
En novembre 2025, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, annonçait le remplacement des centres éducatifs fermés (CEF, gérés par l’Etat) et ses unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC) par des unités judiciaires à priorités éducatives (UJPE) sans toutefois abandonner les CEF du secteur habilité (confiés au privé). Il confirmait la concrétisation de cette transformation en février 2026.
Sa seule ambition était de « renforcer l’intervention en milieu ouvert », c’est à dire privilégier le répressif au détriment de l’éducatif. Les CEF avaient encore une vocation éducative, du moins dans leur appellation. Mais il s’est agi bien évidemment de faire également des économies. (Voir plus bas le communiqué du syndicat de la magistrature.)
Au début de cette année, les habitants de Sainte-Maure se mobilisaient pour rejeter l’implantation d’une telle UJPE dans leur commune.
Nous en rendions compte dans ces colonnes.
Aujourd’hui, l’abandon du projet est officiellement confirmé.

Il n’est pas inutile de rappeler le soutien ouvert du RN à ce rejet .

Adrien Mora, porte-parole du collectif d’opposition à l’UJPE, auteur d’une pétition ayant recueilli 1 200 signatures contre le projet, s’en expliquait au micro de Sud Radio.
« Ce site est à 200 mètres d’une crèche, 500 mètres d’une école maternelle et primaire »
La pétition d’un collectif a recueilli 1200 signatures contre le projet. Pourquoi s’y opposer ? « Ce projet n’a pas du tout été réfléchi, explique Adrien Mora, porte-parole du collectif. L’État veut juste faire des économies en nous imposant cet établissement à côté de chez nous. Personne n’est venu voir sur site l’emplacement, à 200 mètres d’une crèche, 500 mètres d’une école maternelle et primaire. Il n’a absolument rien à faire dans la commune. Il serait à 150 mètres d’un nouveau lotissement, ce n’est absolument pas indiqué. »
« Ce sont des jeunes, certains sous bracelets électroniques, pas forcément des enfants de chœur… »
« Ce n’est pas un centre fermé ! Les anciens centres, les CEF, l’étaient. Par contre, les UJPE (Unités Judiciaires à Priorité Educative) que Monsieur Darmanin veut créer sont ouverts. Ce sont des jeunes, certains sous bracelets électroniques, pas forcément des enfants de chœur. Ils seraient en semi-liberté à côté de nos enfants, prendraient les mêmes bus, seraient dans notre quartier. Ce n’est pas du tout acceptable. Deux sites de ce genre existent, des CEF. Mais ils ont été réfléchis en amont, l’un d’entre eux se trouve à 4 km de toute habitation. »
Soit Adrien Mora n’a pas bien réfléchi avant d’énoncer de telles contre-vérités, soit il l’a fait en toute conscience et c’est encore plus grave.
En effet, les UJPE se caractérisent par une forte dimension coercitive, une restriction des ouvertures sur l’extérieur, au détriment de l’action éducative.
Bien plus, le Garde des Sceaux enjoint aux Procureurs de la République de privilégier dans leurs réquisitions, s’ils envisagent un placement contraignant dans le cadre d’un contrôle judiciaire, que celui-ci s’exerce prioritairement dans le cadre d’un CEF du secteur habilité et non en UJPE qui ne permet pas, en cas de non-respect, une incarcération immédiate.
Ainsi, au lieu d’aller au terme de la démarche annoncée, de se donner les moyens d’une action éducative effective et efficiente, il est anticipé que tout jeune puisse ne pas respecter son placement, et donc qu’il faudrait le placer en CEF du secteur habilité, pour pouvoir – si nécessaire – révoquer et permettre l’incarcération en cas de non-respect du placement.
Aujourd’hui, les locaux actuels de Troyes étant inadaptés pour l’implantation nouvelle d’une UJPE, ceux-ci l’étant déjà depuis longtemps en réalité pour la seule UEHC actuelle, l’Etat est toujours à la recherche d’un lieu où la PJJ pourrait exercer sa mission dans des conditions correctes et où la population ne s’opposerait pas à son installation dans sa commune.

La tristement célèbre Ile du Diable est aujourd’hui totalement déserte. Interdite au public en raison de sa dangerosité du fait du climat et des espèces qui y pullulent (moustiques, fourmis, araignées-crabes…) et des courants marins qui l’environnent. La réhabilitation du bagne pour y caser ces jeunes qui ne sont « pas forcément des enfants de chœur », permettrait aux Mauraciennes et Mauraciens de continuer à dormir sur leurs deux oreilles et à leurs filles de grandir en toute sécurité…
RD
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