La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation », déplore le Planning familial, qui se dit « très inquiet »


La proposition de François-Noël Buffet comme Défenseur des droits est « une provocation »« une alerte », déplore Sarah Durocher, présidente du Planning familial, ce lundi 20 juillet, au micro de France Inter. Le sénateur Les Républicains a été proposé par Emmanuel Macron pour remplacer Claire Hédon. Il a été auditionné à l’Assemblée nationale et doit désormais passer devant le Sénat, avant un vote en commission des lois mardi.




Cette nomination a provoqué une forte inquiétude au sein des associations qui écrivaient 2 jours après la proposition :

« Le parcours de François-Noël Buffet est marqué par plusieurs prises de position contraires aux droits fondamentaux et aux valeurs que le Défenseur des droits est chargé de promouvoir. Il s’est notamment opposé au mariage pour tous·tes, à la procréation médicalement assistée et à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Il a également soutenu le durcissement des politiques migratoires, l’affaiblissement de l’Aide médicale d’État et des mesures restrictives en matière d’accueil des gens du voyage. Ces positions n’augurent qu’une seule issue : le dévoiement de l’institution et l’asphyxie aggravée d’une société civile déjà sous pression. Ce choix d’Emmanuel Macron est déconnecté des priorités de la société et va à contresens de l’impératif de justice sociale et environnementale exprimé. »



Auditionné le 15 juillet par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le sénateur LR François-Noël Buffet a défendu sa candidature au poste de Défenseur des droits face à une gauche très hostile au regard de ses anciennes positions contre le mariage pour tous, l’extension de la PMA et sa réserve sur l’IVG dans la Constitution. Une opération de déminage au succès mitigé.



« Votre CV est incompatible avec la fonction de Défenseur des droits », « votre nomination peut ressembler à une provocation du président de la République… »

Sous le feu des critiques de la gauche, le sénateur François-Noël Buffet assure « entendre mais ne pas partager » les doutes sur sa capacité à occuper ce poste.



Défenseur des droits : audition de François-Noël Buffet au Sénat.

Mardi 21 juillet à 11 heures, en application de la loi organique n° 2010-837 et de la loi n° 2010‑838 du 23 juillet 2010 relatives à l’application du cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution, la commission des lois entendra François-Noël Buffet, proposé par le Président de la République en qualité de Défenseur des droits.



Même si le Sénat, majoritairement à droite, confirmera fort probablement cette nomination, il est encore tout juste temps d’interpeller les sénateurs sur cette nomination contre nature.


La LDH faisait part de ses craintes avant même la décision du président de la République et appelait à signer cette pétition dès le 3 juin dernier.


RD

Manifestons contre tous les racismes






Mobilisation générale pour la justice, la paix et la solidarité. Après la réussite forte et inspirante du rassemblement initié à Saint-Denis/Pierrefitte-sur-Seine, à l’appel de Bally Bagayoko, maire de la commune nouvelle de Saint-Denis/Pierrefitte-sur-Seine, où plus de 15 000 personnes ont répondu présent le 4 avril 2026, nous appelons à amplifier cette mobilisation. Cet appel s’adresse à toutes celles et ceux qui refusent de renoncer : humanistes, antifascistes, antiracistes, à toutes celles et ceux qui assument de combattre les actes et les propos racistes qui se généralisent jusqu’au sommet de l’État.

Parce que le racisme est systémique, la réponse doit être politique. Nous ne pouvons accepter les lois qui discriminent des parties de la population et banalisent le racisme, ni les complaisances, les silences et les renoncements de beaucoup face aux discours médiatiques et politiques qui portent la haine et le rejet.

Il n’y a pas de place pour l’indifférence

Nous appelons la jeunesse à se lever, les universitaires à éclairer, les artistes à créer et à dénoncer, les médias républicains à informer avec responsabilité. Nous appelons les féministes, les personnes sans papiers, les acteurs et actrices engagés pour la paix, contre les dominations et les injustices. Nous appelons les syndicalistes, les associatifs, les habitantes et habitants des quartiers populaires comme de tous les territoires, les intellectuel·les, les sportifs et sportives, les créateurs et créatrices, et toutes les forces vives de la société.

Face à la montée du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie, de la négrophobie, de l’antitsiganisme, du racisme anti-asiatique et de toutes les formes de haine, face à la progression des idées d’extrême droite et des discours de division, il n’y a pas de place pour l’indifférence. Nous refusons la banalisation de ces idées et affirmons notre détermination à y faire barrage par la mobilisation.




« Notre amour est complètement légitime » : revendicative et politique, la Marche des fiertés de Troyes a rassemblé plus de 400 personnes



La traditionnelle Marche des fiertés LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres, queers, intersexes, asexuel(le)s, et autres) de Troyes (Aube) s’est déroulée en centre-ville, dans l’après-midi du samedi 6 juin 2026. Plus de 400 personnes y ont participé, deux semaines après la Pride de Reims (Marne).

Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription



Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.



Des étudiants se sont mobilisés ce mardi à l’IUT de Troyes pour dénoncer le plan « Choose France for Higher Education ». Cette mesure gouvernementale prévoit une augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens dans les universités françaises. Le rassemblement s’inscrit dans un mouvement national organisé par la Fédération des associations générales étudiantes. « Notre but, c’est de faire retentir, de laisser les étudiants troyens s’exprimer », explique Valentin, membre de la Fédération des Étudiants Troyens – Campus 3. La mobilisation vise à faire pression pour repousser le décret.


La sénatrice Corinne NARASSIGUIN et plusieurs de ses collègues socialistes déposaient au Sénat, le 13 avril dernier, un texte de loi visant à lever les obstacles à l’intégration des étrangers en France. Celui-ci, en proposant des solutions, démontre clairement l’urgence d’améliorer les conditions d’accueil de ces étrangers. Ce qui n’est évidemment pas l’objectif de la droite.

En même temps, le plan gouvernemental « Choose France for Higher Education » contient une véritable incohérence, l’objectif affiché étant de « rendre la France plus attractive pour les étudiants étrangers ». Quel est le but réel, en augmentant de façon discriminatoire les frais d’inscription en fonction de la nationalité, de placer les étudiants extracommunautaires dans une précarité insurmontable ? Certainement pas de leur rendre la France plus attractive…

RD

Gaza, jour 934 : Israël a violé le prétendu “cessez-le-feu” 2 400 fois depuis octobre



Israël semble avoir encore accéléré ses violations du “cessez-le-feu” conclu en octobre dernier, dans l’une des semaines les plus meurtrières de ces derniers mois.

Alors que des médias israéliens rapportaient la semaine dernière que l’armée israélienne s’apprêtait à “reprendre” ses hostilités à Gaza “dès le mois prochain”, les Palestinien-nes craignent que le génocide, déjà loin de s’être arrêté avec le “cessez-le-feu”, ne s’accélère encore.



MSF dénonce la « privation délibérée d’eau infligée aux Palestiniens » par Israël. Selon des données de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale, Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza, notamment les usines de dessalement, les forages, les canalisations et les réseaux d’égouts. Les conséquences sont dramatiques pour la santé de la population.



Elément central de la culture palestinienne, l’olivier est menacé par la guerre. C’est pour les Palestiniens une source de revenus, une part importante de leurs traditions culinaires et un symbole de résistance, d’ancrage sur leurs terres. Mais aujourd’hui, dans la bande de Gaza, l’olivier est menacé. Les surfaces plantées ont considérablement réduit depuis le 7 octobre 2023, les massacres du Hamas en Israël et la guerre faisant l’objet d’accusations génocidaires lancées par Israël.



Bombardements, pénurie de médicaments et montagnes de déchets: les conditions de vie s’aggravent à Gaza. Gale, poux, puces, rongeurs et infections cutanées prolifèrent à Gaza. En cause: une population dense qui vit majoritairement sous tente, à proximité de déchets qui ne peuvent plus être évacués. Des Gazaouis témoignent de leurs conditions de vie de plus en plus compliquées.



La France claque la porte au nez des artistes et chercheurs palestiniens. Pendant que le génocide se poursuit à bas bruit à Gaza, le programme d’accueil en France des universitaires et artistes palestinien·nes tourne au ralenti, voire a été interrompu. Sous différents prétextes, les autorités multiplient les mesures discriminatoires, sans égard pour l’anéantissement de la vie universitaire et culturelle dans l’enclave palestinienne.



