Halte à la « criminalisation » du mouvement social

Expression de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 5 juillet 2014.

– Sylvain Fresneau, paysan de Notre-Dame-des-Landes et Président de l’ADECA poursuivi pour « violences volontaires sur dépositaire de l’autorité publique avec arme (en l’occurrence son tracteur) » puis relaxé ;

– Des militants des « Conti » devant les tribunaux pour une action syndicale collective ;

– Cinq militants de la Confédération Paysanne arrêtés pour une action symbolique de démontage de pièces de la salle de traite de la ferme-usine dite « des 1000 vaches » ;

– Les manifestations des opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes fortement réprimées par les forces de police depuis l’été 2011. La Ligue des droits de l’Homme a dénoncé la disproportion des présences et interventions policières.

Depuis plusieurs années, dans une situation où des mobilisations larges et souvent unitaires se sont développées contre des politiques gouvernementales, des manifestations et faits survenus à leur occasion ou à leur issue ont donné lieu à une répression policière et judiciaire souvent sévère et disproportionnée. L’appareil sécuritaire institutionnel a tendance à réprimer toute pensée contestataire, en stigmatisant le mouvement social, rejetant toute opposition dans l’illégalité.

Par delà les points de vue divers sur les revendications, le droit de manifester doit être totalement respecté. L’action de la police ne doit pas avoir pour effet de dissuader les citoyen-nes de participer à des manifestations ou actions collectives.

En effet, c’est une liberté fondamentale que de pouvoir contester ce qu’on estime injuste ou injustifié et de pouvoir le manifester publiquement.

Et, pour obtenir des résultats, un conflit social et collectif peut impliquer de mettre en œuvre de véritables rapports de forces. C’est pourquoi, la Ligue des droits de l’Homme souligne que dans une manifestation, comme dans tout conflit collectif, les comportements individuels se situent, et doivent être restitués dans une implication collective. C’est la raison pour laquelle, la justice pénale qui, par nature, sanctionne les infractions individuelles est mal adaptée et ne peut être un mode de règlement naturel des conflits sociaux et collectifs.

L’exercice de la démocratie prend des formes multiples et complémentaires. L’Histoire est longue de ces conflits sociaux et collectifs qui ont modifié des décisions pourtant considérés comme irréversibles. Les résistances ont permis, en plusieurs occasions dans notre Histoire, de défendre et de faire progresser les droits de toutes et tous, les libertés et l’égalité.

Choisir de débattre, c’est choisir de remplacer les coups par les mots. Toutes les sociétés sont faites de conflits ; elles ne différent que par les moyens, violents ou non, rationnels ou non, de les régler.

La journée « Ce que soulève la jupe »

Communiqué de presse commun, dont la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme est signataire. Nantes, le 16 mai 2014.

La journée « Ce que soulève la jupe » dans les lycées est une journée de lutte contre le sexisme et les discriminations. Elle est née en 2006. Et, la journée précédente le 12 avril 2013 s’est très bien passée. Cette journée appartient aux lycéen-nes. Elle est à l’initiative des jeunes du Conseil Académique à la Vie Lycéenne.

Ces jeunes veulent travailler contre les discriminations. Ils veulent s’emparer de ces questions de société. Nous apportons notre soutien à leur initiative. Nous apportons notre soutien à cette liberté d’expression attendue par la jeunesse à l’intérieur des lycées.

Des groupes de personnes, « Les Nantais pour la famille » et « Les sentinelles », manifestent devant des lycées. Ces groupes instrumentalisent les faits.

En effet, agir contre les discriminations et le sexisme, ce n’est pas nier la différence physiologique entre fille et garçon, c’est au contraire agir contre les inégalités. C’est pourquoi, en parlant de jeunes qui « se griment », « Les Nantais pour la famille » et « Les sentinelles » nous disent refuser ce mouvement d’émancipation et refuser que ces jeunes agissent pour les droits. Ces groupes disent en fait qu’ils veulent maintenir un ordre patriarcal, cantonner hommes et femmes, filles et garçons à une place déterminée et perpétuer d’autres différenciations entre les hommes et les femmes que la différence physique. C’est refuser l’égalité de toutes et tous dans le champ politique, social et dans la vie privée et familiale. C’est participer à un mouvement qui attaque les droits des femmes et menace ce qui a été acquis après de longues luttes par les femmes et les associations féministes.

