Au moment où le livre « Le cours de Monsieur Paty » de Mickaëlle Paty, sœur de Samuel Paty, et le film « L’abandon » de Vincent Garenq, présenté au festival de Cannes, ravivent le sort tragique de ce professeur assassiné en octobre 2020, deux positionnements s’opposent au sujet de son éventuelle panthéonisation.
D’une part, un comité, composé d’enseignants, d’universitaires, d’historiens, de journalistes, de personnalités politiques, et de membres de sa famille, a lancé une requête pour demander l’entrée au Panthéon de Samuel Paty. Projet qui a l’appui du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République », et de l’ »Association des professeurs d’Histoire-Géographie-EMC ».
L’argumentation : « Panthéoniser Samuel Paty serait bien plus qu’un hommage à un homme. Ce serait reconnaître le courage discret des professeurs qui, chaque jour et sans protection, font tenir la promesse républicaine dont la laïcité est l’un des ciments ».
Adressée au Président de la République, cette demande vise à honorer celui que Robert Badinter avait qualifié, au lendemain de l’assassinat, de « héros de la laïcité ».
Un héros du quotidien, un héros discret de la nation.
Un héros ordinaire, un héros malgré lui.
Victime de la barbarie, Samuel Paty a exercé au péril de sa vie. Malgré les menaces, il a choisi de défendre et d’expliquer à de jeunes élèves le droit à la critique et à la liberté d’expression. Former à l’esprit critique, c’est une des missions du programme d’enseignement moral et civique.
L’entrée de Samuel Paty au Panthéon serait une manière pour l’État français d’affirmer son attachement à la liberté d’expression et à la laïcité.
Une entrée non pas à cause de ce qu’il a subi, mais à cause des valeurs qu’il incarnait et qu’il avait à cœur de transmettre.
Un geste fort pour rappeler à ceux qui sont encore tentés de dire « il n’aurait pas dû » que le blasphème n’existe pas en France, pays laïque (la loi concernant le délit de blasphème a été abolie en 1791) et pour répéter aussi, inlassablement, pas seulement aux jeunes, que dans l’école de la République, c’est la loi de la République qui s’applique, et non pas celle d’une religion quelle qu’elle soit, principe essentiel de la laïcité !
« Il faut réfléchir à la question », a prudemment répondu Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale.
Certains espèrent, le cas échéant, que la panthéonisation de Samuel Paty se tienne dans l’établissement où il enseignait, le collège du Bois-d’Aulne rebaptisé « collège Samuel-Paty ». « Car il a beau avoir été un homme comme un autre, c’est bien d’un professeur qu’il s’agit et, à travers lui, d’une certaine idée de la France, menacée car profondément laïque et républicaine. »
D’autres historiens et professeurs d’histoire en désaccord avec ce projet estiment qu’il faudrait, dans ce cas, proposer la même chose pour les professeurs Agnès Lasalle et Dominique Bernard, assassinés eux aussi lors de leur mission d’enseignement, même si les circonstances sont différentes. Ils éprouvent un certain malaise face à « l’héroïsation » et préféreraient une prise de distance avec l’émotion suscitée par l’assassinat de leur collègue, en octobre 2020.
Plutôt que de faire du Panthéon un lieu d’hommage à Samuel Paty, ils attendent plutôt un signal clair de la République quant à la place d’une profession « de plus en plus maltraitée » par l’institution scolaire, notamment à travers les atteintes à la liberté pédagogique.
La pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte le 21 mai 2026 comptait alors 28 signatures (plus de 59000 à ce jour), avec un seuil de 100 000 signatures requis pour être mise en ligne sur le site de l’Assemblée. Mais elle est pour eux porteuse d’ambiguïté, lui reprochant notamment de « faire remonter dans la liste des signataires de la pétition des noms qui ne se sont jamais illustrés dans la défense d’une école émancipatrice ni même plus banalement des libertés publiques (Chevènement, E. Badinter, E. Philippe, A. Genetet, toute une brochette de « Sages » de la laïcité, etc). »
Ils font remarquer le risque de récupération politique de l’image de Samuel Paty par l’extrême droite notamment. Idée mise en avant par l’autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle Paty, libraire à Marciac, qui refuse de vendre le livre « Le cours de Monsieur Paty » et est résolument contre la médiatisation de cet évènement si douloureux.
L’article premier de la Constitution française du 04/10/1958 précise que la République française assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
A ce titre les statistiques ethniques sont interdites en France comme le précise l’art.8 de la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
Il y a un an, Bruno Retaillau, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur, se déclarait favorable aux statistiques ethniques à condition qu’elles ne soient pas utilisées pour « la discrimination positive ».
Ces derniers jours, une plateforme dénommée MaFrance.app était dénoncée pour s’appuyer sur des indicateurs comme la présence de mosquées ou le pourcentage de population maghrébine par la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui annonçait en outre saisir la justice et solliciter le ministère de l’Intérieur. “Je vous demande de fermer ce site qui met des cibles dans le dos de nos concitoyens, particulièrement ceux de confession musulmane”, a-t-elle écrit à l’adresse de Laurent Nunez. Celui-ci a dit «prendre la chose au sérieux».
Il y a quelques jours, Sabrina Sebaihi avait dénoncé un dérapage de la régie des transports parisiens RATP dont des cadres font la chasse aux bouteilles d’eau de leurs agents et sous-traitants, afin qu’elles ne soient pas utilisées pour la prière et les ablutions par les musulmans.
Ce dérapage est une conséquence d’une note interne de la RATP demandant le repérage de signes religieux et de faire remonter les observations.
Cette note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incitait à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.
