La Gazette Octobre 2020

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Après une pause estivale un peu plus longue que prévue, la Gazette revient avec dans ce numéro la présentation par Solange de la pensée de Mehdi Ben Barka (enlevé et disparu en 1965), toujours criante d’actualité. Marc s’interroge quant à lui sur les violences policières et les moyens pour aller vers une autre police, gardienne de la paix et des libertés. Ils questionnent tous deux la raison d’État comme violation du droit, au nom du bien public, par delà les principes de justice, écrasant la souveraineté des citoyennes et citoyens. « Des mauvais moyens pour des fins justes ? » aurait dit le Prince de Machiavel. Restons vigilants alors oui avec l’histoire sous le coude, celle des Princes et des philosophes, des colonisateurs  et des sociologues. Bonne lecture !

SOMMAIRE

Tribunes militantes :
« Centenaire de la naissance de Mehdi Ben Barka. Mehdi Ben Barka et la mise en mouvement(s) pour un autre monde, solidaire »

« La police ensauvagée. Pour une police gardienne de la paix et des libertés »

Dates à retenir

Les communiqués locaux

Les communiqués nationaux

 

TRIBUNES MILITANTES

Centenaire de la naissance de Mehdi Ben Barka.

Mehdi Ben Barka et la mise en mouvement(s) pour un autre monde, solidaire !

EXPOSITION, PUBLICATION, PROJECTIONS, CONFÉRENCE,

Dans le cadre du Festisol -Maison des Citoyens du Monde et Cosmopolis, Nantes

Solange Barberousse

Mehdi Ben Barka vu par Pierre Boulat (expo’ Cosmopolis)

Comme il peut sembler insolite de manifester l’anniversaire de naissance d’un homme politique – Mehdi Ben Barka – disparu depuis cinquante-cinq ans !

Il y a pourtant deux raisons majeures de rétablir la pertinence, la présence de Mehdi Ben Barka, au monde, aujourd’hui :

   – « l’Affaire Ben Barka » aujourd’hui encore, ne masque-t-elle pas, ne repousse-t-elle pas au second plan, la pensée, les actions, les engagements de Mehdi Ben Barka ?  L’ampleur du scandale de « l’Affaire Ben Barka » (l’enlèvement à Paris, commis par des éléments de la police française et la « livraison » de cet homme politique et opposant marocain à des « services spéciaux » marocains) reste marquante et du coup, dominante, écrasante. Inévitablement !

   –  la double actualité de la pensée et des combats de M. Ben Barka n’est-elle pas manifeste, aujourd’hui, sur plusieurs continents ?

Dans le contexte actif des luttes des décolonisations des années 1950-1960, Mehdi Ben Barka, le leader marocain, s’engage fermement pour lindépendance nationale du Maroc, alors sous « protectorat » français.

À côté de l’indépendance nationale, il affirme également la nécessité d’œuvrer à une radicale révolution sociale : « l’indépendance du Maroc ne peut devenir pleine et entière qu’après la libération économique, sociale et politique des femmes et des hommes du pays à travers une véritable répartition des richesses ».

Parce que le peuple marocain revendique ultra-majoritairement le retour du roi, du pouvoir royal, le leader politique met son charisme au service de la création d’une monarchie constitutionnelle marocaine (« constitutionnelle », cette monarchie ne l’est toujours pas).

Il développe une pensée d’émancipations populaires. Cet esprit brillant n’entend pas en rester à la libération nationale, même radicalement sociale.

Par ailleurs, au plan international, il n’est pas question de faire allégeance et donc de devenir captif de l’un des deux grands camps mondiaux. Il pratique avec constance une politique de non alignement.

Enfin, son internationalisme tiers-mondiste solidaire est incontournable dans sa pensée comme dans ses actions. Après la Conférence de Bandung, en Indonésie (avril 1955) qui avait réuni 29 pays d’Afrique et d’Asie, le projet, la préparation par Mehdi Ben Barka de la conférence La Tricontinentale  tout à la fois s’incarne et s’impose mais signera probablement son arrêt de mort (enlèvement le 29 octobre 1965), dans le dangereux contexte géo-politique marqué par le coup d’Etat en Algérie par le colonel Houari Boumédienne  contre le Président Ahmed Ben Bella, le massacre des communistes en Indonésie  et l’escalade militaire des USA au Vietnam ainsi que leur débarquement à Saint Domingue.

Toutefois, La Tricontinentale aura lieu (comme prévu, en janvier 1966) à La Havane. 

De même que Mehdi Ben Barka avait su anticiper quelque peu, après les indépendances nationales obtenues, les risques de néo-colonialisme par les grandes et même moyennes puissances, il était lucide quant aux risques de dominations, d’exploitations des peuples par les dirigeants locaux, par les oligarchies nationales.

