Retour sur les manifestations d’hier




Mobilisation importante mais en baisse, heurts en marge de certains cortèges, centres-villes sous haute protection… Ce qu’il faut retenir de la journée de mobilisation du 31 octobre.

Ce troisième samedi consécutif de cortèges en France a réuni entre 320 000 et près d’un demi-million de manifestants selon les sources. 565 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.



Manifestations du 31 octobre : hormis des tensions à Reims, un « acte III » calme en Champagne-Ardenne.

Dans le cadre des quelque 150 mobilisations attendues en France, le 31 octobre, pour le troisième samedi de rang, des cortèges ont arpenté les rues de Reims (Marne), où 23 personnes ont été interpellées, Châlons-en-Champagne et Charleville-Mézières (Ardennes), où cet acte III s’est déroulé sans incident.



« Même manifester, cela devient difficile » : partout en France, des cortèges inquiets pour les libertés.

Contrairement aux espoirs du gouvernement, la mobilisation n’a pas faibli pour cette troisième journée de manifestations. Les revendications contre la vie chère et pour la défense de l’éducation nationale demeurent, mais une sourde colère monte contre le pouvoir, qui se barricade derrière la répression.



Troyes : 350 personnes dans la rue

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Lettre d’amour aux 2010

La productrice et autrice Shanice Mendy rend hommage à la jeunesse mobilisée depuis plus d’un mois : la génération 2010, « les enfants des adultes trop fatigués pour crier encore ». « Les vivants, c’est vous. Ceux du présent. Ceux du 17 octobre, du 24 et du 5 novembre », écrit-elle dans une chronique inédite pour « Mediapart ».

31 octobre 2026 à 11h35

Jusqu’ici, 2026, c’était l’année des sensations de rien. Les moments congelés des êtres figés. L’année des dénis de démocratie et des espoirs perdus. Des regards vides malgré les sourires qui comptent. L’année des enfants de 30 ans devenus adultes déjà. Plongés trop tôt dans la diagonale du vide qui les sépare de leurs aînés quadragénaires, qui rêvent toujours de trouver la France qu’on leur a promise. Unie et indivisible, pleine et comblée, juste et viable. Viable surtout.

Et puis, comme un miracle auquel on ne croit plus, il y a eu vous. Les 2010. Les 16 ans. Les enfants des adultes trop fatigués pour crier encore. Une relève à qui on a tant dit, et qui porte tous les jours le miroir de nos êtres incapables. Incapables de vous protéger, alors vous l’avez fait vous-mêmes.

À chaque époque ses heures de gloire, dit-on ? Les années 2000 se souviendront de celles-ci. Les vôtres. Celles qu’on s’approprie, nous, tant c’est dur de vous voir meurtris. La Gen Z déjà consommée dans sa chair. Celle qui fait déjà l’expérience des bavures, des mains perdues et des yeux crevés.

Lors d’une manifestation parisienne, pour l’« acte 5 » de la mobilisation lycéenne, le 13 octobre 2026. © Photo Ophélie Loubat pour Mediapart

Cette phrase qu’on lit partout : « Le sang et les larmes des jeunes jamais conviés, qui donnent des leçons de courage à ceux qui prétendaient leur apprendre à militer. » Les petits-enfants des soixante-huitards, tout près de ceux qu’on a noyés dans la Seine. Les courageux·euses forcé·es. La violence d’un système, toujours, qui vous dicte les nouvelles règles qu’on n’applique qu’à vous. Le nom d’un·e avocat·e sur le bras gauche, sérum phy dans le sac sur l’épaule droite.

Sur vos pancartes, nous, on cherche des mots qui n’existent pas. Ceux qui viendront panser les maux, peut-être. Guérir de Macron. Comment ?

En réponse au maintien de l’ordre, on vous voit maintenir l’amour. Garder nos têtes hors de l’eau. On lit dans les livres d’histoire que pour contempler la beauté, il faut regarder du côté des révolté·es. Ces résistants et résistantes à qui on attribue les lauriers qu’ils et elles méritent sans jamais douter. La justesse-ice qui nous pousse du côté des opprimés, et qui nous rend plus humains. Plus vivants.

Protégez vos cœurs – c’est de ceux-là que doivent être faits ceux de demain. De ce bois-là.

Pourtant, les vivants, c’est vous. Ceux du présent. Ceux du 17 octobre, du 24 et du 5 novembre. Ceux de Paul-Éluard et ceux de Montaigne, qui voudraient qu’on laisse la place, enfin, à l’égalité qu’on a gravée sur les murs. Les enfants qu’on gronde mais à qui on rendra hommage parce qu’ils auront été les seuls, au fond, à comprendre la devise. Liberté retrouvée. Dans le creux de toutes les luttes qui n’avançaient plus. Fraternité enfin. Par les courageux qui courent, et s’émeuvent ensemble.

