L’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole Duplomb 3



Le 07/08 2025, 2 millions de Français ont signé et réussi à faire censurer la loi Duplomb 1 par le Conseil constitutionnel. 

Le 26/03/2026 dernier, le Conseil d’Etat a jugé “non conforme au principe de précaution de notre Constitution“  le texte de la loi Duplomb 2. 

Mais les sénateurs ont trouvé une troisième voie. Le 2 juillet dernier, ils ont fait passer ce que l’on appelle la loi Duplomb 3. 

L’Assemblée nationale l’a définitivement adoptée ce mardi 21 juillet, avec les voix de droite, d’extrême droite et de la majorité présidentielle réunies.




« C’est scandaleux » : l’Assemblée adopte la loi d’urgence agricole, des tensions entre le gouvernement et ses troupes.

Le texte adopté par les députés dans la nuit prévoit notamment la réintroduction de l’acétamipride, pourtant censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Duplomb. Le gouvernement n’a pas accepté les amendements demandant sa suppression, au grand désespoir de certains élus de la majorité.



«Un grave moment de régression» : les députés adoptent la loi d’urgence agricole et ouvrent la voie au retour de l’acétamipride.

Débat de plafond. Grâce à la droite, à l’extrême droite et au bloc central, l’Assemblée nationale a adopté lundi la très décriée loi d’urgence agricole, ouvrant la voie à la réintroduction possible de pesticides interdits, la facilitation des projets de mégabassines ou d’élevages intensifs. La gauche et les associations environnementales dénoncent un texte de «régression».



Pesticides : le vote de la honte.

En ouvrant la voie à l’usage de deux insecticides aux effets toxiques avérés, le Parlement et le gouvernement ont choisi de s’aligner sur les demandes de l’agro-industrie et des multinationales de la chimie. Une solution : abrogation !



Adoption de la loi d’urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux ?

Le gouvernement et les députés du « bloc central », de droite et de l’extrême-droite viennent de voter en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau. Voici le détail des votes.



La loi d’urgence agricole « ne réintroduit pas l’acétamipride », assure la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, salue l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte « plein de mesures attendues, concrètes, précises pour les agriculteurs ».



« Des alliés du cancer » : les députés adoptent la loi d’urgence agricole, les opposants révoltés.

La loi d’urgence agricole, qui réintroduit des pesticides interdits et facilite la création de mégabassines et de fermes-usines, a été adoptée par les députés. Le soir même, un millier d’opposants ont dénoncé des « alliés du cancer ».



21 juillet 2026. L’Assemblée vote la loi Duplomb 3, loi d’urgence agricole. La ministre de l’Ecologie n’est même pas présente…

Ça, nos représentants ? Ce sont plutôt les représentants d’un monde qui ne croit plus au vivant, gangrené par une mafia agro-industrielle qui veut « déverrouiller la porte du progrès » * en abattant un des fondements de la Constitution, le principe de précaution.

Nous sommes à la merci des empoisonneurs et des assoiffeurs qui, dès qu’ils se sentent limités, envoient leurs troupes d’affidés esclavagisés déféquer partout en toute impunité !

Cette secte techno-solutionniste méprise l’humus, méprise l’humain. Ils sont hors sol et hors humanité.

*L’expression est celle d’Arnaud Rousseau [président de la FNSEA]

Pascal GENNERET



« Un texte abominable sur le plan scientifique »



Chercheur reconnu dans le domaine de la biodiversité, Philippe Grandcolas publie Loi Duplomb, le débat confisqué aux éditions du Faubourg. Nous l’avons rencontré dans son bureau du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris, au moment où sénateurs et députés s’apprêtent à permettre la remise sur le marché de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides nocifs pour les abeilles.



Cette grave décision a été prise en force après que les Français se soient mobilisés et prononcés en grand nombre ( 2 138 168 signatures à la 1ère pétition ) contre cette loi qui les concerne pourtant en tout premier lieu. Le nombre de pétitions lui-même bat tous les records:

Pétitions anti DuplombNbre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014 2 13   2 138 16810/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3038250821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3051142321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3072109021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3079107821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-308243622/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-309219 15921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3101117921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3130360021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315184421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3155156521/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3199132321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3210 165921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3253158921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-325910 60321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3260716821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i- 3272[RD1] 1093 22/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33502704  23/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3385974   23/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-377372   29/08/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3833411   29/08/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103 49 777    02/02/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-51655612    18/02/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-62833565     19/06/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392 124 708     06/07/2026
https://www.leslignesbougent.org/petitions/alerte-non-a-duplomb-3-23761/32544MAJ 21/07/2026

Pétitions surlignées encore en cours (chiffres connus à la publication de l’article- cliquer sur les liens)

La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale permet aux citoyens d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale et de signer des pétitions déjà déposées.

Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, en fonction de la thématique qu’elle aborde. Les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité.

Après attribution de la pétition à une commission, les députés de la commission désignent un député-rapporteur qui propose ensuite soit d’examiner le texte au cours d’un débat faisant l’objet d’un rapport parlementaire, soit de classer la pétition.

La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut également décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins 500 000 signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.



Les pétitions pro loi Duplomb n’ont pas réussi à attirer autant de signatures.

Pétitions pro DuplombNombre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-308471021/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3106286921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-311915721/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-312916721/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315311221/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-315814821/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-318010321/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-319125421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320315621/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320420421/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-321320121/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-320427921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-324264921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-325678921/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-331665422/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33477124/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-33529924/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-348526427/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-362231031/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-37681001/09/2025



On a même pu voir à cette occasion des pétitions anti pétitions.

Pétitions contre les pétitionsNombre de signaturesDates de lancement
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-319422322/07/2025
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-611968804/06/2026
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-65951920/07/2026





RD


Ah! le joli mois de mai 2026 !


58 ans après, on en est encore presque au même point.