En novembre dernier,le président de l’association VRO45, dissoute en 2021, était jugé pour diffamation et incitation à la haine raciale. La structure avait entrepris de ficher de supposés soutiens des Frères musulmans à Orléans. Et avait ciblé un élu et un contractuel de la mairie, qui ont porté plainte
Bien que la mairie ait apporté son soutien aux deux plaignants et l’association s’étant auto-dissoute, puique n’ayant plus de raison d’exister après que les élections municipales aient eu lieu, le procureur n’a pas souhaité faire de réquisitions concernant la qualification d’incitation à la haine raciale.
Fin novembre, le Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dénoncaitune « enquête » sur les français de confession musulmane, demandée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Les informations collectés auraient été transmises sous forme de rapport aux services de renseignement israéliens.
Le CFCM conclut ainsi:« La racialisation de la société française, les amalgames et les généralités n’ont aucune place au sein de la République. »
Charlie Hebdo caricature Rokhaya Diallo en Joséphine Baker avec sa ceinture de bananes, l’essayiste dénonce un dessin « raciste ».
« Ce dessin hideux vise à me rappeler ma place dans la hiérarchie raciale et sexiste » et s’inscrit « dans le droit fil de l’imagerie coloniale », a-t-elle dénoncé sur les réseaux sociaux, en vilipendant une caricature « raciste ».
L’hebdomadaire satirique se défend et a fait valoir que ce dessin, signé de son directeur Riss, illustrait un article d’un hors-série « sur les fossoyeurs de la laïcité », intitulé « Rokhaya Diallo, la petite fiancée de l’Amérique ».
La machine est lancée. Les réseaux sociaux résonnent de toutes parts.
« Chacun pourra ainsi lire que nous y dénonçons les positions de l’essayiste contre la loi de 1905, qu’elle a toujours condamnée en lui préférant la culture communautariste américaine. C’est elle qui assigne chacun à son origine ethnique et religieuse, contre l’universalisme républicain. » Charlie Hebdo
« Au lieu de présenter des excuses, Charlie Hebdo noie le poisson et m’incrimine en prétendant que j’ai «toujours condamné » la loi de 1905. Mensonge évidemment. Voici quelques extraits du livre « comment parler de la laïcité aux enfants » que j’ai publié en 2015 avec Jean Baubérot. » Rokhaya Diallo
Sur Instagram, Charlie répond dans la foulée être « un journal anti-raciste, féministe et universaliste – ce que nous reproche Rokhaya Diallo – qui combat l’essentialisation et l’assignation identitaire des personnes en fonction de leur couleur de peau ou de leur religion. »
Mediapart défend naturellement son éditorialiste : « Que la justice se saisisse de l’outrage raciste de Rokhaya Diallo par Charlie Hebdo ».
« L’histoire nous a tellement habitués à des images outrageantes instrumentalisant des femmes noires pour servir de prétendues guerres idéologiques, qu’on pourrait se dire que finalement rien de nouveau dans l’ignoble caricature que Charlie Hebdo dessinant Rokhaya Diallo sous les traits de Joséphine Baker.«
Pascal Blanchard, pourtant pas en manque d’exposition médiatique, y va de son chapitre sans omettre de faire valoir ses travaux précédents et plus récents…« Un dessin dans Charlie Hebdo qui réduit une femme noire (Rokhaya Diallo) à une série de stéréotypes et au temps des colonies. Violent… terrible… stéréotypé… Sous prétexte de référence à la « grande Joséphine Baker » c’est clairement une manière de la fixer dans les préjugés visuels et colonialistes : danse « sauvage », un rappel à la Revue nègre, accessoires, régime de bananes … réduire une femme à sa corporalité, réduire un individu dans sa pensée en l’associant à la sauvagerie, réduire un personnage noir à un régime de banane donc à une forme d’animalité simiesque… c’est cela les stéréotypes… des images qui vont perpétuer le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes d’exclusion de « l’autre » à travers le temps… »
Les claviers se déchaînent et la question du colonialisme prend toute sa place dans le débat: « Ce que révèle cette affaire, c’est moins un affrontement entre liberté d’expression et antiracisme qu’une incapacité persistante à penser ensemble les deux. La satire ne s’appauvrit pas lorsqu’elle est interrogée ; elle s’appauvrit lorsqu’elle refuse toute réflexivité. »
Médiapart se déchaîne et monte au front contre les « relents colonialistes » de Charlie Hebdo.
« Face à la caricature de sa collaboratrice parue dans Charlie Hebdo, la rédaction dénonce une attaque « haineuse ». Rejetant la défense de l’hebdomadaire satirique, le site d’Edwy Plenel rappelle que le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. »
Rokhaya Diallo caricaturée : ce que Charlie Hebdo recycle.
« Ce dessin est le frottement de trop. Il réveille les blessures de l’enfance, de la télé des années 80 au zoo humain de Nantes. L’humour ne peut être une « lessive symbolique » effaçant l’archive coloniale. Je dénonce ici une « paresse graphique » qui réduit la pensée au corps. Pour Rokhaya et pour nous toutes : la mémoire des images ne s’efface pas d’un trait de crayon. »
« Quand Charlie-Hebdo se dévoile en caricaturant Rokhaya Diallo « L’universalisme républicain », voilà le maître mot de l’article accompagnant la caricature et attaquant Rokhaya Diallo. Mais ce dessin constitue précisément l’exemple type de ce racisme se cachant sous le masque de « l’universalisme » et d’une « laïcité » totalement dévoyée. »
Des politiques s’empressent d’apporter leur soutien à l’essayiste, semblant avoir oublié que Rokhaya Diallo et Charlie Hebdo, en la personne de Riss ont ouvert les hostilités il y a déjà fort longtemps.
Dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 novembre 2011, un incendie criminel, provoqué par le jet de cocktails Molotov, ravage les locaux de Charlie Hebdo qui doit publier le mercredi un numéro surtitré « Charia hebdo » avec une caricature de « Mahomet, rédacteur en chef ».
Le 5 novembre, les Indigènes de la République, parmi lesquels Rokhaya Diallo, publient une pétition:
« La liberté d’expression n’est pas à défendre, elle est à conquérir.Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo ! » affirmant » qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman. »
Les 7,8 et 9 janvier 2015, une série d’attentats a lieu à Paris et en périphérie:
Le 7 janvier, 12 morts à Charlie Hebdo, 11 blessés dont 4 grièvement.
Le 8 janvier, une policière abattue à Montrouge.
Le 9 janvier, quatre morts dans l’Hypercacher de la porte de Vincennes.
Les 10 et 11 janvier, quatre millions de personnes dans la rue en France.
Le 8 janvier, sur la radio RTL, Yvan Roufiol, « plus stupide que jamais » selon Politis, demande à Rokhaya Diallo de se désolidariser de l’attentat, en tant que musulmane. Celle-ci fond en larmes.
Le vendredi 13 Novembre 2015, une nouvelle série d’attentats à Paris et dans sa périphérie terrifient la France . Aux abords du Stade de France à Saint-Denis, sur des terrasses de café et de restaurants des 10e et 11e arrondissements, dans la salle de spectacle du Bataclan… ces attaques terroristes provoquent la mort de 130 personnes et font 413 blessés.
Le 21 octobre 2020, sur le plateau de 28 minutes sur Arte, Pascal Bruckner accuse Rokhaya Diallo « d’avoir entraîné la mort des douze de Charlie, d’avoir armé le bras des tueurs ». Personne ne viendra sur le plateau à l’aide de Rokhaya Diallo qui devra se débrouiller seule.
Pascal Boniface, venant à la défense des militants antiracistes sur qui on fait peser des accusations de connivence avec l’islamisme, considère qu’ « Il ne faudrait surtout pas que ce terrorisme physique suscite une autre forme de terrorisme, le terrorisme intellectuel.«
Le 30 novembre 2021, avec l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, Rokhaya Diallo dénonce « les ambiguïtés d’une panthéonisation » : « Admirative de la résistante héroïque, la femme noire que je suis a toujours été embarrassée par l’image de son corps présenté comme exotique. Et ces bananes qui ornaient ses hanches me rappellent celles jetées à la figure des footballeurs ou à celle de Christiane Taubira – tous assignés, à travers ce fruit, à une humanité inexorablement primitive. »
« À mes yeux, la reconnaissance élogieuse de son patriotisme va de pair avec les soupçons qui pèsent aujourd’hui sur tout.e Français.e non blanc.he osant se montrer un tant soit peu critique vis-à-vis de notre sacro-sainte République. » ajoute-t-elle.
On en arrive à se demander qui, de Rokhaya Diallo ou de Riss, prend le plus de plaisir à tendre le bâton pour se faire battre.
La LDH prend naturellement position dans cette guerre pourtant pichrocoline et considère qu’il s’agit ici d’une caricature qui n’illustre que des préjugés coloniaux.
La LDH ne peut pas ne pas prendre position quand le sujet qui défraie l’actualité concerne à la fois la laïcité, le racisme et la liberté de création.
Toutefois, une caricature doit-elle répondre à un impératif de signification ? Une caricature illustre-t-elle quelque chose ?
La caricature n’est prévue par aucun texte général relatif à la protection des droits fondamentaux, bien qu’énoncée dans certaines dispositions législatives (par. ex., CPI, art. L. 122-5 et L. 211-3). Toutefois, lorsque les humoristes s’expriment, le droit veille à les protéger des actions intempestives, des dérives contentieuses qui menacent la démocratie. Tant à l’échelle nationale qu’européenne, la caricature est une liberté qui relève de la liberté d’expression, laquelle comporte une double dimension : la liberté d’opinion et la liberté d’information. Il est commun de considérer que la caricature joue le rôle d’un « bouffon » qui « remplit une fonction sociale éminente et salutaire et participe à sa manière à la défense des libertés » (TGI Paris, 16 févr. 1993).
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH 7 déc. 1976, Handyside c/Royaume Uni), quant à elle, considère que « la liberté journalistique comprend aussi le recours possible à une certaine dose d’exagération, voire même de provocation ». Une telle conception extensive permet d’envisager que la liberté de caricaturer, même si elle peut déranger voire choquer, soit incluse dans une conception aussi large de la notion de liberté d’expression.
Gardons-nous donc de tomber dans le panneau de la censure.
J’ai personnellement bien du mal à mettre en balance le combat pour la laïcité et celui contre le racisme, tels qu’ils sont ici opposés. Faut-il soutenir le combat contre le racisme avec Rokhaya Diallo ou bien la défense de la laïcité avec Riss ? Faut-il choisir entre l’une et l’autre ?
Bientôt viendra le moment de formuler des vœux. Alors, ne nous privons pas :
Ne gagneraient-elle et il pas, l’une comme l’autre (et nous aussi par la même occasion) à écrire ensemble un livre – ils en ont largement les moyens et la matière – dont les ventes pourraient dépasser les scores de ceux de Bardella (230 000 exemplaire pour « Ce que je cherche »), Sarkozy (92 000 pour « Journal d’un prisonnier »), De Villiers (230 000 pour « Mémoricide »), Zemmour (45 000 pour « La Messe n’est pas dite », 300 000 exemplaires pour « La France n’a pas dit son dernier mot » )... ?
RD
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Crèche dans l’Hôtel de ville de Béziers et célébration d’Hanouka : la Ligue des droits de l’Homme saisit la nouvelle préfète de l’Hérault.
