Communiqué de presse LDH Nantes et pays nantais : Quand l’État mobilise police et justice pour une boule puante

Communiqué de presse

Nantes, le 23 juin 2026

Quand l’État mobilise police et justice pour une boule puante : une disproportion qui interroge sur les priorités gouvernementales

Le 25 juin 2025, « J. » participait à une action d’Extinction Rébellion visant à « perturber les soldes et alerter sur les impacts sociaux et écologiques désastreux de la fast-fashion ». « Cette action consistait en un versement de quelques gouttes d’un produit visant à diffuser une forte odeur incommodante »[1] dans deux magasins du centre ville de Nantes. Une lettre d’excuses et des bonbons étaient déposés en caisse à l’attention des employé·es et des affiches étaient posées expliquant le but de l’action au public. L’action se déroulait à visage découvert. L’un des magasins a été amené à fermer temporairement ses portes.

Sept mois plus tard, le 25 janvier, à 6 heures du matin, quatre policiers, armés et équipés de gilets pare-balles, frappaient à la porte du domicile de J., fouillaient sa chambre, en vidant les tiroirs pour trouver les vêtements qu’elle portait lors de cette action (la perquisition avait été ordonnée afin de « prévenir tout risque de disparition des preuves »[2]), et son bureau pour prendre son ordinateur. Selon ses dires, J. ne se souvenait même pas de cette action et pensait surtout à ses jeunes enfants brutalement réveillés et qui voyaient leur mère emmenée par les policiers.

Le 4 juin 2026, elle passait en procès au tribunal de Nantes,  accusée d’avoir volontairement dégradé des vêtements et du mobilier dans trois magasins, avoir volontairement déversé un liquide insalubre dans des lieux non autorisés et avoir refusé le prélèvement d’ADN et la prise d’empreintes.

Lors de l’audience, elle reconnaissait avoir déposé des gouttes d’un liquide composé d’huile essentielle d’ail et d’acide butyrique (composant des fameuses boules puantes) dans le premier magasin uniquement.

Son avocat a pu démontrer qu’il n’existait aucune preuve de la dégradation des biens, ni du caractère « insalubre » et encore moins corrosif de la substance utilisée. Il a plaidé la liberté d’expression dont les actions de désobéissance civile relèvent. Il a également plaidé l’« état de nécessité » face à l’urgence à agir qui permet de ne pas considérer pénalement responsable la personne qui a accompli un acte nécessaire à la protection d’une personne ou d’un bien (ici l’humanité toute entière).

Le tribunal a relaxé J. des faits de dégradation et de dépôt de liquide insalubre, et a débouté en conséquence les magasins de leurs demandes de dommages et intérêts qui s’élevaient à plus de 20 000 euros. Mais il a tout de même condamné J. à deux fois 250 euros d’amende avec sursis pour refus d’ADN et d’empreintes, ce qui laisse planer sur elle une menace permanente alors même que sa relaxe démontre que ces exigences de prélèvements étaient dénuées de fondement.

Comment ne pas mettre en regard l’importante mobilisation des moyens de la police (enquête, perquisition, garde à vue…) et de la justice (procureur, juges, greffiers, avocats…) pour le procès lui-même avec l’absence ou la faiblesse des dommages qui sont reprochés à cette militante ?

La disproportion est énorme entre cette mobilisation et l’action de protestation symbolique et non violente contre les effets délétères de la fast-fashion. Elle interroge sur les priorités d’action données à la police et la justice.

Elle s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années à instrumentaliser la justice en poursuivant les défenseurs de l’environnement coûte que coûte, même lorsque le pourvoi du parquet n’a aucune chance d’aboutir, surchargeant ainsi inutilement les tribunaux. Ce sont ces procédures-bâillons qui visent à décourager les militantes et les militants et épuiser les associations. On peut rappeler ainsi que, sur Nantes, un militant de « Dernière Rénovation » a été poursuivi pour des jets de peinture à l’eau sur les marches de la préfecture. Relaxé en première instance, il a été poursuivi par le parquet en appel, puis en cassation, alors même que le dossier était vide.

À l’heure où les enjeux des limites planétaires sont de plus en plus aigus, est-il admissible que la répression des mouvements écologistes, à l’instar des mouvements sociaux, soit une priorité de l’État alors que de graves atteintes aux personnes, comme les violences sexuelles, restent traitées de façon secondaire ?

Il est temps de faire toute la clarté sur l’affectation des moyens aux différentes missions de police et de justice et de débattre démocratiquement des priorités de l’État en la matière.

