Algérie: lourde peine pour le journaliste Khaled Drareni, maintenu en prison

Algérie: manifestation pour la libération de Khaled Drareni

AFP, publié le mardi 15 septembre 2020 à 15h36

Incarcéré depuis près de six mois, le journaliste Khaled Drareni, devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, a été condamné mardi en appel à deux ans de prison ferme, ce qui signifie qu’il reste en détention. 

« Deux ans de prison ferme pour Drareni. Nous allons faire un pourvoi en cassation », a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats, Me Mustapha Bouchachi.

Dans un tweet, le frère du journaliste, Chekib Drareni, s’est dit « écœuré, choqué et déçu de la décision de la Cour qui renforce encore une fois l’injustice en Algérie ». 

Avocats, collègues et proches de Khaled Drareni espéraient un jugement clément, sinon une relaxe. 

La sévérité de la sentence a déclenché l’indignation et la colère des journalistes venus le soutenir au tribunal.

M. Drareni, 40 ans, avait été condamné le 10 août dernier à trois ans d’emprisonnement pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale ».

Lors du début du procès en appel, il y a une semaine, le procureur avait requis quatre années de prison ferme contre le fondateur du site d’information en ligne Casbah Tribune, qui est également le correspondant en Algérie pour la chaîne de télévision française TV5 Monde et pour Reporters sans Frontières (RSF).

« Son maintien en détention est la preuve d’un enfermement du régime dans une logique de répression absurde, injuste et violente », a réagi Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF, dans un communiqué.

Détenu depuis le 29 mars, le journaliste a été arrêté après avoir couvert le 7 mars à Alger une manifestation d’étudiants, dans le cadre du « Hirak », le mouvement de contestation pacifique né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens qui réclament un profond changement du « système » en place depuis l’indépendance en 1962.

Il est aussi accusé d’avoir critiqué sur Facebook « la corruption et l’argent » du système politique, selon RSF.

– « Entêtement aveugle » –

Le ministre de la Communication Ammar Belhimer, porte-parole du gouvernement, reproche en outre au journaliste d’avoir travaillé sans jamais avoir eu de carte de presse professionnelle, sur fond d’allégations d’être au service « d’ambassades étrangères ».  

« Nous sommes scandalisés par l’entêtement aveugle des juges algériens qui viennent de condamner @khaleddrareni à 2 ans de prison (en appel) », a protesté M. Deloire en dénonçant « une justice algérienne aux ordres ».

Khaled Drareni était jugé en compagnie de Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, deux figures du « Hirak », le soulèvement qui a poussé au départ le président Abdelaziz Bouteflika en avril 2019 et a été suspendu mi-mars 2020 en raison de la crise sanitaire.

Sous le coup des mêmes chefs d’accusation, MM. Benlarbi et Hamitouche ont été condamnés à quatre mois de prison. Les ayant déjà purgés, ils sont ressortis libres de la cour d’Alger.

Pendant le procès en appel, au cours duquel il est apparu amaigri, Khaled Drareni a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui.

« Je suis un journaliste et non un criminel. Je n’ai fait que mon métier », a-t-il plaidé.

– « Ne pas lâcher » –

Le journaliste est soutenu par une campagne de solidarité tous azimuts, à Alger et à l’étranger.

Ses comités de soutien exigent sa libération « immédiate et « inconditionnelle » en raison de son état de santé « particulièrement préoccupant », selon RSF. 

Le procès de Khaled Drareni s’inscrit dans un contexte de répression accrue à l’encontre des militants du « Hirak », des opposants politiques, des journalistes et de blogueurs.  

Certains journalistes ont été accusés par le régime de semer la discorde, de menacer l’intérêt national et surtout d’être à la solde de « parties étrangères ». Plusieurs sont en prison et des procès sont en cours.

L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF.

Selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), quelque 45 personnes sont actuellement derrière les barreaux pour des faits liés à la contestation.

Pour Hakim Addad, un militant du « Hirak », « il est important de continuer la mobilisation, y compris la pression médiatique mais aussi politique pour que (les autorités) comprennent que nous ne lâcherons pas ». 