La macronie ne lâche pas prise après le retrait de la loi Yadan. La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé croit pouvoir remettre le texte sur le métier en le retravaillant avec les groupes parlementaires qu’elle reçoit mardi 28 avril. La pétition contre le texte initial a recueilli plus de 700 000 signatures. La pétition a été classée par la commission des lois. Le soutien appuyé du gouvernement français à la politique d’apartheid du gouvernement d’extrême droite israélien ne semble pas se relâcher.






D’après nos information, la flotille en route vers Gaza serait constituée de 64 bateaux, dont 53 en mer et 7 encore au port. On ignore la position des 4 autres. En Tunisie, 7 personnes qui devaient embarquer ont été arrêtées, sous des prétextes plutôt fantaisistes. Quelques unes d’entre elles auraient été libérées. Une escale y semble à présent peu probable.

Le Collectif aubois pour la paix en Palestine envisage une manifestation à Troyes courant mai.

Troyes : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale



Ce vendredi 20 mars, à l’appel des organisations AGUI, CGT, CIMADE, FSU, GREENPEACE, LDH, MRAP, MUSAWA et de citoyen.ne.s, une soixantaine de personnes se sont rassemblées place Alexandre-Israël (place de l’hôtel de ville) pour dénoncer le racisme et la xénophobie qui gagnent chaque jour du terrain, en même temps que les droites extrêmes et les extrêmes-droites, qui attisent la haine et le rejet de l’autre.

Le communiqué des organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs, actrices de la société civile, a été lu à quatre voix devant un public de militants fidèles à leurs engagements et de passants attirés par l’attroupement.

Merci aux membres du collectif Louise-Michel pour la mise à disposition de leur matériel de sonorisation.


MB


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Soixantième anniversaire de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale


La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année le 21 mars, pour commémorer ce jour de 1960 où, à Sharpeville (en Afrique du Sud), la police a ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation pacifique contre les lois relatives aux laissez-passer imposées par l’apartheid. En proclamant la Journée internationale en 1966, l’Assemblée générale a engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale (Résolution 2142 (XXI)).

En 1979, l’Assemblée générale a adopté un Programme d’activités à entreprendre au cours de la seconde moitié de la Décennie de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale (A/RES/34/24). À cette occasion, l’Assemblée générale a décidé qu’une semaine de solidarité avec les peuples en lutte contre le racisme et la discrimination raciale, commençant le 21 mars, sera organisée chaque année par l’ensemble des États.

Depuis lors, le système d’apartheid en Afrique du Sud a été démantelé. Les lois et pratiques racistes ont été abolies dans de nombreux pays et nous avons mis en place un cadre international de lutte contre le racisme, guidé par la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Cette Convention est sur le point d’être ratifiée de façon universelle même si dans toutes les régions, trop d’individus, de communautés et de sociétés souffrent encore de l’injustice et des préjugés causés par le racisme.


Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale




Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,

Quand les pires préjugés s’expriment dans les institutions censées garantir l’accès aux droits,

Quand tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion sont victimes de comportements racistes et xénophobes dans leur quotidien,

Quand de nombreux médias se font les porte-voix de la haine contre les étranger-e-s et leurs enfants, les musulman-e-s notamment, installant et construisant des discours de haine qui se banalisent dans la société

Quand des manifestations d’extrême-droite suintent la haine de l’Autre, avec des saluts nazis,

Quand le racisme et l’antisémitisme s’amplifient dans la société,

Quand le nombre d’actes racistes et antisémites augmente dans des proportions alarmantes,

Quand 1,2 million d’individus estiment avoir été victimes de racisme en 2022 mais que seulement 3% l’ont signalé,

Quand les discriminations à caractère raciste restent massives dans l’accès à l’emploi et au logement, dans les rapports avec les institutions, notamment la police et la justice,

Quand les crimes racistes se multiplient mais ne semblent plus susciter de mobilisations massives,

Quand des Juifs vivent dans l’inquiétude,

Quand des musulman-e-s se demandent si la haine qui les cible témoigne de l’impossibilité de notre pays de les accepter pleinement un jour, et que l’islamophobie s’exprime de manière toujours plus violente dans certains médias comme au sein de formations politiques,

Quand les restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeur-euse-s d’asile attentent à leurs droits et à leur dignité,

Quand les conditions de recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ne garantissent plus pleinement le droit à un procès équitable,

Quand les refus de régularisation et de renouvellement de titres de séjour détruisent des vies, que les préfectures « fabriquent » des sans-papiers,

Quand les obligations de quitter le territoire français (OQTF) deviennent systématiques afin d’agiter des chiffres visant à créer un « problème étranger »,

Quand la remise en cause des allocations logement (APL) pour les étudiant-e-s étranger-e-s précarise de nombreux jeunes,

Quand des dizaines de milliers de personnes étrangères perdent tout ce qu’elles ont construit à cause de la loi immigration du 26 janvier 2024, de la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, et des autres lois xénophobes qui les ont précédées,

Nous avons, plus que jamais, le devoir et le besoin de retrouver le chemin de l’égalité et du refus des haines,

Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice, et de respect des libertés.

Les organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs, actrices de la société civile, appellent en toute indépendance vis à vis des formations politiques à une large mobilisation de la société, dans toute sa diversité, pour les mobilisations autour de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale entre le 14 et le 21 mars, partout en France. Défendons le projet d’une société antiraciste, c’est-à-dire une société humaniste, solidaire et égalitaire.

Premiers signataires : Attac, CGT, Femmes Egalité, FSU, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mémorial98, Mrap, Solidaires, SOS Racisme.

Signataires : Artisans du monde Saint-Nazaire, Association Accueil des demandeurs d’asile de Mulhouse, Association d’Aide et de défense des mineurs isolés étrangers (Aadmie), Association nationale des Pieds-Noirs progressistes et leurs ami.e.s, Association pour la reconnaissance et la défense des droits des immigrés en Bocage (ARDDIB), Association Roya citoyenne, Cercle de silence Hazebrouck, Collectif d’aide aux personnes exilées à Dol de Bretagne (CAMADol), CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement), Emmaüs France, FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes), Itinérance Sud Manche, La Baule humaniste (LBH), La Croisée des chemins, Monde solidaire la flèche, Planning familial, Réseau féministe « Ruptures », Réseau d’action contre l’antisémitisme et tous les racismes (Raar), Syndicat de la magistrature (SM), Toutes et Tous Migrants, Union nationale des étudiants de France (Unef).

Troyes : une fin de semaine militante chargée 



Jeudi 5 mars à la Maison de l’animation culturelle de Pont-Sainte-Marie, l’UNAFAM10, la MACIF et la LDH de l’Aube proposaient une soirée sur le thème « Pour notre santé mentale, réparons le lien social », avec la projection du film québécois « Ces voix oubliées » de Blaise Barrette, un documentaire suivant le parcours de 15 personnes souffrant de problèmes de santé mentale invitées à participer à un programme de rétablissement par le chant. En tant que chanteurs, ils réussiront à enregistrer un CD et à performer sur scène devant 500 personnes. Pendant un an, Le cinéaste Blaise Barrette a suivi leur aventure exceptionnelle qui leur a permis de reprendre confiance en eux-mêmes.

Le film fut suivi d’un débat et d’une présentation par la MACIF de son action en faveur des jeunes aidants.

La soirée se terminait dans la convivialité autour d’un buffet.




Vendredi 6 mars, le Collectif aubois de lutte contre les extrêmes-droites offrait à Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, un comité d’accueil pour sa venue à la Maison de quartier des Chartreux à Troyes, en soutien à la candidature de Pierre Brochet à la mairie de Troyes.

Laurent Jacobelli a notamment fait parler de lui en tenant le 22 janvier dernier à l’Assemblée nationale des propos insultants, graves et infamants, entraînant une saisine du bureau soutenue par l’ensemble des députés de gauche.