L’enlèvement de Mehdi Ben Barka, qui se laissera emmener, apparemment sans crainte, en voiture, par des éléments de la police française, sera taxé par le Général de Gaulle d’intervention « vulgaire et subalterne »  ! (février 1966). Qu’on se le dise :  non, il s’agit de rien moins que d’une affaire d’États !

Le complot qui a abouti à la mort de Mehdi Ben Barka constitue un assassinat politique, un crime d’États. De surcroît, la raison d’États empêche toujours la révélation de la vérité et la connaissance par la famille du lieu de la sépulture du mari, du père, du leader assassiné.

Aujourd’hui, nous le savons, sur tous les continents, des peuples sont dans la rue qui précisément dénoncent ce que Mehdi Ben Barka dénonçait : la confiscation des indépendances nationales, ainsi que les spoliations des bénéfices économiques résultant des indépendances nationales pour les peuples concernés. Les spoliations économiques nationales sont organisées de telle sorte que l’on peut parler aujourd’hui de régimes politiques qui sont  des « kleptocraties »,  qu’il s’agisse de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine. Ces oligarchies nationales corrompues et prédatrices sont plus ou moins alliées à des pouvoirs économiques transnationaux.

Ces peuples revendiquent  largement ce qui, pour Ben Barka, faisait partie des « émancipations » politiques, sociales, économiques, de même que les propositions de « modernisations » des sociétés maintenues sous le joug féodal, et/ou patriarcal. 

Des perspectives d’émancipation(s) telles qu’autrefois vues, analysées, éclairées et revendiquées par Mehdi Ben Barka, ne sont-elles pas celles auxquelles les peuples et les personnes doivent en effet avoir droit, aujourd’hui comme hier, en toute légitimité ? Mehdi Ben Barka a tenté de les penser mais pas seulement. 

Il a tenté de proposer, d’induire des actions de solidarités internationales actives, certes d’abord tiers-mondistes, en tous cas, internationales et transnationales favorisant les émulations, démultipliant ainsi leurs forces, favorisant leurs continuités, leurs constances.  Ces rassemblements, ces manifestations internationales devraient trouver leurs prolongements, leurs renforcements à la fois politiques, sociaux et émancipateurs.

Des solidarités internationales sont aidées, portées, même, par des organisations internationales, des associations. Pensons, par exemple, à des dénonciations d’exactions politiques, relayées dans plusieurs pays ; pensons à un syndicalisme international source d’informations sur des stratégies économiques et financières d’entreprises ; ou pensons encore aux mouvements féministes, au développement, à l’évolution de leur pensée et à leurs solidarités internationales ; pensons également aux accueils et protections de réfugiés politiques…

Dans le cadre du Festival des solidarités – Festisol -,  l’Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire vivante et la Ligue des Droits de l’Homme  ont proposé à la Maison des Citoyens du Monde,  l’organisation :

d’une  exposition de photographies du photo-reporter Pierre Boulat, qui a « vécu avec»  Mehdi Ben Barka, pendant un mois en 1959. (Exposition présentée avec le soutien de la Fondation Pierre et Alexandra Boulat, qui accorde les droits). Du 3 au 14 novembre 2020, à l’espace Cosmopolis. 

de la publication d’un livre-catalogue comportant les reproductions des photos, ainsi que 4 articles sur Mehdi Ben Barka, notamment.

des projections (suivies d’échanges-débats) de deux films au cinéma «  le Katorza », dates encore inconnues :

– Simone Bitton : L’équation marocaine, en présence de Bachir Ben Barka et de Maître Maurice Buttin, avocat de la partie civile depuis 1965          

– Serge Le Péron : J’ai vu tuer Ben Barka, en présence du réalisateur, notamment.

– d’une conférence de Saïd Bouamama sur la Tricontinentale, le 5 novembre à 19h, à l’espace Cosmopolis.

Informations complémentaires sur les sites : https://www.festivaldessolidarites.org/ et https://www.mcm44.org/

QUELQUES ÉCRITS AUTOUR DE « L’AFFAIRE BEN BARKA »

Écrits de Mehdi BEN BARKA,

  • L’avenir des relations franco-maghrébines, in Etudes méditerranéennes n° 1 (Paris, été 1957).

  • Problèmes d’édification du Maroc…, quatre entretiens recueillis par Raymond Jean (Plon, Paris, 1959). 

  • The unity of the Maghreb, in Africa South in Exile Vol.5 N°2 (London, Jan.-March 1961)

  • Réforme agraire au Maghreb (Maspero, Paris 1963)

  • Option révolutionnaire au Maroc (Maspero, Paris, 1966).