Un arrêté préfectoral indigne contre les actions de solidarité à Calais

ACTUALITES de la section

Vous trouverez désormais dans la page ACTUALITÉS DE LA SECTION un compte rendu sommaire en chiffre de notre activité de l’année, remis à jour chaque mois.

Il témoigne que notre vigilance reste permanente quelles que soient les circonstances.


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Janvier 2020 (à partir du 06/01) : 57 RV, 24 nouveaux demandeurs, 1 réunion de la section, participation au Collectif « Toutes et tous ensemble pour les droits des femmes », 22/01 : Collectif Veille.

Février 2020 : 56 RV, 28 nouveaux demandeurs, 1 réunion de section.

Mars 2020 (en raison de la pandémie de covid 19, local fermé par la municipalité, du 17 mars au 2 juin) : 26 RV, 9 nouveaux demandeurs. 02/03 Formation : rédiger un recours ; 6 & 7/03 EXPO FEMMES ; 11/03 Collectif Veille.

Avril/ Mai 2020 : 3 RV en extérieur, 3 nouveaux demandeurs, permanence téléphonique, 1 réunion de section par Zoom.

Juin 2020 : (réouverture de la permanence) 35 RV, 22 nouveaux demandeurs, 15/06 réunion comité en restreint, 12/06 : participation à la manifestation contre le racisme.

Juillet 2020 (accueil fermé du 10 au 14/07) : 40 RV, 16 nouveaux demandeurs.

Août 2020 (accueil fermé du 6 au 17/07 ; permanence téléphonique maintenue) : 32 RV, 15 nouveaux demandeurs.

Conclusions provisoires : malgré les restrictions liées à la situation sanitaire,  249 RV en 8 mois,  117 nouvelles demandeuses ou nouveaux demandeurs, 4 réunions de section, 6 participations à des actions extérieures.

Maryvonne Blum,

présidente de la section Ligue des Droits de l’Homme Troyes & Aube

Infamie wallonne

10 Septembre 2020

Des parents retirent leurs enfants de l’école pour cause de promiscuité avec des enfants de réfugiés. Cette manifestation de haine instrumentalisant les enfants se passe au XXIe siècle, en Europe, en Wallonie…

Lire ICI

19 septembre – 17 octobre : Marche nationale des Sans-papiers

Etats Généraux des Migrations – Jeunes mineurs non accompagnés

Suite à la diffusion d’un questionnaire au début de l’année 2020 concernant les pratiques administratives des autorités des différents départements vis-à-vis des mineur·es isolé·es, le groupe chantier « Mineur·es » des États Généraux des Migrations souhaite partager la synthèse de ce travail. Celle-ci viendra nourrir une journée de réflexion sur la question des mineur·es non accompagné·es, organisée

le samedi 10 octobre 2020.

La situation des mineur·es exilé·es non accompagné·es sur le territoire français est indigne, révoltante, et mobilise chaque jour de nombreux·ses militant·es et citoyen·nes.. La dernière session nationale des États Généraux des Migrations, en octobre 2019, avait clairement montré l’importance de cette question pour notre dynamique. Le groupe chantier mobilisé sur ce sujet a proposé, en début d’année, un questionnaire permettant d’identifier les pratiques en la matière et les réponses que vos structures y apportent.

Ainsi, l’objectif de cette démarche était double : faire le point sur les pratiques administratives à l’égard des personnes mineures (qu’elles soient néfastes, illégales, ou exemplaires) dans les différents départements, et partager les méthodes d’action des militant·es et leurs projets de lutte. Pour le groupe chantier, les résultats de ces questionnaires permettent également de nourrir l’organisation d’une journée thématique de travail, interne aux EGM, prévue le 10 octobre 2020.

15 réponses ont été collectées : elles couvrent les 14 départements suivants : Doubs, Gironde, Drôme, Hauts de Seine, Isère, Charente-Maritime, Sarthe, Loire, Bouches du Rhône, Hérault, Meurthe et Moselle, Gard, Haute-Garonne, Yonne. La dernière, centrée autour du cas particulier d’un jeune à Paris, n’a malheureusement pas pu être réellement prise en compte dans l’analyse. Cet échantillon est loin d’être représentatif de la situation sur l’ensemble du territoire français. De fait, la synthèse ci-dessous ne vise pas à établir des conclusions sur les pratiques observées dans notre pays, mais simplement de dégager les grandes tendances observables lorsque nous comparons la situation dans les 14 départements pour lesquels des informations ont été fournies.