Samedi 7 mars, Sainte-Savine célébrait les femmes durant la journée complète avec le slogan « Vive les femmes ! » avec les associations Endofrance, Solidarité Femmes Aube, le CIDFF, Aux Adelphes et la LDH de l’Aube.

La LDH de l’Aube proposait un stand présentant de la documentation relative à la défense des droits des femmes.





Dimanche 8 mars, le cinéma UTOPIA de Pont-Sainte-Marie présentait à 10 h une séance spéciale avec la projection en avant-première du film La Maison des Femmes de Mélissa GODET, en présence de l’équipe du film, précédée d’un petit-déjeuner offert par le CCAS de Pont-Sainte-Marie.




L’après-midi, la Marche pour les Droits des Femmes, organisée à Troyes par les organisations syndicales et associations réunissait 400 personnes.

Liberté de disposer de son corps, lutte contre les violences et pour l’émancipation économique : une centaine d’organisations avaient appelé à manifester dimanche partout en France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée de l’extrême droite.




A venir:

Les 11 et 12 mars à La Chapelle Saint-Luc




Du 14 au 20 mars le Colllectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs appelle à la mobilisation contre le racisme, la xénophobie  les discriminations, les extrêmes-droites.

Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Samedi 7 mars à Sainte-Savine: « Vive les femmes ! »



À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Ville de Sainte-Savine propose une journée festive, culturelle et engagée intitulée le samedi 7 mars. Tout au long de la journée, petits et grands sont invités à participer à des animations gratuites, spectacles, ateliers et temps d’échange mettant à l’honneur les femmes, leurs droits, leurs luttes et leurs créations.

La journée débute à 9h30 à la médiathèque avec « Racontines – Girl Power », un temps de lectures et de comptines destiné aux enfants de 6 mois à 3 ans. Gratuit sur inscription.

À partir de 16h, le public est invité à se rendre à l’Art Déco pour profiter d’un large panel d’animations et de jeux accessibles à toutes et tous.

De 16h à 19h, le lieu accueille l’exposition « Une femme, un pays, une époque », en accès libre.

De 16h à 16h45, une initiation à la danse jazz est proposée par Lola Mainardi, danseuse et chorégraphe. Ce cours ouvert à tous(tes) est gratuit et accessible aux débutant(es)

De 17h à 18h, place à un concert participatif animé par la chorale féministe de l’association Aux Adelphes.

À 18h15, le public pourra découvrir le spectacle « Pulsion », une pièce chorégraphique fémi-niste, suivie d’un temps d’échange avec l’artiste

La journée se conclut à 20h30 avec le spectacle « L’harmonie des genres » de Noémie de Lattre, à l’Art Déco.

De 16 h à 19 h la LDH de l’Aube tiendra un stand où seront proposés des documents relatifs à la défense des droits des femmes et aux prises de position de la LDH.



Dimanche 8 mars à Pont-Sainte-Marie : La Maison des Femmes


Avant-première dimanche 8 mars à 10h, séance spéciale pour la journée internationale des luttes des droits des femmes avec l’équipe de la Maison des femmes.

Séance précédée d’un petit-déjeuner offert par le CCAS de Pont-Sainte-Marie. Places en prévente ! Film à partir du 18 mars

LA MAISON DES FEMMES

Réalisé par Mélissa GODET – France 2025 1h50mn – avec Karine Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Juliette Armanet, Pierre Delalonchamps, Jean-Charles Clichet, Aure Atika, Laurent Stocker, Délia Miloudi… Scénario de Mélissa Godet et Catherine Paillé.

Du 08/03/26 au 07/04/26

LA MAISON DES FEMMES


À l’heure de la sortie de ce film, presque 33 maisons des femmes auront vu le jour, dans le sillage de cette extraordinaire structure pluridisciplinaire créée en 2016 à Saint-Denis dans l’enceinte de l’hôpital Delafontaine. 33 lieux de soins, d’écoute et autant d’espaces de parole et de reconstruction. 33 lieux refuges pour des femmes en souffrance dans leur corps, dans leur âme, parfois en grande précarité mais pas toujours. 33 havres où venir trouver un peu d’apaisement, d’empathie, de sororité. 33 c’est beaucoup en si peu de temps et c’est si peu pourtant, au regard des violences faites aux femmes et aux enfants et au regard des chiffres : 164 féminicides en 2025, plus qu’en 2024, plus qu’en 2023… « Grande cause nationale » !… on pourrait presque en rire si le sujet n’était pas aussi dramatique.






Dimanche 8 mars à Troyes



Le 8 mars 2026, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, un large collectif d’organisations syndicales, féministes et d’associations appelle à une grève féministe du travail, des tâches domestiques et de la consommation. Face à la montée de l’extrême droite, aux politiques d’austérité et aux attaques contre les droits sociaux, cette mobilisation est nécessaire.

Le 8 mars est une étape de lutte décisive pour construire une société réellement démocratique, d’égalité et de justice sociale. C’est aussi un temps fort de solidarité internationale où le mouvement social féministe doit imposer un véritable rapport de force pour faire entendre ses exigences.

Une manifestation est organisée par un collectif de syndicats, d’associations et de parti (FSU, CGT, CFDT, Solidaires ; la LDH, le MRAP, OST, Aux Adelphes, Agui ; PCF).







Mercredi 11 mars et jeudi 12 mars à La chapelle Saint-Luc



L’association Agui est au cœur de la cité de La Chapelle Saint Luc et vit le quotidien des personnes engagées dans un parcours administratif de titre de séjour et ou de droit d’asile. Nous profitons de la journée Internationale des droits de la femme pour faire un focus sur la situation des personnes concernées par ce parcours.


Léa N’Guessan est avocate au barreau de Paris ( elle a prit un moment de disponibilité de fait on ne l’appelle pas maître) elle est enseignante et conférencière. Très engagée auprès de la diaspora elle est auteure et présidente de l’association Un livre Une Chance.

Le mercredi 12 mars elle interviendra sur le thème du droit d’asile et de l’autonomie financière de la femme.

Elections municipales (suite) : oui à la Protection de la Jeunesse mais… pas chez nous





Le précédent des Noës-près-Troyes, commune de l’agglomération troyenne, dénotait déjà en 2019 de l’ignorance totale par le public des missions des associations de Protection de l’Enfance, qui n’ont qu’un seul but purement humanitaire, en venant en aide à ces gosses en grande souffrance, souvent eux-mêmes issus et victimes de familles en grandes difficultés.

Le lundi 13 mai 2019, près de 150 habitants avec à leur tête le maire, avaient clamé leur refus catégorique de voir s’installer une telle association sur leur territoire.


Lors de cette réunion houleuse à laquelle étaient présents des habitants de la commune et les représentants de l’association Action Jeunesse de l’Aube (AJA), Jean-Pierre ABEL, alors maire de la commune depuis 2001, avait refusé de dévoiler les noms des pétitionnaires (il est question de 50 signataires). Il était le propriétaire de la maison voisine de celle devant accueillir des adolescents de la Protection de l’enfance. Cette maison était occupée par son fils et sa belle/fille qui étaient précisément à l’origine de ladite pétition.  Il avait alors fait l’objet d’accusations relatives à la mise en avant de ses intérêts privés plutôt que de l’intérêt général.


Il a quitté ses fonctions de maire fin février 2024.

A cette réunion du 13 mai 2019, des personnes venues en renfort, n’étant pas habitantes de la commune, n’en hurlaient pas moins: “On est chez nous !”

Le RN flattait déjà les plus bas instincts des Français(e)s et en particulier leur égoïsme et le repli sur soi.




Bis repetita ne déplaît pas toujours…



La commune de Sainte-Maure fait également partie de l’intercommunalité Troyes Champagne Métropole (TCM) [1]. Les mairies respectives de Sainte-Maure et de Troyes sont distantes de 7,4 km.


Le 22 janvier, la Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse (DTPJJ) [2] présentait son projet d’installation d’une Unité Judiciaire à Priorité Educative (UJPE) au conseil municipal de Sainte-Maure. Elle projetait d’acquérir une propriété de 600 m2, suffisamment spacieuse pour accueillir la structure située actuellement au centre de la ville de Troyes et trop exiguë pour répondre à sa fonction qui consiste à prendre en charge 12 jeunes adolescents en difficulté sociale et plus en danger pour eux-mêmes que dangereux pour les autres.