Ceux qui n’étaient pas nés en ont nécessairement entendu parler. Les « événements » de mai-juin 1968 ont marqué l’histoire d’une empreinte indélébile. Déclenché par une révolte chez les étudiants, le mouvement a gagné le pays tout entier et en particulier le monde ouvrier. L’Etat a vacillé. On dit que face à la mobilisation étudiante puis à la grève générale, les forces de l’ordre auraient découvert « la modération et un souci inédit des manifestants ». Dans la réalité, il en fut bien autrement. C’est à cette époque qu’est née la brigade des “voltigeurs”, l’ancêtre des Brav-M, démantelées après la mort de Malik Oussekine en 1986, mais réinventées en 2019 sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Mai 1968 fit 7 morts officiels en France.

Aujourd’hui, la machine policière est tellement bien rodée que les violences et la répression font partie du paysage français.

Mai 2026 démarra en fanfare par la remise en cause de la Fête des Travailleuses et des Travailleurs.

Un texte favorisant le travail le 1er Mai a fait l’objet d’une manœuvre des députés du bloc central, visant à en accélérer l’examen: le seul jour férié et chômé de l’année aurait bien pu disparaître sans la mobilisation unanime des huit grandes centrales syndicales.



Mi-mai, des militants ardéchois et drômois ont fomenté deux actions de blocage et de contestation d’une déviation construite à côté de Valence. Si les premiers s’en sont sortis avec une amende, les seconds ont subi une forte répression.



Le 16 mai, 500 personnes défilaient dans les rues de Bayonne pour dénoncer la répression qui touche les militants au Pays basque et, plus largement, défendre la liberté d’expression face aux dérives autoritaires, pour le droit de militer sans se faire réprimer.



Des militants tiraient la sonnette d’alarme face à une tendance croissante à criminaliser le soutien à la Palestine sur les campus universitaires français. Ils dénoncaient les descentes de police, expulsions et arrestations systématiques et les restrictions drastiques des libertés dans le cadre universitaire.



Quelques jours après, le Sénat votait les premières mesures du projet de loi « Ripost », incluant une possible peine de prison pour les participants aux free-parties. Voulu par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, le texte, qui portait également sur la répression des rodéos motorisés, entendait apporter des « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité » des Français, d’où son acronyme « Ripost ».



La LDH s’engageait au côté des organisateurs pour demander au parlementaires d’« Arrêter de pratiquer une politique restrictive et qui marginalise les musiques électroniques. Reconnaître ce pan comme un patrimoine peut être un grand pas pour changer de paradigme à son égard ».  (Inventaire national du patrimoine culturel immatériel français).



Quelques jours après encore, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, était mise en examen pour diffamation pour avoir « dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal ». Le directeur de publication de l’Humanité, Fabien Gay, était également poursuivi et mis en examen pour avoir laissé diffuser ces propos.



Enfin, dans un communiqué, la LDH dénonçait à nouveau les violences policières et l’intensification de la répression des rassemblements festifs.



Les quelques faits évoqués ici ne constituent qu’un inventaire rapide des marques flagrantes d’un durcissement de la politique répressive de la police française, agissant au nom de l’Etat, parfois, voire de plus en plus souvent cependant, sans plus aucun contrôle de celui-ci.

En 1968, le peuple s’était soulevé au point de mettre en péril l’autorité de l’Etat. Celui-ci avait répondu avec la plus grande fermeté. Aujourd’hui, le gouvernement réagit avec la plus grande des brutalités et sans discernement face à des manifestations pacifiques de militants écologistes, qui ne demandent qu’à préserver l’environnement et la qualité de vie de leurs enfants, face à des rassemblements d’étudiants qui refusent le massacre du peuple palestinien, face à des teufeurs qui ne demandent qu’à se détendre et s’amuser, en défendant les musiques qu’ils aiment, face à des responsables syndicalistes et des journalistes coupables de dénoncer la répression d’ouvriers « qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions. »

Un tel déploiement de violence et la disproportion des réponses des pouvoirs publics à des actes qu’on peut qualifier de plutôt « bon enfant », pour le moment, ne peuvent que nous interroger sur d’éventuelles craintes, de leur part, de voir le peuple français se soulever.

J’ai toutefois l’impression qu’on n’en est pas encore là…

RD

Les droits et les libertés continuent de reculer en France




« La France connaît une dégradation profonde et structurelle de l’environnement dans lequel la société civile peut s’exprimer et agir. » C’est en ces termes que s’ouvre un nouveau rapport de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).

D’après son analyse, cette évolution s’inscrit dans un contexte d’influence grandissante de l’extrême droite, notamment dans le paysage médiatique, qui marque également un tournant dans le discours des responsables publics.

Cet environnement de plus en plus autoritaire ouvre la voie au développement d’un arsenal législatif dissuasif, aux interdictions et limitations à l’exercice du droit de manifester, aux répressions et violences policières, et, plus largement, à un rétrécissement des espaces de dialogue civique.

C’est en ces termes que la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH) dressait dans son rapport de septembre 2025 un tableau peu reluisant de l’état du droit et des libertés en France



Depuis, les Lanceurs d’Alerte dénoncent la multiplication des procédures-bâillons, se demandant si la France ne serait pas devenue en la matière l’une des pires élèves de l’Union européenne.



La multiplication des zones à Régime Restrictif (ZRR) visant les chercheurs et les universitaires, en les plaçant sous surveillance rapprochée et en imposant l’arbitraire du secret militaire pour permettre de prendre des décisions contraires aux principes du droit (droit de la défense), contrevient aux missions de service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.



Après la loi Yadan, finalement retirée et la loi Duplomb, qui a également suscité de vifs débats et une pétition signée par 1,5 million de citoyennes et citoyens mais qui revient aujourd’hui sous la forme de loi d’urgence agricole, le gouvernement vise à déréguler les élevages, sous prétexte de souveraineté alimentaire. Ce nouveau cadre juridique permettrait au gouvernement de légiférer par ordonnance et non plus par la voie parlementaire.



