Communiqué de presse LDH Nantes et pays nantais : Quand l’État mobilise police et justice pour une boule puante

Communiqué de presse

Nantes, le 23 juin 2026

Quand l’État mobilise police et justice pour une boule puante : une disproportion qui interroge sur les priorités gouvernementales

Le 25 juin 2025, « J. » participait à une action d’Extinction Rébellion visant à « perturber les soldes et alerter sur les impacts sociaux et écologiques désastreux de la fast-fashion ». « Cette action consistait en un versement de quelques gouttes d’un produit visant à diffuser une forte odeur incommodante »[1] dans deux magasins du centre ville de Nantes. Une lettre d’excuses et des bonbons étaient déposés en caisse à l’attention des employé·es et des affiches étaient posées expliquant le but de l’action au public. L’action se déroulait à visage découvert. L’un des magasins a été amené à fermer temporairement ses portes.

Sept mois plus tard, le 25 janvier, à 6 heures du matin, quatre policiers, armés et équipés de gilets pare-balles, frappaient à la porte du domicile de J., fouillaient sa chambre, en vidant les tiroirs pour trouver les vêtements qu’elle portait lors de cette action (la perquisition avait été ordonnée afin de « prévenir tout risque de disparition des preuves »[2]), et son bureau pour prendre son ordinateur. Selon ses dires, J. ne se souvenait même pas de cette action et pensait surtout à ses jeunes enfants brutalement réveillés et qui voyaient leur mère emmenée par les policiers.

Le 4 juin 2026, elle passait en procès au tribunal de Nantes,  accusée d’avoir volontairement dégradé des vêtements et du mobilier dans trois magasins, avoir volontairement déversé un liquide insalubre dans des lieux non autorisés et avoir refusé le prélèvement d’ADN et la prise d’empreintes.

Lors de l’audience, elle reconnaissait avoir déposé des gouttes d’un liquide composé d’huile essentielle d’ail et d’acide butyrique (composant des fameuses boules puantes) dans le premier magasin uniquement.

Son avocat a pu démontrer qu’il n’existait aucune preuve de la dégradation des biens, ni du caractère « insalubre » et encore moins corrosif de la substance utilisée. Il a plaidé la liberté d’expression dont les actions de désobéissance civile relèvent. Il a également plaidé l’« état de nécessité » face à l’urgence à agir qui permet de ne pas considérer pénalement responsable la personne qui a accompli un acte nécessaire à la protection d’une personne ou d’un bien (ici l’humanité toute entière).

Le tribunal a relaxé J. des faits de dégradation et de dépôt de liquide insalubre, et a débouté en conséquence les magasins de leurs demandes de dommages et intérêts qui s’élevaient à plus de 20 000 euros. Mais il a tout de même condamné J. à deux fois 250 euros d’amende avec sursis pour refus d’ADN et d’empreintes, ce qui laisse planer sur elle une menace permanente alors même que sa relaxe démontre que ces exigences de prélèvements étaient dénuées de fondement.

Comment ne pas mettre en regard l’importante mobilisation des moyens de la police (enquête, perquisition, garde à vue…) et de la justice (procureur, juges, greffiers, avocats…) pour le procès lui-même avec l’absence ou la faiblesse des dommages qui sont reprochés à cette militante ?

La disproportion est énorme entre cette mobilisation et l’action de protestation symbolique et non violente contre les effets délétères de la fast-fashion. Elle interroge sur les priorités d’action données à la police et la justice.

Elle s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années à instrumentaliser la justice en poursuivant les défenseurs de l’environnement coûte que coûte, même lorsque le pourvoi du parquet n’a aucune chance d’aboutir, surchargeant ainsi inutilement les tribunaux. Ce sont ces procédures-bâillons qui visent à décourager les militantes et les militants et épuiser les associations. On peut rappeler ainsi que, sur Nantes, un militant de « Dernière Rénovation » a été poursuivi pour des jets de peinture à l’eau sur les marches de la préfecture. Relaxé en première instance, il a été poursuivi par le parquet en appel, puis en cassation, alors même que le dossier était vide.

À l’heure où les enjeux des limites planétaires sont de plus en plus aigus, est-il admissible que la répression des mouvements écologistes, à l’instar des mouvements sociaux, soit une priorité de l’État alors que de graves atteintes aux personnes, comme les violences sexuelles, restent traitées de façon secondaire ?

Il est temps de faire toute la clarté sur l’affectation des moyens aux différentes missions de police et de justice et de débattre démocratiquement des priorités de l’État en la matière.

