stationnées dans les postes militaires de la périphérie de Gaza. Tout le monde est content. Leurs familles sont contentes, les Israéliens sont contents, Trump est content, l’Occident est content. Tout le monde est content parce que vingt personnes ont été libérées. Les captifs israéliens ont raconté comment ils ont été déplacés plusieurs fois, dans des tunnels, dans des conditions de détention terribles d’après eux. Les discours et les commentaires, en Israël et en Occident, se félicitent de la libération des otages, qui était une priorité. Les dirigeants politiques parlent de la grande fête du retour des captifs à la maison. Mais on les entend moins se réjouir de la fin de la guerre. On ne parle plus du génocide que nous avons vécu. On fait mine d’oublier que sur les près de 2 000 Palestiniens libérés par Israël en échange de ces vingt Israéliens, 1 718 ont été enlevés pendant les deux ans d’invasion de Gaza.
Le Journal de Rami Abou Jamous.
Pendant que Trump vante son plan de paix pour Gaza, en Cisjordanie, les attaques de colons contre des Palestiniens se poursuivent. Face aux violences, des volontaires internationaux et israéliens tentent de soutenir villageois et cultivateurs.
Partager la publication "Gaza : un futur encore bien incertain"

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, en Israël, a indiqué tôt vendredi avoir approuvé la première phase du plan Trump pour Gaza, après de longues délibérations à huis clos. Mais pour la presse de la région, de nombreuses questions restent en suspens.
« Nous ne célébrerons pas aujourd’hui la fin du conflit israélo-palestinien. Nous ne célébrerons peut-être même pas la fin de la guerre de Gaza, la plus longue et la plus meurtrière de toute l’histoire de ce conflit. Mais nous allons, à moins d’un énième retournement, au moins pouvoir célébrer l’arrêt, partiel ou total, de l’un des pires massacres de ce début du XXIe siècle.«
Le cessez-le-feu, ratifié hier par Israël et le Hamas, a reçu ce matin l’approbation finale du gouvernement israélien et est désormais officiellement en vigueur à Gaza.
Des frappes aériennes, des tirs d’artillerie et des coups de feu israéliens ont été rapportés jusqu’à la dernière minute, et les journalistes rapportent que, sur place, le calme est loin d’être installé.
« La Cisjordanie est toujours la cible de l’armée et des colons, tandis que le gouvernement israélien poursuit un programme d’escalade de colonisation et d’annexion », déclare ce matin Hanan Ashrawi, femme politique palestinienne, sur X. « Si les causes profondes ne sont pas traitées, il ne peut y avoir de paix ni de stabilité véritables », a-t-elle déclaré.
Partager la publication "Le cessez-le-feu entre en vigueur à Gaza, mais des zones d’ombre persistent"

La Maison Blanche a rendu public lundi un plan en 20 points visant à mettre fin à l’offensive menée par Israël depuis près de deux ans dans la bande de Gaza, à obtenir la libération des otages.
Selon Aaron David Miller, ancien conseiller spécialiste du Moyen-Orient, ce plan comporte des éléments susceptibles de mener au succès, mais il reste peu détaillé.
Après la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancienne magistrate Eva Joly dénonce des responsables politiques et médiatiques incapables de prendre la mesure d’actes profondément contraires à la loi et défend une justice qui doit s’appliquer à tous.
Trump aux Etats-Unis, Poutine en Russie, Netanyahou en Israël… Partout dans le monde, la montée des extrêmes droites au pouvoir s’accompagne d’une propagation de la loi du plus fort, au détriment de la démocratie. La France n’est pas épargnée : l’extrême droite prend appui sur nos fractures sociales, économiques et politiques, pour remettre en cause les droits, les libertés et l’égalité de toutes et tous devant la loi.
Face à cette situation, la LDH (Ligue des droits de l’Homme) lance, en ce mois de septembre 2025, une campagne nationale inédite pour alerter, mobiliser et agir contre la progression des idées d’extrême droite et leurs conséquences autoritaires.
Partager la publication "Eclairages sur l’actualité : plan Trump, condamnation de Sarkozy, montée des extrêmes-droites"

Le projet américain risque surtout de permettre à Netanyahou de gagner du temps et de « finir le travail » dans l’enclave, au mépris de dizaines de milliers de vies humaines.
On pourrait presque s’en tenir à la psychologie des acteurs : comment croire un plan de paix promu par Trump et Netanyahou ? L’un qui ne rêve que de mettre la main sur Gaza pour son grand projet immobilier, l’autre, mû par une idéologie de toute une vie qui suppose l’expulsion des Palestiniens ?
« À Gaza, des bulldozers blindés de Tsahal injectent du fuel dans les immeubles et y mettent le feu. »
Vidéo proposée par IO, le fil d’Informations Ouvrières sur Telegram.
Partager la publication "Le plan Trump pour Gaza : une monumentale arnaque"