Santé

Dans quels domaines de la santé, la municipalité peut-elle intervenir ?

Un maire est responsable sur le plan de la santé publique, de la salubrité et de l’essentiel de nos conditions de vie. Cela va de la veille sanitaire jusqu’à la mise en œuvre des solutions de soins, en collaboration bien entendu avec les services compétents.

Pour cela, il existe un Service Communal d’Hygiène et de Santé (SCHS), sous l’autorité du maire, qui joue un rôle essentiel dans la protection de la santé publique au niveau local en veillant au respect des règles d’hygiène dans divers domaines, comme les logements, les établissements recevant du public, les commerces alimentaires, etc., en gérant les risques liés à l’environnement, aux installations insalubres, aux déchets, aux animaux, etc.

Assurer la mise à disposition d’eau potable : Oui

C’est au niveau de la métropole que la municipalité intervient dans la gestion et la distribution de l’eau potable, souvent en collaboration avec des syndicats ou des opérateurs spécialisés. Elle assure un suivi constant de la qualité de l’eau tout au long de son cycle, approvisionnement, traitement et distribution, sans oublier le traitement des eaux usées.

Financer tout ou une partie des établissements de santé publics ou privés : Non

Ce financement relève principalement de l’État, des agences régionales de santé et des organismes de sécurité sociale. La municipalité ne finance pas directement ces établissements.

Créer des maisons de santé : Oui

La municipalité peut créer ou soutenir la création de maisons de santé pluri-professionnelles pour faciliter l’accès aux soins de premier recours.

Il n’y a pas de contradiction avec la réponse précédente, mais une distinction importante entre deux types de structures de santé :

Les établissements de santé publics ou privés sont des structures hospitalières ou cliniques qui assurent des soins spécialisés, hospitaliers, souvent avec hébergement. Les collectivités locales n’ont pas de compétence directe pour financer ces établissements, même si elles peuvent soutenir des projets locaux ou des équipements.

Les maisons de santé sont des structures de soins de premier recours, regroupant des professionnels de santé libéraux (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, etc.). Quand l’accent est mis sur la pluridisciplinarité et la coordination formalisée entre les professionnels de santé, on parle de Maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) et on a une petite clinique, mais cela reste des structures ambulatoires (on y est soigné dans la journée) et de proximité.

La municipalité peut intervenir en mettant à disposition des locaux, en soutenant financièrement leur création, voire en salariant des professionnels dans certains cas, par exemple à Aubervilliers, Vierzon, Grenoble ou Saint-Denis.

Organiser des campagnes de vaccination gratuite : Oui

La municipalité peut organiser ou soutenir des campagnes de vaccination, notamment en facilitant la logistique et la communication, mais la fourniture des vaccins relève de l’État. Par exemple, la ville a utilisé son registre des personnes vulnérables pour faciliter la prise de rendez-vous et l’organisation de la vaccination, elle a mis en place un centre de vaccination au complexe sportif Saint-Symphorien dès début 2021 pour accueillir les habitants. Mais c’est la Sécurité sociale qui a payé les soignants.

Fermer un restaurant pour cause d’hygiène : Non

La décision de fermer un restaurant pour des raisons d’hygiène relève des autorités sanitaires compétentes, généralement les services de l’État tels que la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) ou la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP). Ces services peuvent intervenir suite à des contrôles sanitaires.

Le Service Communal d’Hygiène et de Santé (SCHS) peut également être impliqué dans le contrôle et la proposition de mesures, mais la décision finale de fermeture est prise par les autorités préfectorales ou sanitaires de l’État. De même, la mairie ne prend pas la décision, mais peut participer à sa mise en œuvre.

ACTION SOCIALE

La municipalité pilote la solidarité au niveau de la commune. C’est le conseil municipal qui décide du budget consacré à l’action sociale dans une commune et c’est le centre communal d’action sociale qui la met en oeuvre.

En Moselle, les profils les plus touchés par la grande pauvreté sont :

  • Les familles monoparentales (33 %), très présentes dans les quartiers urbains de Metz et très dépendantes des prestations sociales.
  • Les jeunes sans diplôme qui sortent du système scolaire sans qualification.
  • Les travailleurs pauvres, plus nombreux qu’au niveau national : intérimaires dans la logistique, ouvriers de l’industrie, emplois transfrontaliers précaires (Luxembourg → contrats courts, temps partiel, navettes coûteuses).
  • Les personnes âgées isolées, présentes surtout dans les communes rurales et semi-rurales : petites retraites, veuvage, éloignement des services.
  • Les ménages immigrés ou issus de l’immigration récente, concentrés dans les zones urbaines et périurbaines et plus exposés au chômage et aux emplois peu qualifiés.

