
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a obtenu qu’un juge d’instruction français soit bientôt saisi pour enquêter sur l’eurodéputé d’extrême droite Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières. Il est soupçonné de complicité de crimes contre l’humanité et de torture pour avoir mené une « chasse aux migrants » dans ses anciennes fonctions.
Ça ne plaît pas à tout le monde
Pourtant, l’Office européen de lutte antifraude s’intéresse à d’autres responsables de Frontex
Pologne, Union européenne
Frontex visé par une nouvelle enquête du gendarme européen de l’anticorruption
Le siège de l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été perquisitionné, début mars, dans le cadre d’une enquête de l’Office européen de lutte antifraude. Un cadre italien de Frontex est ciblé.
L’imposant bâtiment moderne de sept étages qui sert de siège à l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex, dans le quartier de Mokotów à Varsovie (Pologne), a été visé début mars par des perquisitions dans le cadre d’une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF). Cet organisme qui est chargé d’enquêter sur les cas de corruption et les fautes graves commises au sein des institutions européennes ciblait l’Italien Disma Malgarini, directeur de la division de la gestion opérationnelle au sein de Frontex.
Le gendarme antifraude européen, dirigé par le procureur tchèque Petr Klement, soupçonne ce cadre, dont l’ordinateur et le téléphone ont été saisis, d’avoir recruté préférentiellement au sein de l’agence plusieurs ressortissants italiens. Contacté, Disma Malgarini, qui a été chef du Situation Centre de Frontex de 2019 à 2021 et coordinateur des missions de recherche et de sauvetage des garde-côtes italiens de 2013 à 2016, a répondu qu’il n’était pas « autorisé à [s]’exprimer sur l’existence d’une enquête de l’OLAF ni sur les allégations qui pourraient être formulées dans ce contexte. »
Le cadre de Frontex a par ailleurs ajouté, sans donner davantage de précisions, être victime d’une entreprise de dénigrement : « Je tiens à souligner que, depuis trois ans, je suis la cible d’une campagne de diffamation qui se traduit par l’envoi de dizaines de courriels anonymes contenant de fausses allégations à mon encontre à des centaines de destinataires choisis au hasard. »
Le Français Fabrice Leggeri, ancien patron de Frontex (2015-2022) et actuel eurodéputé du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN), avait également été visé par une enquête de l’OLAF l’accusant d’avoir couvert des refoulements illégaux de migrants, ce qui l’avait poussé à la démission. La justice française a aussi annoncé fin mars qu’un juge d’instruction allait enquêter su ces mêmes faits. Il est enfin à noter que la Polonaise Aija Kalnaja, directrice par intérim de Frontex de 2022 à 2023, a aussi fait l’objet d’une enquête du gendarme anticorruption. Sollicités, Frontex et l’OLAF n’ont pas souhaité répondre à nos demandes.
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