Remettre de l’ordre dans les forces de l’ordre

Lycée Marie-de-Champagne à Troyes, le 1er octobre



Monsieur le Préfet de l’Aube,

Suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo (que nous avons partagée dans ces colonnes le 3 octobre dernier), vous avez publié un communiqué pour justifier le mouvement dangereux de ce véhicule de police par la nécessité d’ «une manœuvre de dégagement après la blessure d’un policier victime de projectiles», affirmant que le véhicule n’a pas foncé délibérément sur la foule mais a avancé pour dégager la zone et que le gyrophare et les avertisseurs sonores avaient été enclenchés.

Cette version a été contredite par plusieurs vidéos et une enquête de Libération – CheckNews en analysant de nouveaux extraits.

Mediapart a confirmé ce « dangereux manège » dans d’autres villes que Troyes, à Bourgoin-Jallieu et Dunkerque notamment. Le cas de Troyes fait l’objet d’un nouvel article de Libération, cité par Médiapart :

Mais le 6 octobre, Libération publie un nouvel article sur cet incident, après avoir retrouvé « quatre autres vidéos, tournées le même jour puis le lendemain dans un secteur différent de la ville ». Ces images « montrent, elles aussi, des policiers diffusant du gaz lacrymogène depuis un véhicule en mouvement en direction de lycéens », une méthode qui a donc été utilisée « à trois reprises au moins, dans deux lieux et à trois moments différents ». 

Sans pouvoir affirmer avec certitude qu’il s’agit à chaque fois de la même voiture, le quotidien note qu’elle « présente des caractéristiques similaires ». « Confrontée à plusieurs reprises à ces autres vidéos et à l’absence de deux-tons et de gyrophare », la préfecture n’a pas répondu à Libération. 



Vous justifiez également ce « dégagement » par les blessures d’un policier rendant urgente son exfiltration. Or, on peut se permettre d’émettre quelques doutes sur cette affirmation tendant à exonérer les policiers de cette manœuvre dangereuse pour les dizaines de lycéennes et lycéens se trouvant sur leur trajectoire et devant s’écarter prestement devant ce véhicule lancé à vive allure. Ils se verront par ailleurs gratifiés au passage de jets de gaz lacrymogène.

Un « mensonge d’état » est vivement soupçonné de la part d’observateurs à propos du nombre de 761 policiers et gendarmes blessés à la date du 8 octobre, sans qu’aucune information attestant le nombre et la gravité réelle des blessures n’ait été donnée par le ministère de l’Intérieur. Cela constitue une faute de preuve, alors que les médias ne cessent de les donner comme exacts.

« Depuis le début du mouvement des lycéens, il se pourrait même qu’aucun policier n’ait été blessé sérieusement.

Non pas 761 mais 0.


Les blessures graves infligées aux mineurs peuvent, elles, être constatées sur maintes vidéos. 



On serait en droit d’attendre du préfet la mise en place d’une enquête sérieuse sur ces événements très graves, plutôt que des prétextes vaseux, d’autant que des précédents avérés ont donné lieu à des sanctions.

Lycée professionnel Jean-Moulin à Port-de-Bouc, le vendredi 2 octobre 2026


« Le chef de la police municipale de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) avait foncé avec sa voiture de service sur des élèves du lycée Jean-Moulin, qui manifestaient le vendredi 2 octobre 2026. À la suite de la publication de la vidéo des faits sur les réseaux sociaux, le fonctionnaire a été suspendu, mercredi, comme l’a révélé Marsactu . »


On comprend que les parents se soient emparés du sujet et se soient joints à leur enfants quand ils n’ont pas carrément manifesté à leur place.

On comprend que le mouvement ne soit pas proche de s’éteindre et que, malgré l’espoir que les vacances scolaires proches calment le jeu, et les menaces de chaos largement annoncées par le gouvernement, celui-ci soit en train au contraire de s’étendre jusqu’aux universités les moins réputées pour leurs révoltes, ainsi qu’à la société toute entière.



On est en droit de se poser de nombreuses questions sur les raisons d’un tel déploiement de violence en directions de jeunes adolescentes et adolescents.

Ce n’est certainement pas, Monsieur le Préfet, en travestissant si ouvertement la vérité que vous parviendrez à convaincre les citoyennes et les citoyens du bien-fondé de cet usage disproportionné de la violence contre des enfants qui s’expriment clairement et calmement pour dire leur mal-être et leurs inquiétudes quant à leur avenir et aux conditions de leur enseignement.