Aussitôt, les réactions d’opposition à ce projet se faisaient connaître et un collectif était formé dès la semaine suivante, qui lançait une pétition se targuant d’avoir recueilli en quelques jours 1000 signatures pour cette commune rurale mais néanmoins petite-bourgeoise de 1800 habitants (en 2023).



Dans une lettre datée du 2 février 2026 et publiée sur un réseau social le député RN Jordan Guitton interpellait le ministre de la Justice en lui demandant l’annulation de ce projet.

Télescopage de calendrier ou pas, le 5 février, le ministre de la Justice indiquait à la presse locale l’annulation du projet.

Ce n’est pourtant que le 7 février qu’au cours d’une réunion organisée par le collectif d’opposition à l’UJPE et réunissant 150 personnes, dont un certain nombre d’entre elles (une fois de plus) étaient étrangères à la commune, la PJJ annonçait renoncer à l’implantation de l’UJPE à Sainte-Maure alors que le maire assurait qu’un avis défavorable allait être présenté au vote du conseil municipal le 11 février.

Ce vote fut sans appel : 16 présents ; 14 pour l’abandon définitif ; 1 blanc ; 1 pour le projet.

Les Mauraciens (habitants de Sainte-Maure) ont bien précisé qu’ils n’étaient pas opposés à la création de cette UJPR, mais… pas chez eux.


Le projet d’implantation d’une UJPE au sein de la commune de Sainte-Maure n’a pas manqué d’être combattu en première ligne par le RN qui, jouant sur les 2 tableaux (répression de la délinquance des jeunes « mais pas chez nous ») a encore une fois fait son beurre de la peur de l’insécurité, de la recherche d’asphyxie du tissu associatif, du développement des mesures culturellement identitaires et excluantes, des discriminations envers certaines populations, du racisme ambiant, attisant encore une fois la haine de l’autre, le repli sur soi…



On passera sur l’article de Valeurs Actuelles et d’autres qui n’apportent rien de nouveau.

Interviewé par Sud Radio, Adrien Mora, porte-parole du collectif répondait à la question « La commune a-t-elle été informée de ce projet ? 

« Pas du tout, nous avons découvert ce projet via une fuite au conseil des élus. Nous n’avons pas du tout été mis dans la boucle. C’est la PJJ [2], la police de la jeunesse [sic], qui est sur le projet depuis un an. Ils ont vu que cette maison était assez grande, à la campagne, et disponible via une saisie de l’État. Ils y sont allés sans regarder autour. »


S’il est utile de préciser à quel point le RN entretient l’entre-soi et l’égoïsme, il suffira de rappeler que Jordan Bardella s’est opposé au prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine par l’Union européenne.



[1] Composée de 81 communes, la Communauté d’Agglomération Troyes Champagne Métropole compte 168 350 habitants sur une superficie de 889 km².  

[2] La direction de la Protection judiciaire de la jeunesse, dénommée direction de l’Éducation surveillée de sa création le 1ᵉʳ septembre 1945 au 21 février 1990, est l’une des directions du ministère de la Justice français.


RD

Immigration et délinquance

Press’Troyes N° 357, p.30



Philippe Arbona, conseiller municipal RN à Troyes, poursuit inlassablement son travail besogneux de désinformation dans la rubrique Expression Libre de l’organe municipal d’information Press’Troyes, dont le directeur de la publication est François Baroin.

Dans le numéro 357 de février 2026, il s’acharne une fois de plus sur « les migrants » et autres indésirés (ceux-là même dont on ignore le nombre) responsables d’un « coût financier », « asphyxie de l’économie locale » et carrément « menace pour les libertés individuelles », comme le relève notre amie observatrice et lanceuse d’alerte Agnès. Et de citer la statistique tronquée commandée au CSA par CNews selon laquelle 72% des Français estimeraient qu’il existe un lien direct entre insécurité et immigration.

Sa haine viscérale de l’étranger ne laisse pas de nous interroger lorsqu’on regarde l’origine du patronyme « Arbona » qui est indéniablement catalane et que l’on apprend que les personnes le portant résident majoritairement en Espagne et en Algérie. On notera également qu’Arbuna est un nom germanique documenté.


Il faut bien à Philippe Arbona l’espace d’un mois pour commettre régulièrement ces quelques lignes de vomissures, reprenant, en les remettant au goût du jour, tous les poncifs exhumés des archives de la Waffen-SS et rappelés à l’histoire par des Bousquet, Gaultier, Duprat et consorts qui donnèrent naissance au FN, devenu RN.

L’absence crasse de réflexion et de documentation de certains élus devient une désespérante tradition en ces temps troublés. Aussi, nous efforcerons-nous à un peu de pédagogie pour leur ressasser quelques vérités. Pour ce faire, il suffira de reprendre ici in extenso le billet de Jérôme Valette publié le 8 décembre dernier par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

La lettre du CEPII n° 436, « Immigration et délinquance : réalités et perceptions » [avril 2023- NDLR], a été largement relayée. Cependant, elle a parfois été diffusée de manière tronquée et avec des interprétations s’éloignant de son message initial. Ce billet a pour objectif d’apporter des clarifications sur la nature même de la relation entre immigration et délinquance.

Dans l’opinion publique, l’idée qu’il existe un lien entre immigration et délinquance est aujourd’hui profondément ancrée. De fait, les immigrés et les étrangers sont effectivement surreprésentés dans les statistiques de délinquance de nombreux pays d’accueil. En France, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, les étrangers représentent 17 % des personnes mises en cause alors qu’ils ne constituent que 8 % de la population.

Cette surreprésentation est particulièrement marquée pour les atteintes aux biens : 39 % pour les vols dans les véhicules, 37 % pour les cambriolages ou encore 30 % pour les vols violents sans arme ; et, dans une plus faible mesure, pour les atteintes à la personne : 15 % pour les violences physiques hors cadre familial, 13 % pour les violences sexuelles, par exemple.

On observe également que les localités affichant les niveaux de délinquance les plus élevés sont aussi celles où la population immigrée est la plus importante. Il existe donc une corrélation positive entre immigration et délinquance.

Pour autant, ces observations permettent-elles de conclure qu’un afflux d’immigrés conduit systématiquement à un accroissement des taux de délinquance ?

Pour répondre à cette question, il est essentiel de tenir compte des caractéristiques socio-économiques des localités où vivent les immigrés. Par exemple, un taux de délinquance élevé dans une zone donnée pourrait davantage refléter une concentration de difficultés sociales et économiques (taux de pauvreté et de chômage élevé, manque d’infrastructures publiques) que la seule présence immigrée.

Aussi, pour isoler l’effet propre de l’immigration sur la délinquance, il est impératif de comparer les évolutions des taux de délinquance et des taux d’immigration de localités comparables sur le plan socio-économique. Sinon, il n’est pas possible de séparer l’effet de l’immigration de celui des spécificités locales.

Si, à notre connaissance, aucune étude utilisant cette approche n’a été menée spécifiquement sur données françaises, plusieurs travaux l’ont appliquée à des pays voisins comme l’Italie ou le Royaume-Uni, entre autres. Une étude plus récente a élargi le champ de l’analyse à 55 pays de l’OCDE, dont la France, sur la période 1990-2019.

Quels enseignements peut-on tirer de ces travaux sur d’autres pays pour le cas français ?

Tout d’abord, qu’aucune de ces études ne trouve d’effet significatif de l’immigration sur les taux moyens de délinquance, mais que cet effet peut différer selon le type d’infractions, la composition des flux migratoires et les politiques d’intégration en vigueur dans les pays d’accueil.

Ainsi, les vagues migratoires composées d’individus qui rencontrent des difficultés d’accès au marché du travail peuvent se traduire par des hausses des atteintes aux biens. C’est ce qui a été constaté au Royaume-Uni à la fin des années 1990 : l’arrivée de réfugiés privés d’autorisation de travail a eu pour conséquence une augmentation des vols. À l’inverse, après l’élargissement de l’Union européenne de 2004, l’afflux d’immigrés en provenance de pays de l’Est avec un visa de travail a au contraire réduit les taux d’atteintes aux biens dans les régions où ces immigrés se sont installés, leur taux d’emploi étant alors supérieur à celui des natifs.

