Après l’état d’urgence sanitaire… l’urgence toujours pour les sans-abris et mal logés

Rassemblement suivi d’une déambulation le lundi 24 août à 14h15, aux Nefs (site de l’éléphant)

Face à la saturation inédite des dispositifs d’hébergement et à la reprise des expulsions, l’inter collectif nantais « Personne à la rue ! » alerte les autorités et la société civile sur la gravité de la situation afin que des réponses soient apportées immédiatement aux besoins.

Après la fin de l’état d’urgence le 10 juillet mettant fin à la trêve des expulsions dans un contexte de saturation des dispositifs d’hébergement, la situation des personnes à la rue et en habitat précaire sur la Métropole Nantaise est extrêmement préoccupante :

  • 110personnes : femmes isolées, femmes enceintes, femmes avec enfants et nourrissons, sontmises à l’abri par l’Autre Cantine dans la « Maison de familles » et à la Maison du Peuple ;
  • 20 Mineurs Non Accompagnés en recours sont soit à la rue, soit risquent de l’être, les squats et les hébergements solidaires étant déjà saturés.
  • 200 personnes sont réfugiées dans d’autres squats, tous menacés d’expulsion
  • Les locataires les plus fragiles ont de plus en plus de mal à payer leurs loyers, et une vague d’expulsions locatives se profile.
  • Plus que jamais le 115 est saturé et sur une logique de gestion de la pénurie :
    • Hébergement temporaire : A chaque fois une semaine au maximum assortie de période de remise à la rue.
    • Hébergement dans des hôtels de la périphérie ou dans des communes sans moyens de transport en commun et loin des différents services et lieux de démarches administratives.
    • Hébergement souvent sans possibilité de cuisiner et loin des lieux de ressource alimentaire.
    • Hébergement sans accompagnement suffisant
    • Tandis que les hommes isolés n’ont aucun espoir d’accéder à un hébergement.

Dans ce contexte, les solutions alternatives à la rue issues des mobilisations citoyennes sont saturées, qu’il s’agisse des hébergements solidaires ou des squats.

Depuis la fin de l’état d’urgence le 10 juillet, les expulsions ont repris sans que des solutions adaptées et pérennes soient mises en place : 2 bidonvilles expulsés par les forces de l’ordre, 4 bidonvilles qui ont « déménagé » sur pression de la police et 1 squat expulsé par suite d’une décision judiciaire, ce qui représente environ 550 personnes (dont de nombreux enfants en bas âge, des personnes malades) qui ont été ou sont encore en errance.

Les réseaux de solidarité, sur lesquels repose une trop grande partie de l’aide aux plus vulnérables, sont également fragilisés par la crise, les équipes sont réduites, les bénévoles et militants sont fatigués et les filets de sécurité qu’ils représentent atteignent leurs limites.

Alors que la crise sanitaire a mis en lumière les inégalités de santé et les enjeux de santé publique qui nous obligent à penser un « monde d’après » plus protecteur et solidaire,

Alors que le corona virus circule toujours et que la possibilité d’une deuxième vague, voire d’un re confinement n’est pas écartée

Les réponses des pouvoirs publics sont insuffisantes et parfois contradictoires, comme l’illustrent les expulsions passées et à venir.

L’inter collectif « Personne à la rue » dénonce l’écart entre les réponses apportées et la réalité de la situation

L’inter collectif « Personne à la rue ! » demande à la Préfecture, aux mairies, à la Métropole, au Conseil Départemental d’agir à la hauteur des enjeux et dans une temporalité qui corresponde à l’urgence de cette réalité :

  • Création de places d’hébergement adaptées aux besoins existants et aux situations des personnes
  • Moratoire des expulsions accompagné d’une amélioration des conditions sanitaires de ces lieux de vie
  • Identification des logements et bâtiments vides en vue de leur réquisition
  • Renforcement et adaptation des dispositifs d’accompagnement médico-psycho-sociaux
  • Renforcement de l’aide alimentaire et des services de réponse aux besoins fondamentaux

L’inter collectif « Personne à la rue ! » demande à être reçu par le nouveau Préfet dans le cadre de sa prise de fonction aux fins d’exposer plus précisément la situation à Nantes et dans l’agglomération, ainsi que nos propositions d’actions à mettre en œuvre afin de pouvoir assurer la mise à l’abri des personnes et tracer des perspectives humaines acceptables.