« La justice doit pouvoir enfin travailler dans des conditions qui lui donnent une efficacité pleine et entière, au service des femmes, des hommes et des enfants et, dans le respect de l’État de droit, garantir les libertés publiques, la sécurité de toutes et tous. »[3]


[1][1] Communiqué de presse d’Extinction Rébellion du 15 mai 2026

[2][2] Ordonnance de perquisition datée du 5 février 2026

[3][3] Communiqué de la LDH du 8 juin 2026 « Lyhanna : oui à la justice, halte à la démagogie » : https://www.ldh-france.org/lyhanna-oui-a-la-justice-halte-a-la-demagogie/

Mobilisation 11 février – 11h – Nort-sur-Erdre – Contre la loi Duplomb 2 et pour préserver l’eau potable

La LDH, section de Nantes et du pays nantais, appelle à la

Mobilisation pour la mise en place de pratiques agricoles respectueuses du vivant,

contre la ré-autorisation de pesticides interdits et pour l’interdiction de l’usage des pesticides dans les aires de captage d’eau potable

Mercredi 11 février à Nort-sur-Erdre à 11h devant l’usine de traitement d’eau Plessis Pas Brunet (parking Cap Nort à 1km)

Le 11 février, est le jour où l’Assemblée nationale doit débattre de la pétition citoyenne (plus de 2 millons de signataires) contre la première loi “Duplomb” déjà adoptée en majeure partie.

Le sénateur Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi, dite Loi Duplomb 2, visant à réautoriser deux pesticides qui avaient été interdits et retirés de la première loi par le Conseil d’Etat.

Cette mobilisation à Nort-sur-Erdre participe de la mobilisation nationale des 7 et 8 février et près de l’Assemblée nationale le 11 février.

En outre, le 12 février, sera examinée par l’Assemblée, une proposition de loi visant l’interdiction des pesticides dans les aires de captage d’eau potable, texte déposé par le député local de Loire-Atlantique.

Pour plus d’information :

Mobilisation nationale intitulée Rassemblons-nous pour protéger notre santé, l’environnement et les paysans ! qui prolonge la mobilisation contre la loi Duplomb initiale : https://linktr.ee/mobilisation_agri_alim

Chronique LDH de juin sur JetFM : l’écologie

Le vivant est menacé, les rapports scientifiques abondent pour le prouver.

Pour autant et malgré la multiplication des signaux d’alarmes, les forces politiques et économiques en place rechignent à faire dévier la dangereuse trajectoire de leurs objectifs comptables. Le tout nouveau groupe de travail « Écologie et droits » de la LDH Nantes et pays nantais souhaite aborder des enjeux locaux et nationaux de la défense du vivant, étroitement associés aux droits de chacune et chacun à vivre dans un environnement sain, égalitaire et inspirant.

Lien d’écoute : https://www.jetfm.fr/depot/Saison_24-25/LaChroniqueLDH/Chronique_LDH_Juin_2025_Ecologie.mp3    

Pièce de théâtre militante « Simples p(r)pêcheurs » au théâtre du Point Rouge à Divatte sur Loire – la Chapelle Basse Mer (44), mardi 22 avril. Venez nombreux !

Le collectif Gigaphone présente la pièce « Simples p(r)pêcheurs » au théâtre du Point Rouge à Divatte sur Loire – la Chapelle Basse Mer, mardi 22 avril à 20h30, ouverture des portes à 20h. Tarif 10€ – cf ci-dessous.

Confrontées à la bétonisation envahissante de leur village de Sainte Sandrine, deux pêcheuses décident de se réfugier sur une île tranquille et isolée. Mais elles y sont bientôt rattrapées par la pollution inexorable des océans et un projet de Flaques Artificielles salées à Sainte Sandrine (*) pour y installer une pisciculture de thons garantis sans mercure… Mais que peuvent faire deux simples p(r)êcheuses pour sauver leur village et l’océan ? Comment agir ? Réussiront-elles ? Échapperont-elles à la répression des autorités ? Toutes ces questions et bien d’autres sont abordées dans cette pièce qui mêle l’espoir à l’écolucidité et l’humour à la révolte.
(*) NB toute similitude avec des projets de Bassines Artificielles dans le secteur de Sainte Soline serait etc etc…

La représentation sera suivie d’un échange avec des militants de la LDH – section de Nantes et pays nantais.

Rejoignez-nous nombreux à cette soirée !

Amitiés ligueuses

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Simples P(r)êcheurs

C’est l’histoire de deux pêcheuses qui ont envie de changer le monde, ou plus modestement, de sauver leur village d’un TERRIBLE fléau écologique : les Flaques Artificielles.
Le collectif Gigaphone est un collectif d’artistes ligériennes associant le théâtre, le théâtre d’objet et la radio. Leurs spectacles L’An01, Simples P(r)êcheurs, Un faible degré d’originalité sont teintés d’absurde et parsemés de blagues et de réflexions sur l’avenir des humains et de la planète. 

Lien de réservation :

https://www.helloasso.com/associations/collectif-gigaphone/evenements/simples-p-r-echeurs