SOS MEDITERRANEE : UNE MER DE HONTE (Non assistance des Etats face à la détresse des migrants)

NEWSLETTER – n°56 • 12 mai 2021

ÉDITO
Une mer de honte. Loin des radars, le drame évitable des naufrages en Méditerranée se poursuit et nous en sommes les premiers témoins.

Témoins du drame, lorsque nos équipes à bord de l’Ocean Viking, sillonnant désespérément la mer à la recherche de survivants, découvrent le 22 avril les restes d’une embarcation retournée et une douzaine de corps.

Témoins de la non-assistance des États, lorsque malgré les appels de détresse répétés de cette embarcation dès le 21 avril, aucun centre de coordination des secours maritimes n’a assumé sa responsabilité, aucune opération de recherche n’a été lancée par les marines nationales.

Témoins du silence mortel enfin. Pour ces 130 personnes disparues, point d’éditions spéciales, point de discours des dirigeant.e.s politiques, seule une homélie du pape qualifiant cette énième tragédie de « moment de la honte » et quelques communiqués.

Bénévoles, équipes en mer ou à terre, citoyen.ne.s mobilisé.e.s, nous ne nous résignons pas à cette indifférence et restons déterminé.e.s à agir.

Pour les 236 personnes secourues le 27 avril par nos équipes et les autres à venir, nous nous engageons à poursuivre notre action vitale de sauvetage en mer et notre interpellation des États européens.

Merci pour votre soutien en ces circonstances difficiles.

L’équipe de SOS MEDITERRANEE

Rassemblement au col de Banyuls pour dénoncer la fermeture de la frontière et défendre les migrants

Les initiateurs de ce rassemblement de soutien aux migrants est une réponse à la provocation raciste du 20 janvier à la frontière espagnole de Génération identitaire, groupe néo-nazi soutenu par le Rassemblement National et aussi aux mesures de fermeture de la frontière du gouvernement qui stigmatise les migrants en faisant l’amalgame avec le terrorisme.

Publié sur francebleu.fr le 7/02/2021 – Voir la vidéo sur le site de francebleu

80 personnes étaient rassemblées ce dimanche midi au col de Banyuls (Pyrénées-Orientales) pour dénoncer la fermeture de la route frontière avec l’Espagne et la stigmatisation des migrants par le gouvernement. Une initiative notamment de la chorale antifasciste et féministe de Perpignan.

La décision du préfet de fermer plusieurs routes-frontières avec l’Espagne le mois dernier continue de faire des vagues dans les Pyrénées-Orientales. Ce dimanche matin, 80 personnes se sont rassemblées au col de Banyuls (Pyrénées-Orientales) pour protester contre la mise en place de blocs de béton au milieu de cette petite route qui en temps normal permet de relier la ville de Banyuls-sur-Mer au village catalan d’Espolla.

Le rassemblement, organisé notamment par la chorale antifasciste et féministe de Perpignan, visait à dénoncer la fermeture physique de la frontière mais aussi la stigmatisation des migrants. En effet, la fermeture de plusieurs routes secondaires vers l’Espagne a été décidée dans le cadre du renforcement de la lutte anti-terroriste annoncé par Emmanuel Macron lors de son déplacement au Perthus fin 2020. Il s’agit notamment de mieux surveiller les passages de migrants clandestins à la frontière, susceptibles d’être liés à des activités terroristes. 

Rassemblement en chanson

Les manifestants présents au col de Banyuls ont franchi les blocs de béton à pied, avant d’entonner des chants antifascistes. « Nous voulons dénoncer« , explique Elise, membre de la chorale antifasciste et féministe de Perpignan, « un gros amalgame qui est fait entre les exilés qui traversent les frontières pour se réfugier dans des pays plus accueillants et le terrorisme« .