Pour la régularisation des personnes sans papiers

Le 17 juin, notre association co signait avec d’autres associations un appel dans Médiapart  « …Pour la régularisation de tout-es les sans-papiers et migrant-e-s, la fermeture des CRA et le logement pour tou-te-s ! Pour l’égalité des droits et la fin des discriminations ! Pour la liberté !  » et appelait le 20 juin à la marche des solidarités sur tout le territoire.

Le 26 juin, le président de notre association signait une tribune dans Médiapart  demandant la régularisation de tous les étrangers sans titre présents sur le territoire national.

Aujourd’hui, nous relayons cette initiative de personnes sans papiers, et vous invitons à être présent-es vendredi 17 juillet à 15h devant la préfecture.

 Le 30 mai, puis le 20 juin, la marche des solidarités a été à l’initiative de deux actes de manifestation pour la régularisation de toutes les personnes sans-papiers.

A Nantes, le 30 mai a donné lieu à un premier rassemblement devant la préfecture, peu relayé, mais auto-organisé par des personnes directement concernées.

Le 20 juin a donné lieu à plusieurs initiatives, dont une manifestation très dynamique, à l’appel du collectif des sans-papiers de nantes et du collectif des algériens de Nantes.

La marche des solidarités propose des rendez-vous après la rentrée (une marche nationale).

A Nantes, des personnes sans-papiers souhaitent continuer la mobilisation, être présent dans l’espace public pour interpeller la population et les autorités.Une manifestation a eu lieu vendredi dernier, rassemblant une vingtaine de personnes, très majoritairement des personnes sans-papiers.

Cette initiative est reconduite pour vendredi 17 juillet (et probablement pour tous les vendredis qui suivent jusqu’à ce que des résultats soient obtenus).

Pour que la mobilisation prenne de l’ampleur, on relaie donc ce rendez-vous : vendredi 17 juillet, à 15h, devant la préfecture. Pour défendre ensemble la régularisation des personnes sans-papiers.

Pour la libération immédiate de Salah Hamouri

Nous vous appelons à envoyer le message aux autorités proposé par l’Association France-Palestine Solidarité avec laquelle nous agissons dans le cadre de la Plate forme des ONG pour la Palestine.

Nous vous invitons d’abord à lire le communiqué de la Ligue des droits de l’Homme

Pour la libération immédiate de Salah Hamouri

L’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri, a été arrêté le 30 juin dernier à Jérusalem Est par la police israélienne dans un centre de santé où il allait faire un test pour la Covid-19, test obligatoire pour revenir en France rejoindre sa femme et son fils. Le 1er juillet, il a été placé en détention administrative jusqu’au 7 juillet, sans qu’aucun motif n’ait été mis en avant pour justifier son arrestation.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) dénonce le harcèlement dont est victime ce défenseur infatigable des droits des Palestiniens, rappelant qu’il a déjà passé abusivement neuf ans de sa vie en prison et n’a pas eu le droit de vivre à Jérusalem avec sa famille.

Elle condamne une nouvelle fois un système de détention administrative inique qui permet aux autorités israéliennes d’enfermer de façon arbitraire tout opposant et ainsi d’essayer de faire taire toute contestation politique.

La LDH ne cesse de dénoncer les violations systématiques du droit international par Israël.

Elle tient à témoigner, une fois encore, tout son soutien à Elsa Lefort, la femme de Salah Hamouri, à son fils, à sa famille et à ses amis et demande aux autorités françaises et européennes de peser de tout leurs poids pour obtenir sa libération immédiate.

Paris, le 3 juillet 2020

Message de l’Association France Palestine Solidarité

Nous restons vigilants en rapport avec l’évolution de la situation en Palestine et celle de Salah Hamouri. 

Vous pouvez intervenir pour dénoncer le harcèlement dont il est victime, exemple de cette stratégie israélienne pour briser toute résistance. Briser la société palestinienne : un sociocide ! 

Nous avons invité Salah à venir en novembre à Pornic dans le cadre des Semaines de la Solidarité.

Écrivez : copiez le message ci-dessous pour demander la libération immédiate de Salah HamouriÉcrivez : copiez le message ci-dessous pour demander la libération immédiate de Salah Hamouri

 Monsieur le Consul,

    ou Monsieur le Ministre des affaires étrangères,

    ou Monsieur le Président de la République,

Le 30 juin 2020, notre compatriote, l’avocat franco-palestinien, défenseur des droits de l’homme, Salah Hamouri, a été arrêté à Jérusalem-Est par l’armée d’occupation dans un centre de santé. Les autorités militaires n’ont donné aucun motif à cette arrestation.