Pour nos organisations associatives et syndicales, c’est justement la mission du système éducatif de faire réussir filles et garçons, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Cette réussite implique que les valeurs d’égalité et de respect entre les femmes et les hommes soient transmises, dans tous les espaces de la société.

Laissons aux jeunes la possibilité de construire la société de demain.

Signataires : Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV), Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active, Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (Céméa), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Ligue de l’Enseignement, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Office Central de Coopération à l’École, Union Nationale des Étudiants de France (UNEF).

Pour une Europe des droits de l’Homme Votons le 25 mai

Communiqué de presse du Comité régional Pays de la Loire de la Ligue des droits de l’Homme, auquel est rattachée la section de Nantes et du pays nantais. Le 14 mai 2014.

Les 9 sections de la LIGUE des DROITS  de l’HOMME dans la région des Pays de la Loire appellent les citoyens à utiliser leur bulletin de vote le 25 mai prochain pour défendre les droits et les libertés en Europe et promouvoir dans cet espace commun des politiques publiques solidaires . Pour cela il faut élire au parlement des femmes et des hommes  attachés à réduire les inégalités et à mettre les droits pour tous et partout au cœur du projet européen. Pourquoi faut il aller voter ? Pour que l’Union européenne avance dans une autre direction, celle de la citoyenneté partagée et du progrès social.

La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen a établi le droit de vote, il est à la base de notre démocratie. Il faut constater que lors des dernières élections municipales dans notre région, comme ailleurs,  beaucoup de nos concitoyens se sont abstenus.

Nos concitoyens doivent être conscients de la montée inquiétante des différentes formes de populismes et nationalismes réactionnaires, porteurs de racisme, de propositions violentes vis-à-vis des étrangers, d’exclusion de groupes pour des raisons ethniques ou religieuses. Notre vote est  l’une des occasions pour montrer à tous les fabriquants de haine, quels qu’ils soient, qu’ils n’ont pas le chemin libre et qu’une autre Europe est possible.

Ces élections du 25 mai 2014 nous concernent TOUS et TOUTES au plus haut degré.

Ne nous abstenons pas. VOTONS !

Les présidentes et présidents  des sections de la LDH :
Angers/Maine et Loire – Laval/Mayenne – La Roche sur Yon/Vendée – Le Mans/Sarthe – Les Sables d’Olonne – Luçon – Nantes et du pays nantais – Noirmoutier Nord Ouest/Vendée –  Saint Nazaire – Le délégué régional Pays de la Loire de la LDH.

Squat rue de Crucy à Nantes : après 18 mois d’occupation, l’expulsion comme réponse

Communiqué de presse de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 6 mai 2014.

Une centaine de personnes, pour la plupart des demandeurs d’asile, régularisés ou sans papiers ont été évacuées ce matin du squat qu’elles occupaient rue de Crucy à Nantes par les forces de l’ordre arrivées en nombre dès 7 heures. La trêve hivernale a pris fin le 1er avril. Le droit de propriété a retrouvé ses couleurs. L’immeuble est propriété de l’Etat.

Ces personnes vont ainsi rejoindre les dizaines de milliers de personnes expulsées les années précédentes. Leur droit à l’hébergement, pourtant reconnu par la loi, est régulièrement bafoué sous prétexte d’un manque de places. Toutes subissent aussi la fermeture de milliers de places d’hébergement d’urgence, et sont condamnées à subir les violences de la vie dans la rue, comme si vivre et dormir dehors hors gel était absolument sans danger. Or, ceux qui vivent ainsi meurent en moyenne à l’âge de 49 ans.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites précise qu’il convient « d’assurer un traitement égal et digne à toute personne en situation de détresse sociale ». Cela suppose d’établir, « chaque fois que possible, un diagnostic et rechercher des solutions d’accompagnement, dans les différents domaines concourant à l’insertion des personnes ». Il ne semble pas que les services de la Préfecture aient procédé ainsi puisqu’un rendez vous a été proposé à ces personnes avec des travailleurs sociaux ce mardi 6 mai dans la matinée, donc seulement après l’expulsion, pour faire une évaluation au cas par cas de leur situation et définir avec eux, en téléphonant au 115, la possibilité d’un relogement éventuel d’une ou deux nuits.