« La justice doit pouvoir enfin travailler dans des conditions qui lui donnent une efficacité pleine et entière, au service des femmes, des hommes et des enfants et, dans le respect de l’État de droit, garantir les libertés publiques, la sécurité de toutes et tous. »[3]


[1][1] Communiqué de presse d’Extinction Rébellion du 15 mai 2026

[2][2] Ordonnance de perquisition datée du 5 février 2026

[3][3] Communiqué de la LDH du 8 juin 2026 « Lyhanna : oui à la justice, halte à la démagogie » : https://www.ldh-france.org/lyhanna-oui-a-la-justice-halte-a-la-demagogie/

Distribution tracts et livret samedi 27 juin 14h Couëron. Manifestation contre la venue du Rassemblement national ce samedi 27 juin – 14 h

Sera distribué aux couëronnais et couëronnaises le tract ci-dessous qui avait été fait par le Collectif untaire Nantais contre les idées et les actes des extrêmes droites et donné des exemplaires du Livret S’outiller face aux idées des extrêmes droites.

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À Couëron, une manifestation annoncée contre la venue du Rassemblement national ce samedi 27 juin, à 14 h

Une mobilisation citoyenne est organisée ce samedi 27 juin à Couëron, à 14 h, devant la mairie, avant de rejoindre, à 15 h, la salle de la Fraternité. Objectif : protester contre la tenue d’une réunion de circonscription du Rassemblement national.

Une mobilisation citoyenne est organisée ce samedi 27 juin à Couëron, à 14 h devant la mairie, avant de rejoindre, à 15 h, la salle de la Fraternité pour protester contre la tenue d’une réunion de circonscription du Rassemblement national. Photo d’illustration. | HANS LUCAS VIA AFP

Ouest-France

Stéphanie Lambert Publié le 23/06/2026 à 20h34

Une manifestation cont re la venue du Rassemblement national (RN) à Couëron est annoncée ce samedi 27 juin. La manifestation débutera à 14 h, devant l’hôtel de ville, avant de rejoindre, à 15 h, la salle de la Fraternité, où doit se tenir une réunion de circonscription organisée dans la commune. Une première.

À l’appel de la liste d’opposition Couëron solidaires & engagée ! (ex-majorité), soutenue notamment par le PS, LFI, les communistes et les écologistes, les participants souhaitent dénoncer la tenue de cette réunion politique. Les organisateurs affirment vouloir une mobilisation non violente et digne contre ce qu’ils qualifient de banalisation de l’extrême droite. D’autres collectifs citoyens et antifascistes sont attendus.

Lire aussi : Coup de théâtre à Couëron : le conseil municipal, électrique, débouche sur le rejet du compte financier 2025

« Reconnu par le ministère de l’Intérieur »

La question a animé le conseil municipal lundi 22 juin. L’opposition de gauche, par la voix de Ludovic Joyeux (PS), a demandé au maire Axel Casenave (divers droite) d’interdire la réunion, estimant que le RN n’est représenté ni au conseil municipal ni dans la commune. Une demande rejetée par l’exécutif municipal.

Pour le maire, rien ne justifie cette interdiction au prétexte que le RN, dont il ne partage pas les valeurs, est un parti légalement reconnu par le ministère de l’Intérieur. La majorité assure par aill eurs avoir appliqué les mêmes règles que pour les autres formations politiques, la salle ayant été mise à disposition dans les conditions habituelles.

Cette mobilisation intervient dans un contexte tendu dans l’agglomération nantaise. Ces derniers mois, plusieurs rassemblements liés au RN ont suscité des contestations, notamment à Nantes et à Orvault. À Saint-Herblain, une réunion du Parti avait finalement été annulée sur fond de risques de troubles à l’ordre public.

Ce samedi 27 juin, à 14 h devant la mairie puis à 15 h, devant la Salle de la Fraternité.

https://www.ouest-france.fr/politique/rassemblement-national/a-coueron-une-manifestation-annoncee-contre-la-venue-du-rassemblement-national-ce-samedi-27-juin-a-14-h-2cf91ba0-6f25-11f1-a6cc-3a2a661228b1?utm_source=newsletter_of_quotidienne&mgo_eu=2208517&mgo_l=Zk4_dOfQSpC1t8AouDjr8A.5.1&utm_content=20260624&utm_campaign=prc_nl_actu_en-direct-de-votre-commune&utm_medium=email&utm_term=840042&vid=2208517&mediego_euid=2208517

Chronique LDH de mai sur JetFM : Le Congrès

Du 23 au 25 mai 2026 s’est tenu le congrès national de la LDH. Cet évènement, qui se déroule tous les deux ans, était cette année accueilli par Rennes.

