La Gazette Mai 2021

Cliquez ici pour télécharger la version pdf

Retrouvez les gazettes des mois précédents

« La culture est une arme de paix. » Cet oxymore de l’artiste perpignanais Maxime Gralet résume en quelques mots la substance de cette Gazette numéro 21 : Patrice nous présente l’ICAN, Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires. Emmanuel et Élodie dressent un état des lieux de la culture en France et à Nantes depuis le début de la pandémie, et racontent la force des prises de parole quotidiennes sur les marches du théâtre Graslin, par tous ceux qui luttent contre les privilèges et l’exclusion et qui veulent un monde plus juste.

Cette Gazette paraît au lendemain de mobilisations de masse pour une vraie loi Climat et une société plus égalitaire, sans oublier les nombreux rassemblements dans toute la France en soutien au peuple palestinien.

La culture est une arme de paix. Tout est dit.

Bonne lecture !

 

Photos Élodie Retière

SOMMAIRE

A revoir / réécouter

Tribunes militantes :
La culture, carrefour des mobilisations

ICAN pour le désarmement et l’interdiction de l’arme nucléaire

Dates à retenir

Les communiqués locaux

Les communiqués nationaux

A revoir / réécouter :

Le droit à la culture : la section de Nantes et du pays nantais de la LdH sur Jet FM en avril 2021

Des libertés entravées, une démocratie ébranlée : webinaire du mercredi 28 avril 2021 avec Vanessa Codaccioni

« Amnistie pour les coronamendes » : interview de Marc Depriester pour la section et de Magali Béarnais de la section nantaise du SAF sur Alternantes

TRIBUNES MILITANTES

La culture, carrefour des mobilisations

Élodie Retière et Emmanuel Siret

« Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent ».

L’article 27 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen nous promet un droit d’accès à la culture… Qu’en est-il depuis plus d’un an ?

Lors du premier confinement, la grande majorité des activités ont dû cesser. L’automne et les mois qui ont précédé le deuxième confinement ont permis à un grand nombre de secteurs, dont le spectacle vivant, de mettre en place des protocoles respectant les mesures sanitaires nécessaires et imposés. Un deuxième confinement a passé, et le gouvernement, soucieux de faire tourner l’économie, a permis aux gens de retrouver le chemin du travail, avec le respect d’un protocole sanitaire strict. Les artistes avaient alors la possibilité de répéter mais aucune représentation n’était autorisée. Les salles de concert, les théâtres et les cinémas sont restés fermés. Les lieux de culte, ouverts.

À la mi-décembre, les activités ont pu reprendre, fortes des mesures qu’elles avaient su mettre en place auparavant et sûres de pouvoir continuer à s’adapter. Ce ne fut pas le cas du secteur culturel. Ainsi depuis le mois de novembre, la vie culturelle ne vit plus que par le prisme du numérique et des plateformes qui le gèrent. Ainsi l’expression, la rencontre, le partage, la représentation, la discussion, la confrontation, que permet la pratique culturelle sont proscrits.

L’incompréhension règne dans le secteur du spectacle, habitué à gérer les lieux culturels et les actions avec de nombreuses mesures de sécurité.
Les rames de métro sont bondées. Les gens sont agglutinés dans les supermarchés. Qu’est-ce qui empêche la réouverture des lieux culturels ?

L’annonce d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage pour le mois de juillet, laissant de plus en plus de précaires sur le carreau, accentue la colère des professionnels de la culture.

Depuis l’occupation par une quarantaine d’artistes au théâtre de l’Odéon, début mars, c’est maintenant plus de 100 lieux occupés en France (105 lors de l’écriture de cet article), et à ceux-là s’ajoutent des lieux culturels situés à Milan, Naples, Athènes et maintenant Rome.

Ce mouvement ne cesse de s’amplifier et au-delà des revendications culturelles, c’est toute une convergence des luttes qui se met en place.

À Nantes, devant l’Opéra Graslin, on assiste à des temps d’agora quotidiens. En début d’après-midi, le micro est ouvert à qui veut passer son coup de gueule, pousser la chansonnette, réciter un poème, ou simplement faire part de ses états d’âmes. Des infirmières en colère, des étudiants, des retraités, des chômeurs se succèdent au micro. C’est devenu un rendez-vous immanquable pour certains, dernier endroit public où l’on peut encore se réunir et partager des instants de vie.