Dans un courrier daté du 5 décembre, la présidente nationale de la Ligue des droits de l’Homme, Nathalie Tehio, saisit la nouvelle préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, pour lui demander de faire appliquer la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État à Béziers.
Une crèche de Noël peut-elle être installée dans une mairie ?
Le juge considère que la crèche a notamment un caractère religieux, et que son installation est par conséquent illégale dans un bâtiment public tel qu’une mairie.
Non, Robert Ménard n’a toujours pas le droit d’installer une crèche de Noël au sein de sa mairie.
Le samedi 29 novembre 2025, Robert Ménard, maire de Béziers, a fait inaugurer, comme à son habitude, une crèche de la nativité dans la cour intérieure de la mairie biterroise. Cette installation n’est pourtant pas autorisée par la loi et a déjà été punie à de multiples reprises.
Attention, sondage sensible ! Par son objet : le rapport à l’islam des musulmans de France. Par sa conclusion : l’intégrisme progresse, surtout chez les plus jeunes. Cette étude de l’Ifop sera âprement débattue.
Nous vous épargnerons les réactions intéressées et nauséabondes des médias d’extrême-droite qui sautent sur l’occasion sans hésiter un instant, pour nourrir à un moment fort opportun la séquence identitaire, en lui donnant un vernis de “réalité mesurée”, sous couvert d’une pdeudo-réalité scientifique.
Celles de certains politiques en embuscade ne se font pas attendre.
Montée de l’islamisme : Bruno Retailleau annonce le dépôt d’un texte pour lutter « contre l’entrisme municipal »
Un sondage IFOP sur « l’islamisme des musulmans » affole les plateaux télé des chaînes d’information. Mais qui parle vraiment derrière ces chiffres ? Média d’influence, campagne de diffamation d’ampleur, calendrier électoral… Sondage neutre ou arme politique ? Enquête sur un récit écrit d’avance.
Gageons que d’autres sondages du même type ne vont pas tarder à être publiés par les officines réactionnaires et islamophobes, qui voient dans tout musulman un dangereux terroriste islamiste, à plus forte raison s’il est jeune et s’il est défendu contre les attaques racistes par des militants nécessairement « islamogauchistes ».
Il y a deux ans, utlisant alors d’autres ficelles, celles-ci et leurs hérauts s’en prenaient aux associations de défense des droits humains et, en tout premier lieu, à la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).
« Je m’attendais à mieux d’Élisabeth Borne », regrette le président de la LDH.
Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), réagit aux propos de la Première ministre qui a évoqué mercredi 12 avril [2023] devant le Sénat « les ambiguïtés face à l’islamisme radical » de l’association fondée en 1898.
Plus récemment, la LDH s’inquiétait que le « discours de responsables politiques stigmatise depuis quelques années les musulmans, qu’ils soient Français-e-s ou résident-e-s en France, tantôt suspectés d’être au cœur d’un complot « séparatiste », tantôt désignés comme « entristes» ou pire encore. »
Peu de temps après, la LDH se mobilisait contre les discours qui diffusent la haine envers des groupes religieux, tenus sous « couvert d’humour, [par] un candidat du Parti de la France [qui] assimile les personnes de confession musulmane à des personnes profitant du système d’aides sociales français.«
Deux mois plus tard, une cinquantaine de personnalités dénoncaient la dérive dangereuse d’un autre « responsable politique de haut niveau » envisageant « expressément un traitement différencié de l’islam« .
Pourtant, « La laïcité est, en France, au cœur d’une conception citoyenne de la République, et de la société. Elle est inséparable d’une démocratie vivante, qui ne se résume pas en un exercice électoral, et d’une recherche constante de l’égalité des droits.
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Depuis quelques années, l‘essentiel du débat se déroule autour de l’Islam. Cette religion focalise sur elle bien des images et des peurs : jeunes filles voilées, banlieues, et donc immigration, sous la coupe de l’intégrisme, terrorisme, etc. ce sont ces clichés qui provoquent, lorsque la construction d’un lieu de culte musulman est envisagée, les réactions que l’on sait. C’est pour les mêmes raisons que certains proclament l’incompatibilité définitive de l’Islam et du « modèle français d’intégration ».
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Aucune raison ne permet de soutenir que l’Islam empêche les musulmans de s’intégrer dans ce contexte : l’hypothèse selon laquelle l’Islam, en raison de son corps de doctrine, serait incompatible avec la République revient à ignorer que ce discours a déjà été tenu à propos de l’Église catholique. Il ne ressort pas des préoccupations de la laïcité d’établir un classement entre les dogmes.
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Dès lors, l’Islam, en tant qu’élément de visibilité sociale, est utilisé comme une raison supplémentaire, presque comme un alibi, pour rejeter ces populations dont, en fait, c’est la présence en France qui est mise en cause.
A ignorer cette dimension, on condamne la laïcité à ne plus être que l’affirmation abstraite de valeurs contredites quotidiennement dans la pratique : cela vaut pour tous, musulmans ou non.
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Pour un projet laïque :
Les enjeux sont à la fois permanents et diversifiés.
D’une part, la laïcité ne peut ignorer l’existence et la place de l’Islam dans notre société ; elle reste ce cadre indispensable, qui offre et le respect de la liberté de conscience et la garantie du libre exercice des cultes.
D’autre part, la sécularisation relative de la société, la mondialisation économique et la modification du paysage culturel, social et religieux que connaît la France imposent à la laïcité d’ouvrir de nouveaux champs de réflexion et de répondre à des enjeux nouveaux.«
Nous célébrerons le 9 décembre prochain les 120 ans de la Loi concernant la séparation des églises et de l’Etat.