  • Al ikhtiyar attawri fi al Maghrib (Dar Ettali’a, Beyrouth, 1966).

  • Opcion revolucionaria para Marruecos (Ediciones de cultura popular, Barcelona, 1967).

  • The political thought (Tricontinental Publishers, Havana, 1968).

  • National liberation and african solidarity; in Towards revolution, Volume 1 (Weidenfeld and Nicolson, London, 1971).

  • Ecrits politiques 1957 – 1965 (Syllepse, Paris, 1999)

  • Recueil de textes introduit par Bachir Ben Barka (Collection Pensées d’hier pour demain, CETIM, Genève, 2013)

Biographies, témoignages

Abdelkader BEN BARKA, El Mehdi Ben Barka, mon frère (Laffont, Paris, 1966).

Albert-Paul LENTIN, La lutte tricontinentale (Maspéro, Paris, 1966).

Zakya DAOUD et Maâti MONJIB,  Ben Barka – (Michalon, Paris, 1996).

Abdellatif JEBBROU, Les mathématiques, école du nationalisme -en arabe (Dar Ennachr El Maghribiya – Casablanca, 1985); La construction du pays … (idem, 1986); Face à la tempête (idem 1990); El Mehdi Ben Barka à Rabat (idem, 1995).

BEN BARKA, VINGT ANS APRES, Témoignages (Arcantère, Paris, 1986).

René GALLISSOT, Jacques KERGOAT (coord), Mehdi Ben Barka, de l’indépendance marocaine à la tricontinentale (Khartala, Paris, 1997).

Des brigades internationales aux sans-papiers – Actes des Rencontres internationales Henri Curiel (Le temps des cerises, Pantin, 1999)

Jean LACOUTURE, Une vie de rencontres (Seuil, Paris, 2005)

M’hammed Aouad, Maria Awad, Les trente glorieuses ou l’âge d’or du nationalisme marocain (La plume libre, Rabat, 2006)

Bachir BEN BARKA (coordinateur), Mehdi Ben Barka en héritage (Syllepse, Paris et Tarik Editions, Casablanca, 2007).

Maurice BUTTIN, Hassan II, De Gaulle, Ben Barka, ce que je sais d’eux (Khartala, Paris, 2010 et 2015)

Louis JOINET, Mes raisons d’état (La Découverte, Paris, 2013)

Roger FALIGOT, La Tricontinentale (La Découverte, Paris, 2013)

Henryane de CHAPONAY et Lygia SEGALA, Toile Filante (Paillard, 2012)

Saïd BOUAMAMA, Figures de la révolution africaine (La Découverte, 2014)

Saïd BOUAMAMA, La Tricontinentale, les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel, (CETIM, Genève et Syllepse, Paris, 2016)

François MARTINET, Les rencontres internationales de Toumliline, (Editions du Sirocco, Casablanca, 2019)

L’affaire

Comité pour la vérité sur l’affaire Ben Barka, L’affaire Ben Barka, (Cahiers de Témoignage Chrétien n°45, 1966)

Comité pour la vérité sur l’affaire Ben Barka, Enseignements et lacunes du premier procès, (Cahiers de Témoignage Chrétien n°46, 1967) 

Comité pour la vérité sur l’affaire Ben Barka, La mort de Mehdi Ben Barka: un dossier à rouvrir, (Cahiers de Témoignage Chrétien n°54, 1975).

Louis SOUCHON, Accusé, taisez-vous, (La Table ronde – réédition numérique FeniXX, 2019)

Roger MURATET, On a tué Ben Barka, (Plon, 1967 – réédition numérique FeniXX)

Le Canard de poche, Les Barbouzes, suivi de: l’Affaire Ben Barka (le Canard Enchaîné, numéro spécial juin 1966).

Le Crapouillot, L’Affaire Ben Barka (numéro spécial 1966)

Roger FALIGOT et Pascal KROP, La piscine – Les services secrets français 1944-1984 (Le Seuil, Paris, 1985).

Daniel GUERIN, Les assassins de Ben Barka, 10 ans d’enquête, (Guy Authier, Paris, 1975)

Rapport de la Commission d’enquête sur Les activités du Service d’Action Civique (Alain Moreau, Paris, 1982).

Daniel GUERIN, Ben Barka, ses assassins (Syllepse et Périscope, Paris, 1991).

Jacques DEROGY et Fréderic PLOQUIN, Ils ont tué Ben Barka (Fayard, Paris, 1999).