Pour qu’on n’oublie jamais que celle-là était particulière. Cette jeunesse qui se soulève, boude et bout. Peut-être la plus précaire des dix dernières années. Peut-être la plus triste, aussi. La plus fragile, la plus déprimée. C’est irréel de vous voir debout, quand on vous abandonne tous les jours.

C’est vous le front. Celui devant les mères puissantes et les pères indignés. C’est vous le front, le dernier rempart d’une démocratie française vivante.

En 2026, on se rappellera que ce sont les 2010 qui sauvent. Les 2010 qui crient, qui courent et qui s’attellent à toutes les tâches qu’on a laissées. Alors, vous lirez aussi les mauvais papiers. Ceux qui ne vous prêteront pas leurs éloges, et qui vous maltraiteront aussi bien que la police.

Protégez vos cœurs – c’est de ceux-là que doivent être faits ceux de demain. De ce bois-là. Cette identité française, nouvelle ou renouvelée, qui porte en elle la réponse à la culture violente dominante. Refusez, jusqu’à ce que l’amour gagne encore. Restez en colère du lycée cassé, et des fractures qui séparent le juste du bon. Dans la France de Macron, vous ne comblez rien mais vous remplissez tout. En guérir, c’est vous suivre et vous, survivre. C’est n-votre devoir citoyen.

Shanice Mendy 

Manifestations: communiqué de la LDH de l’Aube



A l’instar des syndicats, la LDH de l’Aube soutient ce samedi 31 octobre le mouvement citoyen aubois de revendications pour une véritable politique en faveur des lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, pour les libertés fondamentales, contre la vie chère, contre le racisme et les discours mortifères des extrêmes droites.



On ne sait plus où donner de la tête :

Préfet de l’Aube 

il y a 17 heurest͏p͏n͏r͏o͏e͏s͏S͏d͏o͏g͏8͏0͏t͏g͏m͏2͏8͏1͏3͏m͏8͏4͏8͏a͏0͏t͏6͏5͏4͏4͏l͏h͏3͏8͏h͏a͏0͏ ͏2͏1͏9͏7͏g͏a͏l͏4͏3͏2͏a͏g͏0͏2͏1͏f͏u͏m͏u͏0͏l͏ ·

#SÉCURITÉ | Interdiction de manifestations et rassemblements à Troyes 🔴

📆 A l’occasion de la journée du 31 octobre et de la nuit d’Halloween, le préfet de l’Aube, Pascal GAUCI, a pris deux arrêtés portant interdiction de manifestation, rassemblement ou défilé sur la voie publique dans certains secteurs de la ville de Troyes.

🔹 Samedi 31 octobre, de 11h à 18h :

– interdiction des manifestations, défilés et rassemblements à caractère revendicatif dans un périmètre défini du centre-ville.

🔹 Du samedi 31 octobre à 18h au dimanche 1er novembre à 7h :

– interdiction de toute manifestation, défilé et rassemblement sur la voie publique dans un autre périmètre du centre-ville, à l’occasion des festivités Halloween.

📌 Les périmètres concernés sont précisés dans les arrêtés préfectoraux consultables sur le site de la préfecture: https://www.aube.gouv.fr/…/Recueil-des-Actes…/RAA-2026

Ces mesures visent à garantir la sécurité des personnes et des biens et à préserver l’ordre public.

#PréfectureDeLAube#Troyes#SécuritéPublique#Halloween


Le rassemblement serait donc bien maintenu à 14h mais devant la préfecture…


Désormais, les arrêtés préfectoraux et municipaux contradictoires tombant au même rythme que les feuilles des arbres et étant annoncés sur les réseaux sociaux, nous annoncerons les rassemblements et manifestations au conditionnel…

« Pour que le destin partagé puisse encore s’écrire » : lettre sur la lutte de la jeunesse



En dépit du tapage réac quotidien, du magma d’idées confuses, hargneuses, les énergies du mouvement de la jeunesse font crépiter la vie. Elles attisent le désir de vivre avec les autres, d’agir ensemble, de rêver de concert, de vouloir que le destin partagé puisse encore s’écrire. L’heure est à la lutte pour le droit de cette jeunesse, qui nous prolonge, de ne pas être accablée. Grâce à elles et eux, la France reste la France. Lettre de Cayenne, par Christiane Taubira. 


La LDH conteste plusieurs arrêtés d’interdiction de manifestation le 24 octobre 2026



Dans le cadre des mobilisations sociales annoncées pour ce samedi 24 octobre 2026, la LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) dénonce la multiplication d’arrêtés préfectoraux interdisant tous rassemblements dans de nombreuses villes de France.

