Ligue des droits de l’Homme Syndicat des Avocats de France Syndicat de la Magistrature Communiqué de presse Pour le droit à la vérité et à la justice Nantes, le 5 mai 2015

Ligue des droits de l’Homme

Syndicat des Avocats de France

Syndicat de la Magistrature

Communiqué de presse

Pour le droit à la vérité et à la justice

Nantes, le 5 mai 2015

Le parquet de Nantes a classé sans suite les plaintes déposées contre x, à la suite de la manifestation du 22 février 2014, par six personnes s’estimant victimes de violences policières. Malgré cette décision, la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature souhaitent qu’une instruction soit ouverte sur les événements survenus.

En effet, il ressort d’éléments qui ont été rendus publics, que, d’une part plusieurs personnes ont été gravement blessées, dont trois jeunes manifestants à l’œil (l’un l’a perdu) ; et que, d’autre part, plusieurs des différentes armes (flash ball, lanceur de balle de défense, grenades,…) mises à la disposition de la police ont été utilisées au cours de cette manifestation.

Comme nous le soulignions encore en novembre dernier, quand une opération de maintien de l’ordre se termine par une atteinte corporelle irréversible, connaître les conditions dans lesquelles les forces de police ont opéré est légitime. C’est pourquoi nous demandons que la vérité soit établie sur les manières, circonstances et conditions dans lesquelles chacune des personnes blessées l’a été, que les responsabilités soient recherchées et par conséquent la justice rendue.

Par-delà, nous disons qu’il faut faire cesser l’instrumentalisation consistant à considérer a priori « les manifestants » et « les policiers » comme des adversaires. En outre, nous réaffirmons que pouvoir contester collectivement ce que l’on estime être injuste, c’est exercer une liberté publique fondamentale. Manifester publiquement est une des nombreuses formes d’expression de la citoyenneté et de la démocratie ainsi que de leur apprentissage. Elle ne doit pas conduire à une mise en danger.

Elections départementales. Exercer pleinement des responsabilités civiques et électorales

Communiqué

Ligue des droits de l’Homme

Sections de Nantes et pays nantais et de Saint-Nazaire

Elections départementales. Exercer pleinement des responsabilités civiques et électorales

Soixante deux conseillers départementaux doivent être élus les 22 et 29 mars prochains en Loire-Atlantique, ceci pour un mandat d’une durée de six ans. De façon exceptionnelle, les élu-e-s seront renouvelé-e-s sur l’ensemble des cantons, récemment redécoupés, et dont le nombre a été réduit de moitié.

Tout indique que, dans un contexte politique agité de colères et de frustrations à la fois démocratiques et sociales, l’abstention risque d’être massive. Le risque est d’autant plus grand que, de façon assez hallucinante, électrices et électeurs sont invité-e-s à se rendre aux urnes alors même que les règles du jeu constitutives de cette élection ne sont pas fixées.

Malgré cela, malgré tout cela, les enjeux demeurent. Enjeux du quotidien, d’abord : le nouveau conseil départemental aura des responsabilités, et les questions sociales en feront partie ; enjeux politiques ensuite : la mise en œuvre des lois paritaires, avec l’élection conjointe d’une femme et d’un homme ; enjeux démocratiques enfin : en effet, le Front national compte bien pousser ses avancées électorales, avec les conséquences graves que cela risque d’avoir sur l’effectivité des droits et sur l’état des libertés.

Dans ce contexte, à la fois insatisfaisant et dangereux, la Ligue des droits de l’Homme estime que le pire serait de se désintéresser des enjeux et des périls. Elle appelle les électrices et les électeurs à exercer pleinement leurs responsabilités civiques et électorales.

Ciné débat Bassin miné

Titre: Ciné débat Bassin miné
Lieu: Cinéma le Concorde
Lien vers: Cliquer ici
Description: La section de Nantes de la Ligue des droits de l’Homme propose un ciné-débat en collaboration avec le Concorde :

Bassin miné
d’Edouard Mills-Affif
le mercredi 18 mars à 20h45

Synopsis:
Bienvenue sur le site de Bassin miné. L’histoire d’une ville du Nord de la France, Hénin-Beaumont, qui s’est donnée au Front national au premier tour des élections municipales de mars 2014. La chronique d’une victoire annoncée, celle de Steeve Briois, l’infatigable bateleur qui a su prospérer sur les failles de ses adversaires. C’est aussi un long voyage aux racines de la désespérance sociale, dans une terre de gauche blessée.
Edouard Mills-Affif, le réalisateur, a filmé depuis douze ans cette spectaculaire et méthodique percée de l’extrême droite. Il dévoile la face cachée et les ressorts de cette stratégie politique qui a fini par porter ses fruits.
Heure début: 20:45
Date: 2015-03-18

Halte à la banalisation des idées de haine et de racisme

Communiqué de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 19 janvier 2015.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des inscriptions à caractère raciste ont été apposées sur le Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes.