Nouvelle opération anti-migrants du groupe Génération identitaire a la frontière franco-espagnole

Ce groupe néofasciste « Génération identitaire » qui avait reçu le soutien d’Aliot lors de leur opération anti-immigration dans les Hautes Alpes en 2018, réitère aujourd’hui ses manifestations racistes à la frontière espagnole dans les Pyrénees orientales. La LDH-66 demande l’interdiction de ce groupe néonazi

Opération anti-migrants du groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire a la frontière franco-espagnole

Par INFO MiGRANTS La rédaction Publié le : 20/01/2021

Une trentaine de militants du groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire ont lancé mardi une nouvelle opération anti-migrants à la frontière franco-espagnole. Il y a deux ans, une même action avait eu lieu du côté de la frontière franco-italienne. Des élus de la région dénoncent une « opération illégale ».

Après les Alpes, les Pyrénées. Deux ans après leur opération anti-migrants au col de l’Échelle, à la frontière franco-italienne, les militants de Génération identitaire ont récidivé mardi 19 janvier, cette fois du côté de la frontière franco-espagnole.

Une trentaine de personnes du groupuscule d’extrême-droite réparties « dans des voitures sérigraphiées ‘Defend Europe’ se sont installées au Col du Portillon, certains « sont partis en randonnée » et ont utilisé « un drone » pour surveiller la frontière, a indiqué la gendarmerie. 

Les membres de Génération identitaire entendaient ainsi « surveiller tout passage éventuel de migrants et en alerter les autorités », a affirmé sur le réseau Telegram l’une des têtes d’affiche de l’opération Thaïs d’Escufon.

En novembre, le président Emmanuel Macron avait annoncé le renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole pour lutter contre l’immigration illégale, alors que l’Espagne connait une importante hausse des arrivées de migrants ces derniers mois, notamment aux Canaries.

« Cette immigration massive contre laquelle les différents gouvernements n’ont jamais lutté véritablement, nous, Génération identitaire (…) avons décidé de nous y opposer concrètement donc nous avons voulu prêter main forte aux forces de l’ordre », a précisé à l’AFP le militant.

Contactée par le quotidien Le Parisien, la gendarmerie a confirmé avoir rencontré ces individus dans la matinée au niveau du col du Portillon, puis dans l’après-midi à l’autre poste-frontière du département, entre Melles et Pont-du-Roy. Mais « aucun trouble à l’ordre public » et « aucune opération de remise de migrants » n’a été constaté, assure au média le chef d’escadron Pierre Tambrun. Il s’agissait simplement de « personnes avec des drapeaux » qui, « en nous voyant, sont restées un petit peu puis reparties », ajoute-t-il.

« Opération illégale »

Plusieurs élus de la région se sont insurgés, dénonçant une opération « anti-migrants illégale ». « Cette opération, menée en toute illégalité, a seulement pour but de créer le ‘buzz’ médiatique et ainsi permettre à ces extrémistes de développer leur discours de haine », ont dénoncé dans un communiqué commun, la présidente de la région Occitanie Carole Delga, le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne Georges Méric (PS), le député de Haute-Garonne Joël Aviragnet (PS) et le maire de Luchon Eric Azemar (Sans étiquette).

Avec @GeorgesMeric@JAviragnet et le Maire de #Luchon, je demande au @PrefetOccitanie de mettre fin fermement et sans délais à ce coup de force contraire aux valeurs de la République.
Ce groupuscule d’extrême-droite doit être dissous par @Interieur_Gouvhttps://t.co/9e633ZgHtq— Carole Delga (@CaroleDelga) January 19, 2021

Ces élus demandent « au préfet de la Haute-Garonne de mettre fin fermement et sans délai à ce coup de force, indigne et contraire aux valeurs de la République et de notre territoire » réclamant que des poursuites soient engagées contre les instigateurs qui avaient mené une opération similaire dans les Alpes, rappellent-ils.

Ils exhortent également le ministère de l’Intérieur de dissoudre « ce groupuscule d’extrême-droite violent et dangereux ».

De son côté, le préfet de région « a fermement » condamné en fin d’après midi ces actions « purement symboliques qui n’ont provoqué aucun trouble à l’ordre public mais qui ont mobilisé inutilement les forces de l’ordre, les détournant de leur mission de surveillance de la frontière », a-t-il souligné dans un communiqué.

En décembre, Génération identitaire et trois de ses cadres avaient été relaxés par la Cour d’appel de Grenoble, dans l’affaire des opérations anti-migrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.