Cette chronique est l’occasion de présenter ce qu’est un congrès de la LDH, ce qu’on y fait, pourquoi on le fait et avec qui !

Et notamment, comment la section nantaise se mobilise, participe et contribue au Congrès et aux prises de positions et stratégies qui en sortiront.

À l’inverse, on s’interroge sur ce que le Congrès apporte à notre section.

Bonne écoute !

Communiqué LDH Pays de la Loire : La LDH dénonce les choix budgétaires du Conseil Régional

Une autre politique est possible. 

La majorité au Conseil Régional présidée par Christelle Morançais dit vouloir privilégier les investissements et freiner l’endettement. Pour cela elle fait année après année des choix budgétaires pour le moins étonnants. Pour cette majorité au Conseil Régional, l’humain serait donc une dette et la finance au seul profit des entreprises un investissement. C’est le monde à l’envers : cette politique vide méthodiquement nos villes et nos campagnes de ses services publics.

Ainsi la région fait le choix d’aider l’État à fermer des classes en commençant par supprimer des aides au transport scolaire. C’est le droit à un accès libre et gratuit à l’éducation dans des classes non surchargées qui risque ainsi d’être sacrifié.

La suppression annoncée des aides au transport scolaire par la région des Pays de la Loire s’inscrit dans une volonté d’affaiblir l’autonomie et la démocratie qui sont à l’œuvre dans nos campagnes. En effet, afin de maintenir des classes ouvertes dans les villages, le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) se décide à partir d’un dialogue étroit entre les communes concernées et le ministère de l’éducation. Cette coupe budgétaire de la région, en affaiblissant financièrement ces petites communes, est un non-sens pour les familles qui résident en zone rurale et qui réclament plus de démocratie et de services publics de proximité.

Parce que cette absence d’aide risque de se traduire par une augmentation du coût du transport pour les familles que les communes ne pourront pas financer à la même hauteur que la région. Parce que c’est une remise en cause du soutien des RPI par une partie des collectivités cela  risque d’entraîner des fermetures de petites écoles mais aussi des fermetures de classes.

Pour rappel, Mme Morançais et sa majorité ont déjà voté une suppression des aides de 82 millions d’euros en 2025 et, de nouveau, 15,6 millions d’euros d’« économies » en 2026. Ces coupes budgétaires touchent principalement le monde associatif et pénalisent les plus fragiles. 

C’est par exemple :

·       la suppression des transports porte à porte pour les personnes à mobilité réduite,

·       l’augmentation des coûts des transports de la région (ALEOP, TER, car et transport scolaire) sans compensation pour les usagers,

·       la suppression des aides à la formation aux soins infirmiers,

·       des lieux d’accueil pour les femmes victimes de violences qui ferment en zone rurale,

·       des actions culturelles qui sont abandonnées faute de moyens,

·       des restrictions d’accès à l’éducation sexuelle et affective, etc, etc,…

La LDH rappelle qu’une subvention est une reconnaissance d’un service lié à l’intérêt général par la puissance publique.

La LDH dénonce le caractère violent, et dangereux pour la cohésion sociale, de cette politique régionale de gestion budgétaire à partir de choix idéologiques qui éloignent toujours plus les citoyennes et citoyens de la démocratie locale et de leur égal accès aux droits effectifs garantis par des services publics de proximité et de qualité.

La Flèche (Port Luneau) Samedi 09 mai à 14h30 Fêtons la journée de l’Europe pour défendre l’État de droit

Nous relayons ce message.
Un déplacement collectif en voiture pour La Flèche depuis Nantes aura lieu ce samedi 9 mai – départ 13h, retour 17h30-18h. Les personnes intéressées sont invitées à envoyer un message à nantes@ldh-france.org en indiquant leur n° de téléphone.

L’équipe d’animation de la LDH   

envoyé : 7 mai 2026 à 15:54

La LDH comité régional des Pays de la Loire appel à rejoindre la manifestation à :

La Flèche (Port Luneau)

Samedi 09 mai à 14h30

Fêtons la journée de l’Europe pour défendre l’État de droit

Ensemble, dénonçons les mensonges du RN et défendons l’État de droit, défendons l’Europe et les grands principes énoncés dans la Convention Européenne de Droits de l’Homme :

-Pour notre bien commun.

