
Alors que la situation des Gazaouis ayant survécu au massacre est indescriptible, que Trump annonce la 2ème phase de son plan de paix, que les camps en zones côtières ont été emportés par les pluies laissant leurs occupants dans le pire des dénuements, que ceux, restés dans les 68 millions de tonnes de décombres résultant de la destruction de plus de 80% des immeubles, sont pris au piège des bâtiments endommagés, il ne leur reste plus pour résister que les larmes, quand ils en ont encore mais aussi l’écriture.
Yusuf El-Mbayed, journaliste et écrivain indépendant travaillant pour des organisations caritatives à Gaza expliquait en mai 2025 qu’« Écrire est devenu une forme de résistance, un lien vital avec le monde extérieur, et un cri puissant contre l’oppression. »
« Face à l’imminence de la mort et de la destruction, ma plume continue de se battre. Mes récits sont mes armes, et à travers eux, je suis déterminé à m’assurer que la vérité de Gaza sera entendue dans le monde entier, maintenant et par les générations à venir. »
La Revue Esprit Critique (Carnet de la revue internationale de sociologie et sciences sociales), met en lumière les écrits de Ghassan Kanafani, Mourid Barghouti et Mohammed El-Kurd dans sa publication de novembre 2025.
Cette littérature de résistance palestinienne témoigne d’une vitalité exceptionnelle, attestant que l’écriture n’est pas seulement un acte esthétique : elle est un acte de survie, de lutte et d’espoir, un territoire symbolique où Gaza continue d’exister, de parler et de résister. Cette intensité narrative a propulsé la littérature palestinienne sur la scène mondiale.

Le Palestien Nasser Abu Srour, a tiré de ses 32 années de détention dans les geôles israéliennes un récit fragmenté et plein d’humanité, Je suis ma liberté, qui a obtenu en France le Prix de la littérature arabe 2025. Cette écriture a permis à cet homme de ne pas être brisé par Israël.
La Bibliothèque nationale de France présente actuellement une Sélection : Quand le Moyen-Orient se dessine : l’écriture de soi au-delà du spectacle médiatique.
Cette sélection de BD autobiographiques où se dit l’intime et dont l’écriture de soi, malgré ou avec la violence, permet l’avènement de l’humain, nous invite à un autre regard sur ces territoires déchirés.

Dans celles-ci on remarquera notamment la BD Je ne partirai pas : mon histoire est celle de la Palestine de Mohammad Sabaaneh, dessinateur de presse palestinien, qui raconte l’histoire d’un détenu dans une prison israélienne et trouvant, grâce à un oiseau venu se poser sur le bord de sa fenêtre, matière à affirmer la résistance des Palestiniens, leur espérance et leur refus de partir.
RD
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