Début mai, l’assemblée nationale approuvait la proposition de loi portée par le député Rodwell et soutenue par le gouvernement, portant à 7 mois le temps de rétention des étrangers jugés « dangereux ». Une disposition d’allongement similaire avait été à l’été 2025 censurée par le Conseil constitutionnel, qui l’avait jugée disproportionnée. La députée écologiste Léa Balage El Mariky a dénoncé une « dérive majeure » transformant « les psychiatres en agents de sécurité intérieure » et « le soin en contrôle ».


Nous évoquions également récemment dans ces colonnes la loi de programmation militaire dans laquelle s’est glissé l’état d’alerte de sécurité nationale dont on ne peut pas dire qu’il soit un gage de liberté et de démocratie pour les mois et les années à venir, en se présentant plutôt comme un état d’urgence qui ne dit pas son nom, remettant en cause la séparation des pouvoirs et les libertés publiques.



Très récemment, le projet de loi dit « Ripost », visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens, faisant de rassemblements festifs et de certains débordements de tous temps inhérents à la jeunesse, des délits, voire des crimes démontrant de la part de ces législateurs d’un autre temps une méconnaissance des principes de nécessité et de proportionnalité des peines ; une violation du principe de légalité et de l’équité de la procédure ; une atteinte aux principes cardinaux de la justice pénale; un manquement à la garantie de la liberté d’expression et du droit de réunion pacifique.



Plaidant en faveur d’une approche fondée sur la réduction des risques, la prévention et la protection des droits des personnes, le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD) propose à ce projet 5 amendements loin d’être excessifs et parfaitement justifiés en regard des faits incriminés.


RD





Etat d’alerte de sécurité nationale


Glissé dans le projet de loi actualisant la programmation militaire 2024-2030, l’article 21 crée de toutes pièces un régime juridique inédit : l’état d’alerte de sécurité nationale. Adopté à l’Assemblée nationale lors des débats du 18 mai avec les voix du camp gouvernemental et de l’extrême droite, le texte file désormais au Sénat, avec pour objectif une adoption définitive avant le 14 juillet. Tout s’est passé dans la plus grande discrétion. Comme d’habitude quand on veut que personne ne regarde.


C’est quoi « l’état d’alerte de sécurité nationale », possible régime d’exception adopté discrètement par les députés ?


Cela évoque une « dictature militariste », des « libertés en berne », un « état d’alerte permanent ».

Les droits mettent des siècles à se conquérir, quelques semaines à se perdre. À un an de l’élection présidentielle, alors que son bilan en matière de libertés publiques est déjà accablant, Emmanuel Macron ne désarme pas. Le projet de loi de programmation militaire « pour faire face au retour de la guerre » – dont l’examen n’a pas été achevé dans les délais prévus et devrait reprendre le 18 mai – en est une nouvelle illustration.


Dès le 3 mai, une tribune publiée dans L’Humanité et cosignée par la Ligue des droits de l’Homme, la CGT, Solidaires, la FSU, France Nature Environnement, Greenpeace, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et Alternatiba, avait sonné l’alarme. Ces organisations dénonçaient un état d’urgence qui ne dit pas son nom, activable sur des critères volontairement flous et vagues, permettant des dérogations immédiates aux règles de protection environnementale, aux normes de sécurité au travail, aux règles d’urbanisme et même au droit du patrimoine archéologique.


RD

Dans l’actualité de ce 31 mars: fin de la trêve hivernale



« On va punir les ménages » au lieu d’être « dans une logique de prévention », déplore la Fondation pour le logement des défavorisés.

Les expulsions vont reprendre avec la fin de la trêve hivernale. Les mères seules avec un enfant, sont de plus en plus touchées, observe la Fondation.



 

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Allô l’Arcom ? C’est encore pour CNews

La chaîne TNT, vaisseau amiral des médias Bolloré, a une spécialité : lancer des campagnes de haine contre telle ou telle personnalité. Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI) subit un déluge d’insanités racistes. Dans « Le Procès Bolloré », le livre du FPL publié le 19 mars, d’autres personnes expliquaient parfaitement cette mécanique infernale.




 

Payés moins de 6 euros de l’heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs


Un livreur sur deux a des symptômes dépressifs, les accidents du travail sont courants mais ignorés… Une nouvelle étude inédite par son ampleur détaille les dégâts sur la santé du monde ubérisé des plateformes de livraison. Témoignages.



 

Crise de l’énergie : le retour en grâce de l’E85, le «carburant malin» au bilan environnemental controversé


Carburant l’argent. Face à la flambée des prix à la pompe, le superéthanol E85 attire les automobilistes en quête d’économies. Un mauvais pari, tant pour leur portefeuille que pour l’environnement et notre souveraineté alimentaire. Explications.



 

Le renforcement des contrôles policiers rend la traversée de la Manche plus mortelle, selon des chercheurs


Dans une étude publiée la semaine dernière, des chercheurs britanniques et l’organisation Border Forensics ont disséqué la politique migratoire menée à la frontière entre le Royaume-Uni et la France ces dernières années. Selon eux, l’augmentation des décès est directement liée au renforcement des contrôles.



 

Les dangers des réseaux sociaux enfin reconnus par la justice

Les 24 et 25 mars deux décisions de justice (Nouveau Mexique, Californie) marquent un tournant dans la reconnaissance des dangers des réseaux sociaux. Meta et Instagram ont été condamnés pour des contenus addictifs avec des conséquences psychologiques.

L’accusation a porté sur la façon dont les plateformes captent l’attention des jeunes pour augmenter le temps passé afin de générer davantage de profits publicitaires au détriment de leur santé mentale. Même si les montants des condamnations restent symboliques, les décisions pourraient enclencher une dynamique capable de fragiliser la défense des géants de l’Internet, fondée jusqu’ici sur l’irresponsabilité et la neutralité technologique. Uniquement en Californie, plus de 3000 procédures sont en cours d’instruction.

Ces jugements font résonance avec des décisions prises en Australie, bientôt suivies par le Royaume-Uni, la Malaisie. La France prend des initiatives pour encadrer l’usage des smartphones. Partout les alertes sanitaires se multiplient poussant les réseaux sociaux à ne plus ignorer les dommages de leur modèle économique.