A cette occasion le Comité interministériel de la laïcité dote chaque année, depuis 2021, Le Prix de la laïcité de la République française d’un budget destiné à récompenser un projet qui « distingue et encourage des actions de terrain et des projets portant sur la protection et la promotion effectives de la laïcité ». Cette année, une enveloppe exceptionnelle de 100 000 euros récompensera les projets et actions dédiés à la laïcité.
D’après un sondage demandé récemment par le Laboratoire de la République à Ipsos-Cesi École d’ingénieurs, les Français resteraient attachés à la laïcité, qu’ils soient de droite ou de gauche.
Ce qui ne semble pas faire les affaires du pape Léon XIV qui, à l’occasion d’une rencontre avec une quarantaine d’élus du Val-de-Marne, a tenu, comme son prédécesseur François, des propos critiques vis-à-vis du modèle français de laïcité, considéré comme « ouvrant la voie à une forme d’intolérance« .
Visant « les pressions, les consignes des partis, les colonisations idéologiques » – expression souvent utilisée également par le pape François – auxquelles les hommes politiques sont soumis, il a appelé à « défendre avec conviction » la doctrine sociale de l’Église et à la mettre en œuvre dans la rédaction des lois, affirmant que « ses fondements sont foncièrement en accord avec la nature humaine, la loi naturelle que tous peuvent reconnaître, même les non-chrétiens, même les non-croyants ».
Invitant les maires et conseillers municipaux locaux à la vertu de charité « sociale et politique » face aux défis de « la violence dans certains quartiers, l’insécurité, la précarité, les réseaux de drogue, le chômage, la disparition de la convivialité », ne se serait-il pas un peu mêlé de ce qui ne le regarde pas ?
Présent à la réunion, Karim Benaïssa, recteur de la mosquée de Créteil et président du Rassemblement des associations musulmanes du Val-de-Marne (RAM94), s’est également uni aux élus pour saluer ce moment « historique ».
Pendant ce temps, certains relayeurs d’opinions se demandaient si une laïcité ouverte et pluraliste est compatible avec le fait islamique et si on peut s’appuyer sur une définition stable et indiscutable de la laïcité ?
Dans son dernier ouvrage, Laïcité et pluralité (CNRS Éditions, 2025), l’historienne Rita Hermon-Belot propose une chronique rigoureuse des problèmes qui se posent aux expressions religieuses et convictionnelles, mais aussi en retour, des problèmes posés par ces dernières à l’idée laïque.
On se demande également si la laïcité ne pourrait pas être facteur d’un nouvel avenir pour Israël et de paix au Moyen-Orient. Elle « permet la coexistence des libertés, et elle est donc capable d’apporter une culture de paix civile en autorisant une conception civique de l’appartenance nationale. » La paix « établie, on peut imaginer que soient levés les obstacles à la transformation d’une nation ethnique juive en nation civique. »
De grands malentendus subsistent sur les relations entre la liberté religieuse et le principe de laïcité, qui sont souvent appréhendés dans une logique d’opposition. La liberté de religion étant une composante de la laïcité, il semble que la meilleure méthode pour traiter sereinement la question des rapports entre liberté religieuse et laïcité en France soit de partir de la loi de 1905.
Tout comme la signification d’une pratique religieuse ne relève pas du régalien, et encore moins des juges, une revendication religieuse ne peut, de toute évidence, devenir un droit.
En ce jour de rentrée scolaire, il est important de rappeler que la notion de laïcité se construit dans l’esprit des citoyens sur les bancs de l’école.
Delphine Girard est enseignante, professeur agrégée de lettres classiques et membre du Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République. À l’occasion de la publication de « Madame, vous n’avez pasle droit !» (Ed. JC Lattes), elle revient sur la difficulté à transmettre et expliquer des valeurs laïques à une jeunesse dont une partie ne comprend pas que l’on critique les cultes.
La LDH tient à rappeler son attachement à la laïcité et en fera le thème de sa prochaine université d’automne fin novembre prochain.
Elle souligne qu’on a assisté à partir des années 2000 à un dévoiement de la laïcité et à la trahison de la Loi de 1905, à travers le « rapport Baroin » de mai 2003, notamment, ouvrant le champ au « backlash » d’ordre moral autoritaire, de la droite à l’extrême-droite. Aujourd’hui, des politiciens peuvent à la fois défendre les crèches de Noël dans les mairies, en infraction avec la loi de 1905, et interdire les tenues des femmes musulmanes malgré les décisions juridiques.
« Avoir plus de bébés de souche européenne » : le projet nataliste d’extrême droite du milliardaire Stérin
Au cours d’une conférence organisée par des catholiques intégristes, le milliardaire a dit que « son action prioritaire en France » était de stimuler une politique nataliste chrétienne et « de souche européenne ».
L’homme d’affaires à la tête du Fonds du bien commun entend « agir en chrétien pour le bien commun ».
« Il faut faire en sorte que ces bébés soient baptisés ou sinon d’évangéliser de façon plus globale « , a-t-il asséné, avant d’élargir : » Il ne s’agit pas seulement d’évangéliser les bébés, mais également d’évangéliser tous ceux qui ne sont pas catholiques, ou d’anciens catholiques. «
Fervent catholique, le milliardaire ne cache pas son ambition de « contribuer à la promotion du Christ et à la défense et développement de [son] pays, la France « .
Les députés ont approuvé, samedi 17 mai, la création d’un « droit à l’aide à mourir », et rétabli le principe selon lequel les patients devront s’auto-administrer la substance létale, sauf lorsqu’ils ne sont pas en capacité de le faire, lors de l’examen de la proposition de loi de leur collègue de la Charente-Maritime Olivier Falorni (groupe Les Démocrates).
