Pour en finir avec les sondages




Alors que Marine Le Pen recule, selon Frédéric Dabi, directeur général de l’institut de sondage IFOP (« Du jamais vu depuis 10 ans ! » – TFI – 24h Pujadas, l’info en questions du 28/08/2026) la radio en ligne d’extrême droite Sud Radio, relayée par BFM, proclame le contraire, continuant sa désinformation à coups d’estimations hasardeuses et d’interprétations pour le moins mythomaniaques et schizophrènes du même IFOP.



Est-il utile de rappeler que les principaux instituts de sondage sont détenus par Pierre-Edouard Stérin (qui détient Hexagone, commanditaire d’Opinion Way et de l’IFOP – tiens donc), Bernard Arnault (qui détient Opinion Way) et Vincent Bolloré (qui détient Havas et l’institut CSA ainsi que des parts dans le groupe américain Harris Interactive) ?

Quant à IPSOS, il est détenu par une myriade de fonds institutionnels (tel BLackRock, récemment soupçonné de vouloir imposer la retraite par capitalisation en France) et de fonds communs consacrés aux énergies fossiles ou à la gestion d’importants portefeuilles de dettes d’États et d’entreprises).

Le propriétaire d’Elabe est l’ancien PDG de CSA.

Cluster17, partenaire de l’hebdomadaire Le Point, se définit comme un « laboratoire d’étude de l’opinion », selon les termes de son site internet. Il a été épinglé en 2022 par la Commission des sondages pour sa fiabilité plutôt contestée et des doutes sur la représentativité des panels utilisés. Il classe les Français en groupes idéologiques (ses fameux clusters).

 

On a vu les fiascos qu’ont connu lesdits instituts de sondages à l’occasion des élections municipales de mars 2026. Leurs publications au caractère artificiel, frauduleux et nuisible s’apparentaient plutôt à des fake news qu’à des enquêtes sérieuses.



Ils ont beau jeu de surfer sur la perte de confiance des Françaises et des Français envers les partis et l’exécutif, sur leurs jugements très négatifs du personnel politique, leur sentiment d’improvisation permanent autant que sur leur besoin de services publics, de protection, de soin, leur envie de démocratie directe et participative.





Au lieu de proposer une photographie de l’opinion, ils la produisent en façonnant l’essentiel des enquêtes qui rythment le débat public en France.

« Au regard de la place occupée par les sondages dans notre système politique, il est crucial de renoncer à cette course à la baisse des coûts et d’inventer collectivement un système qui permette aux journalistes et aux sondeur·ses de jouer pleinement le rôle qu’ils et elles entendent défendre dans le fonctionnement des démocraties : la production de données rigoureuses, au service de la formation de citoyen·nes éclairé·es. »



A ce stade, il ne s’agit plus d’incompétence. Le jeu est truqué d’avance.

Sur les 5000 à 10000 sondages réalisés chaque année en France, 50% d’entre eux sont faux. Heureusement, seuls 20% d’entre eux sont rendus publics. Toutefois les 80% non publiés sont utilisés à leur convenance par les différentes institutions.



Pourquoi alors s’étonner que tous les partis ne soient pas proposés aux choix des sondés dans les enquêtes d’opinion à visée politique ? Ce qui a le don d’énerver un peu ceux qui sont évincés.




N’oublions pas que ces sondages désignent avant tout les favoris… qui ne sont pas nécessairement les vainqueurs.



En vue de l’élection présidentielle de 2027, nous allons être matraqués de sondages. Quelle confiance accorder à ces chiffres ? 

Continuer à présenter ces projections comme des résultats scientifiques et fiables, c’est entretenir une « confiance collective dans une erreur collective ».

Un chiffre n’est pas un destin, c’est une mesure ; et en démocratie, le destin n’appartient qu’au vote, une fois les hypothèses, les méthodes, les estimations et les projections remises à leur juste place.



Le CNRS conclut une étude sur la qualité des études politiques ainsi : « Enfin il n’y a pas de fatalité à voir les enquêtes politiques, même quand elles sont bien faites, démenties par la réalité. »



On sait fort bien que publier des sondages trop longtemps avant un scrutin a une valeur prédictive très faible et, ce qui est plus grave, influence artificiellement le débat public. 



Quoi qu’il en soit, le sondage n’est décidément pas un bon outil pour comprendre la société.



En 2018, Frédéric Micheau publiait La prophétie électorale. Les sondages et le vote.