Nous savons par expérience, comme maintes fois signalé aux autorités compétentes, que, pour la plupart des personnes, cette la solution d’urgence proposée restera vaine car les dispositifs d’hébergement sont par trop souvent saturés.

Dans toutes les villes où sévit la crise du logement, des sans logis occupent des immeubles vides, ou s’installent sur des friches. Ce n’est pas un délit, c’est une nécessité légitime, car les lois qui devraient les protéger ne sont pas respectées. Le droit à l’hébergement est trop souvent bafoué, la loi Dalo et la loi de réquisition trop souvent inappliquées, alors même qu’il subsiste plus de deux millions de logements vacants en France, dont certains sont propriétés de l’Etat.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que pouvoir se loger et se maintenir dans un logement décent est une nécessité vitale pour chacun. Elle réitère ses demandes à l’attention des pouvoirs publics quant à la mise en place urgentes de réponses adaptées et suffisantes pour le respect du droit à l’hébergement à Nantes et en Loire-Atlantique.

Manifester sans danger est un droit

Communiqué de presse de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 28 avril 2014.

Une manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avait lieu le samedi 22 février à Nantes. Cette manifestation a été marquée d’une part par une très forte mobilisation, d’autre part par des affrontements avec la police et des dégradations.

Les opposants à l’aéroport ont annoncé des blessés. Des manifestants et des journalistes présents lors de la manifestation ont déclaré avoir été victimes de la police ; et certains ont porté plainte. Les policiers ont déclaré avoir eu des blessés et déposé des plaintes. La justice a fait appel à témoins. Une enquête de l’Inspection Générale de la Police Nationale est en cours.

La section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme – LDH a été sollicitée par des manifestants blessés.

Il ressort des premiers éléments rendus publics, d’une part que des manifestants ont été gravement blessés, certains avec des lésions irréversibles, et d’autre part que plusieurs des différentes armes (flash ball, lanceur de balle de défense, grenades,…) mises à disposition de la police ont été utilisées dans cette manifestation.

La question des armes employées par la police lors de manifestations a déjà amené la LDH à interpeller, à plusieurs reprises, les autorités de notre pays. En effet, l’utilisation du flash ball et/ou du lanceur de balles de défense a conduit, ces dernières années, à ce que plusieurs manifestants soient gravement blessés. Ces armes sont, par nature, des armes de tir destinées, dans les opérations de police judiciaire, à faire cesser l’action violente d’une personne ou l’arrêter sans avoir à utiliser une arme létale. Initialement, ces armes n’avaient pas vocation à être utilisées dans les opérations de police administrative, comme celles relatives au maintien de l’ordre.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a recommandé en son temps « de ne pas utiliser cette arme lors de manifestations sur la voie publique [estimant] qu’elle présente un degré de dangerosité totalement disproportionné ». Le Défenseur des droits – qui a succédé à la CNDS – « recommande aux responsables policiers de s’interroger sur l’opportunité d’emploi de tous les lanceurs de balles de défense ».

La LDH rappelle que la police a une mission de maintien de l’ordre public. Elle doit accomplir cette mission de service public de manière proportionnée et adaptée.
L’acte de manifester, qui est une des nombreuses formes de la citoyenneté, de la démocratie et de son apprentissage ne doit pas conduire à être mis en danger. Le droit de manifester n’est pas respecté si des manifestants peuvent être gravement blessés.

La LDH sera vigilante à toute action demandant à la justice de se prononcer sur l’illégitimité de l’utilisation de ces armes de tir lors de manifestations.
La LDH souhaite que la vérité soit établie sur les manières, circonstances et conditions dans lesquelles, le 22 février, chacune des personnes blessées l’a été. Elle demande donc que les responsabilités soient recherchées et la justice rendue.

La vidéosurveillance n’est pas une solution !

Communiqué de presse de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 16 mars 2013.

