Elections municipales (suite) : oui à la Protection de la Jeunesse mais… pas chez nous





Le précédent des Noës-près-Troyes, commune de l’agglomération troyenne, dénotait déjà en 2019 de l’ignorance totale par le public des missions des associations de Protection de l’Enfance, qui n’ont qu’un seul but purement humanitaire, en venant en aide à ces gosses en grande souffrance, souvent eux-mêmes issus et victimes de familles en grandes difficultés.

Le lundi 13 mai 2019, près de 150 habitants avec à leur tête le maire, avaient clamé leur refus catégorique de voir s’installer une telle association sur leur territoire.


Lors de cette réunion houleuse à laquelle étaient présents des habitants de la commune et les représentants de l’association Action Jeunesse de l’Aube (AJA), Jean-Pierre ABEL, alors maire de la commune depuis 2001, avait refusé de dévoiler les noms des pétitionnaires (il est question de 50 signataires). Il était le propriétaire de la maison voisine de celle devant accueillir des adolescents de la Protection de l’enfance. Cette maison était occupée par son fils et sa belle/fille qui étaient précisément à l’origine de ladite pétition.  Il avait alors fait l’objet d’accusations relatives à la mise en avant de ses intérêts privés plutôt que de l’intérêt général.


Il a quitté ses fonctions de maire fin février 2024.

A cette réunion du 13 mai 2019, des personnes venues en renfort, n’étant pas habitantes de la commune, n’en hurlaient pas moins: “On est chez nous !”

Le RN flattait déjà les plus bas instincts des Français(e)s et en particulier leur égoïsme et le repli sur soi.




Bis repetita ne déplaît pas toujours…



La commune de Sainte-Maure fait également partie de l’intercommunalité Troyes Champagne Métropole (TCM) [1]. Les mairies respectives de Sainte-Maure et de Troyes sont distantes de 7,4 km.


Le 22 janvier, la Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse (DTPJJ) [2] présentait son projet d’installation d’une Unité Judiciaire à Priorité Educative (UJPE) au conseil municipal de Sainte-Maure. Elle projetait d’acquérir une propriété de 600 m2, suffisamment spacieuse pour accueillir la structure située actuellement au centre de la ville de Troyes et trop exiguë pour répondre à sa fonction qui consiste à prendre en charge 12 jeunes adolescents en difficulté sociale et plus en danger pour eux-mêmes que dangereux pour les autres.

Aussitôt, les réactions d’opposition à ce projet se faisaient connaître et un collectif était formé dès la semaine suivante, qui lançait une pétition se targuant d’avoir recueilli en quelques jours 1000 signatures pour cette commune rurale mais néanmoins petite-bourgeoise de 1800 habitants (en 2023).



Dans une lettre datée du 2 février 2026 et publiée sur un réseau social le député RN Jordan Guitton interpellait le ministre de la Justice en lui demandant l’annulation de ce projet.

Télescopage de calendrier ou pas, le 5 février, le ministre de la Justice indiquait à la presse locale l’annulation du projet.

Ce n’est pourtant que le 7 février qu’au cours d’une réunion organisée par le collectif d’opposition à l’UJPE et réunissant 150 personnes, dont un certain nombre d’entre elles (une fois de plus) étaient étrangères à la commune, la PJJ annonçait renoncer à l’implantation de l’UJPE à Sainte-Maure alors que le maire assurait qu’un avis défavorable allait être présenté au vote du conseil municipal le 11 février.

Ce vote fut sans appel : 16 présents ; 14 pour l’abandon définitif ; 1 blanc ; 1 pour le projet.

Les Mauraciens (habitants de Sainte-Maure) ont bien précisé qu’ils n’étaient pas opposés à la création de cette UJPR, mais… pas chez eux.


Le projet d’implantation d’une UJPE au sein de la commune de Sainte-Maure n’a pas manqué d’être combattu en première ligne par le RN qui, jouant sur les 2 tableaux (répression de la délinquance des jeunes « mais pas chez nous ») a encore une fois fait son beurre de la peur de l’insécurité, de la recherche d’asphyxie du tissu associatif, du développement des mesures culturellement identitaires et excluantes, des discriminations envers certaines populations, du racisme ambiant, attisant encore une fois la haine de l’autre, le repli sur soi…



On passera sur l’article de Valeurs Actuelles et d’autres qui n’apportent rien de nouveau.

