Complotisme, suite : Dr Donald et Mr Trump


Nous évoquions il y a peu dans ces colonnes la vague de complotisme venue d’outre-Atlantique et qui s’enracine profondément également sur le territoire français.


Le complotiste en chef, apprenti carabin à ses heures et spécialiste de l’autisme, en rajoute une couche. Il vient de signer un décret, sans aucune caution scientifique, pour réduire le nombre des vaccins pour les enfants. Après le paracétamol, c’est aujourd’hui la vaccination qui serait à l’origine de l’autisme.



Pourtant, ce ne sont pas les études approfondies et largement validées par le monde scientifique qui manquent, pour contredire ces dangereuses prises de position.



On rappellera qu’il est important de ne pas confondre la science et ceux qui s’en réclament pour remettre en cause l’apport des chercheuses et chercheurs et servir des intérêts bien éloignés de ceux du public. Il ne suffit pas d’énoncer des contre-vérités, avec une propension à privilégier les plus grosses, pour défaire tout ce que la science, la vraie, a bâti depuis des siècles. On pourrait invoquer les maladies fabriquées par l’homme, le fameux « décalage de 14 jours », la manipulation du virus ou les puces électroniques glissées dans les vaccins, la modification du code génétique, les remèdes secrets cachés par l’industrie pharmaceutique parce que trop efficaces… et les nombreuses théories toutes plus fantaisistes les unes que les autres qu’on trouve sans même chercher sur les réseaux sociaux, dans les médias ou la littérature ? Ce serait à se tordre de rire s’ils n’avaient pas leurs adeptes…



Ils publient même des livres qui peuvent tromper les esprits les plus éclairés et qui se vendent hélas plutôt bien.




En 2021, la LDH s’opposait au passe vaccinal. Elle estimait que conditionner l’accès aux lieux publics et aux activités quotidiennes à un schéma vaccinal complet privait les citoyens non vaccinés de droits fondamentaux. Elle dénonçait une politique préférant la contrainte et la sanction (comme la suspension du contrat de travail) à la pédagogie et au consentement éclairé. Elle s’inquiétait de la privatisation des contrôles du passe (qui portait atteinte au secret médical) ainsi que de la protection des données de santé lors des campagnes de réservation.

Elle demandait la levée des brevets sur les vaccins afin que la vaccination soit accessible à toutes et tous dans le monde.

Face au risque d’effondrement imminent du système public hospitalier, et plus largement de notre système de santé, la LDH appelait une nouvelle fois le gouvernement à adopter un plan d’urgence pour l’hôpital, assorti des moyens, humains, matériels et financiers à la hauteur des enjeux.



La situation des hôpitaux ne s’est guère améliorée depuis et si l’IA peut être d’une grande utilité pour les soins techniques, ça n’est pas elle qui va résoudre les problèmes de financement, le manque de lits et de personnel et les conditions de travail.

La marchandisation de la santé ne va rien apporter à la qualité des soins et si Doctolib cherche à s’implanter davantage encore dans les parcours de soins, ça n’est pas dans un but d’intérêt général.

La LDH, qui s’est déjà opposée aux pratiques de cette entreprise monopolistique soutenue par le gouvernement, notamment lorsque ce dernier lui a confié le monopole des rendez-vous de vaccination contre le Covid, ne peut qu’encourager toutes les patientes et tous les patients à refuser l’utilisation de leurs données dans ce cadre. La santé doit demeurer dans le giron de l’Etat et doit s’inscrire dans un cadre de service public.

Les données des patients ne doivent pas être utilisées à des fins mercantiles.



Nous combattons toute désinformation, tout complotisme, tout conspirationnisme. Entre eux et la contestation de crime contre l’humanité, il n’y a qu’un espace infime, très facilement et fréquemment franchi. C’est l’IA elle-même qui s’en charge…

RD

D’Halloween à Holy Wins


Force est de constater que la fête d’Halloween, revenue du fond des temps et désormais célébrée chaque 31 octobre jusque dans les villages les plus paisibles de France, suscite autant de réactions de la part de ses adeptes que de celle de ses détracteurs.

Mais elle semble en premier lieu représenter l’occasion pour certaines enseignes de faire une belle opération commerciale.

Pour le CIFOG (Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras), l’occasion est belle de préparer les esprits aux ripailles de fin d’année en anticipant un peu la promotion de ses produits sous couvert de retracer toute l’histoire de cette « fête vraiment venue d’ailleurs« .



