
Celui qui s’est de tout temps prétendu l’héritier du chiraquisme est en train de virer très très à droite. Ses 5 conseillers RN sont-ils contagieux ?
Rappelons que Chirac fut Premier ministre de 1974 à 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, d’un gouvernement fort peu conservateur non seulement sur les questions « sociétales » (IVG, majorité à 18 ans, divorce par consentement mutuel) mais aussi dans sa politique sociale (relèvement des retraites, indemnisation généreuse des chômeurs, etc…)
En septembre 2019, Les Echos faisaient du chiraquisme une vertu.
- Après la crise des « gilets jaunes », le chiraquisme a changé de page au dictionnaire des synonymes. Il est plus souvent accolé à « proximité » et « écoute » qu’à « immobilisme ». Les Echos — Quand le chiraquisme devient vertu
Inutile de revenir trop longuement sur le virage à 90 degrés pris depuis peu par François Baroin. Il viserait la présidentielle qu’il ne s’y prendrait pas autrement. La campagne électorale s’annonce déjà particulièrement droitière, voire extrême droitière.
Il n’est pas difficile de s’en convaincre en se rappelant ses arrêtés municipaux récents qui s’en prenaient aux libertés publiques comme individuelles (interdiction du drapeau palestinien sur la voie publique, dans un premier temps, puis sur les seuls bâtiments du domaine public suite à la bronca des syndicats et organisations des forces progressistes troyennes – un référé liberté déposé par la LDH et le MRAP est toujours en cours d’examen), puis le fameux arrêté « couvre-feu » pour les mineurs, cet été, auquel a mis fin le tribunal administratif en réponse au référé liberté déposé par la LDH.
La démocratie en apnée, la droite radicalisée.
La droite traditionnelle, dite « classique », s’est dangereusement rapprochée de l’extrême droite à l’occasion des élections municipales de mars 2026.
Porosité entre les électorats de droite et d’extrême droite.
Au lendemain des élections municipales, l’état-major du parti Les Républicains (LR) ne s’abaissera certainement pas à remercier le Rassemblement national (RN) ; mais il peut au moins remercier son électorat. C’est sans doute grâce à lui qu’il a obtenu ses plus belles victoires, à Clermont-Ferrand et à Limoges. Dans ces deux grandes villes, comme à Brest (Finistère), le maintien du candidat d’extrême droite au second tour n’a pas empêché la droite de s’imposer face à la gauche dans une triangulaire, en raison d’une désertion des voix du RN entre les deux tours.
Quand l’extrême droite s’invitait sur les listes de droite… et inversement.
La porosité entre LR et le RN s’expose de plus en plus au grand jour. Dans des dizaines de communes, on a constaté de troubles jeux d’appareil…
La droite en quête d’un nouveau souffle.
Dans la capitale, où la gauche plurielle esp[érait] bien reconquérir la mairie, la droite classique [était] en pleine déroute stratégique. Le candidat LR, un ancien ministre controversé, a dû faire face à une fronde interne après avoir laissé entendre qu’une collaboration avec l’extrême droite pourrait être envisagée en cas de score insuffisant. Mais sous la pression de la base militante et des élus locaux, il a finalement jeté l’éponge : « Nous ne pactiserons pas avec les ennemis de la République », a-t-il déclaré lors d’une réunion houleuse en présence de figures du parti.
Cette fermeté, bien que tardive, s’inscri[vai]t dans un contexte où l’électorat parisien se montr[ait] de plus en plus réticent aux compromis. Les sondages récents indiqu[ai]ent un glissement des intentions de vote vers les écologistes et la NUPES, tandis que le RN stagn[ait] autour de 15 %. Une configuration qui pouss[ait] les stratèges de LR à reconsidérer leur doctrine, au risque de perdre une partie de leur base historique.
Les municipales 2026 à peine finies, la droite se projette déjà sur la présidentielle.
Que ce soit dans les discours qui ont suivi les résultats du second tour des municipales ou dans les interviews matinales, la droite tente de tirer les leçons de ces élections pour se projeter sur l’ère post-Macron.
Le patron des LR ne manque pas de rivaux, de Laurent Wauquiez à David Lisnard en passant par Michel Barnier. Xavier Bertrand, aux rêves d’Élysée brisés par la primaire des Républicains en 2021, se verrait bien porter l’étendard de la droite.
Et pourtant, il est loin d’être exclu de voir sortir du chapeau de Retaillau un sixième ou septième lapin… De Cazeneuve à Ciotti, en passant par Dupond-Moretti : tout le monde se lève pour François Baroin.
RD
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