Lettre au Conseil national de la République slovaque sur le droit à l’avortement

Tous avec Pierre-Alain !

Poursuivi pour avoir secouru des réfugiés en montagne, son procès se tiendra le 23 novembre 2016 à 13h30 au Palais de Justice de Nice

Signez ICI la pétition

Brigitte MANNONI, mère d’Alain, a lancé cette pétition adressée à Nicole Belloubet (Garde des Sceaux, ministre de la Justice) et à 2 autres

Voici les nouvelles des procédures judiciaires de mon fils Pierre-Alain

L’aide aux migrants – Ma folle épopée judiciaire 
 
En 2016, dans le froid de la montagne des Alpes-Maritimes, en pleine nuit, j’ai rencontré 3 jeunes femmes qui étaient gravement blessées. Elles avaient fui la dictature d’Érythrée, elles étaient passées par les marchés aux esclaves de la Lybie et s’étaient perdues sur une route près de chez moi. Je les ai emmenées dans ma voiture pour les mettre à l’abri et qu’elles reçoivent des soins. On nous arrêté au péage et mis des menottes parce qu’elles n’avaient pas les bons papiers. 
Depuis des années ces dérives graves de l’Etat sont portées devant les juridictions par des associations ou des citoyens isolés. D’ailleurs cette année : 
Le conseil d’État et le Conseil Constitutionnel a confirmé que la France ne respecte pas sa devise Fraternité et son obligation d’accueillir les plus vulnérables comme les femmes ou les enfants fuyant les guerres. 
En référence à l’article 3 sur la torture la Cour Européenne des Droits de l’Homme vient de condamner la France sur la façon dont elle a traité des personnes qui devaient être mises à l’abris. 
Et même des policiers à Briançon ont été condamnés à de la prison pour avoir répété violences, humiliations et vols sur des personnes qui avaient besoins d’aide. 
Malgré cela pour la 5e fois je me retrouve devant un tribunal. Un épopée judiciaire digne des plus grandes affaires : 1ere Instance à Nice, Cour d’Appel d’Aix en Provence, Cour de Cassation à Paris, Conseil Constitutionnel et maintenant une nouvelle cour d’appel à Lyon. Car en fait l’enjeux de cette affaire qui peut paraitre ubuesque fait froid dans le dos : 
Est ce qu’il faut éduquer nos enfants en disant qu’il y a certaines personnes différentes qu’il ne faut pas secourir ? Comme les juifs à une autre époque… 
Est ce qu’il faut réduire la définition de la Fraternité ? Comme on l’a fait sous l’occupation… 
Alors voilà j’y retourne pour que plus personne ne soit poursuivi pour avoir été humain, pour avoir accueilli comme cela s’est toujours fait partout et à toutes les époques. C’est aussi pour ça qu’un rassemblement est prévu le jour du procès, devant la cour d’appel de Lyon le 23 septembre 2020 à 13h.  
 
Mais il y a de l’espoir car nous sommes très nombreux à être humain. En ce moment par exemple des bénévoles comme ceux de Roya-Citoyenne apportent de la chaleur humaine et de la nourriture à des gens laissés à l’abandon grâce à vos dons et votre aide. 
Merci de m’avoir soutenu et d’être encore à mes côtés. 

—————————- IL Y A UN AN ——————–

Il y a plus de 3 ans mon fils Pïerre-Alain a été arrêté pour « aide aux migrants ». Il avait secouru dans la montagne de la Roya 3 Erythréenne blessées. Il vient de recevoir la notification pour une nouvelle audience au tribunal. Ce sera la 5e…

Il y a eu un premier procès à Nice où il a été relaxé, puis le parquet a fait appel et l’a condamné à Aix en Provence à 2 mois avec sursis. Il a ensuite saisi le Conseil Constitutionnel qui lui a donné raison et a censuré une loi injuste.

L’Assemblée Nationale a rédigé un nouvel article et la Cour de Cassation a cassé sa condamnation contraire au principe de Fraternité désormais présent dans la loi. Mais la Cour de Cassation a demandé un nouveau procès à la lumière de la nouvelle loi.