-Pour notre environnement.

-Pour l’amélioration de notre démocratie.

Le RN sort les vieilles recettes du FN en terre fléchoise. Le 8 mai, il compte effacer de nos mémoires les luttes pour les droits et libertés. Au fronton de la mairie, il laisse seul le drapeau français face aux vents des extrêmes-droites.

Il masque ses intentions.

Avec son masque : le RN présente l’enlèvement des drapeaux européens à la mairie de la Flèche comme un acte de défense des agriculteurs et éleveurs français contre les « technocrates de Bruxelles ».

Sans son masque : en coulisses, le parti ne fait rien pour influencer ses alliés d’extrême droite européens, comme Giorgia Meloni, qui a justement permis l’adoption du Mercosur en janvier 2026, au mépris des intérêts agricoles français.

Sans son masque encore : au Parlement français et européen, le RN et ses alliés européens, votent régulièrement contre les normes protectrices (taxes sur les engrais importés, aides à la transition écologique) ou ne s’opposent pas aux traités commerciaux (Chili, Nouvelle-Zélande). Pourtant, ces normes (comme les AOP) défendent l’agriculture familiale et les industries locales. Ces normes offrent une garantie supplémentaire pour protéger le revenu des agriculteurs. Ces normes écologiques auraient aidé les ménages, dans un contexte de choc des prix du gaz et du pétrole (aide à l’achat de voitures électriques, meilleure isolation des bâtiments, etc…).


Sans son masque toujours : le RN et ses alliés (Meloni, Orbán, Trump) combattent les régulations européennes, au profit des milliardaires de l’agro-industrie et des multinationales. Par exemple, Meloni a fait abandonner le nutriscore sous la pression de Ferrero, et le RN s’oppose à une taxe sur les petits colis chinois, fragilisant ainsi les entreprises françaises.


 En enlevant le drapeau de l’Europe, le maire RN de la Flèche oublie de mentionner les avantages de l’UE : emprunts à taux bas, protection contre les pressions américaines et russes (ses propres alliés), maîtrise des prix…

D’ailleurs, le RN ne parle plus de quitter l’UE comme par le passé. Condamné en première instance pour détournement de fonds publics à son seul bénéfice, ce parti prend exemple sur Orban qui a détourné les fonds européens pour affaiblir les contre-pouvoirs (presse, justice, cour constitutionnelle), et profiter de cet argent en toute impunité. Voilà le programme : faire les poches du plus grand nombre au profit de quelques-uns, et, pour le mettre en place, il faut avancer masqué.

Avec son masque de patriote le maire RN de la Flèche enlève les drapeaux européens de la Mairie (qui ne lui appartiennent pas). C’est le seul acte concret et visible dont est capable le RN qui vote, dès qu’il en a l’occasion, contre les intérêts de la France, et pour les intérêts de multinationales.

Pour ne pas laisser au RN et ses thuriféraires nous masquer le réel, nous diviser et nous isoler, pour ne pas le laisser s’implanter sur notre région, soyons nombreuses et nombreux au Port Luneau à la Flèche, fêtons ensemble la journée de l’Europe pour défendre l’État de droit, ce samedi 09 mai 2026 à 14h30.

Chronique LDH de mars sur JetFM : élections municipales et droit de vote

Les 15 et 22 mars, citoyens français et européens sont invités à voter pour les élections municipales.

Aux dernières élections municipales, moins de 40% des inscrits sur les listes électorales sont allés voter : soit plus de 60% d’abstention !

Pourquoi voter? Pour quoi voter? Pour qui voter???

Cette chronique sera l’occasion de rappeler:

– qui est concerné par le droit de vote, pourtant réputé universel.

– quelles sont les compétences du maire et les politiques que nous influençons par nos votes.

– l’impératif de préserver notre démocratie en votant pour celleux qui souhaitent la protéger.

Et si vous ne pouvez pas voter les 15 et 22 mars, établissez une procuration !

Chronique JetFM de janvier : quel contrôle de la police en démocratie ?

Quel contrôle de la police en démocratie?