Dans l’agglomération nantaise, jusqu’à une date récente, la vidéosurveillance destinée à surveiller les espaces publics était seulement présente sur deux communes : Saint Herblain – depuis 2000 – et Orvault – depuis 2003. Elle a été récemment installée sur deux autres communes : Treillières et Sautron. Et aujourd’hui, sa mise en place est discutée par différentes listes candidates aux élections municipales dans d’autres communes : Bouguenais, Carquefou, Les Sorinières, Nantes, Rezé.
La Ligue des droits de l’Homme refuse ce qu’implique la banalisation de la vidéosurveillance rebaptisée de façon trompeuse « vidéoprotection » . D’autant que sa mise en place est rarement accompagnée d’un large débat sur le bien-fondé de son utilisation. Les arguments avancés pour défendre la vidéosurveillance de la population posent plus de problèmes qu’ils n’apportent de « solutions ».

De faux arguments
« La vidéosurveillance est le moyen d’identifier après coup des personnes délinquantes ». Or dans pareilles situations, les délits sont déjà commis, les caméras ne les ont pas empêchés.
« La vidéosurveillance n’est pas à craindre quand on n’a rien à se reprocher ». Mais, la vidéosurveillance fait de tous les citoyens des suspects potentiels. Il s’agit, d’une inversion du droit, lequel considère chaque personne comme innocente jusqu’à ce qu’elle franchisse les limites de la loi, après quoi – et pour cela – elle pourra être sanctionnée.
De plus, la vidéosurveillance coûte cher et elle est inefficace pour faire respecter la « sécurité » : la délinquance s’adapte et se déplace. Par conséquent, la logique de la vidéosurveillance implique de mettre de plus en plus de caméras. Mais peut-on imaginer une société totalement vidéosurveillée ? Quelles en seraient les conséquences pour les libertés ?

Un risque pour la liberté et la démocratie
Être surveillé amène les personnes, même bien intentionnées, à « normaliser » leurs comportements, à s’autocensurer. Et c’est là une première atteinte sournoise à la liberté d’aller et venir et au libre arbitre. L’enregistrement et la diffusion d’images d’une personne sans son consentement, même avec le cadre de la réglementation, reste une atteinte à la vie privée et menace les libertés individuelles. Comment s’assurer de l’utilisation qui pourrait en être faite à l’avenir ? Bien sûr, nous sommes en démocratie, mais sur la place Tian’anmen, en Chine, les caméras ont permis d’identifier les opposants au régime lors de manifestations. L’opposition citoyenne et les mouvements sociaux font partie de l’activité démocratique. Une majorité municipale peut toujours évoluer. Raison pour laquelle, il faut s’opposer par principe à la vidéosurveillance.

Une suspicion à l’encontre du lien social
La vidéosurveillance détruit le lien social. On ne peut répondre au « sentiment d’insécurité » des citoyens par un artifice technique. Là où on attend au contraire des solutions basées sur le contact humain : renforcer la présence d’enseignants, d’aide-éducateurs, de travailleurs sociaux, d’animateurs, de médiateurs, de concierges, de correspondants de quartiers, de policiers de proximité et développer des espaces de rencontres et d’échanges pour rendre les gens acteurs de leurs espaces de vie collective.
La vidéosurveillance déresponsabilise les citoyens qui auront tendance, en cas d’incident, à ne pas réagir, à détourner le regard et enfin à se décharger sur l’agent imaginé derrière la caméra. La vidéosurveillance menace la solidarité et renforce l’individualisme.
Les moyens techniques ne peuvent garantir une protection absolue contre tous les risques de la vie. Cette illusion conduit à accepter d’inacceptables restrictions aux libertés et aux atteintes à la vie privée sur lesquelles il sera ensuite impossible de revenir, le tout en affaiblissant au passage des valeurs sociales et démocratiques de notre société. Au final, la vidéosurveillance est une sorte de renoncement. Pour la LDH, mieux vaut s’attaquer aux causes des problèmes plutôt que d’en sanctionner les seuls effets.

La Ligue des droits de l’Homme se tient à disposition de toutes les personnes ainsi que des pouvoirs publics pour débattre des graves questions posées par la vidéosurveillance. Et elle appelle tous les habitants à se saisir de ces questions.

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Elections municipales au pays nantais : Notre affaire !

Expression de la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme à l’attention des listes candidates aux élections municipales. Le 24 février 2014.

C’est dans le débat démocratique que se construit le « vivre ensemble ». Les élections municipales sont l’occasion pour les citoyen-ne-s de confronter leurs problèmes, l’analyse des maux qui travaillent la société française, de débattre avec les élu-e-s et les candidat-e-s. Porter des propositions de démocratie et de progrès, c’est bannir la haine du débat public.