Maurice BUTTIN, Hassan II, De Gaulle, Ben Barka, ce que je sais d’eux (Khartala, Paris, 2010 et 2015)

François MALYE et Kathryn HADLEY, Dans le secret des archives britanniques, (Calmann-Lévy, 2012)

Patrick RAMAEL, Hors procédure, (Calmann-Lévy, 2015)

Ronan BERGMAN, Lève-toi et tue le premier, (Grasset, Paris, 2020)

 

La police ensauvagée

Pour une police gardienne de la paix et des libertés

Marc Depriester

 

« Au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. » Aimé Césaire dans Discours sur le colonialisme 1950

Photo Serge d’Ignazio

 L’arme du mépris

Le vendredi 3 janvier 2020, quai Branly à Paris, des policiers pratiquent une clé d’étranglement et un placage ventral sur la personne de Cédric Chouviat qui crie à sept reprises « j’étouffe » avant de mourir. Le 25 mai 2020, à Minneapolis, des policiers effectuent un plaquage ventral et l’un d’eux presse son genou sur la nuque de Georges Floyd qui crie à une douzaine de reprises « I can’t breathe » avant de mourir. Suite à cette mort, une vague de protestation traverse les États-Unis et le monde entier. En France, la mort de Cédric Chouviat ressort de l’ombre et avec elle celle des victimes des violences policières.

Mardi 28 juillet devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin déclare « Quand j’entends le mot violences policières, personnellement, je m’étouffe ».

Le ministre de l’Intérieur a, en utilisant le terme prononcé par un agonisant, fait preuve d’une indécence rare, d’un mépris radical vis-à-vis de cet homme et de sa famille, et, au-delà, de toutes les victimes de violences policières. Il a ainsi sali sa fonction et son honneur. Les réactions indignées n’ont eu que peu de poids dans la sphère politico- médiatique, alors que le comble du cynisme a été atteint. Une telle déclaration aurait dû provoquer son départ de son poste si la banalité du mal n’avait pas gangrené l’État, si le virus de la violence n’avait pas affecté profondément le gouvernement.

La symbolique est forte et vient donner au déni des violences policières son véritable sens, celui d’un étouffoir non seulement de la parole des victimes mais encore de toutes celles qui, publiques et privées, officielles et officieuses, montrent, révèlent, documentent, analysent le phénomène des violences policières.

In fine, ce mépris s’est traduit dans les faits. Le renoncement à la technique du plaquage ventral, annoncé par Christophe Castaner, a été abandonné par Gérald Darmanin.

La légitimation de la violence

Les déclarations de Gérald Darmanin représentent un cran de plus par rapport aux propos déjà insupportables d’Emmanuel Macron, qui dans une totale confusion sémantique s’était de fait attaqué à la liberté d’expression en disant « violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit », mélangeant les faits inacceptables dans un État de droit avec l’expression de l’existence de violences policières qui ressort de la liberté d’expression.

Personne n’est dupe car la réalité des violences policières est maintenant suffisamment documentée, attestée, reconnue, y compris par les médias les plus officiels. Ce qui se joue, c’est le statut donné à ces violences dans un État de droit, c’est-à-dire leur légitimité. Et là intervient la phrase magique, écrite par Max Weber, “l’État est cette communauté humaine, qui à l’intérieur d’un territoire déterminé (…) revendique pour elle-même et parvient à imposer le monopole de la violence physique légitime”. Une phrase dont se sont emparé les politiques en la tronquant, cherchant à justifier l’usage de la violence avec l’onction de nombre de commentateurs, piégés par la facile sacralisation d’un texte, détourné de son sens premier1. Max Weber théorise comment se sont constitués les États en tant qu’entités politiques, au détriment des autres pouvoirs, l’Église en particulier. Il ne justifie pas la violence envers le peuple, pas plus qu’il n’oppose cette violence à celle des individus.

L’État n’est pas obligatoirement démocratique et sa légitimité peut être remise en cause, l’histoire le montre suffisamment, en fonction des critères de cette légitimité. Dans un régime démocratique, la légitimité des moyens dont il use lui est donnée par le peuple et la légitimité de la violence qu’il exerce peut se mesurer à l’aune d’autres valeurs comme la liberté par exemple. L’usage du terme de violence peut lui-même être remis en cause, compte tenu des notions d’atteinte à l’intégrité, d’agressivité dominatrice auxquelles il est associé de nos jours. Max Weber avait lui-même utilisé dans d’autres textes les termes de contrainte et de force, plus adaptés pour rendre compte de sa pensée.

À ce premier détournement, s’ajoute un second, celui de l’assimilation de la police à l’État, celui que fait Gérald Darmanin lorsqu’il dit que « La police exerce une violence certes, mais une violence légitime ». La police n’est qu’une force mise en place par l’État pour assurer un certain nombre de missions, dont la sécurité des personnes et des biens mais aussi la liberté d’expression. La violence qu’elle peut exercer n’est pas a priori légitime, c’est la nécessité de son usage pour assurer ses missions qui peut l’être.