Face à cette souillure, la Ligue des droits de l’Homme rappelle la nécessité de lutter contre toutes les discriminations et toutes les formes de racisme.

Plus que jamais, il s’agit de rester vigilant face aux offensives contre les principes de la République qui s’accompagnent d’une instrumentalisation de la haine, du racisme et de la banalisation de certaines idées.

Faut-il rappeler qu’à Nantes samedi 10 janvier, nous étions plus de 80 000 à dire notre volonté de vivre ensemble libres, égaux et solidaires. Nous avons dit non à celles et ceux  qui veulent diviser les habitants de notre pays et portent atteinte à la paix civile.

C’est pourquoi, la Ligue des droits de l’Homme soutient l’initiative à se rassembler ce lundi 19 janvier à 18h30 sur l’Esplanade du Mémorial à Nantes.

Plus de cinquante poursuites au pénal sur le territoire pour apologie du terrorisme dont deux mineurs à Nantes

Communiqué de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 18 janvier 2015.

La loi antiterroriste, adoptée le 4 novembre 2014, a supprimé de la loi sur la presse l’apologie du terrorisme pour la transférer dans le Code pénal. Lors du débat parlementaire, la Ligue des droits de l’Homme avait démontré qu’il s’agissait d’une décision inefficace pour la sécurité, dangereuse pour les libertés et, pour tout dire, néfaste pour la crédibilité de la justice.

Les récentes poursuites à répétition sur la base de cette nouvelle disposition concernent plus d’une cinquantaine de personnes au niveau national et deux mineurs âgés de 14 et 16 ans à Nantes.

Elles donnent lieu à des condamnations parfois importantes, prononcées dans les conditions détestables de la comparution immédiate alors qu’il s’agit souvent d’actes d’ivrognes ou d’imbéciles sans même aucune publicité. Ces peines pour des faits grotesques montrent combien la LDH avait raison de mettre en garde contre la possibilité de dérives qui auraient des conséquences redoutables pour des personnes. Ainsi les auteurs de tels faits seront-ils passibles d’une inscription dans le futur fichier antiterroriste ?

Pour que l’incrimination d’apologie du terrorisme garde son sens et son efficacité, la LDH appelle à retrouver la raison et à réintégrer le délit dans la loi sur la presse pour redonner son intégrité à ses dispositions protectrices des libertés.

Squat rue des Stocks à Nantes : une fois encore, l’expulsion comme réponse

Communiqué de presse de la section de Nantes et du pays nantais. Nantes, le 31 juillet 2014

Comment ne pas être indigné du sort réservé à Nantes pour cette centaine de personnes, précaires et sans logis,  qui depuis plus de 18 mois, occupent des locaux vides et subissent à répétition les expulsions ? Leur droit à l’hébergement, pourtant reconnu par la loi, est régulièrement bafoué sous prétexte d’un manque de places. Pire cette fois, ces personnes ont été expulsées sur ordonnance, donc sans être prévenues, très tôt hier matin. Les engins de démolition étaient là en même temps que la police. Elles ont eu 10 minutes pour « dégager » et tout de suite après les engins sont intervenus, cassant  et ensevelissant tout ce qu’elles n’avaient pas emporté. Certaines qui sont arrivées dans l’heure qui a suivi avaient toutes leurs affaires à l’intérieur et n’ont rien pu récupérer. Beaucoup d’entre elles avaient entre autre leur dossier de demande d’asile ou de recours recouvert maintenant par les gravats.

Une fois encore des personnes devront vivre, dormir et mourir dans la rue ; quelques-unes trouveront, peut-être par l’intermédiaire du 115, la possibilité d’un relogement éventuel d’une ou deux nuits, solution d’urgence, qui nous le savons par expérience restera vaine faute de places d’hébergement en suffisance.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle qu’il convient « d’assurer un traitement égal et digne à toute personne en situation de détresse sociale », que pouvoir se loger et se maintenir dans un logement décent est une nécessité vitale pour chacun. Elle réitère ses demandes à l’attention des pouvoirs publics quant à la mise en place urgente de réponses adaptées et suffisantes pour le respect du droit à l’hébergement à Nantes et en Loire-Atlantique.