C’est là où il en est maintenant : 3 ans et demi pour savoir s’il est légal de secourir des gens en détresse !!!!…. Bref il retourne au charbon à la Cour d’Appel de Lyon le 15 janvier 2020 à 13h30 et voici son message :

« Les États ne respectent pas le droit et sont responsables de l’horreur aux frontières, dans les centres de rétention et en méditerranée mais j’en suis arrivé à comprendre que les derniers remparts à cette horreur ce sont les actions citoyennes et la Justice. Mon affaire de Délit de Solidarité étant la première à aller aussi loin, il est important d’aller au bout de la procédure judiciaire pour que cette question soit définitivement tranchée et qu’il y ait une jurisprudence de manière que ceux qui suivent ne puissent pas être attaqués avec les mêmes arguments.

Bien sûr les autorités en chercheront d’autres, mais c’est comme cela que le droit avance et tant que nous sommes dans une société de droit, il faut s’en servir ! Et puis un jour j’en suis convaincu, ces politiques seront condamnées.

Mais avec la Justice viennent les frais, le nerf de la guerre. Les avocats ont fait un super boulot et les 4 audiences précédentes ont consommé l’intégralité de la cagnotte. J’en relance donc une nouvelle pour le procès à venir. Si je gagne ça s’arrête, sinon on continue jusqu’à la Cour Européenne s’il le faut…
https://www.gofundme.com/f/avecpierrealain

Nous sommes nombreux à croire en la dignité, nous sommes beaucoup plus que ce que l’on imagine ; c’est juste que la solidarité ne se crie pas sur les toits mais aujourd’hui je le sais et sachez le, elle est présente partout. Dans les villes et les villages, sur les plages et dans le camps, des petites et des grosses fourmis sauvent des vies et offre de l’humanité. Merci à eux »

Merci pour votre soutien

————————IL Y A 4 ANS ———————-

Mon fils Pierre-Alain Mannoni, 45 ans, vivant à Nice, père de 2 enfants a été arrêté, détenu pendant 36h, sa voiture a été confisquée et il sera jugé pour avoir « aidé à la circulation de personnes en situation irrégulière ». Son procès se tiendra le 23 novembre 2016 à 13h30 au Palais de Justice de Nice.

Il a rencontré dans la vallée de la Roya, frontalière de l’Italie, 3 jeunes érythréennes blessées, échappées de la dictature et survivantes d’un voyage long et terrible. Il a choisi de les secourir sans contre-partie, de les transporter dans sa voiture avec l’intention de les nourrir, de les héberger et de leur payer un billet de train pour se faire soigner à Marseille sans risque d’être renvoyées à la frontière. Il s’est malheureusement fait arrêter au péage de la Turbie. Depuis, il est sans nouvelles des jeunes filles.

Moi sa mère, son frère, sa sœur et tous les membres de sa famille avons été émus d’avoir reçu tant de messages de soutien et de félicitations des quatre coins de la France et de la Corse également. Nous sommes effrayés par l’attitude des pouvoirs publics vis à vis de son action. Ceux-ci poursuivent les citoyens qui tendent la main aux personnes en détresse alors que l’on attend que la Fraternité soit mise en avant et valorisée. Elle fait partie de la devise de la France : « ‘Liberté Egalité Fraternité » mais malheureusement il semble qu’elle soit oubliée.

Son geste est un geste d’humanité et d’amour. Il est le reflet de l’éducation qu’il a reçue et cela nous honore tous. Depuis l’enfance, Pierre-Alain s’est fait défenseur de « la veuve et l’orphelin » et là il s’est trouvé en situation où il a mis en pratique les valeurs que ses ancêtres ont défendues au prix de leur vie. On cultive le souvenir de l’histoire pour ne pas refaire les erreurs du passé. Soyons vigilants…

Nous sommes fiers de lui, de son action et de l’exemple qu’il nous inspire. Et là où il est, son père aussi est fier de lui. De tout notre cœur, nous osons espérer un verdict d’innocence pour lui et ceux qui sont poursuivis pour avoir tendue la main.