Ces arrêtés quotidiens portent atteinte à plusieurs libertés fondamentales : la liberté d’aller et venir, la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression collective des idées et des opinions, sans oublier le droit au recours effectif mis à mal par des publications tardives. En conséquence, la LDH a entrepris de contester plusieurs arrêtés d’interdiction de rassemblement notamment au Mans, à Brest, à Quimper, à Marseille, à Caen, à Lille, à Avignon et à Montpellier.

Elle poursuivra son action pour garantir le respect de l’État de droit et défendre l’exercice effectif des libertés fondamentales pour toutes et tous.



L’armée contre la jeunesse : la LDH demande à l’ONU une mission d’observation en France.

Après un maintien de l’ordre particulièrement chaotique et incohérent samedi 17 octobre 2026, et alors que quatre jours plus tard, aucune réponse aux revendications des mouvements lycéens, étudiants, sociaux n’est apportée par le gouvernement (qui n’a toujours pas rencontré les organisations de la jeunesse), ses seules annonces concernent une escalade dans le déploiement de moyens de répression non formés au maintien de l’ordre. Alors que le weekend prochain sera une nouvelle étape dans les mobilisations, il y a là de quoi inquiéter toutes celles et tous ceux qui attendent du gouvernement une stratégie de désescalade politique.



« C’est sans doute la semaine la plus répressive de l’histoire de la Ve République », dénonce l’avocat Romain Boulet.

Romain Boulet, coprésident de l’ADAP (Association des Avocats Pénalistes), avocat chez Cabinet B&S revient sur la politique « répressive » de la France après les manifestations du 17 octobre. Il dénonce par ailleurs les conditions de détention des mineurs interpellés.

17 octobre: notre compilation

Le seul magasin troyen à s’être barricadé le 17 octobre



RD

Troyes: retour sur le 17 octobre



Alors que la majorité des médias ont décrit une France à feu et à sang ce samedi 17 octobre, il nous semble utile de ramener les choses à leur juste proportion.

Le pays traverse une crise qui ne devrait surprendre personne, tant, ces derniers mois, les signaux d’alarme ont été nombreux mais sans les effets escomptés, en direction du gouvernement, qui s’est montré particulièrement dépassé par les événements, en cette journée particulière, à tel point qu’a été évoquée puis écartée la possibilité de l’état d’urgence.

Les médias ont, chacun à sa façon, tenté de rendre compte de ce qui importait à leurs yeux en matière d’informations. Les chaînes d’info continue n’ont pas manqué de stimuler leur audience en étalant ce qu’on trouve généralement au fond du tonneau quand il n’y a plus rien à en soutirer.

Et pourtant, dans de nombreuses villes françaises, les mobilisations du 17 octobre, qui ont rassemblé un nombre inattendu par le gouvernement, en particulier, de participants de tous âges et d’horizons divers, se sont déroulées dans le calme, la bonne humeur, la joie et le plaisir sans doute, pour beaucoup d’entre eux, de se retrouver autour de revendications partagées : celles des lycéennes et des lycéens qui n’en peuvent plus de crever de froid l’hiver, de chaud l’été dans leurs établissements construits au siècle dernier, voire au précédent, sans que les travaux de maintenance nécessaires n’aient été entrepris et encore moins ceux d’amélioration; le manque de personnel enseignant et d’encadrement; l’obligation de mettre en jeu leur avenir par le biais de Parcoursup dont on sait qu’il s’agit de la pire des solutions.

Celles des étudiants qui voient les financements de leurs universités réduire régulièrement et leur frais d’inscription augmenter, leurs conditions pour étudier et vivre régresser et leur avenir s’assombrir.

Celles de leurs parents qui peinent à boucler les fins de mois, se retrouvant à découvert le 10 et se demandant comment ils vont passer l’hiver si celui-ci est aussi froid qu’a été chaud l’été…

Celles de toutes les citoyennes et tous les citoyens attendant depuis des années un peu plus de justice sociale mais constatant le démantèlement des services publics, l’arrogance d’un président préférant la veille aller écouter Céline Dion et partant dès le lendemain en visite diplomatique à l’étranger, pour négocier quelques tonnes de diesel au meilleur prix à, l’image de Donald Trump, l’incurie de son gouvernement et le recours systématique à la violence sous prétexte du maintien de l’ordre.

