Mineurs non accompagnés et jeunes majeurs étrangers

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Trophées du bâtiment 2022

Yaya SIDIBE lauréat du prix de l’apprenti méritant



Yaya SIDIBE, lauréat du prix de l’apprenti méritant 2022. Photo HB


Notre ami ligueur Hubert a participé ce jour aux Trophées du Bâtiment qui ont eu lieu au CFA/BTP de Pont-Sainte-Marie en présence d’élus locaux, maires, conseillers municipaux, départements et régionaux, de responsables professionnels, d’une représentante de la DDCSPP, des Présidents de la CAPEB, de la CAM et du CFA/BTP, de l’attachée parlementaire de Vanina PAOLI, sénatrice et de Valérie BAZIN, députée, des enseignants, des maîtres d’apprentissage et des jeunes apprentis.

Une manifestation très sympathique qui a mis les apprentis à l’honneur. Le directeur du CFA a demandé à Hubert de remettre en tant que membre de la LDH le prix de l’apprenti méritant à Yaya SIDIBE qui a obtenu son CAP de carreleur et qui a ainsi reçu la reconnaissance de ses formateurs et de la société pour son parcours exemplaire.

Jeune Malien, en apprentissage en maçonnerie, Yaya a vu à sa majorité son contrat d’apprentissage suspendu en même temps que la fin de son accueil par le Centre Départemental de l’Enfance, en étant frappé d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) en  juillet 2021 de la part du préfet de l’ Aube..

Suite à un recours auprès du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, sa situation a été réexaminée et il a pu obtenir un titre de séjour provisoire en vue de poursuivre sa formation.

Aujourd’hui, ses efforts sont consacrés par cette récompense largement méritée et l’on peut espérer que, faisant partie des travailleurs dans les « métiers en tension », il va pouvoir être admis définitivement à demeurer sur le sol français en exerçant la profession dans laquelle il excelle…


Photo HB



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Remise de la pétition à Madame la Préfète de l’Aube


Notre pétition qui a recueilli 586 signatures a été remise à Madame la Préfète de l’Aube le 5 novembre dernier. A ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse de celle-ci, pas plus qu’au courrier qui l’accompagnait.

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Notre pétition est ICI

MOBILISATION À TROYES

LE 15 OCTOBRE



Ils sont plus d’une centaine dans l’Aube, jeunes migrants mineurs, à avoir dû quitter leur pays pour rejoindre la France.

Pris en charge par le Centre Départemental de l’Enfance, ils suivent, malgré leur dépaysement, un parcours souvent exceptionnel. Ils apprennent et perfectionnent leur français. Ils se forment et se montrent des élèves studieux et ont envie de progresser. Ils s’engagent dans l’apprentissage de métiers et pourraient facilement être embauchés dans les entreprises qui ont besoin de salariés.

Pour une immense majorité, ils ne provoquent aucun trouble là où ils vivent, mais sont bénévoles ou actifs dans des associations, des clubs sportifs.

La plupart du temps, ils n’ont plus de proches dans leur pays d’origine.

Pour poursuivre leur parcours d’intégration, ils demandent à leur majorité la délivrance d’un titre de séjour.

En dépit de leurs efforts, de ceux du Conseil Départemental pour les accompagner, de ceux des enseignants et des formateurs et des demandes renouvelées de leurs employeurs pour les recruter, la préfecture de l’Aube refuse de régulariser leur situation et leur notifie une obligation de quitter le territoire.

Ils sont alors contraints d’arrêter leur apprentissage et de quitter leur employeur, privés de ressources et d’hébergement, abandonnés et n’ont plus d’espoir sauf celui de sombrer dans la précarité.

La Ligue des droits de l’Homme, avec le soutien de la CIMADE et du MRAP et l’appui d’un collectif d’associations et de citoyens, demande à l’État que les jeunes migrants qui ont été accueillis dans l’Aube puissent poursuivre leur formation et travailler dans les entreprises qui ont besoin de salariés compétents et qu’ils soient hébergés et traités dignement.

Pour cela, elle organise une journée d’action et d’information pour sensibiliser le public, les acteurs économiques et sociaux, les institutions et les élus de l’Aube, sur ce drame humain et l’absurdité économique de la situation.

LE SAMEDI 15 OCTOBRE 2022 DE 10H À 20H À TROYES

A ce titre, nous vous invitons à nous rencontrer et à échanger toute la journée à la permanence qui sera tenue dans les locaux du

5 rue Charbonnet


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Maintenant il s’est sauvé

Voilà que tournent en boucle dans ma tête

Ces vers de Prévert

 

Maintenant il s’est sauvé

Et comme une bête traquée

Il galope dans la nuit

Et tous galopent après lui

 

Et tournent dans ma tête mille images de toi

Aboubacar Ibrahim Adama

Qu’importe le prénom

 

Ils t’ont accompagné jusqu’à l’hôtel

Tu devais y prendre tes affaires

Pour un départ sans retour

Centre de rétention puis l’avion

 

Le cauchemar

 

En fuite

Comme une bête traquée

En short et en tongs

En fuite depuis trois jours

 

Ils dormiront en paix cette nuit

Tous ces braves gens

Je ne trouverai pas le sommeil

Moussa Mohammed Daouda

Qu’importe le prénom

 

La nuit est froide et tu es seul

 

Maintenant il s’est sauvé

Et comme une bête traquée

Il galope dans la nuit

Et tous galopent après lui



M.B. le 20 septembre 2022


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Pourquoi la LDH accompagne et défend les jeunes migrants



Ils sont plus d’une centaine dans l’Aube, jeunes migrants mineurs, à avoir dû quitter leur pays pour rejoindre la France.