Son récit : https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

Autres mises à jour

En marche pour la paix et contre le dérèglement climatique, pour la justice sociale et les droits humains, pour le désarmement nucléaire

La reconnaissance faciale se met en place à bas bruit


Technologie de reconnaissance faciale à l’aéroport. Les conditions générales de vente des billets pourraient contenir une clause de consentement. © Getty / izusek

Suite à la surprenante « perte dans les tuyaux de France Inter » de cette excellente émission, vous pouvez lire ICI le non moins excellent article d’Alexandra Saviana

États-Unis : L’affrontement final a déjà commencé et le monde entier retient son souffle !


Par Yorgos Mitralias*

Malheureusement, heure après heure, l’histoire est en train de s’accélérer comme jamais auparavant aux États-Unis tandis que les événements graves de tout ordre se déroulant tant au sommet de l’État qu’à la base de la société de la super-puissance mondiale, confirment les pires prédictions. Désormais, il n’y a plus de doute : Trump et ses acolytes ont opté définitivement pour la politique du pire et les États-Unis semblent plongés dans un conflit fratricide généralisé à l’issue totalement incertaine.

Les faits parlent d’eux-mêmes et sont éloquents. Les prétoriens de Trump que sont les policiers américains, multiplient les « bavures » assassines dont les victimes sont presque toujours les Afro-américains. Et cette fois, les flics sont de plus en plus secondés par des « miliciens » suprémacistes et autres néonazis qui n’hésitent plus à foncer (en voiture) ou à tirer contre les manifestants antiracistes. Mais, maintenant il y a une nouveauté de taille : La racaille raciste et fasciste, Trump et Pence en tête, non seulement célèbre ces assassins comme des « héros » , mais appelle aussi ses fidèles à prendre les armes (qu’ils possèdent déjà en quantité) et à suivre leur exemple ! En conclusion, pour ceux qui en auraient encore des doutes, le Président américain, ensemble avec son vice-président, ses ministres, ses députés et sénateurs Républicains, la presse d’extrême droite, les églises évangéliques (qui collectent des millions pour soutenir ces « héros » assassins) et leurs miliciens surarmés incitent publiquement au meurtre de masse. Ou pire, ils prêchent la guerre civile et l’anéantissement de ceux qui s’opposent à eux ! (1)

En même temps, Trump déclare -de nouveau- qu’il pourrait rester au pouvoir pour …douze ans de plus (!), encourage les Républicains de Caroline du Nord à voter …deux fois (par correspondance et dans les urnes), tandis qu’il accélère son offensive contre la vénérable institution de la poste qu’il préfère voir détruite plutôt que la voir garantir le vote par correspondance de ceux qui prennent au sérieux la pandémie, c’est à dire ses opposants. Et tout ça pendant qu’il déverse quotidiennement des flots d’injures vulgaires et des mensonges éhontés et paranoïaques contre ses adversaires et qu’il bat sur le terrain du plus délirant des cultes de la personnalité même un Ceausescu, un Saddam ou un Mussolini. Pourquoi? Mais, parce que aucun de ces dictateurs n’a jamais pu être célébré par ses lèche-bottes comme a été Trump durant les trois jours de l’ inénarrable “Convention Républicaine” où il a été qualifié d’“envoyé” ou d’‘élu” de Dieu lui-même, et parce que jamais aucun d’eux n’a osé dire ce que Trump vient de déclarer: qu’il parle directement à Dieu et qu’il discute avec Lui ce qu’il doit faire et ne pas faire…

Force est donc d’admettre que personne ne pourra reprocher à Trump de cacher ses intentions et ses plans, de ne pas annoncer -depuis déjà belle lurette- ce qu’il veut faire pour rester cramponné au pouvoir. Cependant, pratiquement tout le monde en dehors des États-Unis, préfère ne pas l’écouter, ne pas le croire, et ne pas le prendre au sérieux. Exactement comme l’écrasante majorité des politiciens et des journaux de l’entre-deux-guerres préféraient ne pas croire Hitler -jusqu’à la veille de la Deuxième Boucherie mondiale !- et ne pas prendre au sérieux ses menaces violemment antisémites et bellicistes…