A Troyes, notamment, la manifestation ne connut aucun incident notable, hormis quelques poubelles renversées et aussitôt ramassées. « Au total, les policiers ont interpellé deux personnes sur l’ensemble de l’après-midi : un homme majeur pour un feu de poubelle devant la cathédrale et une femme mineure pour un tag sur le commissariat. »


Le lendemain, 18 octobre, la presse écrite locale dénombrait près de 3000 personnes pendant que la TV locale en comptait plus de 2000 dans les rues de Troyes.



FR3 Champagne-Ardenne, de son côté, signalait dans son JT du 19/20 des tensions et des dégradations à Reims, le calme à Troyes, Charleville-Mézières et partout ailleurs dans la région.

Sur les chaînes nationales, privées comme publiques, il ne fut question que de Reims et des violences extrêmes qui y ont été perpétrées, ville dans laquelle se résume pour elles sans doute la Champagne-Ardenne.


Ce 18 octobre, FR3 Champagne-Ardenne ouvrait son 19/20 sur les pillages et dégradations en marge des manifestations à Reims. A Troyes, on ne parlait déjà plus que des Nuits de Champagne.


Le 19 octobre, L’Est-Eclair titrait sur les raisons du calme observé à Troyes lors des manifestations du 17 octobre, tout en dénonçant néanmoins, comme pour signifier une certaine déception, un feu de poubelle éteint, des poubelles renversées et ramassées, le hall de L’Est-Eclair et de Libération-Champagne investi par des dizaines de manifestants « qui souhaitaient faire entendre leurs revendications aux médias », une présence discrète des forces de l’ordre, quelques pétards et mortiers, deux interpellations.

Sur la même page, était précisé que « Choqués, les maires de l’Aube appellent à une réponse rapide et ferme. » en concluant, citant François Baroin, que « l’impunité ne peut être une réponse ».

Sur le site internet de L’Est-Eclair était publiée une vidéo des élus locaux rassemblés, à l’instar d’élus d’autre communes, sur le parvis de la mairie de Troyes à l’appel de l’association des maires de France, suite aux dégradations commises sur des bâtiments publics dans plusieurs villes françaises lors des manifestations du samedi 17 octobre. Face à eux, 150 citoyens et commerçants venus communier avec eux ne pouvaient qu’opiner à l’insistance du premier adjoint Marc Sebeyran pour rappeler l’état de « délitement de la société ».

Décidément, on se demande si tout ce beau monde n’aurait pas apprécié qu’aient eu lieu à Troyes quelques petits pillages et dégradations, pour avoir à les condamner fermement et justifier la mise en place d’un cessez-le feu et de l’état d’urgence en France ?

En fin d’après-midi, L’Est-Eclair informait ses fidèles lecteurs que la ville de Troyes serait épargnée d’un couvre-feu et de l’interdiction de manifester, au grand dam de Marc Sebeyran, qui tenait à préciser que « Pour l’instant, à Troyes, nous sommes épargnés par cette violence, nous en sommes très contents. Mais bien sûr, nous sommes très vigilants. »

Pour sa part, FR3 Champagne-Ardenne présentait le sommaire de son 19/20: « Unité des élus et citoyens ; rassemblements devant les mairies ; commerces pillés en France ; reportage dans un village de Haute-Marne (Dommartin-le Franc, situé sur la « diagonale du vide », 250 habitants) sur les impressions des habitants…

On se demande de quelles exactions ils ont bien pu être victimes, à Dommartin-le-Franc.

Et on se pose vraiment la même question en ce qui concerne Troyes, tout comme les 34800 et quelques autres communes françaises où il ne s’est rien passé de grave ce 17 octobre et où on a au contraire pu voir souvent de très belles choses et partager de très beaux instants…




RD

Remettre de l’ordre dans les forces de l’ordre

Lycée Marie-de-Champagne à Troyes, le 1er octobre



Monsieur le Préfet de l’Aube,

Suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo (que nous avons partagée dans ces colonnes le 3 octobre dernier), vous avez publié un communiqué pour justifier le mouvement dangereux de ce véhicule de police par la nécessité d’ «une manœuvre de dégagement après la blessure d’un policier victime de projectiles», affirmant que le véhicule n’a pas foncé délibérément sur la foule mais a avancé pour dégager la zone et que le gyrophare et les avertisseurs sonores avaient été enclenchés.

Cette version a été contredite par plusieurs vidéos et une enquête de Libération – CheckNews en analysant de nouveaux extraits.

Mediapart a confirmé ce « dangereux manège » dans d’autres villes que Troyes, à Bourgoin-Jallieu et Dunkerque notamment. Le cas de Troyes fait l’objet d’un nouvel article de Libération, cité par Médiapart :

Mais le 6 octobre, Libération publie un nouvel article sur cet incident, après avoir retrouvé « quatre autres vidéos, tournées le même jour puis le lendemain dans un secteur différent de la ville ». Ces images « montrent, elles aussi, des policiers diffusant du gaz lacrymogène depuis un véhicule en mouvement en direction de lycéens », une méthode qui a donc été utilisée « à trois reprises au moins, dans deux lieux et à trois moments différents ». 

