
Nous évoquions il y a peu dans ces colonnes la vague de complotisme venue d’outre-Atlantique et qui s’enracine profondément également sur le territoire français.
Le complotiste en chef, apprenti carabin à ses heures et spécialiste de l’autisme, en rajoute une couche. Il vient de signer un décret, sans aucune caution scientifique, pour réduire le nombre des vaccins pour les enfants. Après le paracétamol, c’est aujourd’hui la vaccination qui serait à l’origine de l’autisme.
Pourtant, ce ne sont pas les études approfondies et largement validées par le monde scientifique qui manquent, pour contredire ces dangereuses prises de position.
On rappellera qu’il est important de ne pas confondre la science et ceux qui s’en réclament pour remettre en cause l’apport des chercheuses et chercheurs et servir des intérêts bien éloignés de ceux du public. Il ne suffit pas d’énoncer des contre-vérités, avec une propension à privilégier les plus grosses, pour défaire tout ce que la science, la vraie, a bâti depuis des siècles. On pourrait invoquer les maladies fabriquées par l’homme, le fameux « décalage de 14 jours », la manipulation du virus ou les puces électroniques glissées dans les vaccins, la modification du code génétique, les remèdes secrets cachés par l’industrie pharmaceutique parce que trop efficaces… et les nombreuses théories toutes plus fantaisistes les unes que les autres qu’on trouve sans même chercher sur les réseaux sociaux, dans les médias ou la littérature ? Ce serait à se tordre de rire s’ils n’avaient pas leurs adeptes…
Ils publient même des livres qui peuvent tromper les esprits les plus éclairés et qui se vendent hélas plutôt bien.
En 2021, la LDH s’opposait au passe vaccinal. Elle estimait que conditionner l’accès aux lieux publics et aux activités quotidiennes à un schéma vaccinal complet privait les citoyens non vaccinés de droits fondamentaux. Elle dénonçait une politique préférant la contrainte et la sanction (comme la suspension du contrat de travail) à la pédagogie et au consentement éclairé. Elle s’inquiétait de la privatisation des contrôles du passe (qui portait atteinte au secret médical) ainsi que de la protection des données de santé lors des campagnes de réservation.
Elle demandait la levée des brevets sur les vaccins afin que la vaccination soit accessible à toutes et tous dans le monde.
Face au risque d’effondrement imminent du système public hospitalier, et plus largement de notre système de santé, la LDH appelait une nouvelle fois le gouvernement à adopter un plan d’urgence pour l’hôpital, assorti des moyens, humains, matériels et financiers à la hauteur des enjeux.
La situation des hôpitaux ne s’est guère améliorée depuis et si l’IA peut être d’une grande utilité pour les soins techniques, ça n’est pas elle qui va résoudre les problèmes de financement, le manque de lits et de personnel et les conditions de travail.
La marchandisation de la santé ne va rien apporter à la qualité des soins et si Doctolib cherche à s’implanter davantage encore dans les parcours de soins, ça n’est pas dans un but d’intérêt général.
La LDH, qui s’est déjà opposée aux pratiques de cette entreprise monopolistique soutenue par le gouvernement, notamment lorsque ce dernier lui a confié le monopole des rendez-vous de vaccination contre le Covid, ne peut qu’encourager toutes les patientes et tous les patients à refuser l’utilisation de leurs données dans ce cadre. La santé doit demeurer dans le giron de l’Etat et doit s’inscrire dans un cadre de service public.
Les données des patients ne doivent pas être utilisées à des fins mercantiles.
Nous combattons toute désinformation, tout complotisme, tout conspirationnisme. Entre eux et la contestation de crime contre l’humanité, il n’y a qu’un espace infime, très facilement et fréquemment franchi. C’est l’IA elle-même qui s’en charge…

RD
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