Signal utile pour les adultes, médecins, enseignants, parents souvent démunis face aux usages intensifs des réseaux.

Rapport de force inversé, les géants de l’Internet savent désormais qu’ils ne peuvent plus se dispenser d ‘une éthique de la responsabilité.

Tiré du Monde du samedi 28 mars 2026

JC


L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans débattue ce mardi au Sénat

Le Sénat, qui penche à droite, ne remet pas en cause l’objectif général du texte adopté à l’Assemblée nationale. Mais il subsiste un différend quant à la rédaction de cette loi.



 

Moyen-Orient

 

Israël légalise la peine de mort pour les Palestiniens


Les députés israéliens ont adopté une loi instaurant la peine de mort pour les « terroristes » palestiniens. Est visée toute personne reconnue coupable de meurtre commis « dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël ». Car « il n’y a pas de terroriste juif », justifie l’auteure de la proposition de loi.



« Zone tampon et de sécurité », ressource en eau… Que cherche à conquérir Israël au sud du Liban?

Le ministre israélien de la Défense Israel Katz a annoncé ce mardi 31 mars « le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu’au Litani », au Liban. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait ordonné ce dimanche 29 mars l’extension de sa « zone de sécurité » au sud du pays. La région, déjà occupée par Israël entre 1978 et 2000, revêt une importance stratégique et religieuse pour certains. 



 

Dans l’audiovisuel, un tapis rouge pour l’ambassadeur d’Israël


Au lendemain de l’agression israélo-américaine contre l’Iran, le 28 février 2026, l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, débute une intense tournée médiatique. Propagande à foison, invisibilisation des victimes, contradiction atone : on pensait avoir tout vu, tout entendu. C’était sans compter une séquence inédite, qui se répétera sur trois plateaux différents en dix jours…




 

Iran : L’armée intensifie l’enrôlement d’enfants



Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran mène actuellement une campagne visant à recruter des enfants dès l’âge de 12 ans pour qu’ils s’engagent volontairement en tant que « combattants pour la défense de la patrie », a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Le recrutement et l’utilisation d’enfants à des fins militaires constituent une violation grave des droits des enfants, et un crime de guerre lorsque les enfants ont moins de 15 ans.

La mécanique du terrorisme d’extrême-droite


La résistance de la démocratie face aux assauts de ses ennemis est faible. L’accession au pouvoir, à nouveau, de Donald Trump en est l’illustration la plus criante. Dans l’ombre, le terrorisme d’extrême-droite se développe, recrute et se coordonne pour parvenir à ses fins.

Tandis que l’extrême-droite parlementaire joue le jeu de la démocratie, sa fraction la plus radicale porte la violence dans la rue et explore le terrorisme comme moyen d’accélérer son ascension vers le pouvoir.


La Bretagne semble particulièrement touchée par ce phénomène, notamment à Brest où, sous couvert de hooliganisme, un groupuscule a particulièrement fait parler de lui, il y a trois mois, puis plus récemment.

« L’intention de taper du gauchiste était là » : neuf gardes à vue, trois mois après l’agression devant un bar de Brest.

Les forces de l’ordre de Brest ont interpellé huit personnes dans les milieux d’extrême-droite, mardi 16 décembre 2025. Une neuvième s’est rendue d’elle-même. Des gardes à vue qui interviennent trois mois après l’agression de clients d’un bar de la place Guérin, à Brest (Finistère).



Cette bande d’extrême-droite ultra-violente, mêlant supporters de l’équipe de foot et militaires, a clairement été identifiée par les journalistes de Splann et de StreetPress depuis déjà un certain temps.



Les mêmes ont suscité une question écrite du député LFI Arnaud Saint-Martin au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace au sujet des agressions violentes commises par ces groupuscules d’extrême-droite à l’Université Bretagne Sud de Lorient. 



Nous ignorons si une réponse y a été donnée par le ministre Philippe Baptiste, sans doute plus préoccupé par le financement par leurs propres moyens des universités françaises, qu’il a qualifiées de « bande de nuls » « à la ramasse », au prétexte qu’elles ne remportent pas assez d’appels à projets européens pour financer leur recherche. 



Plus au sud, les mêmes, ou leurs semblables, qui n’en étaient pas à leur coup d’essai, n’ont pas hésité à mener une véritable « vendetta » en direction d’un militant antifasciste, en avril dernier, dans un bar du centre-ville d’Albi, où plusieurs clients ont été frappés ou « gazés ».

Ils ont été jugés ce jeudi 18 décembre par le tribunal correctionnel d’Albi pour violences aggravées et/ou participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations.



Le magazine Basta dresse un inventaire exhaustif depuis septembre 2017 de ces violences d’extrême-droite en France et ailleurs. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le tableau est plutôt sombre: « Les violences des groupes ou milices néo-fascistes s’intensifient à mesure que les idées xénophobes pénètrent dans la société. Et plus encore lorsque l’extrême-droite parvient au pouvoir.« 


On peut s’interroger quant au choix, par la Coordination rurale, de certaines cibles bien particulières, lors de ses actions liées au conflit provoqué par l’abattage des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine. Ces pratiques ne semblent pas vraiment étrangères à celles des ces groupes ou milices néo-fascistes, qui n’ont pour tout langage que la violence. Ces dégradations s’inscrivent dans la continuité des déclarations de Bernard Venteau, nouveau président de la Coordination rurale, syndicat proche de l’extrême-droite, qui avait appelé à «faire la peau aux écolos» lors du congrès du syndicat en novembre.

L’affaire Shein



C’est un appel surgi au détour d’une session de scrolling sur Instagram.« Maintenant que tout le monde semble d’accord pour s’indigner pour une poupée, trouvons le courage d’agir pour les «vrais enfants». Merci pour eux. » Le post est publié sur la page du journaliste et auteur Adrien Borne, très engagé sur le sujet des violences faites aux enfants. 