Sans pouvoir affirmer avec certitude qu’il s’agit à chaque fois de la même voiture, le quotidien note qu’elle « présente des caractéristiques similaires ». « Confrontée à plusieurs reprises à ces autres vidéos et à l’absence de deux-tons et de gyrophare », la préfecture n’a pas répondu à Libération. 



Vous justifiez également ce « dégagement » par les blessures d’un policier rendant urgente son exfiltration. Or, on peut se permettre d’émettre quelques doutes sur cette affirmation tendant à exonérer les policiers de cette manœuvre dangereuse pour les dizaines de lycéennes et lycéens se trouvant sur leur trajectoire et devant s’écarter prestement devant ce véhicule lancé à vive allure. Ils se verront par ailleurs gratifiés au passage de jets de gaz lacrymogène.

Un « mensonge d’état » est vivement soupçonné de la part d’observateurs à propos du nombre de 761 policiers et gendarmes blessés à la date du 8 octobre, sans qu’aucune information attestant le nombre et la gravité réelle des blessures n’ait été donnée par le ministère de l’Intérieur. Cela constitue une faute de preuve, alors que les médias ne cessent de les donner comme exacts.

« Depuis le début du mouvement des lycéens, il se pourrait même qu’aucun policier n’ait été blessé sérieusement.

Non pas 761 mais 0.


Les blessures graves infligées aux mineurs peuvent, elles, être constatées sur maintes vidéos. 



On serait en droit d’attendre du préfet la mise en place d’une enquête sérieuse sur ces événements très graves, plutôt que des prétextes vaseux, d’autant que des précédents avérés ont donné lieu à des sanctions.

Lycée professionnel Jean-Moulin à Port-de-Bouc, le vendredi 2 octobre 2026


« Le chef de la police municipale de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) avait foncé avec sa voiture de service sur des élèves du lycée Jean-Moulin, qui manifestaient le vendredi 2 octobre 2026. À la suite de la publication de la vidéo des faits sur les réseaux sociaux, le fonctionnaire a été suspendu, mercredi, comme l’a révélé Marsactu . »


On comprend que les parents se soient emparés du sujet et se soient joints à leur enfants quand ils n’ont pas carrément manifesté à leur place.

On comprend que le mouvement ne soit pas proche de s’éteindre et que, malgré l’espoir que les vacances scolaires proches calment le jeu, et les menaces de chaos largement annoncées par le gouvernement, celui-ci soit en train au contraire de s’étendre jusqu’aux universités les moins réputées pour leurs révoltes, ainsi qu’à la société toute entière.



On est en droit de se poser de nombreuses questions sur les raisons d’un tel déploiement de violence en directions de jeunes adolescentes et adolescents.

Ce n’est certainement pas, Monsieur le Préfet, en travestissant si ouvertement la vérité que vous parviendrez à convaincre les citoyennes et les citoyens du bien-fondé de cet usage disproportionné de la violence contre des enfants qui s’expriment clairement et calmement pour dire leur mal-être et leurs inquiétudes quant à leur avenir et aux conditions de leur enseignement.

L’argument des casseurs, que la police devrait être en mesure d’isoler et de contenir, ne suffit pas non plus. Ils sont parfaitement identifiables et identifiés avant même que ne démarrent les cortèges de manifestants. Il est d’ailleurs prouvé que des policiers se mêlent à eux pour commettre leurs provocations et attiser la violence.


Lycée Paul Eluard à Aulnay-sous-Bois, Seine-Saint-Denis le 25 septembre



Et nous ne pensons pas que l’utilisation des chevaux pour le maintien de l’ordre, plutôt que des motos ou des berlines banalisées, ne parviendra à humaniser ou à verdir la relation de la police à la population.


Monsieur le Préfet, nous vous prions de bien vouloir rappeler à l’ordre vos forces de police, en vous souvenant que la première de leurs missions principales est la protection et l’assistance, à savoir « assurer la sécurité des citoyens, accueillir le public dans les commissariats, prendre en charge les victimes et répondre aux appels d’urgence.« 



Ne doutez pas que nous ne manquerons pas d’étudier tous les leviers légaux et judiciaires disponibles pour documenter et faire sanctionner cette dérive globale que nous constatons quotidiennement par rapport à l’État de droit.