L’argument des casseurs, que la police devrait être en mesure d’isoler et de contenir, ne suffit pas non plus. Ils sont parfaitement identifiables et identifiés avant même que ne démarrent les cortèges de manifestants. Il est d’ailleurs prouvé que des policiers se mêlent à eux pour commettre leurs provocations et attiser la violence.


Lycée Paul Eluard à Aulnay-sous-Bois, Seine-Saint-Denis le 25 septembre



Et nous ne pensons pas que l’utilisation des chevaux pour le maintien de l’ordre, plutôt que des motos ou des berlines banalisées, ne parviendra à humaniser ou à verdir la relation de la police à la population.


Monsieur le Préfet, nous vous prions de bien vouloir rappeler à l’ordre vos forces de police, en vous souvenant que la première de leurs missions principales est la protection et l’assistance, à savoir « assurer la sécurité des citoyens, accueillir le public dans les commissariats, prendre en charge les victimes et répondre aux appels d’urgence.« 



Ne doutez pas que nous ne manquerons pas d’étudier tous les leviers légaux et judiciaires disponibles pour documenter et faire sanctionner cette dérive globale que nous constatons quotidiennement par rapport à l’État de droit.


 Parc des Lilattes, à Bourgoin-Jallieu le 5 octobre



Dunkerque le 8 octobre



RD

Contre le racisme, la parole décomplexée et la suspicion permanente 



Il ne semble pas inutile de rappeler que toute allusion à la supériorité par la race, l’ethnie ou la couleur de peau est condamnable et détruit le vivre ensemble humaniste.



« Ces intimidations contribuent à créer la peur » : 250 manifestants contre le racisme en soutien à une élue rennaise.

Environ 250 personnes ont manifesté à Rennes ce dimanche contre le racisme et les violences envers les élus. Un rassemblement qui fait suite aux attaques racistes dont l’élue municipale rennaise d’opposition (LFI), Régine Komokoli, explique être victime.



Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, appelle à une grande marche contre le racisme le dimanche 21 juin. Une mobilisation nationale, dans la continuité du rassemblement du 4 avril.

Deux mois après un premier rassemblement local qui avait réuni des milliers de personnes sur le parvis de l’hôtel de ville de Saint-Denis, Bally Bagayoko n’entend pas baisser la garde. Le maire LFI de la ville, élu le 15 mars dernier au premier tour à la tête de la deuxième plus grande commune d’Île-de-France, a lancé samedi 2 mai sur ses réseaux sociaux un appel à une « grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination » pour le dimanche 21 juin, jour de la traditionnelle Fête de la musique.



Les électeurs du Rassemblement national (RN) sont racistes. Cela peut sembler anodin de le dire pour quiconque veut bien voir ce qu’il y a à voir dans ce parti, mais c’est l’une des conclusions que l’on peut tirer après lecture de l’ouvrage du sociologue Félicien Faury, Des électeurs ordinaires (Éditions du Seuil, 2024). Entretien.




Les témoins n’avaient rien inventé. Le « Canon français » promeut bien le racisme et le néonazisme.



Saluts nazis, propos racistes… À l’intérieur du banquet normand organisé par le Canon français en avril à Caen

Après l’événement, des habitants disent avoir été témoins de saluts nazis et de propos racistes dans les rues de la ville. Les organisateurs démentent, mais un journaliste de France Inter a été témoin de propos racistes et de gestes qui s’apparentent à des saluts nazis à l’intérieur du banquet.



La mairie de Saint-Denis interdit les attroupements : « Cela laisse une marge de manœuvre beaucoup trop grande » à la police, alerte un avocat


La ville de Seine-Saint-Denis interdit les attroupements dans l’espace public jusqu’à lundi, après la mort d’un adolescent poignardé dans une station de métro. Une réponse disproportionnée, selon l’avocat Lionel Crusoé.

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« Tous les matins, la police nous dit de dégager » : à Saint-Denis, environ 300 personnes vivent sous le pont de l’autoroute A1


Environ 300 personnes vivent dans le campement de Saint-Denis installé depuis début août sous le pont de l’autoroute A1. Crédit : InfoMigrants

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