L’implantation de Shein, la marque asiatique de mode ultra-éphémère actuellement sous le feu de vives polémiques, à Reims (Marne) et d’autres villes de province est encore décalée et aucune nouvelle date prévue, a annoncé le propriétaire du BHV Marais, le 14 novembre.



« Les consommateurs de Shein ne sont pas prêts à écouter ».

L’union a interrogé les commerçants et consommateurs laonnois du site d’ultra fast fashion Shein. Environnement, exploitation, surconsommation… Quels sont les vrais coûts de la plateforme ?



Plusieurs procédures ont été initiées pour faire face au non-respect des normes par des plateformes d’e-commerces étrangères. Au cours d’un contrôle de 200 000 colis issus d’une commande Shein, le 6 novembre 2025 à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, huit articles sur dix se sont révélés non conformes.



La plateforme de commerce en ligne est de nouveau convoquée devant l’Assemblée nationale, le 26 novembre, après son premier refus d’être auditionnée mardi 18 novembre. Elle se justifie notamment par des procédures judiciaires en cours.



Le géant chinois de l’ultrafast fashion Shein incarne une forme poussée de capitalisme mondialisé où la maximisation du profit sacrifie les droits humains, la qualité et la justice sociale.



Peut-on vraiment réguler Shein ?

Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir face à la plateforme ? Peut-elle être suspendue ? Comment contrôler et garantir sa conformité aux obligations réglementaires ?

COP30: la mascarade



Dans une tribune au « Monde », un collectif de doctorants et de doctorantes en sciences de la Terre et du climat dénonce l’hypocrisie de politiques internationales qui prétendent mener la transition écologique mais « minent, décision après décision, les moyens d’y parvenir ».



La COP30, s’est ouverte ce lundi à Belém. Alors qu’aucune négociation d’envergure n’y est prévue, l’hôte brésilien entend saisir l’occasion pour relancer la dynamique de l’accord de Paris. La société civile organise quant à elle sa contre-COP radicale.



Estimant que leur voix est ignorée, quelque 300 militants autochtones ont tenté d’entrer dans la COP30. Reporterre a rencontré l’un d’entre eux, qui dénonce la duplicité de Lula sur la question des peuples autochtones.



L’agrobusiness exerce une forte emprise sur l’État brésilien, qu’il soit dirigé par la gauche ou la droite, sous Lula ou Bolsonaro. Il n’est donc pas surprenant que la COP de cette année s’annonce comme un immense exercice de verdissement de façade agro-industriel.



Belém moi non plus. Quelques jours après le début du 30ème sommet mondial (COP30) sur le climat, la tournure des discussions inquiète alors que l’hôte brésilien promeut des solutions jugées inefficaces voire dangereuses, avec la bénédiction des pays riches.



Les impasses coupables de la COP 30.

Dix ans après la signature de l’accord de Paris, la conférence climat au Brésil doit acter la mise en œuvre d’une transition juste.


Plus de 1600 signatures, ensemble faisons signer nos organisations.



Passons à l’étape suivante; de nombreuses personnes voudraient pouvoir faire signer l’appel à leur organisation. Ensemble faisons signer nos organisations locales régionales et nationales dans nos collectifs, associations, mouvements, ONGs, partis et syndicats. Voici le lien à leur transmettre:
https://framaforms.org/appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre-organisations-1755017070  

Bien entendu continuons également à faire signer l’appel aux individus dont voici le lien : https://framaforms.org/appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre-1754304474

Vous pouvez enfin  partager la publication du magazine Regards :
https://regards.fr/tribune-appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre/


Pour la prochaine newsletter nous sollicitons vos propositions, pour parler du fond, partager vos expérience locales insister sur votre cause ou votre secteur, partager vos affiches et flyers.
Pour toute question, n’hésitez pas à contacter Ben au 0649985753 

Inégaux face à la canicule

Que ce soit pour le logement, pour la santé ou même pour les violences, plusieurs études montrent que la chaleur fait ressortir les inégalités dans la société française.

 « Il faut bien avoir en tête que le revenu est le premier facteur d’inégalité face à la chaleur », souligne Amandine Richaud-Crambes, ingénieure urbaniste au service Organisations urbaines de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). 

« Le niveau de vie est un élément déterminant pour son confort au sein du logement », poursuit-elle, appelant à prendre un compte le phénomène de bouilloires thermiques. Les chiffres de l’Ademe montrent que 37 % des foyers modestes souffrent de la chaleur, contre 18 % des plus favorisés.

« On est vraiment sur quelque chose qui tue, on n’est pas seulement sur de l’inconfort », assène l’épidémiologiste Kévin Jean, professeur junior en Santé et Changement Globaux à l’ENS-PS, rappelant qu’une première vague de chaleur, fin juin, début juillet, a provoqué un excès de 500 décès sur une dizaine de jours, selon Santé publique France.

L’épidémiologiste note également une augmentation des violences lorsque le mercure grimpe. « On sait qu’avec chaque degré de température, les troubles de santé mentale augmentent, les troubles de l’humeur, des troubles anxieux, même la schizophrénie augmente avec la chaleur ».

Pour l’architecte Éric Daniel-Lacombe, « la grande question, c’est celle du refroidissement et finalement l’inégalité dépend de votre accès au refroidissement ». Il estime que l’eau est la grande oubliée: « Si vous regardez les forces puissantes, les forces riches, sont toujours à capter l’eau alors que les personnes modestes n’y ont pas accès directement ».

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-12-aout-2025-7960832?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2025-08-12&at_position=1

Un nouveau texte Duplomb ?

Décision du Conseil constitutionnel: les juges ont jugé que la réintroduction du pesticide, de la famille des néonicotinoïdes, était contraire à la Charte de l’environnement«Faute d’encadrement suffisant», cette mesure est contraire au «cadre défini par sa jurisprudence, découlant de la Charte de l’environnement», peut-on lire dans leur communiqué.


Ils rappellent que les néonicotinoïdes «ont des incidences sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux» et «induisent des risques pour la santé humaine».