 Parc des Lilattes, à Bourgoin-Jallieu le 5 octobre



Dunkerque le 8 octobre



RD

Troyes (Aube ) : quand des médias locaux enfoncent le clou





« Le Petit Aubois®, 1ère page indépendante d’actualités dans le département de l’Aube (10) » , sévissant sur les réseaux sociaux, censée donc rendre compte en toute indépendance de l’actualité auboise, semble être devenue l’organe de communication du maire de Troyes et du préfet de l’Aube réunis, qui comme on le constate actuellement, multiplient dans une dérive très inquiétante, les arrêtés liberticides et fort contestables au regard du droit.

Ce qui nous donne matière à faire fonctionner à plein régime l’appareil judiciaire, en multipliant nous aussi les dépôts de référés et de recours contre ces mesures illégales ou à la limite de la légalité.

Déroulant un tapis rouge au Rassemblement National, pourtant pas exempt lui-même de tracas judiciaires, ils se prennent souvent les pieds dans ledit tapis, risquant de voir retoquées par le tribunal administratif leurs mesures dignes du régime de Vichy d’il y a 86 ans.

Force est de remarquer qu’une certaine soi-disant « presse » se délecte d’exalter les décisions judiciaires prises à l’encontre des fauteurs de « violences urbaines » et autres feux de poubelles ayant entraîné des gardes à vue, plutôt que d’évoquer les graves blessures provoquées par les violences policières perpétrées sur des gamines et des gamins qui ne demandent rien d’autre que de pouvoir poursuivre leurs études dans des conditions décentes.

Le (tout petit) aubois n’a pas même eu conscience de la nécessité qu’ont ressentie les parents de venir protéger leurs enfants, voire même de manifester à leur place.

Car il n’est pas très glorieux, de la part d’un robocop de 100 kg ultra équipé de s’en prendre à des ados qui pèsent à peine la moitié, en les étranglant, les traînant par les cheveux ou les tripotant sans vergogne si ce sont des filles, en leur crevant un oeil, leur défonçant la mâchoire ou en leur maintenant la tête au fond du ruisseau quand ce sont des garçons, voire vice-versa le cas échéant car l’important, c’est de se « faire plaisir ».

RD

Troyes: près de 450 personnes rassemblées ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne pour soutenir les lycéens

HB



Ils étaient 100 hier. Ce matin, 400 à 450 personnes ont répondu à l’appel des lycéens, parents d’élèves, étudiants, syndicats, associations et organisations pour soutenir les mobilisations des lycéen-ne-s et étudiant-e-s ce mardi 6 octobre 2026 devant le Lycée Marie-de Champagne à Troyes, seul établissement secondaire demeuré ouvert dans l’agglomération.

HB



Il s’agissait de dénoncer la politique de la matraque initiée par le ministre de l’Intérieur assumant la répression violente « sans retenue » et de lui montrer que le mouvement de la jeunesse n’est nullement aiguillonné par d’obscurs « proxys de l’ultragauche » ni manipulé par un parti politique. Cette stratégie d’attaque infantilisante ne marche plus.

Ce n’est pas en multipliant les Nathanaël Combary, trop proche du pouvoir pour être honnête et trop largement célébré sur les médias, qu’on fera taire la Gen Z, qui a encore bien des choses à dire.

HB


RD

Contrôles des lycéens par la police: le préfet de l’Aube frise le génie




Face aux « débordements » qui secouent plusieurs établissements du département, le préfet de l’Aube prend un arrêté qui interdit le port de cagoules, foulards et équipements de protection aux abords des lycées jusqu’au mardi 6 octobre au soir. Une mesure de crise, qui vient durcir un arsenal juridique pourtant déjà bien fourni par la loi nationale.


Ce matin devant le lycée Marie-de-Champagne à Troyes, seul lycée public ouvert dans l’agglomération, nous avons constaté que la police fouillait les sacs des élèves à l’extérieur du lycée, y compris dans les rues avoisinantes.

Lors d’un contrôle d’identité, la police ne peut pas procéder librement à une fouille des poches ou du sac.

La loi distingue notamment la palpation de sécurité, destinée à vérifier l’absence d’arme, et la fouille, qui nécessite un cadre juridique précis : consentement de la personne, enquête en cours, garde à vue ou réquisitions du procureur.

Une fouille réalisée en dehors de ces conditions peut être considérée comme irrégulière et entraîner la remise en cause de la procédure qui en découle.



La LDH, en partenariat avec de nombreuses organisations, appelle à participer aux mobilisations en soutien aux mouvements de la jeunesse le mardi 6 octobre 2026, partout en France.

A Troyes, le rassemblement aura lieu dès 8 h au Stade de Songis, 2 Avenue Marie de Champagne .