Pris en charge par le Centre Départemental de l’Enfance, ils suivent, malgré leur dépaysement, un parcours souvent exceptionnel. Ils apprennent et perfectionnent leur français, ils étudient et se montrent des élèves studieux, respectueux, avides d’apprendre et de progresser, ils s’engagent dans l’apprentissage de métiers et décrochent des emplois là où la main d’œuvre manque cruellement.

Ils ne provoquent aucun trouble là où ils vivent, mais sont bénévoles ou actifs dans des associations, des clubs sportifs

La plupart du temps, ils n’ont plus de proches dans leur pays d’origine ou ne peuvent plus entretenir de liens avec eux. Ils ne peuvent pas envisager de retour en raison des nombreux risques encourus tels que les mauvais traitements, les discriminations, l’homophobie, les mutilations sexuelles et les mariages forcés.

Pour poursuivre leur parcours d’intégration, ils demandent à leur majorité la délivrance d’un titre de séjour.

En dépit de leurs efforts, de ceux du Conseil Départemental pour les accueillir et les accompagner, de ceux des enseignants et des formateurs et des demandes renouvelées de leurs employeurs pour les recruter, la préfecture de l’Aube leur refuse de régulariser leur situation et leur notifie une obligation de quitter le territoire, au motif qu’ils n’arriveraient pas à faire la preuve de leur identité, motif parfois remis en cause par la justice administrative et en dépit de documents d’état-civil authentifiés et établis légalement par les autorités administratives et les ambassades de leur pays d’origine.

Ils sont alors contraints d’arrêter leur apprentissage et de quitter leur employeur, privés de ressources et d’hébergement, abandonnés et n’ont plus d’espoir sauf celui de tomber dans la précarité et de sombrer dans la misère matérielle et morale avec toutes les conséquences qui peuvent en résulter. Quel gâchis humain ? Quel drame attend l’Etat pour faire preuve d’humanité ?

La section Troyes/Aube de la Ligue des droits de l’homme accompagne ces jeunes et les défend. Elle alerte l’État et tous les acteurs concernés sur l’extrême gravité de ce drame humain et sur l’absurdité économique de la situation.

M.D. et H.B.

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Scènes de la vie ordinaire à la préfecture de l’Aube


Un jeune migrant, ex-MNA, que nous appellerons Mamadou, s’est rendu récemment à la préfecture de l’Aube, accompagné de son futur employeur et ancien maître d’apprentissage, pour recevoir un récépissé de demande de titre de séjour d’une validité de 6 mois en attente de la délivrance d’une carte de séjour temporaire de 2 ans assortie d’une autorisation de travail.

Mamadou a reçu le courrier de convocation le 29 août pour une convocation le 31 août, alors qu’à trois reprises j’avais adressé des mails les semaines précédentes à la préfecture pour connaître la date de la convocation et ensuite son objet exact. Ce délai n’a laissé qu’une journée à Mamadou pour réunir les pièces demandées pour obtenir le récépissé de demande de titre et à son futur employeur pour établir la demande d’autorisation de travail d’un salarié étranger.

Quid de la notion de prévenance ?

La Cour administrative d’appel de Nancy, en date du 27 janvier 2022 avait enjoint le préfet de réexaminer la situation de Mamadou dans un délai de 2 mois. Mamadou a appris que sa situation avait été réexaminée par la préfecture le 29 août, soit 7 mois après la date de publication de la décision de la cour administrative d’appel et 4 mois après avoir transmis le dossier complet demandé par la préfecture pour permettre à cette dernière de procéder au réexamen de sa situation.

Quid du respect de l’application des décisions de la justice administrative ?

Lors du rendez-vous à la préfecture, l’employée, chargée de recevoir Mamadou, a fait des remarques indirectes consistant à interroger son futur employeur sur les raisons pour lesquelles il ne recrutait pas de salariés français et voulait embaucher un ressortissant étranger.

Quid du caractère inquisitorial et d’un comportement d’ingérence d’un agent, chargé d’une mission de service public, vis-à-vis d’un chef d’entreprise, qui s’affranchit de ses obligations de neutralité et qui abuse de sa position ?

De plus, elle a indiqué que le dossier de Mamadou faisait partie des dossiers litigieux.

Quid de la qualification négative et du respect des droits de recours de tout usager du service public ?

Cette employée a pris dix minutes pour faire vérifier le passeport de Mamadou qui avait déjà été transmis à plusieurs reprises à la préfecture à l’occasion de la demande de titre de séjour et de l’envoi du dossier en vue du réexamen de sa situation.

 Quid du caractère itératif des vérifications de l’administration et de ses demandes répétitives de pièces justificatives ?

Le futur employeur a mesuré combien il était important d’être présent lors du rendez-vous pour faire valoir les droits de Mamadou, de veiller à garder son calme et de faire preuve de patience.

Quid du respect des droits des jeunes migrants ?

Ces constats illustrent la posture d’une administration, soucieuse de l’égalité de traitement et du respect de l’État de droit, qui traite de façon humaine toutes les situations et qui s’engage à être à l’écoute de l’usager, à lui assurer un accueil attentif et courtois et à lui apporter des réponses compréhensibles.

Quel décalage entre le discours et la réalité des pratiques de tous les jours, dès lors qu’on s’appelle Mamadou !

H.B. pour LDH section de l’Aube, le 7 septembre 2022