Interviewé par Sud Radio, Adrien Mora, porte-parole du collectif répondait à la question « La commune a-t-elle été informée de ce projet ? 

« Pas du tout, nous avons découvert ce projet via une fuite au conseil des élus. Nous n’avons pas du tout été mis dans la boucle. C’est la PJJ [2], la police de la jeunesse [sic], qui est sur le projet depuis un an. Ils ont vu que cette maison était assez grande, à la campagne, et disponible via une saisie de l’État. Ils y sont allés sans regarder autour. »


S’il est utile de préciser à quel point le RN entretient l’entre-soi et l’égoïsme, il suffira de rappeler que Jordan Bardella s’est opposé au prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine par l’Union européenne.



[1] Composée de 81 communes, la Communauté d’Agglomération Troyes Champagne Métropole compte 168 350 habitants sur une superficie de 889 km².  

[2] La direction de la Protection judiciaire de la jeunesse, dénommée direction de l’Éducation surveillée de sa création le 1ᵉʳ septembre 1945 au 21 février 1990, est l’une des directions du ministère de la Justice français.


RD

Mineurs isolés en France



Mineurs isolés en France : « Un enfant devrait être protégé jusqu’à preuve du contraire », rappelle l’ONU.

Dans un rapport publié jeudi, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CRC) épingle la France pour ses « défaillances » dans la prise en charge des mineurs isolés étrangers. Notamment lors des procédures de recours où les enfants sont « contraints de survivre dans la rue, dans des parcs ou dans des camps de fortune improvisés, sans nourriture ni eau potable en quantité suffisante ».



Un comité de l’ONU alerte sur le traitement des mineurs étrangers et isolés en France.

Jeudi 16 octobre, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a publié un rapport dénonçant les violations « graves et systématiques » des droits des enfants migrants non accompagnés par la France.



L’enfermement des enfants aux frontières est une détention arbitraire !

Le 16 octobre 2025, le Comité des droits de l’enfant des Nations-Unies a publié son rapport d’enquête concernant la violation – par la France – de ses obligations internationales en matière de respect des droits des enfants.



Projets de villages pour mineurs isolés


Les Yvelines veulent construire dix « villages » pour les MNA.

Dans le cadre de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance, la question des mineurs non accompagnés est souvent posée. Certains départements doivent accueillir davantage de MNA sachant que le recours à l’hôtel ne peut être que transitoire. Les Yvelines veulent expérimenter une solution controversée.



Interrogations chez les uns et carrément rejet chez les autres.

Des tensions sans précédent dans les Yvelines : la création de centres pour mineurs isolés promet de provoquer des étincelles.



Au point de susciter une pétition...



…et l’intervention de la justice administrative.



Raphaël Cognet, maire de Mantes-la-Jolie, qui se présente volontiers comme un homme de droite modéré encarté depuis quelques mois à Horizons est en fait un maillon du projet Périclès financé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. 



Les médias les plus à droite en font leurs choux gras, invoquant les inquiétudes des habitants d’un petit village dans les Yvelines



… prévenant que «Ça va être une bombe atomique»



… et évoquant face à un projet décisé « sans concertation », le cri d’alerte de Benoît de Laurens, maire « sans étiquette, indépendants et non encartés » de Chapet, une commune « où il fait bon vivre à 45 mn de Paris ».



Ailleurs, ce n’est plus l’inquiétude des habitants qui est mise en avant mais leur « colère »…



… voire leur « circonspection »…



…ou encore une commune « vent debout » pour « ne pas prendre le risque d’importer la criminalité de Paris dans nos villages »...




Cette pseudo-presse mange-merde est hélas toujours avide de remuer celle dont ces communes tentent désespérément depuis des décennies de se débarasser. On remarquera que certains sujets semblent particulièrement l’y inciter, en particulier lorsqu’il est question d’immigration.

RD