Lors des manifestations à Sainte Soline en mars 2023, contre l’installation de mégabassines, la LDH a dénoncé la répression violente des forces de l’ordre envers les manifestants ainsi que l’entrave aux secours dans certains cas de blessés graves. Gerald Darmanin, alors Ministre de l’intérieur, avait publiquement mis en cause la qualité du statut d’Observateur de la LDH. Les images des caméras piétons des gendarmes publiées par Médiapart, ont mis en évidence des tirs irréguliers et des propos insultants et haineux vis à vis des manifestants qui ont été largement minimisés par l’enquête de l’IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale). Dans le même temps, plusieurs affaires et un film (Dossier 137) mettaient en cause le rôle de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale).  C’est dans ce contexte que nous nous interrogerons sur le contrôle démocratique des forces de police en France. Quel rôle peut jouer la LDH en tant qu’Observatrice et défenseuse des Libertés, ses actions, ses réflexions?

Communiqué de presse : Un procès exemplaire, coup de frein au mécanisme de l’impunité policière

Communiqué de presse de LDH Nantes et pays nantais :

Un procès exemplaire, coup de frein au mécanisme de l’impunité policière

Il y a sept ans, Aboubakar Fofana était tué par un policier

A l’issue d’un procès de cinq jours, vendredi 16 janvier 2026, les cinq juges de la cour criminelle de Nantes ont déclaré le brigadier chef Rabah H coupable d’un tir volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner d’Aboubakar Fofana, et l’ont condamné à 7 ans de prison ferme. L’avocat du brigadier a déclaré faire appel de cette décision.

Pour rappel, le 3 juillet 2018 au soir, dans le quartier du Breil-Malville, à Nantes, Aboubakar Fofana, 22 ans, a été tué par un policier d’une balle dans la carotide lors d’un contrôle de véhicule effectué par six CRS. La colère des jeunes a alors éclaté et des équipements publics, des commerces et des voitures avaient été incendiés dans plusieurs quartiers de l’agglomération. Une marche blanche à laquelle la section de Nantes et du pays nantais de la LdH s’était associée avait permis aux habitants de rendre hommage dans le calme, au jeune Aboubakar et à sa famille.

Nous avions à l’époque demandé à ce que l’enquête judiciaire fasse au plus vite toute la lumière sur ce qui s’est passé et détermine les circonstances exactes qui ont conduit à la mort de cet homme. Il aura fallu plus de 7 ans pour que ce soit chose faite.

Le procès aura été remarquable par la qualité des débats menés de façon rigoureuse par la présidente de la Cour, débats qui ont permis la révélation de la vérité, dans un climat souvent d’extrême tension et d’émotion, notamment grâce aux questions incisives des avocats des parties civiles.

Il aura permis de mettre à mal le processus d’occultation de la réalité des faits qui s’était enclenché dès le lendemain du drame et avait perduré tout au long de ces sept années. Un processus de fabrication de l’impunité qui se retrouve dans de nombreux cas de violences policières, notamment au travers des obstacles à l’instruction, des mensonges de l’accusé et de ses collègues, de l’interprétation d’un cadre légal de plus en plus permissif pour les policiers.

Il aura pris en compte la demande des parties civiles d’égalité de traitement devant la loi.

La lenteur et les biais de la procédure

La longueur de la procédure est en elle-même un obstacle à l’émergence de la vérité, ne serait-ce que parce que la mémoire des témoins peut vaciller. Il aura fallu deux ans pour que le premier juge d’instruction entende le policier mais il ne répondra jamais à la demande des parties civiles d’être reçues. Celles-ci ne seront reçues que quatre ans après, par un nouveau juge d’instruction. « Les choses ont tardé à chaque moment‐charnière du dossier… », comme a pu le dire Me Boëzec, avocat d’une des parties civiles. Par ailleurs, alors que Rabah H venait d’être mis sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec ses collègues, pour éviter tout risque de mise en concordance des récits, il a été autorisé à rentrer à Périgueux dans le même fourgon qu’eux,

Le mensonge du policier auteur du tir mortel

Le policier avait déclaré dans un premier temps avoir tiré volontairement pour éviter que l’interpellé ne mette en danger la vie de ses collègues ou celles d’autres personnes en reculant pour prendre la fuite. Il est revenu ensuite sur ses déclarations (lors de la garde à vue) pour affirmer que le tir, accidentel, était survenu dans l ‘habitacle, lors d’un corps à corps avec Aboubakar F. Ce changement de version, qui faisait de sa première déclaration un mensonge, aurait été selon lui motivé par le souci de la vérité. Sa première déclaration, faite dans la confusion et la honte, aurait été en partie due au fait qu’il ne voulait pas contredire le PV rédigé par ses collègues, où apparaissait le caractère volontaire du tir qui pouvait être justifié par la légitime défense.