L’accès des immigrés au marché du travail étant un facteur essentiel, il n’est pas surprenant que plusieurs travaux académiques fassent état d’une réduction marquée de la délinquance d’origine immigrée lorsque l’accès à un emploi stable et légal s’améliore. Cette dynamique a notamment été observée en Italie: la régularisation des étrangers sans titre de séjour a diminué de moitié leur probabilité de commettre une infraction l’année suivante.

L’exemple suisse illustre aussi l’importance de la composition des flux migratoires. Les demandeurs d’asile ayant grandi dans un pays marqué par un conflit présentent une probabilité plus élevée de commettre un crime violent à l’âge adulte que ceux n’ayant pas été exposés à la violence pendant l’enfance. Néanmoins, les auteurs de cette étude soulignent que cet effet peut être réduit grâce à des politiques et dispositifs d’accueil efficaces. En effet, les cantons offrant un accès rapide au marché du travail et proposant des programmes civiques transmettant les normes sociales, l’histoire et les codes civiques du pays d’accueil, parviennent à diminuer le risque d’infraction.

En définitive, même si l’on observe une corrélation positive entre immigration et délinquance, les études ne mettent pas en évidence d’effet causal de l’immigration sur le niveau moyen de délinquance. Cependant, la composition des vagues migratoires et les conditions d’accueil influencent la relation observée. Dans ce contexte, les politiques qui agissent directement sur ces deux facteurs jouent un rôle déterminant dans l’effet que l’immigration peut exercer sur la délinquance.



Le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) est le principal centre français de recherche et d’expertise en économie internationale. Les analyses et études du CEPII sur la macroéconomie et les finances, les politiques commerciale et migratoire contribuent au débat public et à la formulation des politiques économiques. Le CEPII produit des bases de données et renforce le dialogue entre chercheurs, décideurs de la sphère publique ou privée et acteurs de la société civile à travers l’organisation de nombreuses conférences.
Fondé en 1978 et placé auprès du Premier ministre, le CEPII fait partie du réseau coordonné par France Stratégie.

Jérôme Valette est, outre son engagement au CEPII, Directeur du département Dynamics à l’Institut Convergences Migrations (ICM). Il enseigne par ailleurs l’économie des migrations en Master 1 et 2 à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, à l’École des hautes études en sciences sociales et à l’Université du Caire.

Diplômé du CERDI et de l’Université Clermont Auvergne. Il est actuellement en détachement de son poste de Maître de Conférences à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.


Philippe Arbona

Libération a repéré ce suppléant de la 2e circonscription de l’Aube qui a des fixettes propres à l’extrême-droite. « En mai 2020, il partageait sur son compte Facebook un visuel d’hommage à Sébastien Deyzieu, militant de l’Œuvre française mort en marge d’une manifestation interdite en 1994. Arbona commente la publication avec le slogan des néofascistes français qui commémorent chaque année l’événement : «Sébastien présent.» Le mois suivant, Philippe Arbona poste la photo d’un ancien tract du mouvement néofasciste Ordre nouveau, dissous en 1973 pour sa violence. Il commente : «Aujourd’hui l’anarchie demain l’Ordre nouveau», soit le slogan historique du groupe, raconte Libération.



RD

CAF: l’algorithme qui cible les pauvres



La CAF est la première administration a avoir développé un algorithme de notation généralisé de la population. Véritable outil dystopique chargé d’analyser nos comportements en quasi-temps réel à la recherche de « comportements suspects », cet algorithme attribue un « score de suspicion » à chaque allocataire. Lorsque ce score se dégrade trop, un contrôle est alors déclenché.

A ceci s’ajoute le fait que cet algorithme vise délibérément les plus précaires. Être pauvre, bénéficier des minima sociaux, être au chômage ou vivre dans un quartier défavorisé : autant de paramètres dégradant la note d’un·e allocataire et augmentant d’autant la probabilité d’être contrôlé·e. Alertés dès 2022 sur cet algorithme par les collectifs Stop Contrôles et Changer de Cap, nous nous attachons depuis à le dénoncer tout en faisant la lumière sur son fonctionnement inique.




Une quinzaine d’associations ont annoncé, mercredi 16 octobre 2024, saisir le Conseil d’Etat pour lui demander de mettre fin au système mis en place par la CNAF pour orienter ses contrôles.

Ce recours demande que la Caisse nationale des allocations familiales abandonne son système interne de notation des allocataires, jugé « discriminatoire ».




Ce sont désormais 25 organisations et syndicats dont la CGT, Solidaires, le Mouvement des mères isolées, Amnesty International France, la Ligue des droits de l’homme, le collectif Changer de cap ou le Syndicat des avocats de France qui attaquent en justice la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), à l’initiative de la Quadrature du Net, pour demander à la branche familiale du système français de protection sociale de cesser le traitement algorithmique des données des allocataires des CAF en vue de cibler ses contrôles.




Depuis janvier, la caisse d’allocations familiales dispose d’un nouvel algorithme de contrôle des allocataires, le DMDE 2026. Son code est open source et la Cnaf revendique transparence et éthique dans sa conception.



La CAF se justifie en insistant sur l’éthique de sa démarche et publie une charte garantissant l’égalité, la non-discrimination et la transparence en proposant « Des solutions garantes de l’égalité et de la non-discrimination ».

« Le comité d’éthique des usages des données, des algorithmes et de l’intelligence artificielle a été installé en mars 2025. “Il appuie la Cnaf pour identifier les risques éthiques, formuler des points de vigilance et proposer des moyens de les atténuer”, précise-t-elle.

Outre l’ouverture du code source, la Cnaf indique avoir appliqué des “choix concrets” pour réduire les risques, en particulier de biais. Cela commence par l’utilisation de données “fiables” et d’un échantillon de contrôles aléatoires.

L’administration précise aussi avoir écarté certaines variables pour limiter les risques de discrimination directe. C’est le cas, par exemple, de la nationalité, du genre, de l’adresse, et du lieu de résidence. En outre, “la démarche exclut également des données de « comportement » (connexions à l’espace « Mon compte », contacts, échanges de pièces…) ainsi que les informations relatives à des contrôles ou contentieux. »




Bien lui en prit car cela a entraîné le ralliement de 10 nouvelles organisations au recours porté à l’origine par les 15 premières devant le Conseil d’Etat.

« Le recours a été porté devant le Conseil d’Etat au nom du droit de la protection des données personnelles et du principe de non-discrimination. Cet algorithme attribue à chaque allocataire un score de suspicion dont la valeur est utilisée pour sélectionner celles et ceux faisant l’objet d’un contrôle. Chaque mois, l’algorithme analyse les données personnelles de plus de 32 millions de personnes et calcule plus de 13 millions de scores. Parmi les facteurs venant augmenter un score de suspicion on trouve notamment le fait d’avoir de faibles revenus, d’être au chômage, de bénéficier du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation adulte handicapé (AAH). »

« Alimenté par les données personnelles de millions de personnes, il cible délibérément les personnes les plus défavorisées. La grave discrimination inhérente à l’algorithme a été confirmée par la Défenseure des droits dans des observations transmises à la justice en octobre dernier. »

« Notre nouvelle coalition élargie rassemble diverses organisations européennes et françaises issues de domaines variés. Cela montre que le Conseil d’État devrait renvoyer l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne afin que celle-ci puisse rendre une décision applicable à l’ensemble de l’Europe », déclare Bastien Le Querrec, juriste à La Quadrature du Net.



RD

« Quel est le lieu de naissance de vos parents ? » : ne répondez pas à cette question.



Dès jeudi, 9 millions de Français seront invités à répondre à la campagne annuelle du recensement. Trois nouvelles questions leur seront posées, dont une sur l’origine géographique des parents. Craignant une utilisation politique, des associations et des syndicats appellent à ne pas y répondre.



Le journal de 13 h de France Inter de ce jour était largement consacré au recensement de la population qui va démarrer jeudi prochain dans 8000 communes pour 9 millions de personnes résidant en France. Le formulaire auquel devront répondre les sondé(e)s est obligatoirement nominatif, mais « les données seront supprimées après traitement » comme l’expliquait Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE.