Et l’Establishment Démocrate ? Après une très longue période durant laquelle ses sommités, leurs organes de presse (NYT, CNN, Washington Post,…) et leur pontifes ont préféré feindre ne pas entendre les menaces de Trump, maintenant, enfin, ils réagissent. Et à l’instar de leur électeurs démocrates dont 3 sur 4 (75%) craignent que Trump n’admettra jamais sa défaite, ils ne cachent plus leurs peurs et paraissent très inquiets. Mais, ils ne font pratiquement rien. Ou plutôt, ils semblent vouloir combattre Trump en se montrant…plus Trump que Trump. C’est ainsi que Biden reproche à Trump son attitude prétendument… trop conciliante envers la Chine (!), dénonce « l’anarchie » dans les rues de Portland ou de Kenosha et se montre intraitable dans son soutien inconditionnel aux combustibles fossiles ou au Pentagone. Le résultat de cette tactique géniale est déjà visible : Trump monte dans les sondages et ses partisans semblent retrouver leur enthousiasme et leur optimisme. En tout cas, il paraît désormais exclu que Trump puisse être écrasé par Biden dans les urnes. Ce qui veut dire que s’éloigne définitivement la seule possibilité de voir Trump contraint d’abandonner pacifiquement le pouvoir.

Alors, à moins de 60 jours des élections du 3 novembre, il est bien clair que l’ unique espoir vient de la seule force déterminée à faire barrage à Trump et à ses sinistres projets, du grand mouvement radical qui se manifeste déjà en masse dans les rues des villes nord-américaines ! Et force est de constater que cet espoir est de taille, comme l’indique le fait que le plus important de tous les mouvements actuels, le Black Lives Matter (BLM), ait pu mobiliser dans ses manifestations …27 millions de personnes depuis trois mois ! Des manifestants qui se battent d’ailleurs héroïquement depuis des mois contre les forces de police militarisées (depuis plus de 100 jours de suite a Portland!) et qui affrontent, souvent avec succès, les diverses milices suprémacistes et fascistes, qui hésitent de moins en moins à tirer dans les tas…

C’est donc au moment précis où le mouvement radical de masse passe à une offensive sans précédent qu’on a assisté à un événement de dimensions historiques, la grève politique des basketteurs du NBA, laquelle s’est étendue instantanément a pratiquement tous les sports professionnels du pays ! Cette grève -dont l’impact est déjà mondial- ne tombe pas du ciel : Elle a été préparée depuis 2016 surtout par les initiatives -très volontaristes mais bien réfléchies- de cet extraordinaire et genial militant révolutionnaire qu’est le joueur pro du football américain Colin Kaepernick, lequel voit maintenant son agenouillement, alors solitaire, de protestation contre la brutalité policière durant l’exécution de l’hymne nationale, généralisé et pratiqué par des centaines de milliers de sportifs professionnels et amateurs aux États-Unis et de par le monde !

Évidemment, ce n’est pas un hasard que c’est les basketteurs du NBA qui ont mis le feu aux poudres car ça fait longtemps que leur politisation et même leur militantisme qui ne date pas d’hier, ont fait du NBA un véritable bastion de la gauche antiraciste américaine. C’est d’ailleurs pourquoi on a vu récemment des anciens joueurs du NBA, mais aussi des joueuses du WNBA, organiser et se mettre à la tête des mobilisations BLM dans des villes, dont Minneapolis, et aussi des « stars » du NBA comme Lebron James ou l’entraîneur de l’équipe nationale des États-Unis Gregg Popovich devenir les bêtes noires de Trump. C’est donc en raison de l’importance et de l’énorme impact de cette grève du NBA que celui qui s’est empressé de tout faire pour la briser le plus vite possible a été la même personne qui a fait capoter la campagne présidentielle de Bernie Sanders. Il s’agit de Barack Obama lui-même, lequel secondé par des éminences de la bourgeoisie noire (les mêmes qui appelaient les manifestants qui protestaient contre l’assassinat de George Floyd de…renter chez-eux) a exercé une terrible pression personnelle sur les meneurs de la grève pour qu’ils l’arrêtent sur le champ, afin qu’elle ne donne pas des « idées dangereuses » à d’autres travailleurs américains. C’est d’ailleurs pourquoi, cette grève a été tout de suite baptisée … « boycott », ce qui a provoqué les réactions véhémentes des représentants de la gauche américaine, Alexandria Ocasio-Cortez en tete, car comme le soulignent o juste titre… « terminology matters » aussi…