Lors des manifestations, les marches de l’opéra deviennent la scène sur laquelle s’expriment les revendications des syndicats et associations pour le droit au logement, pour une vraie loi climat, contre la loi de sécurité globale, contre la fermeture de lits au CHU. À défaut de pouvoir faire valoir son droit, la culture fait corps avec le cortège des colères qui animent nos concitoyens.

Pendant que Roselyne Bachelot remet la Légion d’honneur à Michel Sardou, auteur compositeur interprète du « Temps béni des colonies », qu’une dizaine de parlementaires dénoncent une « exhibition sexuelle » de Corinne Masiero aux César, nous attendons toujours que le gouvernement s’engage et nous permette d’envisager l’exercice de notre droit à la culture, et ce n’est pas la réouverture annoncée au 19 mai qui va suffire à calmer les tensions.

Comme les professionnels du spectacle l’ont rappelé lors de la manifestation du 23 avril dernier, ainsi qu’au 1er mai : sans un plan de relance pour l’emploi culturel, sans une prolongation de l’année blanche et sans le retrait du projet de la réforme de l’assurance chômage, il n’y aura pas de reprise digne de ce nom. Sans réponse claire du gouvernement, les professionnels sont déterminés à poursuivre les occupations de lieux culturels et les manifestations.

ICAN pour le désarmement et l’interdiction de l’arme nucléaire

Patrice Leportier, Membre de la LDH et d’ICAN

L’opinion publique se concentre et à juste titre sur le COVID et ses conséquences sur la vie, sur la précarité sociale. Il y a la réforme des retraites, les droits en cas de chômage, les lois liberticides. Et l’environnement… Certains scientifiques évoquent la collapsologie et il est vrai que le premier droit humain est le fait d’avoir droit à la vie, droit de ne pas disparaître, de pouvoir exister. En une centaine d’années, plusieurs incidents ont failli provoquer l’holocauste nucléaire : tension USA / Cuba – URSS (1962), tension sino-soviétique de 1969, accident technique (1983)1, conflits régionaux entre Israël et l’Egypte ou l’Inde et le Pakistan. Les stocks nucléaires, la diffusion de cette arme, les procédures automatiques d’alertes sont une menace absolue et permanente à la vie.

Ce serait une terrible catastrophe

Il reste des milliers d’armes nucléaires dans le monde en dépit de la fin de la guerre froide. La détonation d’une seule bombe sur une grande ville pourrait tuer plus d’un million de gens. Des dizaines ou des centaines de bombes provoqueraient une brusque rupture climatique qui affecterait durement l’agriculture en causant des famines. Quelle que soit l’ampleur d’une attaque nucléaire, aucune aide humanitaire adéquate n’est possible.

Aucune capacité de réponse adéquate

Les armes nucléaires détruiraient l’infrastructure sociale nécessaire pour la reconstruction après un conflit. Les systèmes de communication et les moyens de transport, les hôpitaux et les pharmacies seraient tous en ruines dans une zone de destruction complète s’étendant sur des kilomètres. Ceux qui voudraient tenter de venir en aide aux malades ou aux blessés seraient exposés à des niveaux élevés de radioactivité, et risqueraient leur propre vie. Il ne serait possible nulle part dans le monde de fournir une réponse efficace, ce qui met en évidence la nécessité absolue de l’abolition nucléaire.

ICAN veut dire Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons). Dans notre pays, c’est une association de type 1901 créée en 2009 issue d’une autre association, Campagne française pour le désarmement nucléaire. Les membres sont plus de 50 ONG, dont la LDH et des adhérents individuels.

ICAN a pour objectifs généraux :

1. Reconnaître que toute utilisation des armes nucléaires aurait des conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques

2. Reconnaître qu’il existe un impératif humanitaire d’interdire les armes nucléaires, même pour les États qui ne possèdent pas ces armes.

3. Reconnaître que les Etats dotés d’armes nucléaires ont une obligation de les éliminer complètement

4. Agir immédiatement pour soutenir un processus multilatéral de négociations d’un traité interdisant les armes nucléaires

Du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est un traité international conclu en 1968 et signé par un grand nombre de pays. Il vise à réduire le risque que l’arme nucléaire se répande à travers le monde, et son application est garantie par l’AIEA.

Dans ce traité, il y a les « États dotés d’armes nucléaires » (EDAN) et les « États non dotés d’armes nucléaires » (ENDAN).