Ce sont les agents des communes et de La Poste, agissant en tant que prestataire, qui seront chargés de distribuer les formulaires et de collecter les réponses, qui devraient majoritairement être faites par internet.

Comme l’explique Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie à l’INSEE, un peu mal à l’aise lorsque la question lui est posée, certains usagers ont souhaité que soit demandé dans ce questionnaire le pays de naissance des parents. Il s’agit de l’Ined, mais aussi de la Défenseure des droits, Claire Hédon, qui estimeraient que cette question est nécessaire afin « de mettre en évidence des types de ségrégation ou d’inégalités de situation » liées à l’origine des parents. L’objectif de cet ajout serait donc de « lutter contre les discriminations ».



Pour Jan Robert Suesser, membre du bureau national de la LDH, « La question de l’origine géographique des parents est inutile dans le recensement, car elle n’est pas justifiée par le déploiement d’une politique publique. »

Dès octobre 2023, des agents de l’Insee tenaient à faire connaître leur opposition à cette question qui constitue pour eux un premier pas vers l’officialisation de la catégorie « français de parents nés à l’étranger ».


La LDH (Ligue des droits de l’Homme), la Confédération générale du travail (CGT), l’Union syndicale Solidaires, la Fédération syndicale unitaire (FSU), le Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples (Mrap) rappellent que la réponse à cette question, ajoutée en 2025, est facultative et appellent donc à ne pas y répondre.



Que 80% des électrices et électeurs de l’extrême-droite aient approuvé la question, dans un sondage d’opinion fait pendant le recensement de 2025, ne nous surprend guère. Nous sommes par contre très étonnés et plutôt inquiets que la Défenseure des droits semble avoir cédé si facilement aux sirènes de l’extrême-droite.

Histoire des recensements, Jacques et Michel Dupâquier,
Revue française d’administration publique, 1985, p. 569
 

RD

Fichage et statistiques ethniques



L’article premier de la Constitution française du 04/10/1958 précise que la République française assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

A ce titre les statistiques ethniques sont interdites en France comme le précise l’art.8 de la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.



Il y a un an, Bruno Retaillau, alors ministre d’État, ministre de l’Intérieur, se déclarait favorable aux statistiques ethniques à condition qu’elles ne soient pas utilisées pour « la discrimination positive ».



Ces derniers jours, une plateforme dénommée MaFrance.app était dénoncée pour s’appuyer sur des indicateurs comme la présence de mosquées ou le pourcentage de population maghrébine par la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui annonçait en outre saisir la justice et solliciter le ministère de l’Intérieur. “Je vous demande de fermer ce site qui met des cibles dans le dos de nos concitoyens, particulièrement ceux de confession musulmane”, a-t-elle écrit à l’adresse de Laurent Nunez. Celui-ci a dit «prendre la chose au sérieux».



Il y a quelques jours, Sabrina Sebaihi avait dénoncé un dérapage de la régie des transports parisiens RATP dont des cadres font la chasse aux bouteilles d’eau de leurs agents et sous-traitants, afin qu’elles ne soient pas utilisées pour la prière et les ablutions par les musulmans.

Ce dérapage est une conséquence d’une note interne de la RATP demandant le repérage de signes religieux et de faire remonter les observations.



Cette note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incitait à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.



En novembre dernier, le président de l’association VRO45, dissoute en 2021, était jugé pour diffamation et incitation à la haine raciale. La structure avait entrepris de ficher de supposés soutiens des Frères musulmans à Orléans. Et avait ciblé un élu et un contractuel de la mairie, qui ont porté plainte

Bien que la mairie ait apporté son soutien aux deux plaignants et l’association s’étant auto-dissoute, puique n’ayant plus de raison d’exister après que les élections municipales aient eu lieu, le procureur n’a pas souhaité faire de réquisitions concernant la qualification d’incitation à la haine raciale.



Fin novembre, le Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dénoncait une « enquête » sur les français de confession musulmane, demandée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Les informations collectés auraient été transmises sous forme de rapport aux services de renseignement israéliens.

Le CFCM conclut ainsi: « La racialisation de la société française, les amalgames et les généralités n’ont aucune place au sein de la République. »

Nous ne pouvons que partager cette affirmation.



A propos de fichage





CNews à nouveau mise en demeure pour discrimination : l’ARCOM enlève-t-elle enfin ses œillères ?



CNews : l’Arcom met en demeure la chaîne pour deux séquences traitant de l’immigration ou de l’islam pouvant inciter à la « discrimination ».

Dans l’échelle des interventions du régulateur de l’audiovisuel, la mise en demeure suit la mise en garde et peut déboucher sur une sanction financière en cas de nouveau non-respect des obligations.




Car, c’est consternant, mais CNews est passée devant BFMTV et est devenue la première chaîne d’info de France en 2025.

La chaîne du groupe Bolloré est passée devant sa principale concurrente, d’après les audiences annuelles dévoilées par Médiamétrie.



Dans son rapport sur la pluralité en mars 2025, Reporters Sans Frontières (RSF) a clairement démontré que CNews a battu des records de partialité à l’occasion de la condamnation de Marine Le Pen.

L’ARCOM s’est contentée d’émettre « en juillet un simple appel à la vigilance de l’éditeur pour le traitement de cette actualité. Une mesure bien dérisoire au regard de l’ampleur des manquements. »



L’ARCOM a déclaré: « Il n’y a pas de contournements des règles du pluralisme politique sur le mois de mars 2025 sur CNews, et s’il y en avait eu, nous les aurions identifiés et nous serions intervenus. Nous n’avons pas de doute », à quelques heures de la diffusion d’une enquête de l’émission Complément d’enquête (France 2) justement consacrée à  CNews, obligeant l’équipe de l’émission à couper une minute de son émission sous peine de déprogrammation totale.

En novembre dernier, l’émission Arrêt sur Images proposait que « Si le prétendu « gendarme de l’audiovisuel » refuse de le reconnaître clairement, s’il souhaite garder une once de crédibilité dans son rôle d’arbitre, il lui faut d’urgence changer de lunettes. S’il en a la volonté, et encore l’autonomie. »



Médiapart dénonçait récemment « les grosses ficelles de CNews que l’Arcom n’a pas vues » en révélant « la parade trouvée par la chaîne de Bolloré pour échapper aux sanctions de l’autorité de contrôle, tout en reléguant la gauche et le centre en pleine nuit. Et en réservant les fortes audiences à l’extrême droite : 96  % du temps de parole du RN est diffusé en journée. »



Alors que la fréquence de C8, comme celle de CNews, arrivant à échéance en février 2025 n’a, à juste titre, pas été renouvelée, « Juridiquement, toutes les conditions étaient réunies pour rejeter le projet de CNews. La chaîne a fait l’objet d’un nombre équivalent, en 2024, de rappels à l’ordre, mises en demeure et sanctions », observe Camille Broyelle, professeure de droit à l’Université Paris-Panthéon-Assas et directrice du Master droit du numérique, dans un article paru dans le Club des juristes.« 



Alors, si l’on retient pour critère « l’intérêt du public », à quand la fermeture ?


RD


Le 9ème art en crise



Le naufrage du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) interroge. Qui a sabordé le navire ? Pourquoi la société organisatrice 9eArt + et l’association qui lui a donné délégation en 2007 sont-elles autant critiquées ? Comment ont-elles provoqué le boycott des artistes, la défection des éditeurs et la défiance des financeurs ? Comment expliquer un tel gâchis ?



Alors que le festival est en danger de mort, Charente Libre n’a cessé depuis 18 ans de multiplier les mises en garde. En particulier sur l’opacité de son fonctionnement et la confiance aveugle accordée à Franck Bondoux par l’association.



Festival d’Angoulême : Rachida Dati a une carotte pour que l’édition 2026 soit maintenue malgré les polémiques.

La ministre de la Culture a indiqué dans « Ouest-France » que des subventions qu’elle avait sucrées au festival pourraient être « rétablies » si « les conditions sont réunies ».