Pourtant, la démocratie peine à trouver sa vraie efficacité.
Alors que l’économie souffre de la crise financière, que l’emploi – notamment industriel – se dégrade, que la justice fiscale est à l’arrêt, le sentiment prévaut que la parole des citoyennes et des citoyens est de peu de poids.

Ces enjeux sont largement surdéterminés par les choix politiques nationaux. Mais c’est aussi à l’échelle de nos villes que nous sommes confronté-e-s au déficit de représentation, à l’insuffisante prise en compte de la diversité, aux manques de perspectives offertes à la jeunesse, aux problèmes de logement et de santé, à la mise en concurrence des territoires, à la misère croissante…

C’est aussi à cette échelle qu’il nous faut dégager des solutions. Formuler des alternatives passe par un bon usage de la démocratie, singulièrement au plan municipal.

C’est pourquoi la LdH entend porter dans le débat public des valeurs et des propositions qui servent l’intérêt général, basées sur la liberté, l’égalité et la fraternité.

Il est d’autant plus important de le réaffirmer que les thématiques d’extrême droite, qu’elles soient portées par le Front national ou d’autres forces ou personnalités politiques, s’acharnent à dévoyer le débat public pour faire de l’étranger l’origine de tous nos maux.

La LdH en appelle solennellement à toutes et tous. Il dépend de nous que la conception haineuse d’un « tous contre tous » soit mise hors débat, hors jeu électoral. Quelles que soient les convictions des un-e-s ou des autres sur les enjeux de l’emploi, de la protection sociale, du logement, notre devoir commun est de refuser de les laisser instrumentaliser par la désignation de boucs émissaires.

Sachons débattre du « vivre ensemble » dans lequel nous voulons inscrire notre avenir. Sachons, ensemble, dénoncer toutes les agressions racistes, antisémites, xénophobes, commises à l’encontre de la devise – liberté, égalité, fraternité – qui fonde le pacte républicain.

Il est donc fondamental de participer au vote, de voter et faire voter.

C’est dans le débat démocratique que se construit le « vivre ensemble »,
porter des propositions de démocratie et de progrès,
c’est bannir la haine du débat public.

— cliquer ci-suit pour découvrir nos propositions —

8 mars et tous les jours : ce que nous voulons, c’est l’égalité !

Communiqué et appel à manifester d’un groupe unitaire d’associations, collectifs, syndicats et partis politiques, auquel se joint la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Le 4 mars 2014.

Les luttes des femmes ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour autant les droits des femmes sont les premiers remis en cause en période de crise, de politiques d’austérité et de montée des intégrismes politiques et religieux : attaques tout azimut contre les ABCD de l’égalité, recul sur la PMA, essai de revenir sur le droit à l’avortement, etc .

LA  LOI SUR LA FAMILLE VICTIME D’UN MANQUE DE COURAGE POLITIQUE !

Lundi 13 Février 2014, le gouvernement a revu ses ambitions à la baisse en annonçant le report sine die du projet de loi sur la Famille, qui devait être examiné cette année. Cette annonce est survenue au lendemain d’une énième Manif « anti-choix » farouchement opposée à la PMA et GPA, mesures qui ne figuraient pourtant pas dans le projet de loi.
De quoi le gouvernement a-t-il eu peur ?
Des accusations de « familiphobie » des manifestant-es ? Des campagnes de désinformation des lobbys conservateurs ? Du contexte d’ « hystérisation » du débat ?

Où est le courage politique du gouvernement qui promettait de défendre « toutes les familles » ?
Ce revirement donne l’impression qu’il abandonne un chantier auquel le candidat Hollande avait pourtant promis de s’attaquer. Il ouvre un nouveau boulevard à celles et ceux qui manifestaient contre le mariage pour tous hier et qui, aujourd’hui, s’opposent aux ABCD de l’égalité à grands coups de désinformation.

Les forces progressistes qui luttent aujourd’hui pour l’égalité des droits entre tous les enfants, entre les citoyens et citoyennes, entre les différentes formes de familles ne se démobiliseront pas ; elles
réclament « une loi, des droits! » pour tout-es, ainsi pour les trans avec un changement d’état civil libre et gratuit, le libre choix des parcours médicaux, la mise en place d’une réelle sensibilisation contre la transphobie, l’homophobie, la lesbophobie et le sexisme.