Mais après cette censure, le sénateur Duplomb n’exclut pas un nouveau texte pour réintroduire l’acétamipride, argumentant que «en fait, [le Conseil constitutionnel] nous donne les éléments qui pourraient permettre, avec un nouveau texte, de trouver des solutions pour pouvoir peut-être réintroduire» l’acétamipride. «Il reste encore du temps pour examiner ce qui va se passer, comment nous allons pouvoir le faire», a ajouté Laurent Duplomb !

Loi Duplomb : plusieurs associations déposent une contribution commune devant le Conseil constitutionnel



Communiqué commun dont la LDH est signataire

Alors que la mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb atteint une ampleur inédite — la pétition a déjà recueilli près de deux millions de signatures en un temps record —, les associations Générations Futures, Notre Affaire à Tous, POLLINIS, la LDH (Ligue des droits de l’Homme), Terre de Liens, CIWF France, le CCFD-Terre Solidaire, Greenpeace France, la Fondation pour la Nature et l’Homme, la Fondation 30 Millions d’Amis, Réseau CIVAM et Biodiversité décident de multiplier les efforts en déposant une contribution auprès du Conseil constitutionnel pour soutenir les saisines des parlementaires et faire censurer plus de la moitié de la loi.

La pétition alerte sur le fait que la « loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire ». En effet, cette loi contient de nombreuses dispositions dangereuses : atteintes aux principes fondamentaux de protection de l’environnement, contournement des procédures démocratiques, affaiblissement du rôle des collectivités territoriales, verrouillage des voies de recours, ou encore normes impossibles à appliquer en élevage plein air.

Face à ces atteintes multiples aux droits fondamentaux, à la santé publique et à la protection de l’environnement, les associations appellent le Conseil constitutionnel à faire respecter la Constitution et à censurer les dispositions inconstitutionnelles de la loi Duplomb. Par leur contribution commune, elles réaffirment l’importance d’un cadre juridique rigoureux et démocratique, indispensable pour garantir un avenir sain et durable pour toutes et tous.

Les associations reviennent donc article par article sur les mesures les plus problématiques du texte, ainsi que sur les vices de procédure qui accompagnent son adoption.

Concernant l’inconstitutionnalité de la procédure d’adoption :

La loi Duplomb a été adoptée au mépris des principes de clarté et de sincérité du débat parlementaire, par un détournement de la motion de rejet préalable ayant empêché tout examen d’amendement dès la première lecture. Cette manœuvre, sans fondement constitutionnel, viole le droit d’amendement garanti par l’article 44 de la Constitution et justifie une censure par le Conseil constitutionnel.

Article 1 :

L’article premier de la loi est inconstitutionnel car il supprime l’encadrement obligatoire et indépendant du conseil sur l’utilisation des pesticides. En rendant ce conseil facultatif et possible par des vendeurs de ces produits, la loi favorise les conflits d’intérêts, affaiblit la formation des agriculteurs et augmente les risques pour la santé humaine et l’environnement. Elle viole ainsi plusieurs articles de la Charte de l’environnement – qui a valeur constitutionnelle -, notamment son article 8 relatif à l’éducation et la formation à l’environnement et l’objectif constitutionnel de protection de la santé.

Article 2 :

L’article 2 de la loi est inconstitutionnel car il permet des dérogations illimitées à l’interdiction des néonicotinoïdes, malgré leur forte toxicité pour la biodiversité et la santé humaine. Contrairement à une précédente décision du Conseil constitutionnel, cette dérogation n’est ni limitée dans le temps, ni restreinte à certaines cultures ou substances. Elle repose sur une définition biaisée des alternatives, axée uniquement sur les coûts pour l’agriculteur, au détriment de la santé publique et de l’environnement, violant ainsi les articles 1er, 2, 3, 5 et 6 de la Charte de l’environnement. En outre, elle ne prévoit aucune participation du public, en contradiction avec l’article 7 de cette Charte.

Article 3 :

L’article 3 autorise le gouvernement à relever par décret les seuils des ICPE d’élevage en affirmant que cela ne constitue pas une atteinte au principe de non-régression. L’article 3 prévoit également une dérogation pour les projets d’élevage bovin, porcin ou avicole soumis à autorisation environnementale en permettant de remplacer les réunions publiques obligatoires par de simples permanences, réduisant ainsi la transparence et la participation du public.

Cet article est ainsi inconstitutionnel en ce qu’il constitue une :

– atteinte à la participation du public (article 7 de la Charte) : remplacer les réunions publiques par des permanences limite le débat et rend les réponses du porteur de projet facultatives ;
– violation du principe d’égalité (article 6 DDHC) : la dérogation ne concerne que certains élevages sans justification objective ;
– méconnaissance des articles 1 et 2 de la Charte de l’environnement : la loi relève les seuils sans prévoir de mesures de compensation en cas d’atteinte grave à l’environnement ;
– atteinte au principe de non-régression, corollaire des principes à valeur constitutionnelle garantis par la Charte de l’environnement.

Article 5 :

L’article 5, en présumant d’office que les ouvrages agricoles de stockage, aussi appelés méga-bassines, et prélèvement d’eau dans les zones en déficit hydrique sont d’intérêt général majeur (IGM) et justifiés par une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), porte une atteinte disproportionnée au droit à un recours juridictionnel effectif et aux principes de précaution et de gestion durable de l’eau. Cette présomption empêche une appréciation au cas par cas nécessaire pour équilibrer protection de l’environnement et besoins agricoles, alors que la jurisprudence européenne impose une analyse fine et stricte avant toute dérogation. De plus, ces infrastructures, souvent de grande taille, favorisent un modèle agricole consommateur d’eau et nuisible à la biodiversité, sans garantir d’alternatives durables ni limiter les impacts, ce qui justifie leur inconstitutionnalité.

Article 6 :

L’article 6 impose aux inspecteurs de l’environnement de transmettre leurs procès-verbaux d’infraction au procureur de la République « par la voie hiérarchique », et non plus directement. Cette exigence permet à une autorité administrative de contrôler, modifier ou bloquer la transmission d’actes relevant de la police judiciaire. Elle porte atteinte au principe de séparation des pouvoirs, à l’indépendance de l’autorité judiciaire et à l’objectif constitutionnel de recherche des auteurs d’infractions.