L’arrestation de notre concitoyen est inadmissible et insupportable. Les autorités françaises ne doivent pas laisser passer une telle infamie. Cette situation doit cesser sans délai. La France doit exiger la libération de notre concitoyen qui subit une fois de plus l’arbitraire israélien.

Je vous demande d’œuvrer au nom de la France, pour la libération immédiate de Salah Hamouri.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Les adresses auxquelles vous pouvez écrire :

  • Consulat de France à Jérusalem : cg-informations.jerusalem-fslt@diplomatie.gouv.fr
  • Ministère des affaires étrangères : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/mentions-legales-infos-pratiques/nous-ecrire/
  • Présidence de la République : http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

Appel à Rassemblement Samedi 4 juillet à 15H Place Royale à Nantes

10 juillet, fin de l’état d’urgence sanitaire, et aussi, fin de la trêve hivernale.

Des milliers de personnes, de familles vont être expulsées de leurs logements, de leurs abris (squats, bidonvilles…).

Ces personnes sont précaires, au chômage, travailleurs-euses pauvres, retraité-es, exilé-es… 

L’inter-collectif Personne A La Rue (PALR) composé d’une quarantaine d’associations, collectifs et l’inter-syndicale, et dont notre association est animatrice appelle à soutenir ces personnes et à porter les revendications qui peuvent permettre l’effectivité du droit à un habitat digne pour toutes et tous. Amicalement et solidairement, l’équipe Des milliers de personnes, de familles vont être expulsées de leurs logements, de leurs abris (squats, bidonvilles…).  

Appel à Rassemblement Samedi 4 juillet à 15H Place Royale à Nantes

Soyons nombreux et Solidaires avec les personnes à la rue, en squat et bidonville

pour dénoncer la fin de la Trêve Hivernale et dire NON aux expulsions sans solution

10 juillet, fin de la trêve hivernale

Communiqué du collectif Personne à la rue, Nantes le 26/06/20

Des milliers de personnes, de familles vont être expulsées de leurs logements, de leurs abris (squats, bidonvilles…). Ces personnes sont précaires, au chômage, travailleurs-euses pauvres, retraité-es, exilé-es…

L’inter collectif Personne A La Rue (PALR) composé d’une quarantaine d’associations, collectifs et l’inter-syndicale, appelle à soutenir ces personnes et à porter les revendications qui peuvent permettre l’effectivité du droit à un habitat digne pour toutes et tous.

– Arrêt immédiat des expulsions locatives et des différents lieux d’abri, sans proposition d’hébergement.

– Accueil digne, adapté et inconditionnel des personnes sans abri, jusqu’au relogement

– Encadrement rigoureux des loyers et de la rente foncière

– Interdiction de la vente du foncier public et création de logement très sociaux.

– Réquisition des logements et bâtiments de grands propriétaires publics afin de loger les personnes sans-abris, expulsées, résidentes d’habitats indignes.

L’inter collectif PALR appelle à un rassemblement le 4 juillet à 15h (en respectant les gestes barrières) place Royale pour porter ces revendications, informer le public. Fanfares, chorales, installations mobiles…

Nous inviterons les nouveaux maires élus à venir échanger avec les organisations présentes.

Solidairement

Signataires : Afrique Loire, ASAMLA, ATD Quart Monde, ATTAC, CEMEA, CIMADE, CSF, Collectif des hébergeurs solidaires de Nantes et alentours, Collectif des Sans-Papiers de Nantes, Collectif Refus de la Misère, Collectif Solidarité Indrais, Collectif soutien migrants Nantes, Collectif urgence jeunes Migrants 44, DAL, Du Monde dans la cuisine, Ecole Hors les Murs, Emmaüs 44, FAL 44, GASPROM, GREF, Habitat et Humanisme, JRS Loire-Atlantique, La Maison, L’Autre Classe, L’Autre Cantine, LDH, Le Carillon, Le Logis Saint Jean, Les Bienveilleurs 44, Maison Citoyens du Monde, Médecins du Monde, MRAP, Nosig, Prépa Solidaire, RESF, Romeurope, Secours Catholique, Sos Familles, Cent pour Un Nantes Agglo

L’Intersyndicale 44 (UD CGT-CFDT-FSU-UNSA-SOLIDAIRE)

ST0P ANNEXION !