Face à ça, l’action municipale peut changer des vies. Elle peut :

  • Garantir l’essentiel : personne ne doit rester sans solution
  • Aides d’urgence via le CCAS : alimentation, hygiène, énergie, transports.
  • Accompagnement personnalisé pour les personnes en grande difficulté.
  • Accès aux droits : aide pour les démarches CAF, santé, logement, RSA, retraite.
  • Agir pour le logement : la première protection contre la pauvreté
  • Prévention des expulsions : médiation, plans d’apurement, accompagnement budgétaire.
  • Accès au logement social : soutien aux demandes, priorisation des situations critiques.
  • Dispositifs “logement d’abord” : solutions stables pour les personnes sans domicile.
  • Soutenir les familles et les enfants
  • Cantine à tarif social, repas équilibrés pour tous les enfants.
  • Aides aux fournitures scolaires, soutien aux activités périscolaires.
  • Crèches accessibles : tarification adaptée, horaires élargis pour les parents isolés.
  • Petits-déjeuners à l’école dans les quartiers prioritaires.
  • Accompagner vers l’emploi et l’autonomie
  • Ateliers CV, numérique, mobilité, en lien avec France Travail et les associations.
  • Chantiers d’insertion municipaux : espaces verts, propreté, restauration scolaire.
  • Soutien aux jeunes : missions locales, stages, parrainage par des professionnels.
  • Aller vers les personnes les plus fragiles
  • Équipes mobiles sociales : maraudes, visites à domicile, repérage des situations critiques.
  • Lutte contre l’isolement : visites aux personnes âgées, cafés solidaires, bénévolat local.
  • Accès à la santé : accompagnement vers les soins, prévention, médiation santé.

Restauration scolaire et périscolaire

    C’est le maire qui est responsable de l’organisation de la restauration scolaire

    La municipalité organise, gère et finance la restauration scolaire

    A Metz, il y a 24 lieux de restauration scolaire pour les élèves des écoles primaires.

    Deux types de personnels y travaillent :  l’équipe technique qui gère les repas   et l’équipe d’animation qui prend en charge les enfants.

    Une cuisine centrale prépare le repas et dispatche les plats aux 24 lieux de restauration scolaire, chargés de les réchauffer.

    Le coût pour les familles est calculé en fonction des revenus selon 10 tranches de tarif, avec un coût minimum de 1,20 euros.

    ÉCOLE

    C’est le maire qui décide du choix de l’école primaire dans laquelle ira votre enfant.

    L’affectation à l’école primaire (maternelle et élémentaire) est une compétence municipale.

    Les parents inscrivent leur enfant auprès de la mairie, qui détermine l’école de secteur en fonction de leur lieu d’habitation.

    Les parents peuvent demander une dérogation pour une autre école que celle du secteur, mais c’est la mairie qui accepte ou refuse les dérogations selon les critères habituels : fratrie déjà scolarisée, capacités d’accueil, etc.

    La demande d’inscription dans une école privée ne dépend pas de la mairie.

    PETITE ENFANCE

    Le maire et le conseil municipal a la responsabilité de l’organisation des modes de garde des enfants de moins de 3 ans

    Les communes sont désignées comme les autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant.

    Une mairie peut gérer directement une crèche : les crèches municipales existent, et elles sont même très répandues en France.

    Une mairie peut subventionner une association qui met en place une crèche, tant que le projet est d’intérêt général et que la demande est faite dans les règles.

    La mairie doit obligatoirement :

    • Recenser les besoins des enfants de moins de trois ans et de leurs familles en matière de services et modes d’accueil disponibles sur leur territoire.
    • Informer et accompagner les familles ayant des enfants de moins de trois ans ainsi que les futurs parents.
    • Planifier le développement des modes d’accueil en fonction des besoins recensés.
    • Soutenir la qualité des modes d’accueil.
    • Etablir schéma pluriannuel de développement de l’offre d’accueil du jeune enfant

    Vous pouvez aussi aller regarder l’article de l’AMF (association des maires de France) relatif à ce sujet.

    Démocratie municipale et métropolitaine

    Le scrutin est proportionnel (le nombre de sièges attribués prend en compte le nombre de voix exprimées pour chacune des listes), paritaire (chaque liste comprend alternativement une femme et un homme), avec prime majoritaire.

    La prime majoritaire fait que la liste qui arrive en tête bénéficie d’au moins la moitié des sièges au conseil municipal.