Pour les associations « la loi Duplomb fragilise gravement la protection de l’environnement et la santé publique au profit d’une minorité d’acteurs, dont l’agrochimie, en bafouant les principes démocratiques et constitutionnels, le tout sans répondre aux attentes d’une majorité des agriculteurs et des citoyens. Face à cette loi dangereuse qui multiplie les atteintes aux droits fondamentaux et vise sans complexe à l’industrialisation de l’agriculture et de l’élevage au mépris des humains et des animaux, nous avons déposé une contribution commune devant le Conseil constitutionnel pour faire censurer plus de la moitié du texte. Notre action vise ainsi à rétablir la vérité juridique et scientifique, et à défendre l’intérêt général. »

Paris, le 24 juillet 2025

Télécharger le communiqué « Loi Duplomb : plusieurs associations déposent une contribution commune devant le Conseil constitutionnel » en PDF

Non à la Loi Duplomb — Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective.

Par Rémy Dufaut



Acetamiprid: C10H11ClN4 autrement dénommé E)-N-[(6-Chloro-3-pyridinyl)méthyl]N’-cyano-N-méthyléthanimidamid



1 694 342

C’est le nombre de signatures de la pétition lancée le 10 juillet par  Eléonore PATTERY, actuellement en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises) sur le site de l’Assemblée nationale à l’instant précis où nous publions cet article (ce nombre augmente de plus de 200 par minute).

Les lobbies agricoles et agrochimiques redoublent d’efforts pour tenter de contrer cette vague citoyenne qui ne cesse de croître.

L’un des arguments des défenseurs de l’acétamipride c’est qu’il est un composant de nombreux produits utilisés régulièrement par les foyers français, depuis l’antipucerons systémique disponible dans tous les commerces de jardinage jusqu’aux colliers antipuces de nos compagnons à quatre pattes, selon la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Hors, cette affirmation est totalement fausse, l’acétamipride n’étant autorisé dans aucun produit vétérinaire.

L’acétamipride n’est pas présent dans tous les insecticides ménagers comme le prétend Mme Genevard, mais dans seulement 213 sur plusieurs milliers sur le marché, d’après la base de données officielle consacrée aux produits biocides.

Pendant ce temps, les études sur l’acétamipride « s’accumulent » et montrent des « toxicités chroniques très importantes ».

Et ça n’est pas d’aujourd’hui que des scientifiques, dont les objectifs sont de proposer aux agriculteurs des alternatives à ce produit toxique (découvert en 1989 et commercialisé en 1995 dans le monde entier) plutôt que de les « empêcher de produire », se démènent pour nous alerter. Une simple recherche sur Google nous renvoie à plus d’une centaine de publications scientifiques de 2021 à nos jours, dans lesquelles il est difficile d’en trouver qui ne dénoncent pas la toxicité de ce produit.

En décembre 2013, l’EFSA (l’Autorité européenne de sécurité des aliments) signalait deux insecticides qui « pourraient être nocifs pour le système nerveux humain » et seraient susceptibles d’affecter le développement cérébral des bébés et demandait à ce que « tout nouvel insecticide néonicotinoïde soit obligatoirement testé pour sa neurotoxicité humaine avant sa mise sur le marché ».

Le 1er septembre 2018, un an d’après l’élection d’Emmanuel Macron, entrait en vigueur l’interdiction des néonocotonoïdes, dont l’acétamipride. La France se positionnait alors « plus que jamais en pointe sur l’interdiction des produits phytopharmaceutiques dangereux pour les pollinisateurs ».

En janvier 2022, une étude très sérieuse révélait avoir observé la présence de « plusieurs néonicotinoïdes dans le liquide céphalo-rachidien, le plasma et l’urine des enfants ».

Une autre étude, proposée en décembre 2024, validée officiellement en juin 2025, sur l’exposition aux pesticides sur les femmes enceintes en Argentine, où l’on sait que les sujets environnementaux sont plutôt absents du débat politique, lancait un cri d’alarme sur la santé des mamans comme de celle de leurs enfants, en particulier dans les régions du centre-nord de Santa Fe, …/… caractérisées par une agriculture et une horticulture intensives.

La tronçonneuse du sénateur Duplomb ne parviendra pas à annihiler 60 années de lutte contre les pesticides et on veut encore espérer que ses soutiens à la FNSEA ne détiendront jamais la puissance des propriétaires terriens argentins qui cultivent à 800 plus de 30 millions d’hectares. En France, c’est moins de la moitié de la surface pour 600 fois plus d’exploitants. Cela devrait inciter les plus grands à encore un peu de modestie, d’autant que les Français ne veulent pas de leurs fermes géantes, dont la vocation est de produire toujours davantage en les empoisonnant plutôt que de les nourrir.

Nous attendons du président de la République qu’il prenne ses responsabilités.

La mobilisation contre la loi Duplomb doit se poursuivre

1 439 678 signatures à 18 h 30






La pétition contre la loi Duplomb atteint 500.000 signatures, ouvrant la possibilité d’un débat inédit à l’Assemblée



La pétition qui demande l’abrogation de la loi Duplomb a atteint, ce samedi, 500.000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, une première. La Conférence des présidents de l’Assemblée peut désormais décider d’organiser un débat, en séance publique, à l’Assemblée nationale.



Bien que cette pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale par Eléonore PATTERY, étudiante en Master QSE/RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises), ne puisse pas permettre que la loi, définitivement adoptée par le Parlement le 8 juillet, soit abrogée, elle va conduire à un débat sur l’utilisation des pesticides, la rétention d’eau dans les mégabassines au profit de quelques uns et l’extension démesurée des bâtiments d’élevage intensif .