Ensemble, elles combattent l’obscurantisme et le conservatisme prégnants, ensemble elles ne laisseront pas le gouvernement céder aux thèses alarmistes et rétrogrades des tenant-es d’un modèle familial traditionaliste et archaïque, qui se nourrit des peurs et des rumeurs et méprise tous ceux et celles qui ne s’y conforment pas.
Car l’enjeu de l’égalité, c’est bien de déconstruire dès le plus jeune âge les stéréotypes qui génèrent assignations et discriminations, et dont la conséquence la plus extrême, les violences faites aux femmes, s’exerce au quotidien et fait mourir une femme tous les trois jours !

POUR LE DROIT A DISPOSER DE NOTRE CORPS ICI ET AILLEURS !

Décembre 2013 : dans le sillage de l’offensive des opposants faisant rejeter par le Parlement européen le rapport Estrela, recommandant la légalisation des droits sexuels et reproductifs, le gouvernement espagnol Rajoy, sous couvert d’une loi organique de « protection de la vie et des droits de la femme enceinte », tente de faire annuler la loi de 2010 autorisant l’avortement. Cette démarche vient s’inscrire dans le mouvement européen réactionnaire et conservateur qui n’a toujours pas accepté le droit des femmes à disposer de leur corps, qui les considèrent comme des sous citoyennes incapables de décider par et pour elles-mêmes.
Le combat des forces démocratiques et associatives espagnoles pour ce droit fondamental est le notre.  Il doit aboutir à l’inscription du droit à l’avortement dans les droits fondamentaux européens.

On ne fait pas barrage à l’extrême droite en reculant face à elle, mais en restant déterminé à lutter contre toutes les discriminations  et à porter un projet de société égalitaire.

C’est la nécessité de ce combat que nous réaffirmons ce 8 mars
pour le droit à disposer de notre corps, pour notre autonomie, pour l’égalité des droits !

RDV le 8 mars à 15h30 au tribunal de grande instance (angle rue Olympe de Gouges).

Signataires (liste en cours) : Planning familial 44, durEs à queer, FSU 44, Ensemble 44, Parti de gauche 44, Union syndicale Solidaires 44, Centre LGBT Nantes, Solidarité femmes 44, Ligue des droits de l’Homme de Nantes et du pays nantais, CIDF 44, EELV 44, UDB Loire-Atlantique, UDB Jeunes, Espace Simone de Beauvoir, …

Une journée festive en compagnie des habitants roms

Invitation du collectif « Romeurope, agglomération nantaise », auquel participe la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme, à une journée festive en compagnie des habitants roms de l’agglomération.

Depuis une dizaine d’années, dans la région nantaise, un peu plus d’un millier de personnes, hommes, femmes et enfants Roumains habitent des appartements, vivent dans des mobil-homes sur des terrains autorisés, ou plus souvent dans des bidonvilles d’où ils sont régulièrement expulsés. Ils travaillent ou cherchent du travail, font la manche, suivent parfois des études supérieures. Les enfants vont à l’école et sont devenus des écoliers parlant le français.

Au cours des années, une partie de la population de la métropole nantaise les a côtoyés, certains leur ont rendu visite dans leur maison ou leur appartement, ou dans la caravane installée sur un terrain squatté. Ces familles, ces enfants, sont des figures connues.

Face aux difficultés matérielles et à l’hostilité administrative, des mains se sont tendues. Des collectifs de solidarités citoyennes se sont créés : plus d’une dizaine dans la région nantaise. Des amitiés, aussi, se sont construites. Chacun-e a pu bénéficier, de leur humour, de leur inépuisable énergie face aux difficultés journalières.

Pendant cette décennie, qui a vu la constitution du collectif Romeurope de l’agglomération nantaise, les élus municipaux ou communautaires n’ont pas réussi, pour beaucoup, ou pas voulu, pour certains, à résoudre une des difficultés principales de ces habitants pauvres : l’accès au logement.

