Le camp de migrants à Grande-Synthe, près du canal de Bourbourg, le jeudi 25 novembre. Crédit : Dana Alboz / InfoMigrants
Ce mardi 30 novembre, un énième camp de migrants a été évacué par les forces de l’ordre à Grande-Synthe, dans le nord de la France. Dans la ville, ces évacuations ont lieu « une fois par semaine, minimum », assurent les associations. Un « harcèlement » policier qui pousse toujours plus d’exilés à prendre la mer, au péril de leur vie.
Partager la publication "« Comme d’habitude, cette opération n’a rien d’une mise à l’abri » : à Grande-Synthe, 400 personnes évacuées d’un camp de fortune"
Des forces de maintien de l’ordre lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Paris le 12 septembre 2020. (GABRIELLE CEZARD / HANS LUCAS / AFP)
Dans une étude, elle souligne combien la question du maintien de l’ordre est devenue épineuse depuis 2016 et les manifestations contre la loi travail, et surtout depuis le mouvement des « gilets jaunes ».
Alors que l’association d’aide aux migrants Utopia 56 a organisé une manifestation sur l’Esplanade de la Libération, afin de réclamer « un hébergement digne » pour plusieurs dizaines de personnes SDF, la préfecture de police de Paris est intervenue.
Le gouvernement devrait renoncer à son approche inhumaine de la migration dans le nord de la France.
Deux jours après la publication, le 7 octobre, d’un rapport de Human Rights Watch documentant le traitement dégradant infligés aux migrants par les autorités françaises dans et autour de Calais, Gérald Darmanin a publiquement réfuté les conclusions du rapport déclarant qu’il s’agissait « manifestement de mensonges ». « Pas un policier et pas un gendarme sur la côte littorale n’a été poursuivi par la justice », a-t-il affirmé, avant de louer « l’humanité » de la police envers les migrants.
«Jiang», un ancien policier chinois, a raconté à CNN les actes de torture commis sur les Ouïghours dans le Xinjiang. (Capture CNN)
Un ancien inspecteur de police chinois a livré à CNN des détails précis sur les rafles et les méthodes d’interrogatoire utilisées durant ses missions au Xinjiang, documentant encore plus la répression de masse.
«Quand tu veux faire avouer quelqu’un, tu utilises une matraque électrique. On attachait deux fils électriques sur la pointe et on entourait leurs parties génitales alors qu’ils étaient immobilisés. Le résultat était meilleur.» Alors que, samedi, près de 2 000 personnes manifestaient à Paris pour «la reconnaissance du génocide des Ouïghours» et qu’Amnesty International organise jeudi un sit-in devant l’ambassade de Chine pour dénoncer «les graves violations de droits humains au Xinjiang», CNN publie le témoignage d’un ancien policier chinois, témoin et acteur d’actes de torture, un des aspects les plus sombres des opérations menées par Pékin au nom de «la lutte antiterroriste» dans cette région.
Des policiers avaient été attaqués dans le quartier de la Grande Borne, dans l’Essonne, le 8 octobre 2016. THOMAS SAMSON / AFP
Un juge d’instruction de Créteil devra examiner s’il y a eu « faux en écriture publique » et « escroquerie au jugement » dans l’affaire de l’attaque qui s’était tenue le 8 octobre 2016 dans le quartier de la Grande Borne (Essonne).
Le campement de migrants brièvement installé place de la République, à Paris, lundi 23 novembre. Crédit : Utopia 56
Le Conseil des ministres a validé mercredi 21 avril la création d’un poste de préfet délégué à l’immigration dans tous les départements franciliens, en collaboration avec le préfet de police de Paris. Une création de poste qui inquiète les associations : le cahier des charges de ce nouveau préfet reste vague.
Une « Force d’appui rapide » composée de CRS va être créée d’ici l’été 2021. Elle aura pour but de faire face aux troubles les plus graves et sera mobilisable dans toute la France, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
Toutefois cette mesure ne semble pas faire l’unanimité dans les rangs même de la police…
«Super CRS» : les syndicats de police pas enchantés par les nouvelles Forces d’appui rapide
Un fonctionnaire de CRS sécurise le périmètre d’un incendie de véhicule à Paris en marge d’une manifestation des Gilets jaunes le 12 septembre 2020 (image d’illustration).
Le ministère de l’Intérieur a-t-il voulu aller plus vite que la musique en court-circuitant les partenaires sociaux lorsque l’idée d’une super CRS a déboulé dans les médias sans aucune concertation préalable ? Les syndicats désapprouvent la démarche.
Trois associations d’aide aux migrants assurent avoir été témoins de « discriminations au faciès », exercées par des policiers à l’encontre de personnes migrantes à Grande-Synthe. Les faits se sont déroulés devant le supermarché Auchan, le vendredi 8 janvier en fin de journée.
Yves Milla, secrétaire zonal de l’UNSA-Police se sent sali par le ministre de l’Intérieur qui, dit-il, jette l’opprobre sur la profession à coups d’amalgames et de petites phrases insultantes. Il dit son ras-le-bol.
Yves Milla, secrétaire zonal de l’UNSA-Police (Photo DR)
En France, la loi pénale est régulièrement appliquée pour arrêter et parfois poursuivre des manifestants pacifiques. Mais cette application arbitraire de la loi est allée au-delà : des journalistes, des secouristes bénévoles et des observateurs des droits humains ont aussi été victimes de cette répression.