Des messages d’incitation à la violence policière

Le message envoyé à la police est d’abord celui d’une autorisation à être violent, puisque cette violence est a priori légitime. Le rappel des règles de proportionnalité par Gérald Darmanin n’apparaît bien être que pour la forme2, de même que l’était celui de Christophe Castaner « on ne fait pas de croche-pied à l’éthique ». En effet, les actes de violence ont pour ainsi dire toujours été niés dans un premier temps par les représentants de l’État, préfet, procureur, ministre, Président de la République … jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de nier l’évidence. Une dernière illustration est donnée par le rapport de l’IGPN qui vient de paraître et qui établit que Geneviève Legay a bien été poussée alors que Emmanuel Macron déclarait le 25 mars 2019 que « cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre. ». Il est difficile de penser qu’il ne savait pas qu’un rapport de la gendarmerie daté du 23 mars qualifiait déjà la charge de la police de « brutale et violente ». C’est le même Président dont le garde du corps3, déguisé en policier, a frappé un homme à terre.

Une radicalisation policière inquiétante

En lien avec les politiques gouvernementales successives, particulièrement depuis l’époque Sarkozy, la police s’est politiquement radicalisée comme en témoignent les sondages sur le vote des policiers tout comme la suprématie des syndicats de droite.

Maintenant, dès qu’un représentant de l’État émet une critique vis-à-vis de la police, ces syndicats se soulèvent, manifestent, se mettent en grève du zèle, utilisent le chantage. Et chaque fois, le gouvernement recule, comme pour l’interdiction du plaquage ventral…

Pour autant, ce chantage semble bien relever d’une gesticulation dont le gouvernement se sert pour justifier, notamment auprès de sa propre majorité, le maintien de pratiques qui font partie de la stratégie du maintien de l’ordre.

Le racisme qui a toujours été présent chez certains, est devenu, comme dans d’autres couches de la population, décomplexé. Il se manifeste concrètement lors des contrôles d’identité comme le documente le film intitulé « Police, illégitime violence »4. Révélé par plusieurs lanceurs d’alerte à l’occasion du mouvement « Black lives matter », il n’a fait l’objet que de peu de commentaires de la part du gouvernement, qui a minimisé son importance.

Au delà des paroles, il y a les actes, et parmi ceux-ci le renforcement de l’armement de la police occupe une place essentielle. Comme l’écrit Paul Rocher, « l’État attise la brutalité de sa police en la dotant d’un arsenal militaire toujours plus puissant et fourni»5

Quant à la police de sécurité du quotidien créée en 2018, en écho à la police de proximité, plus personne n’en parle …

L’ennemi de l’intérieur, les sauvages

L’autre volet de la stratégie de l’affrontement est celui de la désignation de l’ennemi de l’intérieur6 : les casseurs, l’ultra-gauche, les gilets jaunes, les sauvages…

Le langage utilisé va servir à les délégitimer, d’abord en nommant ceux qui s’opposent à la police et à sa violence comme appartenant à des groupes plus ou moins organisés, puis en les désignant comme n’appartenant déjà plus à la société civilisée. Cette désignation a pour objectif de les distinguer, de les isoler de l’ensemble des manifestants, d’invisibiliser la révolte de tous ceux, qui à un moment ou un autre, se sont trouvés confrontés à la violence de la répression alors qu’ils ne faisaient qu’exprimer leur opinion.

Bien sûr, on constate la radicalisation de militants qui ne voient dans l’affrontement que la seule façon de répondre à la violence d’État, mais, comme l’ont rappelé les historiens, les manifestations ne sont pas plus violentes qu’elle ne l’étaient auparavant.

Dans cette logique, les militants des droits de l’Homme, les syndicalistes de gauche, tous ces gauchistes, sont leurs alliés, sont des traîtres. Bisounours ou complices, ils ne méritent que le mépris et on doit les faire taire, par l’intimidation mais aussi par la force comme en témoignent les coups reçus par des membres d’Observatoires des pratiques policières.

Les représentants de l’État multiplient les déclarations qui tendent toutes à denier à tous ceux qui les gênent, à ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires la possibilité de s’exprimer, voire d’exister en tant que citoyens, et sont en elles-mêmes des incitations à la violence et au racisme.

Photo Serge d’Ignazio

Comment agir, de la résistance à l’offensive

Face à ce rouleau compresseur, comment la LdH et les observatoires des libertés peuvent se faire entendre et empêcher cette logique de violence, cette régression mortifère des libertés  ?