Le TNP repose sur trois piliers principaux implicites :

  • des engagements de non-prolifération nucléaire : les EDAN s’engagent à ne pas transférer d’armes nucléaires à quiconque, en même temps les ENDAN s’engagent à ne pas acquérir d’armes nucléaires et à placer toutes leurs installations nucléaires sous garanties de l’AIEA ;

  • des engagements de coopération sur les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et des applications nucléaires ;

  • des engagements de désarmement : les EDAN s’engagent à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures relatives au désarmement nucléaire et tous les États s’engagent à progresser vers un traité de désarmement général et complet sous contrôle international strict et efficace.

Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN)

Les États parties au TIAN s’interdisent la mise au point, l’essai, la production, le stockage, le transfert, l’utilisation et la menace de l’utilisation d’armes nucléaires. Le seuil de cinquante ratifications est franchi le 24 octobre 2020. Le traité entre en vigueur 90 jours plus tard, soit le 22 janvier 2021. À l’heure actuelle, 127 États ont formellement rejoint l’Engagement.

Le TIAN n’est soutenu par aucun pays détenteur de l’arme nucléaire (États-Unis, Royaume-Uni, Russie, France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël).

L’ICAN compte que l’impact de l’entrée en vigueur du TIAN sur les États non parties au traité soit réel : « les acteurs politiques vont devoir se justifier sur la conservation d’armes illégales et ne pourront plus prétendre respecter le droit international ou encore être un État responsable ».

ICAN FRANCE entreprend actuellement une action pour le TIAN auprès des Maires, conseils municipaux et d’agglomérations, pour qu’ils signent un appel à l’interdiction. Le but est d’en faire parler et de mettre les pays refusant de le signer face à leur opinion publique.

1 Le 26 septembre 1983, un satellite soviétique annonce 5 tirs de missiles américains. La chaîne de transmission militaire de l’information décide de transmettre qu’il s’agissait d’une fausse alerte ce qui n’a pas amené de réponse nucléaire de l’URSS.

Date à retenir

Jeudi 10 juin à 20h : Représentation du spectacle « Les porteurs d’espoir » à la la salle Le 23 (23 Rue Villebois Mareuil à Nantes)

 

Photo Xavier Curtat

Les communiqués locaux davril et mai

Le droit à la culture : la section de Nantes et du pays nantais de la LDH sur Jet FM A lire ici

Vendredi 23 avril Place Graslin – 17h : table LDH après manifestation contre emploi précaire et réforme de l’assurance chômage A lire ici

Invitation webinaire mercredi 28 avril – 18h30 : des libertés entravées, une démocratie ébranlée A lire ici

Pour les droits, les libertés, l’égalité et la solidarité… Le 1er mai

A lire ici

Loi climat, la marche d’après le dimanche 9 mai

A lire ici

Rassemblement Nantes 15 mai. Jérusalem, escalade des violences contre les Palestiniens, la France et l’Union européenne doivent agir !

A lire ici

Les derniers communiqués de presse nationaux

3 mai 2021. Pas d’asile sans accueil digne : non à la privation des conditions matérielles d’accueil pour les personnes demandeuses d’asile A lire ici

3 mai 2021. Des associations demandent une enquête de l’ONU sur les violations des droits des mineurs non accompagnés en France A lire ici

5 mai 2021. Tchad : harcèlement à l’encontre de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme A lire ici

6 mai 2021. La LDH soutient le film « en route pour le milliard » de Dieudo Hamadi

A lire ici

7 mai 2021. Appel aux sénateurs pour apporter un soutien au mouvement LGBT+ mondial dans le cadre du vote de la loi « développement solidaire » A lire ici

7 mai 2021. Fin de la trêve hivernale A lire ici

7 mai 2021. Pas de profit sur la pandémie A lire ici

10 mai 2021. Journée égyptienne de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, à l’occasion des 20 ans de l’affaire du Queen Boat/ Cairo 52 en Egypte

A lire ici

10 mai 2021. L’accès au vaccin pour toutes et tous passe aussi par la suspension des brevets

A lire ici

11 mai 2021. Loi « confortant les principes de la République »

A lire ici

12 mai 2021. 1871-2021 : Elle est vivante. Vive la commune

A lire ici

12 mai 2021. Jérusalem, escalade des violences contre les Palestiniens, la France et l’Union européenne doivent agir

A lire ici

Retrouvez tous les autres communiqués de presse nationaux ici : https://www.ldh-france.org/