    Au premier tour, la liste qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés reçoit un nombre de sièges égal à la moitié des sièges à pourvoir (prime majoritaire de 50%). Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés, en fonction du nombre de suffrage obtenus.

    Si aucune liste n’obtient la majorité absolue, un second tour est organisé. Lors du second tour, seules les listes ayant obtenu au premier tour au moins 10% des suffrages exprimés sont autorisées à se maintenir. Elles peuvent connaître des modifications, notamment par fusion avec d’autres listes pouvant se maintenir ou fusionner. Les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés peuvent fusionner avec une liste ayant obtenu plus de 10%. La répartition des sièges se fait alors comme lors du premier tour (prime majoritaire pour la liste arrivée en tête, puis répartition des sièges restants à la proportionnelle à la plus forte moyenne).

    Les élections municipales sont aussi des élections métropolitaines.

    Métropole, communautés de communes

    Les élections municipales sont aussi des élections métropolitaines.

    Dans les communes de 1 000 habitants et plus, les candidats aux sièges de conseiller communautaire sont présentés sur une liste différente de celles des candidats aux fonctions de conseiller municipal mais figurent sur le même bulletin de vote (article L273-9 du code électoral). Les listes de candidats aux sièges de conseiller communautaire doivent respecter les conditions suivantes : 

    • les candidats doivent figurer dans le même ordre que celui de la liste de candidats aux élections municipales et respecter l’alternance femme homme ;
    • les candidats présentés dans le premier quart de la liste intercommunale doivent figurer, de la même manière et dans le même ordre, en tête de la liste municipale ;
    • tous les candidats de la liste intercommunale doivent figurer au sein des trois premiers cinquièmes de la liste municipale

    L’assemblée métropolitaine compte 101 délégués dont 44 élus de Metz. Elle élit un bureau composé d’un président, de 20 vice-présidents et de 32 conseillers délégués.

    Parmi les attributions de la métropole:

    • Collecte et gestion des déchets
    • Mobilité et déplacements : transports en commun, plan vélo, voirie
    • Urbanisme et aménagement du territoire : élabore le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI)
    • Habitat et logement : Pilote le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain sur son territoire, au bénéfice des quartiers prioritaires,  établit et met en œuvre le programme local de l’habitat (PLH)
    • Culture & Attractivité du territoire : finance les grands équipements culturels et sportifs tels que le Musée de la cour d’Or, l’Opéra-Théâtre, le Centre Pompidou Metz, l’ESAL, le Conservatoire, le complexe sportif Val Saint Pierre, la future piscine métropolitaine…

    C’est la métropole qui gère les projets de l’agglomération comme la Serpentine, Mettis, les travaux à l’Opéra, le réaménagement de la Place Coislin, …

    Son budget annuel est d’environ 300 millions d’Euros. Il est donc supérieur à celui de la ville de Metz (246M€).

    Non au projet de loi visant à lutter contre les formes renouvelées d’antisémitisme

    Une proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme va être examinée par l’assemblée nationale.
    Si son objectif , la lutte contre l’antisémitisme est louable, sa façon de vouloir l’atteindre est contestable.

    Le Conseil d’État souligne les risques sérieux d’inconstitutionnalité et d’inconventionnalité que comportent plusieurs dispositions de la proposition de loi, en particulier au regard :

    • de la liberté d’expression, protégée tant par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen que par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme ;
    • du principe de légalité des délits et des peines, impliquant une définition claire, précise et non équivoque des infractions pénales ;
    • ainsi que des exigences de nécessité, d’adaptation et de proportionnalité des atteintes portées aux libertés fondamentales.

    et il émet les observations ci dessous:

    • l’imprécision de certaines incriminations proposées en matière d’apologie ou de provocation au terrorisme ;
    • les difficultés juridiques majeures soulevées par la création d’un délit de provocation à la destruction ou à la négation d’un État, compte tenu de l’absence de définition juridique stabilisée de la notion d’État et du risque d’atteinte disproportionnée à la liberté d’expression ;
    • la nécessité de privilégier le cadre de la loi du 29 juillet 1881 plutôt que le code pénal, afin de préserver l’équilibre constitutionnel entre répression des abus et protection des libertés.

    Nous avons écrit aux député.es de la Moselle pour les alerter des dangers dont ce projet est porteur. C’est ce courrier que vous retrouverez ci-dessous.
    Vous voulez en savoir plus sur : 

    COURRIER AUX DÉPUTÉS DE MOSELLE

    La LDH (Ligue des droits de l’Homme) METZ MOSELLE souhaite vous alerter sur la PPL n° 575 visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme, que vous allez examiner très prochainement.