Pour rappel:

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Petit retour sur l’actualité à Troyes et ailleurs



La préfecture justifie la violence policière


Vidéo de la voiture de police à Troyes : la préfecture évoque une manœuvre de dégagement d’un policier blessé.

La préfecture de l’Aube a réagi à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une voiture de police rouler à vive allure en direction des manifestants à Troyes jeudi matin. Elle évoque « une manœuvre de dégagement après la blessure d’un policier victime de projectiles ».


En somme, le « dégagement » d’un policier blessé justifie pour la préfecture de l’Aube, de mettre en danger les vies de dizaines d’enfants. Dans « Cette séquence isolée de son contexte » au cours de laquelle sont exfiltrés deux policiers blessés « dont l’un s’est vu prescrire huit jours d’ITT (incapacité totale de travail) à la suite de ses blessures« , il ne faut pas voir une voiture foncer sur une foule de jeunes lycéennes et lycéens en les gratifiant au surplus de jets de gaz lacrymogène. La vie des deux policiers ne semble pourtant pas présenter un tel caractère d’urgence, à la lecture de l’article, pour qu’elle puisse être préférable à celles de dizaines de gamines et gamins…



MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE

Le Petit Aubois

il y a 20 heures20 h ·

MANIFESTATIONS DANS LES LYCÉES DE L’AUBE : LA JUSTICE SÉVIT APRÈS DES VIOLENCES À TROYES ET ROMILLY-SUR-SEINE

Face à l’escalade des tensions et aux débordements constatés dans plusieurs établissements scolaires du département, le parquet de Troyes passe à l’offensive. Bilan : 27 gardes à vue et 20 déferrements.

Les manifestations lycéennes engagées depuis le début de la semaine ont pris une tournure particulièrement violente dans l’Aube. Dans un communiqué de presse, envoyé aux rédactions ce vendredi 2 octobre 2026, la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Troyes a fait le point sur les événements survenus à Troyes ainsi qu’à Romilly-sur-Seine.

Depuis le lundi 28 septembre, la situation s’est détériorée aux abords de plusieurs lycées. Feux de poubelles, jets de projectiles et tirs de mortiers d’artifice ont rythmé les rassemblements. Face à ces violences, les forces de sécurité intérieure ont dû intervenir dans des conditions particulièrement délicates, les contraignant parfois à faire usage de gaz lacrymogènes de dispersion pour s’extraire d’attroupements hostiles.

Soulignant la gravité de ces agissements qui mettent en danger les élèves, la communauté éducative et les forces de l’ordre, le parquet a engagé des poursuites systématiques dès lors que les auteurs ont pu être identifiés.

Au total, 27 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début de la semaine : 26 mineurs et un seul individu majeur.

Les chefs d’accusation retenus illustrent la sévérité des faits reprochés : outrages et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradations par moyen dangereux de biens d’utilité publique, transport et détention de produits incendiaires, participation à un attroupement en vue de commettre un délit, ou encore provocation à la rébellion.

Marquant sa volonté de fermeté, le parquet a ordonné le déferrement de 20 personnes devant la justice :

Pour le seul majeur impliqué : Une poursuite devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate a été engagée dès ce vendredi.� Pour 8 mineurs : Une convocation devant le tribunal pour enfants ou le juge des enfants est prévue dans les prochaines semaines. Dans l’attente de leur jugement, des mesures éducatives ou de contrôle judiciaire ont été ordonnées, comprenant des interdictions de manifester, des interdictions de paraître et des couvre-feux.� Pour 11 autres mineurs : Les jeunes ont été orientés vers le délégué du procureur pour une procédure de composition pénale en présence de leurs parents. Diverses sanctions ont été arrêtées, dont des stages de citoyenneté, des travaux non rémunérés, l’obligation de réparer les préjudices, ainsi que des interdictions de manifester et un couvre-feu nocturne (interdiction de paraître sur la voie publique entre 21h et 6h sans représentants légaux).�

Par ces mesures administratives et judiciaires strictes, l’institution judiciaire entend envoyer un signal clair afin de ramener le calme aux abords des établissements scolaires aubois.


Nous vous épargnerons les commentaires suscités par cette publication chez les décérébrés de tout poil et préférons leur apporter cette réponse bien sentie et parfaitement appropriée trouvée sur les réseaux sociaux (Merci à Isa Morvan, son autrice).

AUX VIEUX CONS QUI JUBILENT QUAND LES LYCÉENS PRENNENT CHER

Aux vieux cons qui regardent des lycéens s’en prendre plein la gueule face aux CRS et qui lâchent tranquillement : « Bien fait pour eux. Ils n’avaient qu’à rester en cours. »

ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.

Voilà, c’est dit. Pas d’éléments de langage d’attaché de presse.