Communiqué de la section de Nantes, Nantes le 26/06/20

En tant que membre de la Plateforme des ONG pour la Palestine, la LdH soutien cette initiative de l’Association France Palestine Solidarité et vous invite à participer à cette manifestation.

STOP ANNEXION !

Nous appelons à une manifestation la plus large pour dénoncer l’annexion de vastes territoires en Palestine prévue à partir du 1er juillet par Israël.

Nous appelons d’urgence la France à imposer des sanctions à un État occupant qui viole quotidiennement le Droit international.

Tous, le mercredi 1er juillet à 18 h à Nantes

Rendez-vous au carrefour rue de la Barillerie/ Boulevard des 50 Otages

pour informer sur la situation actuelle en Palestine
pour exiger de nos autorités des décisions fortes et significatives

Des infos quotidiennes : https://www.france-palestine.org/-En-direct-de-Palestine-
le dossier : https://www.france-palestine.org/IMG/pdf/flyer_annexion_v7.pdf

Marche pour Steve ce dimanche 21 juin – 15h

Communiqué de la section de Nantes, Nantes le 20/06/20

La section de Nantes et du pays nantais de la LdH invite à se joindre à la marche pour Steve ce dimanche 21 juin -15 h- Miroir d’eau

Rdv LdH angle rue des Etats (qui mène à l’entrée du Château) / Esplanade du Miroir d’eau

Nous vous transférons ci-dessous les messages lancés par les Amis de Steve Maïa Caniço.

Publication sur Facebook :
https://m.facebook.com/events/4016633971739841?view=permalink&id=4040624086007496

Salut à tous.tes !

La date de la marche approche à grand pas, c’est le cas de le dire.
Cette publication a pour but d’expliquer le déroulement de la marche de ce dimanche 21 Juin.

Lieu de RENDEZ-VOUS :
Suite à une décision collective, nous vous demandons de nous rejoindre à 15H au MIROIR D’EAU en face du CHÂTEAU DES DUCS DE BRETAGNE. Cette décision a été prise afin que le lieu de départ de la marche puisse vous accueillir dans les meilleurs conditions et dans le respect des règles sanitaires.
En attendant le départ de la marche, des artistes danseurs s’exprimeront de manière très chaleureuse.

Le TRAJET de la marche vous sera donnée sur les lieux du RDV.

Les RAPPELS :

La crise sanitaire que nous traversons depuis des mois, doit tous nous responsabiliser. C’est pour cette raison que nous recommandons fortement le PORT DU MASQUE durant l’évêvement. C’est toujours plus sympa de protéger son voisin/compagnon de marche

Pour que l’impact soit encore plus fort et solidaire, une DRESS CODE est mis en place : Tee-shirt BLANC / tee-shirt «JUSTICE POUR STEVE »

Parlons de notre si belle planète ! Protégeons la-ENSEMBLE en évitant le plus possible les dépôts de déchets publics. Les poubelles sont toutes joyeuses d’accueillir nos DECHETS. C’est aussi pour cette raison que nous mettons en place un coin « déchets » dans la marche.

Je pense que vous l’avez bien compris, notre marche ce veut PACIFIQUE, SYMBOLIQUE et BLANCHE. Le respect des opinions de chacun devra être respecté afin que tout ce passe pour le mieux et dans le respect de chacun.
Les SLOGANS qui se veulent POLITIQUES ou ANTI-POLICE devront rester au plus profond de vos têtes et cœurs.

C’est ensemble que ce moment sera un porteur de messages incroyables
Un MERCI énorme vous ait adressé et vous sera encore adresser pour votre réactivité sur-puissante. Les choses bougent et bougeront par nos actes !

A bientôt ! Portez vous bien !
STAY CONNECTED!

#justicepoursteve !

Journée mondiale des réfugiés – Situation des réfugiés palestiniens – Rendez-vous le 19/06/20 à 14h30 carrefour rue de la Barillerie/cours des 50 otages

Communiqué de la section de Nantes, Nantes le 19/06/20

La plateforme des ONG pour la Palestine dont notre association est partie prenante organise, dans le cadre de la journée mondiale des réfugiés, une action d’information auprès du public, sur la situation particulière des Palestiniens dont plus de la moitié de la population est constituée de personnes réfugiées (7,9 millions sur 12,7).
Il s’agira d’un défilé silencieux avec points fixes et panneaux explicatifs.
Vous trouverez un tract joint à ce message.