Il est évidemment nécessaire de continuer à exercer un rôle de vigie des libertés, de contester, de combattre la politique actuelle et d’essayer de bloquer les mesures qui sont prises. C’est ce que fait avec constance et obstination la LdH avec d’autres organisations dont elle partage les valeurs. Cette contestation s’exerce tant sur le plan juridique que médiatique. C’est ainsi que le nouveau « Schéma du maintien de l’ordre » fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’État…

Il faut également continuer à être présents sur le terrain, dans la rue, dans les manifestations, qu’il s’agisse d’y participer ou de les observer et de résister ainsi aux intimidations du pouvoir en place.

Mais résister ne suffit pas. Il est nécessaire de peser dans le débat politique, et pour être entendu, d’envisager des alternatives qui puissent être relayées par les politiques, d’être force de proposition. Malik Salemkour a écrit dans l’éditorial d’Hommes et Libertés de juin 2020 « Des propositions sont sur la table pour sortir d’une militarisation néfaste des opérations de sécurité publique et rétablir une confiance partagée entre la police et tous les citoyens. Le gouvernement doit sortir du déni et y travailler ».

Le gouvernement a de fait répondu en publiant le schéma national du maintien de l’ordre. Malgré un préambule qui met en exergue l’exercice de la liberté d’expression que l’État a la responsabilité de garantir, malgré une présentation habile des problèmes rencontrés dans la gestion du maintien de l’ordre, ce schéma ne fait qu’inscrire dans le marbre les évolutions de la doctrine du maintien de l’ordre que nous avons pu observer au cours de ces dernières années : renforcement et modernisation de l’armement, usage des drones lors des manifestations, renforcement des interventions au contact des manifestants avec notamment les brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV). Il y ajoute la limitation des possibilités d’observation des journalistes et des observateurs, et, cerise sur le gâteau offert aux policiers, le ministre a annoncé que le gouvernement allait proposer une loi sur le floutage des visages des policiers lors de la diffusion des photos et vidéos.

Mais il faut préparer l’avenir, gagner la bataille des idées afin que les forces politiques qui peuvent prendre le pouvoir changent effectivement de cap en matière de libertés. Rien n’est gagné en ce domaine, même du côté de ceux qui se disent de gauche, qu’ils soient modérés ou radicaux dans leurs positions. Le chantier des propositions est ouvert, certains s’y sont déjà essayés1 mais souvent seulement partiellement. Or c’est une perspective d’ensemble qu’il faut ouvrir, en s’appuyant notamment sur les exemples des politiques menées dans d’autres pays.

J’entends deux principales objections à cette perspective :

La première objection est que c’est le système qu’il faut changer, pas la police, celle-ci n’est que l’instrument d’une politique neolibérale génératrice de violence sociale. Réformer ne serait que permettre de prolonger cette politique. L’objection est pertinente mais suppose une vision linéaire, voire mécanique du changement. De fait, il s’agit moins de réformer la police que de changer de paradigme, de penser autrement son rôle et ses missions, quel que soit le système dans lequel on est.

La deuxième objection est que la police ne peut pas être réformée car elle a une logique de corps extrêmement développée, une logique défensive qui lui permet d’offrir une résistance forte à toute remise en question. Elle a montré qu’elle était capable de faire chanter le gouvernement en le menaçant de ne plus assurer ses fonctions et donc de provoquer un chaos social et politique.

Affirmer cela, ce n’est pas tenir compte de plusieurs éléments :

  • ceux qui assurent le rôle de police ne constituent pas un ensemble homogène. Non seulement, il y a la gendarmerie (qui a prouvé à de nombreuses reprises qu’elle ne suivait pas toujours la même logique que la police nationale) mais encore il y a plusieurs polices qui n’ont pas les mêmes fonctionnements et les mêmes intérêts :

  • la police tient sa légitimité de l’autorité de l’État et de sa capacité à obéir aux ordres. On peut penser que peu de policiers sont prêts à désobéir et à prendre le risque d’être accusés de « factieux », c’est à dire de mettre en danger la République.

  • La police a été soumise depuis ces dernières années à une politique de management qui met sous pression les agents de base notamment au travers de la politique du chiffre. Fatigue, sentiment d’être mal aimée, mise en danger, perte de confiance dans les autorités sont autant de facteurs qui peuvent la rendre sensible aux changements qui pourraient rétablir une confiance avec la population.

Pour une autre police, gardienne de la paix et des libertés

Trois enjeux pourraient structurer les propositions pour une autre police, mentionnées ici à titre d’exemples :

L’enjeu politique et démocratique : faire de la police un sujet de débat public

  • Engager un débat public sur la place et le rôle de la police, débat déjà demandé, par la LdH et par la CNCDH depuis plusieurs années2.