La FNSEA et l’association des planteurs de betterave sucrière en France, qui ont mené un travail de lobbying acharné pour obtenir le droit de polluer, de s’approprier les ressources en eau et de multiplier les élevages surdimensionnés, ne comptent pas en rester là. Le président de cette association, Franck Sander, a mis en garde ce vendredi contre une «remise en cause» de la loi Duplomb.

Pour peser au maximum sur le débat et faire entendre vos voix de citoyennes et citoyens, la pétition restant ouverte jusqu’au 17 juillet 2026, il n’est pas trop tard pour venir renforcer les chances que les présidents de groupes acceptent ce débat en séance publique et que la saisine du Conseil constitutionnel par les députés de gauche, estimant ce texte incompatible avec la préservation de l’environnement et le droit à la santé, conduise à une véritable prise de conscience du droit de chacune et chacun à vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Canicule



Nous sommes au pied du mur et il va nous tomber dessus


En pleine cuisson sous un dôme de chaleur, nous continuons d’alimenter la chaudière avec opiniâtreté. Alors que les émissions de gaz à effet de serre continuent de battre des records, la transition énergétique apparaît impossible à réaliser dans les délais impartis par le climat, c’est un « tueur de conneries » qui nous le dit. La solution existe, mais on ne veut pas en entendre parler.



Fait chaud, merde, épisode 2. Lettre à ceux qui nous tuent


En 2022, j’avais subtilement écrit un billet titré « Fait chaud, merde », pour « hurler ma haine contre ces tarés qui ont fait qu’on en arrive là ». Trois ans plus tard, voici la suite. Il fait encore plus chaud. Les tarés écocidaires sont toujours là. Il faut les stopper avant qu’il soit trop tard. Faisons révolution contre la fin du monde.



Nommons les canicules du nom de leurs responsables, en débutant par TotalEnergies


Nommer les phénomènes climatiques extrêmes qui nous frappent, c’est refuser de céder au fatalisme : ces vagues de chaleur ne nous « tombent pas dessus » par accident. Ils deviennent la norme. Les nommer c’est en faire des objets du débat public pour débattre à la fois des politiques d’adaptation nécessaires pour y faire face mais aussi des politiques publiques pour en tarir la source.



Logement : des inégalités face à la chaleur et au froid


Trop froid ou trop chaud dans son habitation ? Selon son niveau de vie, on peut plus ou moins contrôler la température de son logement. Les personnes modestes souffrent deux fois plus de la chaleur que les personnes aisées. C’est quatre fois plus en ce qui concerne le froid.



Prison : quand la canicule rend les conditions de détention particulièrement indignes


L’annonce d’une canicule au niveau national inquiète l’administration pénitentiaire et tous les professionnels qui travaillent à leurs côtés. Entre la vétusté des bâtiments et la surpopulation carcérale, les fortes chaleurs viennent aggraver significativement des conditions de détention déjà jugées plusieurs fois indignes par la Cour européenne des droits de l’homme. Explications.



« Les personnes sans-abri n’ont que très peu d’espaces où s’abriter de la chaleur »


En période caniculaire, les sans-abri font partie des personnes les plus vulnérables. Elles sont particulièrement exposées au risque de déshydratation et aux « coups de chaud ». Des associations alertent ce mardi 1er juillet les pouvoirs publics et s’organisent pour multiplier les maraudes.



Le (seul) réacteur en activité de la centrale nucléaire de Golfech mis à l’arrêt


Les fortes chaleurs de ce début de semaine ont un impact sur la production électrique française : EDF a décidé d’arrêter le réacteur en activité de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) en raison de la hausse de la température dans la Garonne voisine.



L’Etat attaqué en justice par des citoyens pour son manque d’adaptation au changement climatique


Deux mois après avoir demandé au gouvernement de revoir son plan national d’adaptation, 14 sinistrés ont déposé ce mercredi 25 juin un recours en excès de pouvoir au Conseil d’Etat. Une première dans l’Union européenne.



Réponses aux climatosceptiques



Certaines contre-vérités sur les changements climatiques sèment la confusion. Voici quelques réponses aux climatosceptiques.



Palais de la découverte : la culture scientifique dans la ligne de mire du gouvernement


L’emblématique musée scientifique parisien est au cœur d’une crise, après le report de sa réouverture, initialement prévue pour le 11 juin 2025. Les attaques contre le secteur culturel se multiplient, sans épargner la culture scientifique.

« Le droit de l’environnement est mort, vive le droit à polluer ! »


Tribune

Dans ce texte collectif, 76 juristes et avocats dénoncent une offensive majeure portée contre le droit de l’environnement et contre les populations les plus fragiles, au profit des grandes industries polluantes.

Justice sociale et environnement

En arrière toute ! Depuis quelques jours, les reculs se multiplient sur le front de l’écologie. Le 26 mai, les députés de la majorité et l’extrême droite ont court-circuité le débat parlementaire pour accélérer le parcours législatif de la proposition de loi Duplomb, qui multiplie les régressions environnementales en matière agricole.

Le 28 mai, les députés ont acté la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). Si ce vote est confirmé, près de trois millions de voitures très polluantes pourront à nouveau circuler dans les grandes métropoles, selon Le Monde. Le 4 juin, enfin, le ministre de l’Economie Eric Lombard a confirmé la suspension du dispositif d’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’. Au risque de casser la dynamique enclenchée.

Pour justifier les régressions écologiques, la justice sociale est souvent invoquée.

Mais les pauvres sont lourdement pénalisés par les inégalités environnementales, montre le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités.

Quand ils habitent dans de grosses agglomérations, les plus pauvres se concentrent dans les quartiers ou les communes les plus polluées.


Lire ICI

«99% des pollinisateurs ont disparu en 40 ans» : près de Dijon, scientifiques et agriculteurs s’allient pour sauver la production de cassis



Baies alors ? Fruit rouge emblématique en Bourgogne, le cassis a vu ses rendements chuter ces dernières décennies à cause de la disparition des insectes qui le pollinisent. Mais, depuis quelques années, des paysan⸱nes volontaires tentent d’enrayer ce déclin avec l’aide d’universitaires. Vert est allé à leur rencontre.