Rendez-vous à 14h30 carrefour rue de la Barillerie/cours des 50 otages

Vérité et Justice à la suite de la fête de la musique 2019 à Nantes

Communiqué de l’Observatoire Nantais des Libertés, Nantes le 19/06/20

L’Observatoire nantais des libertés (ONL) publiait le 26 juin, après la fête de la musique 2019, un communiqué avec pour titre : Comment est-il possible qu’une dizaine de personnes tombe dans la Loire à la suite d’une intervention de la police ?

Près d’un an après, l’ONL pose les questions suivantes :

1 . Pourquoi une intervention de la police a-t-elle eu pour conséquence de mettre en danger les jeunes venus écouter de la musique et faire la fête alors que sa mission principale était de sécuriser les lieux et protéger les personnes ?

Tout est parti du fait que ce 22 juin 2019 la police a voulu faire cesser la partie de la fête de la musique qui se déroulait quai Wilson à 4 h du matin. Plus d’une semaine après les faits, un responsable des associations organisatrices de l’événement de musique électronique sort atterré de la préfecture. « La préfecture considère que la soirée était illégale… Or cela fait vingt ans que les collectifs participent à la fête de la musique… »1.

Deux jours après la disparition de Steve Maïa Caniço, le préfet de Loire-Atlantique affirme que « les organisateurs avaient été prévenus que la musique devait s’arrêter »(1). Dans la presse, le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) par intérim qui se trouvait en salle de commandement à la préfecture rapporte qu’à 4 h un cadre de police sur place demande l’arrêt des sound systems, ce qu’ils font tous. Un seul relance un morceau. C’est à ce moment que la tension est montée, que les policiers ont mis leurs casques, ont, semble-t-il, reçu des projectiles et riposté avec du gaz lacrymogène (2).

L’intervention de la police a été faite par une vingtaine de policiers de la brigade anticriminalité (BAC) et de la compagnie départementale d’intervention (CDI). On peut s’interroger sur la pertinence de confier une mission à ces unités qui ne sont nullement spécialisées dans des opérations de maintien de l’ordre, dans le contexte rappelé ci-dessus.

Les personnes présentes expliquent qu’elles étaient aveuglées par un air saturé de gaz lacrymogène qui empêchait toute visibilité et a créé confusion et panique en un endroit où il y a peu de distance entre la route et le quai de la Loire sans garde-corps ce qui a conduit à ce que des personnes tombent dans le fleuve.

Le préfet a justifié l’intervention des forces de l’ordre avant de rajouter : « Face à des gens qui avaient beaucoup bu et qui avaient sans doute pris de la drogue, il est difficile d’intervenir de façon rationnelle ». Pourtant, en 2017, des policiers constatant les dangers encourus par les jeunes célébrant la fête de la musique quai Wilson avaient refusé d’employer la force pour évacuer les lieux1. Qui plus est, le DDSP ne conteste pas avoir dit au commissaire sur place de « stopper tout de suite les jets de lacrymogène »(3). Enfin, rappelons que dans un rapport du 22 juin 2019, les CRS arrivés « en appui » à 4 h 45 expliquent avoir refusé « l’utilisation de tous moyens lacrymogènes pour éviter des mouvements de panique et les possibles chutes dans le fleuve voisin »(1).

Le rapport de l’Inspection Générale de l’Administration (IGA) confirmera que « …les policiers ont fait usage de trente-trois grenades lacrymogènes, dix grenades de désencerclement et de douze tirs de lanceur de balle de défense »… en pointant « un manque de discernement dans la conduite de l’intervention de police »… disant que les forces de l’ordre ont agi « dans le cadre de la légitime défense », tout en notant que [l’opportunité de l’opération] « peut être mise en doute ».

2 . En quoi était-il si urgent d’arrêter la musique alors que les jeunes ne dérangeaient sûrement pas des riverains puisqu’il n’y en a pas ? Pourquoi un tel besoin d’«ordre» alors que nous sommes dans la fête de la musique ?

Il semblerait qu’un arrêt de la musique était prévu à 4 h. Mais, cet horaire n’a pas été fixé très formellement et est une nouveauté. « La Sécurité nautique Atlantique (SNA) mandatée par la ville pour patrouiller sur la Loire jusqu’à 8 h, indique n’avoir « jamais eu d’info indiquant que la fête finirait à 4 h »(4).