Depuis des années donc, des groupes de familles sont régulièrement expulsés et errent d’un terrain à l’autre.
Les expulsions redoublent les diverses discriminations dont sont victimes ces familles et ont des conséquences douloureuses sur la scolarisation des enfants, la vie quotidienne et la santé. Pourtant la circulaire interministérielle du 26 août 2012 indique « … Dès que vous aurez connaissance de l’installation d’un campement, vous procéderez à une première évaluation de la situation au regard de la sécurité des personnes et mettrez en place avec le concours des partenaires un suivi des personnes présentes sur le campement. A cette fin, vous mobiliserez les services de l’État et de ses opérateurs…. » En réalité, très peu a été fait. Une solution a été proposée à quelques familles. Mais la grande majorité des personnes concernées dans l’agglomération vivent toujours dans des bidonvilles ou des squats.

Toute absence de solution ne fait qu’accroître les réactions racistes : ceux qu’on appelle indistinctement les Roms servent aujourd’hui de bouc émissaire à toutes sortes de gens. Cette précarité peut entraîner parfois une délinquance de subsistance. S’il arrive que des actes de délinquance soient commis par des personnes issues de ces terrains précaires, il n’existe aucune délinquance rom, ni aucun gène ou culture de la délinquance chez les Roms.

Il faut rompre avec la politique actuelle qui fait que les maires des communes concernées essaient de renvoyer à leur voisin cette question humaine et sociale. Pourtant des solutions existent. Quelques communes ont organisé des villages d’accueil et de solidarité. Il faut renforcer cet effort avec un moratoire à toutes les expulsions et l’établissement d’une conférence permanente de la métropole sur la question du logement des plus précaires, incluant les pouvoirs publics, les communes, les associations, et, en premier lieu, des représentants des familles aujourd’hui à la rue.

Ainsi les bidonvilles feront place aux logements sociaux, avec l’aide des fonds Européens destinés à aider à l’installation des familles roms dans les différents pays d’Europe. Ainsi, là où elles l’auront décidé, les familles roms feront partie de la population locale.

C’est la misère croissante, la pauvreté de masse qu’il faut éradiquer. Ce sont les droits sociaux de tous les habitants, quelle que soit leur culture ou leur milieu social qu’il faut respecter. Ne faisons pas des pauvres les responsables de la pauvreté.

Le collectif Romeurope invite à une après-midi festive
le 22 mars à la Manufacture des tabacs de 16H à 23H
Paroles d’habitants des bidonvilles, animations enfants, musique, repas
Toutes et tous, faisons la preuve qu’une société fraternelle est possible et souhaitable.

Les idées d’extrême droite sont dangereuses, ni anodines, ni banales !

Communiqué du Collectif nantais contre les idées des extrêmes droites, auquel participe la section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme. Nantes, le 13 février 2014.

Le Collectif nantais contre les idées des extrêmes droites réunit différentes organisations associatives, syndicales et politiques et agit contre les idées d’extrême droite, pour faire face aux agressions antisémites, homophobes, racistes et aux remises en cause des droits des femmes. Le Collectif, avec la société civile, a, à plusieurs reprises, été dans la rue ces derniers mois. Il combat en particulier les fausses promesses, l’imposture sociale et le vrai baratin que portent le Front National et son rassemblement Bleu Marine.

Le Front National annonce avoir déposé une liste aux élections municipales à Nantes.

Le Collectif affirme que les extrêmes droites n’apportent que des mauvaises réponses aux questions qui se posent actuellement à la société. Aucune proposition de l’extrême droite ne s’attaque aux inégalités et aux discriminations. Leur seule mesure phare reste encore et toujours la préférence nationale.

Au siècle dernier, dans des pays en crise économique et sociale, où les inégalités croissaient et où des dizaines de millions de personnes craignaient de devenir des exclus, ces mêmes discours ont débouché sur des drames qui ont ensanglanté le monde.

Le rejet et la peur de l’Autre ne peuvent être un projet de société. Refusons que la haine fasse programme; mobilisons-nous, ensemble et dans l’unité, contre les idées des extrêmes droites. Le Collectif invite à mettre au cœur des débats les vraies questions que sont l’emploi, la protection sociale, l’éducation, le logement et appelle à une politique d’égalité, de justice sociale et au développement des droits et des libertés pour toutes et tous.

Pour le Collectif
la LDH, le MRAP…