Il nous amenait à la conclusion que « les sondages ont toujours raison, sauf dans les cas où ils se trompent…« 




Une consultation de Mme Irma revient finalement moins cher pour le même résultat.

Les sondages sont avant tout des outils de propagande. Ils n’ont de valeur que pour les banquiers qui se basent dessus comme garanties pour accorder des prêts aux partis. Il se trompent et ils nous trompent.

Le vote demeure au final la seule façon de s’approcher au plus près de l’état de l’opinion.





RD

Sondage IFOP sur les musulmans – Qui parle derrière les chiffres ?



Attention, sondage sensible ! Par son objet : le rapport à l’islam des musulmans de France. Par sa conclusion : l’intégrisme progresse, surtout chez les plus jeunes. Cette étude de l’Ifop sera âprement débattue.




Nous vous épargnerons les réactions intéressées et nauséabondes des médias d’extrême-droite qui sautent sur l’occasion sans hésiter un instant, pour nourrir à un moment fort opportun la séquence identitaire, en lui donnant un vernis de “réalité mesurée”, sous couvert d’une pdeudo-réalité scientifique.

Celles de certains politiques en embuscade ne se font pas attendre.


Montée de l’islamisme : Bruno Retailleau annonce le dépôt d’un texte pour lutter « contre l’entrisme municipal »



D’autres analyses nous permettent heureusement de ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu.


« C’est une identité fantasmée » : trois imams réagissent au sondage sur les jeunes et l’islamisme.



Un sondage IFOP sur « l’islamisme des musulmans » affole les plateaux télé des chaînes d’information. Mais qui parle vraiment derrière ces chiffres ? Média d’influence, campagne de diffamation d’ampleur, calendrier électoral… Sondage neutre ou arme politique ? Enquête sur un récit écrit d’avance.



Gageons que d’autres sondages du même type ne vont pas tarder à être publiés par les officines réactionnaires et islamophobes, qui voient dans tout musulman un dangereux terroriste islamiste, à plus forte raison s’il est jeune et s’il est défendu contre les attaques racistes par des militants nécessairement « islamogauchistes ».

Il y a deux ans, utlisant alors d’autres ficelles, celles-ci et leurs hérauts s’en prenaient aux associations de défense des droits humains et, en tout premier lieu, à la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).


« Je m’attendais à mieux d’Élisabeth Borne », regrette le président de la LDH.

Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), réagit aux propos de la Première ministre qui a évoqué mercredi 12 avril [2023] devant le Sénat « les ambiguïtés face à l’islamisme radical » de l’association fondée en 1898.



Plus récemment, la LDH s’inquiétait que le « discours de responsables politiques stigmatise depuis quelques années les musulmans, qu’ils soient Français-e-s ou résident-e-s en France, tantôt suspectés d’être au cœur d’un complot « séparatiste », tantôt désignés comme « entristes» ou pire encore. »



Peu de temps après, la LDH se mobilisait contre les discours qui diffusent la haine envers des groupes religieux, tenus sous « couvert d’humour, [par] un candidat du Parti de la France [qui] assimile les personnes de confession musulmane à des personnes profitant du système d’aides sociales français.« 



Deux mois plus tard, une cinquantaine de personnalités dénoncaient la dérive dangereuse d’un autre « responsable politique de haut niveau » envisageant « expressément un traitement différencié de l’islam« .



Pourtant, « La laïcité est, en France, au cœur d’une conception citoyenne de la République, et de la société. Elle est inséparable d’une démocratie vivante, qui ne se résume pas en un exercice électoral, et d’une recherche constante de l’égalité des droits.

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Depuis quelques années, l‘essentiel du débat se déroule autour de l’Islam. Cette religion focalise sur elle bien des images et des peurs : jeunes filles voilées, banlieues, et donc immigration, sous la coupe de l’intégrisme, terrorisme, etc. ce sont ces clichés qui provoquent, lorsque la construction d’un lieu de culte musulman est envisagée, les réactions que l’on sait. C’est pour les mêmes raisons que certains proclament l’incompatibilité définitive de l’Islam et du « modèle français d’intégration ».

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Aucune raison ne permet de soutenir que l’Islam empêche les musulmans de s’intégrer dans ce contexte : l’hypothèse selon laquelle l’Islam, en raison de son corps de doctrine, serait incompatible avec la République revient à ignorer que ce discours a déjà été tenu à propos de l’Église catholique. Il ne ressort pas des préoccupations de la laïcité d’établir un classement entre les dogmes.