Un certain commerce semble bien y trouver son bonheur, au point d’en profiter pour augmenter de 43% ses tarifs, des bonbons aux sodas, produits fétiches des publicitaires s’intéressant au marché des produits destinés plus spécifiquement aux enfants, les petits comme les plus grands…



De grandes joies mais aussi des drames peuvent naître de l’appréciation que chacun peut se faire de l’esprit de la fête. Les excès ne sont pas rares de la part de certains parents davantage motivés par ces réjouissances que leurs enfants au point d’en oublier les règles de base du vivre ensemble.



Le commerçant le plus célèbre du moment ne se prive pas de se livrer à cette régression censée permettre d’oublier un instant les tracas du quotidien. Mais, comme à son habitude, il oublie les limites de la décence, en pensant faire oublier les dégâts provoqués par sa politique absolutiste.



Son auxiliaire le plus dévoué ne manque pas de se prêter au jeu, poussant le bouchon jusqu’à user d’autodérision (fort réussie au demeurant) dans le but plus trivial de faire sa communication politique.



Ce qui fait le bonheur des uns ne semble pas nécessairement être apprécié des autres à sa juste valeur. De la moindre polémique, l’extrême-droite conservatrice réussit à monter en épingle un scandale secouant la municipalité autant que l’épiscopat et l’institution judiciaire.



Pour certains, ce ne sont pas les raisons qui manquent pour ne pas fêter Halloween. Et quels que soient les arguments avancés, quand c’est non, c’est non.



A tel point que certains opposants se sont allègrement engouffrés dans la brèche en proposant une alternative à cette fête païenne. Et, comme par hasard, c’est encore tout ce qu’il y a de plus réactionnaire, de plus traditionnaliste, conservateur, obscurantiste que l’on voit se manifester toutes griffes dehors pour tenter de redonner un certain brillant à une autre tradition que d’aucuns voudraient remettre au goût du jour.



Et la sainteté ne se cantonne pas à Limoges, où s’était décentralisée cette année la célébration anti-païenne, puisque l’offensive s’étendait sur l’ensemble du territoire, de Strasbourg à Monaco, en passant par Vichy, Gevrey-Chambertin, Lisieux, Annecy, Plabennec, Frameries et jusqu’en Martinique ainsi que chez nos voisins belges.

Cette opération montée par des jeunes du diocèse de Paris en 2002, constatant sans doute que la Toussaint (1er novembre), confondue avec le Jour des défunts (2 novembre) et le dépôt annuel de crysanthèmes sur les tombes familiales, en raison peut-être de la prédominance de la crémation au détriment de l’inhumation, ne faisait plus beaucoup recette, se voit aujourd’hui connaître un regain certain.

L’activisme du milliardaire d’extrême-droite Pierre-Edouard Stérin au bénéfice du catholicisme identitaire n’y est bien évidemment pas étranger puisqu’il en est le principal financeur.

RD

Appel européen à une semaine d’action (22 au 26 mai) contre les accords de libéralisation du commerce et d’investissement avec les pays d’Amérique latine !


Chaque jour, la menace se fait plus pressante : on ne cesse de nous parler de « relocalisation de l’économie » mais de partout s’exercent des forces pour finaliser et ratifier ce qui serait l’un des plus grands accords de libéralisation du commerce au monde, l’accord UE-Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Auxquels s’ajoutent les accords UE-Chili et UE-Mexique. N’ont-ils donc rien d’autre à proposer pour renforcer les liens entre l’UE et les pays d’Amérique latine, et plus largement entre les populations de ces pays, que de finaliser d’énièmes accords de libéralisation du commerce qui visent principalement à importer toujours plus de ressources naturelles en Europe (agricoles, minières et énergétiques) pour exporter des voitures thermiques et des pesticides ? Une alternative existe : elle est portée par la société civile qui propose de refonder nos relations commerciales sur d’autres principes que le dumping social, fiscal, écologique généralisé. A l’occasion de la réunion des ministres du commerce des États membres de l’UE des jeudi 24 et vendredi 25 mai, ces mêmes organisations de la société civile européenne, dont le collectif Stop CETA-Mercosur, appellent à une semaine d’actions pour s’opposer à ces accords de commerce. Rejoignez-nous !

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