La #LDH appelle à faire évoluer le cadre légal sur la #findevie : elle soutient, de façon complémentaire, un droit opposable aux soins palliatifs et la reconnaissance de l’autonomie personnelle en fin de vie en consacrant un droit d’obtenir une aide à mourir. www.humanite.fr/poli…
Ça n’est pas parce que les politiques affichent à grands renforts d’articles de presse leur pratique religieuse en l’associant à leurs convictions personnelles sur la fin de vie que celle-ci appartient aux religieux. Bayrou et Retaillau peuvent aller à la messe aussi souvent qu’ils le veulent (1), il n’appartient pas à Mgr Éric de Moulins Beaufort (2), pas plus qu’au recteur de la Grande mosquée de Paris (3), au grand Rabin de France (4), au président de la Fédération protestante (5) ou au métropolite Dimitrios Ploumis (Dimitrios de France selon son nom épiscopal) (6), pas plus d’ailleurs qu’aux 25% d’agnostiques français, de décider d’un tel choix. C’est bien à la société civile que cela revient. 92% des Français se déclarent favorables à l’euthanasie.
Les médias de l’audiovisuel public ont accordé une place exceptionnelle à la mort du pape le jour de sa disparition et toute la semaine qui a suivi, avec en point d’orgue la cérémonie dominicale du Vatican. Cet excès de bondieuseries interroge sur leur sens de la hiérarchie de l’information et surtout sur l’application du principe de laïcité du service public. Tribune.
Partager la publication "Le service public de l’information catholique"
Le juge considère que la crèche a notamment un caractère religieux, et que son installation est par conséquent illégale dans un bâtiment public tel qu’une mairie.
C’est une histoire de Noël récurrente. Chaque année, des maires installent des crèches de la nativité dans les locaux de leur mairie. Et chaque année, nous avons l’occasion de rappeler, comme le juge, que c’est en principe illégal. Mais pourquoi ?
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Extrait de l’Audioguide de Notre-Dame de Paris pour annoncer sa réouverture :
Cathédrale, mère de toutes les églises. Édifice religieux construit au 12ème siècle sur l’île de la cité, symbole de Paris et de la France. L’objet d’un roman de Victor Hugo, d’un film, d’une comédie musicale. Incendie le 15 avril 2019, la flèche de l’architecte Violet le Duc s’effondre. La statue de la vierge Marie a échappé miraculeusement à la destruction, les gravats tombant autour de la statue. La cathédrale a retrouvé son coq doré au sommet de la flèche, girouette magnifique dans le ciel de Paris. Rénovation de la cathédrale de 2019 à 2024, grâce aux dons provenant de 120 pays et de grandes entreprises françaises et des particuliers. Un système particulièrement innovant de sécurité a été installé afin d’éviter un nouvel incendie. Ultérieurement il est prévu une rénovation des façades de la cathédrale, redonnant sa blondeur à la pierre. A retrouvé toute sa splendeur et notamment une belle luminosité mystique et des peintures aux couleurs chatoyantes. Cérémonie de pré-ouverture le 07 décembre en présence d’une quarantaine de chefs d’état dont le président des États-Unis. Réouverture au public le 08 décembre 2024. Entrée gratuite. Bonne visite dans la maison de Dieu, neuf siècles d’histoire vous contemplent.
Macron aura enfin réussi l’œuvre de sa vie. On laissera pour l’instant de côté son autre prouesse : celle d’avoir achevé avec succès la désintégration totale de la cohésion nationale et de la possibilité du vivre ensemble, démolition méticuleuse qu’avaient avant lui engagée ses prédécesseurs, on en conviendra.
Que les médias généralistes annoncent la réouverture de Notre-Dame de Paris en grande pompe et ses émouvantes cérémonies est une chose (France 24, Le Monde, Sud-Ouest, etc ), que la presse confessionnelle en fasse son beurre également ( La Croix, Le Pèlerin, La Vie, Vatican News, le Diocèse de Paris), voire même que Tribune Chrétienne se réjouisse du retour de la Vierge du Pilier à son emplacement d’origine ne me choque pas.
Mais que le JDD, CNews, Boulevard Voltaire et autres médias les plus obscurantistes et réactionnaires qui soient en fassent leur une, s’appropriant l’événement et célébrant le retour « à la normale », avec celui de la Sainte Couronne (qui a par ailleurs perdu toutes ses épines), dans un tel excès d’indécence, me gêne réellement, eu égard à mon respect sincère, quoique circonspect et néanmoins profondément laïc pour les croyants et pour la chrétienté en général.
Le chef de l’Eglise, dont on se demande s’il est trop ou pas assez progressiste, qu’on dit en guerre contre les ultra-conservateurs, américains notamment, en révisant l’enseignement de l’Eglise sur la peine capitale et en se posant comme défenseur de l’environnement, se prononce néanmoins contre l’avortement et la théorie du genre et se voit donc considéré comme « traditionnaliste », puisqu’il a en outre décrété que les prêtres ne pouvaient pas bénir les couples de même sexe. Que de contradictions !
C’est sans doute l’une de ses raisons d’avoir choisi la Corse plutôt que les ors parisiens en cette période d’Avent. Il est vrai que la rencontre avec Trump risquait cette fois de fort mal tourner, les deux ne pouvant attirer en même temps l’attention du monde entier, chacun ayant sa propre vision du monde, radicalement opposée à celle de l’autre, mais ayant en commun le fait d’être chacun « à sa manière, un animal politique qui a compris l’importance de la communication à l’ère du postmodernisme et du désenchantement. » La lumière de l’un aurait sans aucun doute terni celle de l’autre.
Encore une fois, je compatis pleinement au désarroi croissant des croyants et de la chrétienté.