  • Réintroduire les questions de liberté, de sécurité et d’ordre public dans le débat démocratique en faisant appel aux analyses scientifiques et non partisanes, en revalorisant la place et le rôle des instances consultatives de contrôle (CNCDH, Défenseur des droits), des corps intermédiaires (associations, syndicats).

  • Redonner sens et légitimité à la parole politique en cessant de recourir au mensonge et au déni systématique dès qu’il s’agit de violences policières..

  • Élaborer et affirmer des principes de maintien de l’ordre fondés sur l’apaisement plutôt que la confrontation, sur la force tranquille plutôt que la violence, sur la confiance plutôt que sur la défiance, sur le respect plutôt que sur le mépris.

  • Mettre en œuvre une évaluation des pratiques policières, qu’il s’agisse du maintien de l’ordre ou des contrôles d’identité.

L’enjeu stratégique et opérationnel : réformer en profondeur les pratiques policières, « démilitariser » le maintien de l’ordre, redonner sens à leur mission au service des citoyens

  • Réformer les modalités de recrutement et de formation3 afin de donner aux agents de la force publique les outils propres à rendre plus efficaces leurs interventions, faire respecter les principes et les règles déontologiques qu’ils ont à respecter, lutter contre le racisme.

  • Interdire dans le maintien de l’ordre l’usage des armes et des méthodes dangereuses pour l’intégrité physique et la vie des personnes : LBD, grenades de désencerclement et autres grenades explosives, nassage, plaquage ventral…

  • Développer le dialogue et la gestion apaisée des conflits

  • Mettre fin à la politique du chiffre

L’enjeu du contrôle et de la justice : permettre un contrôle démocratique de l’action des forces de l’ordre et redonner à la justice les moyens de son indépendance

  • Permettre l’identification des agents des forces de l’ordre : port du brassard pour les policiers en civil, contrôle effectif de l’affichage obligatoire des numéros matricules et interdiction du port des masques ou cagoules.

  • Reconnaître et protéger les observateurs citoyens

  • Sanctionner les auteurs d’actes contraires aux règles de la police et à la déontologie.

  • Supprimer l’IGPN, organisme non indépendant et créer un organisme indépendant

  • Respecter les droits des victimes : obliger le parquet à justifier les classements sans suite des plaintes déposées par les victimes des agents de la force publique, faciliter les recours

  • Supprimer les comparutions immédiates pour les personnes manifestant leurs opinions

« La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée »

Article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

 

1 Voir à ce propos : « De la police en démocratie » Sebastien Roché – Grasset – novembre 2016 et « Que faire de la police » François Ruffin – Fakir éditions – Juillet 2020

2 Déclaration sur les violences policières illégitimes – 28 janvier 2020. Communiqué de presse du 9 juillet 2020 : « La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) presse les pouvoirs publics de mener une réflexion globale pour rétablir la confiance entre la population et les forces de l’ordre »

3 La formation initiale actuelle privilégie la notion d’usage de la force et la formation permanente est quasi inexistante, comme l’explique Sébastien Roché

1 Si vous dites : “l’État a le monopole de la violence légitime.” On n’a pas dit grand chose quand  on a dit ça, on a dit une absurdité même exactement… Il ne s’agit pas de reprocher au personnel politique, voire aux journalistes, de ne pas connaître cet arrière-plan de la définition de Weber mais ce qui est irritant, c’est cette manière d’appeler une autorité scientifique, c’est un grand nom, pour dire une absurdité. » Catherine Colliot-Thélène, philosophe spécialiste de Max Weber   France Culture 10/08/2020. À cette absurdité s’ajoute la manipulation. Il n’est pas inintéressant à cet égard de remarquer que Max Weber a été dans l’entre-deux-guerres inspirateur de beaucoup de pourfendeurs de la démocratie.

2 « Elle doit le faire de manière proportionnelle, elle doit le faire de manière encadrée. Que quelques personnes le fassent en dehors des règles déontologiques, la sanction doit être immédiate » G. Darmanin, à la suite de la phrase précédemment citée

3 Alexandre Benalla fait maintenant fructifier son entreprise grâce à sa notoriété gagnée à l’aide de sa capacité à manier l’illégalité, à mentir publiquement et à ridiculiser les élus. Toujours protégé, il continue secrètement à être utilisé par la Présidence dans le cadre de négociations sur des achats d’armes avec des dirigeants africains.

4 « Police, illégitime violence » film de Marc Ball : en décembre 2015, dix-huit jeunes du 12e arrondissement de Paris déposaient pour la première fois en France une plainte collective contre les agissements et violences exercés à leur encontre par onze policiers d’un groupe de sécurisation de quartier se faisant appeler « Les Tigres ».