« Dans la bataille autour du Festival de la BD d’Angoulême, ce sont des autrices, souvent jeunes, qui portent la colère »

Pourquoi les auteurs se sacrifient-ils en appelant au boycott de la manifestation en janvier ? En toile de fond figurent la paupérisation du métier (dont les autrices sont les premières victimes), une surproduction d’albums et un affrontement entre art et commerce, observe dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Violée et licenciée : la double peine pour une salariée du festival d’Angoulême.

Chloé, une ancienne responsable de la communication, a saisi les prud’hommes pour contester son licenciement pour faute grave. Son tort : avoir signalé un viol dont elle aurait été victime lors de la précédente édition du Festival d’Angoulême.



Quand la BD dérange : PETITE CHRONIQUE D’UNE EXPULSION



Ce week-end (21-23 novembre 2025), j’aurais dû assister au festival de bande dessinée BD COLOMIERS (https://www.bdcolomiers.com/), auquel j’ai été invitée suite à la publication en traduction française de mon livre  « Sindrome Italia » par les éditions PresqueLune (https://www.presquelune.com/syndrome-italie).

La maison d’édition avait organisé mon voyage, mon hébergement ainsi que deux jours de dédicaces pour la sortie du livre. Inutile de dire que j’étais impatiente : c’est un très beau festival, où j’aurais pu rencontrer de nombreux collègues, une occasion importante pour mon travail.

Vendredi soir. Le vol Francfort-Toulouse atterrit à 18 heures et, dès que je descends de l’avion, je trouve trois agents de la Police nationale (la police française) qui m’attendent. Ils m’arrêtent et me mettent au courant du fait que je ne peux pas mettre les pieds en France, qu’ils ne savent pas exactement pourquoi, mais qu’il existe un signalement du ministère de l’Intérieur concernant le danger que je représenterais. Je reste interdite, mais après un premier moment de surprise mêlée de panique, j’explique tout d’abord que je n’ai jamais eu de problèmes avec la justice française et je montre la lettre d’invitation du festival, en précisant que je suis là pour mon travail. Ils ne m’écoutent pas, ils sont inflexibles.

On me dit que je dois immédiatement remonter dans l’avion et retourner à Milan : ils ont reçu l’ordre de me rapatrier et si je refuse, « ce sera pire pour moi », ils seront obligés de m’arrêter et, probablement, de me transférer dans un CRA (Centre de rétention administrative pour migrants). Tout cela dure 15 minutes, je me sens acculée et je décide de remonter dans l’avion.

Dans l’avion, on me remet une sorte de procès-verbal de rapatriement dans lequel il est précisé que je n’ai pas pu entrer en France car je constituerais « une menace grave pour l’ordre public français » et qu’en conséquence, je fais l’objet d’une « mesure d’interdiction d’entrée ». En cherchant une explication à cela, je me souviens du mois de juin 2023, lorsque j’ai participé aux journées d’assemblées, de concerts et de manifestations publiques organisées à Paris à l’occasion du dixième anniversaire du meurtre de Clément Méric, un jeune antifasciste tué en 2013 à Paris à l’âge de 18 ans par trois extrémistes de droite. Bien que ces initiatives se soient déroulées sans aucune tension, en présence de milliers de personnes venues à Paris de toute l’Europe, j’ai appris que certains de mes compagnons de voyage italiens avaient eu des problèmes aux frontières dans les mois qui ont suivi, avec quelques questions supplémentaires de la part de la police sur les raisons de leurs déplacements, mais personne n’a jamais été bloqué ou refoulé. 

Il y a donc encore quelque chose qui m’échappe et je vais certainement devoir me faire aider par des personnes plus compétentes en matière de jurisprudence française pour clarifier les aspects juridiques de cette affaire.

Cela dit, je tiens à partager quelques brèves réflexions.

Mon travail de dessinatrice de bandes dessinées m’amène souvent à voyager : découvrir le monde, parler aux gens, m’informer pour écrire et dessiner ce qui se passe autour de moi, tout cela fait partie de ma vie. Tout comme être active politiquement, participer à des initiatives, des manifestations et des assemblées : tout cela se mélange et se reflète également dans ce que je dessine. Face à tout cela, je ne suis donc pas surprise de pouvoir faire l’objet d’une « attention » particulière de la part des forces de police, étant donné que désormais, l’activisme politique, même modéré et au grand jour, constitue un motif de profilage de la part de l’État. C’est pourquoi j’ai toujours pris en compte les responsabilités et les conséquences que cela implique, tout comme je suis consciente que ce que j’écris peut ne pas plaire à tout le monde.

Mais être rapatriée de force avec ce genre de justification a vraiment dépassé mon imagination et m’oblige à écrire ces lignes pour donner une explication au festival, à la maison d’édition et aux personnes qui seraient venues me rendre visite au stand, à la fois pour les remercier de leur compréhension et pour m’excuser de la situation dans laquelle je les ai mises.

Mais surtout, je tiens à souligner la gravité de ce qui s’est passé : si, d’une part, je pense que la dérive autoritaire et répressive des États européens à l’encontre des militants et des activistes politiques est désormais évidente pour tous, d’autre part, je constate une dérive arbitraire croissante de la part des forces de police, qui peuvent décider sans explication de vous renvoyer chez vous simplement parce que vous êtes « indésirable », créant ainsi un système de contrôle et de surveillance basé non pas sur des faits, mais sur les opinions et les fréquentations des personnes.

J’ai pensé que cela ne pouvait pas rester une simple « mauvaise expérience » personnelle, mais qu’il était judicieux de la partager, afin de contribuer, dans la mesure du possible, à démanteler des mécanismes destinés à empirer s’ils ne sont pas combattus de toute urgence.

Elena Mistrello


Troyes: marche aux flambeaux contre les violences sexistes et sexuelles

MB



Les flambeaux étaient bienvenus pour réchauffer un peu la marche organisée en ce glacial samedi soir du 22 novembre à l’initiative du Collectif de lutte pour les droits des femmes 10, composé d’organisations locales telles l’association Aux Adelphes, l’Organisation de Solidarité Trans (O.S.T.) de Troyes, les Jeunes Insoumis de Troyes, l’UD CGT de l’Aube, le MRAP de l’Aube et la LDH de l’Aube. Et de la chaleur, il y en avait…





Au 21/11/2025, le Collectif « Nous Toutes » dénombrait 149 féminicides depuis le début de l’année dont 87 par compagnons ou ex, selon le Collectif « Féminicides par compagnons ou ex » (88 le 23/11).

Droit de réponse

Conformément aux dispositions de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881, dite loi sur la liberté de la presse et à notre engagement formel, nous publions ci-dessous la réponse de M. Pierre Philippe, président de l’association « Troyes est à nous », à notre article intitulé « Troyes: l’extrême-droite tisse sa toile… chez nous aussi », publié le 25/08/2025 à 17:12 dans ces colonnes.

Nous tenons tout d’abord à remercier La ligue des Droits de l’Homme de nous permettre de nous exprimer suite a la parution il y a quelques semaines, sur notre association « Troyes est à Nous » et son président Pierre PHILIPPE, d’un article tout à fait contestable sur la forme comme sur les faits.

En premier lieu il aurait été professionnel et respectueux, lorsque l’on met quelqu’un en cause, de le contacter, de le rencontrer et d’échanger avec lui pour contrôler la véracité des propos tenus sur ce dernier. Il n’en a rien été malheureusement.

Notre association Troyes est à Nous a été créée en Avril 2025 avec des riverains et amis, dans le but de faire un constat le plus objectif possible des choses positives et négatives de notre jolie ville de Troyes. Le leitmotiv principal de notre engagement est d’essayer de faire baisser la souffrance des troyens dans leur ensemble. Depuis 6 mois maintenant nous avons rencontré environ 600 personnes, tant des particuliers que des commerçants.  Nous ne jugeons personne car nous ne sommes personne. Bénévoles engagés et passionnés par l’avenir de notre ville, nous sommes non seulement A-Politique mais encore plus A-Parti Politique. Merci donc de ne pas mal interpréter le nom de l’Association qui veut simplement dire « la Ville vous appartient, participez-y ». Je vous encourage a regarder la trentaine de vidéos parues depuis avril qui vous montrera le travail sérieux et respectueux que nous engageons.