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« Il fallait bien les aider – Quand les justes sauvaient des juifs en France »
« Il fallait bien les aider – Quand les justes sauvaient des juifs en France » Conférence débat avec l’auteur : FRANCOIS-GUILLAUME LORRAIN
Ecrivain et rédacteur en chef Histoire du journal LE POINT, François-Guillaume Lorrain publie un ouvrage sur les Justes. Finaliste du prix Renaudot, l’Agence Aube en Champagne Attractivité et la Maison Rachi ont invité l’auteur à présenter son ouvrage et débattre avec le public le dimanche 15 décembre prochain à 15h à La Maison Rachi à Troyes.
Les Justes sont entrés collectivement en 2007 au Panthéon, mais ce n’est pas une raison pour refermer sur eux et leurs tombeaux les lourdes portes de l’oubli. Qui sont-ils, pour quelles raisons ont-ils sauvé des Juifs en France, dans quelles circonstances, par quels moyens, pour venir en aide à ces dizaines de milliers de Juifs persécutés par le régime de Pétain et les Allemands? Ils ont été un peu plus de 4300 à avoir été reconnus, documents écrits à l’appui, par l’Institut Yad Vashem à Jérusalem, ils continuent à l’être, lors de cérémonies officielles, une vingtaine, organisées chaque année en France. C’est une histoire qui s’écrit encore, au jour le jour, ponctuées de gestes bouleversants, de rencontres poignantes. Impossible d’embrasser ces 4300 histoires singulières, mais grâce au Comité Français pour Yad Vashem, nous en avons raconté une quinzaine, en allant voir les derniers Justes vivants, leurs descendants, nés parfois du mariage entre le sauveur et la sauvée (ou réciproquement), tels les parents de Jean-Pierre Foucault, en retournant aussi sur les lieux de sauvetage. C’est un voyage en France pour ne pas désespérer des Français ni de l’humanité, capable du pire comme du meilleur, leçon que nous réserve toujours l’Histoire.
Un héros, aujourd’hui, a encore une force d’intimidation. Les Justes ne se sont pas vus comme des héros, ils n’ont jamais demandé cette récompense, certains l’ont parfois refusée, estimant que cette bonté spontanée, sans idéologie, mais non sans conviction, n’était qu’un geste ordinaire, normal, obligé, qui répondait par l’inclusion, le lien, l’aide, à la politique d’exclusion.
L’Histoire, qui n’est jamais écrite par avance, est parfois la réponse des faibles aux forts, des grains de sable qui opposent leur liberté individuelle à une machine collective, qui enrayent une machine administrative d’oppression et de mort. Blanchisseuse, étudiante, ancien combattant, notable, professeur, bergers, diplomate, fermière, patron de petite entreprise…. ils ont été ces grains de sable qui ont contrecarré le plan. Ils ont formé une chaîne d’entraide, – tous les maillons n’ont pas été reconnus – à laquelle répond aujourd’hui en écho une chaîne de mémoire, les bénévoles qui rassemblent les documents afin de constituer les dossiers pour Yad Vashem. Ce sont tous ces maillons que nous avons essayés, par de multiples rencontres, de reconstituer, ces petits riens, ces hasards de salut, ces regards, ces paroles, qui ont décidé souvent de plusieurs vies.
Ces Justes ont été aussi reconnus dans l’Aube. C’est pourquoi nous vous invitons à rencontrer l’auteur et son ouvrage le dimanche 15 décembre à 15h à la Maison Rachi. Entrée gratuite. Réservation obligatoire
Des rumeurs affirment que la LDH (Ligue des droits de l’Homme) voudrait supprimer Noël, puisqu’elle attaque les décisions communales de placer une crèche dans l’enceinte d’une mairie, comme à Béziers. Le programme serait vaste et bien au-delà de ses capacités ; il serait surtout contraire à ce qu’elle est et défend.
Le but de la LDH est d’inviter les préfets des départements concernés à faire respecter par les élus locaux les lois de la République, dont la loi de 1905 imposant la neutralité des pouvoirs publics vis-à-vis des cultes. Le tribunal administratif de Montreuil vient ainsi d’interdire à un maire de placer un drapeau palestinien au fronton de sa mairie avec l’inscription sur une banderole « Seigneur ! Pardonnez-nous… », en application de cette loi. Mais, chaque année, face à l’inaction renouvelée de certains préfets et ce malgré l’illégalité des faits confirmée par les tribunaux, la LDH se doit de saisir la justice administrative.
La LDH ne veut rien interdire ; en l’espèce, ce serait contraire à la liberté de croyance qu’elle défend depuis ses origines. La LDH souhaite seulement que les crèches ne soient pas installées dans les bâtiments publics et en particulier dans les hôtels de ville (maison de toutes les citoyennes et tous les citoyens).
L’incompréhension qui semble de mise chez certains commentateurs ne peut être due qu’à une méconnaissance des principes mêmes de la laïcité telle que définie par la loi de 1905.
Rappelons donc que le principe de séparation de l’Etat et des cultes, énoncé à l’article 2(1) de cette loi, impose à l’Etat et aux collectivités publiques la neutralité vis-à-vis de toutes les religions. Et de cette séparation découle l’article 28 de la même loi, par lequel les signes ou emblèmes religieux n’ont pas leur place dans les bâtiments publics(2). Ces principes sont toujours d’actualité et s’appliquent à toutes les religions, y compris la religion catholique et celles et ceux qui s’en réclament.
Depuis quelques années, certains maires, qui semblent privilégier leur idéologie au détriment des principes républicains, décident d’installer des crèches de Noël dans leur mairie en toute connaissance de l’interdiction, puisque la plupart ont déjà été condamnés ces dernières années par les tribunaux administratifs, mais ils récidivent en mettant en avant les « origines chrétiennes de la France ». Or, et ce n’est sans doute pas un hasard, les mêmes n’hésitent pas à invoquer les principes républicains et la laïcité sous une forme détournée pour pénaliser nos concitoyen-ne-s musulman-e-s.