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Dès lors, l’Islam, en tant qu’élément de visibilité sociale, est utilisé comme une raison supplémentaire, presque comme un alibi, pour rejeter ces populations dont, en fait, c’est la présence en France qui est mise en cause.

A ignorer cette dimension, on condamne la laïcité à ne plus être que l’affirmation abstraite de valeurs contredites quotidiennement dans la pratique : cela vaut pour tous, musulmans ou non.

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Pour un projet laïque :

Les enjeux sont à la fois permanents et diversifiés.

D’une part, la laïcité ne peut ignorer l’existence et la place de l’Islam dans notre société ; elle reste ce cadre indispensable, qui offre et le respect de la liberté de conscience et la garantie du libre exercice des cultes.

D’autre part, la sécularisation relative de la société, la mondialisation économique et la modification du paysage culturel, social et religieux que connaît la France imposent à la laïcité d’ouvrir de nouveaux champs de réflexion et de répondre à des enjeux nouveaux.« 


Pour qui roule l’IFOP ?



Phillipe, Attal, Glucksmann, Ruffin, Retailleau… qui est en mesure de faire barrage à Bardella ? La grande enquête présidentielle IFOP/Hexagone



Encore un sondage pour conditionner l’opinion à une victoire du RN


Pour la présidentielle de 2027, selon un sondage, Jordan Bardella serait en tête dans tous les scénarios, et la gauche systématiquement éliminée dès le 1er tour. Cette «information» est reprise en chœur par quasiment tous les médias le 5 mai. Les élections présidentielles seraient jouées d’avance, le RN aurait déjà gagné. Ainsi, la France Insoumise, premier parti de gauche, se serait effondrée, passant de 22% en 2022 à 10%. Le RN lui, aurait bondi de 12 points depuis la dernière présidentielle.



Les questionnaires auto-administrés en ligne


Si Contre-Attaque dénonce ci-dessus une « manipulation délibérée et systématique des chiffres », on peut à juste titre s’interroger sur la validité d’un sondage commandé par l' » observatoire  » dénommé  » Hexagone« , créé il y a quelques mois par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, qui ne cache pas qu’il a décidé de se consacrer à la victoire du RN en 2027, et sur la validité de la méthode des « questionnaires auto-administrés en ligne » dont la fiabilité est clairement mise en cause par nombre d’analystes et de cabinets d’étude tels que la société Callson* qui leur reproche :

  • une « absence d’accompagnement humain » car ne permettant ni de s’assurer que les questions sont bien formulées et comprises ni d’apporter des explications complémentaires,
  • « la difficulté des questions ouvertes », ne permettant pas de quantifier une affirmation ou d’étayer une intuition grâce à des chiffres et demandant de l’implication de la part du répondant,
  • « des résultats basés uniquement sur du déclaratif », faisant l’impasse sur les indices non-verbaux ou para-verbaux exprimés inconsciemment par le répondant, qu’un enquêteur pourrait observer en face-à-face : silences, hésitations, gêne, modulations de la voix, grimaces, etc et ne pouvant se baser que sur les déclarations des répondants,
  • « le biais d’échantillonnage », car même si Internet est rentré dans la majorité des foyers français, il demeure des populations ou des classes d’âges moins à l’aise avec les outils numériques ou qui ne les utilisent tout simplement pas,
  • « le biais de sélection », car la plupart des enquêtes en ligne sont diffusées auprès de panels de personnes qui ont accepté au préalable de participer à ces études et qui touchent une rémunération ( souvent symbolique ), leur implication est donc bien plus forte qu’une personne sélectionnée au hasard et leur comportement peut s’avérer différent du reste de la population sur certains sujets d’enquête. Pour les enquêtes sur emailing aléatoire ou sur participation via pop up sur sites internet , les répondants seront ceux les plus motivés à répondre, très peu d’actions efficaces permettent de convaincre les réticents à s’exprimer.

Il est donc fort probable que les sondés aient en l’occurrence été soigneusement triés sur le volet… Ça n’est pas nouveau que l’institut de sondage IFOP soit contesté pour ses orientations droitières et pour s’asseoir sur la méthodologie en travaillant pour des organes peu sensibles à la déontologie.

RD

* La société Callson opère dans le secteur Études de marché et sondages et fournit aux instituts d’études ses meilleures solutions en matière de recueil et de traitement de données.

7 jeunes sur 10 considèrent que la société française est injuste



Inégalités face à l’emploi, à l’accès aux études, à la culture… Un baromètre de l’Ifop mesure pour la première fois le ressenti des jeunes générations face aux discriminations.