L’hébergement d’urgence sous pression face aux coupes budgétaires



Levée de boucliers des associations. Face aux restrictions budgétaires demandées par l’État, les structures d’hébergement d’urgence alertent sur une baisse de leurs capacités d’accueil et le risque de fermetures. En Île-de-France comme ailleurs, elles redoutent des conséquences directes pour les personnes les plus précaires.



En plein cœur de l’été tombent chaque année de nouvelles annonces de restrictions des capacités d’accueil des personnes à la rue.

Dans son 31ᵉ rapport annuel publié mardi 3 février 2026, la Fondation pour le logement dressait un constat préoccupant de la crise du logement en France. Au-delà de l’augmentation du nombre de personnes sans domicile, le rapport mettait en lumière la situation de centaines de milliers de personnes contraintes de vivre chez des proches, dans une grande précarité.

Selon le rapport, le nombre de personnes sans domicile en France s’élevait à 350 000, soit 50 000 de plus qu’il y a cinq ans. Le document s’intéresse aussi à une population moins visible : plus de 600 000 personnes contraintes d’être hébergées chez des tiers.



Selon le baromètre Enfants à la rue de l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité, 2 159 enfants étaient sans solution d’hébergement à la veille de la rentrée scolaire 2025.



« La pauvreté et le logement constituent une urgence majeure », avec « au moins » 32 000 enfants vivant sans domicile ou à l’hôtel et 38 enfants sans domicile morts en 2024, relevait l’Observatoire des droits de l’enfant dans son premier rapport, qui s’appuyait sur les données d’« agences gouvernementales, d’organisations internationales, d’enquêtes nationales et internationales »« Ces situations portent directement atteinte aux droits fondamentaux des enfants à la survie, à la santé et au développement ».



Afin d’améliorer la fluidité de l’accession au logement des personnes sans domicile, une circulaire du ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation a été diffusée le 8 août 2025, invitant les autorités compétentes à agir.



Une circulaire du 26 mai 2026 émanant des ministères de l’Intérieur, de la Ville et du Logement demande aux préfets de prendre des mesures pour améliorer la situation des personnes étrangères hébergées.



Aujourd’hui, les associations et les acteurs de la solidarité sont plus qu’inquiets et nagent en pleine confusion.

« C’est horrible de demander à des professionnels de remettre à la rue des populations. C’est comme si on demandait à un médecin d’arrêter de soigner les gens. » Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération des acteurs de la solidarité

40 associations attaquent l’État en justice pour non-assistance à personnes mal logées



Depuis des années, les associations du Collectif des Associations pour le Logement alertent sur la dégradation des conditions de vie des personnes mal logées. Malgré nos propositions récurrentes, le nombre de personnes laissées à la rue augmente. Le nombre de ménages en attente d’un logement social aussi. Accompagnées par quatre cabinets d’avocats, nos associations ont donc décidé de saisir la justice pour rappeler que l’hébergement et le logement sont des droits fondamentaux et lancent l’affaire Non-assistance à personnes mal logées.

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« Non-assistance à personnes mal logées » : le Collectif des Associations pour le logement porte plainte contre l’État


Cette démarche inédite vise à faire avancer la lutte contre le mal logement et que la loi soit a minima respectée, ce qui n’est pas le cas, dénonce le collectif. Aujourd’hui, 96 000 ménages reconnus prioritaires Dalo sont toujours en attente de relogement, comme cette famille parisienne que franceinfo a rencontrée.



« La loi n’est pas facultative » : 40 associations attaquent l’Etat en justice pour « non-assistance à personnes mal-logées »


Ces 40 organisations, réunies sous la bannière du Collectif pour le Logement, déposent deux recours concernant l’hébergement d’urgence et le logement social. Elles veulent contraindre l’Etat à respecter la loi existante afin de protéger les personnes qui dorment à la rue ou vivent dans un habitat précaire.

Et si l’Etat était à nouveau condamné ? Après l’Affaire du Siècle où l’Etat a été jugé responsable d’inaction climatique, 40 associations réunies sous la bannière du Collectif pour le Logement attaquent l’Etat pour « non-assistance à personnes mal-logées » ce jeudi 13 février.

«Toutes les facettes du mal-logement, en pire» : les personnes handicapées largement privées d’un domicile décent et adapté



Insalubrité, surpeuplement, précarité énergétique en plus du manque d’accessibilité : les personnes handicapées sont doublement discriminées dans l’accès au logement, alerte la Fondation pour le logement des défavorisés, ex-Fondation Abbé-Pierre, dans son rapport annuel publié ce mardi 4 février.

«Aujourd’hui, on est des sous-citoyens», s’agace Nabéla Aïssaoui, hémiplégique depuis un accident et devenue par la force des choses une militante de l’accessibilité. Vingt ans après l’entrée en vigueur de la grande loi de 2005 «pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées», qui consacrait notamment l’accessibilité du bâti, le droit effectif des personnes en situation de handicap à un logement adapté et décent est encore très insuffisant.

Une situation « insupportable » : 128 000 bébés ont été accompagnés par Les Restos du cœur en 2024



« Nous avons fait le choix de renforcer notre aide pour les personnes en situation de mal-logement, pour les familles monoparentales et les enfants », déclare l’association au lancement de la nouvelle campagne annuelle.

Ce sont des chiffres qui donnent le vertige : ce sont 128 000 bébés de 0 à 3 ans qui ont été « accompagnés » durant la 39e campagne des Restos du cœur en 2023-2024, indique l’association, mardi 19 novembre, jour d’ouverture de la 40e campagne.



« Que les enfants d’aujourd’hui ne soient pas les adultes accueillis de demain », les Restos du cœur lancent leur 40ᵉ campagne


Pour leur 40ᵉ campagne, les Restos du cœur mettent l’accent sur les familles monoparentales et la petite enfance. L’objectif, briser la spirale de la précarité et protéger les adultes de demain.