En 2016, la jurisprudence du Conseil d’Etat a précisé les circonstances dans lesquelles des crèches peuvent être ou non interdites. Il a indiqué qu’il fallait tenir compte du contexte (absence de prosélytisme), des conditions particulières de l’installation, de l’existence ou de l’absence d’usages locaux et du lieu de l’installation.
Les actions de la LDH ne visent donc qu’à faire respecter les lois de la République et c’est d’ailleurs sur ce fondement que les juridictions administratives lui ont donné raison.
Alors non, la LDH ne veut pas interdire les crèches ; elle refuse simplement de laisser faire celles et ceux qui instrumentalisent ce symbole religieux de façon politique dans des bâtiments publics.
La laïcité doit être appliquée par tou-te-s les élu-e-s de la République en respectant toutes les religions de la même façon et non en en privilégiant certaines au détriment d’autres. La laïcité est un principe républicain fondamental qui permet à toutes et tous de vivre ensemble sans discrimination. En ce sens, elle est une loi d’apaisement. Il serait bon de s’en souvenir.
Paris, le 12 décembre 2024
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Deux cent vingt ans après l’événement immortalisé par le peintre David, Macron qui n’est pas Bonaparte n’a pas eu le privilège de kidnapper un pape pour son sacre. Pourquoi Notre-Dame a pu résister à l’assaut d’un président qui voulait couronner sa présidence alors qu’elle est en train de chanceler ? (Gilles Fumey)
La LDH (Ligue des droits de l’Homme), liée par son histoire à la loi de 1905, tient à rappeler, en ce jour anniversaire, l’intérêt et l’actualité de cette loi séparant l’Etat et les cultes.
Ce texte, en date du 9 décembre 1905, instaure une séparation entre les institutions publiques et les cultes et par conséquent leur liberté de s’organiser comme ils l’entendent et la consécration de l’égalité des religions devant la loi, mettant un terme au concordat avec Rome et l’Eglise catholique. Cela permet aussi l’expression critique des religions.
La LDH a toujours combattu, y compris au plan juridique, pour assurer le respect du principe de laïcité qui impose à l’Etat et aux collectivités publiques la neutralité vis-à-vis de toutes les religions et interdit les signes ou emblèmes religieux au sein des bâtiments abritant le siège d’une collectivité publique.
Elle s’inquiète aujourd’hui de ce que certains se réclament indûment de la laïcité pour mener des combats idéologiques et politiques de division alors même que la loi de 1905 permet de rassembler et de faire société.
Outil de préservation de la liberté de conscience, la laïcité semble en effet devenue pour certains le prétexte à affirmer une identité nationale fantasmée, aux contours plus que contestables.
C’est ainsi que certains maires, tout en se prétendant laïques, persistent à installer des crèches catholiques dans leurs mairies, où elles sont pourtant interdites depuis 1905. C’est ainsi que des responsables politiques de haut niveau prétendent aujourd’hui « transformer » cette loi en constituant un droit spécifique aux musulmans, souhaitant leur imposer un concordat – concordat qui leur est par ailleurs refusé en Alsace-Moselle –, ce qui reviendrait à étendre encore davantage un traitement différencié des religions. Le projet est particulièrement dangereux puisqu’il fait écho aux activités d’individus et de groupes qui s’en prennent à la laïcité au nom d’identités culturelles ou religieuses placées au-dessus du droit commun. C’est ainsi encore que la laïcité est faussement invoquée et à contre-sens des principes posés tant par la loi de 1905 que par la Convention européenne des droits de l’Homme, pour discriminer les femmes musulmanes interdites d’expression de leur religion dans l’espace public ou dans le sport.
Face à cette même logique des uns et des autres, logique délétère en ce qu’elle divise, oppose, nourrit les discriminations, les exclusions et les violences, la LDH rappelle qu’en séparant l’Etat et les cultes, la loi de 1905 s’inscrit dans un esprit d’universalité et d’égalité des droits. Ce faisant, elle promeut la liberté de conscience et de culte, permet la liberté d’expression des religions autant que son corollaire, la liberté de critique des religions.
C’est pourquoi la LDH appelle à faire vivre la loi de 1905 pour ce qu’elle est : une loi de liberté.
Paris, le 7 décembre 2024
Laïcité : les tensions dans les campagnes après la loi de 1905
Aujourd’hui, il semble que la situation ait bien peu évolué dans les campagnes mais également dans les cités, à la lecture de la tribune d’Expression Libre de la revue municipale « Press’Troyes » de novembre 2024, où il semble que cette loi continue de défriser certains ravis de la crèche qui interprètent très librement l’article 28 de la décision du conseil d’Etat du 9 novembre 2016, en omettant de la citer dans son intégralité car il y est en l’occurrence précisé « mais non si elle exprime la reconnaissance d’un culte ou une préférence religieuse. », comme on su le lire les « quelques’Pékins’ de la ligue des droits de l’homme et consorts »…
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Et si Amélie Oudéa-Castéra avait permis de mettre à jour le système opaque de subventions des établissements privés sous contrat ? Le prestigieux établissement privé Stanislas ne serait-il que l’arbre qui cache la forêt ? Alors que les collectivités sont tenues de contribuer aux frais de fonctionnement des établissements privés sous contrat, beaucoup d’entre elles font le choix de donner encore plus. C’est le cas de la région d’Île-de-France qui allouera pas moins de 9 000 000 d’euros supplémentaires à l’enseignement privé sous contrat, en plus des financements obligatoires. En Seine-et-Marne, c’est tout bonnement la création d’un collège que contribuera à financer le département. Un collège en partenariat avec … Stanislas.
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