Voici donc où on en est moins de 60 jours avant l’ouverture des urnes des élections présidentielles américaines. La situation est déjà plus qu’explosive, et toute prévision relative à l’issue finale de l’affrontement gigantesque déjà commencé reste très aléatoire. Raison de plus pour que les gauches européennes se réveillent enfin et se mobilisent aux cotés du mouvement radical et de masse américain qui demande et qui a -plus que jamais- besoin, maintenant et pas demain, de leur solidarité active. Car dans les 4-5 mois à venir, c’est aux États-Unis que se jouera -comme jamais dans le passé et comme nul part ailleurs- le présent et l’avenir de l’humanité et de la planète !…

Notes

1. Voir aussi notre précédent article « Trump refusant de s’en aller, le spectre de la guerre civile plane désormais sur les États-Unis en crise paroxystique !: https://www.cadtm.org/Trump-refusant-de-s-en-aller-le-spectre-de-la-guerre-civile-plane-desormais-sur

Et aussi, l’important document que constitue l’interview (en anglais) du leader du mouvement “Vets for Peace”: https://solidarity-us.org/will-the-military-support-a-declaration-of-martial-law/

* Des milliers de textes, vidéos et images de première main venant des États-Unis et concernant tout ce qui se passe au sommet mais surtout à la base de la société nord-américaine, sont postés heure après heure sur le Facebook « Europeans for Bernie’s Mass Movement » que nous avons lancé il y a plus de 4 ans : https://www.facebook.com/EuropeansForBerniesMassMovement/

Le secrétaire général de l’ONU réclame la fermeture des centres de détention libyens


Image d’archives de migrants détenus dans une prison libyenne. Crédit : EPA

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IRAN: LA TORTURE SE GÉNÉRALISE, LA JUSTICE S’EFFACE

Notre enquête révèle que la police, les services du renseignement, les forces de sécurité et des agents de l’administration pénitentiaire iraniens ont commis, avec la complicité de juges et de procureurs, de terribles violations des droits humains.

Une enquête d’Amnesty International France

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Le 4 septembre 1870, les républicains sont contraints de proclamer la République

Par Stéphane Robert sur France Culture

Entretien | Emmanuel Macron prononcera un discours au Panthéon, ce vendredi 4 septembre, pour commémorer le 150e anniversaire de la proclamation de la IIIe République. Le maître de conférences à l’Université Paris II Panthéon-Assas Benjamin Morel explique pourquoi cet événement a jusqu’ici été si peu commémoré.


Proclamation de la République française par Gambetta devant le Palais du Corps législatif à Paris le 4 septembre 1870.• Crédits : Bildagentur-online/Universal Images Group – Getty

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Le régime égyptien se venge de l’activiste Bahey eldin Hassan

Macron tance un reporter : l’engueulade de trop

En s’en prenant publiquement à un journaliste français à Beyrouth, Emmanuel Macron n’honore pas la démocratie.

Le Nouvel Obs, par Natacha Tatu

Publié le 03 septembre 2020 à 20h56 Mis à jour le 04 septembre 2020 à 09h36


Emmanuel Macron s’est emporté contre Georges Malbrunot à Beyrouth. (Capture d’écran / LCI – TF1)

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À Mayotte, le préfet veut expulser à tour de bras pour apaiser les tensions


Vue sur l’île d’Anjouan dans l’archipel voisin des Comores. Crédit : La Cimade

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S’en débarrasser : le Royaume Uni se précipite pour expulser par vols charters les personnes qui traversent la Manche

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31 août 2020 – Tribune collective signée par malik Salemkour “La ratification universelle de la Convention contre les disparitions forcées est urgente” publiée sur Libération

« Tous les matins, la police nous dit de dégager » : à Saint-Denis, environ 300 personnes vivent sous le pont de l’autoroute A1


Environ 300 personnes vivent dans le campement de Saint-Denis installé depuis début août sous le pont de l’autoroute A1. Crédit : InfoMigrants

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