Un rendez-vous très agréable s’est déroulé avec Monsieur D. et nous l’en remercions. Dans le même esprit, et suivant ses recommandations nous allons supprimer immédiatement la vidéo qui a pu heurter certains d’entre vous.

Nous sommes à votre disposition pour échanger avec chacun d’entre vous autour d’un café a votre convenance. Nos coordonnées sont disponibles auprès de M. D. [la LDH, NDLR]

TROYES est à Nous et son président Pierre PHILIPPE.


Nous tenons à rappeler que ce qui était rapporté dans l’article en question est totalement factuel, les propos tenus par M. Philippe dans la vidéo publiée sur le site https://troyesestanous.fr/ le 16/05/2025 à 16:53, ayant été retranscrits tels que formulés et que les inquiétudes qui sont exprimées dans notre réaction à ceux-ci sont celles de nos lecteurs qui les ont portés à notre connaissance et nullement une interprétation de notre part. M. Philippe a lui-même reconnu, à l’issue de l’entretien que nous avons eu avec lui, que celles-ci pouvaient être légitimes.

En ce qui concerne le nom de l’association « Troyes est à nous », si celui-ci peut être rapproché d’un slogan des extrêmes-droites, nous admettons que l’intention des membres de l’association puisse être tout autre et ne viser que l’intérêt de la population troyenne, ce dont nous leur donnons acte.

La Section LDH (Ligue des Droits de l’Homme) de l’Aube, qui exerce une action de veille particulièrement vigilante, n’a aucun intérêt à s’en prendre aux associations troyennes ou auboises, dans la mesure où celles-ci respectent les règles du droit et des libertés fondamentales de toutes et tous, sans discrimination aucune.

Nous remercions M. Philippe et les membres de l’association « Troyes et à nous » d’avoir décidé de supprimer la vidéo incriminée, comme nous avons, le jour-même de leur demande, supprimé de notre site https://site.ldh-france.org/troyes-et-aube/  et de tous les réseaux sociaux auxquels nous sommes abonnés, la publication en question.

Nous souhaitons à l’association « Troyes est à nous » de réussir pleinement dans sa vocation d’améliorer la vie des Troyennes et des Troyens.

RD

Plus de 1600 signatures, ensemble faisons signer nos organisations.



Passons à l’étape suivante; de nombreuses personnes voudraient pouvoir faire signer l’appel à leur organisation. Ensemble faisons signer nos organisations locales régionales et nationales dans nos collectifs, associations, mouvements, ONGs, partis et syndicats. Voici le lien à leur transmettre:
https://framaforms.org/appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre-organisations-1755017070  

Bien entendu continuons également à faire signer l’appel aux individus dont voici le lien : https://framaforms.org/appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre-1754304474

Vous pouvez enfin  partager la publication du magazine Regards :
https://regards.fr/tribune-appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre/


Pour la prochaine newsletter nous sollicitons vos propositions, pour parler du fond, partager vos expérience locales insister sur votre cause ou votre secteur, partager vos affiches et flyers.
Pour toute question, n’hésitez pas à contacter Ben au 0649985753 

Droits de l’enfant

Ce travail de longue haleine avait donné lieu le lundi 5 mai dernier à la présentation des réalisations des élèves en deux temps: 14h 30 pour les élèves et 18h30 pour les partenaires officiels au Centre Social Victor-Hugo de La Chapelle Saint-Luc. La LDH de l’Aube et l’association IMAJ étaient intervenues durant l’année scolaire. A l’occasion de cette restitution, les 2 intervenant(e)s de la LDH avaient déclaré:

La Ligue des droits de l’homme est reconnue en tant qu’association de défense et de sensibilisation des droits humains dans toutes les sphères de la vie publique.

Elle est agréée par le ministère de l’Éducation Nationale pour intervenir dans les écoles, les collèges et les lycées. A ce titre, la section de l’Aube intervient depuis de nombreuses années sur les droits fondamentaux, l’égalité femmes/hommes et la prévention des discriminations en allant à la rencontre des élèves pendant le temps scolaire, en appui des activités d’enseignement (dans le cadre des programmes officiels d’Éducation Morale et Civique), et en cohérence avec les projets pédagogiques des professeurs et des établissements.

C’est pourquoi nous avons, sans hésiter, répondu présents pour nous associer au projet sur les droits des enfants et travailler avec les élèves et les enseignants de l’école Jean Jaurès et du collège Albert Camus de La Chapelle-Saint-Luc.

Les droits des enfants participent des droits fondamentaux. Ils résultent d’une volonté impulsée par la communauté internationale relativement récemment, car c’est seulement le 20 novembre 1989 que la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, dans le but de reconnaître et de protéger les droits des enfants.

Ce texte affirme que chaque enfant a le droit :

d’être protégé, nourri, soigné, éduqué, de s’exprimer, d’avoir des loisirs,

d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation, contre toutes les formes de discrimination.

d’être entouré et aimé.

Ce texte met en avant des principes majeurs tels que la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit de vivre et de se développer, et le respect des opinions.

Bien que la plupart des  responsables politiques se sentaient à l’époque concernés par les droit des enfants puisque 193 pays ont ratifié la convention, nous savons tous que ces droits sont encore bafoués partout dans le monde et que de nombreux enfants sont victimes de violences, de maltraitances, sont atteints dans leur corps, sont exploités, sont obligés de travailler très jeunes, sont incorporés de force pour faire la guerre, n’ont pas accès à l’école, à l’eau potable, aux soins …

Et nous savons aussi tous que les filles sont encore plus discriminées que les garçons et que leur situation est dramatique dans de nombreux pays.

Le respect des droits des enfants constitue donc un enjeu majeur et un engagement de tous les jours, au nom de l’égalité des droits pour tous et partout, que ce soit en France ou dans toutes les régions du monde. Il s’agit d’une obligation morale.

Ce projet « Cité éducative » a été une très belle opportunité pour permettre aux élèves de découvrir les droits des enfants, de les connaître, d’échanger et de s’exprimer.

Nous avons travaillé ensemble en comparant ce que vivent les enfants dans différents pays avec ce qu’ils vivent ici, en prenant conscience de la réalité des atteintes portées aux droits des enfants. Nous l’avons fait en abordant les thèmes inhérents au quotidien des enfants : l’eau, la santé, l’alimentation, le logement, la protection, la famille, l’éducation, et enfin l’égalité, qui constitue le fil rouge de l’accès à tous les droits.

Au terme de ce projet, qui nous a mobilisés plusieurs mois, cette exposition témoigne de la qualité et de l’importance de l’investissement des élèves et de leurs professeurs.

L’objectif était de sensibiliser les élèves, mais aussi plus largement de les encourager à communiquer, à faire connaître les droits des enfants autour d’eux. Ces travaux prouvent qu’ils ont compris la nécessité de promouvoir et de sensibiliser tous les publics. Les cartes qui vont faire « circuler » les différents articles de la CIDE également.

Nous pouvons affirmer qu’il s’est agi d’une véritable action citoyenne de jeunes qui ont tous fait preuve de maturité et de motivation.

Merci à tous les élèves, nous avons appris à nous connaître et à établir des relations de confiance. Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler et à réfléchir avec vous. Nous avons aussi beaucoup appris avec vous et nous vous en remercions. Si j’osais, je dirais que nous avons grandi ensemble et vécu une belle aventure !

Et à vous, leurs professeurs, vous avez su préparer et prolonger nos interventions, un grand merci : merci Séverine, merci Myriam, merci Pierre-Louis. Nous pouvons souligner la place qui a été réservée à la création artistique, à l’expression théâtrale et à la littérature pour approfondir la réflexion et porter les messages.

Nous tenons à exprimer également notre gratitude à toutes les personnes qui ont permis la mise en place de ce projet.

Quel que soit notre âge, à nous tous de poursuivre la route au service des droits pour construire une société plus juste, plus solidaire et plus humaine.

Merci        

Nicole et Hubert 




Aujourd’hui, tout ce travail des élèves, des enseignants et des divers intervenants obtient une véritable reconnaissance dans cette consécration par la Ville de La Chapelle Saint-Luc.

La LDH ne compte pas en rester là et poursuivra dès la rentrée prochaine ses interventions en milieu scolaire, convaincue que l’éducation est la clé de voûte de la formation des citoyens de demain.