    Le titre de cette proposition correspond à un objectif essentiel face à l’augmentation des actes antisémites en France.

    Cependant, son contenu est dangereux tant pour la liberté d’expression que pour l’efficacité même de la lutte contre l’antisémitisme.

    Le Conseil d’État, saisi en mai 2025, rappelle la nécessité de privilégier le cadre de la loi du 29 juillet 1881 plutôt que le code pénal. Il souligne les risques d’inconstitutionnalité relatifs à la liberté d’expression de plusieurs articles.

    Alors qu’il est crucial d’apporter des réponses qui protègent la cohésion de la société française, la proposition de loi Yadan risque de diviser profondément en raison de la répression qui s’abattrait sur tout débat concernant la politique menée par Israël. De plus, elle viole le principe de légalité des délits et des peines.

    Sans remettre en cause ni l’objectif poursuivi par cette proposition de loi, ni la légitimité du combat contre l’antisémitisme, nous vous appelons à ne pas valider ce projet de loi.

    Avec nos salutations respectueuses

    Face à l’impérialisme de Trump, la France et l’Europe ne doivent pas faire acte d’allégeance

    Le droit international n’autorise aucun état à intervenir comme le font les Etats Unis au Vénézuéla et dans les Caraïbes.

    Cette intervention viole le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un droit fondamental sur lequel repose l’architecture de l’ordre mondial.

    Le gouvernement des États-Unis instrumentalise la « lutte contre la drogue » pour justifier des actions unilatérales et l’usage disproportionné de la force.

    Cela constitue un dangereux précédent et exige une réponse ferme de la communauté internationale.

    Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et la Commission interaméricaine des droits de l’homme ont documenté dans de nombreux rapports l’érosion du système démocratique et les violations des droits humains au Vénézuéla.

    Cela n’autorise aucun état à intervenir en violation du droit international.

    Cette agression est d’autant plus préoccupante que le Président des États-Unis déclare ouvertement que son attaque est motivée par la récupération du pétrole qui leur aurait été « volé ».

    La LDH (Ligue des droits de l’Homme) considère que la déclaration d’Emmanuel Macron est irresponsable autant qu’inacceptable.

    Elle s’inquiète du sort du peuple vénézuélien et appelle au respect des droits humains au Venezuela.

    Communiqué fait lors du rassemblement du mardi 6 janvier à METZ

    Le communiqué national

    Laïcité, et Alsace Moselle

    En 1905 l’Alsace et la Moselle étaient allemandes. La France votait la loi de séparation des églises et de l’Etat.

    Ce 120e anniversaire est l’occasion de rappeler ce qu’est la loi de 1905. Mettant fin au Concordat et aux cultes reconnus, elle proclame la liberté de conscience et la liberté de culte et pose le principe de séparation entre Etat et religions, dont découlent les exigences de neutralité religieuse de l’Etat et de non-financement public des cultes.

    En 1918, l’Alsace et la Moselle sont rattachées à la France. Le régime concordataire datant de 1801 y est maintenu. Une exception à la loi de 1905,à la laïcité qui a maintenant plus de 109 ans.

    Les Alsaciens et les Mosellans attendent toujours l’application des principes et des règles de la laïcité républicaine dans leurs trois départements.

    La LDH ne se résout pas à ce que l’Alsace et la Moselle restent orphelines de la laïcité.

    La séparation de toutes les religions et de l’Etat, la liberté de conscience et d’exercice de tous les cultes, sont les principes intangibles du socle commun de la laïcité, qui ne doivent souffrir aucune exception sur l’ensemble du territoire français.

    Dans l’attente de l’abrogation de ce qui reste d’un concordat archaïque et obsolète, sans remettre en cause les avancées sociales d’un droit civil local, la Ligue des droits de l’Homme demande :

    – l’abrogation de l’enseignement religieux dans les écoles d’Alsace et de Moselle ;

    – la sortie du système de financement des ministres des cultes par les fonds publics.

    Seule la laïcité républicaine, appliquée à tous et pour tous, ici et dans l’ensemble de notre pays, permet de faire « vivre ensemble » la diversité et le pluralisme d’une démocratie dont les principes sont issus de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, inscrite dans le préambule de notre Constitution.

    Au delà du problème de l’Alsace Lorraine, les principes fondateurs de la laïcité ont été altérés par une inflation législative et un dévoiement politicien et nous vous invitons à lire le communiqué de la LDH à ce sujet.