Les mensonges des collègues de l’équipage CRS

L’ensemble des CRS se sont ralliés alors à la version du tir accidentel défendu par leur collègue, malgré le fait d’avoir signé un premier PV qui n’évoquait même pas cette éventualité. Ces mensonges n’ont pas tenu la route dans le cadre solennel de l’audience, avec le rappel du serment de vérité et sous le feu des questions de la présidente, de l’avocat général et des avocats de la partie civile. Traumatisés depuis le drame, les policiers ont, de façon parfois pathétique, laissé entrevoir, au sein même de leurs contradictions, les faits dans leur terrible vérité, allant pour trois d’entre eux regretter de n’avoir pas su s’imposer pour empêcher le drame. Jusqu’à ce cri du cœur de celui qui était intervenu pour faire un point de compression et essayer de sauver Aboubakar Fofana : « c’est une énorme bavure ».

La légitime défense comme justification ultime

Pendant tout le procès comme pendant les sept années de l’instruction, la question de la légitime défense est restée présente, même si elle a été occultée par l’hypothèse d’un tir accidentel. Elle était présente en filigrane dans la première déclaration du directeur départemental de la police, dans le premier PV qui mentionnait le danger que représentait l’individu interpellé pour les autres policiers comme pour d’autres personnes, dans le choix fait par le policier de changer de version, dans le choix de l’avocat de la défense d’invoquer la légitime défense alors même qu’il plaidait le tir accidentel.

Au moment où est rédigé ce communiqué, nous n’avons pas les motivations du jugement. Mais il apparaît que les juges, une fois reconnu le caractère volontaire du tir n’ont, de fait, pas retenu la légitimité de l’usage de l’arme au titre du code de sécurité intérieure.

Mais le tir de Rabah H prend place dans la vague d’augmentation des tirs pour refus d’obtempérer entraînée par la réforme du Code de la sécurité intérieure de 20171 et les instructions ministérielles qui ont fait suite. En effet, les termes utilisés dans ces textes ont décomplexé l’usage des armes et causé la mort de nombreuses personnes dont celles de Nahel, 17 ans et d’Alhousseine, 19 ans, à la même époque que celle d’Aboubakar.

Une proposition de loi créant un véritable « permis de tuer »

Une proposition de loi, déposée par « Les Républicains » mais réclamée de longue date par l’extrême droite et maintenant appuyée par le ministre de l’intérieur, veut créer une « présomption de légitime défense », qui permettrait de considérer comme légitime par défaut tout tir de policier, quelles qu‘en soient les conséquences (ce qui notamment empêcherait un policier d’être mis en garde à vue).

Avec cette loi, le procès de Rabah H n’aurait probablement pas pu avoir lieu.

La LDH a déjà demandé l’abrogation de l’article L435-1 du code de la sécurité intérieure.

Elle s’alarme de cette proposition de loi qui donnerait un véritable « permis de tuer » aux policiers et gendarmes. Il apparaît nécessaire de stopper une dérive sécuritaire qui sape les fondements de la République et risque de transformer notre État de droit en un État policier.

1Cf l’alinéa 4 de l’article L435-1 du Code de la sécurité intérieure consacré aux règles d’usage des armes. Il autorise les forces de l’ordre à tirer pour immobiliser un véhicule « dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celle d’autrui ».

Appel rassemblement Nantes samedi 17 janvier. Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !

Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !

Rassemblement * Nantes

Samedi 17 janvier – 16h – place Royale

* Ce rassemblement de soutien au peuple iranien a été initié par la communauté iranienne de Nantes

Signataires locaux : Alfa Apel-Égalité, Amnesty International, Association France Palestine Solidarité (AFPS), Confédération Générale du Travail (CGT), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Femme-Vie-Liberté, Gasprom-ASTI de Nantes, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR), Tissé Métisse, Union syndicale Solidaire, (liste non close)

Le 28 décembre, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul·es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous, acteurs de la société civile, exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Nous appelons à une mobilisation massive en soutien au peuple iranien samedi 17 janvier 2026 à Paris, et partout en France.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté.

À bas les dictateurs !

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !

Premiers signataires nationaux : Iran Justice, LDDHI (Ligue des droits de l’Homme en Iran), Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), Cedetim Ipam, Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine, Confédération générale du travail (CGT), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), France Kurdistan, Institut Ouïghour d’Europe, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Russie-Libertés, SOS Racisme, Ukraine CombArt, …

Paris, le 13 janvier 2026