Avec votre morale de napperon, votre nostalgie sous cellophane et votre mémoire de poisson rouge sous Lexomil. Je vous vois. Planqués derrière vos écrans, transformés en généraux de canapé dès qu’un môme de seize ans renverse une poubelle.

« De mon temps, on respectait l’autorité. »

MON CUL.

De votre temps, vous étiez jeunes. Vous fumiez en cachette derrière le lycée. Vous racontiez des conneries. Vous faisiez chier vos parents. Vous vouliez baiser, vivre, gueuler, vous barrer et refaire le monde avec trois francs en poche et des hormones qui vous sortaient par les oreilles. Puis le temps vous a roulé dessus comme un camion-benne. Et maintenant, vous êtes devenus exactement les vieux cons que vous trouviez insupportables à vingt ans. Félicitations. Votre médaille est disponible à l’accueil de l’EHPAD idéologique.

Parce que le vieux con adore la jeunesse. Aux Jeux olympiques. Au bac. Sur LinkedIn, avec une chemise blanche et un projet entrepreneurial biodégradable. Mais qu’un lycéen descende dans la rue, bloque son bahut et gueule que quelque chose déconne, soudain Gérard bande pour l’ordre républicain.

CRS ! BOUCLIERS ! MATRAQUES ! RANGEZ-MOI CES PUBÈRES !

Putain, on dirait qu’une poubelle brûlée menace directement son Livret A.

Et puis il y a cette phrase. Cette putain de phrase : « Ils l’ont cherché. »

Non.

On peut condamner un pavé lancé sur un flic. On peut condamner un abribus explosé. On peut condamner les violences, d’où qu’elles viennent. ET regarder un gamin tomber sans applaudir mécaniquement parce que celui qui tient la matraque porte un uniforme. Ces idées tiennent parfaitement ensemble dans un cerveau adulte. Normalement.

Parce que derrière les vidéos, les slogans et les barricades bricolées, il y a des gamins. Des gamins qui parlent de leur lycée, de leur avenir et du monde qu’on leur refile avec la délicatesse d’un locataire qui rend les clés après avoir chié dans le salon. Dette. Précarité. Logement hors de prix. École qui craque. Services publics essorés.

Et vous voudriez quoi ? « Madame, s’il vous plaît, puis-je être révolté sans perturber la circulation ? »

BORDEL DE MERDE.

Une révolte qui ne dérange personne, ça s’appelle une publication Instagram avec un carré noir. La jeunesse est chiante. HEUREUSEMENT. Elle déborde. Elle exagère. Elle gueule parfois avant d’avoir lu toute la notice.

Mais le vieux con veut des jeunes parfaitement domestiqués : engagés mais polis, en colère mais silencieux, révoltés mais surtout pas devant chez lui. Il veut Che Guevara avec Parcoursup. Rimbaud avec une convention de stage. Mai 68 à condition que ça finisse avant 18 heures parce qu’il faut rentrer la Dacia.

Et quand ça cogne ? « Fallait pas être là. »

Cette phrase me fout la gerbe. Parce qu’elle dit : reste chez toi. Ferme ta gueule. Obéis. Ne dérange pas. Et si tu déranges, ce qui t’arrive devient automatiquement ta faute. Belle conception de la démocratie. Propre. Pratique. Lavable en machine.

Tu peux penser qu’un blocage est une connerie. Qu’une manif part en vrille. Qu’un lycéen raconte n’importe quoi. Mais voir un jeune prendre un coup et lâcher : « Bien fait. » Là, on n’est plus dans le désaccord. On est dans la jouissance moisie du petit chef qui sommeillait derrière le rideau.

Alors aux vieux cons qui jubilent quand des lycéens prennent cher parce qu’ils auraient dû « rester à leur place » : ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE.

Gardez vos « de mon temps ». Gardez vos leçons. Gardez votre fantasme d’une jeunesse à genoux devant l’autorité avec le carnet de correspondance entre les dents. Et essayez de vous souvenir du petit con que vous étiez avant de devenir le vieux con que vous êtes.

Parce que le problème n’est pas d’avoir vieilli. On vieillit tous. Le problème, c’est d’avoir tellement oublié sa propre jeunesse qu’on finit par applaudir lorsque celle des autres se fait cogner.

Et ça, bordel, ce ne sont pas les rides.

C’EST DE LA MOISISSURE.

Et je le répète pour que vous l’intégriez une fois pour toutes :

ALLEZ. VOUS. FAIRE. FOUTRE.

#Lycée



La LDH appelle à soutenir les mobilisations lycéennes ce mardi 6 octobre et sera présente à leurs côtés avec les parents d’élèves, syndicats et autres organisations, à Troyes comme ailleurs.