3 . Comment donner du crédit au rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ? Comment ne pas y voir l’instrumentalisation de cette dernière ?

Le ministre de l’Intérieur a saisi l’IGPN pour déterminer si l’intervention des policiers nantais a été menée dans un cadre légal et proportionnée. C’est le Premier ministre qui rendra public ce rapport sans attendre une quelconque investigation judiciaire. Au lieu de répondre aux questions, le rapport disponible dès le 16 juillet mais sorti au lendemain de la découverte du corps de Steve Maïa Caniço dans la Loire le 29 juillet affirme : « Il ne peut être établi de lien entre l’intervention de la police et la disparition de Steve Maïa Caniço ».

L’IGPN est une institution rattachée au ministère de l’Intérieur, à la fois juge et partie. Cette affaire interroge la nécessité d’une autorité indépendante, comme cela existe dans la plupart des pays européens.

En toute circonstance, les interventions de la police doivent être réalisées de manière adaptée et proportionnée. L’ONL demande quelle a été la stratégie d’intervention adoptée par les forces de l’ordre. Comment justifier que cette intervention avec l’utilisation de telles armes, sur un lieu festif lors de la fête de la musique, était proportionnée ? Pour l’ONL, comment ne pas considérer qu’il s’agit là de violences policières ?

Ce qui s’est passé le 22 juin dernier au matin marque une volonté d’utiliser la méthode de la répression y compris dans cette circonstance toute particulière de la fête de la musique et repose des questions sur certaines pratiques d’intervention de la police.

L’ONL estime que la banalisation tant de l’usage de la force que de l’utilisation des armes dites intermédiaires par la police quelle que soit la situation a pu conduire aux évènements graves survenus le 22 juin 2019 quai Wilson à Nantes.

Il appartient à la Justice d’exercer de manière indépendante le contrôle de l’action des forces de l’ordre, comme pour tout justiciable. Il s’agit là du plein exercice de la séparation des pouvoirs, condition du fonctionnement démocratique de notre société.

L’ONL continue de demander que toute la lumière soit faite, la vérité connue sur ce qui s’est passé, que les responsabilités tant individuelles qu’institutionnelles soient établies et donnent lieu à des poursuites judiciaires. Toutes les leçons de cette affaire doivent être tirées pour que ce type de situation ne se reproduise pas.

  1. Mediapart 28 juillet 2019
  2. Presse-Océan numérique 26 juin et édition 27 juin 2019
  3. Ouest-France numérique 27 juin 2019
  4. Presse-Océan 13 septembre 2019

L’Observatoire nantais des libertés avec les associations Association Républicaine des Anciens Combattants, Attac, Droit au logement, France Palestine Solidarité, Ligue de l’Enseignement-Fédération des Amicales Laïques, Ligue des droits de l’Homme, Maison des Citoyens du Monde, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, Mouvement National de Lutte pour l’Environnement, Syndicat de la Médecine Générale, Syndicat des Avocats de France, Tissé Métisse. ONL@rezocitoyen.net

Journée mondiale des réfugiés – samedi 20 juin

Communiqué de la section de Nantes, Nantes le 18/06/20

A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, notre association soutient le rassemblement initié par Amnesty International.

Cette journée est l’occasion de rendre hommage aux personnes qui ont dû tout fuir, afin de saluer leur espoir et leur courage de reconstruire leur vie en sécurité

Mais pour reconstruire sa vie, il faut bénéficier d’un minimum de sécurité et pouvoir accéder aux droits fondamentaux, c’est pourquoi nous serons présent-es avec un banderole demandant la régularisation de toutes les personnes sans papiers sur notre territoire.

En effet, les personnes sans papiers sont maintenues dans une situation de non droit qui les rend vulnérables à l’exploitation et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de placement en centre de rétention et d’expulsion, alors que beaucoup d’entre elles ont commencé à s’installer, à créer des liens, parfois fondé une famille.

Merci de venir nombreuses et nombreux à ce rassemblement, dans le respect des gestes barrières.

Samedi 20 JUIN, 10h30 au Miroir d’Eau

Un autre rassemblement pour la régularisation des personnes sans papier aura lieu l’après-midi à 15 h à Bouffay à l’appel d’un Collectif de personnes sans papiers