5 « «  Gazer, mutiler, soumettre «  Politique de l’arme non létale » Paul Rocher – La fabrique éditions – 1er trimestre 2020

6 Expression qui vient en écho au titre du livre d’Antoine Langlois, responsable du syndicat de police Vigie « L’ennemi de l’intérieur, dérives et dysfonctionnements de la police nationale » Studios Talma- Novembre 2019

 

 

 

 

 

Dates à retenir

Du 3 au 20 novembre : Festisol – festival des solidarités, à la Maison des Citoyens du Monde

Vendredi 20 novembre : Projection-débat de La Sociale organisée au Forum d’Orvault par la section d’ Orvault de la CSF avec Jean-Luc Landas, de la LDH

Samedi 21 novembre : Assemblée générale de la LDH Nantes et pays nantais

Mercredi 25 novembre : Marche contre les violences faites aux femmes

 

 

Les communiqués locaux de juillet à septembre

Appel à rassemblement Personne à la rue ! samedi 4 juillet à 15H Place Royale à Nantes

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Pour la libération immédiate de Salah Hamouri

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« Pour la régularisation des personnes sans papiers »

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Après l’état d’urgence sanitaire… L’urgence toujours pour les sans-abris et mal logés. Rassemblement suivi d’une déambulation le lundi 24 août à 14h15, aux Nefs (site de l’éléphant)

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Projection-débat du film « Un pays qui se tient sage » – le jeudi 17/09

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Rencontre ouverte – Université d’été des mouvements sociaux et des solidarités 2021 – mercredi 23/09

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Invitation Fête des voisins vendredi 25 septembre de 17h à 20H30

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Ciné-débat Film La Sociale

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Les communiqués de presse nationaux de juillet à septembre

 

« Vérité et justice », tribune et pétition à l’initiative de la LDH sur Libération

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« Rétention : la justice se rend à l’intérieur »,communiqué de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE)

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« À Bruxelles comme à Paris, endiguer le virus du libre-échange », tribune collective signée par Malik Salemkour

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« Nouveaux droits pour les jeunes précaires : « Il y a urgence ! » », tribune collective signée par Malik Salemkour

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FIDH – Hong Kong : La loi sur la sécurité nationale renforce le régime autoritaire de Pékin

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« Stop à la haine raciste », communiqué LDH

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Il est temps d’arrêter les prolongations sécuritaires, lettre ouverte de l’Observatoire des libertés et du numérique (OLN)

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Position prise par le Forum Civique Européen après la réunion du Conseil européen sur le budget pluriannuel

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« L’œil du cyclone », tribune de Malik Salemkour publiée dans Mediapart

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« Stop aux expulsions de campements, squats et bidonvilles » : lettre collective

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Communiqué commun – Amende forfaitaire pour usage de drogues : une illusoire fermeté pour de réels effets pervers

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En soutien à Danièle Obono, contre le racisme décomplexé de Valeurs Actuelles

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« La ratification universelle de la Convention contre les disparitions forcées est urgente », tribune collective signée par Malik Salemkour publiée sur Libération

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Le régime égyptien se venge de l’activiste Bahey eldin Hassan

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Le sommet mondial sur le développement doit se concentrer sur les droits humains

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Plan de relance : les plus précaires, une fois de plus ignorés !

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Lettre ouverte de plus de 200 organisations, signée par la LDH : Le sommet mondial sur le développement doit se concentrer sur les droits humains

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Arrêté préfectoral indigne contre les actions de solidarité à Calais : communiqué LDH

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Appel pour l’évacuation immédiate de Moria

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« Algérie : appel « pour la libération des détenus du Hirak » », tribune collective signée par Malik Salemkour, publiée sur Le Monde le 17 septembre 2020

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« Des “risques majeurs sur le climat” : des ONG réclament l’abandon de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur », tribune collective signée par Malik Salemkour publiée sur Franceinfo

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Le gouvernement continue de mettre en danger la santé des personnes enfermées en rétention : poursuites et condamnations pour refus de tests CPR

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La LDH attaque en justice le nouveau schéma de maintien de l’ordre

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« Pour que le Briançonnais reste un territoire solidaire avec les exilés », Tribune collective publiée sur Libération

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« Droit à l’avortement : un combat sans fin » : communiqué LDH

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Deux pétitions pour une évacuation immédiate du camp de Moria

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Préoccupations des ONG concernant l’objectif d’amener à 30% le taux d’aires protégées et l’absence de garanties pour les communautés locales et peuples autochtones

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« Lettre ouverte au président de la République », tribune de Malik Salemkour, président de la LDH

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